Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

10 avril 2020 à 02:41:20
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Noyade

Auteur Sujet: Noyade  (Lu 745 fois)

Hors ligne Ocubrea

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Noyade
« le: 07 février 2020 à 21:43:18 »
Hello chers Mdéiens !

Voici le 6ème petit bout de mon quotidien couché sur papier (déjà ? :o).
Un texte qui m'était tellement coincé dans la gorge et noué aux tripes que j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Il m'a fallu du temps pour tout démêler et ouvrir les vannes. N'hésitez pas à critiquer, surtout si c'est trop long/technique/plat/indigeste ;)

Bonne lecture !

Noyade
1ère année d’assistanat* – Avril

      C’était un cas compliqué à la base.
      Lorsque j’avais commencé à la suivre six mois plus tôt en maison de repos, Madame M., 92 ans, se trouvait déjà dans une mauvaise passe. Son rein et son cœur chancelaient déjà, comme oscillant sur une corde, l’équilibre fragile. Une plaque métallique introduite lors d’une fracture plusieurs années auparavant s’entêtait à lui percer la peau de la cheville, encore et encore, malgré tous ses efforts de l’infirmière spécialisée en soins de plaies. Il faut dire que la position de notre patiente n’arrangeait rien : elle se tenait en permanence si recroquevillée dans son lit que l’ankylose avait conquis tous ses membres. Étendre ses jambes lors des soins journaliers était devenu très difficile, voire impossible ─ et par ailleurs rendu très douloureux par l’arthrose qui rongeait ses articulations.
      Pour couronner le tout, si l’on sentait encore chez Madame M. un caractère franc et volontaire et si la communication était encore possible jusqu’à un certain point, elle n’avait quand même plus vraiment toutes ses frites dans le même sachet, comme on dit chez nous.
      Enfin, l’un dans l’autre, elle menait tranquillement son petit bout de fin de vie, avec son fils qui passait la voir tous les jours, sa télé, et une autre résidente qui venait aussi lui rendre régulièrement visite. J’avais été témoin de destins pires que le sien.

      Deux mois auparavant, la situation s’était dégradée. Je m’étais arrangée pour qu’elle fasse un séjour planifié à l’hôpital, afin de réaliser un bilan et de voir ce qui pouvait encore être fait pour l’aider à remonter la pente. Dix jours plus tard, elle était de retour à la maison de repos, et j’avais reçu un rapide coup de fil de la gériatre pour gentiment me faire comprendre que : « Vous faites déjà le maximum, on ne peut rien de plus pour vous, sorry, bisous. » Bon, il faut dire aussi que je m’en doutais un peu.

      À partir de là, les choses se sont accélérées. Un jour, elle m’a brutalement fait une décompensation cardiaque comme je n’en avais encore jamais vue. Je me suis dit que ce serait un miracle si elle passait la nuit.
      Le cœur lourd, j’ai appelé son fils, et nous avons décidé ensemble de ne pas l’hospitaliser ─ au point où elle en était, c’eût été, de l’avis général, de l’acharnement thérapeutique. J’avais donc mis en place de quoi l’aider avec les moyens du bord, et j’avais croisé les doigts (et les orteils), impuissante mais sereine. Si sa vie devait s’arrêter là, nous étions tous prêts à l’accepter.
      Contre toute attente, le lendemain, Madame M. avait de nouveau bon pied bon œil. Nous savions tous que le prochain épisode du genre serait le dernier mais en attendant, son fils avait gagné un peu de temps en rab’ à passer avec elle.

      Et puis, un matin, ça n’allait de nouveau plus.
      Madame M. re-décompensait au niveau cardiaque, cette fois sur fond d’infection urinaire multirésistante : son départ se ferait en douceur et pourrait encore prendre plusieurs jours, mais il devenait inéluctable à court terme. Nous sommes alors passés d’un commun accord en projet de soins palliatifs. J’ai arrêté tous ses médicaments chroniques, mis en place une bonbonne d’oxygène, prévu dans son dossier un protocole de détresse et me suis attaquée à la question de ses douleurs… et c’est là que les choses se sont compliquées avec l’équipe infirmière.
      Lors de mon premier passage, l’infirmière présente ce jour-là me rapporte que Madame M. souffre énormément ─ « au point d’en hurler ! » ─ mais lors des soins uniquement. « Docteur, est-ce qu’on pourrait lui donner de la morphine, à votre avis ? »
      Seulement voilà, Madame ne reçoit à ce moment aucun antalgique, quel qu’il soit. Même pas du paracétamol. Je décide donc de commencer en douceur, avec un médicament de base, tout en prévoyant quelque chose d’un peu plus fort (mais pas encore de morphine) si cela s’avérait insuffisant. Et puis, bon, je demande qu’on la manipule un peu moins. À ce stade, lui laver les cheveux tous les jours n’a plus beaucoup de sens, si cela s’apparente à de la torture pour elle.
      La fois suivante, on me dit que Madame est toujours aussi souffrante lors des soins. Je demande, du coup, quel traitement on lui a donné et à quelle dose. « Aucun, docteur. On pourrait lui mettre de la morphine, maintenant ? ».
      Ben, euh, non, toujours pas… On essaye d’abord avec des choses plus légères, qui donnent moins de constipation, de nausées, moins de confusion ou de somnolence et moins de risques de la tuer sur le coup… Ensuite, seulement, on passe aux morphiniques, en dernier recours. Je réexplique calmement mon raisonnement, puis j’adapte les traitements et les doses pour que tout soit aussi clair et simple que possible pour les infirmiers.
      Lors de mon troisième passage, la douleur est toujours là. On lui a cette fois administré un antidouleur, une fois, sans effet, puis on a laissé tomber. Je sens que les infirmiers sont aussi mécontents de moi que je le suis d’eux, mais je me résous malgré moi à commencer de la morphine à petites doses. Je sens qu’ils trouvent la posologie insuffisante, mais ils ne disent rien. Je prévois en outre un schéma d’augmentation progressive de la morphine à leur attention et qu’ils pourront utiliser sans me demander mon accord chaque fois, dans le cas très probable où la dose de départ ne couvrirait pas toute la douleur.
      Je manque de m’énerver quand, quelques jours plus tard, j’apprends que la patiente a toujours mal ─ et plus seulement pendant les soins, mais en permanence… et que le schéma antalgique n’a toujours pas été correctement appliqué. Elle a reçu de la morphine, mais de façon tout à fait sporadique, désorganisée et non documentée ─ je ne sais pas quelles doses, ni à quelles heures, ni à quelle fréquence. J’augmente donc moi-même la posologie et prévois une couverture continue sur la journée par un patch. Nous sommes un vendredi.

      Lundi matin, je reçois un appel.
      ─   Bonjour docteur, c’est l’infirmier de la maison de repos XYZ, c’est pour vous prévenir que Madame M. est dans le coma depuis samedi.
      ─   Ah ? Oui, ça ne m’étonne pas…
      ─   Dites docteur, on se demandait, est-ce qu’on ne devrait pas augmenter les doses de morphine, du coup ?
      ─   Pourquoi, elle a l’air de souffrir ?
      ─   Non docteur, mais elle est dans le coma alors on ne peut pas vraiment dire…
      ─   Elle a l’air crispé, elle fait des gestes de retrait quand on la touche, elle a une respiration saccadée, quelque chose qui montre un signe de douleur ? Ou est-ce qu’elle a montré des signes de douleur avant de tomber inconsciente ?
      ─   Non, non… elle est paisible depuis votre passage de vendredi, toute calme dans son lit.
      ─   Bon elle est déjà couverte par un patch de morphine en continu, des calmants, et elle a un protocole de détresse, donc je ne vais toucher à rien pour le moment. Être inconscient n’est pas une indication de morphiniques.
      ─   Mais enfin… docteur… on ne va quand même pas la laisser… comme ça ?!
      ─   Comme ça comment ?
      ─   Eh bien, on ne va pas la laisser pendant encore une semaine… en souffrance ?
      ─   Mais vous venez de me dire qu’elle ne souffre pas ?
      ─   …
      ─   Écoutez, je suis tout à fait d’accord avec vous, je ne souhaite surtout pas qu’elle souffre et il faut qu’on mette tout ce qu’on peut en place pour éviter ça, d’ailleurs j’ai laissé des instructions claires pour réagir au moindre signe d’inconfort. Mais je ne vais pas faire d’euthanasie déguisée. Désolée.
      ─   Pas de souci docteur, au revoir.
      Je serre les dents et tente de me recomposer. Mes premières consultations du jour vont bientôt commencer, et je ne rendrais service à personne en accueillant mes patients dans un état d’énervement ou d’agitation larvés : si je veux faire un travail convenable, je dois retrouver mon calme. Il me faut plusieurs longues inspirations et expirations pour y parvenir.
      Ma maître de stage* a entendu notre conversation, elle est d’accord avec moi mais elle a justement le temps de faire une visite, elle décide donc d’aller voir la patiente pour juger de la situation par elle-même.

      À son retour, elle est pâle. Elle rentre dans mon bureau juste avant le début de mes consultations de l'après-midi, et ferme la porte derrière elle. J’ai le nez dans mes dossiers du jour et je ne remarque pas tout de suite le ton de sa voix ni l’expression qui se peint sur son visage.
      ─   Je viens d’aller voir Madame M.
      ─   Et alors ? Tout va bien ?
      ─   Non, je suis encore un peu sous le choc.
      ─   Comment ça ?
      ─   Eh bien, quand je suis arrivée dans sa chambre, son fils était là, et Madame était dans son lit, en train de hoqueter, elle n’arrivait plus à trouver de l’air, c’était horrible à voir… on aurait dit un poisson hors de l’eau. Horrible. Elle n’avait plus son oxygène.
      ─   Quoi ?! Comment ça ?
      ─   Eh bien, au début j’ai cru qu’elle l’avait peut-être arraché en faisant un mouvement involontaire… mais les lunettes étaient posées sur la bonbonne, qui était éteinte. Elle était à 67 % de saturation, tu imagines ? J’ai remis l’oxygène, et tout de suite, elle a eu l’air d’aller mieux, elle s’est détendue, sa saturation est remontée. Le fils n’a pas su me dire qui l’avait enlevé, alors j’ai été voir les infirmiers.
      ─   Et alors ?
      ─   J’ai demandé si c’étaient eux qui avaient retiré l’oxygène, ils m’ont dit que oui.
      ─   QUOI ?! Pourquoi ?
      ─   Eh bien, on m’a répondu que « comme ça, ça irait plus vite », et que « ce serait mieux pour elle »…
      Je reste sans voix, rendue muette par la colère et l’indignation. Il faut savoir que lors d’une décompensation cardiaque, comme dans le cas de Madame M., le cœur ne parvient plus à pomper le sang efficacement, et les poumons se remplissent alors littéralement d’eau.
      Mourir de décompensation cardiaque revient à mourir noyé.
      En l’absence de supplément d’oxygène, cela provoque une sensation d’étouffement tout simplement atroce. C’est une manière de partir que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. Et de facto, retirer l’oxygène à une patiente en train de suffoquer dans ses propres sécrétions, sans avis médical, sans l’accord de la patiente ni de sa famille, dans l’idée « d’accélérer son départ », donc de la tuer…
      Je parviens enfin à articuler d’une voix rauque :
      ─   Mais… mais… c’est une tentative de meurtre ! Avec préméditation !
      Elle me regarde longuement, puis finit par lâcher d’un ton grave :
      ─   Oui. Oui, tu as raison.





* En Belgique, suite à l'obtention d'un diplôme de médecin, il faut faire une formation complémentaire avant de pouvoir pratiquer de manière autonome. Cette période, de 2 à 3 ans pour la médecine générale, s'appelle l'assistanat. Chaque assistant est supervisé par un maître de stage (un médecin généraliste qui a fini sa formation et accueille l'assistant dans son cabinet).
« Modifié: 15 février 2020 à 13:43:59 par Ocubrea »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne O.deJavel

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Re : Noyade
« Réponse #1 le: 07 février 2020 à 23:47:59 »
Ton texte nous rappelle à quel point une personne en fin de vie est vulnérable.

Vigilance ! Ces salauds sont partout. Le plaisir de faire souffrir existe bel et bien chez certains individus et des précautions spéciales doivent toujours être mises en place pour que cette catégorie de... n’ait pas accès à ces personnes vulnérables. Malheureusement, il s’en glisse un de temps en temps. Partout. Dans tous les domaines. Pas seulement en médecine. Cela peut-être dans les maisons pour vieillards, des centres d’accueils, dans la politique (évidemment) mais aussi... partout. Et quand un de ces loups entre dans la bergerie, la situation devient vite indécrotable, parce que ces individus ont des aptitudes exceptionnelles pour survivre et passer la faute, c’est-à-dire faire faire des choses par des personnes de bonne volonté ne feraient pas normalement. Les manipulés sont plus souvent punis que le manipulateurs.

J’ai eu connaissance directe de plus de dix cas (pas seulement dans le milieu hospitalier) et nous n’avons réussi à n’en confirmer que quelques uns. C’est toujours difficile et le combat est presque toujours « an uphill battle. Pourquoi ? Très souvent à cause des meilleures personnes. Les gentils, ceux qui sont viscéralement incapables d’imaginer que cette catégorie d’individu puisse exister. Cette ignorance ou cette incapacité à reconnaître qu’une personne puisse agir de la sorte est indépendante du niveau de scolarité ou de la pratique d’une discipline. Pourtant l’actualité ici aux USA nous montre quotidiennement l’exemple de l’existence de ce type de personnalité. Pourtant le collège des psychiatres Américains a fait des mises en garde et malgré tout, on en rencontre encore qui nient... j’ai même vu cette incapacité chez un psychiatre !

Mais laissons cela. Ton texte nous rappelle qu’il faut être vigilants. Bravo !
(Et Bravo pour ta clairvoyance et ton intégrité)
Dans la section Textes longs : L’envolée du Constellation

Hors ligne Ocubrea

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Re : Noyade
« Réponse #2 le: 09 février 2020 à 18:04:01 »
Merci pour ton passage, O.deJavel :)

Je ne sais pas s'il s'agissait du plaisir de faire souffrir. Plus une question de "De toute façon, ce que le médecin a prescrit ne sera pas suffisant pour la soulager. Nous on sait qu'il lui faut un patch de morphine et rien d'autre, donc le reste, on n'essaye même pas". Et pour ce qui est du retrait de l'oxygène, je sais depuis quel infirmier a pris la décision et on va avoir une réunion prochainement pour en parler avec toute l'équipe. Lui voyait le fait de lui mettre de l'oxygène comme une manière de prolonger sa survie donc comme de l'acharnement thérapeutique. Je suis intimement convaincue qu'il a tort, mais je ne pense pas qu'il y avait de la malveillance derrière.
Ce qui n'est absolument pas pour dire que tout cela est acceptable. Rien que d'y repenser, j'en bous de rage ^^

Et merci pour les compliments :-[ On essaye de garder la tête sur les épaules mais c'est pas toujours évident !
« Modifié: 15 février 2020 à 12:56:20 par Ocubrea »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Keanu

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Re : Noyade
« Réponse #3 le: 11 février 2020 à 15:16:21 »
Salut Ocubrea !

Mes remarques dans le détail du texte :

      C’était un cas compliqué à la base.
      Lorsque j’avais commencé à la suivre six mois plus tôt, Madame M., 92 ans, était déjà mal en point. Elle était fragile sur le plan cardiaque et rénal, et une plaque métallique introduite lors d’une fracture plusieurs années auparavant lui avait créé un ulcère terrible à la cheville. Malgré tous ses efforts, l’infirmière spécialisée en soins de plaies de la maison de repos ne parvenait pas à en venir à bout.
      Il faut dire que la position de notre patiente n’arrangeait rien : elle se tenait en permanence si recroquevillée dans son lit qu’elle s’était ankylosée de partout. Étendre ses jambes lors des soins journaliers était devenu très difficile, voire impossible. La mobiliser, de manière générale, était une gageure. Parfois, quand je lui rendais visite, elle me faisait penser à quelque fruit sec à la forme étrange, mais j'avais beaucoup d'affection pour elle.

Je pense qu'il y a possibilité de supprimer quelques auxiliaires être à l'imparfait (notamment dans le troisième paragraphe).

      Pour couronner le tout, si l’on sentait encore chez Madame M. un caractère franc et volontaire et si la communication était encore possible jusqu’à un certain point, elle n’avait quand même plus vraiment toutes ses frites dans le même sachet, comme on dit chez nous.

 :D

      M’enfin, l’un dans l’autre [...]

Personnellement, je ne trouve pas la conjonction familière très heureuse ici.

J’ai appelé son fils, et nous avons décidé ensemble de ne pas l’hospitaliser - au point où elle en était, c’eût été, de l’avis général, de l’acharnement thérapeutique.

Tu peux si tu le souhaites insérer l'incise à l'aide de tirets cadratins ou demi-cadratins. Idem pour les prochaines occurrences.

    Madame M. re-décompensait  au niveau cardiaque

Espace en trop après "re-décompensait".

  « Docteur, est-ce qu’on pourrait lui donner de la morphine, à votre avis ? ».

Pas de point après le guillemet fermant.

      Seulement voilà, Madame ne reçoit à ce moment aucun antalgique, quel qu’il soit.

A partir de ce moment du texte, tu passes au présent de narration. Est-ce voulu ?

Nous sommes un Vendredi.

Pas de majuscule, "vendredi". Idem pour les prochaines occurrences de noms de jours de la semaine (ce sont des noms communs).
     
   ─   Bonjour docteur [...]

Si tu le souhaites, tu peux féminiser l'écriture : "docteure" (il me semble que le narrateur est une narratrice). Idem pour les prochaines occurrences.


Merci beaucoup pour ce texte Ocubrea. De manière générale, je trouve ça très important et courageux de rendre compte de réalités humaines difficiles comme tu le fais.

Du point de vue purement littéraire ou esthétique, je pense que ton texte est, en effet, un peu plat dans sa manière d'être écrit et structuré. C'est très exact et très direct, très brut, comme peut l'être un témoignage au sein d'une discussion spontanée, ce qui n'est pas du tout une mauvaise chose en soi ; simplement, si tu souhaites davantage d'efficacité esthétique et émotionnelle, si tu souhaites faire de ce texte un texte qui a une certaine force de frappe, je pense que l'écriture gagnerait à être davantage soignée, par exemple en évitant quelques verbes faibles et certaines tournures orales ou familières (je ne les ai pas relevées mais ce parti pris ne m'a pas parlé, toujours d'un point de vue esthétique, donc), et l'ensemble du texte, surtout, gagnerait à être moins démonstratif en transcrivant la réalité par petites touches, par de menues progressions narratives qui laisseraient l'espace suffisant pour que le lecteur s'imprègne des enjeux d'une manière plus "subtile". Mais il est simplement question de la forme que tu souhaites donner à ce texte.

En tout cas merci encore et, comme dit O.deJavel, bravo pour ton acuité, ta sensibilité et ton intégrité !

Hors ligne Ocubrea

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Re : Noyade
« Réponse #4 le: 11 février 2020 à 16:08:34 »
Hello Keanu ! :)

Mmh, si ma mémoire ne me trompe pas, ce n'est pas la première fois que tu trouves un de mes textes un peu plats :\?
(Il n'y a dans cette remarque ni plainte, ni ressentiment, je me suis juste fait la réflexion).

Toutes tes remarques sur la forme sont judicieuses, et je vais les inclure sans faute dans ma correction (sauf peut-être pour le "docteure", je ne sais pas pourquoi, à l'oral quand on me le dit j'entends toujours "docteur").

Pour ce qui est du côté peu "esthétique", je suis d'accord avec toi. J'ai d'ailleurs hésité à poster ce texte. J'ai un style d'écriture plutôt simple et direct de base et je l'assume, mais ici, je sentais effectivement avoir atteint des sommets d'austérité. Je me suis demandé si il avait vraiment sa place sur ce forum, mais j'avais quand même envie d'avoir des avis dessus et de sonder le genre de réactions qu'il pourrait susciter.

La raison pour laquelle, je pense, je n'ai pas plus travaillé sur "l'efficacité esthétique et émotionnelle" de mon texte est que cet évènement m'a tellement marquée que je ne parviens pas à le mettre en scène. D'habitude, même quand il s'agit de mes récits autobiographiques, j'arrive à porter sur eux une sorte de "deuxième regard" lorsque je les retranscris. Je prends du recul, j'analyse les choses d'un point de vue poétique, ou drôle, ou dramatique, et j'arrive à imprégner les évènements vécus avec cette deuxième lecture qui me permet de donner de la forme et du style à la manière dont je les décris.
Ici, je n'y arrive pas. Je suis encore dans mon "premier regard", dans l'expérience brute d'une réalité horrible à laquelle j'ai des difficultés à me confronter - la réalité des mauvais traitements, de l'indifférence, de la banalisation de la souffrance inutile. Je n'arrive pas à porter dessus ce "regard d'écrivain", pour ajouter à la brute description des faits une couche de vernis qui leur donnerait un sens ou une profondeur particuliers. Pour moi, ça s'est passé, et c'est tout.
Je ne sais pas si c'est très clair ><

Bref, tout ça pour dire que je comprends tout à fait ton ressenti et ton commentaire. Je vais peut-être attendre un peu, puis voir si en relisant ce texte je parviens à lui donner cette dimension supplémentaire :)

Merci pour ton passage en tout cas, ça m'a fait super plaisir :) Tes remarques sont toujours bienvenues !
« Modifié: 11 février 2020 à 16:10:09 par Ocubrea »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Talweg

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Re : Noyade
« Réponse #5 le: 12 février 2020 à 10:59:13 »
Hello Ocubrea,
Je vois derrière ton texte une forme de récit brut, sans  ambages, d'un quotidien qui semble osciller entre la recherche de l'efficacité et le besoin d'humanisme. C'est d'ailleurs une clef de lecture il me semble. Si ce texte est livré de cette manière, c'est peut être la validation de l'idée que malheureusement, la logique de rentabilité prime sur celle de l'empathie. Pas forcément dans tes idéaux mais peut être un constat de l'univers dans lequel tu évolues?
L'absence d'envolée lyrique m'a permis de me mettre plus facilement  dans tes pas et ressentir plus grandement ton désarroi. On cherche à s'accrocher à une forme de beauté mais il est des situations qui convoquent plus facilement la détresse que la légereté.

Hors ligne Ambriel

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Re : Noyade
« Réponse #6 le: 12 février 2020 à 13:50:12 »
Yo wesh.

Moi je trouve pas ça plat, selon moi, le meilleur style est celui qui se fait oublier.

Sinon, dur, wesh.

Bisous.
C'est eux qui me l'ont dit, de remplir nos galoches
De charger nos fusils, de pierres et de brioches
Vite dépêche-toi, j'entends la ferraille des soldats

- Têtes raides -

Hors ligne Ocubrea

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Re : Noyade
« Réponse #7 le: 13 février 2020 à 19:46:57 »
Hello :)

@ Talweg :
Je vois derrière ton texte une forme de récit brut, sans  ambages, d'un quotidien qui semble osciller entre la recherche de l'efficacité et le besoin d'humanisme. C'est d'ailleurs une clef de lecture il me semble. Si ce texte est livré de cette manière, c'est peut être la validation de l'idée que malheureusement, la logique de rentabilité prime sur celle de l'empathie.
Merci pour ton commentaire, je crois que tu touches assez juste, je ne l'avais pas vu sous cet angle mais en y réfléchissant, tu as raison :) Effectivement, l'équilibre est difficile à trouver (parce que, malgré tout, l'efficacité est nécessaire aussi !).

L'absence d'envolée lyrique m'a permis de me mettre plus facilement  dans tes pas et ressentir plus grandement ton désarroi. On cherche à s'accrocher à une forme de beauté mais il est des situations qui convoquent plus facilement la détresse que la légereté.
Merci :-[ Bon, si je retravaille le texte, je tâcherai de ne pas tomber dans l'excès inverse niveau style alambiqué ou trop recherché pour préserver cet aspect brut et nu...

De tous grands remerciements pour ton passage !

@ Ambriel
Moi je trouve pas ça plat, selon moi, le meilleur style est celui qui se fait oublier.

Sinon, dur, wesh.
Merci à toi aussi, Ambriel :)
En l’occurrence, je ne sais pas dire si le style se fait oublier ou s'il est inexistant :D
Mais si tu n'as pas trouvé ça trop plat, c'est déjà bon signe...
Ton passage et ton commentaire sont grandement appréciés, sois-en remerciée !
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Lhommebanal

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Re : Noyade
« Réponse #8 le: 14 février 2020 à 09:26:20 »
Citer
Elle était fragile sur le plan cardiaque et rénal, et une plaque métallique introduite lors d’une fracture plusieurs années auparavant lui avait créé un ulcère terrible à la cheville.
Je pense que cette phrase peut être coupée en deux. C'est la répétition en 'et' qui m'a ennuyé lors de ma lecture.

Citer
Malgré tous ses efforts, l’infirmière spécialisée en soins de plaies de la maison de repos ne parvenait pas à en venir à bout.
Ici, un peu pareil, il y a trop d'information à mon goût. Fais un choix: de plaies ou de la maison de repos.

Citer
      Il faut dire que la position de notre patiente n’arrangeait rien : elle se tenait en permanence si recroquevillée dans son lit qu’elle s’était ankylosée de partout. Étendre ses jambes lors des soins journaliers était devenu très difficile, voire impossible.
J'aime beaucoup !

Citer
La mobiliser, de manière générale, était une gageure.
Je n'ai pas compris cette phrase, ce que tu entends par mobiliser, en vue qu'il lui est impossible de se mouvoir dans la phrase précédente. Cela suffit je crois pour la compréhension du texte.

Citer
Parfois, quand je lui rendais visite, elle me faisait penser à quelque fruit sec à la forme étrange, mais j'avais beaucoup d'affection pour elle.
Il faut mettre au pluriel 'quelque fruit sec' non?

     
Citer
Pour couronner le tout, si l’on sentait encore chez Madame M. un caractère franc et volontaire et si la communication était encore possible jusqu’à un certain point, elle n’avait quand même plus vraiment toutes ses frites dans le même sachet, comme on dit chez nous.
ça m'a fait sourire  ;D

     
Citer
      À partir de là, les choses s'étaient accélérées. Un jour, elle m’a brutalement fait une décompensation cardiaque comme je n’en avais encore jamais vue, et je me suis dit que ce serait un miracle si elle passait la nuit. J’ai appelé son fils, et nous avons décidé ensemble de ne pas l’hospitaliser - au point où elle en était, c’eût été, de l’avis général, de l’acharnement thérapeutique. J’avais donc mis en place de quoi l’aider avec les moyens du bord, et j’avais croisé les doigts (et les orteils), impuissante mais sereine. Si sa vie devait s’arrêter là, nous étions tous prêts à l’accepter.
On ressent très bien la tension, cela m'a tendu ahah !

Pour le reste rien à redire, j'ai été passionné par la lecture, le dialogue arrive très bien dans l'ensemble, et les personnages de même. J'aime beaucoup le vocabulaire médicale, comme je ne mis connais pas du tout. Bravo !
Tu es en étude de médecine du coup? je suis curieux

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Re : Noyade
« Réponse #9 le: 14 février 2020 à 11:37:35 »
Bonjour, J'ai lu avec beaucoup de plaisir ton texte. Je l'ai trouvé humain, direct. Tu décris la souffrance du malade, les questions que peuvent se poser les soignants. Ton style est franc et honnête et plus tu le travaillera plus il perdra en émotion. L'émotion vient de tes tripes pas de ton intellect. Je n'ai pas regardé l'orthographe, j'ai vu que cela a été fait avec sérieux. Ecrire est une aventure que tu as osé affronter, bravo !
J'ai eu un très grave cancer qui m'a détruite alors que sais de quoi tu parles quand tu parles de souffrance.

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  • Le navet ne se pèse pas au kilo mais à la tonne
Re : Noyade
« Réponse #10 le: 14 février 2020 à 12:36:34 »
Ton récit et d'actualité hélas. Qui n'a pas vécu la souffrance d'un ami ou d'un proche. J'ai moi-même commencé à travailler à l'hôpital Fernand Vidal comme soignant. J'ai vu à 18 ans la souffrance et la mort dans les différents services de cet hôpital. Tu as une bonne écriture, tu relates cet épisode dramatique de fin de vie avec émotion.
 Je comprends que tu sois un petit irrité par les critiques d'un certain type de puriste. Je n'ai pas lu ton récit en diagonale, je me suis intéressé au contenu et à l'histoire. Je n'ai pas la prétention de te donner une leçon de correction et te juger sur ta figure de style loin de la. Je suis aussi musicien et je fais parti de ceux qui pensent que la musique ne serait rien sans les fausses notes. " Les études c'est bien, l'intelligence c'est mieux ".
   

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Re : Noyade
« Réponse #11 le: 15 février 2020 à 14:03:33 »
Re, tout le monde !

De tous grands remerciements à tous pour vos passages et vos commentaires, j'ai modifié le texte pour les prendre en compte...

@ Lhommebanal :
J'ai inclus la plupart de tes remarques et conseils à l'exception de :
Citer
Il faut mettre au pluriel 'quelque fruit sec' non?
Pour moi, "quelque" est utilisé ici comme adverbe, avec comme sens "un quelconque" ou "un certain", donc il ne s'accorde pas... Je pourrais remplacer cette phrase par "elle me faisait penser à un quelconque fruit sec" ou "un fruit sec étrange", par exemple.

Citer
Pour le reste rien à redire, j'ai été passionné par la lecture, le dialogue arrive très bien dans l'ensemble, et les personnages de même. J'aime beaucoup le vocabulaire médicale, comme je ne mis connais pas du tout. Bravo !
Merci :-[

Citer
Tu es en étude de médecine du coup? je suis curieux
J'ai fini mes études :) Enfin, en quelque sorte... J'ai été diplômée médecin il y a 1 an et demi, et je suis maintenant dans l'assistanat, la "spécialisation". Je travaille en étant supervisée par un autre médecin avant de pouvoir me lancer de manière autonome comme généraliste.

@ cat38 :
Citer
Bonjour, J'ai lu avec beaucoup de plaisir ton texte. Je l'ai trouvé humain, direct. Tu décris la souffrance du malade, les questions que peuvent se poser les soignants. Ton style est franc et honnête et plus tu le travaillera plus il perdra en émotion. L'émotion vient de tes tripes pas de ton intellect. Je n'ai pas regardé l'orthographe, j'ai vu que cela a été fait avec sérieux. Ecrire est une aventure que tu as osé affronter, bravo !
Merci beaucoup :-[

Citer
J'ai eu un très grave cancer qui m'a détruite alors que sais de quoi tu parles quand tu parles de souffrance.
Je suis désolée d'apprendre cela. Je te souhaite le meilleur pour la suite et énormément de courage pour te reconstruire.

@ flag :
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Tu as une bonne écriture, tu relates cet épisode dramatique de fin de vie avec émotion.
Merci beaucoup !

Citer
Je comprends que tu sois un petit irrité par les critiques d'un certain type de puriste. Je n'ai pas lu ton récit en diagonale, je me suis intéressé au contenu et à l'histoire. Je n'ai pas la prétention de te donner une leçon de correction et te juger sur ta figure de style loin de la. Je suis aussi musicien et je fais parti de ceux qui pensent que la musique ne serait rien sans les fausses notes. " Les études c'est bien, l'intelligence c'est mieux ".
Oh zut non, j'espère que je n'ai pas donné l'impression d'avoir été irritée ! Parles-tu de ma réponse à Keanu ?
Je n'étais pas énervée, j'essayais simplement d'expliquer mon ressenti... Et je suis toujours très reconnaissante à ceux qui prennent le temps de m'exposer leur avis et leurs remarques, même négatifs ! :) C'est aussi ce qui permet de progresser...
En tout cas, merci pour ton passage !

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Re : Noyade
« Réponse #12 le: 16 février 2020 à 18:18:37 »
Bonjour Ocubrea,

merci pour ce texte. J'ai été un peu surprise au début par le style très dépouillé et par la chronologie précise des événements que tu sembles essayer de tous reporter avec un souci d'exhaustivité.
Je me suis demandée si c'était une page de journal quotidien ou bien une manière d'exorciser une expérience difficile.

C'était presque trop sec et bouleversant..

Puis je l'ai relu. Je pense que tu as bien fait de choisir une écriture concise et des phrases courtes et précises.  Le narrateur disparaît (apparemment) derrière toute une série de faits irréfutables et la conclusion s'impose d'elle-même au lecteur comme au narrateur.

Au niveau personnel, ça ne doit pas être facile tous les jours.
Courage pour la suite. C'est chouette de savoir qu'il existe pas mal de médecins qui ne vous regardent pas uniquement comme un organisme à réparer, ou à mettre au rebut quand il se fait tard.
Tiens bon !



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Re : Noyade
« Réponse #13 le: 16 février 2020 à 18:59:39 »
Coucou,

j'ai pas relevé grand-chose, désolée. En fait j'ai relevé un seul truc :

Citer
Un jour, elle m’a brutalement fait une décompensation cardiaque
cette formulation plutôt que "elle a brutalement fait un décompensation cardiaque" est pas anodine, je trouve. C'est un choix conscient ?

Sinon, j'ai pas grand chose à redire. J'ai été agacée et scandalisée en même temps que ta narratrice et puis juste triste à la fin. La frustration de pas réussir à établir une communication qui marche avec l'équipe d'infirmier doit être terrible. L'idée que les conseils de "ta narratrice" ( ::)) puissent avoir été moins pris au sérieux parce qu'elle était "juste" en assistanat m'énerve encore plus. Même si c'est pas dit dans le texte je me dis que ça a pû malheureusement jouer un rôle.

En tout cas ton texte fonctionne parfaitement sur moi. Je sais pas trop si ça pourrait marcher sur un format long. En tout cas, pour un texte court et catharctique, j'ai rien à redire. J'aime bien le style épuré qui tombe pas dans l'excès ou le pathos. En fait, au début du texte je me suis dit que c'était bien écrit et maitrisé. :)

On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.
C'est de là que viennent les coquilles. (et aussi de mon clavier en qwerty)

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Re : Noyade
« Réponse #14 le: 17 février 2020 à 12:49:22 »
@ Samarcande :
Citer
merci pour ce texte. J'ai été un peu surprise au début par le style très dépouillé et par la chronologie précise des événements que tu sembles essayer de tous reporter avec un souci d'exhaustivité.
Je me suis demandée si c'était une page de journal quotidien ou bien une manière d'exorciser une expérience difficile.
Je crois qu'il y a en effet un peu des deux... Le côté exhaustif a plutôt été écrit pour d'éventuels autres médecins qui liraient ces lignes, pour expliquer mon raisonnement etc.
Et aussi peut-être pour me faire un résumé et m'aider à accepter que j'ai fait de mon mieux.
Donc en effet, un texte écrit en partie pour moi ;)

Citer
Courage pour la suite. C'est chouette de savoir qu'il existe pas mal de médecins qui ne vous regardent pas uniquement comme un organisme à réparer, ou à mettre au rebut quand il se fait tard.
Je mentirais si je prétendais ne jamais rentrer dans une des catégories que tu cites... Après tout, nous sommes aussi humains et avons nos moments de faiblesse. Mais j'essaye clairement de ne pas trop tomber là-dedans :)

Merci pour ton passage, tes impressions et tes encouragements ! :)

@ cyamme :
Coucou :calin:

Citer
j'ai pas relevé grand-chose, désolée.
Ah bah non, moi ça m'arrange au contraire ;D

Citer
cette formulation plutôt que "elle a brutalement fait un décompensation cardiaque" est pas anodine, je trouve. C'est un choix conscient ?
Oui, c'est conscient. Chaque fois que je relis je me pose la question mais ça décrit vraiment ce moment où on se dit "Mais qu'est-ce qu'elle me fait, là ?"
Tu trouves ça dérangeant ?

Sinon, merciiiiii, ça me fait super plaisir de lire tout ça :coeur:
Contente de voir que mon récit a suscité ce genre de réaction...
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

 


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