Le Monde de L'Écriture

Autour de l'écriture => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Octurne le 19 janvier 2013 à 14:47:23

Titre: Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Octurne le 19 janvier 2013 à 14:47:23
Salutations,

Alors ? Légitime, la prétention de vouloir écrire quand on lit très peu ?
Cette question me taraude, car j'ai bien l'impression de ne pas être dans mon droit.
Pour essayer de me faire comprendre, je dirai que j'ai envie d'écrire ce que j'aimerai lire.
Or j'ai perdu le goût de la lecture, je ne suis plus emballé par quoi que ce soit, et j'en viens même à ne plus vouloir chercher.
Je me suis essayé à certains classiques, ne sachant pas par où commencer, et je n'ai pas été satisfait.
Alors je ne lis plus. Pourtant, j'ai une forte envie d'écrire depuis quelques temps. Est-ce incompatible selon vous ?
Sans prendre en compte l'aspect formel que nous enseigne la lecture de nombreux livre, en s'en imprégnant, car ceci est important j'en ai bien conscience.

Désolé si tout cela n'est pas clair, j'ai toujours eu du mal à m'exprimer.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Kath le 19 janvier 2013 à 15:05:28
Difficile de répondre à ceci pour la lectrice compulsive que je suis!

Mais pour moi, il est essentiel de continuer à lire pour pouvoir écrire, pour éviter les plus gros pièges qui pourraient rebuter un lecteur, pour rester aussi dans l'air du temps.
On n'écrit plus du tout comme Zola ou Balzac, ni même comme Malraux. ça ne veut pas dire que c'est pire ou mieux, mais difficile de lire du Balzac aujourd'hui comme on lirait, je ne sais pas moi, un EE Schmidt.
ça me permet aussi de valider si mes idées sont porteuses. Jazz, par exemple, si je le publiais, je ne crois pas qu'il trouverait un grand public. Larmes de ténèbres, par contre, je pourrais toucher un plus large public enjouant sur la vague vampires, loups garous, magie etc...

Après... ma foi, mon homme écrit alors qu'il ne lit presque plus, mais c'est un gros consommateur de jeux, de bd et de films, et il a beaucoup lu à une époque.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 19 janvier 2013 à 16:22:40
Fais comme tu sens Octurne !
Baudelaire a écrit ce qu'il aurait aimé lire, il y a une fameuse lettre où il dit grosso modo à sa mère "j'ai tout lu, c'est tout nul, je suis dégoûté de la littérature", et après ça il a écrit. :)

Le petit jeune qui vient d'écrire un livre qui a un peu fait parler (Marin de je ne sais plus quoi, le gamin de dix-sept dont le livre est pas trop mal) a eu envie d'écrire avant de se mettre à lire.

Bon, tout est possible.

Beethoven à la fin de sa vie composait de la musique alors qu'il n'était plus, le pauvre, en état d'en écouter.

Donc bon.

Mais a priori, pour écrire bien, il faut avoir de la belle langue dans sa tête. Et pour avoir de la belle langue dans sa tête, lire la belle langue écrite par d'autres, ça aide normalement.

Yourcenar disait en gros "il faut lire beaucoup. à force de lire de nombreux auteurs, ça finit par faire une sorte de gris sur  lequel on peut déployer son propre style".

Moi mon expérience perso : avant je ne lisais que ce que je trouvais génial, et je pense qu'il vaut mieux lire à fond quelques auteurs qu'on adore et savoir pourquoi on les adore que lire tout ce qui passe sous la main.
MAIS lire tout ce qui passe sous la main ça peut être positif aussi : si on trouve ça nul, se le dire, se demander pourquoi, etc., bref comprendre ce qu'il y a de nul ; dès lors, il n'y a pas de risque de se mettre soi même, par capillarité, à écrire de la merde.
et puis lire des trucs qu'on trouve nuls ça décomplexe, genre "cette chèvre a écrit des livres, donc moi je peux le faire"
mais lire des trucs géniaux, c'est quand même ça qui donne envie d'écrire souvent, genre "ce truc m'émeut aux larmes, me soulève de spasmes, me met en transe, je touche à quelque chose de fort, j'ai envie de l'exprimer".

enfin bref, y a plein de manières de procéder, you gotta follow your heart wherever it goes  avant tout :--)

A toi de voir. Mais ne te prends pas la tête, fais ce que tu as envie. si tu as envie d'écrire, ne te retiens pas d'écrire sous prétexte que tu n'aimes pas lire !

(par contre n'oublie pas de vérifier que ce que tu écris, tu le trouves agréable à lire) :)
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ramonzzari le 19 janvier 2013 à 16:53:16
Heyyy

Je pense que tu devrais arrêter de te torturer, et d'écrire ce que dont tu as envie. D'après ce que j'ai compris, tu ne lis plus; donc tu as déjà lu. Et si tu as déjà lu, tu sais grosso modo ce qui se passe dans un livre, et puis je suppose que tu ne vis pas dans une grotte ou autre chose, vu que tu as Internet (à mon que tu aies une antenne dans ta tête ou, soyons fous, des lunettes Google). Tu as forcément accès à des tas d'infos, sur les livres, les sorties ciné, les bd, les mangas, les tchik les tchak.
Je te le dis franchement; lance-toi.
J'ai un exemple qui me vient en tête, là, maintenant, tout de suite; les journaux intimes. On écrit ce qu'on veut, là-dedans. Bah oui. Vu que c'est juste pour nous. Alors maintenant ça dépend; si tu as envie d'écrire juste pour toi, ou si tu veux un jour être publié.
Mais dans les deux cas, tout ce qu'il faut c'est de l'imagination, de la patience.. et du courage et de l'ENVIE. Et ça, tu en as, je crois? ;)

Bref, je ne sais pas si j'ai été très claire, mais n'hésite pas! Et puis tu peux toujours faire lire un extrait ici, sur ce forum :)

Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: ernya le 19 janvier 2013 à 17:08:42
On dirait un intitulé de dissert  :mrgreen:


Généralement, lire (pas forcément beaucoup, de toute façon, c'est relatif la quantité), ça aide un peu pour sinon écrire, du moins améliorer son écriture. Ca permet de connaître un peu ce qui s'est fait, ce qui est devenu cliché, ça permet aussi des tas d'autres choses indépendantes de l'écriture (se comprendre, comprendre les autres, éprouver des émotions, découvrir des univers ou des modes de pensée, etc). Quelqu'un qui ne lit pas du tout, j'ai un peu de mal à croire que ses textes seront bien.
Pour autant, on a tous nos périodes et je vois pas pourquoi, parce qu'on est sur un forum d'écriture ou qu'on prétend aimer la littérature, on devrait lire et/ou écrire tous les jours. Ben non, y a des jours où on n'a pas envie. Si en ce moment t'as envie d'écrire et pas de lire, où est le problème ? Tu liras quand t'en auras de nouveau envie. Et puis, perso, j'ai toujours eu du mal à lire et écrire en même temps. Ca a toujours été deux phases complètements distinctes chez moi. Parce qu'écrire, ça me prend la tête.  :mrgreen:

Bref, chacun fait fait fait c'qu'il lui plaît plaît plaît... :-¬?
Brefouille,
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: loana90 le 19 janvier 2013 à 17:11:08
Moi je ne lis pas beaucoup, par contre, je regarde beaucoup de films de toutes sortes. J'ai lu pas mal à une époque, ce qui m'a aidée, question orthographique, mais l'inspi vient très souvent quand je vois des scènes.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Milora le 19 janvier 2013 à 22:24:17
On dirait un intitulé de dissert  :mrgreen:


Généralement, lire (pas forcément beaucoup, de toute façon, c'est relatif la quantité), ça aide un peu pour sinon écrire, du moins améliorer son écriture. Ca permet de connaître un peu ce qui s'est fait, ce qui est devenu cliché, ça permet aussi des tas d'autres choses indépendantes de l'écriture (se comprendre, comprendre les autres, éprouver des émotions, découvrir des univers ou des modes de pensée, etc). Quelqu'un qui ne lit pas du tout, j'ai un peu de mal à croire que ses textes seront bien. [...]

Bref, chacun fait fait fait c'qu'il lui plaît plaît plaît... :-¬?

Tout à fait d'accord ^^

Ecris comme tu le sens : y a pas besoin d'avoir des conditions préalables pour avoir le droit d'écrire ! Quand on en a envie, faut écrire, ça fait du bien :)

Par contre, comme ernya, j'ai un peu de mal à voir comment on peut progresser si on ne lit pas. Pas que la lecture en soi soit indispensable (encore que comme ernya, je suis sûre que ça aide énormément, parce que l'écriture c'est quand même pas un truc qui se fait tout seul, ça se travaille, on progresse, ça a des techniques, etc.), mais c'est surtout que je vois pas comment on peut s'impliquer dans un moyen d'expression si on l'aime pas. C'est comme si je disais : je déteste la musique, mais j'ai envie de jouer du piano. ça me paraîtrait un peu bizarre : pourquoi produire quelque chose à lire, si toi même tu aimes pas lire ? (c'est un tu de généralisation
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Xeraphia le 19 janvier 2013 à 23:08:57
Ben... je pense que ca depend de ce que tu veux faire de ton ecriture. Tu veux ecrire pour toi, pour ton plaisir, pour te faire du bien, te defouler, te vider la tete etc., je dirais que non, tu n'as pas besoin de lire pour ecrire.

Apres, si tu veux ecrire pour te faire publier, si tu veux ecrire un bouquin pour un marche, si tu veux en faire quelque chose de moins prive et de plus public, je ne vois pas comment tu peux dissocier la lecture de l'ecriture. Ne serait-ce que pour connaitre l'etat de ton marche ; ce qui se fait et ce qui se vend ; ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas ; ce qui est cliche ou non ; etc.

Ecrire sans lire, c'est un peu, dans ma tete, comme si on voulait etre nutritioniste mais qu'on ne mange plus... comme si on voulait etre medecin sans avoir ouvert un corps... il faut savoir ce qu'il y a DANS un ecrit, et quoi de mieux qu'un livre pour ca ?

Apres, je dis ca, sachant que j'ai toujours fait les deux de front et que je bouffe du bouquin a tour de bras, donc cote impartialite, on repassera, hein :huhu:
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 19 janvier 2013 à 23:19:53
si tu veux ecrire un bouquin pour un marche, si tu veux en faire quelque chose de moins prive et de plus public, je ne vois pas comment tu peux dissocier la lecture de l'ecriture. Ne serait-ce que pour connaitre l'etat de ton marche ; ce qui se fait et ce qui se vend ; ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas ; ce qui est cliche ou non ; etc.
ça je crois effectivement que c'est très vrai. malheureusement peut-être (parce qu'on est amené à lire des merdes pour avoir une idée de "ce qui s'écrit" :--)).

je vois pas comment on peut s'impliquer dans un moyen d'expression si on l'aime pas. C'est comme si je disais : je déteste la musique, mais j'ai envie de jouer du piano. ça me paraîtrait un peu bizarre : pourquoi produire quelque chose à lire, si toi même tu aimes pas lire ?
en fait la remarque de Milora me donne envie de te demander Octurne si il y a des choses que dans le passé tu as aimé lire. c'est vrai que si tu n'as jamais rien aimé lire, c'est marrant et un peu surprenant que tu aies envie d'écrire ; c'est vrai que tu dis "je voudrais écrire ce que j'aimerais lire", ça veut dire que tu sais un peu ce que tu aimerais lire, donc sans doute que ça t'est déjà arrivé d'aimer lire quelque chose ?

peut-être que tu as un goût tellement délicat que tu ne trouves pas grand-chose qui soit à la hauteur de ce goût marqué, un peu comme Baudelaire qui ne trouvait rien à son goût et lisait peu ses collègues, un peu comme Pialat qui aimait très peu de films, ou comme Gainsbourg qui n'écoutait presque jamais de chanson, etc. si c'est ça why not. enfin bon.
comme pour la bouffe peut-être, où un très fin gourmet aura du mal à trouver de quoi satisfaire son palais, et, après moult déceptions, se dira "bon ben puisque tout est dégueux, je vais faire la bouffe moi même". mais n'empêche que ce qui transforme un quidam en fin gourmet, c'est des expériences gastronomiques fortes, j'imagine. tu as eu des expériences littéraires fortes, Octurne? ce serait un peu ça la question. et si tu as eu des expériences fortes, mais pas littéraires, d'où vient que ton envie serait de t'exprimer par l'écriture plutôt que par autre chose ? (peinture, gastronomie, cinéma, sport, musique, etc.)

mais bon on est tou.te.s d'accord sur deux points apparemment a/a priori, lire ça donne des billes pour bien écrire b/Octurne, ne te prends pas la tête, fais comme tu sens  8)
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Octurne le 20 janvier 2013 à 02:14:00
Merci à tous pour vos réponses.

Disons que j'ai des périodes de lecture aussi, mais en ce moment j'ai l'impression d'être totalement à côté de la plaque au niveau lecture. C'est peut-être le fait d'avoir commencé plusieurs livres sans les finir parce que je n'ai tout compte fait pas accroché. Ceci dit pour répondre à Meilhac j'ai effectivement eu quelques expériences littéraires "fortes" si je puis dire. J'ai beaucoup apprécié notamment certains travaux de Lovecraft et de Poe (je n'ai pas (encore) tout lu), et la dernière oeuvre qui m'a vraiment impressionné, et surtout qui m'a fait me sentir tout petit, c'est les Chants de Maldoror de Lautréamont.

Je suis également un féru de cinéma et de musiques, et j'ai aussi l'envie de m'exprimer à travers ces formes artistiques, mais pour des raisons évidentes il est plus facile de commencer par l'écriture. Question d'accessibilité.
Je ne sais pas si je soumettrai un texte sur ce forum dans l'immédiat, car quand j'écris quelque chose, sur le coup ça me parait pas mal, puis en le relisant, et en le relisant encore, je suis de plus en plus déçu du résultat final. Et ceci sans même mentionner mon imagination très peu fertile, ou mon envie d'écrire d'une certaine façon, que je ne saurais décrire, que je ne saurais appliquer, du moins pas de façon satisfaisante.

Si vous connaissez un livre qui pourrait me faire rendre le goût de lire, n'hésitez pas.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 20 janvier 2013 à 03:35:30
Si vous connaissez un livre qui pourrait me faire rendre le goût de lire, n'hésitez pas.
:D elle est drôle cette question Octurne; on va tou.te.s te citer nos idoles, et tu seras bien avancé  ;D

Lautréamont t'a impressionné et t'a fait te sentir tout petit ? ; en tout cas si ça t'a impressionné c'est que ça t'a touché et que ça t'a nourri, et que ça t'a grandi.
Admirer c'est génial, c'est beau, c'est un super sentiment.
(y a quelques lautréamontistes sur le fofo d'ailleurs (moi j'ai découvert y a quelques mois et j'ai franchement kiffé)).

Pour ce qui est des livres que tu commences sans les finir parce que tu n'accroches pas : c'est pas du tout que tu es à côté de la plaque au niveau lecture ! c'est l'inverse ! quelqu'un qui aime vraiment la littérature, neuf livres sur dix, il les trouve pas terribles, c'est normal.

si tu n'aimes rien sauf Lautréamont, c'est probablement que tu as du talent, en tout cas du goût  ;)

moi quelqu'un qui me dit "j'adore la littérature, je lis de tout, je kiffe", je me dis dans ma tête "tiens voilà quelqu'un qui doit avoir des goûts de chiottes"  :mrgreen:

mais ceci dit, j'ai mis de l'eau dans mon vin :
avant je ne lisais rien sauf ce que je trouvais génial ; depuis quelques années, je me force à aller jusqu'au bout du livre, quitte à sauter de longs passages (jusqu'à, quand je m'ennuie vraiment, lire une phrase toutes les dix pages). ça peut aider à se dire "c'est pas moi qui ne suis pas foutu de lire un livre jusqu'au bout ; c'est cet auteur qui n'a pas été foutu de me plaire" ; et donc à se dire "c'est pas moi qui n'aime pas la lecture et la littérature".
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Jon Ho le 20 janvier 2013 à 12:46:12
Si tu te lance dans l'écriture de quelque chose de conséquent, lire à côté peut avoir une influence pas forcément positive.
Je pense qu'il faut avoir lu et qu'il faut cependant continuer à le faire pour affûter son style.
Après ça dépend des gens. Perso, je lis très peu et j'ai pas honte d'avouer de grosses lacunes dans ce domaine.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 20 janvier 2013 à 14:15:28
lire à côté peut avoir une influence pas forcément positive.
Sur ce point précis, c'est sûr que lire à côté nous influence. Mais c'est comme dans la vie, à vouloir n'être influencé par rien, on a du mal à se construire.
et notre style, on ne le bâtit pas seulement en plongeant au fond de nous-mêmes , on le forge aussi dans une forme de confrontation avec les manières dont d'autres s'expriment.

j'avais tendance à avoir peur de lire des nullités, ou même des trucs autres que géniaux
un jour j'ai lu dans une biograhie de bach qu'il avait suffisamment confiance en lui pour ne pas avoir peur de se faire influencer de manière néfaste, ça m'a fait une espèce de déclic, depuis je lis un peu ce qui passe (quitte à m'en débarrasser très vite (finir rapidôsse le livre et me promettre de n'y pas revenir - comme par exemple, pour faire allusion à sujet d'actualité dans la rubrique romans du MdE, pour barjavel  :mrgreen: ))
le tout c'est de rester en éveil, ne pas se laisser endormir, ne pas être passif comme quelqu'un dans un canapé devant la télé qui ne bougera ni ne zappera, mais plutôt comme quelqu'un devant son ordi ou son magnétoscope, qui accèlère, fait arrêt sur images, compare, réfléchit, analyse, quand il s'emmerde, pourquoi il s'emmerde, quand il jouit, pourquoi il jouit, etc. 
bref il y a sans doute une espèce de boulot à faire pour garder la bonne distance vis-à-vis de ce qu'on lit et qui peut nous influencer.

proust disait que parmi les raisons qui l'avaient faire des pastiches (cf. Pastiches et mélanges, avec d'excellents pastiches de balzac, flaubert, goncourt, et qq autres), il y avait la volonté de faire de la critique en actes, mais aussi la volonté de "mettre à distance" des autres qu'il aimait bien - ou de mettre à distance son peu d'engouement pour des auteurs qu'il n'aimait pas. les pasticher, les parodier presque, c'était pour lui une manière d'éviter, par la suite, de les imiter sans s'en apercevoir.  :)
bref lisons et restons en éveil par rapport à ce qu'on lit.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Jon Ho le 20 janvier 2013 à 14:30:14
D'accord avec toi Meilhac.
Mais ce n'était pas tant sur le style que sur l' inspiration. C'est sûrement personnel mais j'ai tendance à retranscrire dans ce que j'écris ce que je suis en train de lire. Pas totalement mais partiellement ( lieux, noms des personnages, situations ).
Mais je suis sûr que pour beaucoup il n'y a pas ce souci de confusion.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: May-lys le 20 janvier 2013 à 17:34:23
Je ne lis plus beaucoup et pas seulement parce-que je suis obligée de mettre des lunettes ... quoique !?  :mrgreen:
Par contre c'est important de l'avoir fait. Pour trouver son style, il faut des bases, ce n'est pas inné je pense.
Mais s'obliger à lire ne sera jamais la bonne solution, comme pour l'écriture, la lecture doit rester un plaisir.  :o
Après relecture, jsuis pas sûre de t'avoir aidé . c'est pas très constructif mais bon, déjà que tu n'aimes pas lire, ta maladie risque de s'aggraver à cause de moi !    :-[
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Octurne le 20 janvier 2013 à 17:43:44
Ne vous méprenez pas, j'aime lire. C'est simplement qu'en ce moment, je n'en ai pas l'envie. Ca reviendra. C'est cyclique, je pense. Et peut être même que je prendrai plaisir à finir les livres que je n'ai pas lu jusqu'au bout, par manque de motivation (et pas parce que je les trouvais forcément mauvais). Toujours est-il qu'en ce moment, je veux écrire, créer même, plus largement. Mais je me demandais si mon manque de moyens techniques, imaginatifs, n'étaient pas dus à ma faible culture littéraire. J'imagine que c'est en partie vraie, alors j'espère trouver l'inspiration hors de la littérature, pour le moment, jusqu'à ce que j'y revienne avec plaisir.

Merci pour vos réponses en tout cas, c'est agréable de lire les avis d'amateurs.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: OliveDuWeb le 20 janvier 2013 à 20:00:43
Personne ne t'obligera jamais à rien, même si tout le monde ici te disait le contraire.
Tu es libre.

Si tu écrivais, sans jamais rien lire, et que tu trouvais tes textes nuls, alors on te dirais certainement que lire pourrait t'aider.
Si tu nous disais que tu écris sans jamais rien lire, et qu'on trouve tes textes très bons, on ne pourrait pas te reprocher de ne pas lire.

Je n'ai donc aucune autre consigne à te donner que celle de ne pas suivre de consigne, mais de faire comme tu le sens.

Essaie, et tu verras bien. Ta satisfaction d'écrire vaut tous les conseils.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Jon Ho le 20 janvier 2013 à 21:06:34
Mais s'obliger à lire ne sera jamais la bonne solution, comme pour l'écriture, la lecture doit rester un plaisir. 

Ca serait bien d'en toucher un mot au système éducatif.
Les confessions de merde de Jean Jacques Rousseau, j'en connais plus d'un qui ont du se dire que c'était ça la littérature et en rester là...
Amis professeurs, je propose en lectures imposées :
Jack Kerouac Sur la route : Pour forger la jeunesse.
Stephen King Marche ou crève : Pour le PLAISIR de lecture
Philippe Djian Bleu comme l'enfer : Pour un peu de légèreté.

Mais SURTOUT pas les classiques chiants de la littérature française...
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Citrus le 20 janvier 2013 à 21:25:08
Sans vouloir être trop indiscret, je suis curieux de connaitre la liste des 5 ou 10 derniers livres que tu as essayé de lire et/ou terminés. (Je m'addresse à Octurne).
Sans omission.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Loïc le 21 janvier 2013 à 19:43:08
Mais s'obliger à lire ne sera jamais la bonne solution, comme pour l'écriture, la lecture doit rester un plaisir. 

Ca serait bien d'en toucher un mot au système éducatif.
Les confessions de merde de Jean Jacques Rousseau, j'en connais plus d'un qui ont du se dire que c'était ça la littérature et en rester là...
Amis professeurs, je propose en lectures imposées :
Jack Kerouac Sur la route : Pour forger la jeunesse.
Stephen King Marche ou crève : Pour le PLAISIR de lecture
Philippe Djian Bleu comme l'enfer : Pour un peu de légèreté.

Mais SURTOUT pas les classiques chiants de la littérature française...

Et si je te dis que je considère tout ce que tu cites comme chiant? Sérieusement, les goûts c'est hyper personnel et tu n'argumentes pas vraiment là...

Sur le fond du débat, je vais sans doute répéter des gens mais il me semble difficile d'écrire sans jamais lire. Mil' je crois a pris l'exemple d'un peintre qui n'aimerait pas la peinture, ça me semble pertinent. Mais après, comme l'ont dit les autres, on a tous nos périodes et il n'est pas obligatoire de faire tout en même temps.

Bref, je répète beaucoup.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Jon Ho le 21 janvier 2013 à 19:54:24
J'argumente pas parceque vous êtes au dessus des arguments...  :mrgreen:
Chiant ça semble être ton mot en ce moment Loïc.
C'était juste une façon de dire qu'on pourrait lire des choses moins rébarbatives à l'école.
Je ne connais personne qui a kiffé Les confessions à part bien sûr les deux fayots du premier rang.  :mrgreen:
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Anlor le 21 janvier 2013 à 20:23:49
Chiant ça semble être ton mot en ce moment Loïc.

Mais SURTOUT pas les classiques chiants de la littérature française...

Oui ben ça semble être répandu...  :mrgreen:
Bon, ça, c'était pour la vanne.

Maintenant je vais faire résonner ma pensée de gentille bonne élève tout juste sortie de ses études de lettres :
d'abord, heureusement que les classiques ne se résument pas aux Confessions de Rousseau parce que sinon j'aurais commencé ma dépression dès mon entrée en première L. (d'ailleurs, heureusement que Rousseau ne se résume pas aux Confessions). Les "classiques" ne sont pas chiants, où alors c'est parce qu'on n'a jamais voulu s'y intéresser (il y en a oui, des chiants mais c'est comme tout, non ?). Et très franchement, je crois qu'à leur actuelle on fait justement pas mal d'effort dans "le système éducatif" pour pallier ce genre de préjugé. Les programmes sont ce qu'ils sont, et il faut bien que les élèves acquiert une certaine base de culture mais il me semble que beaucoup de profs, quoi qu'on en dise (ouais, c'est des chercheurs ratés etc.) sont passionnés par leur boulot et cherche vraiment à donner le goût de la lecture à leurs élèves. Au collège et lycée j'en ai eu quelques-uns qui pouvaient te pousser à lire des œuvres dont t'aurais jamais regardé la couverture de près.

Après, pour ce qui est de la nécessité de lire pour écrire, ben j'aurais tendance à répondre oui. En tout cas, si on veut écrire pour autre chose que pour se défouler.
Je vais employer des grands mots mais il me semble que dès qu'on écrit un bidule avec une ambition (mais toute petite, l'ambition) littéraire, on inscrit notre texte dans la lignée de tout ce qui a déjà été écrit. Ok, c'est un peu gros dit comme ça, mais dès que tu postes un texte sur le forum, ben le texte il arrive après Rabelais, après Flaubert etc. et forcément, ton texte comme ton lecteurs seront nourris de ces références, même inconsciente.
Là où je veux en venir plus précisément, c'est quand, mettons, tu postes un texte qui te paraît révolutionner toute la littérature, briser les codes des classiques alors que tu n'as toi-même pas lu grand chose ; ben, c'est con à dire, mais il y a de grande chance pour que ton machin ait déjà été fait par un auteur des siècles avant toi et que ta démarche n'ait, finalement, pas grand chose de moderne.

Bref, si on s'en fout, qu'on écrit pour le plaiz, pourquoi pas ne pas lire (mais dans ce cas je rejoins Mil' sur le coup du compositeur qui n'aimerait pas écouter de la musique) mais dès qu'on veut écrire des trucs un peu "sérieux" (?) ça me semble essentiel.

(c'est surement incompréhensible ce que je raconte, je fais que passer) 

EDIT : ouais, y a la masse de fautes d'orthographe dans mon post t'as vu mais j'm'en bats les steaks, c'est de la grammaire groovy-sexy-post-moderne TMTC
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: ernya le 21 janvier 2013 à 20:26:48
J'argumente pas parceque vous êtes au dessus des arguments...  :mrgreen:
Chiant ça semble être ton mot en ce moment Loïc.
C'était juste une façon de dire qu'on pourrait lire des choses moins rébarbatives à l'école.
Je ne connais personne qui a kiffé Les confessions à part bien sûr les deux fayots du premier rang.  :mrgreen:
:mrgreen:
Je te jure que je le fais pas exprès, nan vraiment, je te jure mais j'ai kiffé les Confessions au lycée. Oui je sais, c'est aberrant parce que vous êtes beaucoup à avoir détesté Rousseau mais sérieux il est énorme JJ, énorme, rien que la première page ! En plus, il fait que parler de cul. Je te passe mes cours d'agreg dessus quand tu veux.
Y a moyen de faire passer les choses, de rendre les classiques moins chiants qu'ils n'y paraissent. Et là réside toute la maîtrise du prof. Même Sévigné, quand on te donne les moyens d'apprécier, ça se lit.
Si jamais j'arrive un jour à faire apprécier les oeuvres de notre litté, classique et contemporaine,  à un élève, j'aurai réussi ma vie.  :mrgreen:

Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Jon Ho le 21 janvier 2013 à 20:28:50
Ernya là tu fais très fort... RESPECT ^^
T'étais peut être au premier rang ?  :mrgreen:
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: ernya le 21 janvier 2013 à 20:31:50
Ernya là tu fais très fort... RESPECT ^^
T'étais peut être au premier rang ?  :mrgreen:
au 2e plutôt, jsais plus trop. En tout cas le premier, c'est trop près et niveau postillons, c'est pas le bon plan  :mrgreen:


Et sinon je plussoie Anlor sur le fait que dès qu'on prétend faire un truc sérieux, savoir un tout pitit peu ce qui a été fait avant, ça aide pas pas mal, xD.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ned Leztneik le 21 janvier 2013 à 20:39:47
Plus prosaïquement

Lire pour écrire, bien évidemment. Pour écrire une histoire, il faut bien une base documentaire ... vous l'écrivez ou vous la lisez ? Et mêmes les notes que vous prenez, vous les lisez aussi, non ?  ;)

/mode intrication
Quand vous voulez améliorer ce que vous écrivez, vous lisez ce que vous avez écrit pour écrire en améliorant ce que vous avez écrit
/off
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Aphone le 21 janvier 2013 à 22:44:37
Ecrire sans lire ne me paraît pas indispensable. Mais cette écriture-là me semble bien pâle. On est, on devient, que ce qu'on rencontre. Par là je veux dire qu'un auteur naît de ses découvertes -dans la vie, comme dans ses lectures. Alors oui, écrire sans lire est possible. Si l'inspiration est là, sans besoin de lecture, bravo. Parce qu'elle peut venir de n'importe où ; d'une scène dans le métro, de la bande-annonce d'un film, d'un extrait musical.

Mais les lectures transcendent. Elles nourrissent, engendrent le style. Le renforcent, l'influencent aussi. Et c'est ce qui rend toute cette aventure si merveilleuse. Je n'arrive pas à écrire sans lecture ; mais j'admire celui qui y parvient. Même si je ne le comprends pas tout à fait.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Milora le 23 janvier 2013 à 18:46:31
( :mrgreen: ernya)

Sinon, je suis tout à fait d'accord avec Anlor et avec Loïc ^^
Le coup de classique = ennuyeux, c'est quand même un sacré cliché, et ça dépend des goûts.
En plus, dans certains cas, les classiques nécessitent qu'on prenne en compte qu'ils ont été écrits y a longtemps, dans un contexte différent, avec un contexte littéraire différent ; et donc, de la même façon que quand on lit quelque chose qui vient d'une autre culture, ou tout simplement qu'on discute avec quelqu'un d'autre, ça nécessite un petit décentrement : laisser sa chance au texte, bien qu'il n'ait pas les codes actuels de l'écriture, notamment au niveau de la langue.
Après, ça n'empêche pas qu'on en trouve certains ennuyeux, mais toutes les généralisations sont quand même largement creuses, même pour les classiques :-¬?



Et puis 1er rang = fayot = aime Rousseau, voilà un autre sacré cliché ^^
Foi de 1er rang qui aimait pas Rousseau  :mrgreen:
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Lo le 24 janvier 2013 à 00:23:35
Mais s'obliger à lire ne sera jamais la bonne solution, comme pour l'écriture, la lecture doit rester un plaisir. 

Ca serait bien d'en toucher un mot au système éducatif.
Les confessions de merde de Jean Jacques Rousseau, j'en connais plus d'un qui ont du se dire que c'était ça la littérature et en rester là...
Amis professeurs, je propose en lectures imposées :
Jack Kerouac Sur la route : Pour forger la jeunesse.
Stephen King Marche ou crève : Pour le PLAISIR de lecture
Philippe Djian Bleu comme l'enfer : Pour un peu de légèreté.

Mais SURTOUT pas les classiques chiants de la littérature française...

Boh, je pense que ce problème d'amour de la lecture réside pour beaucoup dans le fait de la "lecture imposée" justement. Je pense que si le prof, au lieu d'imposer un livre, imposait de lire un livre parmi une sélection de dix livres (à nombre de mots égal :-¬?), les élèves auraient un état d'esprit peut-être un peu différent vis-à-vis de la lecture.

Citation de: Anlor
heureusement que les classiques ne se résument pas aux Confessions de Rousseau parce que sinon j'aurais commencé ma dépression dès mon entrée en première L. (d'ailleurs, heureusement que Rousseau ne se résume pas aux Confessions)
c'est beau ! si, c'est beau !

Citer
Et très franchement, je crois qu'à leur actuelle
ça aussi, d'une certaine manière.

Citer
il me semble que dès qu'on écrit un bidule avec une ambition (mais toute petite, l'ambition) littéraire, on inscrit notre texte dans la lignée de tout ce qui a déjà été écrit. Ok, c'est un peu gros dit comme ça, mais dès que tu postes un texte sur le forum, ben le texte il arrive après Rabelais, après Flaubert etc. et forcément, ton texte comme ton lecteurs seront nourris de ces références, même inconsciente.
je te rejoins plutôt. Enfin, je pense qu'on peut distinguer entre ce qui s'inscrit naturellement au cours de l'écriture (la somme de lectures que l'auteur a rassemblée jusque là) et ce qui s'inscrit naturellement au cours de la lecture (la somme de lectures du le lecteur a rassemblée jusque là). Je pense que pas mal de choses se jouent sur cette distinction, des questions relatives à la visée de l'auteur et la réception de l'oeuvre, pourquoi est-ce que l'oeuvre peut être comprise différemment de ce qui était prévu par l'auteur, etc.

Citation de: Aphone
Ecrire sans lire ne me paraît pas indispensable. Mais cette écriture-là me semble bien pâle. On est, on devient, que ce qu'on rencontre. Par là je veux dire qu'un auteur naît de ses découvertes -dans la vie, comme dans ses lectures. Alors oui, écrire sans lire est possible. Si l'inspiration est là, sans besoin de lecture, bravo. Parce qu'elle peut venir de n'importe où ; d'une scène dans le métro, de la bande-annonce d'un film, d'un extrait musical. Mais (...)

je suis pas mal d'accord avec cette synthèse !
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Octurne le 25 janvier 2013 à 19:31:35
Sans vouloir être trop indiscret, je suis curieux de connaitre la liste des 5 ou 10 derniers livres que tu as essayé de lire et/ou terminés. (Je m'addresse à Octurne).
Sans omission.

Le dernier livre que j'ai tenté de commencer est Drood, de Dan Simmons. D'habitude je ne prête pas beaucoup d'attention aux livres sur les présentoirs, mais là j'avoue avoir été intrigué par la tag line. J'en ai lu un ou deux chapitres seulement avant de le mettre de côté. Bien sûr je ne peux émettre aucun jugement sur le livre après en avoir lu si peu, mais en parcourant les quelques premières pages du livre, je n'ai pas été absorbé. Je dirai même que j'ai été déçu par le style de l'auteur. Mais enfin, je lui donnerai évidemment une seconde chance quand l'envie m'en prendra.
J'ai également commencé la lecture de Crime et Châtiment, que j'ai trouvé intéressant mais parfois long. Les longueurs m'ont fait abandonner (d'aucun diront que je ne suis pas très courageux).
J'ai lu environ la moitié des Chroniques de l'Oiseau à Ressort, que j'ai trouvé très agréable car très facile d'accès, en plus d'être intrinsèquement intéressant, et pourtant j'en ai aussi abandonné la lecture.
Sinon, je préfère lire des nouvelles, car comme tu l'as remarqué je perds mon intérêt sur la durée. C'est une des raisons pour lesquelles j'aime particulièrement lire Lovecraft et Poe, ou encore Maupassant. Quand le coeur m'en dit je lis un chant de la Divine Comédie, mais c'est encore une lecture dans laquelle je serai incapable de me plonger corps et âme.
Ma dernière frénésie littéraire si je puis dire m'a fait dévorer la saga du Trône de Fer.
J'en ai sûrement oublié.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Lo le 25 janvier 2013 à 20:38:25
Après, faut pas non plus que tu considères que ne pas finir un livre c'est un échec de lecteur... tu peux en lire un tiers et tirer beaucoup de cette lecture. Bien sûr, tu tireras essentiellement des leçons esthétiques, stylistiques, alors qu'en le finissant tu apprendras + de choses sur la structure du récit par exemple. Mais on n'est pas obligé de lire 100% d'un livre pour le mettre à contribution ensuite dans ses propres élans de rédaction...
Tu peux aussi le faire petit à petit ; tu dis que tu arrives au bout de recueils de nouvelles. Essaie de petits romans (Drood, ou Crime et châtiment, c'est pas ce que j'appelle petit...) et tu verras bien si ça te fait améliorer ton endurance de lecteur.
Tu peux aussi raisonner en sens inverse : puisque tu lis beaucoup de nouvelles, écris des nouvelles. Et il y aura peut-être un moment où t'auras envie d'écrire quelque chose d'une plus grande dimension, qui nécessite une trame plus étendue, et t'en viendras à essayer de lire de plus gros romans, à la base pour voir comment ça fonctionne, et t'y prendras peut-être gout...
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Citrus le 25 janvier 2013 à 21:29:24
Je plussoie.

D'après moi tu devrais t'essayer avec des nouvelles ou des petits romans du XXe siècle. Avant, j'essayais de lire que du classique du 17e, 18e et 19e siècle et ça a finit par me blaser. Dostoïevski, c'est bon, mais avec parcimonie.

T'as essayé :

- Le joueur d'échecs, de Stefan Zweig

- Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepulveda

- La métamorphose, de Kakfa (et par ailleurs, les autres nouvelles de Kafka)

- Soie, d'Alessandro Baricco

- Inconnu à cette addresse, de Kressmann Taylor

- Chroniques martiennes, de Ray Bradbury (un peu plus long, mais sous forme de chroniques, donc tu peux lire plus lentement sans te blaser)

- La musique d'une vie, d'Andrei Makine

?

Quelques suggestions de libraire... Tous des textes qui se lisent entre 2 à 3 heures.

Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Rain le 25 janvier 2013 à 22:30:37
Ou bien des trucs moins "classiques". Tu disais que tu as dévoré le Trône de fer, mais il existe aussi des romans courts et des nouvelles en Science fiction/fantasy/fantastique. Les romans de Terry Pratchett sont pas bien longs et sont très drôles, par exemple, et Neil Gaiman a quelques recueils de nouvelles à son actif. Il y a d'autres exemples bien sûr, Chien du heaume par exemple est pas très long non plus. Après, ce sont des genres assez particuliers, mais si tu as aimé le Trône de fer, peut-être que tu devrais te tourner vers des lectures similaires si tu as envie de lire.

Après, pour le problème d'écrire sans lire, je rejoins les autres, surtout Lo je crois : c'est pas nécessaire, finalement il faut juste avoir une histoire en tête pour avoir quelque chose à raconter, mais ça t'aidera à voir ce qui a été fait, à comprendre le mécanisme de l'écriture, à enrichir ton style. Et à ce niveau, toute lecture même partielle est bonne pour savoir si une écriture te plaît, si tu vas réemployer certaines tournures que tu as vu et qui te plaisent ou au contraire les éviter comme la peste (c'est ça aussi qui fait un peu le style).
Mais en soi, tant que tu maîtrises un peu l'art de raconter, que tu peux narrer sans t'emmêler les pinceaux et sans perdre ton lecteur, ça suffit. Lire, c'est aussi pour apprendre à raconter mieux, ou différemment, en observant les autres faire, mais ce n'est pas nécessaire en soi - c'est juste plus dur d'y arriver seul.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Octurne le 26 janvier 2013 à 13:47:43
Merci à tous pour vos conseils de lectures.  J'y jetterai un coup d'oeil quand l'occasion se présentera. Et si vous vous demandez à quoi peut ressembler un texte de quelqu'un qui lit peu, j'ai justement posté une petite nouvelle dans la rubrique textes courts. J'espère recevoir de nombreuses critiques, car en tant que petit lecteur justement je n'ai sans doute pas du tout le même regard que vous dessus.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: xavion le 22 mars 2013 à 13:44:32
Je reprend ce fil abandonné depuis quelques semaines.
Après avoir lu (a peu près) toutes les contributions, j'ai l'impression que les défenseurs de l'idée qu'il est préférable de lire pour écrire argumentent essentiellement en invoquant la nécessité d'avoir une culture littéraire. Parce qu'on s'inscrit dans une lignée, parce que la littérature est une mine d'or en termes de connaissances et que ça nourrit l'imagination, parce que certaines expériences littéraires ont été faites et que, tant qu'à réinventer l'eau tiède, autant savoir ce que ceux qui s'y sont déjà essayé ont fait. Bref parce que "la culture donne forme à l'esprit".
Je partage cette opinion mais pour moi, l'essentiel n'est pas là.
Le plus beau texte du monde n'est qu'un tas de papier salit par de l'encre tant qu'il n'est pas lu. La littérature est un exercice qui se joue à deux, et qui se rejoue chaque fois qu'un lecteur lit un texte, et qui ne donne jamais tout à fait le même résultat (enfin, je suppose, je ne peux connaitre que ce que j'ai dans la tête, mais un tout cas c'est compatible avec vos visions si contrastées des Confessions de Rousseau). Le lecteur et l'auteur participent -en différé- à l'élaboration de ce qu'est l'expérience littéraire.
Du coup je crois que l'auteur doit construire en pensant au lecteur, il ne doit pas forcément le diriger mais il doit anticiper ses attentes, il doit spéculer sur les connaissances qu'il possède de façon à ce que ses métaphores ne tombent pas à plat, que les inférences sur lesquelles il compte se fassent effectivement. Bref, il doit savoir comment ça marche, un lecteur, comment ça se fatigue quand ça devient lourd, comment chemine sa pensée ... Je ne vois pas comment on peut s'adresser à un lecteur sans avoir une expérience de lecteur.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Milora le 22 mars 2013 à 17:22:44
Je suis tout à fait d'accord, xavion !
(intervention inutile du jour, mais j'avais envie de le manifester  :-[ )
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: OliveDuWeb le 22 mars 2013 à 17:25:59
Moi aussi, je suis d'accord.
Ce qui ne veut pas dire qu'on est obligé de continuer à lire beaucoup pour écrire, cette expérience de lecteur peut être passée et suffire.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: jake07 le 03 juin 2015 à 13:02:55
J'ose un gros up car c'est une question qui m'intéresse vu que je ne lis plus que très peu. J'ai beaucoup lu jusqu'à mes 16 ans environ et depuis je dois difficilement atteindre un livre par an. Je pense que ça reviendra mais ça fait quelques années que ça dure. Et gamin je lisais quasi que du Stephen King. Depuis j'ai aimé Les chants de maldoror, la horde du contrevent et je me met doucement à Philip K Dick. Très doucement.
Et la comparaison avec le musicien qui n'ecouterais jamais de musique m'interpelle. J'écris des morceaux depuis le lycée et j'écoute énormément, énormément de musique et je sais tout ce que ça m'a apporté dans ma manière de composer. Sans toute cette musique écoutée, il me manquerait quelque chose de très important.
Du coup, même si je ressens pas de manque quand j'écris ça me trotte souvent dans la tête car c'est seulement à force d'écouter de la zik que je vois tout ce que ça m'a apporté et tout ce que ça m'apportera
Titre: Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Champdefaye le 30 mai 2019 à 17:24:22
Quand j’ai commencé à écrire, il y a cinq ou six ans, je ne me doutais pas de là où ça me mènerait.

Il y a une dizaine d’années, tout d'un coup, je n’ai eu plus grand-chose d’autre à faire que manger, dormir, boire, dire bonjour à la dame et choisir la chaine TV. Alors, je me suis mis à lire. Pendant deux ou trois ans, j’ai lu, surtout les classiques, Proust et Flaubert en particulier, qui m’ont permis d’entrevoir ce que j’avais raté à faire autre chose. J’ai lu pour le plaisir de découvrir une histoire, et avec elle, l’existence de sentiments inconnus, ou pour celui de retrouver des émotions oubliées ou trop éprouvées. A ces plaisirs s'est vite ajouté celui de la musique des mots, du rythme des phrases, de la fluidité du texte ou de ses aspérités. Pour définir cette association de caractéristiques de l’écriture, j’aurais bien utilisé le mot style, mais pour beaucoup de gens, dire d’un écrivain qu’il a du style, c’est le ranger dans la catégorie des écrivains désuets, démodés, dépassés, empesés, finis, foutus, pilonnés. Les fantômes d’André Maurois, de Roger Martin du Gard, de Gilbert Cesbron et de bien d’autres gloires du siècle dernier en savent quelque chose. C’est vrai qu’ils avaient du style, mais « on écrit plus comme ça aujourd’hui ». Pourtant Proust, Conrad, Hemingway, Chandler, Houellebecq, Wolfe, Beigbeder, Roth ont du style, chacun le leur. Leur forme d’écriture fait qu’on les reconnait aux premiers mots et qu’« on aimerait bien écrire comme ça aujourd’hui. »

Le style est à l’écriture ce que l’élégance est au costume : ça ne doit pas se remarquer. Mais rien n’empêche l’amateur d’en rechercher les traces :  choix des mots ou de la couleur des chaussettes, rythme des phrases ou longueur du pantalon, construction de l’histoire ou structure de la silhouette...

En fait, en commençant ce billet, mon intention n’était pas de me lancer dans d’approximatives considérations sur ce qu’est le style ou sur ce qu’il n’est pas. Mais, comme souvent, je me suis laissé emporter.  Ce que je voulais dire, là où je voulais en venir quand j’ai entrepris ce texte, c’est ceci : quand, comme moi, on a choisi et lu un nombre raisonnable d’écrivains que l’on admire, et que, sur le très tard, on entreprend d’écrire, alors on ne lit plus. Bien entendu, ayant eu vent de votre goût pour la littérature, la famille et les amis vous abreuvent de romans, de nouvelles et d'essais — tiens, toi qui aimes tant lire ! —, mais on ne lit plus. On ne lit plus parce qu’on ne veut plus lire et parce qu’on ne peut plus lire.

On ne peut plus lire parce qu’on n’en a plus le temps. L’écriture, le besoin d’écrire, le plaisir d’écrire vous ont pris : vous écrivez, vous pensez à ce que vous allez écrire et vous écrivez, vous pensez à ce que vous avez écrit et vous écrivez. Vous écrivez et vous ne lisez plus.

On ne veut plus lire parce que lire, cela empêche d’écrire. En effet, comment peut-on continuer à écrire ses petites histoires laborieuses quand on sort de quelques lignes de Sagan ou de Houellebecq, sans parler de Flaubert, Maupassant ou de Proust bien sûr.

Lire ou écrire, il faut choisir.
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Eveil le 30 mai 2019 à 18:01:38
C est une discussion ou un avis arrêté ?

Moi tu vois je fais les deux. Je lis et j écris, sûrement parce que je ne suis pas frappé par cet étrange syndrome de l admiration.
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Aube le 30 mai 2019 à 18:05:16
Pareil ! Rien ne me motive plus à écrire que lire quelque chose que "je ne savais même pas possible".
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Marcel Dorcel le 30 mai 2019 à 18:09:37
En tant qu'écrivaillon de la campagne, qui n'ai jamais cherché la publication à tout prix, sans doute par pusillanimité, j'écris quand ça me chante et n'ai jamais construit quelque chose de solide. Donc, le problème ne se pose pas.

En revanche, il se pose pour celui qui entreprend d'écrire d'une manière ordonnée, pratique. Ce n'est pas le fait de dire qu'untel ou untel écrit mieux que moi ou que tout a déjà été dit, c'est le problème de la distanciation.

Il est impossible de continuer à faire son travail d'écrivain tout en étant absorbé dans la lecture d'une oeuvre, disons majeure. Lire des petits bouts par-ci par-là n'est pas gênant en soi mais si, un exemple qui m'est cher, tu lis Modiano en écrivant sur la période de l'occupation,  il aurait fallu le lire avant mais non pendant. Tu peux te permettre de lire une biographie de Doriot qui t'enrichira mais Modiano t'es interdit au risque de le plagier, d'en faire une mauvaise copie, de reprendre inconsciemment ses tics de langage.
Je répète, le mieux aurait été de l'avoir lu avant.

Au demeurant, si ce que tu lis est clairement à l'opposé, le risque est moindre mais dangereux si tu n'introduis pas une forme de distanciation écriture-lecture, te retrouver à laisser ton taf d'écrivain pour te repaître d'un bouquin qui te passionne.

Merci d'avoir lancé le débat, ce n'est pas une question si saugrenue qu'elle en a l'air.



Citation de: Eveil
C est une discussion ou un avis arrêté ?

Moi tu vois je fais les deux. Je lis et j écris, sûrement parce que je ne suis pas frappé par cet étrange syndrome de l admiration.

Il est nullement question d'admiration mais d'influence. Ce dont je parle quand j'évoque le phénomène de distanciation. L'originalité bien qu'étant un leurre, nous la tentons car nous sommes faibles et orgueilleux. Petit ou grand, un écrivain écrit toujours le même livre à l'infini, il écrit ce que son prédécesseur a déjà écrit qui lui-même le tient de son prédécesseur alors oui, qui de la poule et de l'oeuf ?

Au mieux, il faut donc tendre vers une distanciation et se replier sur son monde intérieur, pendant un temps défini évacuer l'influence de certains auteurs, les oublier, pas facile...

Il y a au moins un point sur lequel je suis d'accord avec toi. Chaque expérience de vie est particulière, unique, là réside notre chance. Tenir compte des critiques certes mais ne jamais lâcher prise, mon écriture est mienne, il faut qu'elle le reste contre vents et marées. L'art est à ce prix ! Plus humblement, ne jamais se laisser acheter par de bonnes ou de mauvaises critiques, se fourvoyer lâchement.



Modération : Posts fusionnés, merci d'éviter les double posts.

@Meilhac

Beckett, j'achète les yeux fermés, Yourcenar pas lu quant à Proust, à chaque nouvel essai il me tombe des mains, je dois être un inadapté au monde proustien...
Refermons la parenthèse.

On dit que les imbéciles ne changent jamais d'avis, je suis un imbécile qui change souvent d'avis.  Maxi méa culpa. L'originalité comme leurre étant un peu définitif, disons que l'originalité est difficile à atteindre, pas une chimère mais presque, du moins pour le commun des pauvres auteurs que nous sommes.
Il ne faut pas se priver des influences sans quoi même Einstein avec son Q.I supersonique de 180-200 n'aurait pu découvrir la notion d'espace-temps, la théorie de la relativité restreinte et générale. Euréka j'ai trouvé ! Sans Galilée, Newton et d'autres
le petit Albert n'aurait peut-être pas fait une aussi belle carrière.
Alors oui, je suis d'accord, choisissons le gris comme couleur dominante.
Et sus aux clichés ! Dans un essai confondant de bêtise, intitulé Jusqu’à Faulkner, l'auteur, Pierre Bergounioux, tente de nous démontrer que l'avènement faulknerien a tué toute la littérature, qu'il est indépassable. Homère, Faulkner puis RIEN !
Certes, Faulkner est un auteur majeur, indispensable mais n'en faisons pas des tonnes. J'en connais un qui m'est cher et qui doit se retourner dans sa tombe, pauvre Joyce !

@Philippe47

Me concernant, c'est une question de phase, de période. Certaines ont propices à la lecture, d'autres alimentent mon plaisir d'écrire. A supposer que je sois dans la construction de quelque chose de "dense" (au moins à l'échelle de ma perception), il est vrai qu'alors je ne lis plus, ou tout au moins rien qui relève de la littérature au sens large. Mais pour de multiples raisons, soit je dois à un moment stopper cette activité nocturne en général et chronophage de toute façon, soit je me retrouve devant un mur (ou une falaise, éventuellement une montagne, mais de toute façon c'est perçu comme infranchissable) et il faut que je stoppe tout et reprenne de la distance (avec ce que j'écris). Et là, la lecture est mon amie, ma grande amie.

Je plussoie à mille pour cent. ;)
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Eveil le 30 mai 2019 à 18:33:22
Citer
quand, comme moi, on a choisi et lu un nombre raisonnable d’écrivains que l’on admire
Titre: Re : Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Meilhac le 30 mai 2019 à 18:54:16
L'originalité bien qu'étant un leurre,

tu peux développer marcel  ;) ? (moi l'originalité, je crois que ça existe)   8)



bon sinon moi je lis surtout quand j'écris. c'est le fait d'écrire qui me donne envie de lire
mais c'est parce que j'ai beaucoup lu je crois
parce que ce qui fait que j'écris maintenant c'est le fait d'avoir lu
maintenant je suis un peu conforme à ce que disait/prophétisait/redoutait botulle au début du vingtième : il disait en gros, "les seuls qui lisent, c'est ceux qui cherchent des idées de trucs à écrire ou des idées sur comment écrire" :--)

mais bon quand j'ai lu les trucs qui m'ont marqué au fer rouge, c'était sans avoir l'idée d'écrire à l'époque

je me souviens d'une interview de houellebecq par ardisson, et ardisson lui dit, "pendant que vous écrivez, vous cessez de lire ce qui sort? pour mieux vous centrer?" et houellebecq répond "ah non non, pourquoi ? non non, je bouquine aussi pendant mes périodes d'écriture"

je pense aussi de yourcenar disant "je me méfie beaucoup des écrivains qui disent, je ne lis pas les autres pour ne pas me faire influencer. au contraire, il faut lire beaucoup, et à la fin ça fait une espèce de gris sur lequel on peut exprimer et affirmer  son style, sa couleur propre"

proust avait tout lu et ne disait rien de ses idoles, il avait fait son gris quoi. mais je soupçonne qu'il ne lisait plus guère, dans la période où il écrivait à donf (mais j'intuite, seulement, quelqu'un peut confirmer ou infirmer ? quelqu'un qui aurait lu sa bio par taddéi par exemple ?)

gainsbourg lui disait, quand on lui demandait ce qu'i lisait, "j'ai passé l'âge de faire des erreurs. je relis toujours les mêmes trucs" (et ses trucs of course : huysmans, baudelaire, defoe, constant, et qq autres)

lire et écrire, il faut faire les deux, mais pas toujours pile en même temps

bon moi j'ai des starters :quand j'ai envie d'écrire, y a certains auteurs qui me donnent envie d'écrire (beckett)
et puis yen a qui me donnent envie de continuer à les lire (proust,  yourcenar) donc pas l'idéal pour écrire
mais ouais quelques phrases de beckett, hop. comme s'il était la roue du bicyle, je commence à pédaler avec lui qui me tient, etdès qu'il arrête de me tenir je suis lancé et je pédale :--)
moins écrasant et moins différent de moi que proust et yourcenar, je pense que c'est pour ça
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Eveil le 30 mai 2019 à 19:00:05
ou pour reprendre l'analogie de Montaigne entre l'abeille et l'élève : il faut assimiler les connaissances, les faire siennes pour créer son propre miel (le gris évoqué par meilhac). Aussi je pense que l'influence est normale et saine, puisque c'est une nourriture à intégrer, mais que l'admiration est nocive.
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Philippe47 le 30 mai 2019 à 19:08:43
Bonjour Champdefaye

Citer
Lire ou écrire, il faut choisir.
Je suis à la fois d'accord et en désaccord sur le fond, mais d'abord j'ai envie de souligner que l'obligation de choix ("il faut") et l'hésitation qu'elle supposerait préalablement au choix ne transparait pas vraiment dans ton texte. Doit-on choisir ou est-on choisi(e) ?
 :)
.
Me concernant, c'est une question de phase, de période. Certaines ont propices à la lecture, d'autres alimentent mon plaisir d'écrire. A supposer que je sois dans la construction de quelque chose de "dense" (au moins à l'échelle de ma perception), il est vrai qu'alors je ne lis plus, ou tout au moins rien qui relève de la littérature au sens large. Mais pour de multiples raisons, soit je dois à un moment stopper cette activité nocturne en général et chronophage de toute façon, soit je me retrouve devant un mur (ou une falaise, éventuellement une montagne, mais de toute façon c'est perçu comme infranchissable) et il faut que je stoppe tout et reprenne de la distance (avec ce que j'écris). Et là, la lecture est mon amie, ma grande amie.
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Alan Tréard le 30 mai 2019 à 22:58:56
Un sujet de discussion fort passionnant, il y a effectivement un choix quelque part : mais où est ce choix ?

Lire, c'est choisir ce que l'on a envie de lire, écrire, c'est choisir ce que l'on a envie d'écrire.

Personnellement je crois que le jour où je devrai faire ce choix, alors je choisirai de lire. Je suis d'une nature curieuse et il me faut toujours un petit temps de lecture pour donner un peu de piment à mon quotidien.

Lire parce que c'est ce qui m'offre un peu de bonne humeur et beaucoup d'exactitude dans mon ressenti personnel.

Je cherche alors une forme d'universalité dans mes lectures, sans pour autant me contraindre à ne faire que « de bons choix », je dis cela parce que je ne me surprends pas de choisir parfois de mauvaises lectures (ça reste malgré tout des lectures, toutes mauvaises qu'elles soient), et je m'en vais alors profiter d'un instant d'ailleurs.

Peut-être faut-il aimer la beauté, la connaissance ou je ne sais quoi pour toujours aimer lire ? Peut-être perdre le goût de ses lectures est dû à une certaine forme d'impuissance ?

On ne veut plus lire parce que lire, cela empêche d’écrire. En effet, comment peut-on continuer à écrire ses petites histoires laborieuses quand on sort de quelques lignes de Sagan ou de Houellebecq, sans parler de Flaubert, Maupassant ou de Proust bien sûr.

J'espère que tu retrouveras le goût de la lecture, mon cher Champdefaye, je te le souhaite de toute mes forces et tous mes vœux !!
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Champdefaye le 01 juin 2019 à 13:26:20
LIRE OU ECRIRE, IL FAUT CHOISIR.
Eh bien, je vois que mon petit texte introspectif et pessimiste a déclenché des commentaires très divers, dont certains très intéressants, depuis les laconiques "moi, pas de problème, je fais les deux" d'Eveil et d'Aube jusqu'à l'analyse de Marcel Dorcel, en passant par les encouragements d'Alan Tréard. 

Pour répondre tout d'abord à Marcel :
— Je ne cherche pas à être publié (Quoique, si NRF venait me chercher pour un recueil de nouvelles - suis incapable d'écrire plus de 20 pages sur le même sujet - je ne dirai probablement pas non. Mais je ne fais rien pour ça. Si j'écris, c'est parce que ça me fait plaisir, que j'en éprouve le besoin, que j'aime être lu par quelques personnes – une trentaine sur mon blog, et parfois un peu plus sur le MdE.
—Pour écrire, je n'ai pas de discipline, seulement des habitudes : les terrasses de cafés du Quartier Latin, à défaut l'intérieur des cafés du Quartier Latin. Le brouhaha m'est nécessaire et en plus, parfois j'y trouve un sujet.

—Le fait que des gens, y compris sur le MdE, écrivent mieux que moi ne me gène pas vraiment. Il y a longtemps que je me suis fait une raison. J'ai cité plus haut quelques-unes de mes préférences. Il faudrait que j'y ajoute Vialatte, Marcel Aymé, Blondin, bien sûr et Yourcenar. J'en oublie encore. Je n'y ai pas inclus Modiano qui, bien que j'admire la précision légère de son style, me lasse un peu avec le brouillard qu'il entretient dans sa recherche constante du temps passé. Tu as dit quelque chose comme "chacun écrit toujours le même livre". Surtout lui.

—"Lire ou écrire, il faut choisir", c'est un peu drastique. Mon texte de départ pourrait faire croire que j'ai choisi l'écriture. Et c'est vrai : je lis beaucoup moins qu'autrefois, avant que j'aie commencé à écrire. Mais bien sûr que je lis. De temps en temps. Je choisis aujourd'hui plutôt des écrivains que je ne connais pas ou peu : récemment Tolstoï, Mann, Ellis. J'apprécie ou pas, Tolstoï oui, Mann et Ellis, pas vraiment. Et ces lectures tardives ne m'influencent pas dans mon écriture. Elles sont justes consommatrices de temps. C'est pourquoi j'ai dit qu'il fallait choisir. J'aurais dû dire "que je choisissse".

— A propos des influences et de ta référence à Einstein, l'analogie entre la science et la littérature me parait un peu forcée, ne serait-ce que parce que la science progresse avec pour résultat le progrès du savoir, alors que la littérature, ou plutôt le roman ne fait qu'évoluer dans les sujets et les styles. A la Recherche du Temps Perdu est-il un progrès par rapport à l'Iliade ? Cependant, puisque tu as abordé le sujet, je ne résiste pas au plaisir de citer Isaac Asimov citant Isaac Newton :
"Il n’y a pas une seule découverte scientifique, aussi révolutionnaire, aussi étincelante de perspicacité soit-elle, qui ne provienne du passé. « Si j’ai vu plus loin que les autres hommes, disait Isaac Newton, c’est parce que j’étais monté sur les épaules de géants »"

@Meilhac
A propos du "gris" de Yourcenar. Elle disait en substance, et tu dis aussi "il faut lire". Et je suis d'accord. Bien sûr qu'il faut lire, faire son gris. Moi qui me suis fait mon petit gris surtout pendant la jeunesse, et qui ensuite ai été pas mal occupé par ma vie professionnelle jusqu'à ce qu'elle s'arrête, je sais que je devrais le parfaire, mon gris, le compléter, avec des tas d'auteur que je n'ai pas lus. Mais, entre l'écriture et la tenue quotidienne d'un blog surtout orienté vers l'écriture, je n'ai pas le temps, et c'est tout ce que voulait dire mon "Lire ou écrire, il faut choisir".

@Philippe47
Je pense que ce que j'ai dit ci-dessus doit répondre à ta question. Le libellé de mon titre voulait être une parodie du fameux conseil de la Sécurité Routière : "Boire ou conduire, il faut choisir !" Et je croyais évident que le lecteur comprendrait que ce titre n'était ni un ordre ni même un conseil, mais une constatation tout à fait personnelle.

@Alan Tréard
Tu évoques le dilemme du choix imposé entre lecture et écriture. Mais personne ne se trouve dans cette situation, à part quand on te pose la question théorique idiote "Qu'est-ce que tu emporterais sur une ile déserte ? Un livre ou un stylo et du papier ?" (Juste en passant : On avait demandé à Marilyn Monroë quelle lecture elle emporterait sur une ile déserte. Elle avait répondu : "Un marin tatoué !")
Non, je n'ai pas perdu le gout de la lecture. C'est juste une question de temps et des années qui se font courtes.
Titre: Re : Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Meilhac le 01 juin 2019 à 16:06:57
l'admiration est nocive.

disons à tout le moins que l'idôlatrie peut être un frein

je pense à breillat qui a bossé avec pialat et qui dit dans une interview "l'admiration à un moment il faut en sortir"

et à sagan qui dit "un jour je me suis dit que c'est pas parce qu'on se sent moins génial que proust qu'on n'a pas le droit d'écrire, et je me suis mise à écrire"

admirer c'est génial, je pense, mais faut faire gaffe aux effets pervers (inhibition, etc.)
Titre: Re : Lire ou écrire, il faut choisir
Posté par: Ariane le 01 juin 2019 à 16:33:08
Sur le fait d'être influencé : Ma préférée est la citation de Yourcenar. Je crois que je n'ai pas encore assez lu pour avoir un vrai joli gris. Et je suis encore trop influençable. Cela dit j'en joue un peu, au cours de mes multiples relectures j'adapte mes lectures, selon la couleur qui me manque.

Sur le temps et l'énergie que ça exige : Pour moi lecture et écriture ne répondent pas au même besoin ou au même souhait, l'écriture est en général plus facile et répond plutôt à un "trop plein" (d'émotions, de pensées) ; la lecture est plus agréable mais exige au contraire un état d'esprit un peu plus apaisé. Je ne pense pas que le temps passé à l'un déborde sur le temps voué à l'autre. Mais selon mon état je pourrai accéder aux deux ou bien seulement à un seul.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 02 juin 2019 à 15:49:08
[fil fusionné avec un précédent sur le même sujet]
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Champdefaye le 03 juin 2019 à 17:21:57
Quand j'ai écrit  "lire ou écrire, il faut choisir", ce n'était pas pour ouvrir une discussion dont la teneur pouvait d'ailleurs se deviner par avance : mais OUI, bien sûr, il faut lire, pour se former (et j'ajouterai : pour apprendre l'orthographe), mais NON pour ne pas subir d'influence, mais SI mais modérément (comme l'alcool, la paresse et la choucroute alsacienne). Oui, non, si, thèse, antithèse, synthèse. Classique, scolaire.
Sachant que ce petit texte ne serait pas considéré comme assez littéraire (!) pour figurer dans les textes courts, je l'avais placé de moi-même dans le Petit Salon de Madame Verdurin où il a bien déclenché la discussion que l'on pouvait attendre.
Et voilà maintenant qu'il est déplacé dans un autre fil d'une autre section avec pour titre un sujet de dissertation de classe de seconde, encore plus éloigné que le précédent de mon sujet d'origine : "Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?".
Bon, moi je veux bien. OUI, NON, SI etc..
Dans un commentaire, j'avais qualifié mon texte d'introspectif, et c'est bien ce qu'il voulait être, la simple expression d'un état d'âme, résultat d'une expérience personnelle due à la non-extensibilité des heures. J'aurai pu écrire cela dans un journal intime, genre littéraire non  prévu dans le MdE et qui pourtant a donné naissance à bien des textes intéressants.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 03 juin 2019 à 17:46:26
bah ouaip, le genre du blog, journal intime et non littéraire, c'est pas prévu sur ce forum parce que pour ça y'a des blogs justement, le but du forum c'est de retravailler les textes du coup si quand tu postes quelque chose tu n'attends : ni retours, ni discussions comme c'était le cas pour ce posts qu'on a fusionné (parce qu'il a donné suite à une discussion) (on peut d'ailleurs renommer le titre de ce fil où y'a eu plusieurs discussions intéressantes autour de cette même thématique) bah bref, si t'attends rien de tout ça, comment justifier le choix de poster sur un forum ? On n'est pas juste une plateforme de lecture mais bien une communauté d'écrivants qui s'aident dans l'écriture alors ça peut pas correspondre à ces attentes... Et je sais pas, ça semble assez évident, non ?

et oui bien sûr que le genre du journal intime peut-être intéressant, et on l'a vu dans de nombreux textes ici même (et je l'ai moi-même fait dans des cadres particuliers ici donc je peux pas lancer la pierre ^^ c'est juste une question de savoir à quoi sert un lieu et quoi en attendre)


mais bref, vais pas flooder plus longtemps parce qu'on a déjà essayé de te le l'expliquer ça ^^
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: mogwailu le 04 juin 2019 à 19:05:51
Bonjour à tous.

Voilà un sujet qui est tout moi  :D... A la différence que je ne me pose pas la question de savoir si je dois lire pour écrire car je suis un extraterrestre sur ce forum. En effet malgré mes cheveux gris qui commencent à pousser je n ai lu que 3/4 Livres non.pas dans le mois ou l anee mais dans ma vie (et encore pas sûr que born To run soit considérer comme de la lecture  qui fait progresser l écrivain.  :mrgreen: )

Et voila que je me suis dit un jour : tiens je vais écrire.  Alors j ai fait un bouquin en 2 tomes (ba oui tant qu'à s y mettre autant commencer la course par un marathon  ^^). Le plus beau c est que je l ai fini avec 500 pages au compteur.

Alors ce sujet est tout moi : faut-il lire pour écrire : je dis un grand NON !
Tout d abord bien ecrire peut provenir certe de la lecture mais aussi d'une aisance orale, de l envie d utiliser les bons mots au quotidien pour parler correctement ( et de son entourage. )

J ai lu un questionnement sur le rapport imagination/écriture... l imagination provient parfois des lectures mais sa source est tellement plurielle : film, relation sociale, lieu de vacances etc... pour ma part dans mon "roman" d aventure a chaque passage je reconnaissaissais sa source d inspiration : là une montée au Mt Blanc fait l été dernier, ici les chevaliers du zodiaque (hey vous marrez pas  :D ), ailleurs des remarques de mes enfants...bref oui la lecture est une source d'imagination  mais pas la seule.

Pour ce qui est du risque de plagiat je ne risque pas d en faire au vue de la pauvreté de la biblio  :-¬?
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Champdefaye le 05 juin 2019 à 18:41:43
C'est drôle comme parfois je n'arrive pas à me faire comprendre. Pour ne pas me dire que c'est moi qui ne suis pas clair, je me dis que c'est parce que je n'utilise jamais de smileys. 
Quand je publie un texte sur le MdE, c'est en partie, mais en partie seulement, pour recevoir des commentaires critiques formels. Les critiques sur la forme, le signalement de fautes, répétitions et autres bêtises sont les très bienvenues. Les suggestions de modifications de point de vue, de temps de narration, ou même — à la limite du fond et de la forme — de développement de l'histoire le seraient également, mais elles sont si rares, et même exceptionnelles.
Quand je publie un texte sur le MdE, c'est aussi pour savoir comment il est reçu, compris, mal compris ou pas compris, d'où l'attente de commentaires du genre : "c'est chouette" (un peu développé si possible) ou "je n'ai pas aimé" (développement nécessaire svp).
Mais je n'attends jamais vraiment de critique sur le fond, sur le sujet lui-même, sur l'idée que j'ai voulu développer ou que le lecteur croit que j'ai voulu développer. Il faut reconnaitre d'ailleurs que les commentaires sur les textes courts, qui sont généralement de fiction ou d'auto-fiction, ne portent pratiquement jamais sur le fond et c'est tant mieux.
Lorsque j'écris un texte qui prête à discussion ou même à polémique, un texte qui touche à l'actualité ou à la société par exemple, je les écris sous forme de chronique et j'y apporte le même soin que pour un texte de fiction, du moins j'essaie. Et, si les règles du MdE n'étaient pas ce qu'elles sont, ces chroniques, je les publierais bien dans les textes courts, car j'ai tendance à les considérer aussi comme des objets littéraires, toute modestie mise de côté, et non comme des prises de position. Quand je publie ces chroniques, ce n'est pas pour engager une discussion sur le sujet. Je sais, c'est moi qui ai tort car  si tu mets ton texte là, tu ouvres une discussion. Donc, la prochaine fois je les placerai en textes courts, et la prochaine fois, ils seront déplacés dans un autre fil, et je me retirerai de la discussion. Parce que le "chat" m'ennuie, le "flood" m'exaspère et que personne ne convainc jamais personne, tout au moins dans ce cadre.
N'en étant pas à une contradiction près, je dois cependant reconnaitre que dans ce fil que j'avais à mon insu lancé et depuis fusionné, deux ou trois commentaires étaient des plus intéressants.
Mais ce qui m'a agacé, c'est le fait que, en tout cas pour ceux qui y ont réagi, mon "Lire ou écrire, il faut choisir" ait été pris pour un ordre, un conseil, ou pire, pour une question à débattre, alors, je l'ai déjà dit, que ce n'était qu'un état d'âme, peut-être même seulement temporaire.
C'est vraiment drôle comme parfois je n'arrive pas à me faire comprendre. Pour ne pas me dire que c'est moi qui ne suis pas clair, je me dis que c'est parce que je n'utilise jamais de smileys. 
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: mogwailu le 05 juin 2019 à 18:49:01
Ne t autoglagelle pas  :D je pense que le problème d incompréhension vient de la fusion de deux sujets ce qui fait que les réponses ne sont pas uniquement a ton sujet.  La deuxième chose est qu au fil des discussions de nouvelles problématiques sont ouvertes et parfois passent après d autres dont le premier.
Mais utiliser des smileys c est bien aussi  :mrgreen:
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 05 juin 2019 à 20:02:10
Pour te répondre et arrêter ensuite le hors sujet :


Je te comprends tout à fait sans smileys et le résidu d'incompréhension ne se situe absolument pas là, si c'est vraiment ce qui t'inquiètes. (Parce que du coup, nous aussi t'as du mal à nous comprendre visiblement, qu'on utilise des smileys ou non ->  ^^ )


Citer
Les critiques sur la forme, le signalement de fautes, répétitions et autres bêtises sont les très bienvenues. Les suggestions de modifications de point de vue, de temps de narration, ou même — à la limite du fond et de la forme — de développement de l'histoire le seraient également, mais elles sont si rares, et même exceptionnelles.
le principal problème de tes chroniques, dans un espace d'écriture et de commentariat comme ici, c'est que si elles se prêtent à la première catégorie de corrections que tu cites, elles ne se prêtent en aucun cas à la seconde. Pas de modification de point de vue, de narration ou de developpement à te proposer puisqu'une chronique par essence même ne fait que traduire TA pensée, TA vision, toi quoi, et à ça on peut juste rien dire. On peut reprocher un angle d'attaque un peu faible ou autre à la rigueur, mais depuis toutes ces années, tu sais les écrire tes chroniques et à force bah, on n'a juste plus rien  te dire, parce que tu ne changes pas leur forme ou quoi que ce soit d'autre, c'est ta formule, tes chroniques, si t'en doutes encore oui elles fonctionnent toutes telles quelles.
Alors là ta chronique sur la lecture, bah elle est pas mal au niveau de l'écriture, mais y'a rien à en dire, rien à en proposer, or ça reste le but de ce forum (et là j'utilise pas de smiley et j'espère que tu me comprends tout autant, car j'ai bien compris ton trouble de ne pas pouvoir poster tes chroniques en texte court), alors forcément oui, elle provoque un débat, débat qui a rejoint les discussions autour de la lecture/écriture qui sont ici et où ton état d'âme reste cohérent et intéressant à toute personnes voulant lire des choses sur ce que les gens pensent du sujet.

En fait, ce dont tu t'étonnes et t'agaces, c'est de la réaction qu'on les gens à une chronique et pourtant, c'est le but premier d'une chronique de faire réagir les gens. Et comme tu sais les écrire, tes chroniques, bah même en textes courts en fait, elles tourneront en discussions. Tu le dis toi-même qu'on t'apportes assez peu d'aide en terme de corrections et autres dans les textes courts, et y'a la raison est là... Parce que c'est des chroniques et c'est toute la problématique de ce type de chronique "blog" comme je l'expliquais plus haut et avant ça.





Bref pour passer à autre chose, mogwailu j'adores ta position haha
c'est marrant mais j'aime ce sentiment de, hm, dernier des mohican, résistant réfractaire, de rien vouloir savoir et faire son truc sans modèle, j'ai envie d'encourager et pis, bah ensuite à toi de faire ton mieux pour créer ton style d'écriture ^^
(mais bon, quelque part je peux juste dire que tu passes à côté juste de moments cool quand même à pas vouloir lire, genre vraiment très cool, au delà de parler du "besoin" de lire pour savoir écrire, mais bon si tu veux pas aller au ciné ou aller en concert, c'est ton choix)
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 05 juin 2019 à 20:41:52
bien ecrire peut provenir certe de la lecture mais aussi d'une aisance orale, de l envie d utiliser les bons mots au quotidien pour parler correctement ( et de son entourage. )

J ai lu un questionnement sur le rapport imagination/écriture... l imagination provient parfois des lectures mais sa source est tellement plurielle : film, relation sociale, lieu de vacances etc... pour ma part dans mon "roman" d aventure a chaque passage je reconnaissaissais sa source d inspiration : là une montée au Mt Blanc fait l été dernier, ici les chevaliers du zodiaque (hey vous marrez pas  :D ), ailleurs des remarques de mes enfants...bref oui la lecture est une source d'imagination  mais pas la seule.

Pour ce qui est du risque de plagiat je ne risque pas d en faire au vue de la pauvreté de la biblio  :-¬?
ouèche !  :)
le truc mogwailu c'est que dans l'écriture y a une dimension imagination (où là le fait de ne pas lire peut être un atout. puisque le fait de lire peut amener trop à tendre, inconsciemment, à faire des trucs déjà faits), mais y a aussi une dimension technique.
et là, la technique, c'est utile de voir faire les autres je pense.

ça me donne envie de lire ce que tu ponds, d'ailleurs, mogwailu ! :)

et tout ça me fait penser aussi au fameux aphorisme de wilde : "je ne lis jamais les livres dont je dois faire la critique. on se laisse tellement influencer..."  :D
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 05 juin 2019 à 21:21:36
pour pas se faire influencer par un auteur j'ai trouvé la technique : ouvrir très vite un nouveau livre  :mrgreen: toujours plus haha
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 05 juin 2019 à 21:29:30
pour pas se faire influencer par un auteur j'ai trouvé la technique : ouvrir très vite un nouveau livre  :mrgreen: toujours plus haha

 :guillaume:

à donf !!! :)
c'est ça qu'il faut faire, indeed !
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: mogwailu le 06 juin 2019 à 08:27:30
le truc mogwailu c'est que dans l'écriture y a une dimension imagination (où là le fait de ne pas lire peut être un atout. puisque le fait de lire peut amener trop à tendre, inconsciemment, à faire des trucs déjà faits), mais y a aussi une dimension technique.
et là, la technique, c'est utile de voir faire les autres je pense.
Pour faire une comparaison (osé vous allez voir  :-¬?) entre le monde du sport et le monde littéraire, il y a deux façons d'acquérir une technique : l'observation et la répétition.
L'observation est une phase souvent nécessaire pour s'ouvrir sur des façons de faire différentes que notre cerveau enregistre et que nous sommes ensuite parfois capables de reproduire ( à échelle minime car j'ai beau regarder les sauts en fosbury je n'y arriverais pas aussi bien que l'athlète évidemment).
Dans le monde littéraire l'observation serait évidemment la lecture et sur ce point je te rejoins qu'il faut lire pour connaitre.

Mais la source principale d'acquisition de techniques fines et personnelles est dans la répétition

La répétition : faire encore et encore, le sportif répète son geste des milliers de fois avant de le maitriser.

La maitrise de l'écriture ( ce que je qualifierais de technique) permettant un texte agréable à lire ne peut se faire que par l'écriture encore encore et encore…


En conclusion je dirai que celui qui écrit sans lire pourra progresser dans sa propre technique mais se limitera à celle-ci sans s'ouvrir à d'autres qui pourrait l'inspirer.




ça me donne envie de lire ce que tu ponds, d'ailleurs, mogwailu ! :)

Youhou, un premier lecteur potentiel  ! :glou: Quand mon livre sera en vente (ce qu'il sera tôt ou tard par maison d'édition ou autoédition, tu le sauras et tu pourras l'acheter pour assoiffer ta curiosité  :mrgreen:


Bref pour passer à autre chose, mogwailu j'adores ta position haha
c'est marrant mais j'aime ce sentiment de, hm, dernier des mohican, résistant réfractaire, de rien vouloir savoir et faire son truc sans modèle, j'ai envie d'encourager et pis, bah ensuite à toi de faire ton mieux pour créer ton style d'écriture
(mais bon, quelque part je peux juste dire que tu passes à côté juste de moments cool quand même à pas vouloir lire, genre vraiment très cool, au delà de parler du "besoin" de lire pour savoir écrire, mais bon si tu veux pas aller au ciné ou aller en concert, c'est ton choix)
J'aime beaucoup ta comparaison et tu m'as bien caractérisé  :D . Tu as raison sur le fait que j'ai apprécié lire certains livres et que je devrais peut-être le faire plus souvent. Finalement écrire un livre est peut-être ce qui à terme me mettra le pied à l'étrier  ::)
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Miléna le 06 juin 2019 à 12:12:45
Avec la répétition tu peux aussi répété indéfiniment la même erreur sans jamais progressé, hein, je le sais bien j'ai fais ça avec le violon pendant 6 ans.

Et pareil :
Citer
Pour ce qui est du risque de plagiat je ne risque pas d en faire au vue de la pauvreté de la biblio  :-¬?
Ca c'est une idée reçut.
Des théoricien du théâtre avaient trouvé au 19ème siècle un village d'Europe de l'est dans lequel les habitant n'avaient jamais vu de théâtre (c'était un lieu très isolé et rien dans leur culture ne s'apparentait à cela). Ils ont donc eu l'idée d'organiser une troupe de théâtre avec des enfants, leur objectif était de voir comment ils allaient exprimé la tragédie. Il espéraient que, n'ayant jamais été confronté au théâtre, ils mettraient en scène des choses totalement nouvelles et qu'on aurait jamais vu ailleurs.
Sauf qu'en fait les deux fillette de la troupes on reproduit à l'identique tous les plus grand clichés de la tragédie, notamment dans l'expression des émotions : la même sur le coeur pour l'amour, la mains sur le front pour la peine, les cris, les pleurs, ce genre de chose.
En fait, je pense quelqu'un qui s'est très peu cultivé est d'autant plus vulnérable au plagiat. En multipliant les expériences, on acquière plus de finesse et de subtilité et cela permet de reconnaitre les schéma. Une personne qui n'a lu que quelques livre, vu quelques films ou écouter peut de musique, aura plus de risque, inconsciemment de reproduire ce qu'elle aura lu, vu ou écouté. Alors qu'une personne qui aura une source beaucoup plus varié d'expérience sera plus à même soit de varier les sources d'inspiration (en combinant deux éléments qui n'auront jamais été combiné ensemble) soit en reconnaissant l'origine de son inspiration.

Petit précision important selon moi toutefois : je suis d'accord avec Mogwailu, il ne faut pas se limiter à un seul média. Le livre, la musique, les films, les série, les dessins animé, l'histoire, les expériences du monde réel, tout cela nourrit l'écriture. A mon sens aucune de ces sources ne devrait être ni exclut ni exclusive. Quand je parlais plus haut de culture, j'englobais tout cela (sans distinction non plus entre culture d'élite vs culture populaire).

Pour moi un auteur est avant tout un chercher, il doit boire à toutes les sources, car toutes peuvent nourrir son écriture d'une façon nouvelle, surprenante rafraîchissante.
Le pire pour moi, serait non pas de ne pas lire, mais de ne pas se poser de questions, de ne pas chercher à progresser. Et pour moi, à partir du moment où on est dans la recherche, qu'on veut aller plus loin dans l'écriture, on s'ouvre forcément à beaucoup de média, dont le livre
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 06 juin 2019 à 13:48:20
je crois que je suis d'accord en tout avec miléna ^^


le sujet de la répétition c'est un truc qui m'est cher donc je te rejoins là-dessus aussi, mais en effet, : tu peux reproduire la même erreur sans t'en rendre compte (et à ce sujet, je crois aussi qu'en réalité certains défauts sont nécessaires pour délimiter son domaine), alors oui on peut ne pas vouloir s'ouvrir à de nouvelles perspectives pour se concentrer et parfaire uniquement ce qu'on a en tête, c'est un choix que je peux comprendre même si c'est pas ma démarche ^^
Par contre, c'est plus long. Parce que découvrir des choses, tu le fais plus vite en lisant d'autres, ça te permet de progresser plus vite, de tester plus de choses auxquelles tu n'aurais pas pensé tout de suite (des fois c'est pas utile pour notre démarche, des fois c'est la continuité directe et c'est fou), un peu comme faire lire à des gens qui t'aident pour de vrai, ça permet d'avancer plus vite quoi alors j'aurais envie de dire, pourquoi s'en priver ^^ Mais comme je le répète haha, question de choix


Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: extasy le 06 juin 2019 à 13:49:50
Excusez-moi si je divague, mais j'aimerais dire quelque chose qui sera forcément hors sujet. Ça fait très longtemps qu'une certaine impression me poursuit, je vais essayer d'exprimer ça ici. Qu'est ce qu'il faut pour écrire, lire d'abord sans doute (bien que ce ne soit pas toujours obligatoire), écouter de la musique, contempler la nature, connaître des gens, vivre des choses... vivre en somme. J'y pense souvent, que pour bien écrire il faut bien vivre. Mais à chaque fois, quand j'arrive à cette conclusion je me dis, attends, stop, ça va trop loin là, pour bien écrire il faut bien vivre, tu donnes à l'écriture autant d'importance qu'à la vie ? En fait arrivé là je me dis que ce n'est pas si important que ça l'écriture. Peut être qu'il faut juste décompresser, ne pas se prendre trop au sérieux, et ne pas trop débattre sur ce qui fait ou pas un "bon" auteur.
Bon on est sur un forum d'écriture, c'est normal d'en débattre, mais deq fois, j'ai vu passer tellement de sujets sur l'écrivain, le style, l'art, ce qu'il faut ou ne pas faire, tellement de points de vue, tellement de discussions, que ouf je suis fatigué (parce que j'en ai ouvert moi même beaucoup, de sujets sur l'écriture).

Le truc c'est que ça ne finit jaaaaamais. Aucun de nous n'a jamais été capable de dire quelque chose de définitif là dessus  :D
Tout le monde sait de quoi il retourne et pourtant on ne se met jamais d'accord.

Je dis pas tout ça méchamment hein, c'est juste que pour la première fois j'ai pu sortir ca assez facilement. Que peut etre parfois, sans le savoir, on devient trop sérieux, et que le signe de ça c'est quand on se met à trop analyser de grandes questions comme le style, l'auteur, tout ça. Quand on dit pour écrire il faut vivre (c'est moi qui l'ai dit, je sais) bah c'est donner trop d'importance à l'écriture peut être. Chais pas. Mais des fois c'est lassant.

(Casseur d'ambiaaance  :-¬?)
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ben.G le 06 juin 2019 à 14:08:28
Je crois pas qu'on cherche à se mettre d'accord ^^  Enfin pas moi en tout cas, juste à confronter des points de vues, à faire évoluer nos points de vues, à s'enrichir de tout ça pour continuer à évoluer quoi
Oui oui c'est sans fin..
J'ai plus trop l'occasion d'en parler de vive voix ces derniers temps, de tout ça, alors je trouve que ça fait du bien d'en parler, de parler de son rapport à l'écriture, de faire le point de temps en temps, parce que ça me passionne  beaucoup trop, je crois
(et des fois j'en ai marre aussi comme toi de déblatérer, j'ai envie que d'agir ou que de me reposer, j'te comprends, les conversations c'est vachement vain dans leur finalité en somme, pour elles-mêmes je veux dire, parce que tout ça c'est comme toi, ressenti vis à vis de)


Quand à se prendre trop au sérieux... Ouaip des fois faut prendre du on gros recul pour enlever les oeillères aussi. Je peux pas être plus d'accord que ce il faut vivre avant d'écrire, putain mais tellement tellement...
(mais je crois que l'écriture est devenue trop importante dans ma vie pour que je lui enlève trop d'importance, désormais ou en tout cas actuellement, mais bon ca veut pas dire que ça doit être le cas de tout le monde par ici ^^ bref ui, j'entends bien l'appel à se poser en terrasse et se détendre pour parler de tout ça et d'autres choses en picorant des chips hahaha )
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 06 juin 2019 à 15:28:37
Je peux pas être plus d'accord que ce il faut vivre avant d'écrire, putain mais tellement tellement...

ha ha la question des liens entre vivre et écrire, intéressant aussi !  :)

(avoir vécu pour écrire, nécessaire. mais si y a pas des moments où on se regarde vivre, on n'a rien à écrire. et pendant qu'on se regarde vivre, on suspend en quelque sorte sa vie. cf. "on ne peut pas jouer et se regarder jouer" (lilian thuram)) 8)

Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 06 juin 2019 à 15:42:45
Ah ! Je crois qu'il y a cinquante façons d'écrire, plus encore que de vivre...

« Comment ? me direz-vous. Comment serait-il possible qu'il y ait plus de façons d'écrire que de façons de vivre ? C'est impossible. »

Qui peut prouver que c'est impossible ?

Je remarque que certain.e.s répètent des heures durant pour saisir la plus belle interprétation de leur vie : l'inspiration suprême ; tandis que d'autres préfèrent largement se plonger dans la mémoire des siècles pour en garder un souvenir synthétique, une mémoire des vies passées.

Oui, on peut s'inspirer de plusieurs vies pour écrire un seul livre, moi j'y crois, ne s'inspirer que de soi n'est ni une nécessité ni un tabou, on peut le faire ou non, ce sont des regards très différents.

Moi je cherche toujours à vivre les plus belles choses pour les raconter dans mes écrits, mais si quelqu'un venait me dire : « Je me suis inspiré des plus grandes femmes & hommes de l'histoire pour écrire mon récit ; sais-tu que je me suis inspiré.e de nombreuses vies d'antan pour alimenter mes ouvrages ? », je ne vais blâmer personne, on n'est pas toujours obligé de se tourner vers soi-même, et je m'intéresse aussi à celles & ceux qui s'inspirent de la vie des autres, c'est comme ça.

Je suis curieux, je dis, je lis de tout, car il y a plus à lire qu'à vivre dans cette vie.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Champdefaye le 06 juin 2019 à 15:56:30
Shakespeare, pas d'accord :
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que dans toute votre philosophie.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ariane le 06 juin 2019 à 16:50:27
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mais si y a pas des moments où on se regarde vivre, on n'a rien à écrire. et pendant qu'on se regarde vivre, on suspend en quelque sorte sa vie. cf. "on ne peut pas jouer et se regarder jouer" (lilian thuram)) 8)
On a peut-être pas la même définition de "se regarder vivre" mais je suis pas du tout d'accord avec ça  :o . Je peux avoir l'impression à la fois de vivre le moment présent et de l'observer.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Marcel Dorcel le 06 juin 2019 à 17:04:08
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mais si y a pas des moments où on se regarde vivre, on n'a rien à écrire. et pendant qu'on se regarde vivre, on suspend en quelque sorte sa vie. cf. "on ne peut pas jouer et se regarder jouer" (lilian thuram)) 8)
On a peut-être pas la même définition de "se regarder vivre" mais je suis pas du tout d'accord avec ça  :o . Je peux avoir l'impression à la fois de vivre le moment présent et de l'observer.

Si je ne m'abuse, c'est schizophrénique, non ? Mais comme cela me conforte dans ma pensée, j'acquiesce mille fois à ton propos.



Je résumerai le débat entre culture et nature, et motoculture... :mrgreen:

Comme si l'enfant-sauvage, éphèbe glabre, n'était venu au monde de l'ECRITURE que par la seule force de son désir, qu'il n'ait jamais croisé au détour d'une phrase, journaux, magazines, BD, la légende d'une photo, la critique d'un film...le langage écrit ?

L'oralité supposée de l'expérience de vie est un facteur déterminant mais non nécessaire, en revanche  la condition de lire est  LA CONDITION SINE QUA NON d'écrire, sinon à quoi bon quitter l'oral pour l'écrit ?

Je conçois le problème tel qu'il se présente à mes yeux:

La vie m'enferme donc je recherche un extérieur ( la lecture ), à partir de cet extérieur, au travers de cet extérieur, j'en invente un autre, l'écriture, un langage post-mortem.

Pour résumer, si je n'avais jamais lu, je n'aurais jamais écrit. Mon expérience perso  n'a pas vocation à être une vérité mais souhaite apporter sa vision.



Modération : posts fusionnés, merci d'éviter les double-posts stp......
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 06 juin 2019 à 17:35:45
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mais si y a pas des moments où on se regarde vivre, on n'a rien à écrire. et pendant qu'on se regarde vivre, on suspend en quelque sorte sa vie. cf. "on ne peut pas jouer et se regarder jouer" (lilian thuram)) 8)
On a peut-être pas la même définition de "se regarder vivre" mais je suis pas du tout d'accord avec ça  :o . Je peux avoir l'impression à la fois de vivre le moment présent et de l'observer.

je parlais de s'observer soi-même ;)
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Ariane le 06 juin 2019 à 18:29:38
Meilhac : Ben oui. (aussi). Regarder le moment présent, me regarder vivre, regarder la manière dont je pense, etc etc.

Marcel : C'est possible d'éviter les double-posts stp ? A chaque fois on doit fusionner...
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 06 juin 2019 à 18:37:07
Shakespeare, pas d'accord :
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que dans toute votre philosophie.

À mon avis, en sortant la citation de son contexte, tu risques effectivement d'être mal compris.

Je me remémore les mots du Spectre à Isabelle dans l'Intermezzo de Giraudoux : « Ce qu'aiment les hommes, ce que tu aimes, ce n'est pas connaître, ce n'est pas savoir, c'est osciller entre deux vérités ou deux mensonges, entre Gap et Bressuire. Je te laisse sur l'escarpolette où la main de ton fiancé te balancera pour le plaisir de ses yeux entre tes deux idées de la mort, entre l'enfer d'ombres muettes et l'enfer bruissant, entre la poix et le néant. Je ne te dirai plus rien. »

C'est la subjectivité d'un personnage tragique qui s'adresse à la compréhension.

De cette façon : savoir incarner différents personnages demande de connaître aussi bien le philosophe que le scénariste, aussi bien le politicien que son secrétaire. L'interprétation s'apprend, elle aussi, l'interprétation demande empathie, émotion, sensibilité, éducation, mesure et répétition.

Lire le prophète ou lire le juge n'est en rien une perte pour l'individu qui se cultive, tant il sait y gagner un esprit critique, émancipé, qui doute, chaque personnage mérite d'être représenté dans sa diction propre à son jargon, à son mouvement ou à son statut, et cela demande de piocher dans la bibliothèque la plus nourrie.

Je pense qu'il y a matière à contextualiser une interprétation.

Pour résumer, si je n'avais jamais lu, je n'aurais jamais écrit. Mon expérience perso  n'a pas vocation à être une vérité mais souhaite apporter sa vision. 

L'expérience apporte énormément à l'écrit, cette expérience est une multitude de connaissances accumulée dans une vie, elle est le propre de l'expérimentation.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Meilhac le 06 juin 2019 à 22:17:24
Meilhac : Ben oui. (aussi). Regarder le moment présent, me regarder vivre, regarder la manière dont je pense, etc etc.

mmmh... eh ben si pile au même moment tu peux tout à la fois te regarder vivre (te regarder, donc sortir de toi, donc quitter ton corps) et vivre pleinement (vivre pleinement donc exprimer ta personnalité, donc partir de ton corps) tu as un super-super-pouvoir ! fais en bon usage ! :)







mais concrètement : la personne qui passe son temps à se regarder sent le monde en elle (et voit des choses que personne d'autre ne voit), et ne se sent pas dans le monde (donc souffre beaucoup).



se regarder, c'est s'inhiber. c'est désobéir à l'élan de vie qu'il y a dans les êtres humains en bonne santé, les enfants, les animaux. c'est mauvais pour la santé. c'est bon pour la sensibilité et l'imagination.



symétriquement, vivre, c'est s'exprimer, "persévérer dans son être", agir sur le monde autour de soi ; et la personne qui est tout le temps dans l'expression développe des tas de qualités (santé), mais pas celles de l'imagination et de la sensibilité.



c'est possible (difficile, et un peu maso, mais possible, jusqu'à un certain âge en tout cas (parce qu'il faut un pouvoir d'inhibition très fort, et le pouvoir d'inhibition, c'est comme un muscle, il marche mieux quand on est jeune)) de faire l'expérience, d'ailleurs. se surveiller pendant quelques heures (mieux : quelques jours ou semaines) d'affilée. avant chaque geste qu'on s'apprête à faire, ou qu'on s'apprête à ne pas faire, imaginer qu'on risque de se faire punir, réprimander, désavouer, démasquer, gronder, à chaque seconde. on devient quelqu'un qui n'assure pas, et qui se sent tout seul. et on voit des choses très singulières, qu'on est le seul à voir.

Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Champdefaye le 06 juin 2019 à 23:31:54
@Alan Tréard
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Citation de: Champdefaye le Aujourd'hui à 15:56:30
Shakespeare, pas d'accord :
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que dans toute votre philosophie.

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À mon avis, en sortant la citation de son contexte, tu risques effectivement d'être mal compris
.

Bien sûr que je la sors du contexte, cette citation. Hamlet n'écrivait pas, il ne se posait donc pas cette question de salon littéraire : faut-il lire pour écrire ? Il se posait plutot des questions existentielles, être ou ne pas être etc...Dans la pièce de Shakespeare, elle signifie que la connaissance humaine, sa philosophie, est limitée alors que l'univers (à connaitre) est immense. Du même coup, elle signifie que la réalité comporte des choses que la philosophie (la science) ne soupçonne même pas.
Mais je l'ai détournée ici pour répondre à ta jolie sentence "car il y a plus à lire qu'à vivre dans cette vie" en la contredisant. Peut-être voulais-je dire par là que la réalité du monde (à vivre) est bien plus grande que celle de la littérature (à lire).
J'en profite pour rectifier la citation qui est en réalité : "There are more things in heaven and earth, Horatio, than are dreamt of in your philosophy". "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie."

Par contre, je ne sais pas si la citation de Giraudoux est sortie de son contexte ou non, mais je n'ai pas bien vu son rapport avec le sujet.
Titre: Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 07 juin 2019 à 00:09:01
Par contre, je ne sais pas si la citation de Giraudoux est sortie de son contexte ou non, mais je n'ai pas bien vu son rapport avec le sujet.

Heureux d'avoir sollicité ta curiosité.

Le personnage de Spectre créé par Giraudoux représente l'irrationnel et la fatalité, il est contraire au rationnel ou à la pensée scientifique (le spectre n'étant pas scientifiquement possible en vérité). Il suscite la curiosité d'Isabelle, dans sa volonté de vivre pleinement, elle souhaite connaître le nom de chaque fleur, le nom de chaque chose, mais aussi la vie après la mort, or sa curiosité pour la mort lui fait presque perdre la vie.

Tu peux voir Isabelle comme une antithèse d'Hamlet quelque part (sûrement sais-tu qu'Hamlet reçoit la visite d'un spectre lui aussi), la voix d'Isabelle porte la curiosité pour la vie et pour la mort, Giraudoux a construit ce personnage avec le féminisme qu'on lui connaît.

Je te conseille vraiment de t'intéresser à cette pièce, au vu des questions que tu te poses, je pense que cela pourrait vraiment te plaire (la question de la connaissance, de la science ou de la vérité scientifique est intrinsèque à la pièce, elle est dans la continuité du questionnement sur la culture/la philosophie/la lecture, etc.).

J'espère t'en avoir dit assez pour que tu t'y retrouves (au pire, je peux toujours t'apporter des clarifications si besoin), j'espère au moins t'avoir donné envie de t'intéresser à Giraudoux.
Titre: Re : Re : Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Marcel Dorcel le 08 juin 2019 à 12:18:11
Par contre, je ne sais pas si la citation de Giraudoux est sortie de son contexte ou non, mais je n'ai pas bien vu son rapport avec le sujet.

Heureux d'avoir sollicité ta curiosité.

Le personnage de Spectre créé par Giraudoux représente l'irrationnel et la fatalité, il est contraire au rationnel ou à la pensée scientifique (le spectre n'étant pas scientifiquement possible en vérité). Il suscite la curiosité d'Isabelle, dans sa volonté de vivre pleinement, elle souhaite connaître le nom de chaque fleur, le nom de chaque chose, mais aussi la vie après la mort, or sa curiosité pour la mort lui fait presque perdre la vie.

Tu peux voir Isabelle comme une antithèse d'Hamlet quelque part (sûrement sais-tu qu'Hamlet reçoit la visite d'un spectre lui aussi), la voix d'Isabelle porte la curiosité pour la vie et pour la mort, Giraudoux a construit ce personnage avec le féminisme qu'on lui connaît.

Je te conseille vraiment de t'intéresser à cette pièce, au vu des questions que tu te poses, je pense que cela pourrait vraiment te plaire (la question de la connaissance, de la science ou de la vérité scientifique est intrinsèque à la pièce, elle est dans la continuité du questionnement sur la culture/la philosophie/la lecture, etc.).

J'espère t'en avoir dit assez pour que tu t'y retrouves (au pire, je peux toujours t'apporter des clarifications si besoin), j'espère au moins t'avoir donné envie de t'intéresser à Giraudoux.

Dès que j'entends parler de Giraudoux, je sors mon revolver !

«Nous sommes pleinement d'accord avec Hitler pour proclamer qu'une politique n'atteint sa forme supérieure que si elle est raciale, car c'était aussi la pensée de Colbert ou de Richelieu.»

A l'opposé d'un Brasillach, qui aura écrit de véritables insanités dans Je suis partout mais qui est un " pur " esprit, doublé d'un immense écrivain, Giraudoux, l'être abject par excellence,  «Je ne suis qu'un oiseau, doublé d'un serpent.» malgré son intelligence supérieure, se complaît élégamment dans la fiente et l'écrivain qu'il est ne peut me faire oublier l'homme sans qualités.

Marcel Dorcel, redresseur de torts...à peu de frais.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 08 juin 2019 à 13:35:02
Je trouve largement condamnables les propos qu'a tenus Giraudoux, et extrêmement préoccupants, qui plus est.

Je comprends que tu réclames la tête de Giraudoux pour son antisémitisme, ce que je trouve honorable et honnête.

Je te prierai de faire de preuve de tolérance à l'égard de mon admiration pour la très grande simplicité de l’œuvre de Giraudoux, sa sincérité naïve et sa poésie spontanée.

Giraudoux n'était certes pas un grand penseur de ce siècle, encore moins un écrivain exemplaire, mais sa volonté de proposer une certaine élégance personnelle, un regard sur la vie assez irréfléchi mérite plus d'une citation. Comme je disais ci-dessus, Giraudoux raconte l'histoire d'une femme qui s'intéresse plus à la spiritualité qu'à la philosophie, et tout comme Hamlet, elle se laisse séduire par un spectre redoutable.

On est très loin d'une « philosophie raciale », plutôt dans une forme de pensée immature et inconsciente.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Champdefaye le 09 juin 2019 à 12:08:03
Lors d'un diner avec un ami, je ne sais plus pourquoi je mentionnai Platon, son Banquet et sa République. Très énervé par l'exposé de mon intérêt, d'ailleurs assez récent, pour ce philosophe, cet ami explosa : "Platon ! Il était esclavagiste et anti féministe ! Tu parles d'un philosophe !" Pour défendre ma position et la réputation du vieux grec, j'essayai d'avancer un premier argument selon lequel on ne peut valablement juger les hommes d'autrefois selon les critères d'aujourd'hui. A l'époque, à part les esclaves eux-mêmes (et encore pas tous, loin de là) et quelques femmes, personne ne remettait en cause la condition des esclaves et des femmes. "Argument irrecevable, me dit-il : il y a des constantes dans la morale et ce n'est parce que ça s'est passé il y a plus de deux mille ans que la condition féminine et l'esclavage n'étaient pas scandaleux. Alors Platon, hein, qu'il les garde, ses belles leçons de morale ! "
Bon. Je changeai d'argument : admettons un instant que Platon ait été coupable de n'avoir pas en son temps dénoncé l'esclavage et admettons que, pour cela, il soit méprisable. Doit-on pour cela ignorer son œuvre et même brûler ses livres ?
La réponse fut : oui (je résume, il n'a pas vraiment dit qu'il fallait les brûler).
Le lendemain, cet ami me téléphonait pour me dire qu'il ne fallait que je le juge sur les positions qu'il avait prises la veille, car il fallait les attribuer davantage à la deuxième bouteille de bordeaux que nous avions ouverte qu'à une véritable conviction.
Titre: Re : Est-ce que lire est une nécessité pour écrire ?
Posté par: Alan Tréard le 21 juin 2019 à 14:38:11
C'est une question fondamentale, il est essentiel d'avoir un esprit critique à l'égard de ses lectures, tout en ayant la capacité de retenir le meilleur de chaque bouquin.

En ce qui concerne la position de Platon sur l'esclavage, je ne la connais pas exactement et je ne connais pas le degré de fiabilité de ce que t'a dit cet interlocuteur avec toi, mais je dois effectivement remarquer que de s'empêcher d'avoir accès aux immenses savoirs platoniciens (qui étaient déjà d'un grand esprit de liberté à l'époque), c'est prendre le risque de ne pas savoir porter un regard émancipé sur le monde.

Je crois qu'il ne faut pas confondre l'esprit critique à l'égard de certaines opinions (qui sont personnelles et individuelles), et l'idéologie qui irait censurer toute lecture ne correspondant pas à des critères trop sélectifs.

Je considère sincèrement qu'une formation des idées sur un critère de « pureté » de la pensée (qui régulerait la lecture en fonction de la pureté des opinions d'un auteur) serait dangereuse en cela qu'elle interdit au lecteur de s'intéresser à ce qui est différent de lui. Être critique oui, interdire la lecture non...

Il faut lire Platon sans hésitation, du moins pour celles & ceux qui se sensibilisent à la philosophie, peu importe qu'il ait un nez crochu ou que ses opinions politiques ne soient pas à la hauteur de sa pensée philosophique : la philosophie ne peut pas dépendre de l'opinion politique, elle doit pouvoir s'en libérer.

Aujourd'hui la politique a pour tradition de s'emparer des idéaux philosophiques pour les interpréter à sa manière... Bon, ne dépendons pas de ces modes de pensée, je crois vraiment que nous devons préserver la liberté de nous intéresser au passé sans avoir à passer les choix de lecture par un filtre sélectif d'opinions politiques !

Raison pour laquelle je pense qu'il est essentiel de lire, lire et lire, qu'il n'y a de limite à la lecture que quand le fanatisme décide d'interdire de s'informer, de se cultiver ou de se questionner... Le fanatisme a ses limites.