Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 juin 2020 à 22:15:13
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Auteur Sujet: Chatouiller le misanthrope  (Lu 5017 fois)

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Zoonivers
« Réponse #30 le: 19 avril 2020 à 06:49:39 »
Zoonivers
Ils sont tous là, autour, un peu bougons.
Ils nous regardent, dans nos cages, et leur étonnement s'écarquille d'un trait incertain. Les buffles mâchouillent la moquette du train, et puis à côté, un échassier compte nos pas. Il y a dans la haute herbe, un sentiment de bassesse, purement terrestre, relié par un magnétisme à la météo sensible des grenouilles dont seuls les yeux globuleux dépassent d'une couette liquide afin d'ausculter l'horizon de nos surfaces.
Ils nous regardent, tandis que sous le soleil de bronze, nous dorons. Nous dorons ainsi du derme, et sans que se mette un terme, à ces cuissons par inaction, l'oisive intrication de nos flemmes, se rend inerte par rencontre des cloisons. Nous dormons, sous le soleil de nuit, dans des bouteilles-à-vies, scellées contre siège, par bouchons un peu hérétiques. Et de prélasse attitude nos dégoulinures s'étalent. Sous leurs yeux, nous chaussons nos lunettes sombres, les ignorons un instant, avant de tenter de les corrompre.
Les buffles mâchouillent, les porcs grouinent, pendant que les chèvres barbotent. Nous, dans nos cages, admettons au nom d'une rage, à l'espèce d'espoir en nage, que nous vivons mieux que les sages, et que d'un usage d'opinion, notre bastingage ne verrait que le lissage du fil de l'eau, des lacs en pente pour nos cerveaux, si parfaitement à la page que s'écrivent nos cents-pas, nos sentiments dans ces mots, que l'on ment tout en dégoulinant derrière nos lunettes, nos crèmes à bronzage solaire, dont on aime à rendre l'hommage dans notre atmosphère.
Là, ils nous regardent, les crocodiles et les antilopes. Les singes et les mouches, tous, un peu bougons, ils s'arrêtent dans leur train de vie, parce qu'ils ont senti. Ils ont senti et donc ils nous hument. Ces gaz pétrolifères, ces plastiques alimentaires, nos sueurs éphémères lâchées dans l'eau qui les désaltère, qu'on altère par chimie pour garder naturelle. Ils hument nos pets d'indigestions, et ils reniflent des déjections entassées dans les bastions à propreté.
L'échassier a un peu perdu le fil. La grenouille ne trouve plus l'échelle.
Et le buffle. Il mâchouille la moquette du train.

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Un sou-venin
« Réponse #31 le: 21 avril 2020 à 01:24:24 »
Un sou-venin
Monsieur Cobra a attrapé un virus.
Sous sa coronne royale, il toussote en tirant la langue, et ses yeux sont piquants, piqués. Qui pend comme une ficelle un peu molle ? Monsieur Cobra. Comment l'a-t-il trouvé, ce virus ? Eh bien... En fait, c'est son anneau pylorique qui le lui a apporté. Un truc manuporté qui a un taux de reproduction spontanée un peu plus zélevé que l'anormale, qui traînait là un peu comme une chaussette à tête de serpent sous la cheminée d'une paire de noël... L'anneau du serpent. Celui qu'il a piqué à un hérisson. Un tout doré. Qu'on croirait qu'il vaut pas un sou. Et pourtant, au crochet d'un venin à injecter, Monsieur Cobra glande un peu des dents, parce qu'il a perdu l'appétit. Et tout ça parce que tel le Midas qui n'aurait même pas le plaisir d'avoir des mains, Monsieur Cobra aime transformer ce qu'il touche en or. Des anneaux dorés. Des sous, à venir, à venin, qui comme lui, veulent devenir... Souverains.
Donc le serpent royal il a sa collerette, on appelle ça une fraise pour les humains de l'époque des collerettes. Parce que les collerettes aujourd'hui, c'est pour les caniches et les labradors qui on bobo. Pis aujourd'hui les fraises, c'est pour les dentistes, vas savoir... Monsieur Cobra se permet une collerette, donc, puisqu'il n'est ni humain ni chien. Il est serpent, et avec ses dents un peu incisives, il aurait bien besoin d'un dentiste, justement. Pourquoi ? Parce que bin, entre la crise des gerbilles, la montée du parti scorpion et le refroidissement climatique du désert, y'a plus que des grains de sable à grignoter, et c'est pas le top du top, en termes simplement nutritifs. Pis en plus, il a ce petit goût de poison un peu désagréable quand il se brosse les dents. Et du mal à bailler sereinement quand il se lève le matin. Et aussi, il a pas assez de fluor à se tartiner pour étinceler du sourire. Non, pis franchement, ce sourire un peu draculant, il est d'une autre mode, d'un autre temps. Mais le propos, c'est surtout que le serpent royal il a sa collerette, mais il a un peu bobo comme le caniche et le labrador.
Monsieur Cobra hausse les épaules qu'il n'a pas. Il n'a pas le bras long. Mais il aimerait parfois ne pas prendre ses jambes à son cou lorsqu'il s'agit de farcir un quelconque tube. Il s'étale de tout son long lorsqu'il trébuche. Et pourtant il est royal, le Cobra, sous sa coronne de virus. Il se déroule comme un tapis rouge. Sa langue aussi. Et puis du coup, il la tire, Monsieur Cobra, sa langue un peu biphasée, tout autant pour la délier que par gustativités...
Qui s'en offusquerait ?

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Sainte Jongle
« Réponse #32 le: 01 mai 2020 à 17:18:09 »
Sainte Jongle

La jungle s'éveille.

Des pétales carnivores ouvrent leurs mâchoires sous l’œil perçant des fauves, aveugles à ce parterre qui leur partage un goût pour la viande. Quelque moustique désinfecté vient s'y engluer, encore trop endormi pour piloter sereinement en milieu aérien non sécurisé. Les dents en cils font mine de croquer, lentement, la victime malheureuse d'une mort matinale désespérée, à l'appel à l'aide indistinctement confondu entre deux derniers bzzzments d'ailes, et un regard fixe agonique, dont aucune pupille, aucune orbite, ne vient bouger l'affreux cadavre en devenir, pour signifier sa détresse alors statufiée.

Juste entre les tiges et les brins, un autre fil a coulé. Celui d'un serpent tout juste réveillé lui aussi, par les les lueurs matinales, les chaleurs soleils, les rayons de lumière. Sa langue s'aventure d'un frétillement, elle cherche et pointe, et le serpent la suit, d'un bruissement inaudible. Il ne fait pas vraiment exprès de marcher sur un mille-patte qui lui mord la queue et s'accroche ainsi à sa route, sans que la peau de ses écailles ne lui renseignent sur ce voyageur qui fait de lui un véhicule longitudinal, en train seulement d'avancer.

Il dépasse une souche. En le cœur d'un tronc laissé par les années, ce qui lui tient d'élément d'une survie d'après la mort : une termitière. Les insectes grouillent de bon matin, grassement, et dans l'amoncellement structuré de matières organiques, se transportent déjà des logistiques internes complexes.

Au-dessus, un oiseau hisse le drapeau de ses couleurs sur le mât d'un arbre à la timidité assumée. Il chante un début d'hymne et puis, peut-être un peu encore endormi, étouffe le canard d'un cuivre jazzy un peu éraillé. La fausse note résonne entre les feuillages. Larges et amples, ceux-ci masquent le drapeau par un vert intense et morcelé. Ses pans, en rideaux pudiques d'espaces infiniment confinés, libèrent malgré tout les dimensions d'un environnement alors rendu foisonnant par ces détails courbés, gorgés de sèves exotiques. L'oiseau, dans son bec, lâche un repas peu convaincant qui dégringole en rebondissant mollement.

Il y a en dessous une peluche de panda, et le repas se prend en ultime cascade, le moelleux d'un front alors juste interloqué. Toujours pas très convainquant aux yeux de la boule de poils occupée à mâchouiller du bambou, le repas s'entortille un instant, puis se détortille, avant de se remettre à marcher en rejoignant successivement l'arrière à l'avant de sa morphologie, qui se fuit elle-même pour se rattraper en accordéon. La chenille l'a échappée belle, et s'en va se mettre au vert pour penser à des trucs de papillon.

La jungle s'éveille
« Modifié: 01 mai 2020 à 17:29:32 par Dot Quote »

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Sole attitude
« Réponse #33 le: 03 mai 2020 à 08:28:08 »
Sole attitude

C'est un singe un peu bougon, il va au distributeur automatique.
Pour retirer c'est simple, il suffit d'avoir une carte et d'appuyer sur le bouton. Alors il insère sa carte, et il appuie. Une sole se faxe par la fente et il récupère son ticket. Tout frétillant d’appétit mais un peu à plat moralement, il retourne dans son arbre pour déguster.
Une fois chez lui, il ôte sa fourrure et la portemantelle, avant d'aller éplucher son ticket. Un peu de farine, une noisette de beurre dans la poêle, et le voilà en pleine frition d'épouvante, craignant un peu inexpérimenté, d'incendier le poisson. Noyant le problème dans la préparation de la sauce meunière, il persiste néanmoins dans la retenue de sa quiétude, et ce, afin de rester sérieux en gastro-cuisine. Le jus de citron, le persil, le beurre à nouveau, salé bien sûr ; un tout au fumet que les filets olfactifs du singe viennent pêcher au dessus de la plaque de sable chauffant, dans cet arbre aux fruits de mer, et dont les effluves auraient tendance à le rendre un peu plus tendre ; un peu moins bougon.
Il a mis un blanc au frais, et juste avant de s'asseoir devant son plat, il va le chercher à la banquise. Un bien gras, bien charpenté, bien Chardonnay. Est-ce seulement un Chablis ou alors a-t-il osé le Montrachet ? Il ne sait pas, il a pris une étiquette au hasard, et il a cru que le cru serait accointant par son intuition contextuelle. Son cerveau de primeur lui a soufflé depuis le nez, des aromates enivrés, et son âme de bête lui ordonne la suite sans lui dire pourquoi. Quelle bouteille ? La plus belle selon la loi de l'instant, et une fois qu'il l'a débouchée, il remplit le verre ni trop grand ni trop petit, puisqu'il faut l'espace nécessaire au développement du bouquet sans que les arômes ne se perdent ni ne s'enferment. Un nez au plat, dans la caverne transparente, et il renifle. Il sent. Il hume. Il inspire la valeur intrinsèque de cet instant culinaire unique, avec son ticket du distributeur, sa banquise givrée et sa plage chauffante, dans son arbre aux branches dressées comme des antennes à météo. A l'horizon, un programme un peu banal qu'il suit sans trop se prendre la tête, encore ces conneries de telle réalité, un coucher de sole dans une poêle au beurre, aux couleurs trop piquées pour que la faim ne cale, trop bancales pour que le fin poisson duquel se parfume l'atmosphère, ne se réveille d'un déroulement de languette ; il aurait fixé d'un œil blanc, ce vin et ce singe, et il aurait soupiré sans ciller.
Alors un peu bougon, il gît et attend la digestion.
C'est un poisson.

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M. Haze
« Réponse #34 le: 04 mai 2020 à 07:04:58 »
M. Haze

Un peu bougon qu'il est le singe, mais pourquoi ?
Il a un pouce dans la fossette, et un index dans la joue opposée. Ses yeux levés sur la direction soulignée par le sens de son pseudo-sourire sceptique, il les fronce un peu, sourcillant un doute, à d'autres l'aurait-il soufflé ce pourquoi, ce dommage, ce qu'est-ce que quoi, pourquoi fromage, et pourquoi détroit, dans l’œsophage, quand quelque émoi, trop chronophage, aurait un peu rendu sage, le foie de la foi, qui purifie les reins du rien, d'airain est le taureau de l'humain. Un moyen, un peu comme de Troie, le cheval en son sein, le buffle sous les flammes, des cachés à l'oriflamme des comptés, à trois, à cheval, à saint bucéphale, assassin des céphaloïdes, des insectoïdes, des animaloïdes, trop paranoïdes pour suivre cet humain que le singe il voit là, un peu bougon, encore plus qu'aucun des deux en fait, ils ne s'auraient l'être, plus que Dédieu, dédilettre, dédilatté, estomaqué, masqué au mosquito de sang écrasé, sur le litto, le lino râle, sa ventura n'est que son aura, en noir et blanc, en nuances de gras, du grand air au large du conémara, du conoronona, de gomorra à cantona, marra, donna, reçut et rendit, vomu de vomi, il vaut mieux, pour lui, qu'aucun cacatoès ne pointe le bon de son son, est-ce pour leçon ? Que non, il n'y aurait de raison à ce que ce singe... un peu bougon...

Ne chasse que le lapin au fusil à chien ?
Bin ouais, il est comme ça le chapeauté. Chaud, le pâté de chez poté, pataud t'en ressors, alors le singe comme l'humain, ils ont beau être au poil, ils ont quand-même ôté, un bouton du col, parce que à force de s'exhorter de la sorte, il s'avère que des oreilles leur échappe une fumeh. De l'avertissement des choses s'honorent, se désingrolent, dégragèrent les gistedions, dis-je ah bon ? Que dis-je en bon de porc, qu'épiques furent les apports à l'arctique de nos sabords, frigorifiés comme à chambord, je chante moi, d'abord, avant d'entendre le son, de ces piafs un peu cons parce qu'ils s'esclaffent d'un cou de pigeon, et s'en vont, en rond d'ailes, en nids nés, en nez pas ronds, mais grand brûlés du colibri, qui d'une langue retenue, aurait lutté contre un incendu, descendis-tu se demande l'humain. Le singe et le calamar, c'est pas l'histoire de la plume, et le père okay, ce quadrille de caractère, ce maître en touche des pique-mouches, à damner de mise-en-bouches, une bûche, il trébuche, le singe et le lapin, sur une trappe de mollet, parce que...

Les animaux ne se prennent pas notre tête ?
Monsieur Lapin est un tressauteur. Il a peur. Quand d'un rien il s'effraie, il se fraye un chemin dans n'importe laquelle des réalités afin de rejoindre un coin serein le plus loin possible de celle-ci.
Et alors ?
Alors aujourd'hui est un temps comme un autre, sur la montre du soleil. Après tout l'humain n'est pas le seul à se contraindre à la rotation de la terre pour dormir. Lorsqu'il est éveillé le lapin, il s'étire, et il se recroqueville. Il luit de scintillement duveuteux, doux et rêveur, rêvé, à l'aveu de son bonheur de civet... Non, plus sérieusement il bondit, il rebondit, et lorsque maudit il lui arrive de croiser des oreilles allongées, il les écoute se prolonger. Aujourd'hui ne compte que s'il n'y a à compter pour Monsieur Lapin. Et demain reste ce qu'il est : un incertain. Dubitativement est amené le sentiment de nébuler, autour d'un grain adulé, lipoconduit vers ce qui se fait d'acidulé. Un singe aurait compris un jour de pluie diluvienne, un tuyau d'arrosage à l'ancienne. Que fallait-il aux Cieux pour qu'ils le maudissent ainsi, ce lieu tout arrondi mais tout cabossé, la terre des ondées...
Une patte de lapin en masque à ténèbre ?
Des yeux albinos, injectés au vin de cobra, qu'il est venu le plurieul, tout sel, comme un cheveux sur le sou, sans le sou, mais un peu, un peu saoul, serait le sieur, sur le seuil, de ses cieux, si sérieux qu'on se sent sisceulé, scindé à la molécule du mollet, celui qui circule entre le bolets, dans la foret de champignons. Un Monsieur Lapin, c'est comme lui qui l'était de fourrure, sans singerie de serrure. Parce que ronge la montre du temps, et le soleil aiguille un peu de ses rayons.
Que va-t-il arriver à ce pauvre lapinoïde ?
Eh bien nous ne le saurions bien sûr.

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monsieur schtroumpf
« Réponse #35 le: 05 mai 2020 à 17:04:18 »
monsieur schtroumpf

C'était à l'heure où l'herbe lui torchait encore le cul.
Il était pas bougon. Et il était avant le singe. Un truc, pas bougon du tout, au contraire, on va l'appeler le schtroumpf, parce que... une histoire de salsepareille. Bréf. Il y avait en ce temps mi-déivaux mi-dichloriens, une métaphysique optimale à l'absence de tout un phénomène socialement consenti quoique sur un plan d'incidence de changement des réalités en charnière d'une osmose à faire perdurer. Oui, le PQ, on en retrouve quand même des résidus archéologiques qui remontent à loin, historiquement, et pourtant qui sait combien de temps les ont précédés ces temps reculés, on, ne saurait les compter exactement pour qui, pour quoi, mais pour le schtroumpf la question ne se pose pas de s'affoler d'une dix-neuvième version d'un appel des coule-nez depuis le Fond à cause que y'a plus de pâte végétale reconstituée. Y'a, de l'herbe, quand il s'assoit, et puis bin heu...
Le schtroumpf il a pas encore grimpé dans l'arbre. Il sait même pas pourquoi il va grimper dans l'arbre. Ni même qu'il va le faire, en fait. Et puis l'herbe elle est cool. Pis en vrai y'en a pas plus besoin que si ça en devenait oppressant tellement tout l'espace des rivières serait occupé par des feuilles noircies depuis centrale d'épuration, parce que non, ça pareil, il ne sait pas encore, qu'en montant dans l'arbre il va s'éloigner un peu de son herbe, et que les branches dans le cul, c'est pas exactement du pareil aux même, là par contre. Ouioui, le schtroumpf et le singe, ce sont comme des chansons d'un été sur l'autre, et ces tubes-là sont peut-être digestes, ils restent quand même un peu avant tout, dans le monde concret, des tubes digestifs. Parce que entre le singe qui fait n'importe quoi avec l'espace et la gravité qui agissent directement sur ce qui sort de ses annales non-archivées, et entre le zumain qui flippe sans l'aide d'un psychanalyste, de ses propres déjections dans un environnement librement clos de propriété personnelle et libérée, bin heu...
Le schtroumpf lui il est un peu dans l'imaginaire bleu quoi...

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Parce qu'espaces comptent
« Réponse #36 le: 11 mai 2020 à 19:30:28 »

Parce qu'espaces comptent

C'est un singe de zoo. Un peu bougon.

Bon il est dans sa cage en fait, et c'est un peu comme la grenouille. Il parait que la grenouille dans sa station météo, si tu la plonges dans un bain d'eau bouillante, elle va essayer de sortir avant de mourir. Par contre si tu la plonges dans un bain normal et que tu fais lentement bouillir... Bin elle va pas sentir la grenouille, et elle va mourir.

Le singe c'est un peu pareil, parce qu'il se rend pas compte qu'il va mourir dans son bain. Pas pour une histoire de température. Pour une histoire de volume et de taille.

En gros les poissons d'aquarium, si tu les mets dans un petit bocal, ils s'adaptent à la température du bain. C'est-à-dire que le poisson d'aquarium, il est là, malheureux parce qu'il pige pas tout pourquoi y'a un petit bocal, et assez pour que dans sa biomorphie, il grandisse plus ou moins pour s'adapter à l'espace de son environnement. Si t'as un grand bocal pour ton ancistrus, il va aller le suçoter tranquillement par le fond quand il aura grandi et qu'il sera assez lourd pour ne plus que traîner sur la simili-plage que tu lui a confectionné. Si t'as un minuscule bocal, ton ancistrus il va rester minuscule aussi, pis là il montera jusqu'au plafond lécher la vitrine de la réalité en espérant pour que tu aies les sous...

Le singe de zoo, il est là, et lui c'est pas aussi flagrant, sa capacité à s'adapter. Il va pas rapetisser comme ça, gratuitement, sous réserve que les cages se resserrent, s'amoindrissent, tout ça à cause que y'a de plus en plus de visiteurs dans le zoo.

Et puis le singe il a lu des histoires de goéland. Une histoire surtout. Et il sait que certains habitants de la planète bleue n'ont bien que des cartes marines en guise de cervelle. Il voudrait voler et piquer, cerner les limites de ses propres ailes, de son fuselage conçu pour la voltige. Pendant que les autres goélands vont à la plage chercher les déchets humains sans se rendre vraiment consciemment compte que c'est parce que y'a plus de poissons, vus qu'ils sont tous capturés et enfermés dans des aquariums.

Donc bin entre la grenouille qui va crever, le poisson enfermé et le goéland qui vole des déchets plastiques, y'a là le singe il se dit...

"Soit j'suis aveugle soit j'vois plus rien.
Mais vraiment. Pas plus loin que le nez de Voldemort."
« Modifié: 11 mai 2020 à 19:34:03 par Dot Quote »

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madame montre
« Réponse #37 le: 13 mai 2020 à 14:03:28 »


madame montre
C'est une fleur qui dore dans un champs.
Le sommeil de la nuit l'abandonne alors que le tournesol fait face à l'horizon matinal. Ses pétales jaunes rayonnent de lumière, et alors que la journée avance, petit-à-petit et en suivant la course du soleil, il se tourne, il se dévisse du sol, afin de rester là, à regarder inerte, le temps qui passe.
Il se dit parfois qu'il déracinerait bien son pied afin de parcourir le monde, afin d'explorer sa liberté. Mais l'attrait du soleil est tous les matins le plus fort, l’entraînant dans sa léthargie contemplative, cette même énergie déployée à ce dont ils ont besoin, ces autres du monde ; une graine à griller, de l'huile à presser... Le tournesol est cerné par les obligations, et dans son champs il ne peut donc que dorer tranquillement en attendant la moisson. Il a un cœur sombre en dépit de son sourire couleur soleil. Granuleux, rêche, friable, il est énorme et pourtant, il est sombre ce cœur. Perché haut, bien haut au dessus des autres fleurs, le tournesol offre au ciel le bombement de sa poitrine. La dentelle dorée luit, s'éparpille dans le vent, aux yeux ébahis du passant qui se fait rare. Une vache, un lièvre, deux chasseurs... Une buse ou un héron ; un mulot et un campagnol. Et puis les rayons disparaissent derrière un nuage gris, et les pétales du tournesol restent jaunes et lumineux. Ils luisent même, presque plus maintenant qu'il n'y a plus de couleurs aux alentours. Tout est terne sauf la fleur à la tête dans les nuages.
Dieus pleuvent.
« Modifié: 13 mai 2020 à 14:07:09 par Dot Quote »

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Oronge
« Réponse #38 le: 14 mai 2020 à 22:54:13 »


Oronge
C'est un chien bien rangé ; il a la range.
Cette maladie de l'ordre qu'on lui donne, qu'il se donne, qu'il effectue, et qu'il rend ensuite. Comme s'il tombait sur un os. Comme s'il avait à ronger comme il faut pour que tout soit tout bien. Ses crocs donc, il les peigne trois fois entre chaque repas. Et il ne faut pas aller contre le sens de la poêle, sans quoi il se brûle les coussinets, le chien, et alors il ne peut plus fonctionner à quatre pattes convenablement.
Il remue un peu donc, la queue de la casserole, avec toute la retenue que l'ordre exige ! Pas bouger ! Assis, debout, la balle, le mort, et toutes ces conneries de comédie sociale, tout ça pour avoir quelque chose dans la gamelle. S'il savait le chien, qu'à une époque ses ancêtres avaient faim eux aussi. Et que pourtant...
Il a la range le chien, parce que le chat a la flemme. Et si le chat a la flemme, il ne sait pas pourquoi pas mais il se dit que c'est parce que les souris sont trop bêtes. Un coup de griffe et la chair s'offre facilement en délice. La souris elle, elle est toute recroquevillée à trembler autour d'une graine qui elle, ne se dit pas grand chose de vocal. Alors le chien il voit tout ça, y'a ptetr un moment il se dit que c'est un beau merdier tout ça, mais surtout il se dit pas, mais il bave, il grince des crocs, bref, y'a un os qui passe pas dans le gosier, et alors il a la range.
Du coup au lieu de chercher la balle et de la rapporter, il fait un truc de ouf simplement : il la déplace. D'un endroit à un autre. Dans un but précis et utilitariste. Non, il ne s'assoit ni ne se lève par goût d'un ordre intraçable, non, il le fait pour poursuivre quelque chose. Pour une raison. S'il fait le mort, c'est parce qu'il y trouve un intérêt dans l'instant, et non parce que c'est marrant de jouer à ne plus bouger inutilement.
Et alors il est bien rangé et il a la range, parce que le chien il voulait qu'on fasse le beau pour lui, alors que l'harmonie ne vient pas que du chaos qui le déronge...

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Thaûma
« Réponse #39 le: 16 mai 2020 à 11:43:14 »


monsieur est, monsieur suit, monsieur essuie
C'est une chenille un peu bougonne. Elle ne l'est pas parce qu'une autre merveille miraculée comme elle lui bouffe le cul pendant qu'elle bouffe le cul d'une troisième.
Non, car thaûma, c'est sa nature de processionnaire que de vivre sa jeunesse pour inspirer l'humain centipède... Non, elle est bougonne parce qu'elle a bientôt fini sa cigarette et qu'elle a grandi avec l'idée qu'un mégot, ça va dans un cendrier, alors que dans la forêt de pins il n'y a pas de cendrier naturels. C'est pourtant normal, pour elle comme pour nombre de ses consœurs, de fumer sa cigarette et de la jeter dans un cendrier. Et justement il y en a un là-bas, au loin. Puisqu'elle est en début de procession, elle le voit venir : il est propre, sain, prêt à accueillir sa fonction comme il se doit. Quand elle passe devant, elle a juste terminé. La braise est encore rouge, le filtre mou de substances, et sans arrêter le train de file, elle vise, tire, et marque son panier. Elle continue sa procession, et alors dans le cendrier, la braise rougeoie encore un peu, seule et subissant la solitude qui la consume d'une fumée allant s'amoindrissant, sur ce bout de filtre avec du rouge à lèvre imprégné dessus. Inerte, le cendrier est là, avec son petit bijou, et puis...
Un deuxième bijou vient se calfeutrer. Lui il n'a pas de rouge à lèvre, mais pareil, il rougeoie, fume un peu, s'éteint et prend de la place dans ce grand cendrier un peu fortuit. Et cela commence et continue : un troisième mégot, un quatrième, un cinquième ; le récipient à déchets carboniques se remplit petit à petit. Et alors qu'il arrive à raz-bord, en voici encore un qu'on pourrait reconnaître : il a du rouge à lèvre dessus.
Les chenilles processionnaire ont un point faible : si la meneuse, pas très à l'aise dans les baskets qu'il faut à une procession, allant à l'encontre du principe suiveur, a l'occasion de rallier sa position de suiveuse, elle ne va pas hésiter à le faire. C'est pratique lorsqu'elles veulent grossir les rang en ajoutant une procession à une autre... Mais ça devient mortel pour elles si la procession se rejoint elle-même ! En effet, une ligne a beau avancer sûrement, si elle est un peu courbe et qu'elle se reboucle sur elle-même, elle va par définition, un peu tourner en rond...
Et en l'occurrence le cendrier il s'inquiète, parce qu'il se remplit par omniprésence de ses interacteurs, et qu'il est pas sûr : en tant qu'élément de l'environnement autant qu'en tant qu'acteur de la propreté de la forêt, il n'est pas sûr d'être écologique assez longtemps si elles continuent et que personne ne le vide...

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Peuplet
« Réponse #40 le: 23 mai 2020 à 08:44:50 »


Peuplet
C'est un peuple immobile.
Des bords de rive ils se font les habitants. Et en occupation plate et morne, grise, ronde comme ils s'espèrent, leur empreinte lisse les démesure au poids de l'ondée. Ils n'y peuvent rien faire que de subir leur course inerte, eux les galets des bords de fluide. L'eau coule, les roule en boule et les aplatit d'avantage, et puis lorsque, d'un répit, elle les laisse quelques tranquilles, en millions... Alors les grains se lisent dans le sable, les roches polies discutent entre elles, et parfois, se taisent.
Pour se déplacer rarement, ils utilisent les doigts. Un index sommaire, un pouce de l'autre côté. Ainsi envoyés dans la valdingue, rotation spinéiforme autour d'un axe étourdi, ils peuplent alors, ou dépeuplent au contraire, un décors à la douceur de leur dureté. Dans les herbes folles, un peu immergés, au milieu de batifoles d'oiseaux rares ou seulement raréfiés, le cailloux eux, demeurent en leur immobilité. C'est un peuple comme qui penserait qu'on ne les anime pas. Il n'y aurait pas, pourquoi pas, de substance autre que celle de leur voyage involontaire, subi entre les gravitations de terre et les pulsions d'eau. Le vent liquide érode la ténacité de ces futures poussières, mais en attendant, ils continuent à ricocher les reflets d'eau.
Un index et un pouce, c'est tout ce qu'il faut, avec un coup de poignet, pour animer les ricochets. Les galets alors rebondissent sur le fil, funambules aquatiques, soulevant un ménisque trop tôt disparu par la vaguelette. Rebondir, et encore. En surface d'un effort, platement reparti vers l'autre côté, une rivière se lace, avec des pierres. Un petit éclat de rien, d'une cascade ou d'un lac, sur les rives se renvoient, heureuses, ces populations silencieuses.
Se libèrent des rires.
Se pleurent des gouttes.
Les pierres lisent aussi.

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monsieur Bougon
« Réponse #41 le: 27 mai 2020 à 17:25:11 »
monsieur Bougon

Monsieur est bougon.

Il est teurteure et demi et les magasins sont fermés.
Alors pour chasser la banane, il lui faut un fusil, une épée. Il s'arme de collets, de pièges tous plus fantasques les uns que les autres, il mesure le terrain et ajuste ses armes. Des lames, des poisons, des projectiles, des chaînes. Tout est là pour l'appétit, sa satisfaction, son entretien, sa renaissance.
Bougon parce que les magasins sont fermés, et surtout parce qu'il se demande quand a bien pu s'opérer un glissement qui fait que si les magasins sont fermés, il ne peut plus manger. Observer le lien entre ce bout de papier normé et ce qu'il a dans son estomac de primate, déjà, pour monsieur, c'est compliqué. Des chiffres, et des nombres, pour bien manger une banane qui pousse sur son arbre. Son arbre ? Quel arbre ? Aujourd'hui le singe, monsieur Bougon, il en est descendu, il a tombé, et atterri plus ou moins en pertes et fracas sur le sol un peu dur et un peu contraint de gravité, par rapport à la ramure des forêts.
Mais la ramure des rayonnages, elle, s'étend partout lorsque les magasins sont ouvert. Et tout le monde vient chercher sa banane de soja, son palmier essuie-tout, sa bave de lave-linge, son petit dessous à mettre par-dessus, son quelque chose contre rien ; un billet. Les citoyens de la jungle urbaine se succèdent, parfois en ordre parfois non, dans les files, devant le lecteur de code-barre, et quand ça fait bip, ils sont contents que leur avis soit pris en compte pour les directions du capitalisme. On vous vendra ces bananes-là, parce que vous les avez choisies. Merci à nous.
Monsieur est bougon parce que bien évidemment, lui, des billets, il n'en a que des un peu froissés. Ils traînent dans le fond de sa poche ; pas bien longtemps.
Et alors qu'il se demande où trouver encore une banane, bin il se dit que c'est dommage qu'elles soient toutes enfermées derrières ces billets, pour quiconque désire suffisamment vivre pour aller chercher de quoi sustenter sa faim.
Du coup, comme il n'a pas de billets, il se trouve des bonnes excuses pour garder le moral. Les magasins sont fermés, tous des feignants à l'heure où il ne faut pas dormir. Il se lève, monsieur Bougon, à pas d'heure pour les déranger durant leur sommeil quiet de banquiers apeurés. Ce billet-là oui monsieur, fait de nous des êtres civilisés. Et pourtant, un singe civilisé, c'est contre-nature.
Un humain contre-nature, en revanche, c'est civilisé. Et le singe il se demande des fois ce qu'il fabrique bien, avec ces humains qui construisent un truc pas toujours clair...
Et lorsqu'ils discutent tous les deux, monsieur et monsieurs ne font que s'insulter l'un d'être l'autre, et inversement. Alors pas de solution : ils ont qu'à continuer à être bougons, et puis le reste adviendra.

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #42 le: 28 mai 2020 à 01:09:58 »
qu'est ce qui vous arrive? vous avez a un cœur bien sombre ces derniers temps, en dépit de votre sourire couleur soleil.

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Re : Chatouiller le misanthrope
« Réponse #43 le: 28 mai 2020 à 01:21:53 »
wuw heu

je dirais qu'un sourire qui éclaire ne peut poétiquement qu'être sombre, puisqu'il ne reçoit pas la lumière qu'il diffuse
il m'arrive bien des choses qui m'assombrissent, mais je ne l'adjoins pas uniquement aux temps derniers, dans le sens 'récents'

merci de ce tourbillon d'influence en milieu anthropodésertique !

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Masses de livraison
« Réponse #44 le: 28 mai 2020 à 07:34:26 »
Masses de livraison

C'est un mouton solitaire, un peu bougon.
Il est bougon parce que les ours étaient comme lui, avant qu'il ne se passe des choses. La solitude, c'est une voie qu'on aurait tendance à croire avoir choisi de soi-même, mais le mouton quand il voit tous les moutons et tous les ours, il se demande si y'aurait pas un peu plus que ça, qui fait que des troupeaux d'ours, on en croise autant que des moutons solitaires, c'est-à-dire, peut-être, autant de ceux qui se sont posés la question de la solitude, et qui auraient décidés d'aller à l'encontre de leur nature. Oui, le mouton il sait qu'il n'est pas qu'un membre de troupeau, tout comme l'ours ne mange pas toujours seul. Et le mouton solitaire, il se demande s'il ne l'est pas ainsi à cause, d'entre une bonne décision de rejet, ou d'une faiblesse inavouable, ou simplement d'un effet statistique sur la différenciation des essences.
Toujours est-il qu'un troupeau ou un renégat, ça n'a pas la même vie selon l'essence sensée l'organiser. Effectivement, le mouton ne suit pas les autres qui broutent les pâturages, et quelque part ça ne l'empêche pas de faire pareil qu'eux, mais seul. A l'opposé il se dit qu'un ours trop ancré dans les bénéfices d'un troupeau, ne verrait plus la nature indépendante qui par nuance fait quand-même de lui un être social.
Le mouton solitaire, il se figure des trucs approximatifs à propos des carnivores. Il a entendu ces histoires de loups solitaires affamés et donc immoraux, qui dévorent les siens en effrayant les troupeaux. Et il se dit qu'un ours qui commence à s'organiser en troupeaux pour sustenter son immoral appétit, c'est comme des moutons face à l'herbe d'une prairie : elle n'a plus aucune chance de survie, et c'est ça la nature. Alors le mouton il réalise. Il voit d'un côté la nouvelle société des ours organisés, et de l'autre l'ancienne, des brins qui se sont unis pour résister. Entre les deux maillons de la chaîne, lui, le mouton, qui ne fait de mal à personne croit-il... En tout cas pas comme l'ours ou le loup pour les troupeaux.
Il se figure des trucs approximatifs, comme quoi des troupeaux d'ours, enfin destitués de leur égoïsme, seraient encore plus effrayants alors, et, maudits par leur propre effort, en viendraient à avoir plus faim ensemble que l'ensemble de chacun d'entre eux. Le saumon et le miel sont de bonnes denrées pour l'ours renégat, mais lorsqu'il faut nourrir une société de troupeau, il faut gérer d'autres quantités, et là peut-être qu'un mouton solitaire pourrait faire l'affaire. Alors il glisse, le mouton, entre les brins d'herbe il se fait discret, même pour en croquer un ou deux. Il glisse pour éviter les ours qui sont devenus dangereux depuis qu'ils ne sont plus égoïstes, plus coincés dans leurs cavernes. C'est effrayant car ils s'organisent, ils construisent d'autres cavernes, parfois sur la place des prairies à mouton, parfois sur le chemin des solitaires. Que n'ont-ils pas compris à la paisibilité d'une vie de brouteur ? Pourquoi continuent-ils, toujours à présent mais en pire, à tyranniser les mangeurs pacifiés d'herbe inerte ?
Un brin contre une laine, une griffe pour les cueillir, une dent pour les faire vivre ; mourir de solitude est plus douloureux que vivre sans manger. Et au final les deux sont peut-être un peu plus proches qu'on ne le croirait de prime abord...

 


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