Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 juin 2020 à 21:42:15
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Entends le lynx, le renard et les humains (complet) (v2)

Auteur Sujet: Entends le lynx, le renard et les humains (complet) (v2)  (Lu 2210 fois)

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 849
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #15 le: 29 janvier 2020 à 23:30:26 »
Bonjour Loïc,


Me voici pour la suite de ma lecture, je viens de me plonger dans cet étrange « envoi n°2 » et j'en reviens tout retourné !! :D

Citer
Nue, j’ouvris la fenêtre. Velue, je sortais dans la nuit.
Les sens décuplés, j’essayai de démêler les odeurs de la ville, de retrouver les sensations d’une bête à quatre pattes. La ville dormait et seul le bruit de la circulation sur une route lointaine venait troubler le silence. Je restai sur le trottoir, cependant : humaine ou lynx, je ne voulais pas finir ma vie sous les roues d’un chauffard. Une fois à la sortie de la ville, je laissai le félin prendre toute la place qui lui revenait en moi, et galopai vers le bois.
Le lendemain matin fut comme une gueule de bois. J’étais rentrée tard de mon escapade nocturne, et mon corps me le faisait sentir. J’esquivai autant que je le pus le contact avec le reste de l’humanité, sachant par avance que je ne saurais être agréable avec quiconque. Je m’occupais des bêtes et du foin, me plongeant une fois encore dans le travail manuel. Je m’arrêtais régulièrement, fixant les Régnantes et le vide, comme si la montagne pouvait me donner la voie à suivre pour reprendre une vie normale. Une vie normale, toi ? me soufflait une petite voix, et je devais reconnaitre que la petite voix avait raison. L’appel de la nature, de la bête en moi, était trop fort pour que je me fonde vraiment dans la masse humaine autour de moi, même si eux n’y voyaient que du feu.

Sur ce passage, j'ai trouvé qu'il manquait un quelque chose de surnaturel qui dépasse la simple transformation individuelle. C'est comme si je cherchais entre les feuilles, les branchages et les mousses une forme d'appel de la nature qui rende la nature plus qu'humaine (comme s'il fallait que les bois eux-mêmes aient une âme et prennent le contrôle de pauvres mortels...).

Un passage à retravailler, à mon avis, ça manque de piquant ! ^^

Citer
« Qu’est-ce que ça change ? »
Je le regardai, surprise. Je ne m’étais pas posé la question. Est-ce que cette confirmation changerait quelque chose à notre relation, à la façon dont nous pouvions parler, à l’extérieur ou dans notre intimité en construction ? Je choisis de répondre par une autre question.
« Nayah sait ? »
Il hocha la tête et je soupirai de soulagement. Alors ça changeait quelque chose, oui ; de ne pas avoir à se surveiller sans cesse, de pouvoir se comprendre.
« Et pour moi ?
– Elle s’en doute.
– Tu ne lui as pas dit ?
– Ce n’est pas un secret qui m’appartient.
– Hum.
– Oui ?
– Non, rien. »
Nous finîmes nos cigarettes en silence et rentrâmes dans le bar.

:D C'est hyper, hyper glauque !! Mais cette avalanche de mystères et de malaises alimentent l'effet angoissant du récit, c'est réussi.


Je trouve que l'intrigue se tient, c'est réussi. Je repasserai bientôt pour la suite, je me donne le plaisir de laisser planer le mystère encore quelques jours avant de découvrir l'incroyable fin de cette inexplicable nouvelle...

En ce qui concerne les personnages, je dirais qu'il y a une ambivalence entre le désir de connaître tous leurs secrets et l'hésitation à s'enfuir de frayeur.


À bientôt ! ^^

Hors ligne Colin

  • Scribe
  • Messages: 91
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #16 le: 30 janvier 2020 à 09:50:29 »
Salut,

J'ai fini la lecture et l'orientation prise gravitant autour des passions était réussie. Je suis cependant un peu étonné que la dualité de certains personnages n'ait pas été davantage mise en avant, elle me semblait pourtant assez importante dans les premières parties. Le format épisodique nous laissant le temps de trier les informations, j'en attendais des éléments.

Mention spéciale à tes dialogues qui paraissent souvent très naturels.

Hors ligne Selkie

  • Plumelette
  • Messages: 8
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #17 le: 30 janvier 2020 à 17:29:22 »
Salut Loïc !
Bretonne que je suis, le titre m'a intriguée (et en fait y'a pas vraiment de rapport, tu m'as eue haha) — me voilà donc pour un retour sur le premier envoi ;)

Je ne sais pas si tu serai intéressé par un retour ligne par ligne, qui est plutôt ce que j'ai l'habitude de faire ; dans le doute je vais rester à plus grande distance pour l'instant.


Un des points forts du texte, pour moi, est l'atmosphère que tu réussis à instaurer de manière assez immédiate. Mélancolie de fin d'été et petit village de l'est de la France.

Une chose qui m'a un peu plus embêtée est le registre. La narration est relativement soutenue, archaïque n'est pas le terme mais on sent une esthétique "classique." Les dialogues, en revanche, sont beaucoup plus relâchés ; mais c'est pourtant le même personnage qui s'exprime. J'ai trouvé que la discontinuité ne fonctionnait pas, que l'ensemble était un peu bancal de ce point de vue-là.

Remarque plus terre-à-terre : tu as tendance à chinter les accents circonflexes, c'est volontaire ?

Citation de: Loïc
sauf que ce mec, il était pas humain. »
Je laissai le temps à Paul de digérer ce que signifiait cette phrase. Ce qu’elle signifiait pour moi, surtout.
Je trouve la façon dont tu as amené l'élément perturbateur et la révélation de la nature des personnages bien vue, comme un délai du choc, ou du moins une forme de pudeur en termes d'effet. De la même manière, j'aime bien ton usage des ellipses, toujours légères.

Citation de: Loïc
à l’entrée de la chambre. Je l’embrassai du regard
Le terme "embrasser" paraît mal choisi : pour la narratrice, l'heure ne semble pas être à la sensualité, et le terme me semble trop chargé en termes de connotations. Je pense qu'il appartient plutôt à la scène ellipsée.

En ce qui concerne les personnages, je dois avouer que je reste un peu sur ma faim. Louise est assez bravache, et semble vouloir garder le lecteur à distance ; c'est tout à fait cohérent avec son caractère, en revanche ça peut freiner l'identification. Mais bon, ça dépend des lecteurs.
J'ai trouvé un poil dommage de n'avoir aucune description des gens qui l'entourent (qu'elle ne se décrive pas elle-même me paraît logique, d'autant qu'elle semble peu préoccupée par son apparence), alors qu'elle a pris le temps de nous présenter son village de manière concise mais efficace. Paul, par exemple, me paraît manquer de consistance car il n'est pour l'instant qu'un nom, qui n'est apparut qu'en soutien de la narratrice. Je pense que tu pourrais gagner à le développer un tout petit peu plus dans cette première partie.

Je n'ai pas compris qui était Murphy. Pas un local, au vu de son patronyme, mais je n'en sais pas plus.

Voilà, je pose un peu tout ça en vrac, j'espère que ça pourra t'être utile. Et puis je te dis à la prochaine pour la suite !

Hors ligne Keanu

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 395
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #18 le: 30 janvier 2020 à 18:02:12 »
Bonjour Loïc !

Mea culpa pour mon relevé du premier extrait, j'ai eu un bug par rapport aux conditionnels.
Je continue ma lecture !

La pleine lune s’installa quelques jours plus tard et vint illuminer la pièce sombre de mon appartement. Comme souvent, je m’étonnais qu’elle eût tant alimenté le mythe humain des loups-garous. Ils étaient peu nombreux dans la région, à croire en l’existence des Faés ; mais la lune n’avait jamais eu d’influence sur nos vies, que nous nous transformions en loup ou en un autre animal. Seules comptaient notre volonté et notre maitrise, même si l’obscurité était un élément favorable à notre survie dans un monde façonné par les humains.

Hum, en première lecture je trouve ce paragraphe un peu trop explicatif et surplombant en mode "il faut bien que j'explique ce contexte au lecteur à travers les pensées de mon personnage". Ce "Comme souvent", par excellence, me semble maladroit. Mais à voir comment ça s'insère avec la suite.

Nue, j’ouvris la fenêtre. Velue, je sortais dans la nuit.

Juste au cas où tu voulais mettre un passé simple.

Une vie normale, toi ? me soufflait une petite voix, et je devais reconnaitre que la petite voix avait raison. L’appel de la nature, de la bête en moi, était trop fort pour que je me fonde vraiment dans la masse humaine autour de moi, même si eux n’y voyaient que du feu.
Cela me ramenait à mon inconnu, le premier de mes semblables que je croisais dans les environs, lui qui faisait naitre en moi un fol espoir ; et d’un coup, j’étais revenue au même point, pas plus avancée que la veille ou les jours d’avant.

Je trouve ce passage moins bien écrit que le reste. Voir par exemple les redondances en gras.
Aussi, je trouve assez cliché, assez facile dans le fantastique cette description des difficultés d'intégration du personnage lycanthrope, "l'appel de la bête" etc.
Je trouve toujours pour le moment qu'il y a un côté démonstratif un peu lourd dans l'entame de ce second extrait vis-à-vis de l'aspect fantastique et de la nature non humaine de la narratrice et de son crush, ce qui peut-être déséquilibre après cet incipit tout en suggestions.

Je commence à trouver un côté teenage True Blood un peu trop marqué : le bar, la modernité ordinaire qui se mêle au rural et au fantastique, les histoires d'attirance entre non-humains... Mais c'est mon goût personnel...

Paul prenait bien garde de ne pas évoquer le sujet de mes aventures amoureuses, et je lui en savais gré. Il me racontait ses galères au travail, aggravées comme chaque année par l’affluence des touristes estivaux. Nul doute qu’il accueillerait la pause automnale avec plaisir.

Un peu lourd puis "estivaux/automnale" maladroit pour moi.
"[...] aggravés comme chaque été par l'affluence des touristes" ?

J’avais senti l’odeur avant même qu’il ne touche la porte, malgré la brume agréable de la bière. Je la lui indiquai d’un signe de la tête, et il fit pivoter légèrement sa chaise.

J'ai un peu buté ; pas sûr que ça soit très clair que le pronom "la" ait comme antécédent "la porte".

Quand mon inconnu entra, ses effluves se firent plus fortes, emplirent presque entièrement mon atmosphère. Je jetai un regard à Paul, comprit ses encouragements et me levai pour le rejoindre au bar. Arrivée , je déglutis, le laissai payer sa commande et pris la parole, sans vraiment le regarder.

Raide, maladroit, je trouve.
"compris", avec un "s".
Ainsi placé, l'adverbe de lieu "là" me semble rigide, je ne sais pas trop pourquoi (soit c'est une question de registre trop familier, soit une question de déictique dans ce texte au passé, soit les deux). Je pense que "Arrivée au comptoir [...]" passerait mieux mais ça fait un peu redondant "au bar/au comptoir". Peut-être d'une autre manière comme "Une fois accoudée [...]" ? Ce n'est pas très important, bon.

Je soupirai de soulagement, aussi discrètement que je le pouvais, doutant de pouvoir tromper ses sens.

Pas très élégante, je trouve, cette tournure participiale.

J’indiquai la table d’où Paul nous attendait, le nez dans son portable, et nous le rejoignîmes en quelques enjambées.

"à laquelle", plutôt ? Ou bien "J'indiquai notre table, où Paul nous attendait [...]" ?

Je l’avais vue avec lui, je l’avais sentie sur lui, mais c’est par ces quelques mots qu’elle avait vraiment pris réalité, qu’elle était passée du peut-être à notre monde.

Personnellement, je ne goûte pas la formule...

Lui, il se laissait le temps de chercher quelque chose qui l’intéressait. Il avait trop longtemps travaillé pour un bon salaire sans se laisser le temps de vivre.

Je trouve la répétition dommageable.

Il racontait ça d’une voix posée et moi je l’écoutais, un peu bécasse, j’en oubliais de boire ma bière et presque, un peu, de parler. Je laissais Paul entretenir la conversation comme il savait si bien le faire, me cachais derrière lui et, me regardant presque faire, je me traitais d’idiote.

Idem ("presque"/"presque" ; "faire"/"faire").


Il était différent de la dernière fois, même s’il était incontestablement la même personne.

Je ne comprends pas l'intérêt de la seconde partie de phrase.


Peut-être le tablier passé au-dessus de sa chemise en était-il une raison.

Lourd, alambiqué, à mes yeux.


Je passai la première et lui tendis la bouteille en passant, qu’il accepta avec un charmant sourire.

Répétition dommageable je trouve.


Sous ses couverts traditionnels, l’intérieur de la maison avait été entièrement réaménagé, et le couloir débouchait sur une cuisine ouverte et une grande pièce à vivre.

J'aurais mis "sous ses dehors traditionnels", pour éviter l'éventuel renvoi mental du lecteur à l'homonyme "couverts" dans le sens de "couverts de table" puisqu'ils sont invités à dîner et qu'il y a "cuisine" dans la même phrase.


 Je passais de Nayah à Laurent, tour atour, admirant leur alchimie, leurs sourires et réprimant la jalousie que je sentais monter dans mon ventre.

"tour à tour".


 Je tentais de l’enfouir, avec mon désir, tout au fond de mois, me concentrant sur la douce félicité apportée par le vin et par la qualité du repas.

"moi".
"félicité" un peu vieillot, pompeux ?


 Quand nous partîmes, en nous promettant de nous revoir bientôt après cette belle soirée, je me sentais un peu vidée. Paul et moi marchâmes dans la nuit, en silence, titubant un peu sous l’effet de l’alcool.

Au cas où la répétition te dérange.


 Non parce que je voulais connaitre la réponse – j’étais sûre de l’avoir identifié, et quasiment sûre qu’il le savait lui aussi – mais je voulais le lui faire savoir, sortir des sous-entendus.

Il y a déjà "sous-entendu" plus haut, si jamais ça te dérange.


C'est toujours bien écrit mais un peu moins, je trouve. J'ai eu le sentiment que ce passage avait moins d'ampleur et d'aisance que le précédent. J'ai accroché sur plusieurs formules, et d'autres m'ont paru un peu plates ou manquer de naturel. Il y a aussi ce passé simple à la première personne du pluriel qui parfois me tord un peu les oreilles et me laisse une impression de narration stéréotypée dans sa langue. Par ailleurs, j'ai eu parfois l'impression que plusieurs registres de langue se mélangeaient assez maladroitement. Aussi et surtout, j'ai trouvé qu'il y avait une forme de platitude et de manque d'amplitude, encore, certainement un problème rythmique, dans la tournure du récit par rapport au premier extrait. Ce dernier me semblait assez lent et à la fois descriptif et allusif. Là, j'ai l'impression d'être davantage tiré par la main, et les dialogues et les scènes m'ont paru assez creux, rigides et précipités. Ce qui m'a amené ensuite, dans l'ensemble, à avoir une sensation de cliché fantastique vis-à-vis de cette relation naissante entre lycanthropes/métamorphes dans un contexte de société interespèce. Mais ces réserves sont sans aucun doute très subjectives et certainement hâtives : il me faut lire la suite pour bien juger l'économie globale du récit, son atmosphère et ses thématiques. En tout cas, ça se lit toujours avec plaisir et facilité !
Merci Loïc et à bientôt !
« Modifié: 30 janvier 2020 à 21:32:58 par Keanu »

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • ****
  • Messages: 8 258
  • Grand méchant loup
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #19 le: 02 février 2020 à 17:56:02 »
Merci à tous et toutes pour vos commentaires.

Alan
[close]

Colin
[close]

Salut Selkie, bienvenue sur le MdE et sur mon texte.

Selkie
[close]

Keanu
[close]

"It doesn't matter how your story begins. It's about who's with you at the end."
Killjoys

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

En ligne Xeraphia

  • Prophète
  • **
  • Messages: 951
  • Rudetripping
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #20 le: 03 février 2020 à 03:24:29 »
Yop o/ Désolée, j’ai mis des plombes.

Re :re :Chapitre 3
[close]

Re :Chapitre 4
[close]

On en veut encore, des Faés ! ;)
CoCoWriMo, 50 565 / 50 000
Officially late A.F.

Show. Don't tell.

Hors ligne Colin

  • Scribe
  • Messages: 91
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #21 le: 03 février 2020 à 09:13:51 »
Citer
Pourrais-tu être plus précis sur cette dualité ? Tu parles d'humain/animal ? D'autre chose ?
Merci pour ta lecture (jusqu'au bout !) et tes compliments !

Il s'agit bien de la dualité humain/animal. Dans un texte court comme le tien, il m'a fallu un peu de temps pour rendre les métamorphoses presque uniquement contextuelles. Elles ont un rôle déclencheur, légèrement sensoriel, mais jouent un rôle moindre dans les derniers chapitres. Le recadrage vers le triangle amoureux qui s'affranchit de l'instinct animal a laissé des questions en suspens à mon sens.

Hors ligne Samarcande

  • Scribe
  • Messages: 92
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #22 le: 03 février 2020 à 17:40:25 »
Bonjour Loïc,

Super ce texte !
ça fait deux ou trois jours que j'ai envie de le commenter, mais il est long et je n'ai pas beaucoup de temps.
J'espère ne pas répéter ce que les autres commentateurs ont déjà dit (Désolée, mais je ne me sens pas le courage de relire tous les commentaires)

Donc voici deux ou trois impressions en vrac.

Tout d'abord, j'aime beaucoup ton style, la manière fluide avec laquelle tu écris.
 Certaines phrases et tournures  m'ont beaucoup plu.
Citer
Je traversai l’appartement à pas de louve, les chaussures à la main, essayai malgré tout d’attraper des morceaux de la vie à travers laquelle je passais.
:coeur:

Les personnages sont bien posés.
Paul manque peut-être un peu d'épaisseur et ses actions ne sont pas fondamentales à l'intrigue. J'ai parfois le sentiment qu'il sert surtout de "confident" et d'excuse aux dialogues.

L'idée des Faés et de leur transformation animale, dans un cadre rurale et humain me plait aussi beaucoup.
J'aime la manière dont tu introduis l'élément surnaturel dans le dialogue. Toute la première partie avec ce jeu de cache-cache avec Laurent crée une tension vraiment intéressante.

Je regrette juste que tu n'aies pas plus exploité la différence humain/animal-faé
J'avais l'impression au début que le fait que Laurent soit un Faé était fondamental pour Louise, alors qu'au final elle n'a aucune difficulté à tomber amoureuse de Nayah.
La confrontation finale avec Laurent pourrait être un peu plus musclée (au niveau des dialogues, je veux dire: je ne m'attends pas à un combat à mort entre renard et lynx  ;))

En global, tout se tient, le style reste cohérent du début à la fin et les personnages aussi.
L'écriture est directe et efficace et les dialogues sont très naturels.
J'ai  aimé l'histoire et les personnages, ainsi que ce monde que tu as créé.

merci pour ce moment d'évasion.




« Modifié: 08 février 2020 à 21:23:37 par Samarcande »
Sait-on jamais, nos chemins pourraient se croiser ! (Amin Maalouf )

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 849
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #23 le: 08 février 2020 à 12:31:19 »
Bonjour Loïc,


Me voici pour la suite de l'histoire : je viens de lire le troisième envoi et j'en profite pour te faire un retour sur ma précédente lecture du deuxième.


Citer
Sur ce passage, j'ai trouvé qu'il manquait un quelque chose de surnaturel qui dépasse la simple transformation individuelle. C'est comme si je cherchais entre les feuilles, les branchages et les mousses une forme d'appel de la nature qui rende la nature plus qu'humaine (comme s'il fallait que les bois eux-mêmes aient une âme et prennent le contrôle de pauvres mortels...).

Un passage à retravailler, à mon avis, ça manque de piquant !

Je veux bien croire qu'il y ait à retravailler, mais il n'y a guère à y trouver plus de surnaturel '-' L'élément surnaturel est léger, mais c'est, je crois, tout ce qu'il y a dans ma tête pour cette histoire.
Faudrait ptet que je me pose la question plus profondément, cela dit.

Une femme sauvage qui se transforme en animal dans le plus grand secret, j'appelle effectivement cela du surnaturel, du fantastique, de l'étrange... Si tu veux donner une autre image de ton récit, cela demanderait effectivement de mettre de côté tout un tas d'éléments de l'histoire, donc je te conseille de t'habituer à ce genre de vocabulaire si jamais tu avais envie de prolonger cette mystérieuse expérience.


Citer
:D C'est hyper, hyper glauque !! Mais cette avalanche de mystères et de malaises alimentent l'effet angoissant du récit, c'est réussi.
Glauque ? O_o Que trouves-tu glauque ?

À ce stade de ma lecture, je n'avais toujours pas les éléments du récit pour savoir si on est dans un fantasme ou si la lycanthropie est confirmée ; dès lors, je cherche à savoir si cette histoire étrange a des ressorts véritables ou si ton personnage se raconte des histoires pour se faire mousser.

Le dialogue que j'ai cité en fin de deuxième envoi n'apporte que du mystère et aucune véritable réponse, c'est ce qui crée cette étrange ambiance dans laquelle on ne sait pas sur quel pied danser ni qui croire. Ce mystère que tu laisses s'épaissir dans les deux premières parties crée un effet sinistre et angoissant qui attise la curiosité et donne envie d'entendre de véritables confidences, de véritables révélations (et pas juste des bouts de conversation), et ça marche plutôt bien.




Ensuite, j'en viens à la troisième partie (que je viens de découvrir).

Ici, il y a de véritables révélations et le fond de l'histoire semble s'éclaircir. Je dirais que tu bascules soudainement dans une autre ambiance : Louise semble en un instant protégée par la douceur de Laurent dans un face à face romantique aux caresses forestières...


Citer
La routine reprit son cours : la ferme, le bar, une sortie dans les bois de temps à l’autre et des rencontres brèves et frustrantes avec Laurent, les soirs où Nayah était absente, ou entre midi. Toujours chez moi, ce qui m’allait aussi bien : je n’avais pas envie de m’introduire plus avant dans la vie de mes amis et tromper Nayah sous son toit m’aurait paru plus horrible encore. Peu à peu, je sentis une peur s’installer en moi. Le village était petit, et malgré le tourisme florissant, tout le monde s’y connaissait, voire s’y surveillait. J’angoissais à l’idée que mes voisins repèrent ce visiteur trop insistant, se doutent de quelque chose, parlent. J’imaginais déjà Nayah tapie au coin de la rue qui nous observait et se préparait à nous confronter. J’imaginais ma honte, les qu’en dira-t-on, les regards noirs des petites vieilles dans la rue ; je me voyais contrainte de quitter le village pour reprendre une vie normale. Dans ces moments, ma situation me semblait tout à coup bien moins enviable et, seule dans mon lit, devant l’ordinateur ou un verre de bière, je me demandais si cette relation valait vraiment le coup ; si je pouvais m’imaginer continuer longtemps comme ça malgré l’amour que je ressentais pour Laurent, la joie que j’avais à le revoir et la félicité à la fin de nos sessions amoureuses, toujours brimée par son départ rapide, ses excuses et son dernier baiser. Je n’étais pas assez naïve pour croire aux promesses qu’il ne me faisait d’ailleurs pas et j’avais bien du mal à m’imaginer un avenir dans ces conditions.

Au final, tu donnes l'image de ton personnage principal d'une force artificielle qui ne serait qu'une apparence derrière sa si grande fragilité. Une femme seule, isolée, fragile, timide, réservée, impuissante, pauvre bête au milieu d'une jungle dangereuse...


Ce basculement entre des premiers chapitres très secrets et un chapitre où tombent soudainement toutes les révélations m'a semblé très risqué en matière de narration.

Tu laisses penser que ton personnage principal dit toute la vérité la plus innocente dans un univers hostile et austère, et ça ne laisse plus aucun mystère ni sur le contexte ni sur l'issue du récit.


À mes yeux, tu as tout intérêt à retravailler cette partie si tu veux garder cette dimension « révélatrice » d'une certaine vérité, remettre un peu de sens à ces sentiments, et remettre un lien entre le contact (les embrassades) et les émotions (les sentiments de culpabilité). Si tu romps le mystère, alors tu as tout intérêt à construire une situation véritablement tragique qui ne laisse entendre aucune autre issue.

Pour l'instant, ne connaissant que très peu ton personnage principal, et moins encore son amant et cette « Nayah », il m'est très difficile de ressentir une quelconque empathie à leur égard, rien n'apparaît comme étant impossible, ni dilemme mortel, ni émotions tragiques, je crois que tu aurais dû préparer ce fameux basculement pendant les deux premières parties (préparer la levée du mystère), sans quoi ça paraît plus irréel encore, plus invraisemblable.

Après tout, peut-être ne voulais-tu pas donner à cette nouvelle un air réaliste ?


Je repasse bientôt pour la dernière partie, merci à toi pour cette lecture. ^^

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • ****
  • Messages: 8 258
  • Grand méchant loup
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #24 le: 08 février 2020 à 23:03:52 »
Xeraphia

Envoi 3
[close]

Envoi 4
[close]

Colin
[close]

Samarcande
[close]

Alan
[close]
« Modifié: 08 février 2020 à 23:10:11 par Loïc »
"It doesn't matter how your story begins. It's about who's with you at the end."
Killjoys

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

En ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 849
  • Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #25 le: 09 février 2020 à 01:05:14 »
Loïc,


J'ai lu ta réponse ce soir, et je vois que tu n'as pas compris une partie de mon message, je vais donc t'apporter quelques éléments sur ce qui m'a semblé manquer à la lecture.


Citer
Une femme sauvage qui se transforme en animal dans le plus grand secret, j'appelle effectivement cela du surnaturel, du fantastique, de l'étrange... Si tu veux donner une autre image de ton récit, cela demanderait effectivement de mettre de côté tout un tas d'éléments de l'histoire, donc je te conseille de t'habituer à ce genre de vocabulaire si jamais tu avais envie de prolonger cette mystérieuse expérience.

Oui oui, ce n'est pas le qualificatif de surnaturel qui me questionne, mais le fait de chercher dans le texte plus de surnaturel que des humains pouvant se transformer en animaux (grossièrement), parce qu'à ce stade de ma construction de l'univers, il n'y a que ça !

Généralement, dans l'heroic fantasy, l'univers parallèle est un prétexte pour glisser moult contes & légendes dans lesquels les plus monstrueuses créatures peuplent des tanières sauvages & inimaginables. C'est la raison pour laquelle la forêt porte toujours une connotation particulière, exquise et dangereuse, comme si toutes les forêts faisaient naître des bestiaux aux secrets imprudents. Ici, cette forêt-ci m'a semblé bien banale... Et puis, les traditions ont beau être faites pour être transgressées, je voulais souligner combien j'aurais aimé y voir la forêt de FoxGraveFire ou bien le bois du Sanglier décapité, les bosquets du Lard de Druide ou quelque description à la connotation triviale !

:huhu: Ah ! Ce sont mes goûts pour les mythologies lointaines qui parlent, je comprends absolument que tu n'en comprennes pas l'utilité dans un récit comme le tien ! Et ne m'en offusquerai point !!

...


Citer
Au final, tu donnes l'image de ton personnage principal d'une force artificielle qui ne serait qu'une apparence derrière sa si grande fragilité. Une femme seule, isolée, fragile, timide, réservée, impuissante, pauvre bête au milieu d'une jungle dangereuse...

Hum. Si je reconnais certains des adjectifs, tous ne me smblent pas mérités. Je veux bien croire que c'est ce qui transparait, par contre.

Alors, plus sérieusement, je dirais que ton personnage principal tient vraiment bien la route, c'est vraiment la force de ce récit. Quelque part, j'ai bien ressenti ta volonté (ou peut-être attitude inconsciente) à garder une cohérence dans le sens réaliste du terme (car finalement cohérence et réalisme ne sont pas toujours contradictoires).

Je m'explique : une grande partie des intentions de ton personnage sont décrites très précisément, toute sa progression interne est soigneusement exposée avec une progression cohérente et logique et une réelle continuité dans ses choix et paroles (mûrement pensés). Je dirais que ses comportements ne sont pas irrationnels (du moins dans le cadre offert par sa particularité bestiale ! ^^ ) et que ce personnage est vraiment riche, pensé très justement, étudié dans ses moindres secrets.

Cependant, si cette cohérence qui est maintenue l'est de façon volontaire, alors je trouve que tu devrais aller plus en avant dans la cohérence et donner à Louise un vrai secret, pas juste quelque chose sur son animalité ou son désir érotique pour un homme/une femme ; non, je pense qu'il faudrait qu'elle ait une véritable raison de ne pas oser se confier, comme quelque chose qui la maintienne dans cet état hors du temps, comme suspendue par le silence. Il faut que je sente que ce secret est un vrai secret, pas du tout anodin, et qu'elle ne pourra jamais le révéler à personne de façon tragique.

Si au contraire tu n'as pas volontairement maintenu cette cohérence (que tu ne t'en es pas rendu compte à l'écriture), et que cela ne te dérange pas qu'on dise de Louise qu'elle est irrationnelle dans son comportement ; alors je crois au contraire que tu devrais accentuer ses sautes d'humeur, qu'elle bascule d'une chose à l'autre, telles des crises d'angoisse ou d'euphorie, passant d'un désir à son contraire dans certains passages comme pour souligner qu'elle a deux apparences, deux façons d'être différentes, et donc deux vies en une seule !

Mais l'un serait le contraire de l'autre (deux sens qui ne peuvent pas fonctionner ensemble), c'est la raison pour laquelle j'évoquais ce dilemme.


Citer
Ce basculement entre des premiers chapitres très secrets et un chapitre où tombent soudainement toutes les révélations m'a semblé très risqué en matière de narration.

Tu laisses penser que ton personnage principal dit toute la vérité la plus innocente dans un univers hostile et austère, et ça ne laisse plus aucun mystère ni sur le contexte ni sur l'issue du récit.

Après attention, ce ne sont que des coupures artificielles que j'ai faites pour poster le texte, mais il n'a pas été construit en chapitres. J'ai découpé approximativement en morceaux de 2000/2500 mots en postant et en essayant de ne pas couper de scènes, mais c'est tout.

Honnêtement, ton découpage traduit le rythme du texte, les deux premières parties sont beaucoup plus fluides que ne l'est la troisième. Je viens de lire la quatrième pour comparer, et je trouve ça assez mieux (ça se régule), mais il y a quand même des différences notamment dans le sujet évoqué. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup plus de scènes de vie au début alors que tout s'enchaîne par la suite, comme si la rencontre avec Laurent en mode bestiale avait tout recentré sur lui et lui seul, et que la vie autour avait disparu.

Pour moi, tu ne peux pas te contenter d'évoquer une coupure artificielle pour parler de ton récit, tu as tout intérêt à porter un regard sur le rythme narratif, le déroulement de l'intrigue, c'est dans l'intérêt de cette œuvre et des suivantes (à mon sentiment personnel...).


Citer
Après tout, peut-être ne voulais-tu pas donner à cette nouvelle un air réaliste ?

Eh bien, c'est de la fantasy.

Sur le sujet du genre, la fantasy est généralement prétexte à introduire contes & légendes lorsque le fantastique introduit quelques éléments surnaturels dans un environnement particulièrement réaliste voire daté et localisé (ça pourrait très bien être arrivé hier à côté de chez moi, tu n'en sais rien, tu n'étais pas là !).

Étant donné que tu m'as évoqué explicitement ne pas vouloir mettre plus d'éléments surnaturels (éviter les légendes & mythologies diversifiées ou créatures à foison), alors je te conseillerais – à titre personnel – d'aller dans le sens qui te semble le plus intuitif, et de favoriser une histoire plutôt romantique dans un univers où les rares éléments surnaturels suffisent à nourrir l'intrigue (sans plus de surplus féerique). C'est ce que je retiens de la lecture de toutes ces parties, ce qui m'a semblé aller dans ton sens : un personnage fort dans un environnement parfois surnaturel parfois réaliste.


Citer
La cafetière sifflait dans la cuisine, nous apportant une douce odeur qui me mettait l’eau à la bouche. Humains et Faés étaient égaux, quand il s’agissait d’addictions. Nous bûmes presque en silence.

Un excellent exemple : à ce stade de l'histoire, je peux comprendre que les humains et les Faés soient égaux sur un point mais pas sur le reste, mais je ne sais toujours pas quelle est la véritable différence entre les humains et les Faés (mis à part l'étape de transformation physique ou biologique), alors qu'on est quand même dans la toute dernière partie. Soit tu te donnes les moyens de faire un véritable discours de comparaison entre Faés et Humains (avec argumentaires à l'appui comme dans une étude mythologique, tout simplement), soit au contraire tu ne souhaites pas t'étendre sur le sujet et c'est ton personnage principal, Louise, qui va porter le gros du récit.


Personnellement, je trouve Louise attachante et bien bâtie, je te conseillerais donc plutôt de peser dans ce sens en lui laissant l'essentiel de l'intrigue (et en mettant de côté d'éventuelles légendes relatives à l'univers de la nouvelle). Maintenant, c'est à toi de faire ce choix...

… et de l'assumer. ^^


Merci à toi pour cette lecture.
« Modifié: 09 février 2020 à 13:30:14 par Alan Tréard »

En ligne Xeraphia

  • Prophète
  • **
  • Messages: 951
  • Rudetripping
Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #26 le: 09 février 2020 à 03:32:49 »
o/

Spoiler
[close]

Sinon, pourquoi tu as des Louis/Louise à tout bout de champ ? :mrgreen:

Ah, PS, j’oubliais : Pourquoi le « Entends » dans le titre ? Entendre dans le sens auditif ou de compréhension ? Un rapport avec la chanson ? Pourquoi « Humains » au pluriel ? Bref, ce titre : dissertation en 17 pages double interligne sur mon bureau, lundi matin 8h tapantes.
« Modifié: 09 février 2020 à 03:38:30 par Xeraphia »
CoCoWriMo, 50 565 / 50 000
Officially late A.F.

Show. Don't tell.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
  • **
  • Messages: 1 676
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #27 le: 28 février 2020 à 10:25:25 »
Coucou Loïc :)

Envoi 1

D'abord sur les détails:

Citer
« Euh. Oui, à peu près. SAUF QUE – je baissais
baissai ?

Citer
Ça m’allait bien : je passais une bonne partie de mes journées à l’extérieur et esquivai mes problèmes, à défaut de les régler.
esquivais ?

Citer
Leur mélange d’odeur de sueur et de sandwich emballé
je mettrais une virgule après odeur

Voilà, fin du premier envoi. J'ai trouvé que ça se lisait bien, et surtout que j'avais envie de continuer, ce qui est une des choses les plus importantes pour un début d'histoire. J'aime bien les passages où tu décris l'environnement de Louise, ça ne me gênerait pas d'en avoir même plus. Pour le moment, j'aime bien Louise et j'ai envie de découvrir avec elle cet inconnu.

Petite remarque que je crois qu'Alan a aussi faite : j'ai eu l'impression que certaines ellipses tombaient trop rapidement. Comme lui, je trouve que quand elle se retrouve dans ce lit inconnu, ça tombe un peu de nulle part, et elle s'en échappe d'ailleurs aussi très rapidement. J'aurais au moins voulu voir la tête de la personne. Aucun mal de tête ne t'empêche de voir avec qui t'as dormi, sauf si c'est une migraine qui te fait perdre la vision. Pareil aussi pour l'ellipse du début, quand elle quitte le clocher, et tout d'un coup se réveille chez elle. En soi, ça n'a pas gêné la fluidité du texte, ni mon intérêt, mais ça m'a surprise.

J'envoie déjà ça et me mets à la suite!



Envoi 2

Citer
La pleine lune s’installa
:D cette image me donne l'impression qu'il y a plusieurs lunes, des pleines et de pas pleines, et que là c'est la pleine lune qui vient d'arriver

Citer
Ils étaient peu nombreux dans la région,
ici j'ai eu l'impression que le pronom reprenait "loup-garou" et que donc, les loup-garous étaient peu nombreux.

Citer
Le félin en moi grattait à la porte de mon corps, me demandait de le laisser prendre le contrôle, ne serait-ce qu’une nuit.
Nue, j’ouvris la fenêtre. Velue, je sortais dans la nuit.
j'aime bien

Citer
La ville dormait
tu pourrais te passer de cette répétition de "ville" je pense, qui revient encore un peu plus bas (pis aussi je me questionne. N'habite-elle pas dans un village?)

Citer
Je la lui indiquai d’un signe de la tête
elle indique l'odeur d'un signe de la tête ? J'ai de la peine à comprendre comment c'est possible.

Citer
Le lendemain, je recevais une invitation à diner pour le samedi suivant.
J'imagine qu'il s'agit d'une invitation de Laurent ? Mais ne faudrait-il pas le spécifier ?

Citer
Voici Falkor, notre chien
   :coeur:
[close]

Citer
Je passais de Nayah
peut-être qu'on pourrait apprendre son prénom plus tôt, peut-être quand elles se rencontrent ?

Citer
Quand nous partîmes, en nous promettant de nous revoir bientôt après cette belle soirée, je me sentais idée
vidée ?

Fin de l'envoi 2. C'est toujours agréable à lire, j'ai l'impression que l'action se déroule en scènes, un peu comme au théâtre ou comme dans une série. Il y a le bar, chez elle, et puis à la fin, chez Laurent. Comme précédemment, ça ne me gênerait pas d'en apprendre plus sur ce qui se passe entre les ellipses, et sur son environnement. Par moment, je me dis que ça va presque trop vite, non pas parce qu'on n'a pas le temps de comprendre, mais parce que j'ai l'impression qu'on rate de nombreux détails qui m'intéresseraient (par exemple, qu'a-t-elle fait toute la nuit, transformée ? comment s'est de pouvoir se transformer, quelles sont les odeur de la forêt, que ressent-elle sous sa forme de lynx, etc.).

Je continue ma lecture.



Envoi 3

Citer
Mal, suggérait une petite voix dans ma tête que j’imaginais être celle d’un d’un diablotin
mot en trop

Citer
à ma faiblesse d’humaine
pourquoi faiblesse d'humaine, si elle est pas humaine ?

Citer
Il vit que j’avais compris, et le renard sourit avant de détaler.
et il sourit avant de détaler ? Plutôt que de reprendre "renard" ?

Citer
Je le regardai, tentant de l’encourager et de ne pas fixer son entrejambe.
:D

Citer
de te regarder rire, pleurer…
ça me surprend qu'il l'ait vue pleurer

Citer
Je l’interrompis en l’embrassant.
je trouve que ça va trop vite ici. Après toute cette attente, tous ses tourments, je trouve qu'elle l'embrasse trop vite, qu'elle devrait chercher à en savoir plus.

Citer
j’avais le cœur un peu plus léger
je trouve qu'ici, ça manque de détail. Le coeur plus léger ? Ne devrait-il être en train d'exploser ? Et peut-être en même temps, tourmenté parce qu'elle sait que son action engendrera de la douleur ?

Citer
Je chassai l’image de Nayah de mes pensées et embrassai Laurent
et l'embrassai ? Pas besoin de préciser que c'est Laurent je trouve

Citer
La bouteille descendit rapidement. Nous étions dans le canapé, l’un à côté de l’autre – nos jambes se touchaient, nos mains se frôlaient parfois en allant chercher le verre, et nous nous souriions alors comme deux adolescents – si proches… Nous restions prudents, cependant, comme s’il y avait encore un doute à avoir après l’autre soir, comme si notre présence, rien que tous les deux, ne disait pas tout. Nous discutions, en attendant, comme si de rien était, nous riions à mesure que le vin coulait, puis je lui pris la main et il se tut. Je chassai l’image de Nayah de mes pensées et embrassai Laurent ; un baiser chaud, teinté de l’acidité du vin blanc. Il se prolongea un moment, puis Laurent m’attira à lui.
« Attends. »
Je me dégageai sous son regard un peu perdu, lui souris pour le rassurer, repoussai la table et revins au canapé.
« Reprenons », je dis dans un souffle.
Cette fois-ci, nous ne nous arrêtâmes pas au baiser ; mais quand Laurent dut partir, un peu avant minuit, je me retrouvai avec les mêmes questions pour me torturer. Je me frottai les yeux et vidai la bouteille de vin. Seule dans mon lit, je ne parvins pas à dormir.
dans toute cette scène, j'ai l'impression que l'accent est beaucoup placé sur leur désir charnel (ce que je comprends) mais du coup je me demande s'ils ont aussi un autre désir, celui de se connaître, de découvrir une autre personne similaire, non-humaine ? (moi en tout cas j'aimerais découvrir le Faés, je ne sais toujours pas vraiment qui ils sont, sauf qu'ils peuvent changer de forme et qu'ils ont des sens exacerbés)

Citer
et des rencontres brèves et frustrantes avec Laurent
frustrantes parce qu'elles sont brèves, ou y a-t-il autre chose ?

Citer
comme ça malgré l’amour que je ressentais pour Laurent
pour le coup on en sait très peu sur cet amour, à part qu'il existe

Citer
et qui m’inquiéta un peu
ici aussi je suis surprise, vu tout ce qu'elle ressent, la présence inattendue de Nayah devrait la faire paniquer, non ?

Fin de l'envoi.

Mmh que dire. Je crois qu'ici je commence vraiment à ressentir que j'en aimerais plus, beaucoup plus. J'aimerais mieux ressentir ce que Louise ressent pour Laurent (parce que vu que je connais très mal Laurent, je ne peux pas le comprendre par moi-même), j'aimerais mieux ressentir ses tensions internes, son choc quand elle découvre que Laurent la désire également, les questions que ça déclenche, la manière dont se passent leurs entrevues, la culpabilité que ça suscite en même temps. Je crois que puisque tu ne donnes pas de détail sur ses sentiments vis-à-vis de Laurent, j'ai du mal à m'immerger dans le texte. Je le comprends en théorie, mais je n'arrive plus à m'immerger dans Louise, tout est plus superficiel j'ai l'impression, trop rapide, je lis les émotions qu'elle ressent, mais je ne les ressens plus avec elle.

Bon, la suite !



Envoi 4

Citer
Je lui jetais un regard rapide.
jetai

Citer
– J’ai plaqué Laurent. »
l'expression "plaqué" m'a surprise. J'ai l'impression que c'est un mot qu'on utilise pour des relations courtes, ou alors, que les adolescents utilisent, non ? Mais là, j'ai l'impression qu'ils étaient ensemble depuis un moment, Nayah et Laurent. Du coup j'aurais plutôt utilisé "quitter"

Citer
J’arrive, je lui écris rapidement, sèchement.
écrivis

Citer
Je me retrouvais dans le couloir que je connaissais si bien.
retrouvai ?

Citer
Je le trouvais affalé sur le canapé
trouvai

Citer
Je m’arrêtais au milieu de la pièce
m'arrêtai

Voilà, fini.

Bon, je vais essayer de faire un commentaire sur toute l'histoire.

Ce qui m'a plu :

– J'ai tout lu d'un coup, sans m'ennuyer
– L'atmosphère mi-réel, mi-fantaisie
– Le décor, surtout au début
– le thème de l'histoire
– L'écriture est fluide

Ce qui je trouve pourrait être amélioré :

– La psychologie de Louise. On est dans la tête de Louise, mais pourtant, on ne comprend pas tout. Son amour pour Laurent n'est jamais expliqué, et vu comment l'histoire tourne, ça donne l'impression qu'il n'a jamais existé, et pourtant elle en parle. Sa soudain attraction pour Nayah apparaît trop tard dans l'histoire, peut-être qu'elle devrait être amené depuis le moment de leur première rencontre.
– La psychologie de trois autres personnages. J'ai l'impression qu'ils sont trop superficiels. Par exemple, Paul pourrait être plus impatient envers son amie, surtout vers la fin, ou alors il pourrait chercher à mieux la comprendre, ou il pourrait s'énerver, ou il pourrait aussi parler de ses soucis à lui, de sa vie. On dirait qu'il est juste là pour qu'elle ne soit pas complètement seule mais sans qu'il soit vraiment une personne à part entière. Quant à Laurent, j'ai aussi été surprise de son soudain attachement à Louise, je ne l'avais pas du tout vu venir. Peut-être que quelques détails pourraient nous faire mieux comprendre ses sentiments ou son désir ? Pareil pour Nayah, rien ne nous donne à penser qu'elle ressente quoi que se soit de particulier pour Louise, jusqu'à la toute fin
– Des détails sur ce que c'est qu'être Faés. Pour le moment, j'ai l'impression que cette histoire pourrait se dérouler à peu près de la même manière, sans qu'on est besoin de se côté fantaisie. Alors à quoi sert-il ? Peut-être qu'il pourrait donner quelques traits particuliers aux Faés (en-dehors du fait qu'ils changent de forme), quelques types de personnalités peu communs, un désir sexuel différent, etc. Au début du texte, je pensais que ça allait prendre beaucoup plus de place, et je me réjouissais d'en découvrir plus sur cette espèce, mais au final, je n'ai rien découvert.

Voilà pour le moment, si je pense encore à des trucs, je repasse  :)

En tout cas, je ne me suis pas du tout ennuyée ni forcée à lire, je crois que c'est déjà une très bonne chose.
« Modifié: 28 février 2020 à 11:56:09 par derrierelemiroir »
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Quaedam

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 273
  • Critique de bon aloi
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #28 le: 10 mars 2020 à 22:36:36 »
Salut Loic  :coeur:
Tu m'as demandé de te faire mal, mais je ne sais pas si j'y suis arrivée. Tu me diras :D
Encore une fois, petite mise en garde, mes propos n'ont pas pour but d'être blessants ou volontairement méchants (quoique, parfois....). Je dis parfois des trucs à côté de la plaque donc tu es libre d'ignorer totalement ce que j'écris xD Sur ce!

Au fil du texte

Citer
Je me réceptionnai légèrement sur les pavés du parvis
Je serais passée à côté si Xera ne l'avait pas relevé. En fait, j'imaginais que ton personnage était sur une corniche à l'intérieur du clocher (parce que tu écris « dans le cocher ». Donc j'ai pensé que par parvis, tu voulais dire « le sol » (du clocher) et pas la place devant l'église. Pour moi, si Louise (que j'appelle la narratrice partout dans le reste du commentaire, parce que j'ai tout écris au fur et à mesure de ma lecture xD) saute, elle ne traverse pas les murs. A moins que ? xD

Citer
mon oreiller qui essayait de me retenir.
Oh joli !

Citer
à l’écart des rues principales du village, et donc prisé des locaux. La rue principale
Une répétition O.O Noooon

Citer
à l’écart des rues principales du village, et donc prisé des locaux. La rue principale bruissait. Les terrasses étaient sorties, et on s’activait pour apporter plats et boissons traditionnels aux tables pleines. Je ne m’y arrêtai pas et continuai ma route.
Je trouve ça un peu bizarre comme organisation, car je ne sais pas quel effet tu veux créer chez le lecteur. En effet : tu annonces à ton public que le personnage doit se rendre dans un endroit reculé. Tu décris les terrasses, mais on sait qu'elle trace sa route. Or, la narratrice précise qu'elle ne s'arrête pas. Du coup, je ne comprends pas quelle tension dramatique tu veux créer avec ces tables pleines de touristes. Est-ce que tu ne devrais pas supprimer ou rendre plus subtile cette première indication pour rendre le trajet de ton personnage un peu plus inattendu et fluide ?

Citer
y jouait à la belote
Meilleur jeu de cartes du monde.
Citer
La cour fraiche et ombragée du Hopfezopfer m’attendait.
[...] Le patron, en me voyant, me salua de la tête et m’indiqua l’arrière,
Tiens, tu recommences. Pourquoi donc ?

Citer
; je préférais me concentrer sur la douce chaleur du soleil sur mon épaule, la brise légère et le ronronnement indistinct des conversations autour de nous.
Cette description est toute légère mais elle fonctionne parfaitement bien. Un peu comme celle des terrasses dans la rue principale. A cela prêt qu'elle n'est pas visuelle, toute en sensations. Le personne pourrait avoir les yeux fermés ou ne pas regarder le paysage. J'adore.Tu as beaucoup de talent pour véhiculer une telle ambiance.

Citer
Le patron vint m’apporter ma pinte, nous trinquâmes et burent en silence. […] Il avait toujours été celui de nous deux qui supportait le moins le silence.
Une répétition que j'aime bien  :mrgreen:. C'est rare. Ca vient peut-être du rejet de mot « silence » en dernière partie de phrase, ou le fait que le passage commence avec le silence et se finit avec lui. Brefle, tout ça pour dire que j'aime beaucoup.

Citer
il était pas humain
OMG, mes attentes de lectrices crèvent le plafond.

Citer
nous n’étions que quelques Faés
OMG

Citer
Leur mélange d’odeur de sueur et de sandwich emballé, et leurs discussions toujours trop fortes étaient reconnaissables entre toutes et surnageaient au milieu des animaux qui m’entouraient et de la quiétude habituelle des prés.
Je suis vraiment pas fan de cette succession de « et ». Je ne sais pas si c'est intentionnel, mais je trouve ça un peu difficile à lire.

Citer
tous mes sens me prévinrent de l’approche de randonneurs
Je ne fis pas attention au groupe en approche
J'aurais dit que la narratrice se désintéresse des touristes. Parce que, comme tu insistes sur le fait que tous ses sens sont en éveil, et que tu décris pourquoi elle lui entend et renifle, finalement... le lecteur a été forcé de s'y intéressé. Et donc la narratrice aussi puisque c'est son point de vue qui décrit la scène au lecteur.

Citer
derrière moi […] rappelaient bien vite à moi, et une fois que le couple fut passé derrière moi, [...]Je me demandais ce qu’il avait ressenti de moi,
Répétition de « moi », pas très agréable.

Citer
Quand ils eurent disparu dans un repli du coteau, je donnai un coup rageur au poteau.
Jolie rime !

Citer
Luttant contre les coups de marteau
Un clin d'oeil volontaire au marteau qu'elle tenait dans sa main ? Je suis perplexe !

Citer
Je traversai l’appartement à pas de louve
Jolie. Je me demande si cela à un rapport avec les Faes ou si c'est une intention féministe ?:D

Citer
essayai malgré tout d’attraper des morceaux de la vie à travers laquelle je passais.
Roooh, joli <3

Tout ce passage du réveil m'a laissé un poil perplexe. J'ai l'impression que la narratrice oscille entre une sorte de compassion (elle tente de savoir avec qui elle a couché, en lisant les noms sur l'interphone, en regardant les détails de la maison...) et l'indifférence honteuse (elle hausse les épaules, s'enfuit le plus vite possible, sans faire de bruit...). Je dois dire que j'ai un peu de mal à cerner quel sentiment ou impression je dois avoir de ce passage. L'empathie avec le personnage principal s'affaiblit un peu puisque je ne comprends ni ce qu'elle fait ni pourquoi.
Citer
sans même essayer de savoir avec qui j’avais passé la nuit.
Un petit peu quand même.

Avis Global :
Je vois que tu as déjà eu pas mal de commentaires sur le chapitre 1, du coup j'espère que le mien ne sera pas trop redondant ou inutile.
Si tu veux que je m'arrête pas, tu peux me le signaler xD
J'ai beaucoup aimé ce premier chapitre, j'ai trouvé l'action très maîtrisée, bien racontée, les sentiments et la confusion de Louise très bien amenés. Brefle, je trouve l'univers pour ainsi dire très crédible. Tu as su créer des attentes au bon moment, sans trop insister dessus tout en dépeignant un paysage bucolique et une vie assez rustique.
J'apprécie assez le style que tu emplois, à part quelques maladresses (qui n'en sont peut-être pas, chacun ses goûts, personnellement je trouve Giono écrit comme un sabot xD) que j'ai relevé, rien ne m'a vraiment sorti de ma lecture. Merci pour ce moment, j'ai hâte de lire la suite O.O

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • ****
  • Messages: 8 258
  • Grand méchant loup
Re : Entends le lynx, le renard et les humains (complet)
« Réponse #29 le: 11 mars 2020 à 21:26:56 »
Horreur, un mois de retard  :facepalm:

Xeraphia
[close]

DLM
[close]

Quaedam
[close]

"It doesn't matter how your story begins. It's about who's with you at the end."
Killjoys

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.17 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.032 secondes avec 22 requêtes.