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Auteur Sujet: Confiance en soi et écriture  (Lu 19016 fois)

Dakimiss

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Confiance en soi et écriture
« le: 31 Juillet 2012 à 23:32:47 »
J'ai lu dans Ecriture, de Stephen King, il y a quelques temps, quelque chose qui m'a assez marquée.

King y parle de cet état de transe dans lequel il se trouve lorsqu'il écrit, où rejaillit cette confiance en soi digne d'un enfant qui ne se pose pas de questions.

Et j'ai connu cet état, que j'ai hélas perdu.

Je vous explique. J'écrivais énormément quand j'étais gosse, et des choses plutôt bien ficelées, rien à voir avec aujourd'hui. Malgré les fautes de vocabulaire et de grammaire tous les 2 mots, y'avait quand même du bon scénario, des métaphores franchement marrantes et imagières, bref, mais tout cela est partit. Vers mes 13 ans, je crois, j'ai confié une histoire de 40 pages à ma mère pour qu'elle la lise.

Et voilà, elle n'a jamais passé la page 4. J'ai pas mal insisté, mais il n'y a rien eu à faire. Elle disait ne pas vouloir se sentir forcée, bref... Je ne la blâme pas. Toujours est-il que je me suis aussitôt dit que ça devait être tellement nul qu'elle n'arrivait même pas à lire l'histoire de sa propre fille. Donc j'ai continué à écrire, ou plutôt essayé, en me demandant sans arrêt "est-ce que ça lui plaira ?", et résultat, c'était mauvais, très mauvais.

Donc j'ai abandonné l'écriture pendant cinq ans, jusqu'à ce que je tombe sur mon JDR à l'écrit. Là, j'ai reçu beaucoup de compliments, et comme de l'huile sur mes rouages, ça a remis la machine en route. En 2006, donc. Et aujourd'hui, je n'avais encore jamais re-essayé d'écrire en dehors du contexte de mon JDR. ( J'écrivais beaucoup de chroniques, ou "passé" de mon perso, qui pouvait s'étaler sur de très très nombreux textes ).

Donc j'essaie de m'y remettre en ce moment, mais c'est laborieux.


Et ma réelle question est : Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ? Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?


Hors ligne Kerena

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #1 le: 01 Août 2012 à 00:02:50 »
C'est un état que j'ai également perdu dans mon adolescence. Mais j'ai eu le bonheur de le retrouver il y a quelques semaines.
Je m'explique : J'ai joué à wow (booouuuh la vilaine - rassurez-vous, je suis en phase de désintox  ^^) pendant trois ans, et j'ai commencé un RP (comprenez RolePlay, une histoire inventée qui concerne wow et la plupart du temps son propre personnage). Au début, je l'ai plus fait par exercice, pour voir ce que je pouvais bien écrire sur le sujet... Et puis, ça m'a complètement prise : je revoyais le ptit fil à suivre comme dans mon enfance, et honnêtement les mots allaient trop vite dans ma tête et mon stylo ne suivait pas assez vite xD Je l'ai momentanément arrêté car le personnage est tombé dans une impasse dont je ne sais pas comment l'en sortir. Mais certaines images venaient comme ça, et l'histoire me venait peu à peu, au fur et à mesure.

C'est pas de la grande littérature, certes. Mais j'ai été heureuse de voir que je pouvais retrouver cet état d'extrême concentration - ces jours là, je comprenais pas comment les heures pouvaient passer si vite !

Donc je pense que oui, cet état est "retrouvable", au sens ou si on trouve un thème qui nous plaît, ne serait-ce qu'avec un début intéressant... Alors ya moyen que la plume nous emmène très, très loin.

En y réfléchissant, je me dis que si on a un "blocage" quand on écrit quelque chose, c'est peut-être que l'histoire ne nous plaît tout simplement pas, et du coup le cerveau met un droit de véto dessus  :mrgreen:

Je sais pas si ce qu'ai écrit est compréhensible, m'enfin, je me comprends  :mrgreen:
« Modifié: 01 Août 2012 à 00:05:30 par Kerena »
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


World End Girlfriend

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #2 le: 01 Août 2012 à 00:52:50 »
Stephen King a bien fait de décrire ce sentiment comme une transe, c'est exactement avec ce mot que je le qualifierais.
J'avoue que cela m'arrive de plus en plus, les belles formulations qui jaillissent de nulle part, des rimes sans faire exprès, des effets de style sans le vouloir. Des fois je "vois" la scène, je sais ce que le personnage pense, je sais ce que je veux dire et où je veux aller, et les bons mots viennent comme par magie. C'est vraiment super comme sensation  :D
Dans ces moments là je me relis et j'ai le sourire aux lèvres parce que je me dis que c'est génial, magnifique, totalement parfait.
Comme Kerena je pense que le thème influe grandement, par exemple parmi les texte que j'ai posté ici celui qui a reçu le plus de commentaires positifs c'était incontestablement  La magnificence d'un monde qui s'effondre (oui je fais de la pub  >< ). J'ai toujours été attiré par le post-apocalyptique, la mort, la dépression, la fatalité (et oui je suis une personne très joyeuse  >< ). Ce texte c'est un peu tout cela, les mots venaient tout seul, et juste quand je me disais non c'est impossible je pourrais pas tenir sur la longueur ben si ça ne s'arretait pas.
Donc voilà, prends un thème qui te tiens à coeur, quelque chose où tu ne te forcera pas trop à réfléchir, ça passera niquel  :D

Dakimiss

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #3 le: 01 Août 2012 à 03:59:28 »
Honnêtement, pour les chroniques de mes persos, ça allait tout seul et très vite aussi. Mais ça restait toujours dans mon petit cadre sécuritaire et confortable de mon JDR ( qui est post-apocalyptique, et cyberpunk, en passant, toi qui aimes ça xD ). Du coup, maintenant jme sens comme " lâchée dans la nature " lorsque jme met en face d'une feuille blanche.

Cela dit, Kerena, je pense sincèrement que tu as raison lorsque tu parles de l'histoire. Et je pense qu'il faut que j'attende et que je médite sur un vrai truc, au lieu de trouver un scénar' juste parce que je veux à tout prix écrire ^^

Là j'ai commencé deux textes, j'ai écris une dizaine de pages pour chacun d'une seule traite, mais ensuite, impossible de poursuivre l'histoire ><


Jon Ho

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #4 le: 01 Août 2012 à 08:34:56 »
J'ai beaucoup de mal à comprendre ce concept de l'angoisse devant la page blanche. Mais quelle angoisse ?
Si t'écris pas tous les jours 20 pages quelqu'un va venir te taper sur les doigts ?
Ca ne marche pas dans ce sens là : On prend une feuille, un stylo, et on se triture les méninges pour essayer de concevoir un texte.
C'est totalement le phénomène inverse : On est submergé de mots, de phrases, de métaphores, de formulations judicieuses et bien trouvées alors on se précipite sur une feuille pour tout balancer jusqu'à ce que le cerveau soit vide.

Tout le monde a des périodes où rien ne vient, toutes les idées semblent débile et inexploitable mais c'est pas un drame. En attendant que le flux revienne faut passer à autre chose sans se poser de questions. Et surtout ne pas forcer le mécanisme de l'écriture. Si tu cherche les mots sans qu'ils viennent à toi, ça va se sentir dans ton texte qui ne sera pas crédible.

C'est mon opinion.

Hors ligne Moyen Moyen

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #5 le: 01 Août 2012 à 08:46:36 »
Le problème, je crois, c'est que quand on a connu ce plaisir d'écrire, cette transe dont parlent Stephen King et que reconnaissent Dakimiss, Kerena et WEG... ba je crois qu'on devient un peu "accro".

Je veux dire c'est un tel plaisir qu'on a très envie de recommencer alors qu'on est pas forcément dans les dispositions pour.

D'où la fameuse page blanche qui est un trompe-l'oeil.
On ne cherche pas une idée, ni des mots: on cherche notre dose  :mrgreen:
Si tu veux tout savoir, moi aussi.
Jette-lui la pierre dans le doute.
Les grandes choses sont celles qui ne s'achètent pas.

Hors ligne Kerena

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #6 le: 01 Août 2012 à 10:10:27 »
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Le problème, je crois, c'est que quand on a connu ce plaisir d'écrire, cette transe dont parlent Stephen King et que reconnaissent Dakimiss, Kerena et WEG... ba je crois qu'on devient un peu "accro".

Voilà ^^ Je n'ai jamais goûté de drogues ni n'ai jamais pris de clope... Mais si je devais imaginer la sensation d'être en manque, ce serait bien ça ^^ Quelque chose qui te tient aux tripes et qui ne te lâche plus... Le problème c'est que c'est pas comme une drogue : tu peux pas en acheter au coin de la rue...  |-|

Citer
J'ai beaucoup de mal à comprendre ce concept de l'angoisse devant la page blanche. Mais quelle angoisse ?
Si t'écris pas tous les jours 20 pages quelqu'un va venir te taper sur les doigts ?

Heureux les hommes qui ne connaissent pas la page blanche !
Pour illustrer cette "angoisse de la page blanche", je vais prendre en exemple le roman -en-devenir que j'ai commencé il y a quelques années. j'avais tout : les personnages, le début, la fin, un fil conducteur pas trop mauvais... J'ai commencé à écrire pleine de frénésie, et tout d'un coup... Pouf ! Passées une dizaine de pages, plus rien !

Je suis restée "frustrée" tout le temps que ce texte est resté au placard. J'avais enfin retrouvé l'inspiration, et cette sal*pe me tournait le dos ?? ><

Ben en fait, j'ai eu la ptit ampoule au-dessus du crâne il y a deux semaines à peu près. J'ai tout simplement réalisé que mon histoire ne tenait pas la route. Il fallait que je rajoute quelque chose pour que mon scénario soit moins bancal : et ce quelque chose était simplement un personnage en plus ! Sitôt qu'il s'est imposé, le reste a découlé tout seul. Je suis donc en train de revoir la troisième version du début XD Pour revenir à un comparatif avec les drogues, ben c'est limite jouissif comme sentiment...  :huhu:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Anlor

  • Invité
Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #7 le: 03 Août 2012 à 23:40:05 »
Hum, je ne suis pas sûre que "l'angoisse de la page blanche" soit un simple problème d'inspiration et d'accro en manque d'écriture. Pour ma part, il s'agit effectivement d'un grand manque de confiance en soi. J'veux dire, je ne peux pas m'empêcher de relire mes phrases sans rigoler : c'est simple, soit je trouve que ça fait déjà vu, soit ça m'fais marrer parce que je trouve pas ça légitime de ma part d'avoir des prétentions littéraire. Donc oui, j'fais une sorte de blocage la plupart du temps, et il me faut toujours un bon moment pendant lequel je laisse les textes mariner dans ma tête avant d'oser les coucher sur papier. Et là, ça vient d'un coup ; je sais pas si j'irais jusqu'à parler de "transe" comme vous, mais disons qu'arrive un moment ou je ne me pose plus trop de question.
Le mieux ça a été pendant le NaNo : 50 000 mots en un mois, un quota de 1700 mots par jour, ça vous oblige à aller de l'avant. Pour autant, je ne suis pas sûre de pouvoir le refaire en novembre prochain. On verra bien.

Du coup :
Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ?
jamais complètement à mon sens; et heureusement : c'est comme ça qu'on écrit bien, en se posant des questions. Avoir l'impression d'écrire comme si on était en "transe" d'accord, mais si c'est pour écrire n'importe quoi, je ne vois pas l'intérêt.

Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?
La seule solution que je vois serais de se forcer à écrire, mais ce n'est surement pas la bonne. Peut-être en essayant de te lancer des défi, chercher des AT, histoires d'avoir des idées de départ, trouver l'inspiration un peu partout et surtout te donner le temps de réfléchir à ton texte avant de te mettre devant une feuille blanche.


Euh, j'ai répondu à la question là ?  ???

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #8 le: 04 Août 2012 à 13:04:57 »
Saaalut,

Dans tout ce que tu as dit Dakimiss, j’ai eu l’impression que le souci venait du fait que tu cherchais à écrire pour plaire aux attentes d’un lecteur (particulier ou non).
Je sais que quand je n’arrive pas à écrire (écriture forcée), c’est que je mets dans mon histoire des choses pour satisfaire un autre œil ou une autre sensibilité que la mienne. 
Dès que je me mets ces contraintes, je perds le plaisir, je me prends la tête  >< (et dans ton cas j'ai l'impression que ça te pousse à te dire "mais ils vont pas aimer, c'est nul, chuis nulle, je vais me mettre au point de croix")
Alors, comme dit Anlor, généralement si on se casse le bol, ça donne quelque chose de plus abouti. Le problème c’est que faire quelque chose d’abouti n’est pas forcément mon but, je préfère m’amuser à écrire (ce qui sous entend que je ne trouve pas amusant de chercher à reformuler sans arrêt ce que j'écris, mais je conçois que ça puisse faire partie du plaisir d'écriture pour d'autres hein)
Donc c’est aussi ça la question. C'est quoi ton objectif... Ta transe peut donner quelque chose de bien dès le début, mais généralement, un bon écrit demande de sortir de cette transe et de bosser un peu, ce que perso j'ai la flemme de faire  :relou:

Tout ça pour dire (warning : avis perso), ton plaisir d’écrire doit s’affranchir du lecteur, mais ton envie de produire quelque chose de qualité doit pousser ton esprit critique à retravailler ce que ton plaisir a créé. C’est deux phases différentes. ::)
Mais en gros je dis juste que si tu veux retrouver ta transe, fais-toi plaisir, écris ce que tu veux voir dans l’histoire. Et tant pis si les clichés abondent, et tant pis si les forces du mal s’appellent « le royaume de l’Ombre », du moment où tu fais ce qui te plait  :lecon:

C’est un peu la pochette surprise cette fameuse transe. Tu peux te retrouver avec un diamant brut comme avec une pelle de charbon au bout du compte  :mrgreen:.
J’ai plein de charbon chez moi, mais je le vis très bien, comme quoi  :-¬? (mais évidemment j'encourage les gens à polir de beaux diamants hein, au moins pour mon plaisir de lecture mouahaha)

 :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne isallysun

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #9 le: 14 Août 2012 à 03:38:53 »
Je crois qu'Anlor a tout dit! Et je dois dire que lorsque je ressens cette transe, c'est lorsque je suis nostalgique ou sous le coup d'une forte émotion! Tu dis avoir déjà ressenti cet effet! Dans quel état te trouvais-tu juste avant de prendre la plume? Qu'est-ce que tu écrivais? Mais bon, il ne faut pas forcer, mais écoute tes envies et ça devrait revenir de soi!

Hors ligne Sixte

  • Troubadour
  • Messages: 362
Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #10 le: 14 Août 2012 à 14:43:46 »
En fait, je trouve que ce problème revient un peu à la question "pourquoi écrire" qui, il me semble, est l'objet d'un topic quelque part dans le coin.
Personnellement, quand j'écris, c'est parce que j'en ai besoin. Il y a des mots qui tournent dans ma tête, des trucs qu'il faut que j'exprime, que j'exorcise, donc pouf, je les balance sur une feuille et je peux passer à autre chose (bon, pas complètement, mais au moins, ça arrête de m’obséder). Donc sur le coup, je m'en fiche un peu que ce soit bon ou mauvais, je n'essaie pas de faire des jolies formules et je fais à peine attention aux répétitions. C'est seulement après, si je me dis que le texte est sympa, que j'essaie de le transformer en quelque chose de bien, et donc c'est là où je commence à douter de tout.
Visiblement, pour toi, cette étape d'autocritique arrive avant, t'as juste un problème de timing en fait. :mrgreen:
Tu pourrais essayer la méthode "on s'en fout si c'est moche, on verra plus tard" (peut-être que voilà enfin un domaine où la procrastination est bénéfique !). Ça évite la page blanche, mais je suis pas sûre que ça produise de meilleurs textes. Mais à force d'écrire, même des trucs mauvais, on s'améliore (Stendhal disait : "Tout le monde peut devenir écrivain, il suffit d'écrire vingt pages par jour."), en tout cas, c'est ce que je me dis pour m'encourager  :mrgreen:.
En bref, je pense qu'on perd le plaisir de l'écriture quand on commence à écrire pour être lu.  (Enfin, ça marche comme ça pour moi, en règle générale).
C'est un peu fouilli tout ça, mais j'espère que ça peut un peu t'aider.
 
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Hors ligne OliveDuWeb

  • Calame Supersonique
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  • Une tapenade de mots dans une mer d'huile d'idées
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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #11 le: 14 Août 2012 à 16:11:36 »
Bonjour à tous,


J'ai retrouvé beaucoup de mon expérience personnelle dans cette file de messages.
Que ce soit Kerena et son passage par Wow. Je l'ai commis, moi aussi, et je ne cache pas que la lassitude, et le renouveau du goût à l'écriture lors de tentatives de background de mes personnages m'ont bien aidé à m'en détacher. D'ailleurs j'ai un projet de compilation de ces textes qui traîne toujours dans ma todo list.
Que ce soit les phases de transe évoquées par plusieurs. Ce sont les périodes qui ne produisent pas forcément un texte "définitif" mais qui contient très souvent de très bonnes idées. Etant très égoïste, je n'écris que (enfin presque) pour mon plaisir d'écrire, et ces moments sont évidemment jubilatoires. Difficile, par contre, de les prévoir ou de les provoquer, et c'est bien là le drame !
Que ce soit la différence entre "écrire pour son plaisir" ou "écrire pour être lu". Oui, je l'avoue, je ne cherche pas spécialement à être lu, enfin jusqu'à présent. Même si ça flatterait mon ego. Je me contente, peut-être un peu trop souvent, d'un premier jet, ou, dans les meilleurs cas, de quelques relectures dont je me satisfaits. Ce qui ne m'empêche pas d'être perfectionniste dans le sens où à chaque relecture j'ai envie de changer beaucoup de choses. Cela dit, j'ai beaucoup amélioré mon travail préparatoire, en ne me jetant plus tête baissé dans la rédaction à la moindre idée, mais en laissant bien mûrir dans ma tête, voire en combinant, modifiant, retournant ou triturant tout ce qui tombe dans ma boîte à idées.

Bon, assez parlé de moi.
Tout ça pour dire que oui, ce trop éphémère état de grâce peut revenir, mais, hélas, c'est difficile de dire exactement de quelle manière. J'appuierai donc les suggestions du thème à aborder, de l'état d'esprit, l'état de fatigue intellectuelle, du moral, de la frustration, mais également de l'imagination (qui a besoin de repos régulièrement, du moins dans mon cas) et, pour finir, de la confiance en soi (oui, j'ai réussi à replacer le titre) et en son potentiel. C'est compliqué, comme ma réponse, j'en suis conscient, mais j'espère avoir au moins fait avancer le débat d'un tout petit millimètre.


Cordialement,
O.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Rose XII

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #12 le: 28 Septembre 2012 à 09:57:44 »
 J'ai certainement trop lu Rilke, mais je crois que sans cela, je penserais comme lui tout de même.

La matière première de l'écrivain se trouvant en lui-même, il ne peut pas la mêler à celle des autres (réelle ou supposée), sans perdre de cohérence dans sa créativité.

On écrit sous une impulsion créatrice, quelquefois jugée bonne, quelquefois pas. Mais les jugements et critiques que nous nous portons, nous les premiers, n'ont de valeur que relativement à... Ce que nous avons reçu, appris, subi, entendu, cru, que sais-je?

L'exemple des fora est idéal et je vais d'ailleurs utiliser une erreur que j'ai commise hier, ici même, par manque de discernement dans ma démarche.

J'avais écrit quelque chose de très personnel, de profond, de vrai, dans des termes que j'aime parce que, très précisément, ils exprimaient chacun exactement ce que je désirais dire. Sachant de quoi je suis techniquement capable, je n'avais rien à me prouver dans ce sens et me suis laissée porter par ma propre musique, bercer par mes termes favoris.
Ce n'était a priori pas un mal, même plutôt un grand bien.

Je ne me suis pas davantage questionnée sur l'objectif de la publication de ce poème, puisqu'il était si clair, pour moi, que le fond prévalait tellement sur la forme. Et je l'ai posté, bêtement, sans me demander une seule fois quelles seraient les attentes des éventuels lecteurs qu'il rencontrerait. On ne peut pas cibler chaque attente particulière, c'est évident, mais on peut prévoir certaines des réactions "typiques" qui vont se manifester. Je n'ai pensé à rien de tout cela et, sans aucun discernement, comme je me serais relue moi-même, j'ai jeté dans des mains un peu consternées (il y avait de quoi) un texte qui, de précieux qu'il est pour moi, ne revêt que peu d'importance pour qui n'est pas moi.

Vu de l'extérieur, la technique était un peu trop absente (ou un peu trop présente : j'ai eu la chance d'obtenir deux commentaires presqu'antagonistes. ) et je me suis rendue compte de mon incompétence, non pas en matière d'écriture, mais en celle de choisir ce que l'on peut, ou non, partager et dans quelles conditions.

Tout cela pour dire que si je n'avais pas su analyser les choses, garder confiance en moi, j'aurais pu, très facilement, bazarder mon bébé avec l'eau de son bain. Alors que j'avais seulement apporté un enfant entièrement nu devant les fonds baptismaux.

Je crois qu'il ne faut diffuser que ce qui relève de la pure technique, du travail artisanal, pour ne pas se trouver confronté à une situation telle que je l'ai vécue. Les fora vont aider quelqu'un à "monter" son projet, à trouver des tournures ou des termes plus précis, s'il hésite sur la forme. C'est, je crois, un excellent tremplin pour commencer (j'aurais aimé avoir cela quand j'avais vingt ans). Mais ils ne seront d'aucune utilité en termes de matière première de l'écrit ni même en tant que système d'évaluation de sa valeur réelle, valeur si relative et surtout subjective que l'on ne peut s'en remettre, en dernier comme en premier lieu, qu'à soi-même.

En fait, au gueuloir comme au bureau, je crois que l'on doit tout se permettre, même (peut-être surtout) le pire. Il faut tout sortir, tout lâcher, sans aucun jugement de valeur. Puis, quand la matière est là, savoir discerner (ce que je n'ai pas fait hier) entre ce qui peut intéresser de parfaits étrangers (en général, c'est très technique, très formel. Il est rare que le fond fasse véritablement écho chez une majorité de personnes. C'est même rarissime, il faut compter avec cela. ). C'est donc à cet unique moment qu'il faut devenir critique et critique acerbe : au moment de poster ou publier son écrit, parce que, cette fois, il va être attrapé, tripoté, disséqué... Et jugé pour de bon. Pas forcément par des personnes qui s'y connaissent, mais c'est peut-être encore mieux ainsi, on prendra la pleine mesure de la vacuité d'une attente quelconque de jugement extérieur à soi-même, quand il s'agit, bien entendu, d'un texte abouti, d'un écrit qui, pour nous, remplit toutes les fonctions que nous lui désirions.

C'est là que mon long préambule touche à sa fin pour en venir à ceci : on ne peut pas écrire sans s'accorder à soi-même une pleine confiance (pas de l'aveuglement, pas de la psychorigidité : il faut que la démarche soit lucide, consciente). Quand on se refuse cette confiance, on se livre nu aux volontés infiniment multiples des lecteurs que l'on aura. Autant se faire écrivain public et recevoir des commandes, directement. On n'écrira plus rien de bon parce que tout ce qui sortira de ce système abâtardi, ce n'est rien de pleinement soi, rien non plus de pleinement "l'extérieur" puisque nous ne pouvons écrire efficacement que ce qui vient de nous-mêmes.

Il est bon de rester humble devant notre travail ou notre production, mais il ne faut surtout pas abandonner aux autres ce qui nous appartient en propre.
Que quelqu'un nous dise : "ce mot-ci ne convient pas", il sera suivi d'un autre qui tiendra ce mot pour la clef de voûte incontestable de notre écrit.

Pire est la critique entre personnes qui écrivent : nous sommes encore moins vierges que ne le sont ceux qui n'écrivent pas.

Or, la seule personne crédible, la plus intime que nous connaissions, c'est encore nous-même.

Il me semble que, pour cultiver cette confiance en soi, on est obligé de verser un peu dans une sorte de pacte égocentré : "je serai, toujours, le juge de mes écrits, les autres n'investissant qu'une fonction passagère de procureurs ou d'avocats, utile, mais secondaire.". De plus, et ceci nous concerne cette fois nous-mêmes : "je laisserai aller tout ce qui vient de moi sans aucun jugement.". La discrimination, comme je le disais plus haut, ne devant se faire qu'au moment de donner un autre objectif à notre écrit que celui d'exister.

C'est encore la seule chose dont, à ce jour, je puisse être à peu près certaine.
« Modifié: 28 Septembre 2012 à 10:05:51 par Rose XII »

Hors ligne Milora

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Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #13 le: 28 Septembre 2012 à 10:31:58 »
Alors là, je suis aaaaabsolument pas d'accord avec toi, Rose, mais ne le prends pas mal ^^

Je trouve ça très réducteur de considérer que le regard de l'autre (forum ou autre ; le forum ayant juste l'avantage que les gens te disent sincèrement ce qu'ils pensent sans craindre de blesser, alors que si c'est des proches c'est parfois plus délicat) ne peut avoir d'importance que sur la technique.
Évidemment, ça dépend : si tu écris uniquement pour toi (au sens où tu ne considères pas ton texte comme un acte de communication mais comme une expression de toi-même qui n'a que ce but-là), ce que je vais dire n'a aucune valeur, puisque, en effet, le seul destinataire du texte étant toi-même, il sera réussi quand tu en seras contente. Simplement.

Mais si - comme beaucoup de monde je pense - tu considères le texte comme un acte de communication (tu transmets quelque chose à un lecteur - une figure abstraite de lecteur), c'est vraiment limitatif de ne considérer que tout avis n'aura de valeur que sur des points strictement techniques.
Quand on écrit, on a nos propres images qui se placent sur les mots, on sait ce qu'on a voulu dire et exprimer. La vraie difficulté - et la vraie magie de la lecture et de l'écriture - c'est quand on arrive à les transmettre au lecteur. Bien sûr, jamais pleinement, et vous me direz que Bidule ou Truc n'auront pas le même avis sur tel roman. Oui mais quand vous lisez - je prends le premier exemple qui me passe par la tête - une scène de suspense, elle est là pour vous transmettre du suspense. Si vous la lisez lointainement avec un sourcil haussé et en bâillant, c'est qu'elle est ratée. Evidemment, si un seul lecteur la vit comme ça, on peut supposer que c'est lui qui n'a pas accroché - mais si, globalement, le Lecteur en tant que figure abstraite, s'ennuie en la lisant, c'est qu'elle est ratée. Objectivement. Même si l'auteur, à chaque relecture, est, lui, totalement embarqué dans son extrait.
A mon sens, c'est là que le regard de l'autre est le plus important. En tenir compte, ce n'est pas écrire sur commande ou être écrivain public.

Parce que, avouons-le, très souvent des gens s'inscrivent, postent un texte mille fois déjà vu et pas franchement bien écrit, et considèrent qu'ils ont pondu un chef d'oeuvre et que si on ne le voit pas, c'est de notre faute. Mais, le texte a beau avoir une réelle résonance dans le coeur de son auteur, l'histoire d'un forestier qui se découvre élu par une prophétie pour aller combattre un méchant sous les conseils d'un vieux magicien barbu, c'est et ça restera cliché. Et ça c'est pas une question de technique.


BREF, j'en viens à la fin de mon réquisitoire  :mrgreen:
Je pense qu'il faut, avant toute chose, arriver à distinguer son propre attachement à un texte et celui que les lecteurs pourront y porter. Personnellement, j'ai des textes qui ont reçu des commentaires pas très positifs, mais que je continue d'aimer - tandis que certains qui ont des commentaires élogieux ne me tiennent pas plus à coeur que ça. Mais je suis consciente que, même si je les aime, si pas grand monde n'a accroché à leur lecture, c'est qu'ils sont bien imparfaits. Tant pis, hein, je me suis beaucoup amusée à les écrire, ils représentent quelque chose pour moi ; mais le texte en lui-même est bof. C'est comme ça.
Y a qu'à voir : ressortez un de vos textes vieux de plusieurs années et que vous n'aurez pas relu depuis. Un dont vous étiez content et où, à chaque relecture, vous ressentiez très exactement ce que vous aviez voulu exprimer. Oui ben 4-5 ans après, il y a de grandes chances qu'il vous paraisse maladroit, sonner faux, ou du moins qu'il vous semble étranger et que vous en voyiez soudain les imperfections.
Là encore, à mes yeux, l'avis de l'autre est là pour éviter d'avoir à attendre 5 ans avant de corriger un texte  :mrgreen:




Mais revenons à la question de départ, lol.
Citer
Et ma réelle question est : Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ? Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?
En fait, moi... je pense pas que ça vienne d'un problème de confiance en soi  :-[
Je vais être très mégalo et prendre mon propre exemple. Mais je pense qu'on peut concéder que j'ai autant de confiance en moi qu'un bigorneau a des chances de remporter le triathlon aux JO (je sais même pas s'il y a du triathlon aux JO). Pourtant, cette histoire de transe, là, même si le mot me semble un peu grandiloquent (je dirais plutôt un état mêlant grande concentration et exaltation ; bon c'est peut-être pareil en fait :mrgreen: ), ça m'empêche pas de le ressentir quand je me plonge dans une histoire :)
Bon, après, c'est vrai que quand cet état s'arrête (parce qu'une histoire, sauf si elle est très courte, demande de la persévérance pour continuer au-delà du stade initial de "c'est trop bien je peux pas m'arrêter je dois écrire la suite viiite"), quand cet état s'arrête, là intervient peut-être le problème de confiance en soi. Du coup je vous rejoins. J'ai aussi ce problème, très fréquent depuis quelques mois/années : j'arrête un texte au milieu parce que je le trouve nul ou du moins je le trouve médiocre et je me demande s'il vaut vraiment des efforts à fournir pour le terminer.
La seule solution, ça doit être ce qui a été conseillé sur ce forum dans ce fil et ailleurs : continuer quand même, pour le plaisir d'écrire, et tant pis pour la qualité. Ne pas, au moment d'écrire, se demander si ça va plaire.

MAIS ça ne veut pas dire que ce que vous écrivez sera forcément bon si vous l'aimez. Au contraire, je pense qu'il faut accepter que ce qu'on écrit n'est pas forcément bien, pas forcément bien du premier jet, mais qu'il faut le finir parce qu'on l'aime quand même, et que la question de la qualité viendra après.
AMHA ::)


EDIT : en fait je suis tout à fait d'accord avec Tomoyo ^^
« Modifié: 28 Septembre 2012 à 11:04:28 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne mamzelleplume

  • Plumelette
  • Messages: 17
Re : Confiance en soi et écriture
« Réponse #14 le: 20 Janvier 2014 à 13:22:17 »
dakimiss,

le problème ne vient pas de toi , il vient de ta mère.
le manque de confiance que tu as en ta capacité à écrire "bien" ou "comme il faut", vient du fait que tu as perdu confiance à travers ce que ta mère perçoit de toi et de ton écriture.
surtout de ton écriture dans cet exemple.
le problème ce n'est pas "toi" ou "ton écriture" cela vient plutôt , excuse moi de te le dire, mais de ta maman.
ta mère aurait dû lire ton récit jusqu'au bout, et t'encourager dans cette activité qui, de toute évidence te faisais (fais?) du bien.
le fait que ce soit "bien" ou non , ce n'est pas cela l'important.
ce qui compte pour toi et qui t'as blessé, c'est qu'elle n'est même pas allée jusqu'au bout de ton livre et qu'elle t'as dit qu'elle "n'avait pas envie de se forcer", c'est une réaction étonnante de la part d'une maman!!
c'est comme lorsqu'en maternelle on fait des colliers de pâtes , tout le monde c'est que c'est affreux, mais cela n'empêche pas le parent, parfois de dire que c'est magnifique!
c'est comme ça que l'on construit la confiance que l'on a en soit adulte!
si nos parents nous répètent toute notre enfance qu'on est nuls et que l'on arrivera à rien, il est normal que l'on finisse par y croire.
donc mon conseil pour toi ce serait de t'appuyer sur des gens qui te font des commentaires positifs , puisque ta maman n'accepte pas de lire de ton texte jusqu'au bout et que tu ne peux pas t'appuyer sur elle, et de prendre ces commentaires positifs pour toi et d'avancer avec , en laissant de côté ce que fais ta mère.

 


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