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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La main juste

Auteur Sujet: La main juste  (Lu 5571 fois)

Hors ligne Mnemosyne

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La main juste
« le: 05 Mars 2013 à 17:20:21 »
    
« Je suis innocente », murmure-t-elle d’une voix inaudible. Ses lèvres desséchées remuent avec hargne, la voix devient rauque :
« Je suis innocente, je vous dis. Ma main s’est montrée juste. Une arme. Un corps mais aucun crime ». Ces quelques mots remontent de loin, du fond d’un cœur agité, et bousculent le silence de la petite cellule sombre où la jeune femme se trouve depuis un moment indéterminé. Des jours ? Juste quelques  heures ? Ou alors des mois ? Elle  ne saurait  dire. Assise à même le sol, ses doigts fébriles n’arrêtent pas de dessiner des arabesques invisibles sur le sol poussiéreux. Elle promène un regard sur ce dernier, puis sur les murs nus qui l’entourent, et une sorte de dégout nauséeux froisse  son front que l’inquiétude   creuse monstrueusement. Des bruits de pas. Serrure qui grince. Porte s’ouvrant lourdement avec paresse et fracas. La jeune femme se lève à la hâte, comme pour ne pas être prise en faute. Ses mains se joignent dans un geste las comme si elles avaient toujours été prisonnières d’un lien invisible. Si le corps est aussi lassé par l’attente de quelque chose d’inconnu, et qui ne vient pas,  ses jambes la soutiennent et mettent un point d’honneur à ne pas fléchir, comme si la vie de la jeune femme en dépendait. Son visage reste impassible, le regard interrogateur s’attendant au pire. Une ombre se profile grossièrement dans l'embrasure de la porte, laissant filtrer un flot de lumière outrageusement aveuglante :
-   Suivez-nous, dit une voix neutre.
Couloir interminable. Tout est à l’image de son destin depuis quelques temps : sombre et oppressant. Elle suit, sans un mot,  la masse informe qui la guide vers une pièce éclairée. On lui désigne une chaise, elle s’y assoit passivement. Depuis l’irréparable, elle ne distingue plus personne. Elle a par contre conscience de son corps et de ses pensées plus que de coutume.  Son désir de justifier son acte l’exige. Son introspection implacable l’oblige à ne se concentrer que sur ce qui provient d’elle. Aussi, cela la met à l’abri de la rumeur méchante que lui communiquent les gens autour d’elle. Elle va leur expliquer, ils comprendront. Elle ne cherche pas à alléger la sentence, étrangement, elle a envie de purger sa peine. Mais elle veut par contre en expliquer le pourquoi. L’indélébile "pourquoi" l’ayant obligée à agir vite, pour le bien de tous. Pour le bien de sa fille. Elle regrette que sa fille ait à porter ce fardeau. Celui d’avoir été engendrée par une criminelle et un monstre. Le monstre n’est plus, mais son ombre planera encore longtemps sur son enfant. Sa chair. Peu importe, cela aurait pu être pire. Elle lui a épargné la meurtrissure. L’humiliation.
Un flot de paroles provenant de son interlocuteur la tire de sa rêverie. Elle ne comprend pas ce qu’il est en train de lui dire, elle perçoit juste une question qui la heurte en sursaut :
-   … Racontez-nous maintenant en détails ce qui s’est passé ce jour-là. Bien sûr, vous avez le droit d’exiger la présence de votre avocat.
Cette question la froisse. Ils connaissent déjà tous les détails de ce jour fatidique, pourquoi diable s’obstinent-ils à ne lui poser que les questions futiles ? Comme si cela importait de savoir comment cela s’est passé.
-   Je n’ai pas besoin de mon avocat pour vous dire les choses telles qu’elles sont. La justice humaine m’importe peu, dit-elle d’une voix blanche. J’ai tué mon mari. Il venait de rentrer, il s’est dirigé vers ma chambre, il savait que je me trouverais là, encore au lit, comme à chaque fois qu’il ne rentre pas diner. Comme à chaque fois qu’il ne rentre pas de la nuit prétextant des heures supplémentaires de boulot infernal. Je savais où il était, moi, poursuit-elle d’une voix dure.
-   Et où était-il, à votre avis ?
Elle poursuit son monologue comme si elle n’avait pas entendu la question :
-   Il s’est dirigé vers mon lit et m’a embrassée sur le front avant de me serrer dans ses bras. Son cœur battait à se rompre. Comme à chaque fois qu’il se sentait coupable. Son cœur, comme celui d’un lapin apeuré, cognait contre ma tempe… Je crois que c’est à cet instant que j’ai voulu serrer ce cœur-là dans ma main, ma main crochue. Ma main tenaille. Le serrer et l’arracher comme on arrache une fougère d’un mouvement sec, sans trembler, finit-elle en joignant le geste à la parole.  Elle demeure silencieuse quelques secondes, puis poursuit :
-   Je l’ai poignardé. Il s’était allongé sur le canapé, perdu dans ses pensées. Il était si loin… Il devait surement se remémorer sa nuit, ai-je pensé. C’est monstrueux. Tous ces enfants… (Elle ne finit pas sa phrase, comme si elle se l’interdisait). Je l’ai surpris une fois. Enfin, je crois… (Elle demeure pensive un moment). J’en suis certaine. Oui, je n’ai aucune preuve à vous fournir, si ce n’est qu’une femme sent toujours ces choses-là. Elle a alors le choix entre agir, ou laisser faire les choses et se taire. Depuis quelque temps, son regard a changé en observant ma fille. Notre fille. Et à partir de ce moment-là, son destin était scellé.
Une voix s’élève ironique :
-   Oui, bien sûr, vous avez fait ça pour votre fille. Vous n’avez pas pensé que vous la priviez d’un père mais aussi d’une mère ? votre geste n’était en aucun cas égoïste. Non, non.
-   Ma fille n’a pas besoin de moi justement. Elle n’a nul besoin d’une mère meurtrière ou d’un père pédophile. J’aurais voulu qu’elle ne sache rien de ce qui s’est passé, mais j’aurais voulu aussi qu’elle comprenne pourquoi sa mère ne sera jamais là. Mais… vous ne pouvez pas comprendre. Il devait mourir. C’était à moi de faire ça. Je me suis retenue de saccager son corps. Cela ne compte-t-il pas ? Non. Visiblement non. Remettez-moi dans ma cellule. Je crois que vos questions n’intéressent personne. Tout autant que mes réponses. Une femme a poignardé son mari parce qu’il n’est pas rentré diner. Fin de la discussion.
Elle finit son plaidoyer rageusement, puis se mure dans un mutisme décidé.
« Modifié: 05 Mars 2013 à 21:20:13 par Mnemosyne »
Une femme avertie en vaut deux.

"Toute l'écriture est de la cochonnerie (...) Toute la gente littéraire est cochonne", Artaud.

World End Girlfriend

  • Invité
Re : La main juste
« Réponse #1 le: 05 Mars 2013 à 19:49:59 »
Yosh ! J'ai du temps aujourd'hui donc je détaille plus que d'habitude.

Ma main s’est montrée juste. Une arme. Un corps mais aucun crime
J'avoue ne pas saisir... Genre le gars le méritait c'est ça ?

Nul ne saurait le dire.
J'enleverais le "le", surtout que t'en a un autre juste après.

Assise à même le sol, ses doigts fébriles n’arrêtent pas de dessiner des arabesques invisibles sur le sol poussiéreux. Elle promène un regard sur ce dernier, puis sur les murs nus qui t’entourent, et une sorte de dégout nauséeux froisse encore plus les rides sur son front que l’inquiétude éternellement nocturne creuse monstrueusement
J'aime la première phrase, super image.
Il y'a un "t'entourent" qu'il faudrait corriger.
La dernière phrase est trop lourde, trop d'adjectifs, trop d'images par forcément claires, si tu y tiens vraiment essaie de reformuler en plaçant des virgules.

laissant filtrer un flot de lumière outrageusement aveuglante :
-   Suivez-nous, dit une voix neutre.
Couloir interminable. Tout est à l’image de son destin depuis quelques temps : sombre et oppressant. Elle suit, sans un mot,  la masse informe qui la guide vers une pièce aveuglante de lumière.
Pitite répétition.
Et je trouve que tu as trop insisté sur le côté las et passif dans le paragraphe d'avant.

mais son ombre planera encore longtemps sur fille.
Il manque un mot.
Aussi, je trouve que tu pourrais changer le mot fille pour éviter une répétition, mais surtout pour renforcer cette impression que la mère l'aime, genre "sa chérie" ou un truc comme ça, pour faire plus intime.
C'est qu'un avis hein  :P

Elle lui a épargné la meurtrissure, l’humiliation et plein d’autres choses encore.

Dommage, tu commence par deux mots puissants qui accrochent le lecteur, et tu fini par un "plein d'autres choses" qui jette un froid.

Son cœur, comme celui d’un lapin apeuré, cognait contre ma tempe… Je crois que c’est à cet instant que j’ai voulu serrer ce cœur-là dans ma main, ma main crochue. Ma main tenaille. Le serrer et l’arracher comme on arrache une fougère d’un mouvement sec, sans trembler, finit-elle en joignant le geste à la parole.

Uh hu hu hu hu hu, j'aime  :mrgreen:

Cool comme texte, j'aime bien. La forme est simple et fluide, à part les trucs que j'ai pointé, le fond se laisse lire sans problème, c'est pas super original mais c'est bien amené.
Au plaisir :mrgreen:

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : Re : La main juste
« Réponse #2 le: 05 Mars 2013 à 20:01:42 »

"Ma main s’est montrée juste. Une arme. Un corps mais aucun crime".



Yo WEG!

Oui, je voulais dire par là, que le personnage pense que son crime n'en est pas un puisqu'elle croit faire son devoir de mère.
Je viens de corriger, merci pour tes suggestions.
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Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
  • Messages: 514
Re : La main juste
« Réponse #3 le: 05 Mars 2013 à 20:18:29 »
Bonsoir bonsoir :)

Eh beh, c'est joyeux tout ça ! Je l'ai bien aimé, mais il aurait mérité à mon sens un peu plus de confrontation entre elle et l'interrogateur, quelle que soit la nature de la confrontation, pour approfondir un peu...
Sinon, je ne l'ai absolument pas trouvé fluide, très haché pour moi, un peu c'est bien, là c'est trop à mon goût...
Sinon, à des moments, tu reprends la narration alors que tu es toujours dans le même paragraphe, un paragraphe de discussion:
Citer
Ma main tenaille. Le serrer et l’arracher comme on arrache une fougère d’un mouvement sec, sans trembler, finit-elle en joignant le geste à la parole.  Elle demeure silencieuse quelques secondes, puis poursuit :
Il faudrait séparer le dialogue de la narration.

Au plaisir :)
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : Re : La main juste
« Réponse #4 le: 05 Mars 2013 à 20:26:01 »
Bonsoir bonsoir :)

Eh beh, c'est joyeux tout ça ! Je l'ai bien aimé, mais il aurait mérité à mon sens un peu plus de confrontation entre elle et l'interrogateur, quelle que soit la nature de la confrontation, pour approfondir un peu...
Sinon, je ne l'ai absolument pas trouvé fluide, très haché pour moi, un peu c'est bien, là c'est trop à mon goût...
Sinon, à des moments, tu reprends la narration alors que tu es toujours dans le même paragraphe, un paragraphe de discussion:
Citer
Ma main tenaille. Le serrer et l’arracher comme on arrache une fougère d’un mouvement sec, sans trembler, finit-elle en joignant le geste à la parole.  Elle demeure silencieuse quelques secondes, puis poursuit :
Il faudrait séparer le dialogue de la narration.

Au plaisir :)

Merci Penruet!
Mais mon texte restera comme il est. mon texte n'est pas haché, je voulais entretenir un peu le flou par choix. C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai pas trop fait intervenir l'interrogateur.
Une femme avertie en vaut deux.

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Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
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Re : La main juste
« Réponse #5 le: 05 Mars 2013 à 20:31:07 »
Disons que les enchaînements du style :

Citer
Des bruits de pas. Serrure qui grince. Porte s’ouvrant lourdement avec paresse et fracas. La jeune femme se lève à la hâte, comme pour ne pas être prise en faute. Ses mains se joignent dans un geste las comme si elles ont toujours été prisonnières d’un lien invisible. Si le corps est aussi las par l’attente de quelque chose d’inconnu, et qui ne vient pas,  ses jambes la soutiennent et mettent un point d’honneur à ne pas fléchir, comme si la vie de la jeune femme en dépend. Son visage reste impassible, le regard interrogateur s’attendant au pire. Une ombre se profile grossièrement dans l'embrasure de la porte, laissant filtrer un flot de lumière outrageusement aveuglante :

Je ne trouve aucune transition de phrase en phrase, on change à chaque fois d'angle, de pensée, de vision...
Je dis pas que c'est un mal, mais je ne trouve pas ça fluide.
Qu'il soit comme il soit, certes, je vois pas bien qu'il ne soit pas comme il soit  ???
Aussi, "si le corps est aussi las par l'attente..." -> lassé plutôt, las c'est l'état en lui même, je suis las, mais quelque chose me lasse ('me semble).
Pour le flou et l'interrogateur, je ne sais pas, il n'apporte pas grande précision de toute façon (au contraire, je trouve le fait qu'il soit largué et distancé par cette femme qu'il ne comprend pas plutôt bien utilisé pour rendre les choses moins compréhensibles dans leur contexte général).
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : La main juste
« Réponse #6 le: 05 Mars 2013 à 20:48:37 »
Je viens de me relire plusieurs fois, et je trouve ça bien comme c'est. C'est grave, pas assez de recul, je crois.
Bon, j'attends d'avoir d'autres avis (j'espère) pour voir.
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Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
  • Messages: 514
Re : La main juste
« Réponse #7 le: 05 Mars 2013 à 20:50:30 »
Te focalise pas sur ce que je dis, non seulement c'est personnel, mais en plus c'est personnel !
Tu verras bien, WEG t'as déjà dit qu'il trouvait ça fluide :D
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : La main juste
« Réponse #8 le: 05 Mars 2013 à 20:55:08 »
saaaalut,

Citer
Ma main s’est montrée juste. Une arme. Un corps mais aucun crime »
Ça me gêne le « mais aucun crime » vu qu’il y en a un. Ça me paraitrait plus logique qu’elle sous entende qu’il y a des crimes justes… enfin, détail et pinaillage  :huhu:

Citer
se trouve depuis un moment indéterminé
je trouve pas ça jouli  :-X

Citer
Des jours ? Juste quelques  heures ? Ou alors des mois ? Nul ne saurait  dire.
Si, quelqu’un saurait, ceux qui l’ont enfermée par exemple, mais pas elle. C’est pas « nul ne saurait dire » du coup mais « elle ne saurait dire »… ou « nul ne s’attarderait à lui dire » etc. (pinaillage, le retour  :huhu:)

Citer
Elle promène un regard sur ce dernier,
« Elle le regarde » tout simplement ? ou « elle y promène son regard » ? C’est un peu lourd le « sur ce dernier »

Citer
Porte s’ouvrant lourdement avec paresse et fracas.
Pour moi paresse c’est lent, et fracas c’est violent et brusque et du coup, ça marche pas….  :mrgreen:

Citer
comme si elles ont toujours été prisonnières d’un lien invisible
euh, avaient toujours été ?  ???

Citer
Si le corps est aussi las par l’attente de quelque chose d’inconnu, et qui ne vient pas,  ses jambes
Un peu longuet, je trouve

Citer
Citer
dans un geste las
Citer
Si le corps est aussi las
Je sais pas si la répétition est là exprès, je suis dubitative.

Citer
comme si la vie de la jeune femme en dépend
ah beh ça, là aussi je mettrais à l’imparfait « dépendait », c’est bizarre sinon à l’oreille

Citer
Son introspection implacable l’oblige
Pourquoi implacable ?

Citer
L’indélébile pourquoi l’ayant obligée à agir vite, pour le bien de tous
Il y a pas un bug de tournure ?  ???


Citer
Elle regrette que sa fille ait à porter ce fardeau. Celui d’avoir été engendrée par une criminelle et un monstre.
Mais non, elle se croit innocente  :-\… elle peut pas se voir comme une criminelle pour sa fille du coup, non ?

Citer
mais son ombre planera encore longtemps son enfant
comprends pas la phrase. Manque pas « sur » ?

Citer
Elle poursuit son monologue comme si elle n’a pas entendu la question :
Non mais après un « comme si », je milite pour l’imparfait ou le plus que parfait, ici « n’avait pas entendu »  :huhu:

Citer
Son cœur battait à ce rompre
Se

Citer
Comme à chaque qu’il se sentait coupable.
Manque un mot

Citer
Il devait surement se remémorer sa nuit, que je m’étais dite.
C’est marrant, je trouve que c’est pas une tournure qu’elle emploierait. Depuis la début sa réflexion est assez bien exprimée , le « que je m’étais dite » ça fait beaucoup moins élégant

Citer
Je me suis retenue de saccager son corps. Cela ne compte-t-il pas ? Non. Visiblement non. Remettez-moi dans ma cellule. Je crois que vos questions n’intéressent personne. Tout autant que mes réponses. Une femme a poignardé son mari parce qu’il n’est pas rentré diner.
Passage très réussi  ::)

Citer
Elle finit son plaidoyer rageusement, puis se mure dans un mutisme décidé.
Oh beh j’entendais pas de la rage mais de la résignation, enfin calme quoi  :-\


Alors, l’histoire en elle-même ne me fait ni chaud ni froid, c’est une lecture assez neutre de ce côté-là.
Par contre j’aime bien le style  :) : les phrases courtes, le faible emploi des virgules, préférences pour les points, les phrases nominatives. Ça manque peut-être de phrases coups de poing.
Par exemple ce passage
Citer
Elle a par contre conscience de son corps et de ses pensées plus que de coutume.  Son désir de justifier son acte l’exige. Son introspection implacable l’oblige à ne se concentrer que sur ce qui provient d’elle.
Je l’aime bien, il a un peu ce rôle de phrases d'accroche, sauf que c’est un chouïa lisse encore.

Citer
Elle va leur expliquer, ils comprendront. Elle ne cherche pas à alléger la sentence, étrangement, elle a envie de purger sa peine.
Ça aussi j’aime bien, on est dedans :)

Bref, pas fan du sujet, de l’histoire, mais j’ai bien apprécié ta façon de raconter par contre.

Merci pour ce texte :D


edit : Ah, je ne suis pas du même avis que Penruet, je trouve ton choix de narration pertinent. La femme pense comme ça. Enfin, j'ai trouvé qu'on était au plus près de ses pensées avec ces phrases courtes et enchainées comme ça. C'est personnel aussi mais pour moi ça fonctionne bien  ^^
« Modifié: 05 Mars 2013 à 20:59:01 par Tomoyo »
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : La main juste
« Réponse #9 le: 05 Mars 2013 à 20:58:44 »
 @ Penruet :La fluidité n'est ce qui m'importait pourvu que les passages ne soient pas trop décousus, et que le lecteur prenne connaissance des éléments essentiels à la compréhension du tout. Je voulais tester un truc en fait. Que la forme du texte suive le flux des pensées de mon personnage principal.
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Hors ligne Penruet

  • Calliopéen
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Re : La main juste
« Réponse #10 le: 05 Mars 2013 à 21:03:41 »
Tu voix, Tomoyo pense tout autrement que moi :D

Ca doit être ma manie de faire des phrases à rallonge qui me fait dire ça... Je ne démords pas, mais concède que je dois être le seul à avoir un problème :mrgreen: Vais faire une cure de phrases courtes, ça ira mieux !
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : Re : La main juste
« Réponse #11 le: 05 Mars 2013 à 21:12:05 »
Tu voix, Tomoyo pense tout autrement que moi :D

Ca doit être ma manie de faire des phrases à rallonge qui me fait dire ça... Je ne démords pas, mais concède que je dois être le seul à avoir un problème :mrgreen: Vais faire une cure de phrases courtes, ça ira mieux !
Mais nooooon, je dis juste que c'est subjectif finalement.

@ Tomoyo: Comme je l'ai déjà expliqué, le narrateur épouse un peu l'avis du personnage principal. Ce qui est à retenir, c'est que son introspection essaie en quelque sorte de justifier son crime. Oui, elle admet avoir commis un crime de sang froid, mais explique pourquoi les gens ne devraient pas le considérer comme un crime.
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Hors ligne Amaneith

  • Tabellion
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Re : La main juste
« Réponse #12 le: 06 Mars 2013 à 04:26:52 »
Bonsoir, ou bonjour vu l'heure !


J'ai lu ton texte et je l'ai trouvé assez chouette, j'apprécie ton style quand tu décris une scène ou l'environnement qui entoure ton personnage. Bien que j'avoue avoir un peu de mal avec les textes au présent, je préfère ceux au passé, mais ça c'est totalement subjectif. Le choix de cette femme est largement compréhensible, du moins à mes yeux, même si j'ai un peu de réticence vis à vis des textes traitant des sujets comme la pédophilie, le viol ou les choses comme ça.

Peut être un jour voudras-tu développer une histoire plus longue autour de ce sujet ? En tout cas je le lirai avec plaisir.

Hors ligne Mnemosyne

  • Prophète
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Re : Re : La main juste
« Réponse #13 le: 06 Mars 2013 à 12:58:25 »
j'ai un peu de réticence vis à vis des textes traitant des sujets comme la pédophilie, le viol ou les choses comme ça.
C'est parce que t'es un petit sensible.
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Hors ligne jfmah

  • Calligraphe
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Re : La main juste
« Réponse #14 le: 06 Mars 2013 à 13:31:09 »
J'ai trouvé ça bien, ce texte!
Ce qui me chipote un peu c'est le manque d'unité psychologique, si je puis dire, je personnage. Tantôt elle a les doigts fébriles qui dessinent des arabesques (!), tantôt les jambes lui manquent, tantôt elle est impassible (son visage, quand elle s'assoie), tantôt elle convaincue...
Je ne sais pas, je n'ai pas senti ce qui fait la fait bouger au plan émotionnel, et de l'autre côté je n'arrive pas a bien sentir son état d'âme dans tout ça...
L'écriture se destine comme d'elle-même
à l'anamnèse (J. Derrida)

 


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