Le Monde de L'Écriture

08 Septembre 2010 à 00:17:27
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Auteur Fil de discussion: Cap dur  (Lu 168 fois)
Ellitrym
Buvard

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« le: 29 Octobre 2009 à 17:52:42 »

Bonjour à tous ! Cela faisait un moment que je n'étais pas repassée... Quoiqu'il en soit, je vous propose cette nouvelle, écrite pour un concours, découpée en plusieurs parties. Bonne lecture à tous !

__________________________________________________________________________________________________________________________________


CAP DUR


   
De l’eau. Encore et toujours de l’eau. Gabriel avait beau chercher de tous les côtés, pas un seul morceau de terre n’apparaissait dans ce désert bleu-gris. Et cela commençait à l’agacer sérieusement.
   Un oiseau plongea sous les yeux du jeune mousse, resta quelques secondes en apnée et fusa vers le ciel dans une gerbe de gouttelettes scintillantes, un poisson encore frétillant de vie dans le bec. « Pauvre poisson… », ne pouvait s’empêcher de penser le garçon.
  - Gabriel !
   L’interpellé sursauta, se retourna et manqua de s’étaler de tout son long lorsqu’une vague plus puissante que les autres vint s’écraser contre la coque du grand voilier. Le solide marin qui faisait face au garçon le rattrapa d’un ample mouvement du bras. Gabriel marmonna un vague merci.
  - Je ne te paie pas pour que tu regardes les oiseaux ! Si j’ai insisté auprès du Vieux pour que tu intègres l’équipage, c’est pour que tu travailles !
   Voyant la mine sincèrement désolée et effrayée du mousse, le marin se radoucit. Il savait bien que Gabriel n’était pas là de son plein gré. La mère lui avait tout expliqué : le rêve du gosse de devenir fermier, les quatre enfants à nourrir avec le salaire du père, ce même père emporté par une vague plus sournoise que les autres au cours d’une pêche, son ambition de devenir capitaine et sa vie brisées en quelques minutes, les espoirs du fils déçus lorsqu’il se vit obligé de chercher à s’embarquer sur un voilier en partance pour le Chili pour ramener quelques malheureuse pièces. Puis les jours passés en ville, sur le port, n’importe où pourvu qu’un marin passât et puisse engager le gosse. Lorsque cette rencontre se fit enfin – soulagement pour la mère, pleurs pour le fils –, lui, maître d’équipage à bord de l’Europe, avait accepté de prendre Gabriel sous son aile et persuadé le capitaine de l’embarquer…
C’était ce même garçon qu’il avait de nouveau sous les yeux, tétanisé et penaud sous ses courtes boucles blondes. Non, décidemment, il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.
  - Va donc voir aux cuisines si le Coq n’a pas besoin de toi…
   Gabriel ne se le fit pas dire deux fois et courut aux cuisines, trébuchant à chaque pas sous l’œil amusé du bosco.

*

Devait-il rester ici ? Lui voulait partir, mais sa mère, que dirait-elle ? Et le « patron », que penserait-il ? Tous trois savaient bien que le garçon était là contre son gré. Mais il avait accepté. En maudissant tous les dieux de la Terre, mais il avait accepté…

*

   Pestant intérieurement contre le charbon qui lui faisait des mains plus noires que la nuit, Gabriel enfournait des quantités invraisemblables de minerai dans le fourneau. Le cuisinier avait donné des instructions très claires : le tas de charbon dans son intégralité devait avoir trouvé sa place dans le foyer une heure avant celle du dîner… sous peine de se voir priver de repas si la tâche n’était pas effectuée dans les temps. Ce qui, du moins les vingt premières minutes, avait motivé Gabriel, la perspective de devoir se passer de manger lui ayant donné des forces supplémentaires...
   Trois heures plus tard, le gros homme vint inspecter le travail du garçon. Lequel ne sentait plus ses bras, en avait plus qu’assez du charbon, et se retenait à grand peine de clamer tout haut ce qu’il ruminait tout bas, à savoir un chapelet de malédictions et autres imprécations peu reluisantes à en faire pâlir de jalousie le Diable en personne. Tout en essayant vainement de débarrasser ses mains de la suie qui les recouvrait
et de prêter au Coq un coup d’œil inquiet si jamais le travail ne lui avait pas paru correct.
  - Mouais… Ça peut aller.
   Gabriel poussa un léger soupir de soulagement.
  - Maintenant, tu me nettoies tout ça, et en quatrième vitesse !
   Le mousse considéra le carrelage noirci, crut qu’il allait jeter l’éponge, tenta de se redonner un peu de courage et de conserver un semblant de dignité, puis se mit à frotter avec l’énergie du désespoir, dont les réserves étaient déjà bien entamées.
« Dernière édition: 31 Octobre 2009 à 16:36:32 par Ellitrym » Journalisée
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BISOUUUUS


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« Répondre #1 le: 31 Octobre 2009 à 13:36:49 »

J'avais envie de commenter un texte et c'est sur toi que çà tombe ... désolée  content

alors commençons :

Citation
« Pauvre poisson… », ne pouvait s’empêcher

Personnellement j'aurais plus vu un : "ne put" ...


Citation
sa vie brisées

sans S, non ?



Au niveau de l'orthographe c'est tout ce que j'ai relevé mais bon çà veut pas dire qu'on peut pas en trouver d'autre ! xD

Sinon au niveau de la forme j'espère que tu as envoyé ton texte justifié pour ton concours ! Parce que un texte qui n'est pas justifié çà le fait pas vraiment dans un concours =)

Sinon il y avait un thème spécial à ton concours ?

Parce que là j'ai un peu l'impression que le texte est une tranche de vie dans la vie du garçon mais on a du mal à en percevoir l'intérêt ...

quand à l'intermède en italique, qui est le narrateur ? Au début on a l'impression que c'est le garçon et puis on passe à un narrateur extérieur et les deux dernières phrases semble hésiter entre les deux ... o_O

ah d'ailleurs : 
Citation
Mais il avait accepté. En maudissant tous les dieux de la Terre, mais il avait accepté…

Je trouve que le deuxième mais casse le rythme.


PS :

Citation
le carrelage noirci

elle se passe à quelle époque ton histoire ? Je sais pas mais le carrelage pour moi çà fait terriblement moderne et me semblait anachronique avec un bateau qui fonctionne au charbon ...
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« Répondre #2 le: 31 Octobre 2009 à 14:43:34 »

Citation
sa vie brisées

sans S, non ?

Non, car il s'agit de "son ambition de devenir capitaine et sa vie", et non de "sa vie".


Oui, je l'avais envoyé en justifié, mais j'ai un peu de mal à le mettre en forme sur le forum  dormeur sentencieux  Le thème était "Balade dans le temps".

edit : c'est bon, je n'avais pas vu le bouton...

Pour l'époque, c'est fin XIX°, mais le carrelage était bel et bien présent dans les cuisines. Je comprends ton étonnement, à moi aussi, cela m'avait semblait bizarre  Sourire
« Dernière édition: 31 Octobre 2009 à 16:37:06 par Ellitrym » Journalisée
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« Répondre #3 le: 31 Octobre 2009 à 21:51:03 »

Sur la forme : c'est plutôt bien écrit. Les (rares) problèmes d'orthographe ont été soulignés dans les interventions précédentes.

Sur les termes employés : pourquoi le coq, c'est à dire le cuisinier du bord, mérite-t-il une majuscule ??
Pas de "carrelage" à bord d'un voilier...même dans la cuisine !
Enfin le charbon sur les mains ne produit pas de la suie (résidu de combustion) mais de la poussière. Cela dit, il est assez peu probable que ce pauvre moussaillon ait chargé le fourneau à la main : il a dû utiliser une pelle...

Sur l'histoire enfin : Ca donne l'impression d'être un petit tronçon d'une histoire plus longue. (un roman, peut-être ??). Mais tel quel, sans avant et sans après, je suis resté sur ma faim...

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« Répondre #4 le: 07 Novembre 2009 à 18:51:16 »

Stilograf, je me suis pas mal documentée sur les bateaux de la fin XIX°, et il y avait bien du "carrelage" dans les cuisines ! Peut-être pas au sens actuel, mais c'était ainsi que les mousses et cuistots désignaient le revêtement.
Ensuite, j'ai bien précisé que l'histoire était une nouvelle en plusieurs parties. J'ai longtemps hésité avant de la poster dans cette partie du forum, si elle n'y est pas à sa place, je rectifierai ça  Sourire
La suite :

__________________________________________________________________________________________________________________________________


*

   Des phrases. Pseudos encouragements. Ordres véritables. On ne voulait pas qu’il abandonne le navire. Non pas qu’il soit devenu indispensable ou même que sa présence soit appréciée : une seule personne paraissait avoir un semblant d’estime pour lui ; les autres se contentaient de l’ignorer superbement…

*

   Gabriel se laissa tomber sur sa couchette, exténué. Pourquoi, mais pourquoi donc avait-il cédé aux demandes incessantes de sa mère ? Il n’aimait pas être sur un bateau, le roulis des vagues le rendait malade, la hauteur des mâts à elle seule lui donnait le vertige et les mouettes, avec leur cri si désagréable, lui faisaient presque peur ! En plus, il détestait l’eau ! Qu’était-il allé faire sur un voilier ?!  Il se serait senti cent fois mieux sur le plancher des vaches, à retourner la terre ! Mais non, il avait fallu que le père meure en mer pour que son fils s’y retrouve, et ce malgré ses protestations. Maintenant qu’il y était, sur ce satané rafiot, aucun retour en arrière ne semblait possible…

*

   Même s’il l’avait voulu, il n’aurait pas pu partir. Pourquoi… « Parce que quiconque commençait se voyait contraint de finir », voilà ce qu’on lui avait répondu ! Aucune dérogation possible. C’était comme ça et il n’y avait rien à discuter. C’était comme ça et c’était mal fait…

*

   Cela faisait plus d’un mois que Gabriel voyageait entre ciel et mer, avec entre les deux un chargement de charbon pour le Chili. Chargement qui pouvait s’enflammer à tout moment ! Voilà qui n’était pas fait pour rassurer le jeune mousse…
   Le capitaine, appelé « le Vieux » à bord, avait fini par s’intéresser à Gabriel. Dès que le garçon avait un moment libre, le Vieux lui apprenait à se servir d’un compas, d’un sextant, à lire une carte marine… Il lui laissa même la barre une dizaine de minutes. Bref, Gabriel apprenait le métier de marin. Malgré toutes les réticences qu’il pouvait avoir à ce sujet.
   De son côté, le maître d’équipage, que Gabriel appelait désormais le Grand Yann pour imiter les autres marins, montrait au mousse comment exécuter correctement différents nœuds, s’assurer que la cargaison ne risquait pas de prendre feu, et d’autres « petits trucs utiles… ou pas ! ». Lorsque le mousse avait demandé au marin ce qu’il entendait par là, le Grand Yann n’avait pu réprimer un éclat de rire.
  - Savoir sculpter des personnages dans un bout de bois ou d’os ne te servira à rien sinon à tuer le temps. En revanche, rate le nœud qui doit te maintenir sur le pont au Cap Horn, et adieu moussaillon !
   Gabriel avait pris le parti d’en rire. Mais il commençait à avoir peur. Le Cap Horn… Son père l’avait passé une fois, il s’en souvenait à présent. A son retour, son père en frémissait rien que d’en évoquer le nom. Point de passage obligé pour rallier le Chili, ce « caillou » était chargé de légendes et récits en tous genres. Et Gabriel allait devoir le passer… Il savait qu’il pouvait y laisser une main. Un bras. Une jambe. Sa peau. Encore quelques mois à attendre et à craindre l’échéance…

*

   Voulaient-ils qu’il en perde le sommeil, à défaut des moyens qu’il ne possédait pas ? Tous, sans exception aucune, tous ne cessaient de lui rappeler que les mois à venir étaient destinés à le préparer au « cap à franchir ». Le préparer… Avec ou sans préparation, et quoiqu’ils puissent en dire et en penser, lui était certain qu’il échouerait à ce « cap » ! Alors à quoi bon…

*
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« Répondre #5 le: 07 Novembre 2009 à 19:27:33 »

( les relevés suivants ne sont que des jugements personnels, à prendre ou à jeter Tire la langue)


De l’eau. Encore et toujours de l’eau.
hum... je me demande si ça ne serait pas mieux de juste mettre "encore et toujours" et ne pas répéter "eau"

   Un oiseau plongea sous les yeux du jeune mousse, resta quelques secondes en apnée
il cherche à faire un record ? Mr Green
je plaisante, c'est juste que je trouve ça comique de dire qu'un oiseau fait de l'apnée, si c'est l'effet voulu, alors ça va

et fusa vers le ciel dans une gerbe de gouttelettes scintillantes,
avant de fuser ? (sinon ça fait un peu action un, plongé, action deux, apnée, action trois, envol)

un poisson encore frétillant de vie dans le bec.
juste frétillant ? sinon ça fait une répétition de dentales "de" "dans"

 
Non, décidemment,
décidément

il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.
hum, c'est une peu oral "il ne pouvait pas vraiment", or, juste avant tu utilises du subjonctif imparfait...

j'avoue ne pas comprendre l'utilité de l'italique... Pourquoi t'en mets ? je ne vois pas vraiment de changement de narrateur qui le justifierait...


dans l'ensemble je trouve le début mieux écrit et plus intéressant que la seconde partie, qui est à mes yeux moins bien écrite ( beaucoup de point d'exclamation qui rendent l'écriture un peu "hystérique" et moins ... maîtrisée ? je ne veux pas dire que ton écriture n'est pas maîtrisée mais que ces exclamatives en donnent l'impression)
en fait pour moi, il a quelque chose de pensé dans la première partie alors que la deuxième ne nous apprend rien de plus que ce que l'on sait déjà

et sinon ton concours consiste en quoi ? Roulement d'yeux
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« Répondre #6 le: 11 Novembre 2009 à 16:40:18 »

Citation
quelques malheureuse pièces.
malheureuses ?

J'ai accroché à la première partie, moins à la deuxième (surtout celle où est décrite le quotidien du mousse sur le bateau).
Citation
Mais il avait accepté. En maudissant tous les dieux de la Terre, mais il avait accepté…
J'ai bien aimé la répétition. content

Seul reproche, le début donne presque l'impression qu'il est seul sur le bateau. Ce que je veux dire par là c'est que le traitement de faveurs dont il fait l'objet m'a semblé bizarre. Ca doit un peu être une plaie sur le bateau d'avoir un gamin pas motivé dans les pattes. (En fait c'est surtout que dans la vision des choses du marin, on a pas l'impression qu'il ait fait une exception pour le gamin.)

Dans le même ordre d'idée, je vois mal le capitaine perdre son temps  à lui apprendre des choses complexes s'il ne présente pas d'intérêt pour la navigation. Il est pas en croisière d'agrément, alors à moins que l'équipage entier ait connu son père (ce qui me paraît fort saugrenu) ça m'étonne un peu que tout le monde y mette du sien pour le prendre en pitié...

Après tous les personnages sont peut-être excessivement gentils sauf le Coq...  siffle
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"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol
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