Parmi les très bons livres, les excellents, ceux qui t'habitent le plus, tu accepterais un classement ? Michel-Ange plutôt que Botticelli ? Mozart contre Chopin ? Zappa contre Hadouk trio ?
Après, il a tous ces autres très bons livres, que tu regroupes, sans doute, comme moi, en sous-catégories, lesquelles sont régies par le principe du départ: pas de classement à l'intérieur de la famille.
Un point de vue.
T'est-il étranger ou le partageons-nous ? ce que j'espère, à moins que tu ne me pousses à changer mon regard, ce qui serait un bénéfice plus grand encore.
Bô moi les "classements" entre des oeuvres, par principe, je suis ni pour ni contre, bien au contraire :-) (comme toi apparemment puisque tu as différentes familles dans ton panthéon personnel).
Bref quand je suis amené à dire "je préfère x à y", c'est pas la conséquence d'une position de principe pro-classement ; mais ça a pour conséquence que (ou plutôt ça équivaut à ce que) je fais un "classement" si on veut.
Quand je suis touché par quelque chose, ça me passionne d'éprouver le plus intensément possibe l'émotion du moment : écouter en moi ce qui m'émeut, ressentir l'émotion le plus profondément possible, etc.; et ça me passionne aussi (en général dans un second temps, entre quelques millisecondes et quelques heures après) d'essayer de comprendre ce qui a déclenché cette émotion, d'où vient cette émotion, etc. et aussi de situer cette émotion par rapport à d'autres types d'émotions artistiques éprouvées. Et il se trouve que y a souvent un moment dans ce processus où je suis amené à me dire "ça me fait un effet monstrueux, un peu comme tel truc" et des fois "un peu comme tel truc mais en un peu plus fort", ou "un peu comme tel truc mais en un peu moins fort".
Donc du coup mon panthéon personnel n'est pas une nuit où tous les chats sont gris. Y a des trucs qui me font un effet aussi boeuf les uns que les autres; tant mieux, ou tant pis. y a des trucs qui me font un effet boeuf mais encore un peu + (ou un peu moins) que les autres ; tant mieux, ou tant pis. Mais en tout cas, quand je ressens des différences (de nuances, de formes, etc., mais aussi le cas échéant, pourquoi pas, de qualité ou d'intensité) entre deux oeuvres, j'en suis content, même si (ou parce que) ça m'amène à distinguer (dans tous les sens du terme distinguer) une oeuvre d'une autre.
