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Auteur Sujet: Une douche froide  (Lu 567 fois)

Hors ligne Champdefaye

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Une douche froide
« le: 15 février 2020 à 17:11:49 »
Une douche froide


PRÉFACE

A défaut d’être Proust, Vialatte ou Chandler, on peut toujours essayer d’être Asimov. Non pas que cela soit plus facile mais, mise à part une brève tentative avec "Une photo de la planète" (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=21827.msg355589#msg355589), je n’avais jamais donné dans la Science-fiction. A court d’inspiration dans mes domaines habituels, j’ai voulu tenter le coup dans celui-là.
Quand on aborde un nouveau genre, on souhaite souvent se donner un maître et, quitte à en prendre un, autant le choisir parmi les meilleurs, et j’ai choisi Isaac Asimov.
Je n’ai certainement pas tout lu de ce qu’a écrit Asimov, car sa production a été immense, mais j’ai dû lire quand même une bonne partie de ses œuvres de fiction.
Ce que je préférais, c’était ses nouvelles. Elles étaient très souvent pleines d’humour, de paradoxes et, par conséquent, d’humour paradoxal. Dans ses nouvelles, deux choses me plaisaient particulièrement : elles comportaient toujours une chute, un dénouement, un retournement inattendu, car le genre fin ouverte en points de suspension vers le silence des espaces infinis et effrayants n’était pas le sien. La deuxième chose qui me plaisait bien, c’était les quelques lignes qu’il plaçait en tête de la nouvelle, quelques lignes qui expliquaient pourquoi et comment il avait écrit ce qui allait suivre et aussi combien la nouvelle lui avait été achetée par une obscure officine du Lower East Side, en général une dizaine de dollars. Alors, pour faire comme Isaac, j’ai décidé d’écrire une préface. Et maintenant, si vous ne vous êtes pas encore endormi dessus, passons au texte que vous allez lire : ‘’Une douche froide’’
Je vous préviens : je ne l’aime pas, ce texte. Je le traîne depuis trois ans dans les divers coins de mon MacBook. Partie sur une idée volontariste et contraignante de douche sans eau, la première page m’est venue d’elle-même en quelques minutes. Mais une fois la douche ratée, une fois le personnage principal sec et frigorifié, je n’ai plus su que faire de ce héros nu et lamentable. Je l’ai fait successivement et dans le désordre espion, révolutionnaire, soumis, héroïque, amoureux, stupide... sans pouvoir me décider. Aux premiers cinq cents mots qui étaient venus si facilement, trop facilement, j’en ai ajouté un millier, puis deux, puis six. J’ai créé des personnages supplémentaires. Je les ai fait disparaître dans des cages d’ascenseur ou dans d’horribles souffrances, et puis je les ai dé-créés pour en inventer d’autres tout aussi inutiles. J’ai coupé, taillé, collé du texte, j’ai changé le point de vue et les temps de narration, j’ai tout essayé. Rien n’y a fait.
Épuisé, découragé, je suis revenu au premier jet, trois mille cinq cents mots (sans la préface). Je vous les livre aujourd’hui.
Mais je vous l’ai dit : je n’aime pas ce texte.
Bon, tant pis ! Allons-y.
Ah ! Une dernière précision que je dois à mon maître Asimov : cette "Douche froide" ne m’a pas rapporté un seul dollar.





1- Le réveil de Ptlamn

Le jour était levé depuis plusieurs minutes mais la pièce baignait encore dans la lumière laiteuse et bleuâtre qui émanait du plafond. L’enceinte secondaire diffusait toujours le fond sonore apaisant du mélange « vent du sud sur plage tropicale » que le dormeur avait choisi la veille au soir et qu'il avait réglé hier sur « modéré ». Rien ne bougeait ni ne bruissait donc et, par dessus le léger souffle des alizés à travers les palmes, on n’entendait que la respiration sereine du dormeur sur sa couchette.
— Bonjour Ptlamn (1)!  hurla l'écran principal après avoir cligné deux fois dans chaque couleur primaire.
— Il est exactement six heures vingt-trois, l'heure de se lever, précisa-t-il sur le même ton.
L'homme à qui s'adressait cette information se redressa en sursaut et se cogna la tête au plafond de la couchette.
— Aïe ! Moins fort, l'ÉCU(2) ! Moins fort, bon sang de bois ! grogna Ptlamn qui avait toujours le réveil brumeux.
Baissant le ton, l'écran répéta, docile :
— Bonjour Ptlamn, il est exactement six heures vingt-trois, l'heure de se lever.
« Ce vieux machin est encore déréglé », pensa Ptlamn en lui jetant un regard chargé de haine. Imperturbable, le vieux machin effaça de son écran le paysage de plage tropicale qu'il affichait chaque matin pour passer aux informations régionales. Un homme à la combinaison chromatique rutilante donnait les nouvelles d'un ton neutre : la météo était mauvaise, le réseau de transport pneumatique aérien atteindrait son niveau de saturation à sept heures et douze minutes, l'atelier de contrôle de l'U.U.F. (Usine Universelle de Fabrication) entamait son sixième mois de grève et le procès du Maire de la ville avait débouché sur un troisième non-lieu. La séquence suivante était entièrement consacrée à l'immeuble et à ses huit mille habitants. Sous forme de textes défilants et sur un fond musical de six notes répétées en boucles exaspérantes, elle lui apprit que la réunion mensuelle de l'A.U.R.R.E. (Amicale Universelle des Résidents de la Résidence E) se tiendrait après-demain à vingt et une heures précises dans la salle Aldous Huxley avec présence obligatoire — Ah non ! Merde alors, pensa Ptlamn —, que l'élévateur E-34 serait immobilisé aujourd'hui de sept heures trente à vingt heures pour visite décennale — Ah non ! Merde alors, repensa Ptlamn — et que six résidents devaient encore un total de quatre-vingt-trois heures cinquante de travail d'intérêt collectif à la Résidence. Sous peine d'expulsion, les personnes dont les noms allaient suivre étaient priés de se présenter à la C.G. (Conciergerie Générale) demain avant 7 heures 30, munis de leur équipement personnel. Ptlamn fit un réel effort de concentration pour arriver à lire les noms qui filaient vers bas de l'écran, car il ne s'agissait pas de rater une telle convocation : Poïutl, Vramour7w, Haw@lbumpil, Gmahf , Klapouchnereva et Roger. 
— Ouf, pensa Ptlamn. Pour une fois, je ne suis pas dedans !
L'écran retourna à sa plage paradisiaque, y ajoutant un léger bruit de ressac. Ptlamn laissa sa tête retomber sur l’oreiller et s’accorda quelques secondes de sommeil supplémentaires, puis il rouvrit les yeux : "Six heures trente-huit", annonçaient les chiffres incrustés dans le cumulus qui flottait au-dessus des cocotiers.
— Six heures trente-huit ! Merde, merde, merde, je vais être encore en retard ! s'affola Ptlamn.

NOTE 1 — On sait que dans la L.U.N.E. (Langue Universelle du Nord Évoluée), les lettres t et n ne se prononcent que lorsqu'elles précèdent un chiffre ou un q. En conséquence, ceux qui ne sont pas des familiers de cette règle prononceront simplement le nom du héros de cette manière : Plam ou Plame, au choix.

NOTE 2 — Dans la strate sociale à laquelle Ptlamn appartient, c'est une tradition d'appeler "ÉCU" l'Écran Universel de Communication E.U.C. dont la présence et le maintien en service sont obligatoires dans chaque foyer depuis les évènements de 2068. C'est plus facile à prononcer que E.U.C. et cette distorsion donne à ceux qui l'utilisent une impression flatteuse de liberté de pensée. Le M.U.S.C., Ministère Universel de la Surveillance du Comportement, est parfaitement au courant de cette déviation, mais il laisse faire.



2-La douche

Il descendit de la couchette, posa le pied droit sur un truc indéterminé et pointu et finit de franchir à cloche-pied les deux pas qui le séparaient de la salle de bain. Il s'était toujours demandé pourquoi on appelait cette partie de la résidence salle de bain alors qu'on pouvait difficilement qualifier cette zone exiguë de salle et qu'il était bien entendu impossible de s'y baigner. D'ailleurs, il y avait longtemps que personne ne prenait plus de bain nulle part — environ quatre-vingt-dix ans selon ses lointains souvenirs d'école, en fait depuis que la Troisième Convention Universelle avait limité pour chaque individu sa consommation quotidienne d’eau à 2% de sa masse pondérale. Ptlamn se plaça entre les deux disques de métal bleu encastrés exactement l’un au-dessus de l’autre dans le sol et le plafond. Il tenta un long moment de se débarrasser de sa combinaison de sommeil pour finir par s'apercevoir qu'il était déjà entièrement nu. Un peu surpris, il posa ses pieds sur les emplacements antidérapants gravés en forme de semelles sur le disque du bas, il leva les bras et prononça le mot douche en baillant. Rien ne se produisit. Il s'éclaircit la gorge et, d'une voix à peine plus assurée, il répéta : "douche !". Cette fois-ci, l'ordre fut compris : à travers leurs micro-perforations, les deux disques émirent un fin brouillard qui l’enveloppa et se déposa uniformément sur sa peau. Deux secondes plus tard, un fort courant d'air glacé givrait instantanément les gouttelettes. Encore une seconde et l’émetteur ultrason faisait son office et les gouttelettes tombaient au sol comme de minuscules grêlons. Ptlamn était maintenant propre, sec et frigorifié. Normalement, devait alors commencer la partie la plus agréable de la séquence douche : la phase massage, un puissant souffle d'air chaud censé détendre vos muscles tout en vous remettant à bonne température. Pourtant l'opération réparatrice ne démarrait pas et Ptlamn commençait à avoir très froid. Il prononça : "Hé ! Ho ! Massage ! Massage ! " Encore une fois, rien ne se passa. Il décida de se passer du massage et de l'opération Senbon qui vous imprégnait pour la journée d'une délicat odeur de tutti frutti et par laquelle devait normalement se terminer une séquence douche normalisée. Il sortit de la salle de bain en jurant et en se frottant les bras pour se réchauffer. "Tout se déglingue", grommela-t-il tout en enfilant sa tenue de jour impair dans un mouvement qui lui fit poser le pied gauche sur le même truc indéterminé mais pointu. Tandis qu'il sautillait sur la jambe droite, le vêtement vint se plaquer contre sa peau et la fermeture électrostatique se mit en place d’elle-même. Les milliards de cellules du textile entreprirent alors de lui restituer les calories qu'elles avaient emmagasinées la veille.



3- Marantza sur la couchette

Pendant ce temps, la machine à B.U.R. (Boisson Universelle Revigorante) avait délivré son breuvage bleuâtre et fumant et la P.U.E. (Pilule Universelle Énergisante) matinale l'attendait dans sa petite coupelle de verre devant le distributeur. Il but le B.U.R. et avala la P.U.E. Les deux substances ne tardèrent pas à produire l'effet recherché.
Il commençait à se sentir un peu mieux quand une pensée encore confuse lui fit relever la tête : Marantza ! Marantza était là, sur la couchette ! Le drap qui révélait les formes splendides de son corps allongé ne laissait à découvert que son beau visage qui lui souriait doucement. On aurait dit une madone des anciens temps. Le sourire de Marantza acheva de dissiper l’épais brouillard qui chaque matin baignait le réveil de Ptlamn. Il se sentit fondre : les muscles de son dos se détendaient et sa mauvaise humeur avait déjà fait place à une immense tendresse suivie d'un désir qui allait croissant.
Cela faisait maintenant trois jours qu'il avait amené Marantza chez lui. Au matin de leur première nuit, incapable de se séparer d'elle, il avait déposé par pneumatique un arrêt maladie en raison de douleurs subites d'origine inconnue ressenties dans une région qu'il souhaitait garder confidentielle. La Municipalité de Bmacylaric où Ptlamn travaillait n'était pas très regardante sur les congés ou les arrêts maladie de ses employés et sa demande avait été enregistrée et acceptée dans le quart d'heure. On lui accordait trois jours pleins, en attendant mieux si son état devait s'aggraver.
Pendant les trois jours qui suivirent, Ptlamn ne sortit plus de chez lui et connut avec Marantza les moments les plus intenses qu'il ait jamais vécus. À vrai dire, le moment plus intense qu’il avait jamais vécu avant Marantza, c’était quatre ans auparavant pendant la finale du tournoi régional de fléchettes.
Trois jours seulement s'étaient écoulés depuis qu'elle était entrée chez lui pour la première fois et il avait déjà oublié comment c'était, la vie avant elle. Quand remontait à sa mémoire qu'elle ne devait rester qu'un mois, un terrible froid le prenait au ventre. Un mois, c'est ce qui était prévu. Plus que vingt-sept jours ! Vingt-sept ou vingt-six jours ? Il ne savait plus. Il n'osait même pas vérifier. Bien sûr, il y avait toujours la possibilité de prolonger le contrat : six mois, un an, davantage encore ! Pourquoi pas ?  C'était une option possible, c'était prévu au contrat ! En toutes lettres ! Un an ! Mais jamais le petit capital que Ptlamn avait déjà joyeusement entamé ni son salaire ne lui permettrait une telle folie ! Ou alors, il faudrait gagner plus, travailler plus, beaucoup plus... Il rêvait : l'avoir tous les jours chez lui, à lui, pour lui ; pouvoir la regarder, l'embrasser, la caresser, tous les jours, une année, toute la vie... Cette pensée fit monter dans ses reins une nouvelle poussée de désir. Il fit un pas vers la couchette. Son visage était tout près maintenant, à la hauteur des yeux de Marantza. Il ébaucha un geste vers la toile qui recouvrait son corps.
— Non, non, tu vas être en retard, dit-elle d'un ton rieur tout en se retournant vers le mur. De cette rebuffade, il ressentit aussitôt un pincement au cœur. Elle dût s’en apercevoir car, bientôt, il entendit sa voix à demi étouffée par l'oreiller qui disait d'un ton plein de promesses  : « Je serai encore là ce soir, tu sais ! » Il n'insista pas. Il fallait être raisonnable : après trois jours d'arrêt maladie sans justificatif, arriver en retard, ça la ficherait vraiment mal.
— Tu as raison, Marantza, il faut que j'y aille, mais j’ai besoin d’un petit acompte, dit-il et d'un rapide basculement du buste, il vint lui mordre doucement la fesse à travers le drap. Le petit cri surpris et joyeux qu’elle poussa en réponse le mit au comble du bonheur : cette jeune femme si belle était à lui, bien à lui. "À ce soir", lui dit-il en lui donnant une petite tape à l'endroit où il l'avait mordue. "A ce soir, Ô mon seigneur et maître !" répondit-elle avec emphase. Il entra dans le sas, régla son vêtement sur extérieur et sortit. La journée commençait bien, la vie était belle, il était heureux.
Il n'était que six heures quarante-huit, mais la porte de l'ascenseur E-34 arborait déjà le panneau d'immobilisation pour entretien. Ptlamn devrait prendre le corridor qui menait tout droit à l'ascenseur E-33 — deux cent cinquante-cinq mètres à parcourir dans un couloir venteux et mal éclairé — mais qu'importe ? Il était heureux ! Il se dit que l'ascenseur E-33, qui était en panne la semaine dernière, n’était certainement pas déjà réparé. Aucune importance, puisqu'il était amoureux ! Il prendrait l'escalier de secours. Il était à l'air libre, cet escalier, mais il ne devait pleuvoir qu'à partir de onze heures cinq ou six et l'indice de pollution était encore très acceptable. Et puis, on n'était qu'au dix-huitième étage. Tout allait bien, tout lui souriait puisqu’il était amoureux d'elle et qu'elle l'aimait aussi. C'était évident qu’elle l’aimait, tout le démontrait.
Il ouvrit la porte qui donnait sur l’escalier de secours et se retrouva dans le froid. Sa combinaison s'adapta aussitôt en envoyant les calories nécessaires au maintien de la température de son corps. Il avait beau être déjà en retard, dix-huit étages, trois cents quatre-vingt-dix marches, ça ne se descend pas à la volée, ou alors c'est la chute presque assurée. Il en avait déjà fait l'expérience : durs les escaliers, dure la chute ! Il aborda les premières marches avec prudence, chercha son rythme, l'adopta et se mit à penser à autre chose, c’est-à-dire à cette fantastique nouveauté qui bouleversait sa vie, Marantza.



4 – Le Bar Gagarine

Il l'avait rencontrée le lundi précédent au Bar Gagarine de l'avenue des Champs Bradburiens. On lui avait dit de s'installer dans le premier box à droite en entrant — on s'arrangerait pour qu'il soit libre — à partir de dix-huit heures et d'attendre. S'il voulait être pleinement satisfait de l'expérience, on lui avait aussi conseillé de traiter Marantza comme une personne ordinaire, une femme comme toutes les autres, avec ses sentiments, ses besoins et ses exigences de femme ordinaire.
Mais quand à dix-huit heures quinze Marantza apparut à la porte de service tout au fond de la salle, Platmn trouva qu'elle n'avait rien d'une femme ordinaire. Grande, élancée, moulée dans une sobre combinaison noire parsemée de discrètes étoiles roses, la taille soulignée par une de ces larges ceintures scintillantes hors de prix, le menton haut, le visage pâle encadré par des cheveux ébène coupés courts, tout dénotait en elle l'assurance, l'élégance et le luxe inabordable. Elle resta quelques instants immobile, l'air distant, scrutant la salle de ses yeux vert émeraude. Quand elle croisa le regard de Ptlamn, elle baissa légèrement la tête et commença à chalouper vers lui entre les tables sans le quitter des yeux une seule seconde. Cela lui prit bien toute une demie minute pour traverser le bar et venir se planter devant Ptlamn qui restait bouche bée, interdit.
— Bonjour, je suis Marantza. Vous êtes Ptlamn, avait-elle prononcé d'une voix sensuelle.
— Euh... Oui, c'est moi.
— Ce n'était pas une question. Allons-nous-en, voulez-vous ? Je n'aime pas cet endroit.
— Euh... d'accord. Où voulez-vous aller ?
— Eh bien, pourquoi pas chez vous ?
— Euh... tout de suite, comme ça ?
— Écoutez, les papiers sont signés, le crédit a été accordé, tout est en règle. Il n'y a pas de raison de tergiverser. Je ne vous plais pas ? Vous avez changé d'avis ? Vous pouvez annuler la réservation, vous savez.  Il est encore temps. Vous serez remboursé sous déduction des frais de dossier. Vous voulez annuler ?
— Non, non, bien sûr. Ne vous fâchez pas. Je suis un peu surpris, c'est tout. Je ne m'attendais pas à...
Radoucissant sa voix, elle l'avait coupé :
— Je ne me fâche pas, Ptlamn, je vous informe de vos droits. Alors ? Vous voulez que nous y allions, maintenant ?
Ptlamn s'était levé et avait sorti sa C.U.V. (Carte Universelle de Vie) pour régler la B.U.R. dont il n'avait bu que la moitié. Mais Marantza avait touché sa main qui tenait la carte, provoquant chez lui un léger choc électrostatique.
— Laissez, avait-elle dit en se dirigeant à pas vifs vers la sortie. C'est compris dans la formule.
Il l'avait suivie.




5- Marantza, femme fatale ou d’intérieur ?


Quand la porte du sas s'était refermée sur Ptlamn, Marantza était demeurée allongée sur le ventre, les yeux fermés, la tête enfouie dans l'oreiller, dans l'exacte positon où il venait de lui mordre la fesse.  Elle les avait bien reconnus, les symptômes que Ptlamn manifestait. On les lui avait appris, elle les connaissait : les gestes, les regards, les attentions, la fébrilité, la susceptibilité, les exigences subites, la soumission, l'exaltation, les rires, les larmes... Tous les symptômes de l'amour, il les présentait tous. Elle jugea que c'était une situation regrettable et même dangereuse. Oh ! Pas dangereuse pour elle, non, mais pour lui ! Elle, elle en était bien incapable, d'aimer. Elle faisait simplement ce qu'on lui demandait de faire et elle le faisait bien. Mais ça ne pouvait pas aller jusqu'à aimer !  Elle ne pouvait pas, elle ne savait pas.
Ces réflexions faites, elle ouvrit brusquement les yeux et, tout en pivotant sur son bassin, elle fit sortir ses longues jambes en dehors de la couchette puis elle les inclina vers le sol. Quand elles furent presque à la verticale, poussant sur ses avant-bras, elle se laissa glisser hors du lit pour se recevoir au sol sur ses deux pieds nus. Elle avait exécuté les phases successives de son mouvement avec une grâce parfaite, une souple élégance, une coordination de félin. Si Ptlamn avait été témoin de sa sortie de lit, il l'aurait sans doute comparée à l'une de ces panthères qu'on voit Sur les écrans, quand elles descendent silencieusement de l'arbre où elles ont dormi. Elle était nue, splendide, luxueuse. Sa peau était lisse, comme brunie par le soleil, ses cheveux noirs coiffés court, son cou presque trop long, ses seins presque trop petits et ses jambes interminables. Maintenant qu'elle était debout, les bras ballants un peu écartés du corps, la tête légèrement inclinée sur le côté et qu'elle observait dans une sorte de torpeur la pièce qu'elle n'avait pas quittée depuis trois jours, on aurait dit une déesse sortant de l'onde, hésitant entre s'allonger sur le sable pour se laisser sécher au soleil ou défier à la course une gazelle de passage. Mais les yeux de la déesse clignèrent et Marantza se mit en mouvement. Si elle ne pouvait pas aimer, au moins elle pouvait être une femme d'intérieur, et plus que cela même. Elle commença à rassembler les vêtements de jour que Ptlamn avait dispersés trois jours plus tôt à travers la pièce : combinaison, gilet flottant, masque de survie, casque antimagnétique, gants et chausses de sécurité. Elle les plaça dans les compartiments où ils seraient nettoyés, désinfectés, vérifiés ou remplacés par le S.R.H. (Service Résidentiel d'Habillement) avant le lendemain. Puis elle ramassa sa combinaison étoilée qui attendait tassée dans un coin depuis trois jours pour la mettre à défroisser sur la planche à micro-ondes. Elle n'avait nul besoin de consulter l'ECU pour savoir qu'il n'était que sept heures et quart. Elle avait donc encore tout le temps. Elle refit le plein de la machine à B.U.R., vérifia la quantité de P.U.E. restant dans le distributeur et elle passa un petit coup d'aspirateur. Ensuite, elle se rendit au T.U.I. (3) pour contrôler le taux de dioxyde de carbone, le degré hygrométrique et la programmation de la température. Sept heures vingt-cinq... Il lui restait trente-cinq minutes, peut-être même quarante. Elle avait encore largement le temps... Utilisant l'ongle de son index gauche, elle dévissa les quatre vis Parker du panneau supérieur avant du T.U.I. et le déposa sur le sol. Un clavier sortit du tableau sous l’écran de contrôle qui s’alluma. C'était un modèle un peu ancien mais ça devrait aller. Elle pianota rapidement sur quelques touches et regarda le système s'auto-analyser. C'était lent, un peu trop lent, mais ça irait quand même. Le résultat finit par tomber sur le petit écran : dans la séquence douche, le temps de latence affiché entre la fin de la phase de séchage par ultrasons et le début du massage par air chaud était aberrant : il correspondait à plus d'un an, alors que la durée conforme était de 1,3 secondes. C'était sans doute cette fichue Intelligence Artificielle qui avait décidé de changer d'unité sans rien dire à personne. C'était un défaut connu qui affectait beaucoup de ces I.A. des années cinquante. Revenant au clavier, Marantza entra dans le logiciel du sous-système salle de bain et ne tarda pas à trouver la faille de l'algorithme qui provoquait de façon aléatoire ces changements intempestifs d'unité. Elle procéda à la correction de l'instruction correspondante. Elle alla ensuite se placer sur le disque antidérapant et prononça le mot "douche". Le cycle se déroula en une minute et quinze secondes en conformité avec la norme(4)  établie par la réglementation du sous-continent. Quand elle eut remis en place la face avant du T.U.I., il était huit heures moins trois. Marantza avait encore trois minutes devant elle. Trois minutes, et elle n'avait plus rien à faire. Elle se figea aussitôt devant le T.U.I., debout, bras ballants, épaules basses, tête baissée et yeux clos.
Trois minutes plus tard, Marantza se réveillait, se déplaçait jusqu’à la machine à B.U.R. Elle la débrancha et introduisit l'index et le majeur de sa main droite dans la prise murale qu’elle venait de libérer.
Le robot 2101Byc@3KKZ(5), connu temporairement sous le nom de Marantza, rechargeait ses batteries. Il était exactement huit heures.

FIN

NOTE 3 : Tableau Universel d'Instrumentation. Certains prétendent que l'acronyme T.U.I. correspond en réalité à Tableau Universel d'Information. Bien que tous les instruments de ces tableaux soient tout naturellement reliés au M.U.S.C., le R.U.I. (Règlement Universel Intérieur) interdit formellement que les données enregistrées par le TUI soient utilisées par le MUSC à des fins de contrôle du comportement individuel. Seules les utilisations statistiques globales sont autorisées.

NOTE 4 : Norme NSC / 2112-17.2-HY-SEC-EN : Deuxième révision de la norme sous-continentale du 17ème jour de l'année 2017 relative à l'Hygiène, la Sécurité et l'Énergie.

NOTE 5 : Le robot dénommé provisoirement Marantza à la demande du client désigné au contrat porte le numéro de série 2101Byc@3KKZ-l890-67-12. Ce numéro permet aux initiés de savoir qu'il a été construit au cours de l'année 2101 de l'E.U. (Ère Universelle) dans l'usine de Bmacylaric, la plus importante du groupe U.U.F. Les signes qui suivent indiquent ses qualifications de substitut : courtisane de niveau 3, femme d'intérieur électronicienne, traductrice bilingue L.U.N.E. / P.L.U.S. (Première Langue Universelle du Sud). Les derniers chiffres indiquent le numéro d'ordre dans la fabrication de ce type et les mises à jour dont il a fait l'objet depuis sa mise en service. Le robot 2101Byc@3KKZ-l890-67-12 a donc été construit 72 ans avant les faits rapportés.

« Modifié: 14 mars 2020 à 17:05:28 par Champdefaye »

Hors ligne AvrilDystopie

  • Plumelette
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Re : Une douche froide
« Réponse #1 le: 19 février 2020 à 18:39:56 »
Hello! Merci pour le partage de ton texte, même si tu ne l’aime pas. J’écris ce commentaire tout en le lisant, j’espère pouvoir t’aider à trouver les points qui font que tu ne l’aime pas, histoire que ça ne te décourage pas totalement à écrire et que tu puisses repartir sur un bon pied!

- Y a des remarques que se fait le narrateur qui sont trop évidentes (”la routine...” ”quel nom étrange Roger!”, beaucoup de clins d’œil au lecteur pas forcément utiles à mon avis, mais c’est un style. Pourtant, plus tard, sur Marantza, tu garde un peu le secret sur le fait que c’est une relation rémunérée, ce qui surprends le lecteur, je trouve ça plus intéressant. C’est peut-être personnel, mais particulièrement en fantasy/science fiction etc, j’aime bien quand on nous laisse sur notre faim, et qu’on découvre tout petit à petit. La traduction des acronymes en bas de page par contre c’est top, ça ça me dérange pas du tout, ça ne fait pas sortir du texte (à mon avis). Pareil, parler des années 50 (j’imagine 2150) ça c’est marrant. Bref, je me contredis tout seul ahah, mais y a des manières d’aborder un univers fictif qui passent mieux que d’autres je trouve, et j’ai l’impression que ça s’améliore au fur et à mesure des parties.

- Incohérence dans les conventions utilisées pour la pensées et la parole, parfois des guillemets, parfois des tirets, mais c’est un détail

- Univers qui a l’air cohérent, qui se paie le luxe d’un langage et d’acronymes dédiés, au top

- Un petit côté 1984 pas déplaisant et mis à jour avec nos préoccupations climatiques actuelles, avec la limitation de consommation de l’eau par exemple, pas mal.

- Un petit côté cynique dans l’écriture, j’imagine que c’est ton style, on dirait effectivement que tu savais plus trop où aller avec cette troisième partie. Ca me fait penser à un truc qu’on me répète souvent dans les pratiques artistiques: ”Ne jamais se prendre au sérieux... Mais le faire sérieusement!”, y a pas de risques à assumer l’idée jusqu’au bout, et comme je l’ai dis je trouve beaucoup de trucs très cools avec ce texte, y a grave moyen de reprendre et d’en faire un truc plus poussé, si c’est ton envie, sinon tant pis, c’est ça aussi l’écriture.

- Je trouve ça super intéressant, dans la 5ème partie, d’avoir un peu le point de vue de Marantza, c’est une très bonne manière de découvrir l’univers dans sa globalité de nous donner plusieurs points de vue, gros pouce en l’air.

Voilà, j’ai écris au fur et à mesure de la lecture, j’ai bien accroché à l’idée et l’écriture fonctionne bien. Comme je l’ai dis, y a quelques trucs qui peuvent me faire tiquer mais globalement j’ai pas trouvé ça nul du tout comme texte! Je sais pas si tu as l’intention d’en faire quelque chose par la suite, mais je serais curieux d’en lire plus, ou d’autres choses que tu as écris, je me tiendrais au courant. J’espère que mon commentaire est pas trop brouillon ahah. Bonne continuation!

Hors ligne Champdefaye

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Re : Une douche froide
« Réponse #2 le: 20 février 2020 à 10:30:39 »
Merci Avrildystopie
Merci pour ce temps passé à me donner tes impressions.
C’est bien de constater que quelqu’un d’extérieur apprécie ce texte dont j’ai dit en préface que je ne l’aimais pas. Je dois dire que cette déclaration était ambigu. Ce n’est pas vraiment le texte que je n’aime pas, c’est le mal qu’il m’a donné que je déteste. Comme je l’ai dit dans ma préface, je l’ai travaillé longtemps et beaucoup, ce texte, et tout ça pour un résultat qui ne me satisfait pas beaucoup. Ah ! Si je l’avais écrit en deux jours, même trois... mais non. Il me donne une impression de « tout ça pour ça ».
Bon, mais s’il te plait à toi, le seul commentateur après une semaine de présence (c’est le sort ici des textes un peu long), c’est déjà beaucoup, d’autant plus que je suis plutôt d’accord avec l’analyse que tu en fait.
Complètement d’accord avec « La routine » et « Roger, quel drôle de nom » que je supprime immédiatement.

Citer
beaucoup de clins d’œil au lecteur pas forcément utiles
En général, sauf dans des chroniques, j’évite les clins d’œil au lecteur. Est-ce que tu voulais parler des deux remarques ci-dessus, ou en vois-tu d’autres que je n’aurais pas vus ?

Citer
Je sais pas si tu as l’intention d’en faire quelque chose par la suite, mais je serais curieux d’en lire plus, ou d’autres choses que tu as écris,

Non, cette correction faite, je crois que je vais laisse le texte comme ça. Les tentatives de prolongation ont été assez pénibles comme ça.
J’ai dû publier sur le MdE 300 ou 400 articles : textes courts, mi-longs, longs, pièces ou scenes de théatre, critiques de cinema, théatre, romans. Tu les trouveras facilement avec les moyens de recherche du MdE.
Puisque tu aimes le théâtre, je suis particulièrement fier de ma tragédie « Homéotéleute et Polyptote » que tu pourrais peut-être monter cette année à Avignon. Ça pourrait faire un bon film aussi, je crois. J’ai même indiqué les acteurs.
Bon courage. 

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Re : Une douche froide
« Réponse #3 le: 20 février 2020 à 10:36:08 »
Bonjour

J ai bien aime ce texte et m y suis abonne .....

J attendais une suite pour intervenir .  :-¬?
Je ne crains pas d etre paranoiaque

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Re : Une douche froide
« Réponse #4 le: 20 février 2020 à 11:00:54 »
Bonjour txucu
et merci pour ton commentaire. Désolé, mais ce texte n’aura pas de suite. J’ai déjà donné et comme je l’ai dit en préface et en commentaire, ça a été plutôt pénible.
Je comprends bien que la chute n’est pas très marquée.
Ce que j’ai voulu faire, finalement, c’était de tromper le lecteur tout du long : lui faire croire d'abord à une vraie liaison amoureuse, puis à une liaison rémunérée, pour lui révéler en fin la vraie nature de la dame. Je voulais aussi montrer que le héros, tout en sachant dès le début quelle est la vraie nature de Marantza, tombe totalement amoureux d’elle.
C’est amusant parce que ce matin j’ai entendu une chronique sur l'Intelligence Artificielle à la radio qui disait que dans un certain nombre d’années (combien reste la seule inconnue) les hommes et les femmes se mettront en ménage avec des I.A. bien calibrées pour eux de manière à satisfaire leurs besoins sentimentaux et sexuels.
Rigolo, non ? Il n’y a plus qu’à attendre.

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Re : Une douche froide
« Réponse #5 le: 20 février 2020 à 14:20:12 »
Hello Champdefaye,

     Ce texte est plutôt bon !  ...et se lit très bien. Même après vingt quatre heures, j’en garde une bonne impression, du genre qui me donne envie de le relire ou de m’engager dans cette direction moi aussi.
     Les notes en bas de pages sont particulièrement bien réussies. Elles ajoutent un croustillant, une couleur techno désincarnée dans cette société du futur qui règle ses comptes avec toujours plus de microprocesseurs. Même l’eau !
     Alors comment faire pour l’améliorer ce texte un peu (pas trop quand même,  parce que je l’aime comme il est ; charmant à souhait).
    Mmm... Voyons voir... et bien le début est aride. Commencer sur un dialogue est rarement gagnant, surtout qu’on bute sur le nom « Ptlamn...» On doit d’emblée monter une coline. C’est d’apparence croche dès le premier mot. Gna...

Revoyons ensemble  les quatre techniques traditionnelles pour accrocher un lecteur :

- Ouvrir sur une question, sur un mystère qui sera solutionné plus loin dans le texte
- Promettre quelque chose. Faire danser une information qui a une apparence utile et qui mette le lecteur affamé d’en savoir plus.
— Parler du protagoniste... (pourquoi elle empoisonne la soupe, quel est son travail, etc.)
- Décrire un lieu de façon très goûteuse, très grise, très merveilleuse, etc... c’est risqué... c’est la moins bonne des quatre.
(Écrit de mémoire, suis dans le bus sur mon phone, un véritable tape-cul, je parle du bus

     Idéalement, le ton de la première phrase doit être intimiste, comme un chuchotement dans l’oreille du lecteur. Ici nous constatons que le protagoniste est prêt à engager beaucoup de son argent pour rompre sa solitude.

Son besoin est donc : ... Rompre sa solitude.
Son désir est : ....de s’offrir un sex party, se distraire, s’offrir du bon temps.

     Comme il a comblé son désir, en principe on devrait avoir droit à un drame, ce qui est le cas, car il a le cœur brisé comme on s’en doute en lisant la notice de la fin. Mais comment injecter un peu plus de ce p’tit coté tragique sans être cul-cul ? (Sans jeux de mot, hé hé) Ceci n’est qu’une suggestion, mais je tablerais sur le coup de génie que tu nous offres à la fin : l’androïde qui détecte l’amour. Pourquoi ne pas pousser plus loin ? La notice des trois dernières lignes où l’androïde est retourné pour un ajustement à son algorithme. Ce qu’il a détecté comme de l’amour aurait pu être autre chose. Ce quelque chose d’autre aurait pu être la légère euphorie que certaines personnes ressentent dans les trois ou quatre jours avant de passer à l’acte (nous parlons ici de mettre fin à leur vie - J’ai vu ce phénomène chez une première personne et je m’étais promis de détecter cela la prochaine fois que je le verrai, mais j’ai passé à côté la deuxième fois. Je jure qu’il n’y aura pas de troisième fois... misère ! )
     Pour faire passer le tout sur un ton d’ironie morbide, tu pourrais parler d’un virus informatique qui veille à confondre la détection de l’euphorie suicidaire avec cette euphorie de l’amour. Ce virus aurait été planté par un serial killer qui aurait injecté ce code il y a 72 ans... Ouf ! Je m’arrête ! Je ne me savais pas si cynique (en fait oui, je le sais... lol). Mais ce serait un fin à dresser les cheveux sur la tête, en oubliant pas le numéro de série bien entendu. Lol.

Note : Écrit sur mon smartphone dans le bus donc non relu.
« Modifié: 21 février 2020 à 14:08:13 par O.deJavel »
Dans la section Textes longs : L’envolée du Constellation

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Re : Une douche froide
« Réponse #6 le: 21 février 2020 à 15:51:16 »
Bonjour O.de Javel et merci pour ce commentaire détaillé et ses suggestions. Tu as beaucoup d’imagination, très fertile en inventions et rebondissements, mais finalement probablement trop fertile pour moi. La plupart du temps, je tente de rester dans le demi-ton et le non-tout-a-fait-dit.
Toutefois, je retiens que le début de ma « Douche » est plutôt rébarbatif, comme une douche froide, et qu’il conviendrait de l’adoucir un peu. J’ajoute donc en tête de texte ce qui suit en essayant de jouer sur le contraste entre cette entrée doucereuse (intimiste) en matière et l’intervention tonitruante de l’écran principal :

Le jour était levé depuis plusieurs minutes mais la pièce baignait encore dans la lumière laiteuse et bleuâtre qui émanait du plafond. L’enceinte secondaire diffusait toujours le fond sonore apaisant du mélange « vent du sud sur plage tropicale » que le dormeur avait choisi la veille au soir et réglé hier sur « modéré ». Rien ne bougeait ni ne bruissait donc et, par dessus le léger souffle des alizés à travers les palmes, on n’entendait que la respiration sereine du dormeur sur sa couchette.

Content de voir que vous êtes plusieurs à ne pas protester contre les notes de bas de page, que je craignais un peu trop potache.
Merci encore.

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Re : Une douche froide
« Réponse #7 le: 09 mars 2020 à 08:27:08 »
Je remonte ce texte parce que je viens de lire le dernier Ian McEwan : "Une machine comme moi" qui traite du même sujet. Je ne peux croire à une coïncidence. En effet, comme j'ai lu tous les livres de Ian, il est évident qu'en retour il a dû lire tous mes textes et que ce perfide sujet de Sa Majesté Britannique m'a piqué le sujet !

"Une Machine comme moi" - Ian McEwan -Gallimard - 400 pages -22 €

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Re : Une douche froide
« Réponse #8 le: 13 mars 2020 à 20:20:23 »
Chapeau pour la chute  :mafio: Je ne m'a'tendais pas du tout à ce que  Marantza  soit un robot  :-\  Il y a un petit peu de philip k Dick . Ce texte est très carré, mais malgré tout fait preuve de beaucoup d'imagination  8) Moi j'adore être surpris et là j'ai été servi . Merci pour ce moment de lecture.  :)   

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Re : Une douche froide
« Réponse #9 le: 13 mars 2020 à 20:33:17 »
Flag, si tu as apprécié la chute, je trouve très maladroit que tu la dévoiles, en fait.
Même les grandes joies vous laissent un peu de regret, il y a un fond de manque dans tout ce qu'on vit.

Pierre Lemaitre ; Au revoir là-haut.

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Re : Une douche froide
« Réponse #10 le: 14 mars 2020 à 17:09:34 »
Bonjour Flag.
Effectivement, ce serait bien si tu pouvais modifier ton commentaire de manière à ce qu'il ne révèle pas la chute.
Mais de toute façon, merci pour l'appréciation

 


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