Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 juin 2020 à 22:17:27
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » L'Elfe Noir

Auteur Sujet: L'Elfe Noir  (Lu 1922 fois)

Hors ligne MoonAngel

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 340
  • Présentement en confinement
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #30 le: 21 avril 2020 à 22:37:56 »
Hello Mélina ! Go pour le chapitre 4 :D

Citer
Les dragons réalisèrent de nombreux dégâts
C'est plutôt du chipotage, mais j'aurais mis un autre verbe, comme provoquèrent ou occasionnèrent.

Citer
en faisant tourner son cheval et en profitai pour lancer un sort de lumière qui aveugla momentanément son cheval
Répétition de cheval.

Citer
Son diadème vola et alla se fondre dans la multitude
J'ai pas compris ce qu'est la multitude :???:

Citer
la vie continua calmement son cours cinq ans durant
J'ai un peu de mal à comprendre aussi. On a fait un bond de 5 ans plus tard depuis le paragraphe précédent ? Car au premier abord j'ai compris 5 ans après la guerre racontée par Fiwezhenn. Bref, je pense qu'il faut préciser un peu plus.
(PS : J'ai eu ma confirmation un peu plus loin grâce à la phrase "Tout le monde se rappela alors l’avertissement de Fiwezhenn".)

Alors un commentaire général par rapport au chapitre : on oublie très vite que c'est Fiwezhenn qui raconte, enfin tant qu'il ne parle pas à la première personne du singulier en tout cas.
On dirait que tu veux absolument caser tout le background de ton histoire dans les premiers chapitres, et ça se ressent fortement. Du coup le résultat ne fait pas très naturel. Je pense que ça passerait mieux si tu racontais ce passage en narrateur externe omniscient, comme tu le fais depuis le début, et que le passage où tu racontes Fiwezhenn faire son récit ne prenne qu'un paragraphe.

Ceci dit, il y a de nouveau des images que j'aime bien, comme la polymorphie. Je trouve ton univers assez poétique :coeur:
Puis il y a une bataille qui s'annonce, donc enfin un peu d'action :P
💎 🌸 🐚
May your heart be your guiding pen

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #31 le: 21 avril 2020 à 22:53:27 »
Bonsoir Moon,
merci pour tes retours. Ils tombent parce que je ne suis pas satisfaite de ce chapitre...
Et tes remarques sont constructives, ça fait du bien !
Je vais étudier ta proposition de narrateur externe omniprésent.

Citer
C'est plutôt du chipotage, mais j'aurais mis un autre verbe, comme provoquèrent ou occasionnèrent.
Bonne idée!

Citer
J'ai pas compris ce qu'est la multitude :???:
C'est un synonyme de "foule". Le diadème se perd dans la foule de soldats qui les entourent.

Citer
On dirait que tu veux absolument caser tout le background de ton histoire dans les premiers chapitres, et ça se ressent fortement.
Effectivement  :-[  Faut que je revois ça. Toutes ces infos me semblent importantes pour comprendre le passé de Glyndwr;  et les dragons vont avoir un rôle à un moment de l'histoire mais ça, je pourrais peut-être en parler plus tard...

Citer
Ceci dit, il y a de nouveau des images que j'aime bien, comme la polymorphie. Je trouve ton univers assez poétique :coeur:
Merci   :coeur:
Citer
Puis il y a une bataille qui s'annonce, donc enfin un peu d'action :P
;)
Je suis en train de travailler sur le prochain chapitre.

Merci beaucoup Moon !!!  :calin:

L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #32 le: 21 avril 2020 à 23:01:50 »
Chapitre 5 : Fiwezhenn 

Fiwezhenn chevauchait à travers les Plaines de Locohiern qui s’étendaient entre deux rivières, la Niel à l’ouest et la Sélune à l’est, et avaient une position assez centrale en Hengar. Parti depuis des semaines  de Ceinwen, la capitale traézhyn située dans le désert du Selwyn, Fiwezhenn était à la recherche de Caerwyn, l’Esprit des Animaux. Il voulait savoir si l’Esprit avait des informations sur ce qu’il se passait en Hengar : sur la raison véritable du retour des Salam’andros et l’origine du Mal incurable qui touchait les Hommes. Caerwyn, en tant que divinité, devait sûrement avoir des réponses et Fiwezhenn espérait bien qu’il lui en donnerait.

A la fin de la journée, il s’arrêta au pied d’un châtaignier. Le printemps approchait à grands pas mais, les nuits étant encore fraîches, l’Elfe fit un feu. Il en profita par cuire quelques tubercules sous des braises tandis que Barravel, son cheval, broutait tranquillement l’herbe tendre des Plaines.

Fiwezhenn était déçu de ne pas avoir encore trouvé Caerwyn. Peut-être aurait-il plus de chance les jours suivants en cherchant du côté des Collines d’Emeraude ? Caerwyn, l’Esprit des Animaux, avait beau être son géniteur, Fiwezhenn n’avait aucun moyen de le localiser. La seule chose qu’il pouvait faire, c’était d’appeler de tous ses vœux une rencontre et de prier pour que l’Esprit l’entende et accepte de le rencontrer. Ainsi comme chaque soir, l’Elfe s’assit en tailleur, ferma les yeux, détendu, et fit le vide dans son esprit. Il écouta attentivement les bruits qui l’entouraient, les crépitements du feu, une chouette qui hululait au lointain, le vent dans les feuilles de l’arbre au-dessus de sa tête. Puis il invita par la pensée l’Esprit des Animaux à venir à lui. Pour finir, Fiwezhen joignit ses mains sur sa poitrine en signe de remerciement pour la rencontre prochaine.

Quand il ouvrit les yeux, Il était là sous la forme d’un majestueux cerf  blanc couronné d’une ramure gigantesque. L’animal resta à distance du feu et plongea profondément son regard dans celui de Fiwezhenn. Un regard plein d’Amour et de Bonté. L’Elfe se sentit alors empli d’une profonde sérénité et sourit à l’Esprit des Animaux. Puis il entendit une voix profonde et apaisante.

« Que veux-tu, fils ? lui demanda Caerwyn.
- Merci d’être venu jusqu’à moi, répondit tout d’abord Fiwezhenn avant de continuer. Je voudrais savoir pourquoi les Salam’andros sont de retour à Tenvaldéria ?
- Le démon Narbred a imposé son culte sur Grywn et il veut maintenant faire de même avec Hengar.
- Je suppose qu’il est derrière le mal incurable qui sévit chez les Hommes ?
- Oui, avec l’aide de Glyndwr.
- Glyndwr ? C’est malheureusement ce que je craignais ! Mais... comment est-ce possible ? Je l’ai tué !
- Oui mais Narbred a récupéré l’esprit de Glyndwr, expliqua Caerwyn. Puis le démon l’a renvoyé en Hengar pour que l’Elfe Noir puisse assouvir sa vengeance et étendre sa domination sur tout le continent.
- Comment peut-on se débarrasser de Glyndwr, s’il est déjà mort ?
- Il existe une épée. Une épée forgée dans le feu de Gowezrad.
- Et où se trouve cette épée ? interrogea l’Elfe.
- Ça, c’est à toi de le trouver tout seul » dit l’Esprit, énigmatique, avant de reculer et de disparaître dans la pénombre.

Le lendemain, Fiwezhenn reprit la route du nord en longeant la Sélune et contourna le désert du Selwyn par l’est. Puis, il traversa  les Plaines de Llyr et se dirigea vers le Mazalon. A mesure qu’il se rapprochait de la montagne, Fiwezhenn sentait avec plus d’acuité le poids de la magie rouge à l’œuvre dans la région.

Inventée par Narbred, cette magie pervertie perturbait et utilisait de manière contre-nature l’ordre des choses, brisant ainsi l’harmonie de la Création. Elle s’appuyait sur la Langue Déchue, un langage dénaturé qui permettait de torturer l’essence même de l’objet ou de la personne nommée et qui tirait son pouvoir de l’énergie qui s’en dégageait. Mais cette magie très puissante était aussi très dangereuse pour celui qui l’utilisait sans précaution.

Normalement connue des seuls initiés de la Kenstrollruz, Fiwezhenn avait réussit à apprendre quelques rudiments de cette magie en secret, ce qui lui permettait de la détecter et de savoir contrer quelques sortilèges.

Aussi, arrivé au pied de la montagne, Fiwezhenn commença à en sentir les effets et s’en protégea, à l’aide d’un puissant sort de magie blanche. Puis il prit la forme d’un aigle et s’envola vers Tenvaldéria, le château de Glyndwr. Barravel, son fidèle cheval, resta paître et galoper en toute liberté dans la vallée en attendant son retour.

Fiwezhenn survola alors les versants verdoyants du Mazalon, cette région montagneuse dont le point culminant était la Montagne d’Argent. Le ciel était dégagé et le vent modéré. Pour l’instant, les animaux étaient encore nombreux ; bouquetins, marmottes, lapins, chèvres détalaient dès qu’ils percevaient sa présence. Puis, à mesure que Fiwezehnn s’enfonçait dans le massif montagneux et se rapprochait de Tenvaldéria, les animaux se firent plus rares. Ils évitaient cet endroit qui, s’ils s’en approchaient trop, les faisait sombrer dans la folie et le désespoir. Les quelques-uns qui y survivaient, plus qu’ils n’y vivaient, étaient dans un piteux état mental comme physique.

Fiwezhenn arriva enfin en vue de Tenvaldéria. Posé sur le rebord d’un plateau, tel un nid d’aigle, le château fourmillait de soldats salam’andros qui s’agitaient en tout sens. Cela ne faisait que quelques heures que Fiwezhenn survolait le palais et il sentait la pression de la magie rouge ambiante s’accentuer de plus en plus malgré son sort de protection. Il ne pouvait pas rester plus longtemps sous peine de perdre la tête. Il fit donc demi-tour pour rejoindre Ténédor et prévenir les Elfes de ce qu’il y avait découvert.

Fiwezhenn ne s’attendait pas à être attaqué en plein ciel et ne l’avait pas entendu approcher. Un dragon immense aux serres acérées. Quand l’Elfe perçut sa présence, il était trop tard, le dragon était sur lui. L’animal l’assomma d’un coup de patte et Fiwezhenn perdit connaissance.

Il se réveilla plusieurs heures plus tard et avait retrouvé sa forme humaine. Il était allongé dans l’obscurité et percevait la lumière de l’extérieur à travers l’entrée de ce qui devait être une caverne. Il se sentait très mal en point et un élancement douloureux lui vrillait le cerveau. Il tenta de se relever maladroitement et sentit au sol des os poisseux et des restes de fourrure. Il mit quelques instants avant de se rappeler ce qui lui était arrivé, d’autant qu’il avait peine à croire à ce qu’il avait vu. Il avait été attaqué par un dragon… Comment cela était-il possible ? Il était persuadé, comme tous les Hengariens, qu’ils avaient disparus…

Soudain, Fiwezhenn se retrouva dans le noir complet : une forme gigantesque occultait l’entrée de la grotte. Dès son arrivée, la créature attaqua les défenses mentales de l’Elfe qui érigea au mieux des barrières psychiques. Fiwezhenn se sentait faible et eut le plus grand mal à lui résister, d’autant que l’animal semblait prendre un malin plaisir à essayer de l’anéantir par la pensée. Son esprit semblait inébranlable et ses attaques glacées et vives laissèrent Fiwezhenn rapidement affaibli et hors d’haleine. L’Elfe ne voyait aucun moyen de lui échapper.

A travers les maigres bribes de son esprit que le dragon laissait percevoir lors de ses attaques, Fiwezhenn découvrit une conscience malade et torturée par le désir de vengeance mais également un profond sentiment de  solitude qui avait viré à la folie.
 Au moment où l’Elfe sentit ses dernières barrières mentales s’effriter avant de succomber aux assauts de son bourreau, celui-ci marqua un temps d’arrêt au contact direct de l’esprit de Fiwezhenn et, au lieu de lui asséner le coup fatal, il commença à fouiller frénétiquement au plus profond de la mémoire de sa victime. Ses pensées écorchaient les souvenirs de Fiwezhenn par leur brutalité et le dragon faillit définitivement lui faire perdre la raison.

L’Elfe essaya bien de communiquer avec lui mais son esprit était tellement différent de tout ce que Fiwezhenn avait pu rencontrer que cela lui fut très difficile. Le dragon ne s’exprimait pas par mots mais par des images sensorielles brutes et désordonnées.

Peu à peu, les attaques du dragon devinrent moins agressives à mesure que celui-ci se rendait compte que son prisonnier n’était pas un Salam’andros. Puis, un début de communication commença à s’établir entre lui et Fiwezhenn, le dragon semblant avide d’apprendre ce qu’il se passait actuellement en Hengar. L’Elfe découvrit ainsi que le dragon s’appelait Aéron et qu’il était le fils de Mizinar et Ariza, les derniers rois draconiques.

Comme les Salam’andros, il était originaire de Grywn, une contrée aride dont les côtes hérissées par les Montagnes Brunes servaient de refuge aux dragons. Ceux-ci avaient accumulé de nombreuses richesses dans leurs grottes creusées dans la montagne. En quête perpétuelle de trésors, le roi Mizinar se mit un jour à convoiter les pierres et minéraux précieux que les Salam’andros extrayaient de leurs mines et leur déclara la guerre.

Le feu des dragons n’ayant presque aucun impact sur les Salam’andros du fait de la température très élevée de leur corps, Minizar réfléchit à d’autres moyens d’attaquer.
Les Salam’andros, dont l’eau a un effet délétère sur eux, avaient creusé de nombreuses galeries pour s’abriter des pluies occasionnelles du désert de Grywn. Les montagnes et le désert étaient ainsi devenus un véritable gruyère en sous-sol. Le roi Minizar profita de ce fait pour demander à ses dragons de faire s’effondrer les galeries en laissant tomber d’énormes rochers depuis une très haute altitude. Pendant ce temps, un autre groupe de dragons enfuma les sorties des souterrains pour obliger les Salam’andros à sortir.

Les dragons les attendirent patiemment à l’extérieur et les attaquèrent dès leur sortie en les relâchant du haut du ciel après les avoir arrachés du sol. Ce fut un véritable massacre car des deux côtés, chacun se défendit farouchement. Les Salam’andros n’hésitèrent pas à se battre en corps à corps avec leurs ennemis. Leurs armures en sklériar, un métal pur très résistant, les protègèrent efficacement des serres des dragons tandis que les archers infligeaient de sévères blessures aux ennemis toujours en vol. Les pertes furent importantes dans les deux camps.

Malheureusement, les souverains Minizar et Ariza moururent au combat. Privés de leur chef, les dragons furent désorganisés et durent se replier. Ils furent traqués sans relâche, jusque dans les Montagnes Brunes par les Salam’andros. Pour échapper à cette traque, les derniers survivants, dont le prince Aéron, durent fuir Grywn et traverser la mer Vanora. Ils s’établirent finalement quelque part sur les versants de la Montagne d’Argent, au Mazalon. Ils s’y terrèrent pour y panser aussi bien leurs blessures que leur orgueil. Depuis, Aéron vouait une haine féroce aux Salam’andros pour les avoir obligés, lui et les quelques rares survivant de sa lignée, à s’exiler loin de Grywn.

Fiwezhenn apprit également avec stupeur que c’était Narbred, le démon que vénéraient les Salam’andros, qui avait lancé les dragons sur Ténédor, quelques sept cents ans auparavant. Il avait brisé leur volonté et en avait pris le contrôle. Quand Narbred les libéra de son emprise, les dragons se mirent à dépérir sous le coup de la folie. Seul Aéron survécut avec pour seul désir de se venger de Narbred.

Aussi, quand Aéron apprit que Glyndwr était de retour au service du démon Narbred, le dragon pensa avoir enfin trouvé  un moyen de mener à bien sa vengeance. Il accepta de laisser la vie sauve à Fiwezhenn seulement si celui-ci lui jurait qu’il pourrait participer à l’attaque de Tenvaldéria. Fiwezhenn se vit contraint d’accepter  bien qu’il n’eut aucune confiance en Aéron. Le moment venu, il devrait revenir chercher Aéron à la Montagne d’Argent.
« Modifié: 27 avril 2020 à 15:21:33 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

En ligne Bapt90

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 141
  • Perdu dans sa solitude...
Re : Re : L'Elfe Noir
« Réponse #33 le: 23 avril 2020 à 17:35:08 »
Bonjour  :)

Me revoilà pour le chapitre 2

Depuis deux cent cinquante ans, la paix régnait sur le continent d’Hengar. Les souvenirs de la guerre étaient loin, maintenant. Ses habitants, Elfes, nains, Humains et Ondins, vivaient donc pacifiquement, chacun sur leur territoire respectif.
Pourquoi "nains" de prend pas de majuscules ?  :???:

Citer
« Bonjour, ma fille ! s’exclama sa mère Eireen. Tu es bien matinale, ce matin !
Je remplacerais "matin" par "aujourd'hui" puisque "matinale" est assez proche.

Citer
en langue ondine.
As-tu l'intention de nous présenter les langues que tu inventes un jour ?  ^^ (Après c'est très long et compliqué d'inventer une langue...)

Citer
la cite skédyn construite au milieu des arbres de la forêt de Ténédor.
cité ?

Citer
L’Elfe traversa la forêt de Ténédor et arriva en son centre où trônait la capitale d’Heulwen et son palais royal entouré de ses chênes multi-centenaires. Melwyn ne désespérait pas d’avoir un jour l’occasion de se rendre dans la salle du trône et de pouvoir admirer la vue réputée imprenable sur la mer Vanora dont on bénéficiait du haut de la canopée.
Cela me fait un peu penser au Hobbit (en film), le royame des Elfes sylvestres si je ne me trompe pas, avec Thranduil. Une cité avec un rapport direct avec les arbres/la nature  :D

J'ai bien aimé toute la description pour le duel de tir à l'arc  ;x

Citer
Si seulement il savait ! Melwyn glissa un œil appréciateur mais discret dans la direction de son camarade. Ruan était un Elfe athlétique et solidement bâti, bien loin des traits fins et graciles de son fiancé. Ses mains robustes tenaient sa chope de bière avec la même force et détermination que son épée. Melwyn se surprit à imaginer ses mêmes mains se promener sauvagement sur sa peau diaphane. Le rouge lui montant aussitôt aux joues, elle enfonça son visage empourpré dans sa pinte le temps de se redonner une contenance. De toute façon, Ruan était de basse extraction et de père humain qui plus est, critère rédhibitoire pour ses parents, conclut-elle pour elle-même. 
Histoire à suivre  :-¬? finira-t-elle par épouser la personne qui l'attire vraiment

Citer
Moagann et elle étaient amis depuis l’enfance et leur mariage avait été arrangé par leurs deux familles respectives depuis leur plus jeune âge. A soixante-dix ans, Melwyn était encore jeune pour une Elfe et le mariage aurait pu attendre mais ses parents avaient tellement insisté qu’elle s’était vite trouvée emportée bien malgré elle dans un tourbillon de préparatifs et voyait difficilement comment revenir en arrière à présent.
Les Elfes ne sont donc pas si différents des Hommes  ;) (pour les mariages arrangés)

Les Elfes sont-ils immortels dans ton histoire ou vivent-ils juste très longtemps (quelques siècles) ?

Citer
Maogann sembla tiquer en entendant cette dernière réplique. Il ne comprenait pas l’intérêt de Melwyn pour les arts de la guerre. C’était souvent un motif de discorde entre eux mais ce soir-là, il ne releva pas.
Ils sont vraiment très différents Maogann et Melwyn  :)

Voilà. J'aime bien toutes les description, on est bien en pleine immersion  ^^
J'ai aussi bien aimé le personnage de Melwin (plus que ceux du chapitre 1 (bon en même temps c'était plutôt des méchants)).

Je reviendrai dès que je peux pour lire la suite  ;) en espérant découvrir peut-être les autres races/espèces qui peuplent Gaïa  :D

A bientôt.
N'hésitez pas à jeter un oeil à mon histoire :
http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=33265.0

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #34 le: 23 avril 2020 à 20:20:02 »
Salut Bapt!
ça fait plaisir de te revoir passer par là ! Merci beaucoup pour tes retours positifs!

Pourquoi "nains" de prend pas de majuscules ?  :???:

Je remplacerais "matin" par "aujourd'hui" puisque "matinale" est assez proche.
Effectivement...

Citer
As-tu l'intention de nous présenter les langues que tu inventes un jour ?  ^^ (Après c'est très long et compliqué d'inventer une langue...)
J'aimerais bien mais je n'ai malheureusement pas le talent de Tolkien... Pour l'instant, ce n'est que de la théorie.  ::)

Citer
Cela me fait un peu penser au Hobbit (en film), le royame des Elfes sylvestres si je ne me trompe pas, avec Thranduil. Une cité avec un rapport direct avec les arbres/la nature  :D
C'est exactement ça qui m'a inspiré ! J'adore Tolkien et son univers  :banane:

Citer
J'ai bien aimé toute la description pour le duel de tir à l'arc  ;x
Merci  :mafio:

Citer
Histoire à suivre  :-¬? finira-t-elle par épouser la personne qui l'attire vraiment

Ils sont vraiment très différents Maogann et Melwyn  :)
ah, ça....

Citer
Les Elfes sont-ils immortels dans ton histoire ou vivent-ils juste très longtemps (quelques siècles) ?
Tu le découvriras à la fin du chapitre 3  ;)

Citer
J'ai aussi bien aimé le personnage de Melwyn (plus que ceux du chapitre 1 (bon en même temps c'était plutôt des méchants)).
J'ai trouvé ça intéressant de créer et de mettre en scène des personnages très différents, même si ça a été plus difficile pour moi de me mettre dans la peau des méchants car je suis une vraie bisousnours... ;)
Heureusement, mon conjoint m'aide de ce côté-là et régulièrement, il me dit "tes méchants ne sont pas assez méchants"  :mrgreen:

J'espère que la suite te plaira autant.
Pour l'instant, je retravaille les chapitres 4 et 5.

De mon côté, j'ai commencé à lire ton chapitre 2... donc je ne vais pas tarder à aller poster chez toi aussi.

Bonne soirée!


L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #35 le: 24 avril 2020 à 20:12:27 »
Chapitre 6 : les Kompézenns
A l’origine, les Hommes des Plaines étaient un peuple nomade issu des Terres de l’Ouest. La plupart d’entre eux s’étaient sédentarisés au sud d’Hengar, dans les plaines de Komhouarn, il y a de cela près d’un millier d’années. Ils avaient alors pris le nom de Kompézenn. Depuis, ils avaient aussi édifié quelques autres bourgs à proximité des territoires elfiques de Névédydor et Blenchénor.

Ils vivaient de la pêche et de la chasse ainsi que de l’élevage de bétail et du travail de la terre. C’était de très bons agriculteurs et commerçants dont l’artisanat était simple mais néanmoins de très bonne qualité. Ils menaient une vie simple et pacifique et ils s’évertuaient à vivre en bonne intelligence avec tous les peuples d’Hengar en entretenant des relations commerciales très cordiales et productives. C’était un peuple aux mœurs simples qui habitait dans de modestes villages aux toits de chaume et aux murs de torchis, voire de pierres pour les plus aisés dans les petites villes d’Analré et Pradizel.

Située au sud-ouest d’Hengar, Analré était la plus importante des deux. Culminant à une hauteur de plus de deux mille quatre cents pieds, Analré bénéficiait d’une vue imprenable sur les Plaines de Komhouarn qui s’étalaient à ses pieds. Elle était entourée par d’épais remparts de pierres à poutrage interne de trente pieds de haut et protégée par de larges fossés. Quatre énormes portes en bois, défendues par une herse et un pont-levis, regardaient chacune vers les quatres points cardinaux et gardaient l’accès de la ville.

Loéïz, un Kompézhenn de bientôt quarante ans, venait de recevoir un message alarmé de sa soeur Jowna lui apprenant que Owain, leur père, s’était réveillé le matin-même avec une forte fièvre. Loéïz craignait que son géniteur ne souffrît du même mal qui touchait de nombreux habitants d’Analré depuis plusieurs semaines. L’épidémie se développait et touchait de plus en plus de gens sans qu’aucun remède ne fût disponible, hormis les décoctions médicinales des disciples de Mammatil, la Déesse-Mère, qui faisaient légèrement baisser la fièvre.

Il allait donc passer en prendre avant de se rendre au domaine familial où vivait son père avec Jowna, depuis le décès de leur épouse et mère cinq ans auparavant.
Le viel homme avait peu à peu perdu goût à la vie depuis que sa tendre Adélicia n’était plus là, aussi Loéïz venait régulièrement le voir. Heureusement, les serviteurs fidèles à Owain entretenaient consciencieusement la maison et les bâtiments tandis que Nouarn, le métayer, s’occupait de l’exploitation des terres, comme sa famille s’en était toujours chargée depuis des générations. Loéïz se rendait habituellement au domaine une fois par semaine afin de soulager son père du mieux qu’il le pouvait tandis que Jowna l’aidait en supervisant la gestion de la propriété.

Loéïz quitta l’hôtel de ville où il avait ses appartements de fonction en tant que Premier Garde de la bourgmestre d’Analré. Construit sur l’un des points culminants de la cité et situé en son centre, l’hôtel de ville servait de point de convergence entre les quatre rues principales qui délimitaient les quartiers artisanal, commerçant, religieux et bourgeois.

Loéïz s’engagea sur la place du marché déserte qui séparait le quartier des commerçants et celui des artisans. Il était tôt et, pour l’heure, la ville se réveillait doucement. Les artisans s’installaient à leur établi pour une nouvelle journée tandis que les commerçants ouvraient les volets de leurs modestes habitations en torchis et en chaume. Les premiers chalands sortaient dans la rue pour leurs diverses courses.

L’Homme se dirigea ensuite vers le quartier religieux situé sur le point culminant de la cité. Là, une maison d’habitation de taille modeste hébergeait la Grande Prêtresse et ses disciples, principalement des femmes.

Le culte principal de la religion kompézenn était dédié à la déesse Mammatil, la Déesse-Mère à l’origine de toute chose sur Gaïa. Des divinités connexes, assimilées à des Esprits de la Nature, étaient également vénérées mais dans une moindre mesure.
A chaque printemps, une grande fête en l’honneur de Mammatil était organisée : le Ganédour. C’était l’occasion de célébrer la renaissance de la Nature ainsi que de s’assurer la fertilité de la terre pour l’année à venir. Cette cérémonie avait lieu en plein air, au sein d’un cromlech, un cercle de pierre qui délimitait le lieu de culte. Ces mégalithes étaient censés concentrer les forces telluriques afin de permettre d’entrer en interaction avec la déesse Mammatil.

Loéïz entra dans l’enclos qui entourait le bâtiment de pierre où vivaient les adeptes de la déesse Mammatil. Il passa la grande porte et arriva dans un hall d’accueil couvrant une grande partie de la surface de l’édifice tandis qu’à l’arrière, des dortoirs et des cuisines constituaient l’espace de vie des prêtresses. Chacune des sœurs officiait à la tache qui lui était dévolue avec calme et sérénité malgré l’épidémie d’origine inconnue. Les prêtresses usaient de tout leur art pour faire face à ce fléau mais semblait-il en vain car de nombreuses personnes continuaient de décéder.

 « Bonjour, Monseigneur, lui dit une prêtresse en le voyant arriver. Que puis-je pour vous ?
- Je viens d’apprendre que mon père souffre d’une forte fièvre depuis hier. Pourriez-vous me préparer une décoction pour la faire baisser ?
- Bien sûr. Je vais vous cherchez ça. Merci d’attendre ici. » dit la prêtresse avant  de disparaître dans la partie arrière du bâtiment.

Loéïz en profita pour observer autour de lui. De nombreux autres habitants étaient venus là pour les mêmes raisons que lui et tous semblaient abattus pour la terrible épreuve à laquelle ils devaient faire face.

 « Voici les préparations, dit la prêtresse à Loéïz quand elle fut de retour.
- Merci, ma sœur. Priez pour ma famille
- Je n’y manquerai pas, » lui répondit-elle avec un sourire d’encouragement avant de s’éloigner vers quelqu’un d’autre.

Loéïz se dirigea ensuite vers les écuries pour faire seller son cheval et prit la direction du domaine familial. Il galopa pendant une demi-lieue dans les Plaines de Komhouarn et arriva à l’entrée de la propriété délimitée par un long mur qui en faisait le tour.  Il s’avança dans l’allée qui menait à la maison d’habitation à deux étages construite en bois avec un toit de chaume. Puis, il passa sous un porche encadré, d’un côté,  par un grand grenier monté sur pilotis et, de l’autre, par une grange accolée à une étable.
Enfin, il arriva dans la cour centrale et descendit de sa monture. Sa sœur, Jowna, une magnifique jeune femme d’une vingtaine d’année et aux yeux gris pétillant de malice, sortit de la maison et courut vers lui. Elancée, ses longs cheveux auburn bouclés descendaient en cascade le long de ses fines hanches.

« Loéïz, te voilà enfin ! s’exclama Jowna, des sanglots plein la voix.
- Je suis là maintenant, la rassura Loéïz en la serrant tendrement dans ses bras. Comme va Père, ce matin ?
- Il est assommé par la fièvre et ne peut pas sortir de son lit, hoqueta Jowna. Je ne comprends pas ce qui s’est passé cette nuit. Hier, il était bien et depuis ce matin, il grelotte frénétiquement et marmonne des propos incompréhensibles.
- S’est-il blessé ? demanda Loéïz avec inquiétude tout en conduisant sa sœur vers la maison.
- Non, il ne souffre d’aucune blessure apparente.
- Où est-il maintenant ?
- Il est dans son lit. J’ai fait un feu pour le réchauffer car ce matin, je l’ai baigné dans un baquet d’eau tiède pour tenter de faire baisser la fièvre mais il est toujours aussi brûlant.
- Tiens, je t’ai amené des soins aux plantes que je suis passées prendre au Temple de Mammatil, dit Loéïz en lui tendant les décoctions.
- Merci, répondit Jowna en se mouchant bruyamment. Je vais les faire infuser tout de suite.
- Pendant ce temps, je vais aller voir Père, » dit Loéïz.

Il laissa sa sœur en cuisine et monta à l’étage jusqu’à la chambre d’Owain. Loéïz poussa la porte entrouverte et entra dans la pièce. Son père était allongé dans son lit, en nage. Ses yeux étaient fermés, un linge humide posé sur son front. Loéïz s’approcha et l’entendit marmonner frénétiquement

« Père, vous m’entendez ? » demanda doucement son fils.
Owain garda les yeux clos et ne répondit pas. Loéïz prit le linge et le rafraîchit en le trempant dans la bassine d’eau posée à côté du lit. Il tenta de comprendre ce que son père disait mais c’était inintelligible.
Sa sœur arriva et tenta de faire boire la décoction au malade. Celui-ci buvait avec difficulté mais Jowna insista avec douceur et patience jusqu’à ce qu’il ait tout bu.

Pendant ce temps, Loéïz s’était posté à la fenêtre. Il regardait dehors quand il vit quelqu’un s’approcher à cheval. C’était Heilyn, le plus proche voisin de son père. Et l’un des prétendants de sa sœur. Agé d’une cinquantaine d’année, l’Homme était somptueusement vêtu, ce qui n’arrivait pas à faire oublier ses traits lourds et peu avenants.

Deux fois plus vieux que Jowna, il menait une cour assidue à la jeune femme ; au grand dam de cette dernière. Encore célibataire, celle-ci n’était pas pressée de se trouver un mari malgré l’insistance de leur père, inquiet pour la préservation de sa lignée. En effet, comme toute fille aînée dans une famille kompézenn, elle serait l’unique héritière du domaine et des biens familiaux au décès d’Owain. C’est également par sa progéniture que perdurerait le nom de leur clan, les Marc’h.

Les longues jambes et la taille de guêpe de la jeune femme ne laissaient pourtant pas les hommes indifférents. Malheureusement, aucun n’avait trouvé grâce aux yeux de Jowna, et encore moins Heilyn. Aussi, chaque fois qu’il venait rendre visite à Owain, celle-ci faisait tout son possible pour se faufiler au plus vite hors de sa vue.

« Tu vas être ravie, dit ironiquement Loéïz à cette dernière. Voilà Heilyn qui arrive.
- Oh, non ! Pas lui ! s’exclama-t-elle. N’importe qui, mais pas lui !
- Que lui reproches-tu au juste ? demanda son frère avec un sourire narquois.
- Tu sais bien ! commença à s’emporter sa sœur. Ce n’est qu’un vieux crouton, doublé d’un rustre suffisant !
- Désolé, ce n’est pas drôle. Et encore moins aujourd’hui, s’excusa Loéïz. Reste là, je vais descendre et lui demander de s’en aller.
- Tu serais trop aimable… » lui répondit Jowna.

Loéïz atteignit la porte au moment où Heilyn allait frapper. C’était un riche marchand de métaux, il possédait une exploitation minière, au nord d’Analré, dans les plaines de Komhouarn, qui approvisionnait la plupart des travailleurs de métaux et autres forgerons de la ville. Loéïz lui ouvrit la porte mais ne l’invita pas à rentrer.

« Bonjour voisin, s’exclama le nouvel arrivant.
- Bonjour Heilyn, lui répondit poliment Loéïz.
- Jowna est-elle là ? lui demanda-t-il en tentant un coup d’œil à l’intérieur de la maison.
- Oui, elle est là-haut. Elle s’occupe de Père. Il souffre de la fièvre depuis hier soir et nous sommes très inquiets avec ce mal incurable qui sévit ces jours-ci.
Loéïz sentit qu’Heilyn avait envie d’insister mais il s’abstint quand il croisa le regard ferme de son interlocuteur.
- Bon, je repasserai plus tard, alors. J’espère que votre père va vite se rétablir.
- Je l’espère aussi » répondit Loéïz avant de remercier Heilyn de sa visite et de refermer la porte.
*
De retour de la visite à son père, en fin d’après-midi, Loéïz essaya de laisser de côté ses ruminations car il arrivait maintenant en vue d’Analré où il devait retrouver la bourgmestre Rosenwyn. Il entra dans la ville par la porte nord. Pendant la journée, la grande porte en bois bardée de solides barres de fer restait ouverte et le pont-levis baissé afin de permettre l’entrée dans la ville tandis que des gardes surveillaient les allées et venues des étrangers comme des habitants. Peu avant la tombée de la nuit, les portes se refermaient et il n’était plus alors possible d’entrer, ni de sortir de la ville.

Loéïz se rendit dans la salle du Conseil, le Tolpadunn. Il fut très surpris, en entrant, d’y voir un Harluad, un homme du Nord. Vêtu de fourrures et lègèrement plus grand que Loéïz, celui-ci possédait une puissante musculature qu’il faisait jouer sous ses vêtements, pour tenter de montrer sa supériorité mâle sûrement, ne put s’empêcher de remarquer intérieurement Loéïz. Le visage sévère du Harluad, semblant taillé à coups de serpe, avait cependant une certaine noblesse. Il se retourna vers la porte quand Loeïz arriva et celui-ci fut frappé par la force de son regard bleu glacial qui le transperça de part en part à la recherche de la moindre faiblesse. Les Harluads étaient connus pour être un peuple rustre et brutal. Leurs manières grossières les rendaient assez antipathiques au premier abord.

Leur société était organisée de manière clanique ce qui faisait de la solidarité la base du clan, cependant ils n’avaient pas de pouvoir centralisé. Chaque clan était mené par un Penntieg, un homme choisi par ses pairs pour ses qualités guerrières et décisionnaires. Les membres du clan suivaient ses avis tant qu’ils en étaient satisfaits. Le jour où ils éprouvaient le besoin de changer de chef, ils se réunissaient en Emvodia pour choisir un nouveau dirigeant.

Suite à la guerre de Ténédor, la plupart des Hommes du Nord étaient retournés sur leurs territoires dans les Terres du Nord. Quelques-uns avaient cependant décidé de rester vivre dans les plaines de Komhouarn. Ils avaient alors pris le nom de Harluad. Ils continuèrent leur vie de nomades et d’éleveurs de karvercans, des cervidés qu’ils avaient ramenés du Nord. Ces animaux étaient très importants pour eux car les Hommes du Nord utilisaient tout ce qu’ils pouvaient leur fournir pour se nourrir, se chauffer, s’habiller et fabriquer des menus objets pour la vie de tous les jours.

Quelques conflits de territoire avaient bien eu lieu entre les Hommes des Plaines et les Hommes du Nord les premiers temps mais les Kompézhenns s’étaient rapidement imposés grâce à la supériorité de leurs armes et de leurs stratégies militaires. Ils avaient alors accepté par magnanimité de laisser quelques territoires au nord des Plaines de Komhouarn à leurs nouveaux voisins. Une entente cordiale mais distante s’était installée avec le temps même si les Kompézenns restèrent toujours méfiants face aux Harluads.

Au fil du temps, certains clans s’étaient sédentarisés et regroupés en petits villages et en un gros bourg, Govelyn, ce qui permit aux Harluads d’établir un comptoir commercial où les clans nomades pouvaient s’approvisionner et échanger leurs marchandises avec Hengar comme avec leur terre d’origine.

« Loéïz, laissez-moi vous présenter Withur, le Penntieg du clan Bleizdu, dit Rosenwyn à son garde personnel, visiblement soulagée de ne plus se retrouver seule en sa compagnie. Withur arrive de Govelyn. Le Mal qui nous touche gravement sévit également plus au nord. De nombreux Harluads ont succombé sous le coup de la maladie sans qu’aucun remède n’ait pu être trouvé. Et voilà qu’il y a quelques jours, ils ont subi une attaque fulgurante des Salam’andros, d’autant plus foudroyante qu’ils manquaient d’hommes vaillants pour combattre. En moins de quelques heures, la ville était aux mains des ennemis. Ceux-ci ne devraient pas tarder à arriver jusqu’ici. Je crains que le Destin ne nous réserve le même sort.

- Pourquoi les Salam’andros vous ont-ils attaqués? demandé Loéïz à Withur.
- Êtes-vous chef de guerre ? interrogea hautainement Withur.
- Non, je suis le Premier Garde de la bourgmestre, lui répondit froidement Loéïz.
- Peu m’importe, veuillez sortir, je souhaite m’entretenir personnellement avec votre bourgmestre.
- Loeïz, vous pouvez rester. Je lui fais entièrement confiance, dit Rosenwyn en se tournant vers le Harluad et en pointant son regard dans le sien.
- Comme vous voudrez, concéda ce dernier avec mauvaise grâce.
- Withur, vous pouvez continuer, je vous prie, continua Rosenwyn en se rasseyant sur le siège qu’elle avait quitté à l’arrivée de Loéïz.

- Je suppose qu’ici aussi les Salam’andros sont venus l’année dernière prêcher la bonne parole de Narbred, leur dieu démoniaque ? demanda Withur. Maintenant, ils ont asservis tout le nord des Plaines de Komhouarn. La population de Govelyn a été obligée de renier la religion de nos ancêtres puis convertie de force au culte du Démon tandis que les clans nomades encore libres organisent la résistance comme ils le peuvent contre l’envahisseur. Pourriez-vous nous aidez à reprendre notre ville et à repousser l’ennemi ?

- Je suis désolée mais je ne vais pas pouvoir envoyer de troupes à Govelyn, nous-même nous risquons de manquer d’hommes valides pour la bataille au rythme où vont les choses, lui répondit la bourgmestre. Nous devons nous préparer à l’arrivée imminente des Salam’andros. Je vais immédiatement faire envoyer un faucon à Ménizel pour demander de l’aide aux Nains Bravigors mais je crains que nous ayons peu d’espoir de renfort de ce côté-là. Ils sont eux-mêmes très affaiblis, même s’ils ne comptent aucun mort pour l’instant.

- Je comprends votre décision, concéda Withur, même si j’espérais une autre réponse. Je ne peux malheureusement pas retourner à Govelyn avec les Salam’andros qui nous talonnent ; donc si vous avez besoin de bras supplémentaires, mon épée vous est acquise.
- Je vous remercie et accepte avec gratitude votre aide car nous ne serons pas de trop pour faire face aux ennemis, répondit Rosenwyn. Nous vivons décidément une époque bien troublée. Ce n’était pas suffisant que le flambeau de Dwynwen s’éteigne…

- Qu’est-ce que ce flambeau exactement ? demanda Withur.
- Vous n’êtes pas au courant ! s’étonna Rosenwyn. C’est un flambeau magique qui se trouve sur l’île Dwynwen, au milieu de la mer Vanora.
- Non, je n’en ai jamais entendu parler.
- Une légende ondine raconte que s’il venait à s’éteindre, une catastrophe s’abattrait sur Hengar, continua la bourgmestre. Or, les Elfes sont très inquiets de la situation et craignent que tout ce qui nous arrive actuellement ne soit le signe du retour de Glyndwr.

- Glyndwr ? Mais je croyais qu’il avait été tué par les Elfes ! s’exclama Withur.
- Oui, moi aussi, répondit Rosenwyn. Et j’espère que les Elfes se trompent. J’ai reçu un faucon il y a quelques jours de cela, me conviant à Heulwen, la capitale skédyn, pour une réunion extraordinaire afin de faire le point sur la situation.

-  Vous allez y aller ? demanda le Harluad.
- Malheureusement, non, l’épidémie nous a touchés trop profondément pour que je puisse abandonner la ville. Le bourgmestre de Pradizel, Kéveren, quant à lui, a pu s’y rendre. Il me tiendra au courant. Pour l’instant, la seule chose que nous pouvons faire, c’est de nous tenir prêt pour l’arrivée des Salam’andros.
En attendant, vous devez avoir besoin de reprendre des forces après votre chevauchée à travers les Plaines? Je vais vous faire préparer un gîte pour vous et vos hommes afin que vous vous reposiez en prévision de la future bataille qui ne sera pas de tout repos, je le crains. »

Withur sortit, accompagné par un domestique. Rosenwyn fit aussitôt organiser la défense de la ville. D’après Withur, les Salam’andros étaient à quelques jours de là. La corne d’alarme sur le toit de l’hôtel de ville résonna à travers la plaine afin de prévenir les paysans habitant aux alentours d’une attaque imminente pour qu’ils puissent venir se réfugier au sein des remparts.
Dans l’attente, les heures parurent des jours. La bourgmestre envoya également un messager à Toulmelin pour prévenir ses habitants de la probable arrivée des Salam’andros et demander par la même occasion leur assistance en cas de besoin pour traverser la Niel, la rivière qui séparait les Plaines de Komhouarn et celles de Locohiern.
*
Deux jours plus tard, le soleil venait tout juste d’apparaître à l’horizon quand le tocsin retentit : les gardes en poste sur le toit de l’hôtel de ville, qui bénéficiait d’une vue quasi périphérique sur toutes les Plaines, avaient aperçu les assaillants arriver. Les cors des quatre entrées de la ville s’élevèrent à tue-tête dans les airs ; les portes furent fermées et les ponts-levis levés. Dans les rues, les habitants couraient dans tous les sens, paniqués. Les soldats encore en bonne santé prirent immédiatement leurs positions sur le mur d’enceinte de la ville.

Les Bravigors ne pouvaient malheureusement pas fournir de renforts pour l’instant : ils avaient envoyé une grande partir de leurs troupes déjà réduites à cause de l’épidémie en soutien à leurs cousins Govons au Nord d’Hengar pour tenter de repousser une attaque des Salam’andros au niveau du désert du Selwyn.

Malgré cela, les soldats kompézhenns étaient prêts à résister jusqu’au bout à l’ennemi bien que leur cœur soit lourd de désespoir. La peur étreignait leurs entrailles car les Salam’andros étaient dangereux et paraissaient invincibles. Une armée gigantesque et flamboyante s’approchait par le nord vers Analré à travers les Plaines qui environnaient la colline où était érigée la ville. Cette armée traînait derrière elle d’énormes trébuchets construits en sklériar, le métal pur originaire de Grywn. Arrivés sur place, les soldats salam’andros montèrent un camp de fortune, à distance raisonnable du futur champ de bataille.

Une fois les trébuchets arrivés à bonne distance, commencèrent alors les essais de tir sur la ville. Puis d’énormes rochers enflammés crépitèrent de violence en s’abattant sur la cité humaine. Alors que leurs maisons brûlaient, les Kompézenns ripostèrent à l’aide de leurs balistes en visant les armes ennemies afin de les détruire et de limiter les dégâts qu’elles occasionnaient. Cependant, assez rapidement, les terribles tirs salam’andros firent voler la muraille nord de la ville en mille morceaux.

L’ennemi s’élança alors vers les fortifications en vue de les franchir par les failles occasionnées à l’aide de leurs armes de guerre. Le bruit de leur course effrénée sonnait comme des tambours sur le sol et faisait trembler la terre. Ils traversèrent les fossés grâce à des passerelles en sklériar jetées en travers et à la hâte, ce qui permit une avancée si rapide que les humains furent pris au dépourvu. Les archers sur les murailles s’évertuaient à tirer d’innombrables flèches sur l’ennemi pour ralentir sa progression, les abattant par dizaines. Cependant, les attaquants semblaient arriver toujours plus nombreux, comme des rats qui envahissent un navire.

Les Salam’andros projetèrent un énorme bélier contre la porte nord qui trembla de tous ses gonds malgré l’extrême robustesse de sa construction. Les soldats qui le manœuvraient étaient protégés des projectiles lancés du haut des remparts par une barrière de boucliers au-dessus de leur tête, et ils se gaussaient à couvert des tentatives dérisoires de leurs adversaires pour les abattre. La porte résistait en produisant d’importants grincements comme un animal qui gémit sous l’effet de la douleur. En milieu d’après-midi, elle finit cependant par abdiquer et céder sous la force des terribles coups infligés par l’ennemi. Celui-ci franchit alors la porte en hurlant sauvagement, pétrifiant de terreur les soldats présents tout autour.

La bataille fit rage sur les remparts comme à l’entrée de la ville. Les soldats kompézenns, hommes comme femmes, combattaient vaillamment mais ne semblaient pas de taille à résister à l’invasion. En plus d’être beaucoup plus puissants et nombreux qu’eux malgré la relative petitesse de leur armée, les Salam’andros provoquaient de très sévères brûlures du fait de la chaleur importante que dégageaient leurs corps.

Les prêtresses de Mammatil, les enfants, les vieillards et les  femmes ne participant pas aux combats furent rassemblés au sud de la ville, près de la porte, à l’abri somme toute relative de la bataille. La bourgmestre se joignit à eux tandis que le chef de guerre supervisait la défense de la ville.

Avec la percée dans la muraille nord, les Salam’andros assaillirent la ville et se répandirent comme une traînée de poudre. Les soldats affaiblis par la maladie et en piètre nombre par rapport à leur ennemi furent vite débordés. L’assaillant contrôlerait sous peu l’ensemble de la ville. La bataille semblait perdue. La bourgmestre décida alors de quitter en urgence la ville tant qu’il en était encore temps et que les défenseurs usaient de leurs dernières forces pour tenter de circonscrire les Salam’andros. Les fugitifs sortirent donc par la porte sud qui n’avait encore été prise et profitèrent du désordre de la bataille pour s’éclipser hors des murailles. Ils allaient tenter de traverser la Niel à partir de Toulmelin pour rallier la sécurité de l’autre rive. Une fois là-bas, Rosenwyn espérait obtenir enfin de l’aide des Bravigors pour revenir à Analré récupérer la ville.

Beaucoup moins important que Pradizel, Toulmelin permettait de faciliter le commerce entre les deux rives de la Niel. C’était un fleuve dont les nombreux poissons étaient très prisés par la noblesse d’Analré et de Pradizel. La traversée du fleuve pouvait cependant être dangereuse pour les pêcheurs novices car c’était un cours d’eau tumultueux, plein de rapides sur une bonne partie de son trajet. Un passage plus calme entre les deux rives existait malgré tout et permettait de rallier les deux ports sans difficulté.
La Niel naissait à proximité du Selwyn puis serpentait paresseusement en un abrupt canyon, créant des méandres de Castellec. La gorge profonde continuait jusqu’à Pradizel où le fleuve se précipitait ensuite rapidement dans l’océan Dondour en un capricieux et imposant cours d’eau que seuls les pêcheurs kompézenns les plus aguerris se risquaient à emprunter.

Les trois gardes personnels de Rosenwyn l’accompagnaient comme le voulaient leur fonction. Et ils étaient prêts à donner leur vie pour assurer la protection de la bourgmestre. Les fugitifs s’étaient armés du mieux qu’ils avaient pu en récupérant fourches, fléau et autres outils agricoles. Certains s’étaient même contentés de bâtons de fortune.

Loéïz avait dû se résigner, la rage au cœur, à accompagner Rosenwyn dans sa fuite bien qu’il aurait mille fois préféré rester et participer à la bataille. En effet, son père était mort pendant la nuit : il n’avait pas résisté au mal incurable qui s’était abattu sur la ville. Loéïz était rempli d’une haine sans borne envers les Salam’andros qui l’obligeait à quitter  sa terre natale et la tombe fraîchement creusée de son père. Cette haine lui dévorait les entrailles à en hurler de douleur et rien ne semblait pouvoir l’apaiser à part le sang versé de l’ennemi. Il se résolut à respecter son devoir en grande partie pour être sûr que Jowna restât saine et sauve. Bien que celle-ci aurait préféré prendre part au combat, heureusement aux yeux de son frère, la gestion de l’intendance du domaine familial ne lui avait jamais laissé le temps d’apprendre le maniement des armes. Elle se laissa donc convaincre de mauvaise grâce de se joindre aux fugitifs. Loeïz se jura qu’un jour, il prendrait sa revanche et qu’il reviendrait par tous les moyens se venger.

Chargés de peu, n’ayant eu que le temps de rassembler de menues affaires avant de partir, les quelques dizaines d’exilés se dirigèrent donc le cœur lourd vers Toulmelin. Ils devaient se dépêcher s’ils voulaient atteindre le village avant que l’ennemi ne les rattrapât. Ils avancèrent aussi rapidement que le leur permettaient les jambes fatiguées des enfants et celles trop vieilles des anciens. Il leur faudrait quelques jours avant d’arriver en vue de Toulmelin. Celui-ci était un modeste village de pêcheurs composé d’une vingtaine de maisons en bois, situé face au port de Pradizel. Chaque famille possédait un solide bateau à fond plat qui permettait de pêcher et de remonter le courant jusqu’à Pradizel située un peu plus en amont. De simples quais en bois servaient à l’accostage des bateaux dans une petite crique qui les mettait à l’abri du courant de la Niel.

Encore quelques lieues et les fugitifs seraient arrivés à destination. Dès l’entrée du village, ils se dirigèrent immédiatement vers les pontons où les accueillirent une poignée de pêcheurs encore valides. Suite au message qui leur avait été envoyé, les habitants du village avaient en effet traversé la Niel pour se protéger d’une hypothétique attaque en rejoignant Pradizel tandis qu’une dizaine d’hommes était restée pour aider à la traversée.

Les Kompézenns s’entassèrent alors tant bien que mal, à plus d’une dizaine dans chaque bateau, pour rallier l’autre rive. Les embarcations n’étant pas prévues pour supporter un tel poids, la ligne de flottaison était donc beaucoup plus haute qu’à l’ordinaire. Malgré la dextérité des capitaines de bateau, les passagers étaient obligés d’écoper l’eau qui ne manquait pas de passer par-dessus bord. Ils avaient navigué jusqu’au milieu du fleuve quand les Salam’andros atteignirent la rive d’où les fugitifs étaient partis. Aucune embarcation n’était restée sur la rive sinon les Hommes-feu auraient peut-être tentés de les rattraper pour faire des prisonniers malgré leur phobie de l’eau. A l’aide de leurs puissants arcs, ils tirèrent vers les bateaux. Les flèches sifflèrent aux oreilles des fugitifs et réussirent à atteindre les embarcations et certains de leurs occupants, dont Rosenwyn. Une flèche lui traversa le bras. Une autre frôla la tête de Loeïz tandis qu’il tentait de protéger sa sœur en utilisant son corps comme bouclier. Rapidement, les tirs s’arrêtèrent car les bateaux étaient hors de portée. Les Salam’andros poussèrent alors des cris de rage et insultèrent copieusement les Kompézenns qui atteignirent l’autre rive.

« Modifié: 28 avril 2020 à 11:50:33 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne MoonAngel

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 340
  • Présentement en confinement
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #36 le: 24 avril 2020 à 23:25:50 »
Je m'attaque au chapitre 6 :)

Déjà, je ne comprends pas trop si le chapitre se passe avant, pendant ou après la bataille qui a lieu dans la ville où se trouve Melwyn :???:
...
Et je viens de me rendre compte qu'il y a un chapitre 5 qui n'est pas encore posté. Je devais déjà lire ce chapitre 6 ou pas, du coup ? :D

Citer
A chaque printemps, une grande fête en l’honneur de Mammatil était organisée : le Ganédour. C’était l’occasion de célébrer la renaissance de la Nature ainsi que de s’assurer la fertilité de la terre pour l’année à venir.
Hé ! Ma danse de la Floraison ! :D

Citer
malgré l’épidémie d’origine inconnue qui sévissait depuis quelques semaines.
C'était déjà prévu ou c'est le coco qui t'a inspirée ? :D

Citer
lègèrement
légèrement*

Citer
- Loeïz, vous pouvez rester, trancha Rosenwyn.
- Je lui fais entièrement confiance, dit-elle en se tournant vers le Harluad et en pointant son regard dans le sien.
Si c'est la même personne qui parle 2 fois d'affilé, on ne doit pas mettre deux tirets, si ? :???:
Ça me perturbe en tout cas.

Citer
Pourriez-vous nous aidiez
Aidez* :P

Citer
votre aide car nous ne serons pas de trop pour faire face aux ennemis
Étant une grande pacifiste, je me sens toujours obligée de demander s'ils ont envisagé de passer par la case diplomatie ou soumission directe, et pourquoi se sont-ils sentis obligés d'engager le combat :-¬?

Citer
Que la flamme de Dwynwenn se soit éteinte confirme d’autant plus le fait que Glyndwr soit de nouveau derrière tout ce qui se passe actuellement.
Sauf si j'ai loupé quelque chose, je n'arrive pas à voir le lien entre les deux. À moins que dans ton univers, les deux sont admis comme corrélés et c'est tout :???:

Citer
de très sévères brûlures à cause de leur constitution brûlante.
La répétition de "brûl*" n'est pas très esthétique.

Citer
les  femmes
Espace superflue

Citer
un fleuve extrêmement poissonneux dont les poissons
Pareil, la répétition fait bizarre.

Citer
rien ne semblait pouvoir l’apaiser à part le sang versé de l’ennemi.
Je ne comprends pas non plus. D'où les Salam'andros sont responsables de l'épidémie ? Ou j'ai de nouveau raté un truc ? :D

Citer
Les Salam’andros poussèrent alors des cris de rage et insultèrent copieusement les Kompézenns qui atteignirent l’autre rive.
Je les imagine tellement en train de gueuler "Putain mais niquez-vous ! Pourquoi vous fuyez ? On veut juste vous tuer quoi, c'est pas la mort !" :D
Enfin tout ça pour dire que je comprends pas pourquoi insulter des gens qui fuient pour leur vie. Mais c'est peut-être moi qui suis trop bisounours :-[

Citer
Arrivés sur le rivage, les fugitifs rejoignirent rapidement Pradizel à pied. Ils y firent soigner leurs blessés. Malheureusement, certaines blessures étaient graves car les Salam’andros étaient d’excellents archers qui rataient rarement leurs cibles, même à longue distance. Plusieurs succombèrent des suites des blessures les plus mortelles.
Je pense que la fin du chapitre pourrait être mieux amenée, mais juste pour apporter le petit "plus" qui fera que tes lecteurs ont envie de continuer. Par exemple, dire que Rosenwyn commençait à perdre beaucoup de sang à un tel point que les fugitifs ne savent pas s'ils arriveront à temps pour la sauver, terminer ton chapitre là, et garder le passage où les habitants de Pradizel les soignent pour le début du chapitre suivant où là tu dis qu'ils ont pu la tirer d'affaire.
Bon ok c'est un peu un faux suspense car Rosenwyn s'en sort de toute façon, mais c'est le genre de truc qui garde le lecteur en haleine ;)

Je me perds encore dans les passages où tu essaies d'exposer ton univers et où tu sors 5 noms propres par ligne. Mais dès que les choses bougent un peu, ça va beaucoup mieux ^^

À bientôt pour le chapitre précédent, du coup :D
💎 🌸 🐚
May your heart be your guiding pen

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #37 le: 25 avril 2020 à 21:18:04 »
Bonsoir Moon,
Merci pour tes retours qui sont pertinents. Je vais revoir cette histoire de lien entre Glydnwr et ce qui se passe afin que ce soit plus lisible; bonne idée pour la fin du chapitre !

Excellente soirée !
 :coeur:
« Modifié: 25 avril 2020 à 21:20:14 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #38 le: 28 avril 2020 à 12:01:21 »
Voici un petit récapitulatif des différents lieux de l'histoire en pense-bête (J'ai aussi une carte sous la main pour ceux que cela intéresse).
Ici
« Modifié: 30 avril 2020 à 16:30:43 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #39 le: 28 avril 2020 à 19:20:42 »
Chapitre 7 : L’épée de Gowezrad
Au même moment, le gros de l’armée salam’andros lançait une attaque surprise et fulgurante contre le désert du Selwyn. Les ennemis s’abattirent comme une tempête en furie sur le désert.
Heureusement, de hautes tours de garde bordaient le territoire traézhyn et couraient le long du désert d’ouest en est. Ces tours avaient été construites pour défendre l’entrée nord des territoires elfiques et nains. Le reste de cette région était naturellement protégée, à l’est par la Mer Vanora et les  montagnes de Blenchénor, au sud par l’Océan Dondour et  à l’ouest par le cours de la Niel.

Grâce à leurs tours, les Traézhyns virent l’ennemi arriver de loin : ils eurent donc le temps d’organiser leurs défenses et d’envoyer des faucons à leurs voisins pour demander des renforts.
Ces tours, distantes de cinq mille pieds chacune, permettaient aux Elfes des sables de joindre leurs forces pétrakinésiques afin de créer une puissante et incommensurable tempête de sable. La vague salam’andros se fracassa contre ce mur telle une déferlante sur un brise-lame. Ils s’engagèrent dans l’ouragan avec difficulté, luttant contre les vents violents et la pluie cristalline.

Désorganisés, ils ne savaient plus où se diriger pour sortir de ce piège. Déboussolés, leurs rangs s’estompèrent et ils se retrouvèrent livrés à eux-même, isolés tandis que la tempête les faisait tourner en rond sans fin, comme dans un labyrinthe sans issue. Montés sur leurs carnolens, ses sauriens de la taille d’un grand cheval, les Elfes s’approchaient de l’ennemi sans être vus puis déferlaient sur lui par surprise alors que celui-ci était disséminé dans le désert.

Les Traézhyns se défendirent du mieux qu’ils purent en cherchant au fond de leur cœur la force nécessaire pour tenir toujours en peu plus malgré la fatigue, accrochés à l’espérance de l’arrivée tant attendue des renforts. Les Salam’andros se battaient avec détermination, tels des lions dans une arène et de nombreux soldats succombèrent sous leurs épées implacables.

Le mur de sable ne pouvait tenir indéfiniment car il nécessitait d’être entretenu par une quantité démesurée d’énergie. Des centaines de magiciens traézhyns devaient se relayer nuit et jour pour en maintenir l’intensité constante. Au bout de plusieurs jours, leurs forces se mirent à décliner rapidement : ils durent puiser dans leurs dernières forces pour conserver la puissance de la tempête. Puis, ils commencèrent à succomber en nombre sous l’effort incommensurable qu’ils avaient dû fournir. L’ouragan perdit alors peu à peu en puissance.

Ce matin-là, tandis que les Traézhyns voyaient désespérément leurs mages tomber les uns à la suite des autres, des renforts arrivèrent enfin : des Elfes Skédyns et des Nains Govons du Sud, des Elfes Gwentyls et des Nains Bravigors de l’Est. Les magiciens traézhyns arrêtèrent leurs incantations et la tempête se calma soudainement. On put alors voir que l’entrée du désert était parsemée de corps d’un bout à l’autre de la ligne de défense traézhyn. Cependant, ils étaient plus nombreux dans le camps des Elfes que dans celui des Salam’andros.

Les Elfes et les Nains joignirent leurs forces afin d’éviter que les Salam’andros ne pénétrassent plus avant dans le désert et n’atteignissent les Plaines de Komhouarn. Les combats furent rudes car les soldats venus en renfort devaient lutter contre la chaleur accablante qui régnait sur le désert alors que les Salam’andros y était à l’aise comme des poissons dans l’eau. Les Elfes et les Nains réussirent cependant à arrêter la majorité des ennemis à la lisière du désert.

Quelques rares troupes réussirent malgré tout à traverser et se retrouvèrent face aux Dourians. Les Elfes d’Eau étaient restés en arrière garde car ils n’auraient jamais supporté d’entrer dans la fournaise du désert et auraient rapidement souffert de déshydratation. Au final, seul un nombre minime d’ennemis réussit à passer entre les mailles du filet et s’égailla dans les Collines d’Émeraude.
*
Une semaine plus tôt, l’aube venait tout juste de poindre à l’horizon quand le prince Maëlrhys s’assit au côté de son père, le roi Guinahël, dans la salle du Conseil du palais skédyn. Autour de la table étaient également présents des représentants de chaque peuple d’Hengar. Le prince observa les visages de chacun et y décela la même inquiétude qui le taraudait depuis qu’il avait appris par le biais d’un message d’Aildlinn, le roi ondin, que le flambeau de Dwynwen s’était éteint avant que la lune fut pleine.

Or d’après les croyances ondines, cela présageait une catastrophe imminente. Cette mauvaise nouvelle faisait malheureusement écho aux mises en garde de Fiwezhenn dont ils n’avaient pas eu de nouvelles depuis un moment. A cela, s’ajoutait l’épidémie qui sévissait sur la plupart des territoires d’Hengar et face à laquelle aucun remède n’avait été trouvé jusqu’à présent.

Un conseil extraordinaire avait donc été réuni en urgence à Heulwen pour décider de la conduite à tenir face à cette situation inédite et préoccupante. Autour de la table étaient assis, en plus du roi Guinhaël et du prince Maëlrhys ; Élorn, fils du roi dourian ; Cétomérin l’Ancêtre, doyen représentant le Conseil des Anciens traézhyns ; Grizel, fille aînée de la reine Méliora des Gwentyls ; Aidlinn, le roi ondin ; Hervezen, fils du roi Riwanig ; Falc’hun, prince bravigor du royaume de Ménizel et Kéveren, bourgmestre de Pradizel.

Le roi Aidlinn s’adressa en premier au Conseil :
« Chers amis, l’heure est grave. Depuis de nombreux mois déjà, la flamme de notre sanctuaire était de moins en moins vivace et de plus en plus vacillante. Ce qui menaçait de se produire est malheureusement arrivé : suite à notre dernière cérémonie, notre flambeau a fini par s’éteindre prématurément ! Je crains maintenant que le pire ne s’abatte sur Hengar. Et ça a déjà commencé : regardez cette épidémie qui sévit dans la région et à laquelle nous n’avons aucun remède !
- Nous avons énormément souffert de cette maladie à Pradizel et bien plus à Analré qui a perdu près d’un tiers de la population ! intervint le bourgmestre Kéveren. Nos prêtresses de Mammatil ont fait de leur mieux mais elles  n’ont pas réussi à trouver de remède.

- Les Nains ont surmonté l’épidémie et nous n’avons compté aucun mort mais cela a beaucoup affaiblis nos soldats, continua Falc’hun, le prince bravigor. Cette épidémie est d’origine magique assurément car nos magiciens ont dû avoir recours à de puissants sortilèges pour en limiter les effets.
- Du côté des Elfes, répondit la princesse gwentyl Grizel, seule notre résistance naturelle nous a plus ou moins préservés des assauts de la maladie. Je rejoins Falc’hun sur le fait qu’une puissance magie est à l’œuvre, j’irais même jusqu’à penser qu’il s’agit de la magie rouge.

- Quelle est cette magie rouge dont vous parlez ? demanda Kéveren.
- C’est une puissante magie utilisée par les Initiés d’une secte salam’andros, expliqua Hervezen, le prince govon.
- Nous avons envoyé des espions au Mazalon pour surveiller les Salam’andros depuis leur retour à Hengar, continua Grizel. Une grande maléficence règne là-bas, ce qui les a beaucoup affectés. D’ailleurs, l’un d’eux est revenu dans un triste état : il passe maintenant son temps à délirer et aucune amélioration n’a été constatée depuis son retour. Il est obnubilé par une pierre noire qui lui brûle l’esprit. Cela ne fait que trop penser à Glyndwr...

- Malheureusement, mes chers amis, je crains que cela ne soit effectivement le cas, dit Hervezen. Je ne comprends pas par quel maléfice cela peut être possible mais je ne vois aucune autre raison qui pourrait expliquer la simultanéité fortuite des événements que nous vivons actuellement !
- Non, ce n’est pas possible ! s’exclama douloureusement le prince dourian Élorn. Le diadème de l’Elfe Noir a disparu lors de la dernière bataille et Fiwezhenn l’a tué il y a plus de trois cents ans. C’est insensé qu’il puisse être de retour ! Ce serait une catastrophe ! »

Soudain, un messager royal frappa à la porte du Conseil et se dirigea précipitamment vers le roi Guinaël en lui tendant une missive urgente.
«  Par Caerwyn ! s’exclama ce dernier en lisant le message. Les Salam’andros ont attaqué le Selwyn ! Les Traézhyns nous demandent du renfort car l’ennemi est trop nombreux pour leurs défenses. Transmettez immédiatement ce courrier à Kentigern, notre chef des armées, pour qu’il fasse préparer les troupes, dit-il au messager. Qu’elle se rende au plus vite au Selwyn !
- C’est malheureusement ce que nous craignions depuis le retour des Salam’andros au Mazalon ! » intervint Cétomérin l’Ancêtre.

Au même moment, la porte de la salle du conseil s’ouvrit avec fracas. Fiwezhenn apparut dans l’embrasure de la porte et se dirigea vivement vers la table de réunion sous le regard stupéfait des participants. Il était couvert de poussière, ses vêtements déchirés en maints endroits laissaient apparaître de longues entailles qui semblaient avoir été soignées récemment. Malgré le harassement qui transparaissait dans ses yeux, ceux-ci brillaient d’une lueur déterminée.

« Veuillez m’excuser pour mon retard mais j’ai été retenu, dit-il d’une voix fatiguée.
- Que vous est-il arrivé, mon pauvre ami ? s’exclama Guinhaël. Il faut que vous voyiez un médecin. Vos blessures…
- Laissons de côte mes blessures pour le moment. Elles ont été soignées et peuvent attendre. J’ai des nouvelles terribles à vous transmettre.
- Asseyez-vous au moins, » lui proposa Guinhaël.
Fiwezhenn accepta de s’asseoir avec gratitude et demanda un verre d’eau.

« J’ai parcouru une grande partie des royaumes animaux d’Hengar depuis plusieurs semaines à la recherche d’informations sur l’origine du Mal qui touche notre contrée. Plus aucun animal ne peut se rendre à proximité de Tenvaldéria sous peine de sombrer dans la folie. La magie rouge est à l’œuvre là-bas et j’ai dû m’entourer d’un puissant sortilège pour pouvoir m’approcher suffisamment de Tenvaldéria sans succomber à ses effets nocifs. En survolant la montagne, j’ai observé que les Salam’andros ont réinvesti le palais et semblent se préparer à la guerre. J’ai fait au plus vite pour venir vous prévenir.

- Hélas ! les Salam’andros ont déjà commencé à attaquer le Selwyn, intervint Kéveren. Ils ont également fait main basse sur les Plaines de Komhouarn en assiégeant Govelyn et Analré.
- Je ne pensais pas avoir été absent si longtemps ! s’exclama le Sage Elfe. Il est alors d’autant plus urgent que vous sachiez ceci : d’après Caerwyn, l’Esprit des animaux, l’esprit de Glyndwr est de retour grâce au démon Narbred !
- Ainsi, c’est donc vrai ! lança Elorn en laissant tomber sa tête de désespoir dans ses mains. Nous en parlions justement avant que vous n’arriviez.

- Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ce Narbred ? demanda Guinhaël à Fiwezhenn.
- Narbred est une divinité démoniaque, répondit Fiwezhenn. D’après mes recherches, le culte de ce démon a été initié par une secte salam’andros appelée la Kenstrollruz, la Confrérie Rouge. Leur Prêtre Suprême est Diargarth, l’ancien second de Glyndwr. Apparemment, ce serait grâce à Narbred que les Hommes du Nord auraient été forcés de participer à la guerre de Ténédor.
- Voici donc enfin l’explication de ce machiavélisme  ! s’exclama Falc’hun. Pardonnez-moi de vous avoir interrompu, Sage Elfe. Veuillez continuer, je vous en prie.

- C’est Narbred également qui a fourni à Glyndwr son diadème d’onyx. En échange, ce dernier devait emmagasiner dans la pierre, à l’aide d’une incantation démoniaque, toutes les âmes de ses ennemis morts à la guerre pour les offrir à Narbred. Le démon cherche ainsi à accroître sa puissance grâce à l’énergie qu’il retire de l’essence de Vie. D’après Caerwyn, il n’existerait qu’un seul moyen de détruire Glyndwr. Une épée forgée dans le feu de Gowezrad. Cependant, je n’ai aucune idée de l’endroit où la trouver !
- Moi, je pense le savoir, intervint Hervezen à la stupéfaction générale. Peu de personnes connaissent son existence ; même parmi mon peuple, ce secret est jalousement gardé depuis plusieurs millénaires. Je compte sur votre entière discrétion pour qu’il ne sorte pas de cette salle. »

Tous jurèrent alors en langue elfique savante et  Hervezen prit une posture solennelle avant de raconter ce qui suit.
« Notre dieu souverain est Maenteuz, le dieu forgeron. Il guide nos pas et nos mains lors de notre travail dans les mines ; dans les profondeurs de Ménezgwen où les nains govons extraient les métaux comme dans les mines de pierres précieuses exploitées par les nains bravigors en Ménizel. Nous lui rendons particulièrement hommage dans la caverne sacrée de Glanmougyv, située sur le Mont Manihel, le point culminant du massif de Ménezgwen. Mon peuple y dépose souvent des offrandes. Au fond de cette grotte, coule une cascade de feu qui se déverse dans un bassin sacrificiel. Celle-ci serait un portail avec le monde de Maenteuz, d’après la légende.

Voici ce que dit la prophétie :
Qu’un être au cœur pur
S’avance vers cette épée
Et par son grand courage
Ose la porte traverser
Pour les ténèbres exclure.

De l’autre côté, se trouve le gardien du portail, un être de feu qui possède une épée légendaire, l’épée de Gowezrad. Par contre, nul ne se souvient comment franchir ce portail. Peut-être sera-t-il possible d’en apprendre plus en effectuant des recherches dans les archives de notre palais, à Kastellkorr ? »

Tous se turent stupéfaits. Un mince espoir se profilait à l’horizon, tout n’était donc pas encore perdu !
« Je ferais mon possible pour contrer ce démon grâce à l’initiation à la magie rouge dont j’ai profité, intervint Fiwezhenn, mais la bataille sera rude car mes connaissances en cette magie sont limitées. Cependant, je suis sûr que la magie blanche sera plus puissante car elle a trait à la véritable essence de la nature. De plus, je nous ai peut-être trouvé un soutien inattendu mais périlleux…
- Lequel ? interrogea Hervezen.
- Pendant que je survolais Tenvaldéria lors de mon observation, j’ai été attaqué par un dragon.
- Un dragon ? s’exclama Kéveren. Ils existent toujours alors ? Je pensais qu’ils avaient disparu.

- Le prince Aéron est le dernier représentant de sa race. Ainsi, parmi les dragons aussi, il existe une race princière. Ce ne sont pas que des animaux sauvages et dénués d’entendement. Quelques rares membres de leur espèce ont pleinement conscience d’eux-même et sont aussi capables de raisonner. Il est possible de communiquer par télépathie avec eux même si c’est très difficile et dangereux. J’ai moi-même failli perdre la raison au contact de son esprit. Aéron a beaucoup souffert à cause de Narbred quand celui-ci les a obligés par manipulation mentale à venir attaquer Ténédor il y a trois cents ans.
- Comment ça ? l’interrompit Maëlrhys. C’était Narbred qui était derrière cette attaque ?

- Oui, confirma Fiwezhenn. Et depuis, Aéron n’attend qu’une occasion pour se venger. Il semblerait qu’il ait vu en moi un éventuel moyen d’assouvir sa vengeance, vu notre ennemi commun ; raison pour laquelle il a daigné me laisser la vie sauve. J’ai cru comprendre qu’il serait prêt à intervenir dans une éventuelle attaque de Tenvaldéria. Cependant la solution serait peut-être pire que le mal car je n’ai aucune confiance en lui : il semble incontrôlable et donc ne ferait sûrement aucune différence entre nous et l’ennemi pendant la bataille. La magie rouge a dû l’affecter comme tous les animaux vivant à proximité de la montagne et s’il n’a pas sombré dans la folie, il n’en est pas loin.
- Gardez cette éventualité en tête comme ultime carte à abattre, Fiwezhenn, continua Guinhaël. Pour l’instant, il faut d’abord obtenir l’épée qui pourra tuer Glyndwr puis réussir à s’introduire à Tenvaldéria afin de s’approcher au plus près de l’ennemi. Mais, comment faire ! La forteresse est impénétrable car située sur un promontoire rocheux et le seul accès est un pont de pierre qui traverse un précipice.
 
- J’ai remarqué pendant mon observation qu’un conduit sortait de sous Tenvaldéria et rejetait ce qui m’a semblé être les égouts, continua Fiwezhenn. A part par la grande porte, cela me semble la seule autre manière d’y entrer.
- Auriez-vous dans vos archives des plans de Tenvaldéria? demanda Élorn à Guinhaël. Ils contiendraient peut-être des précisions sur ces égouts.
- Malheureusement, j’ai bien peur que nous ne possédions rien de tel car peu de personnes rendaient visite à Glyndwr à Tenvaladéria, du moins à ma connaissance. Il faudra quand même demander au conservateur des archives ce qu’il en est, » répondit Guinhaël.

Le prince Maëlrhys, qui n’avait rien dit jusque là et avait observé la scène silencieusement, se leva alors :
« Je me porte volontaire pour me rendre en Ménezgwen avec vous, Fiwezhenn, si vous voulez bien de mon aide.
- Avec plaisir, lui répondit son interlocuteur. 
- Je me joins également à vous, intervint Hervezen, et vous servirait de guide jusqu’à Kastellkor pour vous introduire auprès du roi, mon père. Je m’en vais de ce pas lui envoyer un message pour lui annoncer notre venue.
- Pour ma part, je vous accompagnerai jusqu’au gué Nec’henn puis je rejoindrai Klérez pour faire mon rapport à la reine, proposa Grizel. Vous pourrez vous faire passer pour mon escorte, cela attirera moins l’attention de votre compagnie.
- Pour vous guider dans l’escalade jusqu’à l’entrée des égouts, il vous manque un excellent grimpeur, poursuivit Guinhaël. L’un d’entre vous aurait-il une idée ?

- Puis-je vous suggérer quelqu’un ? répondit Fiwezhenn.
- Certainement. A qui pensez-vous ?
- Je connais une jeune elfe qui est par ailleurs une excellente archère. Elle s’appelle Melwyn. Vous avez dû la remarquer lors de la fête d’anniversaire du prince ? Elle a réussi à battre le record au tir à l’arc de Iestyn, l’un de vos meilleurs archers.
- Effectivement, je m’en souviens. Elle est vraiment très douée. Et elle pourrait vous guider dans l’ascension de la paroi rocheuse ?
- Oui, j’ai eu l’occasion de la voir à l’œuvre, c’est une escaladeuse hors pair. Il faudrait lui demander de se joindre à nous.
- Très bien. Je vais envoyer de suite un messager pour la rencontrer en fin de journée et pour la convier à notre expédition, sans en exposer pour l’instant le motif exact. Tachons de rester le plus discret possible. "

Le roi fit immédiatement mander le messager qui partit aussitôt à Lec’hskavor, le quartier où vivait Melwyn. De son côté, Maëlrhys tint absolument à participer aux recherches dans les archives skédyns afin de trouver une description précise du palais et, notamment, de son système d’égouts avant de partir.

Le départ fut donc prévu pour le lendemain. Maëlrhys aurait ainsi une journée pleine pour effectuer ses recherches. Il s’installa dès l’aube parmi les parchemins et éplucha le plus de documents possibles à l’aide des conseils du conservateur royal. Il effectua ses recherches toute l’après-midi durant mais ne trouva aucun complément d’information, même infime soit-il sur Tenvaldéria.
Le jour touchait à sa fin quand le conservateur trouva enfin un livre datant de plus de trois cents ans, époque à laquelle Glyndwr entretenait encore des relations cordiales avec Ténédor. Il s’agissait d’un journal de voyage qu’un Elfe, répondant au nom de Cynfélyn, avait tenu lors de ses nombreuses pérégrinations de par le monde. C’était un globe-trotter émérite. Dans ce carnet, se trouvait le compte-rendu d’une visite protocolaire à Tenvaldéria qui décrivait de manière assez détaillée l’organisation du palais et donnait son emplacement précis. Cynfélyn avait notamment remarqué qu’un réseau important de galeries et de soupiraux couraient en sous-sol. Tenvaldéria étant situé sur une hauteur, toutes les eaux se déversaient ensuite en cascade dans une retenue d’eau située en contrebas du palais.

« Quelle aubaine ! s’exclama Maëlrhys. J’avoue que j’avais peu d’espoir de trouver le moindre document sur Tenvaldéria.
- Oui, Prince, c’est vraiment une chance inouïe ! C’est à croire que c’était écrit, ajouta le conservateur.
- Pourriez-vous nous préparer une copie de ces documents ? demanda le prince. Elles nous seront fort utile si nous arrivons à pénétrer dans Tenvaldéria. Il y aura peut-être des modifications qui auront été apportées mais cela nous donnera une idée globale du site pour nous y déplacer. »
*
Melwyn s’entraînait avec Orwen quand elle vit un messager royal, reconnaissable à sa livrée couleur argent, arriver sur le camp d’entraînement. Il interrogea Béathan qui était le plus près et échangea quelques mots avec lui. Puis, Béathan, après un instant de surprise, fit un geste en direction de Melwyn et d’Orwen. Le messager se dirigea vers elles.

« Bonjour, dit le messager en s’inclinant révérencieusement. Je cherche Melwyn.
- Oui, c’est moi, répondit l’Elfe en essayant de cacher son étonnement.
- Le roi Guinhaël requiert votre présence séance tenante dans la salle du Conseil, continua le messager. Veuillez me suivre, je vous prie.
- Je vais ranger mes affaires au vestiaire et j’arrive, déclara Melwyn.
- Je vous attends. »

Une fois passée au vestiaire, Melwyn suivit le messager, sous l’œil interrogateur de ses compagnons d’arme, jusqu’à Heulwen. Arrivée près de la grande porte donnant sur la salle du trône, Melwyn souffla un bon coup pour se donner du courage et entra. Elle se trouva face au roi qui l’attendait, assis sur le trône royal. Il était entouré d’un Nain et de Fiwezhenn qui lui adressa un discret signe de la tête.

« Merci Melwyn de vous être présentée si vite, lui dit le roi. J’aurais  besoin de vos services pour une expédition de la plus haute importante. Fiwezhenn m’a certifié que vos exceptionnelles capacités d’escalade seraient un atout pour cette mission. Cependant, je me dois de vous prévenir que cela pourrait être dangereux car vous serez envoyé au Mazalon. Sachant cela, accepteriez-vous d’en faire partie ? »

Melwyn marqua un temps de réflexion avant de répondre. L’occasion tant attendue qu’elle n’attendait plus était là à portée de main ! Elle n’avait qu’à accepter la proposition du roi et son rêve prendrait enfin forme ! Laissant de côté son appréhension quant à la réaction de ses parents et de Maogann, Melwyn se décida à répondre par l’affirmative à la demande de son souverain.

« Puis-je compter sur votre discrétion concernant les détails de notre voyage ? lui demanda encore le roi.
- Je vous promets que mes lèvres resteront closes sur le sujet qui nous concerne dès que je serai sortie de cette salle, jura Melwyn en langue elfique savante.
- Tout d’abord, je dois vous informer que nous avons eu confirmation que Glyndwr était de retour. »
Melwyn ne put réprimer un cri de stupeur. Elle se retint cependant de poser la moindre question et laissa le roi continuer.

«  Je comprends votre réaction, continua le roi, j’ai eu le même sentiment en l’apprenant. Heureusement, il existerait une épée en Blenchénor qui pourrait le tuer. Une fois cette épée obtenue, il faudra se rendre à Tenvaldéria où nous aurions besoin de vos talents pour accéder à l’entrée des égouts et s’introduire sans être vus dans le palais. Accepteriez-vous de servir de guide dans cette ascension ?
- Ce serait un grand honneur pour moi de pouvoir vous rendre service, Majesté, s’exclama Melwyn.
- Vous partirez avec l’escorte de la princesse Grizel afin de ne pas trop éveiller les soupçons sur le motif de votre départ, continua Guinhaël. Officiellement, vous serez chargée d’accompagner la princesse, et Hervezen que voici, jusque Blenchénor. Le prince Maëlrhys fera également partie de la mission.
- Quand partons-nous ? demanda Melwyn.
- Demain matin, avant l’aube, lui répondit Fiwezhenn.
- Dans ce cas, je serais prête. Où devrais-je vous rejoindre ?
- Rejoignez-nous dans la cour royale, » poursuivit Fiwezhenn.

Melwyn se retira et reprit le chemin du domicile familial afin d’informer ses parents de son départ. Elle se rendit d’abord chez son fiancé qui tenta de l’en dissuader mais Melwyn ne céda pas. N’ayant pas d’autre choix, il lui demanda d’être bien prudente et de lui revenir vite.

Comme elle le craignait, ses parents au contraire ne comprirent pas les raisons de sa décision. Ils tentèrent bien de la raisonner, en vain. Elle essaya de les rassurer en leur disant qu’il s’agissait d’une simple mission de routine et que cela ne remettait en rien en cause son mariage avec Moagann. Elle savait cependant au fond de son cœur que cette décision allait changer le cours de sa vie.
« Modifié: 30 avril 2020 à 18:58:21 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne MoonAngel

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 340
  • Présentement en confinement
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #40 le: 28 avril 2020 à 22:57:42 »
Ah mince, j'ai deux chapitres à lire en fait :D

Bon bah on commence par le 5 :

Citer
Le printemps approchait à grands pas mais, les nuits étant encore fraîches
La virgule doit venir avant le "mais".

Citer
Il en profita par cuire
pour, non ?

Citer
Il était là sous la forme d’un majestueux cerf  blanc couronné d’une ramure gigantesque.
Han :coeur:
(Bon ça me rappelle Harry Potter 3 mais je trouve les cerfs super badass donc je m'en fous ^^ )
Par contre "Il" avec une majuscule ?
Et une espace superflue entre "cerf" et "blanc"

Citer
Un regard plein d’Amour et de Bonté.
Si amour et bonté ne sont que des noms communs, inutile de mettre des majuscules. J'ai tendance à en mettre aussi quand je veux appuyer sur le grandiose de ma scène, mais avec le recul, ça paraît plus exagéré qu'autre chose. La scène fait son petit effet même sans :)

Citer
Oui mais Narbred a récupéré l’esprit de Glyndwr, expliqua Caerwyn. Puis le démon l’a renvoyé en Hengar pour que l’Elfe Noir puisse assouvir sa vengeance et étendre sa domination sur tout le continent.
- Comment peut-on se débarrasser de Glyndwr, s’il est déjà mort ?
- Il existe une épée. Une épée forgée dans le feu de Gowezrad.
"Oui mais Hyulya a récupéré l’esprit de Zyon. Puis le dieu l’a renvoyé sur Tyr pour que le Maître du Chaos puisse assouvir sa vengeance et étendre sa domination sur tout le pays.
- Comment peut-on se débarrasser de Zyon, s’il est déjà mort ?
- Il existe une épée. Une épée forgée avec de l'orichalque.
"
... J'étais obligée :D

Citer
Ça, c’est à toi de le trouver tout seul
"Écoute, c'est le script, fais pas iech" :D

Citer
ils avaient disparus
disparu*
Je sais pas ce qu'il a ce verbe, moi aussi je veux toujours l'accorder :mrgreen:

Citer
sentiment de  solitude
Espace superflue

Merci aussi pour tes différents lexiques ;)
Je reviendrai un peu plus tard pour le chapitre 7.
💎 🌸 🐚
May your heart be your guiding pen

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : Re : L'Elfe Noir
« Réponse #41 le: 28 avril 2020 à 23:36:55 »
Salut Moon !
Ah mince, j'ai deux chapitres à lire en fait :D
:mrgreen:

Citer
Citer
Il était là sous la forme d’un majestueux cerf  blanc couronné d’une ramure gigantesque.
Han :coeur:
(Bon ça me rappelle Harry Potter 3 mais je trouve les cerfs super badass donc je m'en fous ^^ )
Par contre "Il" avec une majuscule ?
Oui parce que cela fait référence à une divinité.

|
Citer
Citer
Un regard plein d’Amour et de Bonté.
Si amour et bonté ne sont que des noms communs, inutile de mettre des majuscules.
C'est parce qu'il s'agit d'amour et de bonté divines.

Citer
Citer
Oui mais Narbred a récupéré l’esprit de Glyndwr, expliqua Caerwyn. Puis le démon l’a renvoyé en Hengar pour que l’Elfe Noir puisse assouvir sa vengeance et étendre sa domination sur tout le continent.
- Comment peut-on se débarrasser de Glyndwr, s’il est déjà mort ?
- Il existe une épée. Une épée forgée dans le feu de Gowezrad.
"Oui mais Hyulya a récupéré l’esprit de Zyon. Puis le dieu l’a renvoyé sur Tyr pour que le Maître du Chaos puisse assouvir sa vengeance et étendre sa domination sur tout le pays.
- Comment peut-on se débarrasser de Zyon, s’il est déjà mort ?
- Il existe une épée. Une épée forgée avec de l'orichalque.
"
... J'étais obligée :D
:mrgreen:

Citer
Merci aussi pour tes différents lexiques ;)
Je reviendrai un peu plus tard pour le chapitre 7.
De rien !

Merci pour tes corrections!
A plus !
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne MoonAngel

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 340
  • Présentement en confinement
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #42 le: 29 avril 2020 à 09:59:58 »
Chapitre 7 gogogo :aah:

Citer
Le reste de cette région était naturellement protégée
protégé*, si c'est le reste.

Citer
et  à l’ouest
Espace superflue

Citer
Désorganisés, ils ne savaient plus où se diriger pour sortir de ce piège. Déboussolés, leurs rangs s’estompèrent et ils se retrouvèrent livrés à eux-même, isolés tandis que la tempête les faisait tourner en rond sans fin, comme dans un labyrinthe sans issue. Montés sur leurs carnolens, ses sauriens de la taille d’un grand cheval, les Elfes s’approchaient de l’ennemi sans être vus puis déferlaient sur lui par surprise alors que celui-ci était disséminé dans le désert
Cette répétition de participes passé en début de phrase me fait bizarre à l'oreille.
Et "ces sauriens" ?

Citer
les Salam’andros y était
étaient*

Citer
une puissance magie est à l’œuvre
"Une puissante magie" ou "une puissance magique", plutôt ^^

Citer
et  Hervezen
Espace superflue

Citer
Je ferais mon possible pour contrer ce démon
Je ferai*. Il va le faire, donc du futur.

Citer
eux-même
eux-mêmes

Citer
et vous servirait de guide
C'est "je" qui sert de guide, donc servirai

Citer
Melwyn, installée dans un confortable fauteuil
Donc ils [Melwyn et sa famille] osef de la guerre ou ils ne sont pas au courant ? :???:

Yes, enfin ta quête commence :aah:
💎 🌸 🐚
May your heart be your guiding pen

Hors ligne Mélina Le Page

  • Calligraphe
  • *
  • Messages: 131
  • Carpe diem
Re : L'Elfe Noir
« Réponse #43 le: 29 avril 2020 à 12:22:32 »
Salut Moon,
merci pour tes corrections, surtout des fautes de frappe  ::)

 
Citer
Donc ils [Melwyn et sa famille] osef de la guerre ou ils ne sont pas au courant ?

"osef"? qu'est-ce que ça veut dire?

Ce n'est peut-être pas assez clair mais, à ce moment-là, la guerre n'a pas encore commencé et la population ne sait pas encore que le Selwyn a été attaqué. Seul le Conseil est au courant.

Après réflexion, ce n'est peut-être pas cohérent en fait. Melwyn fait partie des soldats, or le roi Guinhaël a demandé à ce que l'armée se prépare rapidement à intervenir... Donc... à revoir

A plus!  :coeur:

« Modifié: 29 avril 2020 à 12:31:38 par Mélina Le Page »
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne MoonAngel

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 340
  • Présentement en confinement
Re : Re : L'Elfe Noir
« Réponse #44 le: 29 avril 2020 à 12:25:37 »
"osef"? qu'est-ce que ça veut dire?

"On s'en fout" :mrgreen:
Mais j'aime bien l'employer comme verbe sans toucher au mot (j'osef, tu osef, ils osef, etc.) :D
Bref, autrement tourné, "Ils n'en ont rien à foutre de la guerre ?" ^^
💎 🌸 🐚
May your heart be your guiding pen

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.17 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.026 secondes avec 22 requêtes.