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07 décembre 2019 à 12:56:02

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Auteur Sujet: The Wandering Inn de Piratebea (Anglais => Français)  (Lu 2835 fois)

Hors ligne Maroti

  • Tabellion
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  • Traducteur de The Wanderin Inn par Piratebea
Re : The Wandering Inn de Piratebea (Anglais => Français)
« Réponse #15 le: 27 novembre 2019 à 16:49:26 »
1.13

« Hum, est-ce que je suis dans un magasin ? »

Toutes les personnes présentes dans la Guilde des Aventuriers de Liscor se tournèrent vers la voix. Des guerriers Drakéide endurcis, d’immense Gnolls et plusieurs personnes qui ressemblaient à des mages évaluèrent l’interlocutrice qui venait de rentrer dans la pièce.

Un petit humain, peut-être une femelle.

Leurs yeux s’éloignèrent, désintéressés. Le cœur d’Erin recommença à battre après une poignée de seconde, elle décida que ce n’était définitivement pas le magasin qu’elle recherchait.
« Ah, bonjour ? Par ici, nous pouvons vous aider. »

Une voix appela par-dessus les murmures. Elle vit une Drakéide verte clair lui faire signe depuis le comptoir. Elle était bien plus petite et avait des bras bien moins développés que ceux de Relc. Erin devina qu’elle était femelle, principalement par ce que la robe qu’elle portait avait mis la puce à l’oreille.   

Avec hésitation, Erin s’avança jusqu’au comptoir. La réceptionniste lui fit un sourire en gardant ses lèvres serrées.

« Bien le bonjour, Mademoiselle. Comment pouvons-nous vous aider aujourd’hui ? Avez –vous une prime ou une quête à déposer ? Ou est-ce que vous êtes là pour vous enregistrée ? »

« M’enregistrer ? Une quête ? Oh non, je ne suis pas là pour… Heu… Quoique ce soit. J’ai juste crût qu’il y aurait pu avoir un forgeron et j’ai… »

« Oh, je vois ! »

La réceptionniste lui sourit de nouveau, et cette fois Erin sourit en retour.

« Nous ne sommes pas un magasin, Mademoiselle. Vous êtes dans la Guilde des Aventuriers. Il n’y en avait pas une dans votre ville ? »

« La Guilde des Aventuriers ? »

Erin regarda la pièce, son intérêt renouvelé. Maintenant qu’elle n’était pas transpercée par des milliers de regards elle pouvait se permettre d’observer le bâtiment. Ce dernier était grand, Erin l’avait presque confondu pour une auberge ou un bar. Mais maintenant qu’elle savait ce qu’elle regardait, le fait qu’il y ait une réceptionniste derrière un comptoir avait plus de sens.

« Exactement.  C’est ici que vous pouvez informer la Guilde de la présence de dangereux monstres rodant près de votre habitation, déposé une quête et offrir une récompense, ou si vous êtes une aventurière, vous pouvez jeter une œil à requête ou recevoir votre récompense. »

La réceptionniste pointa du doigt un large panneau en bois cloué à un mur. Il était recouvert de nombreux parchemins collé au bois, et plusieurs grands et robustes aventuriers étaient rassemblés autour, discutant.

« Wouah. »

Erin étudia les aventuriers. Tous portaient une armure, même si la qualité et la quantité variait d’une personne à l’autre. La plupart des Drakéides semblaient se contenter de porter des brassards ou un occasionnel casque sans porter d’armure au niveau du torse, mais plusieurs des grands chien-hyène-trucs poilus portaient des cottes de maille, et l’un d’entre eux portait même une armure de plate.
Ce n’était pas tout, bien sûr. Certains aventuriers ne portaient pas d’armure du tout, et se paissaient aussi d’arme. Erin remarqua plusieurs Drakéides portant de légères robes et maniant des bâtons ou des dagues à leurs ceintures.

« De vrais mages. C’est trop cool. »

« … Mademoiselle ? Excusez-moi, Mademoiselle ? »

Erin se retourna et réalisa que la réceptionniste avait tenté d’attirer son attention depuis un certain temps.

« Oh, je suis vraiment désolé. Qu’est-ce que vous étiez en train de dire ? »

« Êtes-vous une voyageuse, Mademoiselle ? Ou peut-être… Une aventurière ? Est-ce que vous êtes là pour vous faire enregistrer ?»

Le regard que lui lança la Drakéide souligna le fait que ce n’était pas vraiment une possibilité.

« Oh non. Je… Heu… Je suis une aubergiste. Je suppose. Ou peut-être une voyageuse ? En fait, je suis juste nouvelle dans le coin. »

La réceptionniste semblait intéressée.

« Une aubergiste, vraiment ? Est-ce que vous ouvrez un business dans le coin ? Je suis Selys, au passage. »

Selys offrit sa main à Erin. C’était un geste tellement humain qu’Erin ne put que sourire en lui serrant la main. La sensation de toucher des écailles froides était étrange, mais pas désagréable.

« Je suis Erin, Erin Solstice. Et non, je ne.. hum… Suis pas une aubergiste. Du moins pas dans le coin. Je vis dans un bâtiment en dehors de la ville, je suppose. Je suis ici parce que j’ai besoin de faire du shopping. De manière urgente. »

Elle pointa du doigt ses vêtements tachés et déchirés.

« Et bien, je ne peux pas quitter mon comptoir mais je peux vous donner quelques directions. »

Selys sourit de nouveau.

« C’est vraiment rare de voir un Humain aussi loin de la côte. Votre espèce s’en tiens généralement aux villes. Qu’est-ce qui vous amène si loin ? Oh, et qu’est-ce que vous recherchez ? »

 « Hum. Un sort de téléportation. Et j’ai besoin d’ingrédients. Farine, huile, beurre, sel… Ce genre de trucs. Et j’ai besoin de vêtements, beaucoup de vêtements. »

« Bien, si vous cherchez de la nourriture et des fournitures générales vous pouvez essayer le marché  deux rues plus bas en partant d’ici. Pour vous y rendre il faut prendre à gauche en sortant et tourner à droite. Ils ont aussi des vêtements, mais je ne suis pas certaine qu’ils seront adaptés pour un Humain. »

« Oh, c’est parfait. Merci beaucoup. »

Erin avait déjà oublié les directions. Elle souhaitait avoir son téléphone, ou Google maps. Une carte aurait été inutile car elle ‘n’avait jamais appris à les lire.

« Je suis aussi à la recherche d’autre fourniture. Je suppose que vous ne savez pas ou est-ce que je pourrais… »

Une grande main poilue attrapa l’épaule d’Erin et la fit tourner sur elle-même.

« Huh ? »

Erin était en train de regarder un mur de pelage brun. Elle était certaine que ce mur ne se trouvait pas là il y a une minute. Elle leva la tête.

Le visage d’une hyène était baissé vers le sien. Ou plutôt, le visage d’une hyène sur un corps humanoïde recouvert de pelage. C’était l’un des aventuriers présents dans la Guilde et il ne semblait pas être content.

Mais il ne disait rien. Plutôt, il se contentait d’être intimidant. Erin savait qu’il était volontairement intimidant par le fait qu’elle se sentait comme une fourmi. Elle ne savait pas pourquoi il était en colère, surtout envers elle. Peut-être qu’il voulait juste embêter quelqu’un, elle ouvrit la bouche et tenta d’utiliser la diplomatie.

« Hum. Salut. Est-ce que… Est-ce que vous êtes un loup-garou ? »

C’était définitivement la mauvaise chose à dire. Le regard agacé de l’homme-hyène poilu s’assombrit, et il lui grogna dessus avec une voix grave qui sonnait comme… Et bien, comme la voix d’un chien qui pouvait parler.

« Est-ce que je ressemble à un loup-garou ? »

« N-non ? »

Erin recula d’un pas et trouva que le comptoir était juste derrière elle. Elle jeta un regard par-dessus son épaule et vit que Selys la regardait avec inquiétude, mais la réceptionniste ne l’aida pas.
Le non loup-garou se pencha vers elle et lui grogna au visage.

« Je suis un Gnoll »

Son haleine était épouvantable. Erin sentit ses genoux trembler rien qu’en la sentant.

« D’accord. Je suis vraiment désolé pour ça. Hum. Je peux vous aider ? »

« Tu es dans mon chemin. »

« D’accord. Désolé. Désolé pour ça. »

Erin se décala d’un pas pour lui laisser accès à Selys. Mais il n’avança pas, au contraire, il continua de la regarder.

« Est… Est-ce que vous voulez autre chose ? »

Le Gnoll bougea son cou et fit craquer sa nuque dans un bruit proche du pétard qui explose, terrorisant Erin.

« Je n’aime pas les Humains. Ils puent. »

Erin tenta de s’éloigner, mais le Gnoll colérique continua de la suivre. Elle savait qu’elle était observée par les autres aventuriers présents dans la pièce. Mais comme Selys, ils semblaient se contenter de regard l’humain se faire harceler sans intervenir.

« V-vraiment ? Je ne sens rien. »

« C’est parce que les Humains ne peuvent rien sentir. »

Le commentaire venait de derrière Erin mais elle était trop terrifiée pour se retourner. Celui qui avait dit ça avait le même grognement dans sa voix, dans c’était surement un autre Gnoll.

« D’accord. Et bien. Désolé pour ça. »

Erin tenta de contourner le Gnoll mais il lui bloqua le chemin.

« Je ne veux pas d’humain ici. Tu n’as pas ta place ici. »

« Un instant. »

Selys décida enfin d’aider Erin. La Drakéide se pencha par-dessus le comptoir et s’adressa au Gnoll.
« Vous ne pouvez pas jeter quelqu’un dehors simp… »

Il la regarda et grogna. Selys sursauta et se tût.

A travers la pièce Erin vit les Drakéides s’agiter. L’un d’entre eux siffla doucement.

Le Gnoll regarda les Drakéides et ils lui rendirent son regard. L’une de ses mains se dirigea vers l’épée à sa taille, mais il ne fit pas de signe qu’il s’apprêtait à la prendre. Cependant, la tension était tellement palpable qu’elle était certaine que si le Gnoll et le Drakéide bougeaient la pièce allait exploser.
Erin se demanda si elle devait essayer de doubler le Gnoll lorsque ce dernier quitta son duel visuel se retourna vers elle.

« Toi. Tu pollues cet endroit avec de la terre et de la saleté. Je peux sentir les choses dans lesquels tu t’es roulé. »

Il pointa d’une griffe le t-shirt taché d’Erin, et elle sursauta nerveusement à la vue de l’ongle sale et long.

« Oh. Oui. Hum. Je suis vraiment désolé pour ça. C’est que j’ai dû me défendre et je n’avais pas de rechange donc… »

Le Gnoll se pencha vers elle. Erin pouvait voir les différentes vibrisses sortant de son museau. Elle pouvait sentir son haleine nauséabonde. Mais elle était principalement concentrée sur ses dents pointues.

« Vas-t’en »

Erin hésita, elle lança un regard vers Selys, mais la réceptionniste n’osait pas croiser son regard.

Le Gnoll grogna et Erin recula. Il la guida vers la porte et une fois qu’elle était dehors, il claqua la porte derrière elle.

C’était le premier bâtiment dont Erin fut expulsé lors de sa visite de la ville. Il n’allait pas être le dernier.

 
***

Erin marcha à travers la ville, sentant le soleil oppressant à l’arrière de sa nuque. Elle était en bouillonnante, en sueur, et fatiguée. Mais par-dessus tout elle était anxieuse. C’était une terrible douleur aiguë dans son estomac qui refusait de la quitter même lorsqu’elle essayait de se relaxer. Principalement car elle ne pouvait pas se relaxer.

Elle était perdue, géographiquement et dans les autres sens du terme. Cependant, Erin se devait de continuer d’avancer ou elle allait se rendre encore plus visible. Elle était en train d’essayer de se rendre au marché dont Selys lui avait parlé, et elle était perdue.

Il était étrange de marcher à travers la ville. D’un côté, la ville ressemblait presque à quelque chose construit par des humains. Les bâtiments étaient toujours des bâtiments, faits de pierre et de bois. Les rues étaient en terre, mais en terre dure, et certains endroits étaient pavés. La ville n’avait pas l’air d’être si mal, il était vrai qu’il y avait plus de rondeur dans l’architecture des bâtiments, il y avait beaucoup plus de toits ouverts ou légèrement en pente à la place des habituels bâtiments angulaires dont Erin avait l’habitude. Ce qui la dépaysait vraiment, c’était les gens.

Ils n’étaient pas humains. Peut-être importe compte de temps Erin passait dans les rues et dans la ville, elle n’arrivait pas à assimiler ce fait. Tous les visages présents dans la foule étaient inhumain, et la majorité d’entre eux étaient des Drakéides. Il y avait un Gnoll de temps à en temps, ou un autre faciès recouvert de fourrure, mais ils étaient principalement reptiliens.

Tous les types reptiles étaient présents. Des museaux longs, de délicates pointes sur le cou, des cous allongés, de grands yeux, des yeux étroits, des museaux aplatis. Par contre, ils avaient tous de grandes dents. Il était très rare qu’Erin aperçoivent un homme-fourmi, ou une femme-fourmi elle ne savait pas faire la différence, marcher dans les rues.

Elle souhaitait que tout le monde arrête de la regarder. C’était l’une des choses qui faisait que marcher dans la ville était si compliqué. Alors qu’elle regardait les lieux exotiques et les gens plus exotiques encore, ils la regardaient en retour, et ils semblaient qu’ils n’aimaient pas ce qu’il voyait.
Erin tenta de marcher rapidement le long de la rue. Comme ça elle allait éviter d’offenser quelqu’un d’autre. Elle n’avait pas eu beaucoup de succès pour le moment.

« Expulser de trois magasins, et de deux maisons. »

Pour être franche, certaines d’entre elles ressemblaient à des magasins. Pourquoi personnes installaient des panneaux passait par-dessus la tête d’Erin.

« En fait, il y a des signes. C’est juste que je n’arrive pas à les lire. »

C’était quelque chose de drôle. Erin pouvait parler le même langage que Relc et Klbkch, mais pour une raison quelconque elle ne pouvait pas lire ce qu’ils écrivaient. C’était probablement à cause de la… Magie.

« La magie. C’est ça, ou ils sont tous bilingues. Ou trilingue. Ou quelque chose du genre. »

Un Drakéide marchant dans la direction opposée de la rue lui lança un regard curieux et Erin se tût. Son tic de se parler à elle-même la rendait plus étrange que d’habitude.

Cependant, cela n’était pas suffisant pour expliquer pourquoi l’intégralité de la ville semblait la haïr. Il était vrai qu’elle continuait de rentrer dans différents endroits en se demandant ou elle était mais c’était… Bon d’accord, elle pouvait comprendre pourquoi les gens n’aimaient pas ça. Mais elle recevait le même traitement dans la rue.

« Bouge de là, Humain. »

« Hors de mon chemin, peau lisse. »

« Fait attention, sac à viande. »

En fait, personne ne l’avait insulté en utilisant ce terme, ni le terme qui l’avait précédé, voir le troisième terme. Ils ne lui adressaient pas la parole, presque la totalité des Drakéides se contentaient de l’observer alors que les Gnolls et les autres personnes poilues marchaient le plus loin possible d’elle.
Mais tous étaient constamment en train de l’observer.

Certains la regardaient depuis le coin de l’œil. D’autres étaient moins discrets et la regardaient sans broncher. Erin vit quelques petits enfant-lézards pointant du doigt vers elle et elle sentit qu’elle n’était pas à sa place. Dans une mer d’écailles et de pelage, elle était la seule humaine. Elle se sentait tellement seule qu’elle en avait mal.

Erin tourna à droite et se trouva sur un autre type de rue, cette dernière était plus large, pavée, et avait des étals de bois. C’était un marché.

« Enfin. »

Erin soupira de soulagement et s’avança. Elle avait finalement atteint sa destination et cela lui avait seulement prit une heure… Ou deux.

Sa chance lui souriait, Erin semblait avoir trouvé la session qui vendait de la nourriture. Des dizaines de marchands se tenaient, assis ou debout, derrière leurs étals ombragés présentant des paniers remplis de nourriture. D’un côté il y avait un Drakéide qui vendait d’étranges plantes aux feuilles bleues qui ressemblait à une carotte blanche trop grosse… Ou un asticot mort. Il y avait un autre Drakéide qui coupait de la viande en attendant un client alors que les mouches volaient autour de son étal, et il y avait aussi…

Un Gnoll.

Erin passa devant un étal plus grand que les autres, tenu par un grand Gnoll, même si tous les Gnolls étaient grands à ses yeux. Celui-ci semblait vendre beaucoup de choses, et pas que de la nourriture. Erin fut tenté par l’idée de s’arrêter et de jeter un œil, mais le fait que le marchand était un Gnoll
compliquait les choses. Elle était toujours en train d’hésiter quand le Gnoll l’aperçut et cria par-dessus le brouhaha général.

« Toi, Humain ! Si tu cherches à marchander, viens par ici ! »

Le cœur d’Erin fit un bond. Les Gnolls étaient, comme Relc, bruyants, et sa voix venait de faire tourner tous les regards en direction d’Erin. Elle hésita, avant de s’approcher.

Alors qu’elle s’approchait le museau du Gnoll se plissa et elle agita sa patte devant son visage. Le cœur d’Erin s’assombrit, mais le Gnoll ne fit pas de commentaire.

« Et bien, qu’est-ce que tu cherches ? »

Le Gnoll regarda attentivement Erin. Elle semblait être en colère, ou peut-être que les Gnolls semblaient toujours être brusques et impatients.

« Oh hum. Je ne fais que regarder. »

Erin s’éloigna légèrement de l’étal du Gnoll, elle ne voulait pas se faire chasser du marché.

« Hrmf, fait comme bon te semble. »

Le Gnoll détourna le regarda. Il était définitivement agacé désormais, même s’il ne l’avait pas été auparavant. Erin recula et regarda vers l’étal suivant.

Celui-ci semblait être tout aussi prometteur, et mieux encore, un Drakéide s’en occupait.  Il était vrai que ce n’était pas véritablement une amélioration mais au moins il  ne plissait pas le nez à son approche. Peut-être parce qu’il ne la regardait même pas.

Erin s’approcha de l’étal avec attention et regarda les nombreux articles présentés. Voyons voir, il y avait beaucoup de sac soigneusement plié, et devant ces derniers se trouvait de petits seaux présentant ce qui était dans le sac. C’était bien, puisque Erin ne pouvait pas lire ce qui était écrit sur les panneaux.

Juste là ! Elle vit de la farine, du sel, et même du sucre sur l’étal avec d’autres ingrédients séchés. Le Drakéide vendait des saucisses sèches qui pendaient sur des crochets installés au plafond de son étal, des oignons secs et de l’ail, ainsi que de nombreuses racines séchées et d’épices qui se trouvaient dans un autre coin du magasin.

« Bonjour. Est-ce que ce magasin vend de la nourriture ? »

Le Drakéide tourna son regard vers elle.

« D'après toi, Humain. »

Erin grimaça intérieurement au ton de sa voix. Mais il n’était pas en train de plisser le nez et de la regarder, il semblait juste ennuyé.

« Oh, je suis à la recherche de nourriture. Beaucoup de nourriture. »

Elle entendit un bruyant et énervé reniflement provenant du marchand Gnoll. Elle grimaça extérieurement cette fois.

« Ce que je vends est ce que tu vois.»

Le Drakéide pointa ses articles d’un mouvement d’une de ses griffes. Cela semblait être une invitation pour Erin, donc elle entra dans l’étal et regarda autour d’elle. La farine était ce qui l’intéressait le plus, ainsi qu’un peu d’huile, de seul, etc. Avec ça, elle pouvait faire du pain, des pâtes, et plein d’autre chose nourrissante. C’était le meilleur endroit ou commencer, elle se pencha pour examiner la farine…

« Interdiction de toucher la marchandise avec tes mains crasseuses à moins que tu achètes ! »

La voix du Drakéide fit sursauter Erin, et elle s’éloigna brusquement de la farine. Elle arriva à se rattraper avant de tomber en arrière. Il était en train de la regarder.

« Ne touche à rien. Tu vas répandre ta puanteur d’humain sur la marchandise. »

« Désolé. Désolé. »

Erin recula des articles présentés, les mains en l’air. Elle devinait qu’elle devait vraiment sentir.
Le marchand dirigea la totalité de son agressive attention vers elle.

« Qu’est-ce que tu veux ? Nommes-le et j’irai le chercher pour toi. »

« Oh, d’accord. »

Erin pataugea dans sa phrase.

« Hum. Je suis à la recherche d’une poignée de choses. Est-ce que vous avez du beurre ? »

« C’est marqué sur le panneau. »

Le Drakéide tapa le petit bout de papier épinglé à un présentoir. Erin le regarda avec désespoir, mais tout ce qu’elle pouvait voir était quelques gribouillages accompagnés de lignes qui n’étaient pas au bon endroit.

« Hum. Je ne peux pas lire ça. Désolé. »

Il siffla, agacé, Erin grimaça de nouveau.

« Mais j’aimerai en avoir un peu. Un peu de beurre. »

Il se leva lentement et se retourna à contrecœur avant de sortir une petite jarre avec un couvercle en liège.

« Oh, super. »

Erin ne savait pas si elle pouvait demander de voir combien de beurre il y avait dans la casserole. Elle aurait aimé pouvoir la tenir pour se faire une idée, mais l’expression du marchand était suffisante pour savoir qu’il allait rejeter cette idée.

« Et, heu, j’aimerai aussi un peu d’huile. Est-ce que vous avez une autre jarre ? »

Le Drakéide soupira longuement, agacé.

« Je n’ai pas toute la journée pour jouer avec toi, Humain. Dit moi ce que tu veux acheter. »

« D’accord. »

Il n’était pas en train de lui jeter des trucs ou de la chasser, donc c’était le mieux que Erin allait trouver. Elle prit une grande inspiration et laissa échapper les premières choses qui lui revenaient à l’esprit en pensant à ce dont elle avait besoin.

« Je suis à la recherche de farine, de sel, de beurre, d’huile et de sucre. Oh ! Et de la levure. J’ai besoin de levure, si vous en avez. »

Le Drakéide ne bougea pas.

« Autre chose ? »

Erin regarda autour d’elle rapidement.

« Hum. Ses saucisses. Combien coûte telles ? »

Erin pointa les saucisses pendant depuis un crochet du doigt. Elles avaient l’air appétissant et juteux. Elle avait comme idée de les faire frire et les manger avec des pâtes, l’idée était suffisante pour faire gargouiller son estomac. 

Les yeux du Drakéide se dirigèrent vers les saucisses.

« Combien ? »

Erin fouilla sa poche et sortit quelques précieuses pièces. Elle vit les yeux du Drakéide s’agrandir pendant un court instant alors qu’elle lui montra le mélange d’argent, de bronze et des trois pièces d’or.

« Et bien, si j’ai assez j’aimerai en acheter quelques unes, et quelques oignons. »

Il n’y avait pas beaucoup de légume ici. Seulement un peu d’ail et des racines ridée dans un panier. Mais elle pouvait toujours aller demander au Gnoll, enfin, peut-être pas au Gnoll, mais à un autre étal pour voir ce qu’ils vendaient.

Le Drakéide observa les pièces dans sa main et releva les yeux vers elle. Erin avait l’impression de se faire évaluer, et elle n’aimait pas le sentiment. Elle était une cliente qui allait payer et il semblait toujours être en colère pour une quelconque raison.

Enfin, le marchand arriva à sa décision. Il tira sa langue fourchue et la regarda.

« Trois pièces d’or. Huit pièces d’argent. Avec ça tu peux acheter un sac de farine, d’huile, de beurre, quatre saucisses, deux oignons, un sac de sucre, du sel et de la levure. »

Erin hésita. Elle regarda de nouveau les symboles incompréhensibles sur les petites plaques.

« Est… Est-ce que c’est vraiment le prix ? Je veux dire, ça semble être beaucoup et… »

« Est-ce que tu me traites de menteur ? »

 Le Drakéide haussa sa voix, colérique. Erin pouvait voir les autres clients et marchand regardé autour d’eux.

« Typique d’un Humain. Rentrant ici, empestant le marché, insultant chaque non-Humain que tu trouves. Tu devrais être reconnaissante que la Garde ne t’expulse pas de la ville ! Premièrement ce fichu Nécromancien arrive, et maintenant c’est un Humain puant qui ne peut même pas lire. »

Il semblait gonfler de rage. Erin ne savait pas ce qu’elle lui avait fait, à part l’odeur, elle avait tenté d’être diplomatique.

« Ecoutez, je ne faisais que demander le prix. »

« Je t’ai donné mon prix. Tu le prends ou tu sors. »

« Mais nous pouvons négocier ? Je veux, pourquoi pas deux pièces d’or ? Quel est le prix de la farine ? Si je vous paye… »

Le marchand Drakéide laissa échapper un sifflement étranglé.

« Humain, j’ai un commerce à faire tourner et des clients à m’occuper ! Soit tu payes mon prix, soit tu t’en vas. Tu ne trouveras pas mieux sur ce marché. »

Regardant autour d’elle Erin devina que c’était la vérité. Elle était en train de recevoir des regards hostiles depuis les autres marchants présents sur la rue, surtout le Gnoll dont elle avait ignoré la marchandise.

« D’accord. Je vais tout acheter. »

Elle plaça l’or et l’argent sur le comptoir vu qu’il ne tendait pas la main. Il regarda les pièces, renifla, et s’en empara.

« Tiens. Ta nourriture. Prends-là. »

Le marchand commença à  attraper des articles et les posa lourdement sur le comptoir. Il les rassembla en une pile désorganisée et jeta quelques vieilles pièces de cuivre. Certains roulèrent sur le sol.

Erin hésita mais le marchand avait déjà tourné son dos écailleux. Elle entendit ce qui semblait être des rires sifflant et des commentaires murmurés dans son dos et le rouge lui monta aux joues.

Lentement, Erin s’abaissa et commença à ramasser les pièces de cuivres qui se trouvaient par terre. Elle essaya d’éviter de regarder quoi que ce soit.

Quand elle se releva enfin, le marchand la regardait sans expression. Il pointa une griffe vers elle.
« Si tu as fini de traîner dans la boue, j’ai d’autre client à servir. »

Erin savait que son visage était écarlate. Ses yeux la piquaient, mais elle était déterminée sur la dernière chose qui lui restait à faire. Elle prit une grande inspiration, et tenta de calmer sa voix tremblante. Malgré ses efforts, sa voix chavira légèrement alors qu’elle demanda une dernière chose.

« … Est-ce que je peux avoir un sac ? » 

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Re : The Wandering Inn de Piratebea (Anglais => Français)
« Réponse #16 le: 30 novembre 2019 à 21:43:19 »
1.14

Quatre pièces d’argent, c’est ce qu’il restait à Erin après avoir acheté un grand sac et ses articles. C’était assez pour… Elle ne savait pas vraiment. Mais ce n’était certainement pas assez pour acheter une lanterne, et encore moins une épée. Elle doutait que c’était suffisant pour s’acheter des vêtements.
Elle s’assit à l’ombre d’un des bâtiments et regarda les quatre formes argentées reposant dans sa paume. Ce n’était pas si terrible, il lui restait encore un peu d’argent, et elle avait acheté assez de nourriture, c’était juste que…

Elle avait commencé la journée avec deux pièces d’or et une poignée de pièces d’argent et de bronze, et un instant avait suffi pour qu’elles disparaissent. Ce n’était pas si terrible, elle avait acheté de quoi se nourrir. Des trucs comme du sucre était coûteux, pas vrai ? Encore plus vu que ce monde n’était pas moderne, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il y avait erreur.

Elle n’avait pas vu les autres clients acheté leurs produits avec des pièces d’or, pas un seul, et surtout pas pour de la nourriture. Elle avait un mauvais arrière-gout dans le creux de son estomac, elle pensait…

Non. Elle savait qu’elle s’était fait arnaquer.

Et c’était douloureux, vraiment douloureux. Erin voulait faire demi-tour et cogner sur le visage du  marchand Drakéide, mais elle avait une bonne idée de ce qui allait se passer si elle le faisait. De plus, il pouvait probablement lui manger le visage si elle essayait de le frapper.

Donc, Erin resta assis à regarder sa paume. Quatre pièces d’argent.

Elle pouvait continuer de faire ses courses cet argent. Elle pouvait trouver un autre marché, trouver un autre étal et…

Et puis quoi ? Elle ne savait pas combien les choses coûtaient et elle n’avait aucune idée de comment acheter des vêtements à sa taille.

Tout le monde dans la ville portait des vêtements, mais leurs définitions variaient. Certains mâles Drakéides portaient des vêtements hauts en couleur, certains portaient des vêtements très exposants, gardant leurs torses nus à l’exception d’un léger manteau, alors que les femelles étaient généralement plus vêtues. Mais même cela variait parce qu’il semblait que montrer sa peau, ou plutôt ses écailles dans ce cas, était la mode. Seul les Gnolls semblaient adhérer à un code vestimentaire proche de celui des humains.

C’était l’une des vérités cachées de ce monde. L’argent était inutile si tu n’avais aucune idée de comment le dépenser et que tout le monde t’arnaquaient.

Tout serait plus simple si elle savait comment lire, est-ce que c’était trop demander ?

Erin mit sa tête entre ses mains et ferma les yeux quelques instants. Sa tête se releva brusquement et elle manqua de se cogner contre le bâtiment derrière elle alors qu’elle réalisa quelque chose.
Elle ne savait pas lire, mais elle connaissait des gens qui pouvaient le faire à sa place.

Relc. Ou Klbkch. Les deux étaient capables de lui dire tout ce qu’il fallait savoir sur le prix des vêtements, l’argent, et les autres trucs du genre.

Erin se releva avant de remettre les quatre pièces d’argent dans sa poche en souhaitant qu’elle avait pensé à ça avant de perdre tout son argent. Mais peut-être que quatre pièces d’argent était plus que prévu ? Elle devait demander, et ils allaient l’aider, normalement. Parce que c’était ce que les gardes faisaient, pas vrai ? Comme les policiers étaient sensés aider les gens qui allaient à leurs rencontres avec un problème.

Erin abandonna cette idée, les Gardes n’étaient pas des policiers. Ils avaient le droit de tuer dans gens sans procédure, mais d’un autre côté, Relc aimait ses pâtes. Tout ce qui lui restait à faire était de trouver la baraque des gardes sans savoir lire les signes.

Elle commença à marcher le long de la rue, cherchant un endroit ressemblant à une prison ou un tribunal. Elle fit son possible pour ne pas penser à ce qui allait arriver si Relc ou Klbkch n’étaient pas en service.

***

Relc n’était pas en service, tout comme Klbkch. Mais pour le moment Relc passait le temps dans la cantine de la baraque des gardes. Il était en train de jouer un jeu consistant à lancer une dague acérée en l’air et de la rattraper avant qu’elle ne touche le sol. Il attrapait la dague une fois sur deux, l’autre fois elle tombait au sol ou il l’envoyait voler par inadvertance. Il était assis dans un coin vide de la salle, car tout le monde avait décidé de s’éloigner.

Seulement quelques Drakéides étaient assis sur de longs bancs en bois, dévorant du pain dur, du fromage, et des morceaux de viandes difficile à identifier, enfin, difficile à identifier pour un humain, car la viande était plus grise que rouge.

L’un des gardes était en train de parler avec l’un de ses camarades, il se leva et approcha Relc avec précaution. Contrairement à Relc, ses écailles étaient d’un bleu très pale, et il était plus petit que les autres Drakéides. Il s’éclaircit la gorge tout en restant à une respectable distance du jeu de Relc.

« Hey Relc. J’ai entendit dire qu’il y avait un Humain qui faisait un tour en ville. »

Relc regarda en l’air et rata la dague lors de sa descente.

« Aie. »

L’autre garde soupira alors que Relc commença à sucer le point rouge qui commençait à faire couler du sang entre ses écailles.

« Tu n’as aucun talent pour ce jeu. Si tu n’avais pas [Peau Epaisse], tu te serais coupé la main il y a un an de cela. »

Relc sourit avec suffisance.

« Je n’ai pas que [Peau Épaisse]. J’ai aussi [Peau d’Acier]. »

Le Drakéide bleu leva les yeux au ciel.

 « Ceci explique cela. A quel niveau tu obtiens cette compétence ? Personne d’autre ne l’a donc c’est surement une compétence de haut niveau. »

« Ouaip. »

Relc commença à tailler ses griffes avec la dague, même si dans son cas, la dague ne coupait pas les griffes, elle les rendait plus aiguisées.

« C’est la dernière compétence que j’ai obtenu dans ma classe de [Soldat]. Je pense que tu peux l’avoir en devenant un [Maitre Lancier], mais je ne sais pas vraiment. Dans tous les cas, ça me sauve la vie. »

« Je parie. Pas étonnant que tu ne t’inquiètes pas te de faire mal, espèce de bâtard aux écailles lisses. »

« Ooh, soit pas jaloux. »

Relc nettoya les bouts d’ongle en les balayant de la table.

« Dommage que je n’ai jamais eu de compétence de dague. Je n’arrive pas à comprendre comment lancer cette stupide dague. »

« Alors arrête de la lancer. C’est agaçant et tu continus de presque poignarder les gens avec. Tu te souviens de Lism ? Il a encore des cicatrices. »

« Non. Si Klbkch peut le faire, moi aussi je peux le faire. Tout ce que ce fichu insecte peut faire, je peux le faire en mieux. Mais, qu’est-ce que tu disais à propos d’un Humain ? Est-ce que c’est la femelle dont je t’ai parlé ? »

« Je n’en suis pas certain. »

Cette fois un autre Drakéide vert se mêla la conversation.

« Belsc, le gars à la porte ouest, il a dit que c’était une femelle Humaine mais sans plus. Comment s’appelait celle que tu as rencontrée, déjà ? »

Relc se gratta la tête en regardant le plafond.

« Hum… Sol ? Solace ? Quelque chose du genre. Ervin Solace ? Est-ce qu’il a mentionné quelque chose d’autre à son sujet ? »

Le Drakéide vert montra ses dents.

« Ouais. Il a dit qu’elle était vraiment agaçante, et qu’elle parlait trop. »

« C’est elle. »

Relc laissa échapper un rire, l’autre Drakéide secoua la tête.

« Les Humains. Je ne sais même pas pourquoi tu t’intéresses à celui-là. Ce n’est certainement pas pour l’odeur, d’après Belsc. »

« Ouais, mais tu t’y habitues. » 

Relc se pencha dans sa chaise et continua de jouer avec la dague.

« De plus, elle est intéressante. Erin, ou je sais plus son nom. Elle fait une super assiette de pâtes, et laisse-moi te dire, elle est plus solide qu’il n’y parait. Je ne pensais pas qu’un Humain pouvait survivre dans les Plaines Inondées aussi longtemps. En plus elle est drôle. »

Il fit un sourire en coin alors que les autres gardes firent des bruits désobligeants.

« Hey, je dis la vérité. Petite Miss Humaine n’est pas si terrible. Vous devriez la rencontrer, mais laissez-moi vous dire qu’elle peut aussi être très agaçante. Vous vous souvenez de ce Nécromancien dont je vous ai parlé et que Klbklc et moi avons pourchassé ? Elle ne voulait pas qu’on le tue même après nous avoir canardés avec ses sorts. Elle continuait de dire qu’il n’était pas si méchant. »

« Stupides Humains. »

« Je sais ! »

Relc hocha la tête de manière enthousiaste avec l’autre garde.

« Ils sont intéressants et amusants, mais ils n’ont pas grand-chose dans la tête en chair. Je ne ferai jamais confiance à un Humain pour prendre une décision intelligente, pas vrai ? »

Relc regarda autour de lui et les autres Drakéide riaient avec lui. Il ria bruyamment jusqu’au moment où il vit la femme humaine qui le regardait depuis l’autre bout de la cantine. Son rire s’arrêta net.

« Oh. »

Les autres Drakéides regardèrent curieusement la femelle humaine. Elle n’était pas si spéciale pour eux, un humain n’était pas différent d’un autre. Elle était en train de regarder Relc, qui semblait extrêmement inconfortable.

Il racla sa gorge.

« Hum. Je… »

Erin claqua la porte en sortant.

Un mauvais silence s’empara de la cantine, et Relc regarda les autres Drakéides.

« Ça fait combien de temps qu’elle est là ? »

Le Drakéide bleu haussa les épaules.

« Sais pas. Elle est probablement rentrée pendant que tu parlais. »

« Oh, bon sang. »

Relc bondit de sa chaise.

« Hey Mademoiselle Humaine ! Attends ! Je ne voulais pas dire ça ! »

Les autres Drakéides le regardèrent courir hors de la pièce, avant de retourner à leur conversation.
« Donc, quand est-ce que tu l’as vu rentrer ? »

« Dès le début, vous avez vu la tête qu’elle faisait ? Ça ne va pas être facile pour Relc d’expliquer ses propos. »

 « Bien fait pour lui. Mais l’avez-vous sentit ? »

« Ouais. Les Humains. Ils ne se lavent pas. »

« J’ai entendu dire qu’ils se roulaient dans leurs propres déchets. »

« Répugnant. Pourquoi Relc s’intéresse à celle-là en plus ? »

« D’après toi ? »

« Je ne comprends pas. Il n’y a pas d’écailles, rien de ferme à attraper. C’est quoi l’intérêt ? »

« Je ne sais pas. Peut-être que c’est juste Relc. Il est bizarre comme ça. »

« C’est vrai. »

« Dans tous les cas, les Humains. Ça fait un bail que je n’en avais pas vu. Vous avez vu ça ? Tellement charnu. »

« Dégoûtant. Oublions tout ça et allons manger un steak. »

« Bonne idée. »

***

Erin quitta la ville et marcha à travers la prairie le plus vite possible, ce qui n’était pas très vite. Le sac en jute qu’elle portait était plus comme une sacoche, et il était rempli à ras-bord. Elle était impressionnée par le fait que ce dernier pouvait supporter les sacs de farine sans se briser, mais cela voulait aussi dire qu’elle devait tout porter sur ses épaules.

Un sac de farine était lourd, mais Erin le porta quand même, ignora la douleur dans son épaule droite alors que son épaule gauche était déjà engourdie. Elle avait dû changer d’épaule car la douleur devenait insupportable.

« Hey ! Mademoiselle Erin ! Attends ! »

Erin continua de marcher.

« Mais Attends ! S’il te plait ? »

Relc apparu à ses côtés en un instant, il était rapide pour un type de sa carrure. Erin tourna la tête pour ne pas le regarder directement.

« Donc, comment mon Humain préféré va ? Bien ? Pas bien ? Hum. Je, heu, suppose que tu attendus ce que j’ai dit. C’était une blague, juré. Je ne voulais pas… »

Continuer de marcher. Les pieds d’Erin étaient endoloris, mais elle continua de poser un pied devant l’autre. Elle avait de la route à faire jusqu’à son auberge, et le sac qu’elle portait était lourd.

« Ecoutes, je sais que j’étais un peu… D’accord, j’ai été malpoli, mais on peut en parler. Bonjour ? Est-ce que tu m’écoutes ? »

Erin ne le regarda pas et refusa de lui parler, elle continua de marcher. Un pied devant l’autre. Elle était tellement fatiguée et endolorie qu’elle pouvait presque en oublier sa faim.

***

Éventuellement, il s’en alla, mais Erin continua de marcher. Elle voulait rentrer à son auberge avant le coucher du soleil, mais ça allait être un peu juste.

Elle était à mi-chemin lorsque la première pierre passa au-dessus de sa tête, Erin se baissa instinctivement et les deux pierres suivantes la ratèrent et terminèrent leurs vols dans l’herbe. Elle regarda autour d’elle.

Au début, elle n’arrivait pas à trouver la provenance des pierres, deux d’entre elles la manquèrent, mais la troisième la toucha dans son épaule.

« Aie. Aie ! »

Erin trouva l’origine de la pierre, c’était un Gobelin. La petite créature était difficile à repérer dans le soleil couchant. Il se tenait en haut d’une colline et jetait des cailloux vers Erin, et il n’était pas seul.
Deux autres gobelins hurlèrent et jetèrent des pierres depuis le haut de la colline, la faisant reculer et couvrir sa tête avec le sac, mais ils commencèrent à viser ses jambes.

« Ah. Aie. »

Elle couvrit sa tête avec ses bras, mais les pierres continuèrent de s’abattre, et elles étaient douloureuses. Même à cette distance les pierres coupaient ses bras et créaient des bleus sur sa chair. Elle pouvait déjà sentir du sang couler le long d’un de ses bras.

Erin s’agenouilla au sol et protégea sa tête avec son sac, cela faisait qu’elle était plus difficile à toucher, mais le barrage de pierre continua de s’abattre. Ce n’était pas comme si les Gobelins pouvaient vraiment la blesser, pas tant qu’ils continuaient de viser son dos, c’était qu’ils ne s’arrêtaient pas, et elle ne pouvait pas se lever sans exposer sa tête.

QU’est-ce qu’elle pouvait faire ? Erin pouvait sentir la pluie meurtrière couper son dos. Elle devait courir. Vers eux ? Fuir ? Ils allaient voler toute sa nourriture si elle prenait la fuite. Mais est-ce qu’elle pouvait les attaquer ? Les combattre ? Si elle s’approchait les pierres pourraient lui crever un œil ou grièvement la blesser. Qu’est-ce qu’elle pouvait faire ? Qu’est-ce qu’elle…

Quelque chose passa à côté d’Erin en un coup de vent. Elle eut un mouvement de recul et regarda autour d’elle mais la chose avait déjà disparue. Puis ses yeux allèrent jusqu’au sommet de la colline, quelque chose était en train de foncer vers les Gobelins, esquivant leurs pierres et déviant les projectiles qui s’approchaient trop de son visage avec un mouvement rapide de sa… Lance… ?

« Hey ! Cassez-vous bande de petits bâtards ! »

Les pierres s’arrêtèrent soudainement, Erin entendit un cri aigu et plusieurs lourds thwacks. Précautionneusement, elle se releva et regarda autour d’elle.

Les Gobelins étaient en train de fuir, Relc se tenait en haut de la colline, lance à la main. Il lui fit un signe de la main et descendit la colline en quelques longs bonds.

« Salut, Mademoiselle Erin. Sympa de te voir. »

Erin le regarda. Il lui offrit un sourire plein de dents et une main pour l’aider à se relever. Elle se releva d’elle-même et ramassa son sac.

Relc racla sa gorge, il semblait attendre quelque chose.

« Ce n’est pas souvent que j’ai la chance de sauver une demoiselle en détresse. C’est comme ça qu’ils appellent les femelles Humaines, pas vrai ? Les Demoiselles ? Dans tous les cas, j’ai vu que tu avais des ennuis donc j’ai immédiatement couru pour t’aider. »

« Merci. »

Erin commença à marcher de nouveau. Elle entendit Relc la suivre après quelques secondes d’hésitation.

« D’accord, d’accord. Ils n’étaient pas si dangereux que ça. Et je faisais que mon boulot ; c’est vrai. Mais je suis désolé. Vraiment. J’ai exagéré là-bas. »

Elle ne dit rien, ses yeux étaient larmoyants à cause de la douleur de la lanière de la sacoche s’enfonçant dans son épaule.

« Ce sac a l’air lourd, attends, laisse-moi le porter à ta place. »

Relc s’avança pour s’emparer du sac, mais Erin le tira hors de sa portée.

« Non. Je vais bien. »

«Mais bon sang, ne soit pas comme ça. Je veux juste… Enfin, j’ai été un gros lourdaud, d’accord ? On peut discuter, s’il te plait ? »

Erin essaya d’accélérer le pas, mais ses jambes étaient déjà en train d’abandonner. Relc arrivait à la suivre sans problème, il était même capable de marcher en arrière plus rapidement qu’elle.

« Écoutes, je suis vraiment désolé Mademoiselle Erin. Laisse-moi porter ton sac, parce qu’il a l’air vraiment lourd, et on va pouvoir parler sans que l’un d’entre nous ne s’effondre. »

Erin commença à ralentir à contrecœur, l’offre était tentante. Ses jambes étaient en train de lui hurler d’accepter la généreuse offre de Relc et de le laisser la porter en même temps que le sac. Son épaule était déjà dans une autre dimension de douleur.

« D’accord. »

Elle retira le sac de son épaule, grimaçant alors que le sang commença à retourner dans son bras. Relc souleva le sac et le passa par-dessus son épaule avant de suivre le rythme d’Erin comme si rien n’avait changé.

« Donc. »

« Donc. »

Relc gratta les pics qu’il avait à l’arrière de sa tête, regarda de haut en bas, avant de soupirer.

« Je voulais pas vraiment dire ça. C’est juste que… Les Nécromanciens, tu vois ? Ils sont dangereux, et c’est mieux de les tuer à vue. Tu as déjà vu un millier de zombies essayant de manger tout ce qui bouger? Même s’ils sont de bas niveau, et même s’ils ont l’air amicaux, je ne ferai jamais confiance à un Nécromancien. »

« Surtout s’ils sont humains. »

« Je n’ai pas dit ça. »

« Mais c’est ce que tu penses. »

« … »

Relc n’avait rien à ajouter. Ils marchèrent en silence, un peu plus rapidement maintenant qu’Erin n’était pas ralenti par le sac.

« Donc, tu as acheté de quoi manger, pas vrai ? Tu vas faire beaucoup de pâte pour ce soir ? »

« Je vais aller me coucher. »

« D’accord, d’accord. Mais, huh, content de voir que tu es arrivé jusqu’à la ville. Est-ce qu’elle t’a plu ? »

« C’est correct. »

« Bien, bien. »

Relc était clairement, et désespérément, en train d’essayer de trouver un sujet de conversation. Il jeta un coup d’œil au sac, Erin pouvait presque le voir saliver.

« Des saucisses. Mm. Mais, heu, pourquoi tu n’as pas acheté de vêtements ? Je pensais que toutes les femelles aimaient les vêtements, Drakéide ou Humaine. »

L’estomac d’Erin se serra, elle évita son regard en marmonnant.

«Je n’avais pas assez d’argent. »

« Quoi, vraiment ? »

Relc la regarda de travers avant de regarder le contenu du sac qu’il portait.

« Non. Je veux dire, il y a de quoi manger dans ce sac mais ça ne vaut pas plus que quelques pièces d’argents au mieux. Je suis certain que tu avais plus que ça, pas vrai ? Combien tu as dépensé ? »

Erin sentit le rouge lui monter aux joues, elle regarda le sol.

« Quelques pièces d’or, en plus de quelques pièces d’argent et de bronze. »

Il s’arrêta, contrairement à Erin. Elle l’entendit se murmurer à lui-même avant de jurer. Au du moins, ça sonnait comme un juron. Il la rejoignit en un bond.

« Vraiment ? Quel genre d’écailles pourries t’a vendu… Pourquoi as-tu dépensé tant d’argent ? »

Elle regarda l’herbe qu’elle était en train de piétiner. Elle était tentée d’une belle couleur ambré par les rayons du soleil couchant.

« Je pensais que c’était le bon prix, je suppose. Je ne voulais pas me disputer. »

Relc murmura dans sa barbe avant de soupirer d’exaspération.

« Bien, je peux retourner au marché et poser quelques questions. Mais… Je suppose que tu n’as pas vu le nom de l’étal ? »

« Je ne peux pas lire la langue locale. »

Relc soupira de nouveau, plus profondément cette fois.

« D’accord, d’accord. Bien, si tu te souviens de sa tête je pourrais trouver qui t’a vendu tout ça, mais je doute que quelqu’un va appuyer tes paroles. Et je n’ai pas grand-chose pour l’inculper, je veux dire, il t’a vendu des biens pour un prix trop élevé mais c’est aussi de ta faute. Sans offense, Mademoiselle, mais qui achète deux sacs de farine pour une pièce d’or ? »

Erin ne trouva rien à répondre à cela.

« Désolé. »

Ils marchèrent en silence, et enfin l’auberge était en vue. Erin traîna les pieds lors de la dernière montée, ses jambes criant durant toute la montée. Elle s’arrêta à la porte.

« Je peux prendre le sac maintenant. »

Relc hésita.

« Tu es sûre ? Je peux le porter dans… »

« J’en suis sûre. »

 Erin accepta le sac et ses jambes tremblèrent. Elle ouvrit la porte avec une seule main.

« D’accord. Merci. »

Elle voulut fermer la porte, mais Relc l’en empêcha sans réel effort. Il gratta sa nuque de manière gênée.

« Écoutes, je suis toujours désolé pour plus tôt. Je ne voulais pas… Enfin, je suis désolé. Je te revaudrai ça, c’est une promesse. »

Erin le regarda, elle voulait juste fermer les yeux, mais il semblait si sincère. Donc elle se montra un petit peu sincère en retour.

« Merci de m’avoir aidé avec les Gobelins. »

Relc lui fit un grand sourire plein de dents.

« C’était rien. Ils ne sont pas une menace pour moi, ou pour n’importe qui avec quelques niveaux dans une classe de guerriers. Mais ne t’inquiète pas de ces pestes, j’ai dit que je te revaudrai ça, pas vrai ? Je vais faire quelque chose à leurs propos. »

Probablement une fausse promesse pour la rassurer, mais c’était suffisant pour légèrement faire sourire Erin.

« Merci, et bonne nuit. »

Relc enroula sa queue et la salua d’un mouvement commun de sa main et de sa queue.

« A la revoyure, Mademoiselle Erin. »

Erin le regarda rapidement disparaître dans le sombre paysage. Elle fut vaguement jalouse de sa vitesse et de la grâce avec laquelle il bougeait. Puis elle ferma la porte.

Il n’y avait pas beaucoup de lumière donc Erin posa simplement le sac dans al cuisine et s’allongea sur le sol de la salle commune.

« J’ai besoin d’acheter un oreiller et des couvertures. Quand j’aurai l’argent pour. »

Sans autres alternatives, elle utilisa le sac de jute qu’elle avait acheté comme oreiller. Erin tenta de trouver une position confortable sur le plancher en bois, mais le simple fait de dormir par terre rendait la tâche difficile. De plus, ses épaules la faisaient souffrir, et ses jambes étaient endolories par la longue marche. Mais c’était un autre type de douleur qui l’empêchait de dormir.

Erin resta allongé en silence, écoutant les battements de son cœur. Elle voulait dire quelque chose, ou penser à quelque chose de plaisant. Mais rien ne lui vint à l’esprit. Elle regarda les étranges formes de la pièce plongée dans les ténèbres. Il lui fallut longtemps avant qu’elle ne parvienne à fermer les yeux.


[Aubergiste de Niveau 6 !]


Cette fois elle ne trouva rien à dire. Elle se contenta de pleurer avant de trouver le sommeil.

Hors ligne Maroti

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Re : The Wandering Inn de Piratebea (Anglais => Français)
« Réponse #17 le: 04 décembre 2019 à 19:30:44 »
Malheureusement à cause d'une période d'examen plutôt intense, je suis dans l'incapacité de poster le prochain chapitre aujourd'hui, il sera posté samedi prochain (normalement) comme d'habitude, désolé tout le monde.

 


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