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09 décembre 2019 à 21:21:37

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Auteur Sujet: La décadence des dieux ou ( à suivre)/si voulez une blague...  (Lu 819 fois)

Alforin

  • Invité
La décadence des dieux ou ( à suivre)/si voulez une blague...
« le: 04 septembre 2007 à 18:11:01 »
Bon voilà, j'viens d'aariver, alors pour commencer, j'met deux petites nouvelles de ma création( que les rivagiens fréquentant la salle des scribes doivent connaître ;)) , libre à vous de lire la première, la deuxième, ou les deux...


La décadence des Dieux ou comment Le Seigneur débuta sa carrière…

Le jeune garçon marchait rapidement sur le chemin de terre battue, il avait les bras encombrés de légumes et de fruits en tout genre, c’est-à-dire tous ceux qu’il n’avait pas réussi à vendre au marché d’Aqualia. La nuit était calme et une douce brise sifflait à ses oreilles. Le garçon était tout à ses réflexions sur les excuses qu’il allait bien pouvoir donner à son père quand il trébucha sur une pierre et s’étala au milieu de la route, dispersant à tout va les restes de sa journée de labeur.  Il maudit alors Hermès le dieu des chemins de ne pas être capable de garder ses institutions en état tout en se massant ses orteils douloureux.  Tandis qu’il jurait, jurait et rejurait il ne vit pas le petit point brillant qui traversait le ciel de nuit à tout allure, ce n’est que quand il se releva qu’il l’aperçut « oh quelle belle étoile filante » pensa-t-il, mais il lui trouvait quelque chose de bizarre, elle ne disparaissait pas comme toutes les étoiles filantes mais fonçait  à travers le ciel toujours aussi brillante, et il semblait au jeune homme qu’elle venait dans sa direction ! Il tenta de fuir mais l’étoile continuait sa course vers lui jusqu’au moment où elle lui percuta la tête, lui défonçant le crâne et…..
-HERMES !!!!!!!!!!! cria Aphrodite scandalisée, ON NE TRAITE PAS NOS FIDELES AINSI !
-Et c’est toi qui me dis ça alors que tu ruines des couples à longueur de journée répondit ce dernier, espèce de gourde, je ne faisais que punir son irrespect !
-Je ne suis PAS UNE GOURDE !! Et ne me compare pas à toi, c’est un honneur que je fais aux plus beaux hommes d’être avec moi et de connaître l’extase, si les femmes ne veulent plus d’eux c’est qu’elles ne souhaitent pas leur bonheur donc qu’elles ne les aiment pas !
- Oui c’est ça, et moi je suis un cachalot avec des ailes de poulet ! Ne te cherches pas d’excuses, tu ruines le mariage !
-Peut-être mais moi je ne tue pas les humains !
-Il n’est pas mort, juste assommé dit-il en jetant un coup d’œil au bas de la montagne.
-Tu rigoles ! Tu lui as fracassé le crâne, il y a du sang de partout, c’est répugnant !
-Puis-je te rappeler qu’avec Paris tu as provoqué la destruction de Troie.
-Un simple accident !
La dispute attira plusieurs autres dieux et déesses qui devisaient tranquillement au sommet du Mont Olympe, se demandant qui pouvaient faire autant de bruit, il faut dire que l’Olympe, généralement, etait aussi bruyant qu’une carpe muette.
-Un simple accident qui a quand même provoqué la mort de 10 millions d’humains, dont 3 millions de tes amants.
-Tu n’as pas le droit de me mettre ça sur le dos, si elles avaient voulu éviter ça, Athéna et Héra auraient fait quelque chose.
Cette dernière qui était dans l’assistance, vint se ranger à côté d’Hermès et s’indigna :
-Vous n’êtes pas sérieuse ma fille, je vous savais peste mais de là, rejeter toujours la faute sur les autres, ça ne peut plus durer !
Le dieu de La Guerre Arès, très épris de la déesse de l’amour, décida de la défendre :
-Pour moi, la guerre de Troie à été bénéfique, ma côte est montée en flèche dans l’ensemble de la Grèce, vous êtes aveugle  ou vous ne voyez que les points négatifs des choses.
Un à un, tous les dieux de l’Olympe se rangèrent dans un camp ou dans l’autre, reprochant à leur voisins tout ce qu’ils avaient sur le cœur, jusqu’à ce que la demeure divine devenne le terrain d’une gigantesque dispute.
Le jeune homme se réveille au petit matin, se demandant ce qui avait bien pu lui arriver. Des bribes de souvenirs trottaient dans sa tête, une étoile filante, une douleur au crâne… Mais ce n’était que des morceaux et ils s’échappaient dès qu’il essayait de les recoller pour reformer la scène. Au bout d’un moment, il se rendit compte que le corps d’un jeune garçon, le crâne défoncé, gisait à côté de lui. Etrangement, il n’avait pas peur, et s’étonnant lui-même de son geste, il se pencha pour examiner le cadavre qui lui rappelait vaguement quelqu’un. Puis soudain, il se souvînt  et comprit que le corps devant lui était le sien. Il recula horrifié, mais, cela voulait dire qu’il était mort ! Alors pourquoi pouvait-il voir, pourquoi était-il encore là ? Il inspecta son « corps », qui en fait n’en était plus un, en effet il était constitué d’une brume laiteuse qui dessinait précisément ses membres, son corps… Mais, s’ il était mort, pourquoi personne ne venait-il le chercher, où était Hadès, le dieu des enfers, pourquoi aucun passage ne s’ouvrait vers les royaumes souterrains. Que faisaient les dieux aujourd’hui, même pas capable d’assurer leurs fonctions, « ils n’ont aucun respect pour les hommes » pensa-t-il  « maudit….
-Attends Hermès, tu viens de me donner du boulot un jour de réunion divine ? T’es vraiment pas sympa… l’accusa le dieu des Enfers, PERSEPHOOOOOONE !!!!!!!!!!!! Ouvre le passage pour permettre à la victime d’Hermès de passer dans mon royaume ! cria Hadès à sa femme.
-Je t’ai déjà dit que je n’étais pas ta boniche, ouvre ta porte toi-même, je suis occupée ! Et en effet la déesse des saisons tentait d’assommer Hestia, la déesse du feu avec un marteau à cause de sa beauté qu’elle n’avait pas eu la chance d’avoir. Il faut savoir que Perséphone était taillée comme un barbare, larges d’épaules, la face carrée, les poils sur le torse… Il fallait vraiment être le Dieu des morts pour vouloir une femme comme ça, ou peut-être aimer les hommes, allait savoir…
-Evites de traiter ma fille comme cela Hadès, sinon je rends les terres grecques si productives que plus aucun homme ne mourra de faim.
-Tu n’oseras pas, Zeus t’en empêchera.
-Essayes pour voir !
Après le premier conflit entre Hermès et Aphrodite, un second allait éclater, entre le dieu des enfers et la déesse des champs et de l’agriculture. Si cela continuait le Mont Olympe finirait en cendres dans très peu de temps.
-Mais cela dépeuplerait mon royaume, tu sais très bien que j’ai mon cotât d’âmes à qui je dois fournir un lieu de repos éternel calme, sinon les humains ne vont plus me vénérer et je n’existerais plus.
-Ce n’est pas mon problème, tu touches à ma fille, je te bouffe, c’est la logique même… Et pour ta gouverne, depuis que Perséphone n’est plus avec moi, j’ai attrapé un rhume des foins accusa la déesse des épis de blés.
-Réfléchis plutôt à la chance qu’elle a eu de me rencontrer, cette fille est laide à faire peur, aucun autre homme que moi n’aurait voulu d’elle et…
Mais il ne put terminer sa phrase car Déméter avait prit un éclair de son frère Zeus qui trainait par sur le sol, et lui avait lancé. Celui-ci fila comme la Foudre et vint percuter le dieu des Enfers à l’entrejambe, l’envoyant roulé quelque mètres plus loin, la face pivoine et les mains crispées sur ses parties génitales.
Sur le chemin, l’âme du jeune garçon patientait toujours, et sa patience avait des limites. N’ayant que cela à faire, il observait le ciel et vit que celui-ci s’assombrissait de plus en plus, et que des nuages s’amoncelaient au sommet de l’Olympe. Y avait-il des problèmes chez les dieux ? Des coups de tonnerres violents  écrasaient le silence qui régnait au milieu des champs de blés où se trouvait le jeune homme. Puis tout alla de mal en pis, séismes, raz de marées, invasion de sauterelles se succédèrent sur la Grèce, jusqu’à ce que, dans un énorme fracas, le mont Olympe lui-même s’écroule et deviennent un tas de poussières qui se dispersa dans le vent. Le jeune homme qui avait assisté à ça, ne savait pas quoi penser, il ne ressentait pas grand chose, en faite il ne ressentait plus rien du tout… Au bout d’un moment, une forte lumière explosa dans le ciel, et une main gigantesque se tendit vers l’âme du jeune homme :
-Viens me rejoindre mon garçon… dit une voix étrange.
-Qui êtes vous ?
-Je suis le tout-puissant, notre père qui est aux cieux, je suis tout et je ne suis rien, je suis Dieu.
Le jeune garçon essayait de croire que cela n’était pas normal, que ce devait être Hadès sortant des Enfers qui devait venir le chercher, et non pas une main géante qui vole et parle avec une voix caverneuse. Mais, il ne put le faire, et obéit à la voix. Son corps s’éleva alors vers la lumière, il se sentit léger, léger comme une feuille, qui s’envolerait vers cette lumière, vers le ciel, vers les étoiles…

La seconde:

SI VOUS VOULEZ UNE BLAGUE A DEUX PIECES D’OR…

    Des rayons de soleil s’éparpillaient ça et là, comme des cordes jaunes qu’on aurait tendues de l’Astre Brillant jusqu’à la Planète Bleue, tandis qu’un homme marchait tranquillement à l’intérieur d’un magnifique palais, dans lequel  vivait un bon roi, en compagnie de sa femme et de ses conseillers, un évêque, un marchand et un condottière… Enfin, devrait-on dire plutôt, dans lequel, il y a de ça des millénaires, avaient vécus un roi, sa femme, et ses conseillers… En effet, notre homme qui effectuait la passionnante activité qu’est la marche, n’était pas entouré de murs d’or, recouverts de teintures de soie multicolores, ses pieds ne foulaient pas un sol de marbre poli, il ne traversait pas d’immenses arches sculptées… En réalité, il circulait entre des ruines usées par la pluie et recouvert de lierre grimpant, sur un sol de terre accidenté et surtout plein de mauvaises herbes. Donc, notre histoire commence tandis qu’un homme marchait dans les vestiges d’un antique palais. Il était d’un physique assez banal, dans le sens où il n’était ni laid, ni beau, même si on aurait tendance à faire pencher la balance du côté du mot « moche ». Il était vêtu d’un habit commun, qui n’était pas à la mode, mais pas démodé non plus, en fait, il se résumait à une tunique brune serrée à la taille par une ceinture rouge. Il circulait dans les ruines, en grognant et fulminant sur l’inefficacité de la guilde d’entretien des vestiges et ruines des palais antiques et vieux, qui n’avait manifestement pas fait son travail à l’intérieur de cette vieille demeure royal, c'est-à-dire gardé les chemins praticables pour les visiteurs étrangers. Il faut savoir qu’à l’époque où cet homme marchait au milieu des ruines, la mode sur Bleue était la visite de ruines, ne vous demandez comment ce phénomène s’est déclenché, comme tout les phénomènes de modes, il est apparu d’un coup, comme si quelqu’un avait claqué des doigts et que toute la planète avait entendu dans ce claquement « la meilleur activité pendant les congés, est de visiter le ruines » et depuis tout les vieux palais, châteaux et forteresses étaient devenus des sites touristiques très prisés par la population. Au bout de quelques temps de pénible cheminement, l’homme arriva au niveau d’un endroit dégagé  qui devait être un ancien hall d’entrée du palais. Au centre, un piédestal de marbre, supportait une magnifique statue de sphynx, qui étrangement, était parfaitement conservée, et qui faisait même tache face à la merveilleuse usure qu’avait subi le reste du bâtiment. Notre homme s’approcha pour mieux admirer se chef d’œuvre et il aperçu des inscriptions qui figurait sur le piédestal. Il passa sa main dessus pour éliminer la poussière qui comme dans toutes ruines digne de ce nom, s’accumulait pour former une couche tellement épaisse qu’elle provoquerait une crise cardiaque chez une femme au foyer maniaque, et ainsi faciliter sa lecture. Un masque d’étonnement se peignit sur son visage tandis qu’il lisait ces mots :
«  SI VOUS VOULEZ UNE BLAGUE A DEUX PIECES D’OR
DONNEZ DEUX PIECES D’OR A LA MAIN SI DESSOUS »
« Quel étrange message.. » se dit-il tout en observant la main citée. C’était une énorme main fine, pourvue de longs doigts maigrichons avec de grands ongles crochus comme des griffes, le genre de main à qui on ne voudrait sous aucun prétexte donner de l’argent… Pourtant, la curiosité de l’homme l’emporta sur sa méfiance, et il prit deux couronnes dans sa bourse, puis les déposa dans la main ouverte. Il recula de quelques pas, car durant le sempiternel combat opposant la méfiance à la curiosité, la méfiance avait repris des forces et dominait de nouveau la curiosité qui, après un coup de triche, avait permis le geste que venait de faire l’homme, en affirmant quelques instants sa supériorité. Les longs doigts crochus se refermèrent sur les pièces d’or, et les serrèrent progressivement, des craquements résonnèrent dans le hall démoli, puis la main se rouvrit. Quand il vit son contenu, l’homme poussa un cri de colère, ses deux couronnes étaient réduites en poudre, en un sable fin et brillant. L’homme était indigné par ce manque de politesse venant de cette main autonome et fut encore plus étonné quand d’un souple mouvement du poignet, elle projeta la poussière d’or au visage de la statue du sphynx.  La pierre eut un frémissement si, bien sûr, on admettait que de la pierre pouvait frissonner, ce qui donnait un peu comme l’éternuement d’une cloche allergique aux messes et sermons, et le sphynx, qui deux temps plus tôt était une œuvre d’art, se redressait maintenant, magnifique, sur son piédestal. Son corps de lion, recouvert d’une fourrure d’or soyeuse, laissait voir des membres musclés, et au bout de ses pattes de fines griffes, sortaient et rentraient des coussinets géants. Une paire d’aile, naissait sur ses épaules et s’étiraient en arc de plumage blanc et duveteux. Son buste, était celui d’une femme aux longs cheveux noir, comme le corbeau, et se terminait sur une poitrine avantageuse, ses yeux étaient d’un jaunes saisissant, et exprimaient toute la colère, la joie, l’ennuie, la tristesse, la peur, en bref tout ce qu’une créature a pu accumulée en sentiments pendant des millénaires d’immobilité :
-Enfin un crétin venant gaspiller son fric dans une machine à sous, dit le sphynx, ou plutôt la sphynge, comme parlant à elle-même, pendant un temps, j’ai bien cru que l’avarice l’avait emporté sur l’idiotie chez les humains…
-Excusez-moi, mais vous êtes…demanda l’homme timidement.
-Vous êtes aveugle ou quoi, répondit-elle en se désignant d’une patte griffus, je suis une sphynge…
-Euh oui bien sur, mais je veux dire…qui êtes vous ?
-Ah vous voulez connaître mon nom ?
-D’une part oui, et…de l’autre à quoi servez-vous…
-Nom d’un derrière de satyre poilu, j’ai attendu cinq mille ans qu’on me libère et il faut que je tombe sur un demeuré, dit la sphynge sur un ton désespéré.
-Mais non…Je ne suis pas un demeuré répliqua l’homme indigné.
-Alors pourquoi ne pas avoir lu la plaque avant de dépenser votre argent, il est marqué « si vous voulez une blague à deux pièces d’or » or vous avait payé deux pièces c’est donc que vous voulez une blague.
L’homme du admettre que le raisonnement de la sphynge se tenait, mais la seul présence de cette créature rendait toute logique impossible.
-Bon si je comprends bien, j’ai donné deux couronnes à une main immonde qui les a réduites en poudre, pour réveiller une créature mythique dans le but de me raconter une blague ! reprit-il d’une voix exaspérée.
-C’est à peu près ça…
-« A peu près  »?
-Oui, car puisque vous êtes le première homme à me libérer depuis des millénaires, je pense vous faire une faveur.
-Tiens c’est intéressant, je n’aurais pas dépensé mon argent pour rien, pensa l’homme.
-Au lieu de vous dire une blague, qui vous ferait mourir de rire, je veux bien vous accorder deux souhaits et demi, proposa la créature.
-Deux souhaits et demi ? Qu’entendez-vous par là ?
-Je vous accorde deux souhaits complets, mais pour le troisième, je n’exaucerais qu’une moitié de la phrase que vous aller formuler en guise de vœu, en fonction du nombre de mots.
-Nom des ruines neuves, c’est beaucoup plus simple dans les contes, s’écria t-il.
Lui qui était venu pour découvrir un trésor dans une vieille et antique citadelle, se retrouvait avec une créature mythique revenue à la vie, et deux souhaits et demi à trouver… Car notre homme simple et banal, avait, cachée au fond de lui, comme chez tout les hommes, une certaine cupidité, qui s’était réveillé et l’avait entraîné dans cette chasse au trésor. Quels vœux pouvait-il bien formuler ? Pourquoi pas comme dans les contes, être le maitre du monde, le plus riche de l’univers…
La voix de la sphynge interrompit ses pensées :
-Humm… J’ai oublié de vous préciser un certain point, que j’aurais pu omettre de citer, de part sa trivialité, mais que je vous donne car pendant ces années d’immobilité totale, je ressens une certaine gentillesse envers l’homme qui m’a délivré. En fait, je peux bien sûr exaucer vos deux souhaits et demi, mais…dans la limite de mes moyens.
-C’est-à-dire ? interrogea l’homme suspicieux.
-Eh bien, je n’ai pas de pouvoirs magiques, donc tous les souhaits du genre «  Je veux être le maitre de l’univers intersidéral » ou « le plus riche du monde » je ne peux les exaucer, mais, à part ces rêves de contes niais et stupides, je peux résoudre une grande panoplie de vœux…
Cela n’arrangeait pas ses affaires, puis il se demanda. Comment pouvait-elle exaucer de vrais vœux sans pouvoirs magiques ? C’était quasiment impossible ! Après quelques temps de réflexions, pendant que la sphynge jouissait de sa liberté retrouvé, il décida de sacrifier un vœu pour vérifier la véracité les dires de la créature, il pourrait se rattraper avec le deuxième vœu :
-J’ai trouvé mon premier vœu : je souhaite…que vous m’apportiez une tartiflette de courgettes au camembert de chameaux du Grand désert de Mourlak !
La sphynge sembla réfléchir, puis sans un mot décolla majestueusement et disparue dans l’azur bleutée du ciel de Bleue. L’homme avait pris soin de demander le plat le plus rare, que très peu de gens connaissait, et appréciait surtout, qu’on ne trouvait qu’à un seul endroit sur la planète. Il patienta pendant quelques temps, puis des heures, sans que la sphynge réapparaisse, le doute commença à s’insinuer dans son esprit, allait-elle ne jamais revenir ? Ne l’avait- elle pas tromper et disparu pour toujours, maintenant qu’elle était libre ? Mais il finit par prendre une décision, il attendrait jusqu’au lendemain, puis il repartirait. Pour s’occuper il réfléchit murement pour choisir son deuxième souhait, et que cette fois, il lui soit profitable longtemps, et non pas passablement comme le plat du premier souhait… Quand le crépuscule vint, un battement d’ailes réguliers résonna dans les ruines antiques, et la sphynge se posa lourdement sur son piédestal, une tartiflette de courgettes au camembert de chameaux du Désert de Mourlak entre ses pattes de lion.
-Voilà votre souhait est exaucé, dit-elle simplement.
L’homme étonné pris le plat des pattes du monstre, puis commença à le déguster sous l’œil inexpressif de la sphynge.
-Avez-vous pensé à votre second vœu ?
-Oui, je voudrais savoir ce qui est arrivé à cette cité.
La sphynge parut soulagée, et ce n’est qu’à ce moment là que l’homme aperçu des morceaux d’aliments et de petites blessures sur le corps de la créature. Il voulut ouvrir la bouche pour demander à celle-ci ce qu’il lui était arrivé mais sous son regard menaçant, il renonça.
-Avant, il y a des millénaires, une cité grande et prospère, remplaçait ces ruines usées. Elle était gouvernée par un monarque nommé Roi, qui était de nature très paresseuse et égoïste, et pensait plus à lui qu’au bien-être de ses sujets. A cause de cela, il se reposait souvent sur ses conseillers qui étaient au nombre de trois, et qui en vérité, détenaient véritablement le pouvoir. Il y avait un commerçant du nom de Marchand, un ecclésiastique appelé Evêque, et un militaire nommé Condottière. Seulement, ces trois là se détestaient ouvertement, et faisaient tout pour se descendre les uns les autres. C’est là que l’histoire dérive des contes, ils provoquèrent des émeutes qui se transformèrent en guerre civile, et la cité fût rasée par ses propres habitants, quant à Roi, il fut assassiné de la main même de ses conseillers. Voilà.
L’homme était médusé, il avait voulu savoir si la présence d’un trésor était une information véridique, et il avait formulé son souhait dans l’espoir que la créature le lui confirme, et même, lui indique son emplacement. L’histoire si courte avait brisés ses espoirs et de plus, gâché un vœu. C’est alors que dans un élan de colère, et influencé par l’histoire que les talents de conteuse de la sphynge avait rendu presque réelle dans l’esprit de l’homme, il prononça son troisième vœu, le vœu le plus simple et banal jamais formulé :
-Je veux vivre et mourir comme un roi !
-C’est assez problématique comme vœu, vous n’avais pas oublié que je vous accordais qu’une moitié du troisième souhait ?
La peur passa comme une ombre sur le visage de l’homme mais, quand il reconsidéra le vœu, il vit que la moitié du vœu était « Je veux vivre » ceux qui n’avait rien de méchant envers lui, c’est vrai qu’il avait de nouveau gaspillé un vœu, mais de toute façon, il pensait que cette stupide sphynge n’était pas capable d’exaucer un vrai vœu digne de ce nom.
-Si l’on sépare en deux la phrase nous avons : « Je veux vivre et » et «   mourir comme un roi », puisque j’ai beaucoup d’égard pour vous qui m’avez libéré, je vais exaucer la seconde partie de la phrase car la première va de soi.
La face de notre homme se décomposa, il avait dit « vivre et mourir » pour exprimer « avoir la vie d’un roi », mais c’était les premiers mots qui lui étaient venus à l’esprit ! Muet d’horreur, il fuit à travers les ruines pour éviter le sort que la sphynge lui réservait, celle-ci, campé sur son piédestal, poussa un rugissement qui fit vibrait l’air autour d’elle, puis un silence de mort s’abattit sur les ruines, si oppressant qu’il fit s’arrêter l’homme dans sa course éperdue. Il regarda autour de lui, tremblant de frayeur et bientôt, il distingua trois formes s’avança vers lui. Tandis qu’elles approchaient, il reconnu avec horreur les conseillers du Roi de la cité en ruines. Un long hurlement se fit attendre, tandis que les esprits de Marchand, Evêque et Condottière se jetaient sur l’homme terrifié. Mais très vite, il mourut dans sa gorge, et finit sur un râle de mort. Un éclat de rire brisa le silence, et on entendit la voix de la sphynge se parlant à elle-même :
-Moi qui avais cru perdre la main, je vois que les hommes sont toujours des imbéciles, même après des millénaires, croyait-il vraiment pouvoir me garder éternellement sous leurs contrôles, à faire crever les gens de rire ? Maintenant je vais pouvoir raconter à mon frère comment j’ai réduit cette cité en miettes, je vois déjà son visage, vert de jalousie, lui qui n’est arrivé qu’à faire construire des trucs pointus en son honneur…
Et dans un autre éclat de rire, elle s’envola dans la nuit.

Voilà, qu'en pensez vous?














 


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