Coucou !

Comme je le disais dans ma présentation je me remets à l'écriture. Comme je n'ai pas beaucoup écris ses dernières années je me suis dit que ça pourrait être bien de me lancer dans les nouvelles. J'en avais jamais écris avant et j'ai trouvé ça assez cool, je pense en réécrire avant de me lancer dans un vrai roman

... Je vous laisse découvrir. Par contre c'est assez long x_x.
PS: "Trois dix-zénaires" c'est un mot que j'ai inventé je sais que ça n'existe pas :3 (En même temps si on a fait entrer LOL dans le dictionnaire je peux bien inventer des mots

)
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Le chapeau. C’était un borsalino dont le feutre avait été spécialement conçu à partir des poils d’une autruche naine. Située dans les grandes étendues de glace Subsahariennes c’était la seule région d’Afrique dans laquelle on pouvait trouver :
A- Des icebergs flottant dans le sable.
B- Des oiseaux poilus.
Le chapeau était unique en son genre. Brillant, solide, séduisant, il avait été réalisé sur mesure par un modéliste de talent pour le célèbre archéologue Bernard Edgy. L’homme, qui sillonnait les quatre courbes du monde à la recherche de trésors perdus, avait besoin d’un fidèle couvre chef pour l’accompagner dans ses folles aventures. C’est ainsi que pendant plus de trois dix-zénaires le chapeau avait fièrement chevauché la chevelure brillante et soyeuse de son propriétaire. Le protégeant courageusement des pluies violentes, des chutes de neige glaciales ou même pire : du brouillard (qui fait boucler votre brushing!). Le défendant hardiment contre les attaques de poux, de moustiques, ou de demoiselles armées d'une désinvolture terrifiante qui ébouriffent vos mèches et détruisent votre coiffure. C’était là un travail de titan.
Et pourtant, aujourd’hui, après toutes ses aventures, le fier chapeau était relayé au même rang que n’importe quel vêtement de sous-marque. Croupissant dans le quotidien morose de son propriétaire devenu vieux, gras du bide et chauve. Il s’ennuyait à mourir. Tous les matins son maitre se réveillait vers huit heures. Il avalait un grand bol de lait, un petit café serré sans sucre, trois tartines de beurre de carotte et une clémentine pas trop acide. Puis, il passait entre vingt-cinq et trente minutes à se préparer ; brossage des dents, entretien de la moustache, enfilage de pantalon, recherche de la chaussette gauche, nouage de la cravate, ajustement de la veste, recherche de la chaussure droite, etc.
Il partait ensuite sillonner les nombreuses galeries du métro londonien. Observant distraitement les publicités vantant les mérites de la lobotomie… Baillant à s’en décrocher le diaphragme. Puis, sur les coups de neuf heures trente, il finissait par aboutir enfin dans le modeste musée dont il était devenu conservateur. Il passerait sa journée à s’atteler aux multiples tâches que lui incombaient son statut :
- Recevoir des coups de téléphone et dire qu’il rappellerait demain.
- Ne pas rappeler.
- Dépiauter méticuleusement l’emballage des petits chocolats aux amandes rangés dans le tiroir de son bureau avant de les avaler goulûment.
- Dessiner des dinosaures sur les marges de ses papiers administratifs.
- Manger un sandwich fait maison (Pain de mie extra moelleux, poulet fumé, éclats de noisettes, beurre de carotte et courgettes en purée).
- Ecrire l’autobiographie de ses aventures : « moi, beau et téméraire ».
- Etc…
Et, à l’aboutissement de cette journée constructive et enrichissante, il finirait par retourner dans son petit trois pièces avec vue sur le bitume. S’ensuivrait le même rituel empirique que le matin en sens inverse, et le vieil homme finirait par se coucher en pensant, bienheureux, à la tranquillité de son quotidien. Sûrement qu’après avoir vadrouillé pendant trente ans il avait le droit d’espérer une retraite sans encombre, pourrions-nous penser. Mais le borsalino, lui, n’était assurément pas prêt à finir ses jours comme une pauvre cloche destinée à croupir au fond d’une malle après la mort de son propriétaire. Oui, d’accord : son poil était un peu abimé. Bien sûr, sa couleur était devenue terne avec le temps ! EVIDEMENT que sa lanière de cuir peu entretenue lui donnait un air négligé ! Mais tout de même. Il se savait encore fort, vigoureux et toujours prêt à passer à l’action ! Il avait vu le monde! Parcouru la terre ! Sauvé maintes et maintes fois son propriétaire d’une multitude de dangers ! D’ailleurs, il était devenu bien plus qu’un chapeau : c’était un Héros.
Comment pouvait-on oser le traiter de cette manière, le forcer à prendre une retraite anticipée ? Sa place n’était pas sur le crâne d’un vieillard mais au milieu de la jungle, repoussant des insectes géants ! Après tout, on ne découpe pas son steak avec une épée forgée au XVIIIème siècle, alors pourquoi se servir d’un Borsalino unique au monde pour couvrir un crâne chauve? Oui, C’était plus qu’une évidence : Il n’avait plus rien à attendre de cette vie. Il lui fallait trouver un nouveau propriétaire, un de ceux qui n’avaient pas froid aux yeux et sauraient lui redonner le goût du frisson, de la folle jeunesse ! Et pour cela, le chapeau savait qu’il lui faudrait abandonner son maître. Mais il avait un plan.
Le lendemain, armé de sa détermination, le couvre-chef s’envola. Comme ça, sans un au revoir, sans un merci, sans même un joyeux Halloween (cette histoire se passe en janvier). Il saisit l’opportunité d’une bourrasque en proue et POUF, disparut dans le ciel. Il n’entendit même pas la dernière clameur apitoyée de son propriétaire… A qui il n’appartenait plus d’ailleurs. Maintenant, il était libre de voguer au gré des vents et de –aoutch (il s'était pris un poteau)- et de laisser le destin le guider vers son avenir! Il finit par atterrir au pied d’un immeuble un peu vieillot situé dans une ruelle où le vent ne soufflait presque pas. Il était immobilisé. Rapidement, un bruit de pas se manifesta en provenance de la ruelle adjacente. Un jeune homme chaussé d’une écrasante paire de rangers arriva à la hauteur du borsalino.
Quand l’inconnu tendit sa main pour ramasser le chapeau, ce dernier put apercevoir une moustache tatouée sur son index. Le borsalino senti son poil frémir, l’homme semblait à la fois baroudeur et original. Rapidement, le jeune humain fit l’inspection du couvre-chef qui put également le détailler. Entre vingt et vingt-cinq ans, une masse de cheveux sombres et bouclés, des yeux dissimulés par de grosses lunettes noires, une barbe hirsute couvrant la moitié de son visage, vêtu d’une chemise à carreaux d’un autre âge et d’un jean délavé qui traînait par terre. Après avoir trituré le couvre chef à sa guise, le garçon prit sa décision : il enfonça fermement le borsalino sur son crâne. Comme ça, sans un bonjour, sans même une sommation, il avait adopté le chapeau. Qui aurait sans doute déprécié ce manque de savoir-vivre s’il n’avait pas été to-ta-le-ment conquis par le mélange enivrant de senteurs framboise / fraise / myrtille que dégageait la masse capillaire de ce jeune conquistador.
Ils entrèrent ensemble dans le hall de l’immeuble et gravirent quatre à quatre les marches les séparant du troisième étage. Le chapeau sentait le frisson de l’inconnu lui chatouiller la lanière ! L’homme s’approcha du numéro quatorze et sonna à la porte. Presque immédiatement une jeune femme vint lui ouvrir, armée d’un sourire espiègle et d’un décolleté affriolant. Les yeux pétillants, elle saisit le col de la chemise du garçon pour l’attirer chez elle. Le studio était étriqué et deux grands rideaux rouges occultaient la lumière des vasistas, rendant l’atmosphère plus satinée. Un canapé-lit déplié trônait au milieu de la pièce, à ses pieds un ordinateur rose diffusait une chanson indolente et suave. D’une main, elle claqua la porte derrière lui, de l’autre, attrapa le chapeau (la bougresse) et l’envoya valser sur le bureau. Ils commencèrent à s’embrasser passionnément en se déshabillant.
S’il avait eu des yeux, le chapeau les aurait probablement levés au ciel. Il avait eu maintes et maintes fois l’occasion d’être le témoin d’ébats sexuels, mais sans jamais comprendre l‘engouement quasi hypnotique que procurait cette activité sur la race humaine. Ils s’embrassaient baveusement, se tortillaient dans des positions absurdes, poussaient de petits cris suraigus, se léchaient goulûment les oreilles… Puis entamaient la grande symphonie des insultes suivie de près par le passage du « je te griffe le dos, tu me mords la peau », et blablabli, et blablabla ! Ils allaient de plus en plus vite, de plus en plus fort… Tapaient des pieds, serraient les poings, grinçaient des dents ! Enfin, leurs yeux se mettaient à rouler dans tous les sens et leurs visages, dans un dernier souffle, se figeaient dans des rictus abominables.
Le borsalino trouvait ça d’un grotesque... Unique en son genre ! Alors, il se contentait d’observer platement la chose en se félicitant tout de même de ne pas être né caleçon. A cette heure, son jeune maître était avachi sur sa compagne, léchant avec passion ses oreilles probablement pleines de cérumen. Le couvre chef était déçu de la tournure qu’avait pris la situation.
-Attends, je dois aller aux toilettes d’abord ! Souffla-il soudain en s’extirpant des bras de sa partenaire.
La jeune fille se redressa sur son séant, mi surprise, mi amusée. Ses cheveux étaient en bataille et son soutient gorge faisait office de foulard.
-Tu ne pouvais pas y aller avant ? rétorqua t-elle en se couvrant avec le drap.
-Tu ne m’as pas laissé le temps ! rigola-t-il en se relevant.
Maladroitement et nu comme un ver, il s’approcha de la porte. Les toilettes étaient situées sur le palier.
-Attends mais tu fais quoi là ? s’écria-t-elle faussement scandalisée, remets ton slip espèce de pervers exhibitionniste !
Elle lui lança son caleçon à la figure.
-Tu veux que je mette un slip ? tu vas voir ! répondit-il, d’un air provoquant.
D’un bond, il se propulsa vers la table où était tranquillement posé le chapeau. Il l’attrapa sans aucune impunité, se tourna vers son amie et là… Ce fut le drame. L’homme apposa le pauvre chapeau totalement horrifié sur son sexe en érection avant de démarrer un langoureux va-et-vient des hanches. Ecroulée de rire, son amie applaudissait déjà et scandait des « houuuuu » des « hooooo » et autres sifflements encourageants. L’homme ne pouvait que continuer. Sans entendre les exclamations scandalisées du borsalino qui hurlait: « NOOOOOOOOOOOOOOON, JE SUIS EN POIL D’AUTRUUUUCHE !!!!!!!!!! VOUS ALLEZ M’ABIMEEEEEEEER !!!! MON POIIIIIIIIIIIIIIL !!!!!!!! » Suivies d’une ribambelle de pleurs. L’homme continuait d’effectuer ses petits mouvements d’épaules et autres déhanchés rapides visant à faire danser le chapeau en rythme avec le mouvement de son corps.
Quand ce fut fini, l’air de rien, il balança le chapeau dans un recoin de la pièce. Le regard pétillant, il enfila un jean avant de gagner le couloir. La jeune femme, allongée sur le dos, riait encore. Quant au borsalino… Eh bien, comment vous décrire son état ? Passés le choc, la trahison, et la honte, il avait peu à peu senti une épaisse fumée envahir son esprit. Les secondes devenues des heures, il fixait l’air hagard un recoin du mur. Sa compréhension du monde extérieur avait indubitablement dû bugger et il finit par plonger dans une profonde torpeur. Dans son esprit embrumé se mêlaient les images de ses souvenirs glorieux, de cauchemars funestes, d’espérances déchues et de dinosaures à têtes de vache lui criant qu’il n’était en réalité qu’une serviette périodique usagée.
Quand il se réveilla enfin, tremblant et désespéré, il n’y avait plus rien autour de lui. Plus de chambre, plus de couple, plus de cris, …Même plus d’espoir. Il faisait nuit noire et il se trouvait là, au fond d’une benne à ordures crasseuse, avec pour seule compagnie quelques sacs poubelle puants, trois mégots de cigarette et un préservatif masculin usagé. Il aurait aimé pouvoir lancer un long soupir désespéré mais il n’avait malheureusement ni bouche, ni voies respiratoires. Alors, il se contenta de méditer sur la tristesse de sa situation. Lui, qui n’avait désormais ni foyer, ni propriétaire et qui finirait sa vie au fond d’une déchetterie ou dans un centre de recyclage dans lequel on le transformerait probablement en rouleau de papier toilette…
Il se surprit à repenser au vieux monsieur. Oh bien sur, la vie en sa compagnie n’était pas idéale. Ennuyeuse, monotone, insipide... Mais après tout il avait déjà eu son heure de gloire… Il ne savait plus s’il devait regretter d’être parti, se satisfaire d’avoir tenté sa chance ou si le destin le punissait d’un quelconque acte qu’il aurait commis. Une chose était sûre, à ce stade il accepterait même de vivre dans une maison de retraite, sur le crâne d’un pustuleux, ou en compagnie de chapeaux bas de gamme. Mais le camion poubelle arrivait déjà. Le vrombissement de son moteur assassin résonnait sur toute la largeur de la rue, assurant à tout objet abandonné un destin tragique…. Il arrivait à sa hauteur. C’était fini. Les deux hommes sautèrent de l’arrière du véhicule et se dirigèrent d’un pas pressé vers la benne.
-Attends, annonça brusquement le plus âgé des deux, ce n’est pas moche ce truc ! Continua-t-il en tendant sa main vers le chapeau.
Le borsalino pria. L’homme le dépoussiéra un peu en le tapotant avec son gant tout sale. Il était ridé et broussailleux mais ses yeux bleus étaient profonds. Comme un très très gros trou dans le sable. Sa bouche un peu cachée par une écharpe se fendit d'un sourire, il se tourna vers son collègue.
-Je vais le filer à ma femme, elle adore les chapeaux, en plus celui-ci a l’air de bonne qualité.
Le borsalino s’enorgueillit. Et tandis que le quinquagénaire se dirigeait vers l’avant du véhicule avec son précieux bien, ce dernier se promit de toujours se satisfaire de sa condition à l’avenir.
En espérant tout de même que la femme était moins chauve que son mari.
Et qu’elle se promenait souvent pour qu'il puisse sortir un peu.
Voir qu'elle travaillait en secret pour une agence gouvernementale de super espionnage.
Fin.