J'ai été mis au défi par Krapoutchniek. Je vous copie son message, tel quel :
''Jyuuu, je te défie d'écrire une nouvelle de science fantasy où des gnomes moustachus envahissent la terre. Peu importe le dénouement(les gnomes gagnent, perdent ou autre), le héros(mi-homme, mi-Plutonien) doit mourir dans d'atroces souffrances. Cette nouvelle peut(à traduire donc par "doit" :p ) être humoristique et tu dois t'inspirer de cette musique pour l'écrire : http://www.youtube.com/watch?v=JAxQ6n9dgUE ''.
Pas évident, donc ! J'ai essayé. Je ne sais pas trop si la Science fantasy est respectée. Dans tous les cas, j'ai mis les deux pieds dans l'humoristique, car c'était ma seule référence pour m'en sortir, ahah !

Bref, je vous laisse lire en espérant que ce ne soit pas trop long...
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« Pas un, pas un seul ! »
Un bras court et gras s’agitait nerveusement, en frétillant, en sautillant. Un gnome s’égosillait devant un large miroir de glace de méthane. Son image lui rappelait qu’il était une honte, un mélange oxygéné. Il était de Pluton, comme tous les Gnomes, mais son corps contenait de l’Homme, du terrien. Jusqu’à Charon même, il ne pouvait trouver semblable. Lui, Sylfaïr, était imberbe. Il n’était pas un gnome moustachu, de la tradition la plus gnome.
« Je veux des tifs, je veux des touffes ! Poussez poils, poussez poils, poussez poils ! » s’efforçait-il de répéter, en tournoyant, en rougeoyant.
Ses bras ramaient, maintenant. Ses hanches tanguaient, tandis que son meilleur ami l’avait rejoint d’une vive allure.
« Sylf’, dépêche-toi un peu ! Nous allons rater l’intronisation des nouvelles recrues ! Tu ne veux pas que le chef soit déjà fâché, n’est-ce pas ? »
Lui, il se nommait Bliii, ou plutôt Bli, pour les intimes. Il était un gnome exemplaire, le poil dressé pour sa planète. Cela lui venait de son auriculaire encyclopédique, spécialisé dans les sciences occultes : les cultures humaines.
Sylfaïr suivit Bliii et les deux compères se hâtèrent, pour arriver à temps, pour la cérémonie. Ils avaient été choisis pour une mission d‘envergure. Sylfaïr n’était plus un élément de foire pour les gnomes moustachus, il était leur mission. En effet, la mission « Sylfaïr » consistait en l’envahissement de la Terre, pour contrôler les terriens et particulièrement trouver Y le terrien,
celui-qui-féconda.
Une milice surentraînée et armée jusqu’aux poils, avait été désignée, pour l’assaut terrestre, dont Sylfaïr était le symbole. Parmi eux, d’autres étaient aussi importants. Bliii, lui, s’était suffisamment cultivé sur les manies terriennes et leurs cultures, pour logiquement venir. Il y avait également parmi leur rang, Endräcir, un vieil original d’une moustache bien velue. Il maîtrisait la glace de méthane et était doté d’un don spécial, grâce à une moustache sonique, unique : il contrôlait la téléportation. Son caractère se mêlait de ronchonnements et d’insatisfaction permanente, mais le chef de la milice, Carssäk, ne pouvait pas envahir la Terre, sans lui. Ce dernier dirigeait les gnomes en armes et en poings. Il vouait un culte de mort au sang rouge et voulait le faire couler, depuis son plus jeune âge, lorsqu’il fricotait encore avec sa console, la
super Nainetendue. Ce groupe était ainsi formé, sans oublier Ürg, qui ne savait répéter que son nom en boucle, ce qui lui valait d’être le gestionnaire du mot de passe ultime.
La cérémonie commença par la prise de parole de Carssäk, haussant sa voix grave et rauque. Il s’attacha, d’abord, à rappeler ce qu’était fondamentalement, un terrien, vis-à-vis des gnomes moustachus.
« Nous autres, nous, fiers gnomes moustachus depuis la barbe de nos ancêtres, avons le sang vert et azoté, par Pluton et Charon. Eux, infâmes êtres de pouces démesurés, possèdent un sang rouge de fer et d’oxygène. Nous sommes poilus, des orteils au front huilé - hormis le crâne - eux, sont imberbes et sans odeurs. Tandis qu’eux ne pensent qu’à copuler, nous, pensons à notre faim. Nous sommes vaillants, féroces et têtus. Ils ne sont que des riens, des vides. Ils pensent tout savoir, tout créer. Nous, nous avons notre force, notre glace de méthane, notre sage Endräcir. Ils sont prêts à tout pour obtenir l’univers, montrons-leur donc que l’on peut unir nos pouces et rendre son fier honneur à notre Sylfaïr, pour trouver l’horrible,
celui-qui-féconda et démantibuler les autres ! Demain, nous irons ! »
Son discours fut accompagné d’acclamations de toute part, de bras tendus très haut - pour eux - et d’un air atterré du célébrissime « sage » en question. Endräcir ne comprenait pas l’engouement de la milice pour leur chef.
« Grmbl. Ce n’est qu’un gnome de jardin ! » grommela-t-il dans son épaisse moustache.
Quelques temps plus tard, la lumière synthétique fut le signal du départ. La mission « Sylfaïr » prenait son envol. Endräcir s’occupa de la téléportation. Les gnomes moustachus armés de triple-haches passèrent en premier. Ils furent suivis de près, par les gnomes aux yeux-laser puis par les gnomes aux poils en acier. Bliii, Ürg et Sylfaïr fermèrent la marche, toujours sous les ordres de Carssäk.
Leur destination était l’Australie, sous les conseils de Bliii. Cependant, Endräcir avait commis une erreur minime qui couvrait des conséquences énormes. Ils n’étaient pas en mille-neuf-cent-soixante-quatre, mais en mille-neuf-cent-soixante-sept. En plutonien, cela correspondait à l’an 21 après Demis (de son nom Roussos, le seul humain que les gnomes vénèrent). Carssäk maudit Endräcir et explosa de colère.
« Quel incapable ! Le plus grand sage, vous dîtes ? Que ferait donc le pire ?! Où sommes-nous en plus, vieille moustache défraîchie ? » vociféra-t-il, les dents déployés.
« Quelque part en Australie. » répondit-il sans la moindre ampleur, avec indifférence.
Tous observaient l’air hagard, les alentours feuillus de ce qu’était une forêt, avec des arbres. Leurs convertisseurs d’azote les aidaient à respirer. Bliii, à la surprise générale, se mit à bondir et désigna un arbre, qui était à une vingtaine de pouces d’eux.
« Un animal ! Un animal ! Regardez, c'est un "koala" ! » s’égaya-t-il à la vue d’une bestiole grise et noire. Les réactions furent mitigées.
« C’est ça, un… humain ? » s’interrogea un premier milicien.
« Il mange un truc vert… Surement du sang séché… » observa un second.
« Oh, c’est le portrait craché de notre chef bien-aimé ! » railla Endräcir.
« N’importe-quoi, il te ressemble à toi, et puis c’est tout ! » rétorqua vivement Carssäk, l’œil enragé.
« Il a l’air de ne pas nous voir, lui ! » constata Sylfaïr, en plissant des yeux, pour mieux regarder la bestiole.
« Ürg ! » s’exclama Ürg.
Bliii les rectifia, en apportant de sa culture humaine, à la discussion.
« Il se pourrait qu’il soit un humain. Pas n’importe lequel, une espèce particulière : le "koala". De plus, il ressemble plutôt à Sylfaïr… Peut-être que…
« Quoi ? Dis-nous, Bliii ! On veut savoir ! » insista Carssäk, d’un air plus qu’autoritaire.
« S’agirait-il de… Se pourrait-il que ? supposa Sylfaïr, d’un air inquiet.
- Oui, Sylf’, c’est surement Y, le terrien,…
celui-qui-féconda…
- Ce serait… Il serait… Mon… ? » balbutia Sylfaïr, encore plus inquiet, les joues rosées.
- Oui, Sylf’, il faut l’interroger, même s‘il a l‘air plus poilu que prévu… » conclut Bliii d’un air savant.
Carssäk, lui, ne l’entendait pas de la même oreille savante. Ils étaient là pour envahir, détruire le traître humain. La première occasion était la bonne, il fallait en profiter. Il sortit un arsenal d’armes dévastatrices, de sa poche, qu’il lança en direction de Y le terrien. Des cris et des grommellements se joignirent à la scène. Le koala était sain et sauf, il avait même eu le temps de détaler. Un gnome moustachu, lui, avait été touché en plein cœur, par toutes les armes lancées : Sylfaïr. Avec l’élan nouveau de vouloir défendre un père, il s’était interposé. Son corps était truffé de lames en tous genres.
« L’ennemi a sournoisement attaqué et corrompu notre ami, il est temps pour nous de mettre à exécution notre deuxième phase : on détruit tout ! Vengeons Sylfaïr ! » hurla de colère et de sang, Carssäk, toutes dents sorties, sans reconnaître son erreur.
Un milicien parmi d’autres, leva le poing et attendit l’autorité du mot de passe ultime, qui gérait cette phase.
« Ürg ! » aboya Ürg, pour accompagner Carssäk et sa milice.
L’assaut commença mais, rapidement, le monde humain reprit ses droits. Le combat de gnomes de quelques pouces, contre des arbres, d’autres koalas traîtres, des humains bruns aux bonds étranges, tourna au massacre. Carssäk finit par renoncer, les poils badigeonnés de vert de la défaite, annonçant son repli. Seuls Endräcir et Bliii ne s’étaient pas impliqués. En fait, Endräcir, lui, rentra sur Pluton sans se soucier de personne, en pensant gaiment à un met qui comblerait son estomac. Quant à Bliii, il était aux crochets de son ami, qui s’éteignait peu à peu, devant le spectacle de la fin.
« Sylf’, il faut que tu vives ! Par les poils de Demis, je t’en prie !
« Bli… Regarde !
Un sourire étrange faisait se dessiner les lèvres verdies de Sylfaïr. Il pointait, faiblement, de son doigt, son torse découvert.
- Sylf’, tes poils poussent ! C’est extraordinaire ! Ta vie reprend ! »
- Non… mais je meurs poilu et fier, comme un gnome moustachu que je suis ! »