Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 octobre 2019 à 19:54:08

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]

Auteur Sujet: L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]  (Lu 883 fois)

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L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« le: 23 juin 2019 à 20:14:44 »
      Marre.
      Marre de ces gens, marre de cette ville, marre de ce monde de merde.
      La porte métallique de l'immeuble de bureaux se referme derrière moi dans un claquement d'outre-tombe, qui résonne à mes oreilles comme une sentence, un marteau qui s'abat sur un petit socle de bois et scelle ma destinée. Il me faut un petit temps pour me remettre du choc et réaliser qu'on commence à me dévisager. Je bloque le passage.
      Bon, ça ne sert à rien de rester planté là comme un poireau pas frais. Je jette un regard de défi aux gens qui passent devant moi, puis me mets à marcher d'un pas vif. Les derniers mois me reviennent en mémoire ; la séparation, le déménagement, l'angoisse, les nuits blanches, les envois de CV, les réponses négatives qui pleuvent incessamment, les unes après les autres... Puis une opportunité une seule, qui me semble correspondre en tout point à mes attentes.
      Visiblement, moi, je ne correspondais pas.

      Mon pied percute rageusement une canette vide qui traîne au sol, l'envoyant valser à quelques mètres de là, dans la gueule d'un chien dont le propriétaire fait un bond de surprise, puis s'insurge.
      Il fonce sur moi comme les Cavaliers de l'Apocalypse - les quatre à la fois. À la vitesse limitée que lui inflige son quintal, cependant, je ne risque pas grand-chose. Quand il arrive à ma hauteur, je prends le parti de serrer les dents sans broncher le temps qu'il déverse sa colère. Je n'ai plus l'énergie de réagir. Je n'ai plus l'énergie de quoi que ce soit, en fait... Je l'entends à peine, et ne vois même pas son visage. Je me sens hors du monde, comme un ectoplasme qui résiderait dans une dimension parallèle où le temps s'écoule au ralenti.
      Je réponds en pensées uniquement. Ouais, j'ai envoyé une putain de canette dans ton clébard. Nan, j'lai pas fait exprès. Il a toujours son œil, non ? Il a toujours le poil noir luisant, la truffe humide, la langue pendante, n'est-il pas ? D'ailleurs, il a l'air déjà plus préoccupé par les effluves émanant des déjections d'un comparse que par l'outrage qui lui a été fait.
      Le débit du proprio du clebs finit par se tarir. Je crois qu'il réalise que je fais un piètre punching-ball et qu'il va devoir aller répandre son fiel ailleurs. Il renifle d'un air important, puis, d'un geste de la main qui semble me signifier mon insignifiance, prend congé de moi.

      Je lève les yeux vers le ciel gris, ceint de bâtiments ternes aux vitres aveugles. Tout autour, le monde m'apparaît sans relief aucun. Les gens qui me croisent ou me dépassent m'apparaissent plats, comme dans ces vieux films muets en noir et blanc. Ils marchent au pas, d'un air pressé, sous la bruine de ce mois de septembre. C'en serait presque comique, si c'était pas aussi déprimant.

      J'avais de l'énergie, pourtant. J'en ai eu des flots à revendre, en mon temps. P't-être bien que je l'ai brûlée par les deux bouts, que c'est pour ça qu'il m'en reste rien. Je regarde la foule autour de moi d'un air dégoûté. J'ai plus voyagé que tous ces péquenauds réunis. Chili, Inde, Burundi, Suède, Guatemala, Japon, Vietnam, Libye,... Sans compter les trois quarts de l'Europe.
      J'ai tout vu, tout entendu, tout fait. J'ai vécu cinq vies en une. Qui d'autre peut se targuer d'avoir enseigné les mathématiques au Maroc, d'avoir travaillé à réparer les machines d'imagerie médicale au Sénégal et d'avoir été professeur de parapente au Pérou ?
      Et qu'est-ce qu'il me reste de tout ça, maintenant ?
      Je reprends mon trajet, indécis quant à ma destination.
      Au cours de toutes mes pérégrinations, j'ai toujours eu un mot d'ordre : « quand tu sais pas quoi faire, fais comme les locaux. » Ils font quoi, les habitants de Chausy-En-Aultre, quand ils viennent de se faire recaler à un entretien d'embauche ?
      C'est le moment que choisit un rire gras pour monter d'une porte de bois largement ouverte, à côté de laquelle une pin-up aux jambes trop longues m'adresse un clin d'œil, le doigt aguicheur pointé sur une affiche « Café ─ Bar ─ Petite restauration ». Je m'approche. Vue de plus près, la pin-up est vraiment dessinée de la main gauche. Son œil droit dit merde à l'autre, elle a un sourire de travers et ses mains sont beaucoup trop petites par rapport au reste de son corps.
      Non, quand même pas.
      Cette fois, je vais faire une entorse à ma règle d'or.

     Je me détourne, l'esprit vide. Cette envie de rien. Je ne sais pas d'où elle vient, je n'ai jamais connu ça. En fait, je crois que je n'avais jamais tout su auparavant, comme je sais maintenant.
      Je sais que si je rentre dans ce café, je vais voir Dédé, 57 ans, accoudé au bar avec une chope à moitié pleine dans la main, une goutte d'alcool perdue dans sa barbe, poser brutalement contenant et contenu sur le bois taché en grognant tandis que l'équipe locale de foot perd lamentablement contre l'équipe d'à côté sur le vieil écran de télé suspendu dans un coin.
      Je sais que si je continue ma route vers le parc, je vais passer à côté du SDF qui a fait d'un coin de rue son chez-lui, celui qui a les deux dents de devant manquantes. Je fais toujours semblant de regarder dans mon porte-monnaie quand il m'accoste, mais je n'ai jamais de pièce sur moi, et je le sais pertinemment. Lui aussi, je crois.
      Je sais que si je rentre chez moi, à cette heure-ci, je vais me taper les transports surchargés de monde, dont la blonde platine qui habite près de chez moi et qui va commencer sa rotation au café où elle travaille, habillée, comme tous les jeudis, de sa jupe courte turquoise et de son haut noir.
      J'ai l'impression que tous mes futurs possibles s'étalent devant moi comme une morne succession de choix aux conséquences prévisibles. Et je déteste ça.

      Sur un coup de tête, je prends la première rue qui s'offre à ma droite. Je ne sais pas où elle mène, et c'est exactement l'idée.
      Elle est sale, étroite, vide... et dénuée de tout intérêt.
      Aussitôt, mon élan de témérité s'envole, et je m'arrête. Un brutal accès d'hilarité désabusée me gagne, et un rire jaune m'échappe. Comment en suis-je arrivé à essayer de pimenter ma vie en prenant une rue au hasard dans la ville calme où j'habite ? C'est pathétique. Si quelqu'un me voyait maintenant, ricanant tout seul dans une ruelle sombre, je serais bon pour l'asile. Ça, ce serait une vraie aventure, un changement inattendu.

      Mes jambes s'animent d'elles-mêmes et me guident dans le dédale des rues, tandis que je garde les yeux fixés au sol. Je prends une intersection, puis une deuxième. J'avance ainsi, le regard vide, durant un temps qui me paraît infini, avant de déboucher sur une petite place engoncée entre cinq immeubles gris, dont le centre est occupé par une vieille fontaine asséchée. La sculpture géométrique de métal qui la surmonte est hideuse.
      La terrasse d'un unique café déborde sur les pavés inégaux, occupée par un couple aux yeux bovins en train de boire en silence, l'un en face de l'autre, plongés dans leurs pensées au point qu'on se demande s'ils referont un jour surface. Une dame âgée accompagné d'un petit chien blanc qui jappe à ses côtés lit son journal, tout en sirotant à gorgées économes un thé déjà froid.
      Je décide de m'asseoir face à la fontaine, à côté d'une table qui semble prise, mais dont l'occupant est momentanément absent. Un serveur aux allures de mafieux russe vient prendre ma commande. Une bière pression s'il vous plaît.

      Je suis en train de tenter de déterminer par élimination de quel trouble psychiatrique l'auteur de la fontaine devait être atteint, lorsque j'entends des pas claquer dans mon dos. Une personne s'approche de la table attenante à la mienne - une femme, vu le bruit de talons qui la précède. Lorsqu'elle arrive à quelques mètres de moi, je tourne légèrement la tête pour la détailler discrètement.
      Elle tranche totalement sur toute la grisaille environnante. Habillée d'une robe jaune à fleurs qui souligne sa taille fine, elle porte des talons et une fine étole aussi écarlates que ses ongles, parfaitement unis avec son rouge à lèvres. Le visage carré et sûr, les yeux verts soulignés par un train de khôl, elle dispense une impression de liberté encore accentuée par ses cheveux auburn frisés, décoiffés, coupés juste sous le menton. Elle fouille dans son sac à la recherche, probablement, de son portefeuille. Elle en sort divers objets qu'elle pose sur la table.
      Une moto pétarade alors violemment à l'autre bout de la place, et passe dans un vrombissement orageux, détournant mon attention de la jeune femme durant quelques instants. Quand mon regard se porte de nouveau sur elle, elle est en train de déposer un billet sur sa table. Elle range rapidement ses affaires et s'en va. Je la regarde s'éloigner, intrigué, me questionnant sur ses origines, sa vie, ses occupations...
      Le serveur ne tarde pas à venir chercher son maigre gain. Tandis qu'il débarrasse le verre de mon inconnue, je remarque quelque chose au sol : une paire de lunettes noires, probablement tombées du sac de ma voisine de table tandis qu'elle le retournait de fond en combles. J'attends que le serveur soit parti, puis je me penche et les ramasse.

      Elles me frappent comme étant étrangement banales pour la personne que je viens de voir partir. Ni vraiment rondes ni tout à fait carrées, ni grandes ni petites, elles pourraient appartenir tant à un homme qu'à une femme. Elles n'ont aucun charme, aucun cachet. J'ai du mal à imaginer une jeune femme aussi haute en couleurs porter un accessoire pareil.
      Je glisse les lunettes dans une poche large, avec la vague idée de revenir ici un jour prochain pour revoir cette fille et engager la conversation en les lui rendant. Au pire, je les garderai pour moi. Il m'en manquait justement.

      Une heure plus tard, je règle à mon tour ma consommation et prends le chemin de mon appartement. Je passe une soirée insipide à boire une deuxième bière tiède devant une émission de télé-réalité qui me grille les neurones au lance-flammes, puis à lire les trois messages que mes rares connaissances m'ont envoyés pour s'enquérir de mon épreuve du jour. Je leur fais comprendre mon énième échec en quelques phrases courtes qui n'incitent pas au développement, puis je me mets au lit, en tentant de ne pas penser à l'état de mon compte en banque... ni à celui de mon existence en général.

      Le lendemain, le soleil apparaît pour la première fois derrière l'épaisse couche de nuages qui semblait avoir définitivement conquis le ciel. Les températures sont remontées, contrairement à mon moral. En milieu d'après-midi, poussé par un sentiment d'étouffement difficilement contrôlable, je finis par fuir mon lieu de résidence.
      Dehors, la lumière m'aveugle l'espace d'un instant au moment où je franchis le seuil de mon immeuble. La main en visière, je laisse à mes yeux quelques secondes pour s'acclimater, puis je me remets en marche, sans trop savoir pourquoi. Je suis aussi perdu que la veille, mais je sens le besoin de sortir, de me diriger quelque part, n'importe où. Peut-être pour compenser cette impression lancinante de foncer droit dans le mur.
      Les rayons solaires se reflètent sur les façades anthracite tandis que j'avance. Un temps pareil en cette saison est plutôt exceptionnel, mais je ne parviens pas à en profiter. Tout ce que cela m'apporte, ce sont des yeux larmoyants.
      Je me souviens alors des lunettes de soleil toujours enfoncées dans la poche de mon jeans. Parfois, malgré tout, la vie n'est pas si mal faite. Je les sors, les déplie et les examine puis, avec un haussement d'épaules, les installe sur mon nez.

      Contrairement à ce que j'anticipais, mon environnement ne s'assombrit pas. Certes, je ne suis plus ébloui par le soleil, mais je n'ai pas l'impression de voir ce qui m'entoure au travers d'un filtre monochrome, comme ce devrait être le cas. Ma vision semble avoir changé, mais d'une manière que je peine à dépeindre.
      Le fait de les avoir sorties me ramène à la jeune inconnue de la veille, et l'envie me prend de tenter de la retrouver pour lui rendre son bien... en échange, idéalement, d'un café avec elle.
      Tandis que je déambule dans la ville, je remarque l'un ou l'autre détail étrange, comme par exemple cet arbre, desséché, dont les branches tortueuses s'élancent vers le ciel tels des doigts accusateurs proférant quelque malédiction, ou cette façade miteuse dont la peinture blanche craquelée par endroits révèle une brique rouge sang, comme une plaie ouverte qui ne cicatrisera jamais. Je vois des vêtements colorés d'homme et de femme sécher à un balcon et se soulever sous une brise légère, puis s'enlacer comme le feraient des amants. J'aperçois, dans un coin de rue, une mousse verte et douce tenter de conquérir un mur, mais être mise en échec par le béton noir. Un chien qui aboie derrière une barrière m'apparaît comme un dangereux molosse prêt à déchirer ma chair entre ses dents jaunes, un enfant dans une poussette souffle des bulles irisées dont les reflets me rappellent quelque nébuleuse.

      Le retour à la place de la veille se déroule ainsi comme une aventure. Les couleurs sont aussi vives que la joie ou aussi sombres que la mort. Les contrastes sont plus marqués, les objets prennent vie, chaque évènement se pare d'une signification cachée. Et cette impression d'irréel gonfle à chaque pas que je fais.
      Lorsque j'arrive enfin devant le café, une grande déception m'attend. De jeune fille en robe jaune, point. En revanche, la vieille dame de la veille est de nouveau là, en train de siroter son thé. Je la reconnais, mais elle m'apparaît sous un tout autre jour que la veille. Je prends un instant pour détailler la légère courbure distinguée de son poignet lorsqu'elle porte la tasse à ses lèvres, la fragilité de l'âge qui fait trembloter son bras. Je remarque les fines rides qui tissent sur son visage une toile unique, comme si sa peau était parée d'une dentelle des plus délicates, ainsi que le bleu vif et intelligent de ses yeux qui n'a point été terni par les ans.
      Je décide de m'installer et d'attendre, un expresso fumant posé devant moi.

      Je manque de tomber de ma chaise lorsque, un quart d'heure environ après mon arrivée, je vois accourir la jeune femme de la veille. Pas de robe, cette fois, mais un pantalon taille haute de lin blanc ceint d'une large ceinture noire, et surmonté d'un top bleu vif. Elle s'avance d'un pas pressé, mais racé, qui conserve toute son élégance. Elle garde les yeux fixés sur le café et se penche d'un côté puis de l'autre, comme si elle cherchait à apercevoir quelque chose.
      Finalement son regard se pose sur moi, et elle semble percuter un mur invisible. Ses yeux s'agrandissent de surprise et je vois un « o » parfait se dessiner sur ses lèvres pleines. Nous restons là quelques instants, à nous dévisager, puis son expression se transforme en un masque mystérieux. Elle s'approche d'une démarche lente, mesurée, presque chaloupée.
      ─  Bonjour, me dit-elle, d'une voix claire.
      ─  Bonjour.
      ─  Vous avez trouvé les lunettes.
Elle a un petit sourire en coin et ses yeux brillent d'une étincelle espiègle.
      ─  Oui, je suis venu vous les rendre.
      ─  Inutile.
Elle m'arrête d'un geste alors que je m'apprête à me lever, puis soupire.
      ─  Elles vous ont choisi. Promettez-moi seulement de les laisser partir lorsqu'elles choisiront quelqu'un d'autre. Mais, pour l'heure, c'est à votre tour,...
      ─  À mon tour de quoi ?
      ─  De voir.
Et, sur cette phrase sibylline, elle tourne talons et s'éloigne, disparaissant de ma vue tel un mirage.
« Modifié: 30 juin 2019 à 14:45:34 par Mystère »
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #1 le: 24 juin 2019 à 17:23:03 »
Yo Mystère!

D'abord les détails:

Citer
Il a toujours son œil, non ? Il a toujours le poil noir luisant, la truffe humide, la langue pendante, n'est-il pas ?
:D

Citer
Je crois qu'il réalise que je fais un piètre punchingball et qu'il va devoir aller répandre son fiel ailleurs. Il renifle d'un air important, puis, d'un geste de la main qui semble me signifier mon insignifiance, prend congé de moi.
J'aime bien

Citer
Les gens qui me croisent ou me dépassent m'apparaissent plats, comme des dessins dans un cartoon.
Je comprends l'image, mais pour moi elle ne fonctionne pas très bien, parce que meme si les cartoons sont plats, ils sont très colorés et du coup ca détonne avec le monde sans couleurs sans relief ressenti par le narrateur

Citer
En fait, je crois que je n'avais jamais tout su auparavant, comme je sais maintenant.
      Je sais que si je rentre dans ce café, je vais voir Dédé, 57 ans, accoudé au bar avec une chope à moitié pleine dans la main, une goutte d'alcool perdue dans sa barbe, poser brutalement contenant et contenu sur le bois taché en grognant tandis que l'équipe locale de foot perd lamentablement contre l'équipe d'à côté sur le vieil écran de télé suspendu dans un coin.
      Je sais que si je continue ma route vers le parc, je vais passer à côté du SDF qui a fait d'un coin de rue son chez-lui, celui qui a les deux dents de devant manquantes. Je fais toujours semblant de regarder dans mon porte-monnaie quand il m'accoste, mais je n'ai jamais de pièce sur moi, et je le sais pertinemment. Lui aussi, je crois.
      Je sais que si je rentre chez moi, à cette heure-ci, je vais me taper les transports surchargés de monde, dont la blonde platine qui habite près de chez moi et qui va commencer son shift au café où elle travaille, habillée, comme tous les jeudis, de sa jupe courte turquoise et de son haut noir.
      J'ai l'impression que tous mes futurs possibles s'étalent devant moi comme une morne succession de choix aux conséquences prévisibles. Et je déteste ça.
bon ca lui donne un petit coté arrogant, par contre je trouve que les exemples choisis sont un peu clichés: le vieux et sa bière, le SDF, la blonde platine qui est serveuse. Si c'est ca ses exemples, je me dis que clairement, il ne sait pas grand chose. Mais c'est peut etre ca que tu veux montrer, qu'il ne sait pas et ne voit pas.

Citer
Un brutal accès d'hilarité désabusée me gagne, et un rire jaune m'échappe. Comment en suis-je arrivé à essayer de pimenter ma vie en prenant une rue au hasard dans la ville calme où j'habite ? C'est pathétique.
pathétique et pourtant comme je le comprends  :mrgreen:

A partir de là, ca me plait de plus en plus (le début était un peu cliché-attendu à mes yeux).

Citer
avant de déboucher sur une petite place engoncée entre cinq immeubles gris
j'aime bien, je représente vachement

Citer
tout en sirotant à petites gorgées économes
je suis pas sure que l'adjectif "petites" soit nécessaire ici

Citer
Ni rondes ni carrées
pour moi ca les rends non banales de ne pas etre rondes ou carrées, il n'y a pas mille options de formes pour des lunettes  :mrgreen:

Citer
ni à celui de mon existence en général.
j'aime bien

Citer
le soleil apparaît pour la première fois derrière l'épaisse couche de nuages
de derrière ?

Citer
Les couleurs sont aussi vives que la joie ou aussi sombres que la mort.
j'aime bien

Citer
En revanche, la vieille dame de la veille est de nouveau là, en train de siroter son thé. Je la reconnais, mais elle m'apparaît sous un tout autre jour que la veille. Je prends un instant pour détailler la légère courbure distinguée de son poignet lorsqu'elle porte la tasse à ses lèvres, la fragilité de l'âge qui fait trembloter son bras. Je remarque les fines rides qui tissent sur son visage une toile unique, comme si sa peau était parée d'une dentelle des plus délicates, ainsi que le bleu vif et intelligent de ses yeux qui n'a point été terni par les ans.
:coeur:

Citer
Elle m'arrête d'un geste alors que je m'apprête à me lever, puis soupire.
      ─  Elles vous ont choisi. Promettez-moi seulement de les laisser partir lorsqu'elles choisiront quelqu'un d'autre. Mais, pour l'heure, c'est à votre tour,...
      ─  À mon tour de quoi ?
      ─  De voir.
Et, sur cette phrase sibylline, elle tourne talons et s'éloigne, disparaissant de ma vue tel un mirage.
:coeur:

Alors en général, j'ai bien aimé. Ca se lit bien du début à la fin. J'ai une préférence pour la deuxième moitié du texte. C'est bien écrit, après pour moi, ca aurait encore plus pu aller dans l'excès, autant dans son moment de déprime qu'à partir du moment où il chausse les lunettes. L'écriture pourrait etre encore plus intense et immersive, mais c'était déjà bien dans le sens où je n'ai pas décroché un seul instant.

J'ai aussi bien aimé la chute.

Voilà, merci pour l'agréable lecture  :)
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #2 le: 25 juin 2019 à 00:29:58 »
Hoy Mystère ! o/

Citer
Marre.
      Marre de ces gens, marre de cette ville, marre de ce monde de merde.
=> comme ça le cadre est posé, je comprends bien de quoi il s'agit :mrgreen:
Citer
planté là comme un poireau pas frais.
=> :D
Citer
regard de défi au gens
=> aux
Citer
Visiblement, moi, je ne correspondais pas.
=> :(
Citer
dans la gueule d'un chien dont le propriétaire fait un bond de surprise, puis s'insurge.
=> :o (pauvre toutou :()
Citer
Il fonce sur moi comme les Cavaliers de l'Apocalypse - les quatre à la fois.
=> :viviane:
Citer
Je l'entends à peine, et ne vois
=> pas de virgule avant un "et" de liaison
Citer
D'ailleurs, il semble déjà plus préoccupé par les effluves émanant des déjections d'un comparse que par l'outrage qui lui a été fait.
=> ^^
Citer
punchingball
=> en 2 mots ou avec un tiret
Citer
vitres aveugles
=> j'aime bien cette expression :coeur: (mais je ne sais pas pourquoi)
Citer
me semble
=> tu répètes cette tournure de phrase régulièrement dans le texte (mais si la répétition ne te dérange pas, c'est OK pour moi !)
Citer
ce mois de Septembre
=> pas de majuscules aux noms de mois
Citer
J'ai tout vu, tout entendu, tout fait. J'ai vécu cinq vies en une.
=> eh beh ! :o
Citer
Ils font quoi, les habitants de Chausy-En-Aultre, quand ils viennent de se faire recaler à un entretien d'embauche ?
=> :D
Citer
Café - Bar –
=> les tirets ne sont pas harmonisés
Citer
Son œil droit dit merde à l'autre, elle a un sourire de travers et ses mains sont beaucoup trop petites par rapport au reste de son corps.
=> roh le tableau :D
Citer
jamais de pièce sur moi, et je le sais
=> pas de virgule devant un "et" de liaison (académiquement, mais certain.e.s préfèrent les garder pour le rythme :))
Citer
habillée, comme tous les jeudis
=> j'imaginais la phrase se terminer là et ça m'a fait rire :D (désolée :-[)
Citer
désabusée me gagne, et un rire jaune
=> "," + "et"
Citer
Ça, ce serait une vraie aventure, un changement inattendu.
=> ah oui, il est quand même vachement désespéré... :D
Citer
un couple aux yeux bovins
=> :D
Citer
plongés dans leurs pensées au point qu'on se demande s'ils referont un jour surface
=> :D
Citer
s'il-vous plaît
=> pas de tiret
Citer
bout de la place, et passe dans un vrombissement
=> "," + "et"
Citer
une émission de télé-réalité qui semble me griller les neurones au lance-flammes
=>  :viviane:
Citer
puis je le mets au lit
=> me ?
Citer
la jeune inconnue de la veille, et l'envie me prend
=> "," + "et"
Citer
me paraît ainsi se dérouler comme aventure
=> comme une aventure ?
Citer
Je remarque les fines rides qui tissent sur son visage une toile unique, comme si sa peau était parée d'une dentelle des plus délicates, ainsi que le bleu vif et intelligent de ses yeux qui n'a point été terni par les ans.
=> :coeur:
Citer
un quart d'heure environs
=> environ
Citer
son regard se pose sur moi, et elle semble percuter un mur invisible
=> "," + "et"
Citer
  ─  À mon tour de quoi ?
      ─  De voir.
=> j'aime bien la chute ! :)

Au total, j'ai bien aimé. Je me suis bien marrée et ça m'a fait du bien :)
Dans les "pistes d'amélioration", peut-être que le ton du texte s'essouffle un peu au fur et à mesure. Peut-être aussi, comme le suggérait DLM que la 2e partie aurait pu être plus accentuée/exagérée.

:oxo:
« Modifié: 25 juin 2019 à 08:41:38 par Léilwën »
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #3 le: 25 juin 2019 à 07:50:00 »
Beau texte, belle écriture et bonne histoire. J'ai aimé et même beaucoup.
Je pensais émettre quelques défauts, mais ils me semblent maintenant inutiles, je les garde donc pour moi sans regrets. ;) Je crois qu'une histoire s'apprécie aussi pour et par ses imperfections qui ne sont toutefois jamais communes à tous les lecteurs.
Votre récit a atteint son but en aiguisant mon imagination pour envisager "tous les après possibles", cela me comble. Merci. ::)
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans l'Herbe rouge.

Hors ligne Ocubrea

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #4 le: 25 juin 2019 à 13:58:46 »
Bonjour tout le monde ! :)

Merci beaucoup pour vos commentaires, aussi doux pour l'égo que constructifs !

Pour répondre à la remarque générale qui m'a été faite, le choix de ne pas aller trop dans l'excès était délibéré (je savais d'ailleurs que j'allais avoir des commentaires à ce propos :P). Le sujet de ce défi de Juin était :
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Une personne désœuvrée tombe sur une paire de lunettes de soleil abandonnée dans un coin de rue. Pensant à en tirer quelque intérêt, elle la ramasse et les met d'un geste instinctif. Le monde change alors soudainement d'apparence : chaque chose qui croise son regard lui apparaît différent, merveilleux, transfiguré. Elle a reçu des yeux de poète.
En lisant ça, il y avait pour moi deux choses importantes. La première était de décrire le "désœuvrement" et non pas la "dépression". La nuance n'est pas toujours évidente, mais je tenais à essayer... Et par essence, le désœuvrement, bien que source de souffrance lui-aussi, suscite de mon point de vue des affects moins extrêmes que la dépression.
La deuxième chose importante pour moi était liée au "yeux de poète". Pour moi, un poète ne regarde pas ce qui l'entoure avec un regard halluciné. Il ne voit que la réalité qui l'entoure, mais de façon plus acérée, en notant des détails subtils qui échappent aux autres, en prêtant aux objets des intentions ou une vie particulière, ou encore en interprétant différemment des gestes, des évènements du quotidien. Il ne s'agit donc pas de quelque chose de spectaculaire, mais plutôt d'une somme de petites observations qui, cumulées, changent complètement le regard qu'il porte sur le monde.

Donc voilà, j'ai conscience que cela rend peut-être le texte moins, "haletant", moins accrocheur, mais comme il s'agissait ici plus d'un exercice que d'un texte destiné à être diffusé largement, je voulais m'essayer à la subtilité :D Maintenant si c'est raté, c'est raté, j'en prends simplement acte pour la prochaine fois !

@ derrierelemiroir :
Un tout grand merci pour tes observations !

Citer
Je comprends l'image, mais pour moi elle ne fonctionne pas très bien, parce que même si les cartoons sont plats, ils sont très colorés et du coup ca détonne avec le monde sans couleurs sans relief ressenti par le narrateur.
Tu as raison, je vais essayer de trouver quelque chose de mieux ! (Dans ma tête je crois que j'avais aussi vaguement cette idée du ridicule, du grotesque souvent présent dans les cartoons).

Citer
bon ca lui donne un petit coté arrogant, par contre je trouve que les exemples choisis sont un peu clichés: le vieux et sa bière, le SDF, la blonde platine qui est serveuse. Si c'est ca ses exemples, je me dis que clairement, il ne sait pas grand chose. Mais c'est peut être ca que tu veux montrer, qu'il ne sait pas et ne voit pas.
Eh bien c'était effectivement ça que je voulais montrer ! Que malgré tous ses voyages, il a toujours été attiré par l'exceptionnel, le grandiose, l'aventureux... et jamais par l'analyse ou la découverte du monde plus ordinaire qui l'entoure.

Citer
A partir de là, ca me plait de plus en plus (le début était un peu cliché-attendu à mes yeux).
Oui je comprends tout à fait, j'ai eu du mal avec le début, ce n'est pas du tout dans mon style habituel donc je pense que j'ai dû recourir à des clichés par manque d'habitude... et d'imagination ><. La suite me correspond beaucoup plus...

Citer
je suis pas sure que l'adjectif "petites" soit nécessaire ici
Aheum voui effectivement...

Citer
pour moi ca les rends non banales de ne pas etre rondes ou carrées, il n'y a pas mille options de formes pour des lunettes  :mrgreen:
Ah, j'essayais de dire qu'elles étaient un peu entre les deux... avec une partie en ligne droite et les angles ronds, mais d'une manière pas forcément très réussie. Je vais modifier ça pour que ce soit plus clair.

Citer
de derrière ?
Pourquoi "de derrière" ? Je ne suis pas fondamentalement contre mais j'ai du mal à percevoir le problème avec la phrase telle qu'elle est :)

Merci aussi beaucoup d'avoir souligné tous les points qui t'ont plu, ça m'aide à savoir ce qui marche bien ! (Et puis faut bien dire que ça fait du bien au moral hihihihi ;D).

@ Léilwën :
Merci à toi aussi d'avoir décortiqué mes phrases et débusqué mes fautes ! Je ne répondrai pas aux remarques concernant l'orthographe, la mise en forme ou la ponctuation, mais je les prends évidemment en compte pour corriger mon texte... Merci !

Citer
comme ça le cadre est posé, je comprends bien de quoi il s'agit :mrgreen:
Oui j'avais peur que le début soit trop facile, ou trop dans la caricature. Puis je me suis dit zut tant pis j'y vais.

Citer
tu répètes cette tournure de phrase régulièrement dans le texte (mais si la répétition ne te dérange pas, c'est OK pour moi !)
Oups, nope, pas fait exprès, je vais essayer de varier les plaisirs !

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Citer
J'ai tout vu, tout entendu, tout fait. J'ai vécu cinq vies en une.
=> eh beh ! :o
Le pire, c'est que pour cette partie, j'ai pensé à quelqu'un de proche qui a vraiment enseigné les mathématiques au Maroc, travaillé à réparer les machines d'imagerie médicale au Sénégal et été professeur de parapente (mais pas au Pérou). Il a aussi fait la traversée de l'Atlantique à la voile, il est Dive Master de plongée sous marine, a terminé des cours du soir pour devenir photographe pro, aime peindre, sait piloter un avion (un petit) et j'en passe... Mais je me suis dit que si je rajoutais tout ça, mon personnage perdrait complètement en crédibilité ;D

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pas de virgule devant un "et" de liaison (académiquement, mais certain.e.s préfèrent les garder pour le rythme :))
Si ce n'est pas une interdiction absolue, je les garde ! ;) Personnellement, je lis la phrase différemment dans ma tête avec ou sans la virgule, donc je trouve qu'elle apporte quelque chose.

Citer
Dans les "pistes d'amélioration", peut-être que le ton du texte s'essouffle un peu au fur et à mesure.
Je suis d'accord avec toi. Peut-être parce que je m'essoufflais moi-même.

Sinon, comme pour dlm, merci d'avoir pointé les passages qui t'ont fait rire ou sourire, et de m'avoir donné tes réactions sur d'autres... C'est cool de voir qu'on peut susciter un petit moment d'hilarité (aussi court ou ténu soit-il) ;)

 :oxo:

@ BAGHOU :
Très heureux.se d'apprendre que ce texte t'a plu ! (Désolé.e, je ne sais pas vouvoyer sur ce forum, et je t'encourage à me tutoyer également !).

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Je pensais émettre quelques défauts, mais ils me semblent maintenant inutiles, je les garde donc pour moi sans regrets. ;) Je crois qu'une histoire s'apprécie aussi pour et par ses imperfections qui ne sont toutefois jamais communes à tous les lecteurs.
Oh, il ne faut pas se réfréner ! On poste nos écrits sur ce forum précisément pour recevoir des critiques de personnes ayant des avis différents et des points de vue variés... Pour être franc.he, j'ai vraiment approché ce texte comme un pur exercice, je n'y tiens pas plus que ça, et c'est donc l'occasion rêvée pour moi de récolter le plus de critiques possible ! ;)

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Votre récit a atteint son but en aiguisant mon imagination pour envisager "tous les après possibles", cela me comble. Merci. ::)
Ah, bah.. euh, mais... de rien ! :-[
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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #5 le: 25 juin 2019 à 15:28:48 »
Bonjour,
J'ai bien aimé les comparaisons qui viennent à l'esprit du narrateur une fois qu'il met les lunettes : toutes les personnifications, la vie ou les intentions attribuées aux objets. L'attention aux détails. J'ai bien aimé aussi le côté fade et entièrement connu de la ville, la vision en 2D.
Pour le reste j'ai trouvé l'histoire un peu trop caricaturale, mais je pense que c'est biaisé par le fait que j'en connaissais déjà l'intrigue. Comme on démarre tous de la même histoire, le regard porté sur les oeuvres est un peu différent, et ici je n'ai pas trouvé "l'ingrédient en plus" (mais la consigne ne demandait pas d'ingrédient en plus, tu l'as scrupuleusement respectée). J'ai trouvé le regard "non poétique" un peu trop cliché... Les passages avec la femme ne m'ont pas séduite. J'ai trouvé un peu cliché aussi et presque incohérent qu'elle soit la seule à oser une tenue très haute en couleurs, alors que les "yeux de poète" poussent plutôt ton narrateur à faire attention aux fines nuances et aux détails.
Par ailleurs, je n'ai pas compris pourquoi le narrateur décrivait tant de voyages, tant de vies différentes. J'ai eu l'impression d'un élément gratuit, sans but, ce qui n'est pas critiquable en soi mais sur un texte aussi court et pour un élément si accentué, ça m'a troublée. Je pensais que ça allait s'intégrer d'une autre manière, qu'on en apprendrait un peu plus sur la personnalité ou les événements de vie de ce narrateur, qu'il avait eu des yeux de poète puis les avait perdu... Je ne sais pas trop.
Voilà, au final je trouve que tu as très bien respecté la règle, et si je ne connaissais pas ladite règle je serais sûrement bien plus emballée ; mais dans ce contexte précis, il m'a manqué quelque chose pour pleinement apprécier.

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #6 le: 27 juin 2019 à 15:52:58 »
yoooo


Citer
qui va commencer son shift
ouaip je vais faire le relou, mais c'est le premier truc qui me fait tiquer jusque là, vois pas l'intérêt de ce mot en anglais ici

Citer
Finalement, ces lunettes ne sont peut-être pas si banales que cela... Je crois que je les aime plutôt bien.
hm, je comprends pas bien pourquoi elles sont si spéciales, elles font juste pas un effet sombre quoi, en quoi ça pousserait à bien les aimer ?

Citer
  Je décide de m'installer et d'attendre, un expresso à la main.
On dirait qu'il reste en permanence avec son café à la main dit comme ça  :mrgreen:


Citer
un quart d'heure environs après mon arrivée, je vois accourir la jeune femme de la veille.
environ
accourir, on dirait qu'elle court ??
(et juste après elle arrive d'un pas racé, j'aime pas du tout cette comparaison animalière)




Au final j'ai bien aimé le texte aussi :)

L'écriture est bonne et j'ai pas relevé grand chose, y'a des petites touches d'humour qui relèvent sans arrêt l'attention, donc c'est cool, j'ai bien aimé ce perso blasé à en être pédant qui croit tout connaitre, ou plutôt qui ne voit plus que ce qui est prévisible, et j'ai bien aimé aussi les description poétiques qu'il voit, c'est à dire qu'il voit du sens à chaque fois dans des images anodines, et c'est cool ! Au final je dirai que c'est un texte très "contrôlé", dans le sens où les divagations, sauf peut-être au début, ne prennent pas le pas sur l'écriture, ne débordent pas, le texte laisse un sentiment linéaire quelque part


Merci pour ce texte !
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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #7 le: 27 juin 2019 à 23:34:06 »
@ Ariane :

Merci pour ton passage !

Citer
Pour le reste j'ai trouvé l'histoire un peu trop caricaturale, mais je pense que c'est biaisé par le fait que j'en connaissais déjà l'intrigue. Comme on démarre tous de la même histoire, le regard porté sur les oeuvres est un peu différent, et ici je n'ai pas trouvé "l'ingrédient en plus"
Effectivement, j'ai pris les consignes très au pied de la lettre et je n'ai absolument pas cherché l'originalité en écrivant.
D'une part, parce que l'exercice se situait pour moi ailleurs (dans le fait justement de respecter un scénario imposé, dans la manière d'amener le changement de perspective etc.).
D'autre part, tout simplement parce que les consignes en question ne m'inspiraient pas beaucoup (ce qui faisait aussi partie de l'exercice) et que je m'y suis pris.e tard. J'ai essayé de réfléchir à une manière de trouver le "petit plus" dont tu parles malgré tout, ce n'est pas venu, j'ai laissé tomber assez vite et j'ai écrit l'histoire "bateau" que j'avais en tête ;D

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J'ai trouvé un peu cliché aussi et presque incohérent qu'elle soit la seule à oser une tenue très haute en couleurs, alors que les "yeux de poète" poussent plutôt ton narrateur à faire attention aux fines nuances et aux détails.
Là pour le coup, il s'agit de sa personnalité à elle, ça n'a pas forcément de lien avec le regard de poète... C'était plus une question d'attirer le regard de mon narrateur pour qu'il puisse remarquer les lunettes au sol et avoir envie de les rendre à une femme qui lui semblait sortir du lot à ce moment-là. L'idée n'était pas de proposer une originalité qui serait propre à ceux qui ont possédé les lunettes. Mais je comprends que tu aies eu ce sentiment-là. :huhu:

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Par ailleurs, je n'ai pas compris pourquoi le narrateur décrivait tant de voyages, tant de vies différentes. J'ai eu l'impression d'un élément gratuit, sans but, ce qui n'est pas critiquable en soi mais sur un texte aussi court et pour un élément si accentué, ça m'a troublée.
L'idée ici était de faire la comparaison entre les vies extraordinaires que le narrateur a vécues jusque là, et celle qu'il est sur le point de mener avec les "yeux de poète". Si j'avais pu écrire un texte plus long, le narrateur aurait fini par comprendre qu'il n'avait pas forcément besoin de partir aussi loin et de chercher tous ces frissons pour rencontrer l'exceptionnel, mais qu'on peut le trouver à tous les coins de rue pourvu qu'on change de regard sur les choses. Bref, morale un peu bateau aussi, je te l'accorde.

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Voilà, au final je trouve que tu as très bien respecté la règle, et si je ne connaissais pas ladite règle je serais sûrement bien plus emballée ; mais dans ce contexte précis, il m'a manqué quelque chose pour pleinement apprécier.
Je suis désolé.e de ne pas être parvenu.e à te convaincre, mais je te remercie d'avoir pris le temps de m'expliquer pourquoi :) J'espère que tu seras plus emballée par un prochain écrit ! ;)

@Ben. G

Citer
ouaip je vais faire le relou, mais c'est le premier truc qui me fait tiquer jusque là, vois pas l'intérêt de ce mot en anglais ici
Alors celui-là est là pour deux raisons : 1) Je vis dans un environnement où l'utilisation de mots anglais dans la langue courante est extrêmement fréquente, elle est donc naturelle pour moi et 2) Le narrateur a beaucoup voyagé, a passé beaucoup de temps dans des communautés de tous horizons et donc des milieux essentiellement anglophones, je pense que c'est logique que ce soit naturel pour lui aussi.
M'enfin, si c'est trop gênant, je suis pas fondamentalement contre le changement ;)

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hm, je comprends pas bien pourquoi elles sont si spéciales, elles font juste pas un effet sombre quoi, en quoi ça pousserait à bien les aimer ?
J'aimais pas trop ces deux phrases de toute façon, je crois que je vais simplement les supprimer.

Citer
On dirait qu'il reste en permanence avec son café à la main dit comme ça :mrgreen:
Et pourquoi pas ? :mrgreen:

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environ
accourir, on dirait qu'elle court ??
(et juste après elle arrive d'un pas racé, j'aime pas du tout cette comparaison animalière)
Oui faute d'orthographe déjà signalée, je suis en train de ré-écrire le texte pour intégrer toutes les remarques :).
Dans ma tête, elle arrive de ce pas qu'on a entre la marche et le trottinement, quand on est très pressé mais qu'on ne veut pas courir...
Et pourquoi cette "comparaison animalière" te déplaît-elle ? Elle est pourtant relativement commune... Dans le dictionnaire Larousse, les deux définitions données pour "racé" sont :
- Se dit d'un animal de race, possédant les qualités propres à une race : Cheval racé.
- Qui paraît représenter un type particulièrement fin et distingué, qui a de la classe, de l'élégance : Un homme racé. Un voilier racé.
Je fais évidemment référence à la seconde ;).

Merci à toi pour ton commentaire ! Je suis content.e que tu aies malgré tout apprécié dans l'ensemble :)
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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #8 le: 28 juin 2019 à 01:31:45 »
Citer
Si j'avais pu écrire un texte plus long, le narrateur aurait fini par comprendre qu'il n'avait pas forcément besoin de partir aussi loin et de chercher tous ces frissons pour rencontrer l'exceptionnel, mais qu'on peut le trouver à tous les coins de rue pourvu qu'on change de regard sur les choses.
Ah, je comprends mieux l'idée :)
Je me répète mais je souhaite préciser que ce ressenti du "dommage je cherchais l'ingrédient supplémentaire" est vraiment lié au contexte de ces lectures "en série" ; isolé le texte me plairait beaucoup plus :) donc c'était une critique non seulement subjective mais aussi très circonstancielle.

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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #9 le: 28 juin 2019 à 02:08:42 »
Citer
Alors celui-là est là pour deux raisons : 1) Je vis dans un environnement où l'utilisation de mots anglais dans la langue courante est extrêmement fréquente, elle est donc naturelle pour moi et 2) Le narrateur a beaucoup voyagé, a passé beaucoup de temps dans des communautés de tous horizons et donc des milieux essentiellement anglophones, je pense que c'est logique que ce soit naturel pour lui aussi.
M'enfin, si c'est trop gênant, je suis pas fondamentalement contre le changement ;)

Hm, sauf que du coup en tant que lecteur découvrant ce texte, je peux connaitre que les données qu'il me donne, donc le 1), je peux pas être au courant et pour le 2) il n'y a pas d'autres ocurrences du genre dans le reste du texte (ça m'aurait fait moins bizarre sinon ^^ ), du coup je le ressens pas comme ça du tout

Et pour racé, c'est très perso, mais du coup le fait de l'utiliser sur des personnes ou objets reste un dérivé du mot race qui dénote d'une autre époque, et je trouve ça juste vraiment moche quoi
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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #10 le: 08 juillet 2019 à 11:35:53 »
Re !
Pas pu répondre avant aujourd'hui, désolé.e ><
Par contre j'ai déjà pu modifier le texte en tenant compte de vos remarques il y a quelques jours, merci ! :)

@ Ariane
Pas de souci, j'ai bien compris ! Merci d'être repassée préciser ta pensée.

@ Ben.G
Comme j'ai dit pour "shift", je n'étais pas attaché.e à ce mot en particulier, je l'ai modifié pour rester dans du pur francophone (moi ça me fait bizarre, mais bon...).
Le "racé" par contre, je l'ai gardé ;)

Merci encore d'avoir pris le temps de revenir, à plus !
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Re : L'aventurier du quotidien [défi juin 2019]
« Réponse #11 le: 09 juillet 2019 à 21:55:47 »
Salut Mystère !

J'ai bien aimé ton texte, pas mal de passages m'ont fait sourire.
En bémol, peut-être quelques longueurs quand le personnage erre dans la ville. Je crois aussi que j'aurais bien aimé s'il y avait eu un élément de surprise, un petit écart par rapport à la description du sujet de départ... mais c'est peut-être juste parce que je commence à avoir lu pas mal de textes du défi ^^

Remarques dans le détail :

Citer
Visiblement, moi, je ne correspondais pas.
Sympa, cette chute de premier paragraphe ^^

Citer
Il fonce sur moi comme les Cavaliers de l'Apocalypse - les quatre à la fois.
:D

Citer
Il a toujours le poil noir luisant, la truffe humide, la langue pendante, n'est-il pas ?
je trouve que le "n'est-il pas" ne colle pas trop avec les questions précédentes où tu es passé à un style très familier

Citer
D'ailleurs, il a l'air déjà plus préoccupé par les effluves émanant des déjections d'un comparse que par l'outrage qui lui a été fait.
:D

Citer
d'un geste de la main qui semble me signifier mon insignifiance
Je ne suis pas fan de la répétition signifier + insignifiance

Citer
C'en serait presque comique, si c'était pas aussi déprimant.
Mmm ici pareil, pourquoi enlever la négation alors que ce n'est pas le cas dans le reste du texte ? Même si tu mélanges du vocabulaire familier et + soutenu (j'aime bien d'ailleurs !), je dirais qu'il vaut mieux garder une cohérence sur ce point.

Citer
que c'est pour ça qu'il m'en reste rien
Idem ici.

Citer
Chili, Inde, Burundi, Suède, Guatemala, Japon, Vietnam, Libye,... Sans compter les trois quarts de l'Europe
Sauf erreur de ma part, pas besoin de la virgule après "Libye" ni de la majuscule à "sans"

Citer
Qui d'autre peut se targuer d'avoir enseigné les mathématiques au Maroc, d'avoir travaillé à réparer les machines d'imagerie médicale au Sénégal et d'avoir été professeur de parapente au Pérou ?
... en effet, haha

Citer
Cette fois, je vais faire une entorse à ma règle d'or.
C'est-à-dire qu'il décide de ne pas rentrer ?

Citer
Je sais que si je rentre dans ce café, je vais voir Dédé, 57 ans, accoudé au bar avec une chope à moitié pleine dans la main, une goutte d'alcool perdue dans sa barbe, poser brutalement contenant et contenu sur le bois taché en grognant tandis que l'équipe locale de foot perd lamentablement contre l'équipe d'à côté sur le vieil écran de télé suspendu dans un coin.
      Je sais que si je continue ma route vers le parc, je vais passer à côté du SDF qui a fait d'un coin de rue son chez-lui, celui qui a les deux dents de devant manquantes. Je fais toujours semblant de regarder dans mon porte-monnaie quand il m'accoste, mais je n'ai jamais de pièce sur moi, et je le sais pertinemment. Lui aussi, je crois.
C'est peut-être moi, mais ça me parait un peu "cliché" comme vision de la vie et des gens qu'aurait quelqu'un qui a visiblement beaucoup voyagé et vécu de choses ?

Citer
les yeux verts soulignés par un train de khôl
Un trait, peut-être ? ^^

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Les rayons solaires se reflètent sur les façades anthracite tandis que j'avance
Ça me parait assez peu naturel, comme expression, "rayons solaires"

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Tandis que je déambule dans la ville, je remarque l'un ou l'autre détail étrange, comme par exemple cet arbre, desséché, dont les branches tortueuses s'élancent vers le ciel tels des doigts accusateurs proférant quelque malédiction, ou cette façade miteuse dont la peinture blanche craquelée par endroits révèle une brique rouge sang, comme une plaie ouverte qui ne cicatrisera jamais. Je vois des vêtements colorés d'homme et de femme sécher à un balcon et se soulever sous une brise légère, puis s'enlacer comme le feraient des amants. J'aperçois, dans un coin de rue, une mousse verte et douce tenter de conquérir un mur, mais être mise en échec par le béton noir. Un chien qui aboie derrière une barrière m'apparaît comme un dangereux molosse prêt à déchirer ma chair entre ses dents jaunes, un enfant dans une poussette souffle des bulles irisées dont les reflets me rappellent quelque nébuleuse.
On sent bien le changement de ton par rapport à "avant les lunettes", mais il y a un peu trop de "comme" dans ce paragraphe, je trouve, du coup les structures de phrase sont un peu répétitives.

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Elle s'avance d'un pas pressé, mais racé
L'adjectif "racé" appliqué à un pas humain me semble bizarre - je ne vois pas trop ce que ça peut décrire, en plus

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Elles vous ont choisi. Promettez-moi seulement de les laisser partir lorsqu'elles choisiront quelqu'un d'autre.
Sympa cette fin !

Merci pour la lecture !

 


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