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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)

Auteur Sujet: Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)  (Lu 4013 fois)

Hors ligne Néon

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EDIT 1 : Scène de sexe explicite.

EDIT 2 : je laisse cette version primitive, histoire que les commentaires qui suivent ne se retrouvent pas sans objet, mais je mets à la suite
la nouvelle version, donc pour ceux qui tombent là-dessus pour la première fois, mieux vaut lire la nouvelle mouture, plus bas)


Bon, c'était une de mes toutes premières nouvelles, sûrement qu'aujourd'hui, du point de vue du style, je l'écrirais un peu différemment, mais je lui conserve une certaine tendresse telle quelle. Surtout qu'il y a une histoire, ce qui, pour ceux qui ont lu quelques uns de mes textes, est en fait plutôt rare. Alors voilà, c'est à vous.
 
                                                                                                      ******************************

                                                                                                     Le Programme Rimbaud


    Le truc le plus dingue qui me soit jamais arrivé a débuté par la situation la plus banale possible : j'étais en terrasse du RADAR en train de me faire rembarrer par une petite nana avec qui j'y allais trop fort dans le "rentre dedans". C'était une après-midi au temps indéterminé, y avait peut-être bien du vent. Y a toujours du vent "en" Avignon.

    Alors que selon certains critères je me ridiculisais avec une pimbêche trop fière, je vois arriver Alien, un autre écrivain-poète du RADAR, lui aussi complètement chtraqué. Ses yeux de zombi insomniaque sont enfoncés très loin dans sa gueule, ce qui donne l'impression que ses mâchoires, toutes dents dehors, vont se jeter sur vous ; il a vraiment une gueule d'Alien. C'était pas très gentil de l'appeler comme ça, mais il le prenait pas mal.

    « Ah, Ben, je te cherchais ! » qu'il me fait, à dix pas, en fonçant sur nous, la table et la pimbêche. Il affichait un sourire abominable. On s'attendait la pimbêche et moi à ce que des vers luisants et des scarabées crevés s'échappassent de sa bouche, pour en fuir.

    En tous cas, il était super content, ravi de me trouver. Il avait dû découvrir la pierre philosophale ou un machin dans le genre. Il me tirait du merdier, et déjà, c'était cool.

    Une fois assis, il me raconte son histoire. Ça semblait tellement fondamental que même la greluche est restée pour entendre le topo.

    Un pote à lui, agrégé de lettres modernes était sur le point d'inventer une machine incroyable, plus que révolutionnaire. Un ordinateur voué à une seule fonction : écrire des poèmes.

    La greluche me demanda pourquoi une telle blague m'intéressait. « Moi aussi j'écris des poèmes ». Elle explosa du rire le plus ironique et vexant qu'elle pût, nous traita de cinglés, ou de je sais pas quoi de plus djeun's et nous quitta pour aller se faire percer les tétons ailleurs.

    « Je te jure, c'est incroyable ! Mon ami en est à la fin de la programmation ; faut absolument que tu voies ça, j'ai rendez-vous dans vingt minutes, tu viens ? »

    C'est comme ça que je me suis retrouvé chez Ludwig. Un génie, un vrai, plus siphonné que Louis II de Bavière, et aussi grand, aussi classe, bref, aristocratique, avec une chevelure philosophique à refiler des orgasmes à toutes ses élèves, rien qu'en les regardant. Pour couronner le tout il nous accueillit comme des ambassadeurs : thé, café, vin, whisky, armagnac, cognac, petits gâteaux; y avait qu'à se servir. Ça doit bien payer prof agrégé.

    Sa bibliothèque était un émerveillement. Rien à jeter. Et des belles collections avec ça ! Intégrale d'Artaud, de Céline, Fante, Miller, Hemingway, Dostoïevski, Egolf... Aucun bouquin ou auteur véritablement contestable, que du bon goût ! Des Pléiades, de l'édition originale. Pas un auteur un peu mineur ou sous estimé qui ne trouvât sa place dans ce panthéon : dès que je pensais à un titre, en cherchant bien, il y était, et classé par ordre alphabétique ! A la limite du flippant.

    Bref, on s'est assis sur ses fauteuils en cuir, faire connaissance en savourant du thé de Chine. Musicalement, c'était la même limonade: sa cédéthèque comportait tout ce qu'on doit entendre chez un homme de qualité. Gong, Magma, Zappa, Ferré, premiers albums des Têtes Raides, du Grunge, Nina Simone, Joy division... Étourdissant. Il nous mit du Satie, Gnossienne numéro 1 pour commencer (là je remerciai Dieu que ce type ne fût pas une femme parce que j'avais pas du tout prévu de tomber amoureux ces jours-ci).

    C'est Alien qui lança le sujet:

    « Alors, tu nous la montres ta merveille ?

    - Ah mais c'est encore la genèse là, je lui fais bouffer des poèmes, les périodes et les mouvements, et y reste un peu à coder au niveau de l'adaptabilité, l'intelligence artificielle si on peut dire, sans vouloir paraître ronflant. Je voudrai arriver à quelque chose proche des ordinateurs quantiques, qui considère le principe d'incertitude, au-delà du binaire quoi. »

    Sans se faire prier, il nous amena dans son bureau, presque aussi spacieux et confortable que le salon.

    Sur un grand plan de travail gisait une sorte de cadavre informatique éviscéré, intestins dehors, plein de fils hirsutes de partout, des barrettes de mémoires greffées dans toutes les directions et qui faisait plutôt figure de décharge que de machine révolutionnaire. Finalement ça avait bien la gueule d'un prototype tel qu'on se l'imagine. Il alluma le bazar.

    Je hasardai une question bête, profane, de noob :

    « Comment tu t'y prends pour lui faire ingurgiter tous ces textes ? Tu télécharges ? ça doit prendre des heures rien qu'à les dégoter sur le net !

    - Quand j'ai pas, oui, sinon je scanne ce que j'ai, il reconnaît les caractères et transcrit dans un langage informatique que j'ai créé pour lui. Pas besoin des œuvres complètes pour qu'il assimile la technique d'un poète et la mécanique de son écriture. Quelques textes bien choisis suffisent. »

    Tout dépend ce qu'il appelait "bien choisis", mais vu la tronche, je me suis dit qu'on pouvait lui faire confiance.

    « La semaine dernière j'ai fait Shakespeare, Byron, Blake, les tanka, haïku et senryû, Là j'ai fini Aloysuis Bertrand, Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud. Il me reste les modernes avec quelques Surréalistes, des Russes comme Tsvetaïeva... Les seules œuvres que j'ai tenu à injecter sans en omettre un vers sont l'Iliade et l'Odyssée, vu qu'on dit que tout est contenu dans Homère ! Enfin, j'ai bon espoir d'avoir achevé dans trois ou quatre jours. »

    Mais y avait encore rien à lire du plus grand poète de tous les temps, Ludwig refusait de lancer ne serait-ce que la composition d'un tout petit haïku de rien du tout tant qu'il avait pas fini ses études. Et puis il manquait aussi un peu de programmation. S'agissait d'être patient.

    Fin du jour I.

    Le lendemain c'est Ludwig qui m'appela directement, en début de soirée. Il me proposa un apéro et me dit qu'il a bien avancé, qu'il veut me faire voir quelque chose. Vu l'armoire à alcool, un apéro chez Ludwig ne se refuse qu'en cas d'hospitalisation ou de traitement aux antibios. Je dis oui.

    Les détails concernant l'adaptabilité ont été réglés. Le Programme Rimbaud (c'est le nom du projet, un peu nul selon moi, mais c'est un nom temporaire) est capable de remplir des grilles de mots fléchés, de mots croisés et de corriger des alexandrins boiteux, ou octosyllabes, ou n'importe quoi de métrique, sans perdre ni le sens, ni la beauté ni s'éloigner du style de l'auteur. Pour me le prouver, Ludwig scanna trois grilles de mots et en moins d'une minute, je vous jure! son monstre avait tout rentré, sans une erreur.

    Ludwig et moi on était comme des fous, enivrés, exaltés, on trinquait à son génie et aux futurs prix qu'il allait recevoir grâce à son abomination.

    Ensuite il est allé chercher sur mon blog quelques uns de mes sonnets aux vers claudiquant (je suis expert pour ça) et plus rapidement que va mon œil pour décider si une fille a un joli cul ou non, Frankenstein en souligna les maladresses. "Make correction" (pourquoi il a mis le nom de ses commandes en anglais ?) et voilà, paf, mes sonnets passent pour du Charles ou du Arthur sans mourir de honte devant la comparaison, du lait sur de la crème !

    J'avais l'impression de voir la naissance du machin qui nous reléguera tous au rang de fossile de stylo bille, la conception de la première bombe atomique littéraire, c'est angoissant et hyper excitant en même temps. On s'est grave pris au jeu, on a fait corriger tous mes poèmes, le résultat était effrayant de justesse. Je me sentais un rien vexé, mais bon c'est un ordinateur, bordel ! Normal qu'il soit plus malin que moi, y a pas à se mortifier : moi j'ai ma souffrance, lui c'est que des circuits imprimés, gorgés de fulgurances mathématiques.

    On a fêté la mort prochaine de tous les poètes et romanciers en torchant tout son armagnac. Puis une de ses élèves est passée chez lui, très sexy, jupette, bas et tout le tremblement. Ludwig voulait que je reste (pour quoi faire ??), mais d'une j'étais dans un tel état que j'aurais eu du mal à différencier les pieds de la table avec ceux, sous résilles, de la soubrette, et de deux, j'avais envie d'écrire sur la fin de la poésie, ça me semblait un thème valable. Je suis rentré chez moi composer une stupidité que j'ai pas sauvegardée.

    Fin du jour II.

    Gros trou noir.

    Fin du jour III

   DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNGGGG. Les banshees toutes ensemble un soir de victoire de l'OM sont plus supportables que ma sonnette. Nu et noir je vais voir qui ose.

    C'était Rachel. Punkette très mimi, bien qu'un peu surchargée, mais excitante, avec les " dents du bonheur " et une super bouche à imaginer des voyages maritimes, un bonheur de fellation, peut-être. Bref, elle était au bas de chez moi, toute pauvrette, avec son sourire à désarmer Tsahal.

    « Salut Ben, tu m'invites à manger ? »

    Ben voyons. Comment une jolie fille fait-elle pour transformer un mammouth en colombe ? En souriant, et en faisant pétiller ses yeux, avec des cils tout autour.

    « Monte. »

    On avait jamais baisé tous les deux, mais on s'était juré de le faire. En attendant on se bécotait parfois. Non, en fait, j'avais dit « un jour, on baisera PAS ensemble ». Voilà ce que j'avais dit. Je trouvais ça subtil, plein de sous-entendus. Ça fonctionnait: on avait toujours pas baisé. En fait, elle écrivait aussi (à croire qu'on écrit tous au RADAR) et elle lisait beaucoup, avec une bonne vision de la chose. Un œil fiable en matière de poésies et de romans. Rachel avait même été publiée dans son adolescence pour des nouvelles super trashs.

    « Pfffff j'ai pas une thune, ma meilleure amie me fait des coups de pute dans le dos, et mon mec me fait même plus jouir... »

    C'était un peu Cosette, Rachel, avec plus d'amants que Catherine M. A dix-neuf ans elle connaissait la queue de plus de cent mecs, voire deux cents, le compte donnait le vertige : à raison d'un par semaine depuis ses quatorze ans, ça devenait vite prodigieux. Mais nous, on niquait « dans le cerveau », c'était son expression.

    En bouffant les trucs pas moisis qui se trouvaient dans mon frigo, je lui racontai le délire du moment, le "programme Rimbaud".

    Ça l'éclate. Elle veut absolument voir "ça", en vrai, parce que j'ai beau lui dire que c'est pas des conneries, que la machine existe VRAIMENT, ben c'est quand même plus crédible de visu. Je lui propose donc de venir avec moi, direct là, dès qu'on n'aura « pas baisé ensemble ». Elle se marre, veut bien aller voir, mais pas de suite, elle a un rencard, d'ailleurs merci beaucoup pour le repas, mais là elle doit filer.

    J'avais quatre messages de Ludwig sur mon tel. Tout était prêt. Limite fébrile je prends mon cuir, des clopes et un rouge pas dégueu (histoire de pas abuser de la gentillesse de mon hôte) et je trace direction le futur prix Nobel de Poésie, à inventer pour l'occasion.

    La machine avait fait des progrès. Pas qu'en poésie. Elle était plus présentable, plus ramassée, avec des caches sur les circuits. Et surtout, chose étonnante, elle possédait désormais un réservoir avec un liquide brunâtre à l'intérieur. Ludwig semblait s'être shooté avec toute la coke disponible sur Avignon. Ses yeux turgescents manifestaient le désir d'exploser.

    « Alors, que je demande ?

    - Assieds-toi. »

    Je m'assieds.

    « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps, peux-tu composer un pentasyllabe sur... » Ludwig me lance un regard qui appelle à la rescousse, mais comme je bronche pas, il enchaîne « ...sur la fuite du temps... »

    Je relève :

    « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps ? »

    La façon dont son regard effaré vient se planter dans mon ironie me fait comprendre que c'est pas le moment de la ramener. Je patiente.

    Deux minutes de crissement de silice et de GRRR GRRRR mécaniques plus tard (le liquide est un peu descendu aussi) et Le Plus Grand Poètes De Tous Les Temps déclame un pentasyllabe sur la fuite du temps.

    C'est tellement beau et poignant que Ludwig et moi on chiale comme des gosses à qui on a retiré leurs cadeaux de Noël. Sans déconner, Leopardi et son " Infinito " à côté, c'est une blague Carambar écrite sous amphétamine. On refait l'expérience trois ou quatre fois, sur des thèmes différents, et ça loupe pas, Le Plus Grand Poète de Tous Les Temps nous met sur les genoux.

    « C'est quoi le réservoir ? Du jus de Muse ?

    - Oui je bois ET ALORS !!!??? »

    J'en reste coi. Ludwig est complètement dépassé. Il m'emmène à côté pour parler seuls à seuls.

    Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps voulait une petite nana. D'après Ludwig, il avait compris que nous les êtres humains on faisait de la poésie juste pour ça, donc y avait pas de raison, lui aussi il en voulait une.

    Je rassure Ludwig, j'en ai une sous la main, Rachel fera parfaitement l'affaire. Je lui envoie un texto. Elle va venir.

    Ludwig, Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps et moi on a discuté une bonne heure, en tombant deux portos, avant que Rachel n'arrive. Le Plus Grand Poètes De Tous Les Temps hachait les mots comme tous les programmes avec une fonctionnalité vocale, mais ça restait supportable dans le dialogue.

    Une fois avec elle, Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps réclama de rester un peu seul, sans nous deux. Ce qui se comprend. On est allé se tasser à côté. Pendant un bon moment, on a devisé sur le futur, sur les monumentales intrications philosophiques qu'une telle invention causerait sur le devenir de l'homme. Sur la pensée, la conscience, l'art, l'argent, et putain! Y avait de quoi attraper le tournis ! D'ailleurs Ludwig était tout à fait saoul, il tenait à peine ses coudes sur ses genoux. Ce qui nous a fait réagir ressemblait aux râles de quelqu'un qu'on étouffe.

    Dans le bureau, Rachel était à demi nue, en train de se pignoler sans retenue dans la lumière glauque et lubrique de l'écran du Plus Grand Poète De Tous Les Temps. Lui, il susurrait des trucs pornos que j'aurais pas osé écrire, et à peine dire à une femme. Rachel n'arrêtait jamais, comme si elle ne parvenait pas à jouir mais qu'elle ne contrôlait plus ni sa main, ni son désir de se l'enfourner dans ses deux orifices contigus.

    Un peu gêné de troubler cette intimité, je m'avançai vers Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps. J'avais l'impression qu'il voulait me dire une chose. Ludwig ronflait maintenant à angle droit avec le mur du bureau et le plancher.

    Sur l'écran du Plus Grand Poète De Tous Les Temps clignotaient ces mots de détresse:

    « J'ai pas de queue ni d'organe pour la toucher ! Fais quelque chose ! »

    Alors j'ai fait quelque chose. Bien sûr je devais baiser Rachel. La pauvre. Et le pauvre, de voir ça. D'être impuissant. Mais j'avais promis. Un jour on ne « baiserait pas ensemble ».

    J'ai pris le réservoir et je l'ai vidé sur ses CPUs. J'ai déchiré et arraché tous les fils que je pouvais et balancé la tour par la fenêtre.

    Rachel dormait maintenant, sèche, le corps tout entier tordu comme celui des pires suppliciés de l'Enfer, décrits dans la Divine Comédie. Ludwig ronflait toujours.

    Sur l'écran, qui s'éteignait faiblement, était affiché, en rémanence :

    « Merci. »

    Fin du jour IV et fin du Plus Grand Poète De Tous Les Temps.


 
« Modifié: 16 Mai 2012 à 12:09:16 par Néon »
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #1 le: 14 Mai 2012 à 19:20:51 »
Le truc le plus dingue qui me soit jamais arrivé a débuté par la situation la plus banale possible : j'étais en terrasse du RADAR en train de me faire rembarrer par une petite nana avec qui j'y allais trop fort dans le "rentre-dedans". C'était une après-midi au temps indéterminé, y avait peut-être bien du vent. Y a toujours du vent "en" Avignon.
Pourquoi tu mets pas d'apostrophe entre y et a ?

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Pas un auteur un peu mineur ou sous-estimé qui ne trouvât sa place dans ce panthéon :

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    Sur un grand plan de travail gisait une sorte de cadavre informatique éviscéré, intestins dehors, plein de fils hirsutes de partout, des barrettes de mémoire greffées dans toutes les directions et qui faisaient plutôt figure de décharge que de machine révolutionnaire.

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    « La semaine dernière, j'ai fait Shakespeare, Byron, Blake, les tanka, haïku et senryû. Là j'ai fini Aloysuis Bertrand, Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud.

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Le Programme Rimbaud (c'est le nom du projet, un peu nul selon moi, mais c'est un nom temporaire) est capable de remplir des grilles de mots fléchés, de mots croisés et de corriger des alexandrins boiteux, ou octosyllabes, ou n'importe quoi de métrique, sans perdre ni le sens, ni la beauté ni s'éloigner du style de l'auteur. Pour me le prouver, Ludwig scanna trois grilles de mots et en moins d'une minute, je vous jure ! Son monstre avait tout rentré, sans une erreur.

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    Ensuite, il est allé chercher sur mon blog quelques-uns de mes sonnets aux vers claudiquant (je suis expert pour ça)

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Ludwig voulait que je reste (pour quoi faire ??), mais d'une j'étais dans un tel état que j'aurais eu du mal à différencier les pieds de la table avec ceux, sous résilles, de la soubrette, et de deux, j'avais envie d'écrire sur la fin de la poésie, ça me semblait un thème valable.


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En attendant, on se bécotait parfois.


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    C'était un peu Cosette, Rachel, avec plus d'amants que Catherine M. A dix-neuf ans elle connaissait la queue de plus de cent mecs, voire deux cents, le compte donnait le vertige : à raison d'un par semaine depuis ses quatorze ans, ça devenait vite prodigieux.

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Je lui propose donc de venir avec moi, direct là, dès qu'on aura « pas baisé ensemble ».

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D'ailleurs, Ludwig était tout à fait saoul, il tenait à peine ses coudes sur ses genoux.

En rouge : les phrases longues
Souligné :
mes corrections

Bon alors excuse-moi d'avance pour les propos qui vont suivre :S
Je n'ai pas du tout aimé l'histoire : cette histoire de programme et du cul un peu partout...
Je n'aime pas non plus le style dont c'est raconté ; par exemple : il mange pas (sans les négations), mais aussi ces mots vulgaires et familiers tout au long du texte.
Et encore, je n'aime pas non plus la façon dont c'est écrit : les lettres capitales ou les : ?? ??!!!!!!, par exemple...
Bon, tout est affaire de gout aussi ^^
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #2 le: 14 Mai 2012 à 22:38:53 »
Alors, déjà -contrairement à ton personnage, visiblement- je trouve que le titre est très cool. Bien choisi, et tout.

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Il me proposa un apéro et me dit qu'il a bien avancé, qu'il veut me faire voir quelque chose
.

Il y a deux ou trois passages comme ça où le mélange passé/présent m'a fait tiquer, c'est dommage, ça enlève de la fluidité au texte.

Sinon, je trouve que les descriptions des personnages sont vraiment bien faite. Ils sont très vivants, attachants, même. Genre, le prof, on saisit tout de suite le personnage. La pin-up du début aussi, même si elle est un peu accessoire.

Je suis pas complètement convaincue par les "fin du jour n". Je trouve que ça ne vient pas vraiment naturellement, j'aurais plus vu, dès le début "jour I", puis le texte. Là, ça donne l'impression d'un raccourci pour dire que la journée est finie. Je suis pas sûre d'être claire, mais en gros, je trouve que ça donne un côté bâclé.

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C'est quoi le réservoir ? Du jus de Muse ?
Ça, ça m'a fait sourire, l'image est sympa. J'ai trouvé que ça annonçait en douceur la suite un peu fantastique du récit.

Donc, sur le fond, l'idée de coder les poésies, j'ai trouvé ça original, et -curieusement- poétique. Mais elle est un peu éclipsée par les personnages, j'ai trouvé. Je sais pas si c'est dommage, parce d'un côté ça évite l'effet "j'ai une idée sympa et j'invente une histoire autour juste pour meubler".
Le côté cru ne m'a pas gênée plus que ça, bien que ce ne soit pas vraiment mon truc.

Bref, j'ai un avis mitigé : c'est agréable à lire, distrayant, mais je n'étais pas non plus transportée.

Voilà, j'espère que mon commentaire te sera utile, merci de cette lecture  :)
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Hors ligne Néon

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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #3 le: 15 Mai 2012 à 16:27:15 »
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    Il me proposa un apéro et me dit qu'il a bien avancé, qu'il veut me faire voir quelque chose.

Il y a deux ou trois passages comme ça où le mélange passé/présent m'a fait tiquer, c'est dommage, ça enlève de la fluidité au texte.

Exact, comme je le disais en préambule, c'était une de mes premières nouvelles - la quatrième je crois- et à trop jouer avec les temps pour donner du rythme à l'action, je me suis parfois un peu perdu, merci de l'avoir relevé. Pour le titre, c'est juste une blague, un pied de nez du narrateur à l'auteur, bien sûr qu'il me plaît (mais il a un côté ronflant, c'est ce que veut dire le narrateur) : à l'époque je cherchais des titres qui m'offriraient un bon référencement google, et ça fonctionne.

Pour le "Fin du jour X", j'y tiens, d'abord parce que ça donne un tour dramatique à la chose, ça fait comprendre qu'on verse dans une sorte de tragédie, et puis ça permet la dernière ligne, cruciale pour moi : "fin du plus grand poète de tous les temps". Si je mettais "jour 1" etc, ça rendrait pas le même effet je pense...

Pour Narbot : oui, je copie colle, simplement.

Pour Coline : je sais pas trop quoi te dire, certaines fautes que tu relèves sont à corriger, effectivement. Pour le reste, je crois que tu as une vision très figée, presque scolaire, de l'écriture. Tu n'aimes pas les phrases trop longues, moi j'aime alterner les envolées, ou les descriptions embrassées d'un regard circulaire avec des phrases très courtes, sèches, comme orales, je trouve que ça donne du rythme. Et puis bon, tu n'aimes pas l'histoire, ni le style parfois un peu trash, je pense donc que tu n'aimerais pas mes autres nouvelles, mêmes celles écrites sur un ton différent, mais je peux me tromper (d'ailleurs, tiens, du coup, je serais curieux de voir ce que tu penserais des autres nouvelles que j'ai postées ici, comme "Un conte de Fée" ou "Errance esthétique d'un petit barbare", plus encore sur Errance que sur le Conte, d'ailleurs. Bref, ne te sens pas obligée.). Merci d'avoir lu en tous cas.

Bon et puis merci à vous trois parce que, grâce à vous, je viens de terminer la réécriture de ce Programme Rimbaud, et d'habitude c'est vraiment un exercice qui me déplaît, la réécriture, mais comme je le disais au début, j'aime l'idée de ce texte, il lui fallait un corps plus solide. Voilà qui est peut-être fait.
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Hors ligne colinep11

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Re : Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #4 le: 15 Mai 2012 à 16:56:22 »
Pour Coline : je sais pas trop quoi te dire, certaines fautes que tu relèves sont à corriger, effectivement. Pour le reste, je crois que tu as une vision très figée, presque scolaire, de l'écriture. Tu n'aimes pas les phrases trop longues, moi j'aime alterner les envolées, ou les descriptions embrassées d'un regard circulaire avec des phrases très courtes, sèches, comme orales, je trouve que ça donne du rythme. Et puis bon, tu n'aimes pas l'histoire, ni le style parfois un peu trash, je pense donc que tu n'aimerais pas mes autres nouvelles, mêmes celles écrites sur un ton différent, mais je peux me tromper (d'ailleurs, tiens, du coup, je serais curieux de voir ce que tu penserais des autres nouvelles que j'ai postées ici, comme "Un conte de Fée" ou "Errance esthétique d'un petit barbare", plus encore sur Errance que sur le Conte, d'ailleurs. Bref, ne te sens pas obligée.). Merci d'avoir lu en tous cas.

Bon et puis merci à vous trois

Beenn je trouve, que quand les phrases sont longues on s'essouffle ; comme si on lisait à haute voix et qu'on devait finir de lire la phrase avant de pouvoir inspirer à nouveau. Enfin, je pense que c'est une histoire de gout et d'autres te diront que c'est un bon style et tout ^^
J'irais lire & je te donnerais mon avis & aussi, de rien :)
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #5 le: 15 Mai 2012 à 18:26:20 »
                                                                                Le Programme Rimbaud

 
  Le truc le plus dingue qui me soit jamais arrivé a débuté par la situation la plus banale possible : j'étais en terrasse du RADAR, à me faire rembarrer par une petite nana avec qui j'y allais un peu fort dans le « rentre-dedans ». C'était une après-midi au temps indéterminé, peut-être bien qu'il y avait du vent ; il y a toujours du vent « en » Avignon.

  Donc, pendant que selon certains critères je me ridiculisais avec une pimbêche trop fière, je vis arriver Alien, un autre écrivain-poète du RADAR, lui aussi totalement chtraqué. Ses yeux de zombi insomniaque, enfoncés très loin dans ses orbites donnaient l'impression que ses mâchoires, toutes dents dehors, allaient fondre sur vous ; ça lui donnait vraiment une gueule d'Alien. C'était pas très sympa de l'appeler comme ça, mais il le prenait pas mal.

  « Ah ! Ben, j'te cherchais ! » qu'il me fait, à dix pas, en fonçant sur nous, la table, la pimbêche et moi. Il affiche un sourire abominable. On s'attend, la fille et moi, à ce que des vers luisants et des scarabées crevés s'échappent de sa bouche, pour en fuir.

  En tout cas, il a l'air super content, ravi de me trouver ; je sais pas encore pour quoi, mais je crains que ça soit vraiment débile. S'il avait découvert la pierre philosophale, il paraîtrait pas plus exalté. Bon, quoi qu'il en soit, il me tirait du merdier, et ça, c'était cool.

  Il me salue, inflige à Pimbêche son sourire à refiler des boutons aux spectres de la nuit, et s'assied. Direct, il raconte son histoire. L'affaire semblait si capitale que même Greluche est restée pour entendre le topo.

  Un de ses potes, un agrégé de Lettres Modernes, qui était également une pointure en informatique et en électronique, était à deux doigts de mettre au point une machine absolument sidérante, un programme en fait, dévolu à une seule tâche : écrire des poèmes. Oui oui : écrire des poèmes. Ça c'est de la révolution ! Steeve Jobs aurait plus qu'à vendre des cartes postales musicales au marché de Noël.

  Un ange mécanique passe.

  Je suis songeur, dubitatif mais songeur, parce que je sais qu'Alien est pas vraiment un blagueur dans l'âme. Je plaisante un peu, mais Alien me resitue immédiatement. C'est pas de la farce, il y croit vraiment, le mec.

  Crouic crouic, l'ange mécanique repasse.

  Pimbluche, qui jusque là me prenait juste pour un gros lourdeau, mais pas pour un débile, me demande pourquoi ça m'intéresse une telle connerie. « Moi aussi j'écris des poèmes. ». Elle explose de rire, un rire comme un couperet, ironique et méchant, nous traite de cinglés -ou de je sais plus quoi de plus « djeun's »- et puis se tire pour aller se faire percer les tétons ailleurs.

  « Je te jure, c'est incroyable ! Mon ami est à la fin de la programmation, faut vraiment que tu voies ça ! J'ai rendez-vous dans vingt minutes, tu viens avec moi ? »

  C'est comme ça que je me suis retrouvé chez Ludwig. Ludwig est un génie, un vrai, plus siphonné que Louis II de Bavière, aussi grand, aussi classe, bref, un aristocrate. Sa fougueuse chevelure philosophique devait refiler des orgasmes à toutes ses élèves rien qu'en scintillant sous les néons. Et il nous accueille comme des ambassadeurs : thé, café, vin, whisky, cognac, armagnac, petits gâteaux, y avait qu'à se servir. Ça doit bien payer, prof agrégé.

  Sa bibliothèque était un émerveillement. Rien à jeter. Et des belles collections avec ça ! Intégrale d'Artaud, de Céline, Fante, Miller, Hemingway, Dostoïevski ! Aucun bouquin ou auteur vraiment contestable, que du bon goût ! Des Pléiades, des éditions originales ! Et rien ne manquait, même parmi les plus récents ou les moins estimés : les Claude Lepetit, les Rictus, les Tool, les Egolf, tous trouvaient leur place dans ce panthéon. Dès que je pensais à un titre, en cherchant bien, je le trouvais, et classé par ordre alphabétique ! À la limite du flippant.

  Donc voilà, on était comme des pachas, comme des princes, chez l'esprit le plus cultivé de la ville, dans ses fauteuils en cuir, à faire connaissance en savourant du thé de Chine. J'étais sous le charme. À main gauche, j'avais vue sur sa cédéthèque. C'était la même limonade. Tout ce qu'on imagine entendre chez un homme de qualité attendait là, bien rangé, dans un joli meuble en noyer. J'avais jamais vu ça. Gong, Magma, Zappa, Janis Joplin, Nina Simone, Bowie, Nick Cave, Joy division, tout le Grunge, Ferré, Thiéfaine, Noir Désir, Têtes Raides... impossible de tout relever. Étourdissant. D'un autre meuble, celui dédié au Classique, il tira un cd de Satie. Gnossienne numéro 1, pour commencer. Je remerciai Dieu que ce type ne fût pas une femme : j'avais pas prévu de tomber amoureux ces jours-ci.
 
  C'est Alien qui lança le sujet :

  « Alors, tu nous la montres ta merveille ? »

  Sans se faire prier, Prince Ludwig nous amena dans son bureau, presque aussi spacieux que le salon, mais dans un état de bordel digne d'un garage automobile.

  Sur un grand plan de travail gisait une sorte de cadavre informatique éviscéré, tous intestins dehors, plein de fils hirsutes de partout, des barrettes de mémoire greffées dans toutes les directions, et qui faisait plutôt figure de décharge que de machine révolutionnaire. Finalement, ce truc avait bien la gueule d'un prototype. Il alluma le bazar.

  « Mais bon, c'est encore la genèse, là. J'en suis à lui faire avaler des pages et des pages de poèmes, les périodes, les mouvements ; il me reste encore à coder au niveau de l'adaptabilité, de son intelligence artificielle, quoi. Je voudrai arriver à quelque chose de proche des ordinateurs quantiques, qui dépasse le binaire, qui considère le principe d'incertitude. »

  La machine s'ébranlait. Elle semblait mâchonner des graviers en crachant de petits flashs bleus, verts, jaunes... ça prenait du temps.

  Je hasardai une question un peu terre-à-terre, à des kilomètres de ses problèmes quantiques :

  « Comment tu t'y prends pour lui faire bouffer tous ces textes ? Tu télécharges ? Ça doit prendre des heures, rien qu'à les dégoter sur le net...

  - Quand j'ai pas, oui, sinon je scanne ce que j'ai. Il reconnaît les caractères et retranscrit dans un langage spécial que j'ai créé pour lui. Mais le truc, c'est qu'il y a pas besoin des œuvres complètes pour qu'il assimile la technique d'un poète et la mécanique de son écriture. Quelques textes bien choisis suffisent. »

  Le terme « bien choisis » m'aurait fait tiquer dans la bouche de n'importe qui d'autre, mais là, vu la tronche qu'était ce bonhomme, je me suis dit qu'on pouvait lui faire confiance.

  « La semaine dernière, j'ai fait Shakespeare, Byron, Blake, des tankas, haïkus et senryû. Là, je viens de finir Aloysius Bertand, Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud. Il me reste les modernes avec quelques Surréalistes, des Russes comme Tsvetaïeva... Les seules œuvres que j'ai tenu à injecter en intégralité sont l'Iliade et l'Odyssée, parce qu'on dit que tout est contenu dans Homère. Enfin, j'ai espoir d'avoir terminé dans trois ou quatre jours. »

  Dommage. Il n'y avait donc encore rien à lire du plus grand poète de tous les temps. Ludwig refusait de tenter ne serait-ce que la composition d'un tout petit haïku de rien du tout. Ce cher petit devait finir ses études. Et puis il manquait aussi un peu de programmation. Bon. S'agissait d'être patient.

  Fin du jour I.

  Le lendemain, c'est Ludwig qui m'appela directement, dès le début de soirée. Il m'offrit de venir boire l'apéro chez lui. Il avait bien avancé, et voulait me faire voir quelque chose. Quand on connaît l'armoire à alcool de Ludwig, refuser un apéro là-bas est le genre d'acte capable de nous hanter pendant des semaines. Et puis je voulais voir les avancées du monstre.

  Les détails concernant « l'adaptabilité » ont été réglés. Le Programme Rimbaud (c'était le nom du projet, un peu nul selon moi, mais c'était un nom temporaire) était maintenant capable de remplir des grilles de mots fléchés, de mots croisés, ainsi que de corriger des alexandrins boiteux, ou octosyllabes, ou de n'importe quoi de métrique sans perdre ni le sens, ni la beauté, ni s'éloigner du style de l'auteur. Ludwig scanna trois grilles de mots et en moins d'une minute -je vous jure ! son monstre avait tout rentré, sans la moindre erreur.

  Ludwig et moi, on était comme fous, enivrés au plus haut point, limite hystériques. On trinqua à son génie et aux futurs prix qu'il allait recevoir grâce à son abomination.

  Ensuite, il est allé chercher sur mon blog quelques sonnets aux vers claudiquants (je suis très fort pour ça) et plus rapidement que va mon œil pour décider si une fille a un joli cul ou non, Frankenstein en souligna les maladresses. « Make correction ? » « Yes », et voilà que mes sonnets passaient pour du Charles ou du Arthur, ou ne mourraient pas de honte devant la comparaison : du lait sur de la crème !

  J'avais l'impression de voir la naissance du machin qui nous reléguerait tous au rang de fossile de stylo bille, l'avènement de la première bombe atomique littéraire, et que plus rien ne pourrait être comme avant. C'était aussi angoissant qu'excitant. On s'est grave pris au jeu, on a fait corriger presque tous mes poèmes, et le résultat fut effrayant de justesse. Je me sentais quand même un peu vexé. Mais bon, merde ! C'est un ordinateur, bordel ! Normal qu'il soit plus malin que moi, y avait pas à se mortifier : moi j'ai mes états d'âme, ma souffrance d'humain, lui c'est qu'un amas de circuits imprimés gorgé de fulgurances mathématiques.

  Il ne nous restait plus qu'à fêter la mort prochaine et annoncée de tous les poètes et romanciers. C'est ce qu'on a fait, en torchant le cognac et l'armagnac. Puis une des élèves de Ludwig est arrivée. Le genre à me donner envie de passer l'agrégation. Fine, sexy, en jupette, bas et tout le tremblement. Ludwig insista pour que je reste, mais je voyais vraiment pas pourquoi, et même en faisant un effort d'imagination, je trouvais que ça faisait bien trop d'émotions pour un seul soir. Et J'avais envie d'écrire sur la fin de la poésie, ça me semblait un thème valable. Une fois chez moi, j'ai essayé. Ça donnait rien. J'ai jeté.

  Fin du jour II

  Gros trou noir.

  Fin du jour III.

  DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNGGGG ! Toutes les banshees du monde, réunies au stade Vélodrome un soir de victoire de l'OM sont plus supportables que ma sonnette. Surtout avec une telle gueule de bois. Nu et noir, je passai ma tête à la fenêtre. Qui ose ?

  C'était Rachel. Une punkette très mimi, bien qu'un peu surchargée, mais excitante, avec les « dents du bonheur » et une bouche à inviter aux plus beaux voyages maritimes, un bonheur de fellation, peut-être. Bref, elle était au bas de chez moi, avec son sourire à interrompre net une guerre mondiale.

  « Salut Ben ! Tu m'invites à manger ? »

  Ben voyons. C'est le coup de la princesse qui en embrassant le vilain crapaud le transforme en prince charmant. Son sourire, ses yeux qui pastillent avec des cils tout autour...

  « Monte... »

  On avait jamais couché ensemble, mais on s'était jurés de le faire. En attendent, il arrivait qu'on se bécote. Non, en fait, je lui avais dit : « Un jour, on baisera PAS ensemble ». Voilà ce que j'avais dit. Je trouvais ça subtil, prometteur. Et ça fonctionnait : on avait toujours pas baisé. En fait, elle écrivait aussi (à croire qu'on écrit tous au RADAR), et lisait beaucoup, avec une bonne vision de la chose. Un regard assez fiable en matière de poésies et de romans. Rachel avait même été publiée dans son adolescence pour des nouvelles super trashs.

  « Heureusement que je peux compter sur des gens comme toi en ce moment ! J'ai pas une thune, ma meilleure amie me fait de vrais coups de pute et mon mec arrive même plus à me faire jouir... »

  Rachel, c'était un peu Cosette, mais croisée avec Catherine M. À dix neuf ans, elle connaissait la queue de plus de cent mecs, voire deux cents : le compte donnait le vertige. À raison de deux par mois depuis ses quinze ans, ça devenait vite prodigieux. Mais nous, on niquait « dans le cerveau », c'était son expression.

  Tout en bouffant les trucs pas moisis de mon frigo, je lui racontai le phénomène du moment : Le Programme Rimbaud.
 
  Ça l'éclatait cette idée. Elle voulait absolument voir ça. En vrai, parce que j'avais beau lui assurer que c'était pas des conneries, que la machine existait VRAIMENT, lui décrire le genre de bonhomme génial qu'était Ludwig, même si je paraissais sérieux et convaincu, c'est pas le genre de trucs qu'on peut croire sur parole. Aucun soucis, je lui offris de venir avec moi, là, dessuite, dès qu'on aura « pas baisé ensemble ». Elle se marre, a bien envie de voir cette chose, mais pas maintenant, elle a un rencard, d'ailleurs merci pour le repas, mais là elle doit filer.

  J'avais quatre messages de Ludwig sur mon tél. Tout était prêt. Fébrile, je prends mon cuir, des clopes et un rouge pas dégueu (histoire de pas abuser de la gentillesse de mon hôte) et je trace en direction du futur -et perpétuel- Prix Nobel de Poésie, qu'il allait falloir inventer pour l'occasion.

  La machine avait fait des progrès. Et pas qu'en poésie ! Elle était maintenant présentable, plus ramassée, avec des caches sur les circuits ; tout cela était plus digne de l'engin. Surtout, chose étonnante, elle possédait désormais une sorte de réservoir avec un liquide brunâtre à l'intérieur. Ludwig avait dû sniffer toute la coke d'Avignon : ses yeux turgescents, rouges, fous, menaçaient d'exploser et de rouler par terre à tout instant.

  « Alors, que je demande ?

  -Assieds-toi. »

  Je m'assieds.

  « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps, peux-tu, s'il te plaît, composer un pentasyllabe sur... » Ludwig me jette un regard qui appelle à l'aide, mais je bronche pas, absorbé par la scène, alors il enchaîne comme il peut : « … sur la fuite du temps. »

  Je relève :

  « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps ? »

  La façon avec laquelle Ludwig plante ses yeux injectés de sang dans les miens, sabre mon ironie de sa gravité, me fait comprendre que c'est pas le moment de la ramener. Ok. Je ferme ma gueule. Je patiente.

  Deux minutes de crissement de silice et de GRRRR GRRRR mécaniques plus tard (je note que le liquide est un peu descendu aussi...), Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps déclame son pentasyllabe sur la fuite du temps.

  C'est tellement poignant, tellement juste, plein de détresse et de contemplation poétique que Ludwig et moi on chiale comme des gosses à qui on a retiré leurs cadeaux de Noël. Sans déconner, Leopardi et son Infinito, à coté, ça fait figure de déprime adolescente écrite en descente d'amphétamine. Je nous sers deux verres à ras-bord de rouge, pour encaisser le coup. On refait l'expérience trois ou quatre fois, sur des thèmes différents, et ça loupe pas, Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps nous fout sur les genoux. Je suis scié, j'essaie de reprendre mes esprits, de comprendre.

  « C'est quoi le réservoir ? du jus de Muse ?

  - Oui, je bois, ET ALORS !? »

  J'en reste coi. Pétrifié. Ludwig est complètement dépassé. Il m'emmène dans la pièce d'à côté.

  Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps voulait une petite nana. Pour lui. D'après Ludwig, il avait compris que nous, les êtres humains, on écrivait de la poésie juste pour ça, donc qu'il n'y avait pas raison : lui aussi y avait droit.

  Je repense à Rachel. Elle fera parfaitement l'affaire. J'en informe Ludwig. Le pauvre est plus capable de prendre une seule décision. Je prends les choses en main. Va pour Rachel.

  Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps, Ludwig et moi, on a discuté une bonne heure en tombant deux portos avant que Rachel arrive. Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps avait cette diction hachée qu'ont tous les programmes avec fonction vocale, mais ça restait supportable dans le dialogue.

  Une fois avec Rachel, Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps exigea qu'on les laissât seuls à seuls, tous les deux. Ce que je comprenais. L'inventeur et moi, sommes allés se tasser dans une autre pièce. Pendant un long moment, on a devisé sur le futur, sur les monumentales intrications philosophiques qu'une telle invention causerait sur le devenir de l'Homme. Sur la pensée, la conscience, l'Art, ou même l'argent -et putain ! y avait de quoi choper le tournis. D'ailleurs, Ludwig était tout à fait saoul, il maintenait à grand peine ses coudes sur ses genoux. Ce qui nous fit réagir ressemblait aux râles de quelqu'un qu'on étouffe.

  Dans le bureau, Rachel était à demi nue, en train de se pignoler férocement dans la lumière glauque et lubrique du Plus Grand Poète De Tous Les Temps. Lui, il gueulait des trucs pornos que j'aurais jamais osé écrire, et à peine dire tout bas à l'oreille d'une femme. Rachel n'arrêtait jamais, frénétique, comme s'il lui était impossible d'aller jusqu'à l'orgasme, mais que, possédée, elle ne se contrôlait plus. Tendue comme un arc, elle enfournait les doigts de sa main droite dans ses deux orifices contigus alors que sa langue léchait ceux de sa main gauche. C'était d'une violence sexuelle proprement effarante.

  Un peu gêné de troubler cette intimité, je m'avançai tout de même vers Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps parce que j'avais l'impression qu'il voulait me dire quelque chose. C'était plus fort que moi. Ludwig ronflait maintenant, son corps avait glissé, formant un angle droit entre le mur et le bureau.

  Sur l'écran crépitant du Plus Grand Poète De Tous Les Temps clignotaient ces mots de détresse :

  « Fais quelque chose ! J'ai pas de queue, pas d'organe pour la toucher ! Fais quelque chose, je t'en prie ! »

  Alors j'ai fait quelque chose. Bien sûr, Rachel avait besoin d'aide, une aide organique, humaine, j'avais un peu pitié d'elle. Mais j'avais encore plus pitié de lui, l'impuissant, je voulais pas lui infliger de voir ça. Je ne pense pas que c'était ce qu'il souhaitait. Et puis, j'avais une parole à tenir vis-à-vis de Rachel : un jour « on ne baiserait pas ensemble ».

  J'ai soulevé tous les caches, retiré le réservoir et l'ai vidé sur les puces, sur les circuits, j'ai arraché et déchiré tous les fils que j'ai pu, et j'ai balancé la tour par la fenêtre. Ça fumait, ça puait le plomb et le plastique fondu.

  Rachel dormait maintenant. Sèche. Affalée. Encore un peu tordue par le supplice qu'elle venait d'endurer, un supplice de luxure digne de la Divine Comédie. Ludwig ronflait très fort.

  Sur l'écran, qui s'éteignait lentement, était affiché, en rémanence :

  « Merci mon pote. »

  Fin du jour IV et du Plus Grand Poète De Tous Les Temps.
« Modifié: 18 Mai 2012 à 16:11:27 par Néon »
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Re : Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle)
« Réponse #6 le: 16 Mai 2012 à 11:02:04 »
Citer
S'il avait découvert la pierre philosophale, il paraîtrait pas plus exalté. Bon, quoi qu'il en soit, il me tirait du merdier, et ça, c'était cool.
je trouve la transition pas naturelle du tout avec ce "bon, quoi qu'il en soit". Surtout le "bon" en fait.

Citer
  C'est pas la farce, il y croit vraiment, le mec.
là aussi ça me fait bizarre, à moins que ça soit une expression que je ne connais pas "c'est pas la farce"

 
Citer
Là, je viens de finir Aloysuis Bertand,
Aloysius

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  c'ést pas le genre de trucs qu'on peut croire sur parole.
c'est

Citer
  « Alors, que je demande ?
un problème de ponctu, je pense

  xD spécial comme texte ! Mais il ne m'a pas déplu, juste la fin un peu brutale, qui part un peu en live mais j'aime bien son aspect cynique. Par contre, faut vraiment que tu précises dans "'l'intro" et dans le titre que y a un contenu explicite vu qu'on a quand même des gamines de 12 ans sur ce forum !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Anlor

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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #7 le: 16 Mai 2012 à 12:30:43 »
Bon, je ne sais pas si je vais réussir à faire un commentaire très constructif ; j'ai eu un peu de mal à me faire un avis sur ton texte dans la mesure où je l'ai trouvé plutôt chouette tant dans l'idée que dans son traitement mais qu'à la fin, je pouvais pas m'empêcher de penser qu'il manquait quelque chose, qu'un truc allait pas. En y réfléchissant, je crois que c'est comme Ernya : la fin, trop abrupt. Tu nous faire suivre toute l'élaboration de la machine jours après jours et puis d'un coup y a la nana qui débarque et on a l'impression que dès ce moment, tu veux arriver à la fin le plus vite possible. Le lecteur, il est pas débile, quand tu lui présentes Rachel comme la nana bonasse (tiens, le correcteur orthographique connait "bonasse") qu'il ne faut PAS baiser, ben il se dit tout de suite qu'il va y avoir un truc elle/la machine/le narrateur. Du coup je pense qu'il faudrait que tu essaies d'amener la fin un peu plus doucement, qu'on aie le temps de zapper un peu la fille et que tu trouves le moyen de rendre la scène finale plus intense. Jveux dire, on ne ressent pas très bien la tension entre Rachel et la machine, ni vraiment la violence du narrateur quand il arrache tous les fils ; je crois que c'est parce que c'est trop court, mais c'est peut-être pas le problème.

Dans le détail (un peu) :
chtraqué
j'veux bien que t'augmentes mon vocabulaire d'argot sur ce coup là


  Crouic crouic, l'ange mécanique repasse.
:mrgreen: (ouais, ce genre de trucs débiles ça m'fait rigoler)

  Sa bibliothèque était un émerveillement. Rien à jeter. Et des belles collections avec ça ! Intégrale d'Artaud, de Céline, Fante, Miller, Hemingway, Dostoïevski ! Aucun bouquin ou auteur vraiment contestable, que du bon goût ! Des Pléiades, des éditions originales !
un peu trop d'exclamatives peut-être ?

D'un autre meuble, celui dédié au Classique, il tira un cd de Satie. Gnossienne numéro 1, pour commencer.
C'est marrant, j'aurais pas du tout vu ça comme musique d'ambiance à ton texte.

Le Programme Rimbaud (c'était le nom du projet, un peu nul selon moi, mais c'était un nom temporaire)
De l'art de justifier son titre  :mrgreen:

Le programme Rimbaud était maintenant capable de remplir des grilles de mots fléchés, de mots croisés, ainsi que de corriger des alexandrins boiteux, ou octosyllabes, ou de n'importe quoi de métrique sans perdre ni le sens, ni la beauté, ni s'éloigner du style de l'auteur. Ludwig scanna trois grilles de mots et en moins d'une minute -je vous jure ! son monstre avait tout rentré, sans la moindre erreur.
ouais enfin tous les poètes ne sont pas champions de télé7jeux

  Ensuite, il est allé chercher sur mon blog quelques sonnets aux vers claudiquant (je suis très fort pour ça) et plus rapidement que va mon œil pour décider si une fille a un joli cul ou non, Frankenstein en souligna les maladresses. « Make correction ? » « Yes », et voilà que mes sonnets passaient pour du Charles ou du Arthur, ou ne mourraient pas de honte devant la comparaison : du lait sur de la crème !
suis pas fan du "ou ne mourraient pas de honte devant la comparaison", je crois pas qu'il soit franchement nécessaire et il casse la force du contraste

On s'est grave pris au jeu,
Ouaich gros bien ! Y a pas d'entourloupe t'as vu !  (j'aime pas du tout le grave, pour moi c'est une ado de 15ans qui dit grave à cet endroit de la phrase)

C'est ce qu'on fait,
ce qu'on a fait ?

Et J'avais envie d'écrire sur la fin de la poésie,
Y a une majuscule qui se balade

  Gros trou noir.

  Fin du jour III.
:mrgreen:

DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNGGGG !
ça j'aime pas du tout. Je trouve que ça ne rend pas forcément bien. (mais bon, voilà hein, vu que j'ai pas d'argument, tu prends ça comme tu veux)

dessuite
t'es sûr de ton coup, là ?


  « C'est quoi le réservoir ? du jus de Muse ?

  - Oui, je bois, ET ALORS !? »
j'aime décidément pas les majuscules  :-[

      Lui, il gueulait des trucs pornos que j'aurais jamais osé écrire,
remarque bassement logique : s'il les gueule, Ben et Ludwig auraient dû entendre ça plutôt que des râles non ?


Ouaip, après relecture, je me suis rendu compte que t'avais déjà pas mal retravaillé la fin après ta première version ; du coup faudrait que mes remarques générales soient un peu plus nuancées (enfin, je trouve quand même toujours que ça va trop vite)

Voilà voilà ! au zizir !
« Modifié: 17 Mai 2012 à 13:23:04 par Anlor »

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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #8 le: 17 Mai 2012 à 12:48:57 »
Ernya :

Merci d'avoir relevé ces coquilles. C'est bien "pas DE la farce". Pour le "Bon, quoi qu'il en soit", c'est dans ma manière de raconter ce genre d'histoire, comme si je le faisais là en direct, face au lecteur, genre discussion de bar ; c'est vrai  que commencer par "Quoi qu'il en soit" ne changerait pas grand chose, mais ça retire un tout petit peu cet effet de narration orale. En ce qui concerne le "Alors, que je demande ?" là j'avoue que tu me mets le doute, je pense avoir souvent lu ce genre de restitution de dialogue, avec l'incise entre la virgule et le point (quel qu'il soit), mais je peux me tromper ; tu aurais plutôt vu : "Alors ? que je demande.", c'est bien ça ?

Sinon, pour la chute, je vois pas trop comment la faire autrement, je voulais respecter cet espèce de tourbillon incontrôlable qu'entraîne l'avènement du plus grand poète de tous les temps, la précipitation de l'évènement tragique... je suis pas sûr que ce soit intéresser de développer, de faire durer, car, entre autres, comme le note Anlor, le lecteur avisé se doute du genre de final à venir dès l'arrivée de la punkette... j'aurais tendance à croire (mais ça peut être pure vanité) que l'histoire étant originale et les personnages relativement attachants, on aimerait juste que ça dure plus... enfin voilà, merci de ton comm' (au passage cette histoire a des similitudes avec "La machine à baiser" de Bukowski, mais par contre, il n'y est question que de cul, donc je doute qu'elle te ravisse -mais ? mais ? sait-on jamais).

Anlor :

chtraqué : fou. Dérangé. Weird en anglais se rapproche vraiment de ce terme d'argot. Je pense qu'on comprend même si on ne connaît pas le mot, non ?

les exclamatives montrent l'enthousiasme du narrateur incrédule.

Pour la Gnossienne, c'est vrai que c'est pas la musique de fond qui pourrait accompagner cette histoire. On imaginerait quelque chose de plus orchestré, de plus symphonique, limite épique, mais je voulais montrer le côté très aristocratique, flegmatique, du génie avant que tout parte en sucette à cause de son invention.

pour le "grave pris au jeu", ben je dois être une gamine de 15 ans, ça m'arrive de parler comme ça...

pour les majuscules... j'ai mis un temps à m'y faire, au début ça me choquait beaucoup cet effet de style purement typographique, je trouvais ça facile. Mais dans une écriture très cinématographique, je pense que ça peut se justifier, en tout cas, ça fonctionne, on est agressé.

dessuite : pas sûr du tout, c'est une faute -volontaire- mais je me l'explique mal. Il faudrait écrire de suite, mais là encore c'est l'oralité qui prime, quand on dit "de suite" on a tendance à lier les deux mots... ça rejoint un peu le "grave"...

sinon pour le fait que l'ordinateur se mette à gueuler. Oui. Je me suis posé la question. Dans ma tête (si j'ose dire), il ne se met à gueuler qu'une fois que Rachel entre dans son trip masturbatoire, donc c'est bien les râles qu'on perçoit en premier, mais je suis ok, on peut chipoter là-dessus, un simple petit adverbe de temps mettrait fin à cette question, je ne l'avais pas mis pour ne pas alourdir la scène. C'est à réfléchir.

Yop là boum, merci à tous.
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Re : Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #9 le: 17 Mai 2012 à 13:00:17 »
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  En ce qui concerne le "Alors, que je demande ?" là j'avoue que tu me mets le doute, je pense avoir souvent lu ce genre de restitution de dialogue, avec l'incise entre la virgule et le point (quel qu'il soit), mais je peux me tromper ; tu aurais plutôt vu : "Alors ? que je demande.", c'est bien ça ?
ouaip c'est bien ça. Faudrait voir comment il faisait, Céline.

 
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j'aurais tendance à croire (mais ça peut être pure vanité) que l'histoire étant originale et les personnages relativement attachants, on aimerait juste que ça dure plus... enfin voilà, merci de ton comm' (au passage cette histoire a des similitudes avec "La machine à baiser" de Bukowski, mais par contre, il n'y est question que de cul, donc je doute qu'elle te ravisse -mais ? mais ? sait-on jamais).
pas faux (pour l'envie que ça dure plus longtemps). Ok, c'est noté pour Buk, j'essayerai de nouveau dans quelques mois/années, ça passera peut-être mieux.  :P
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #10 le: 17 Mai 2012 à 14:41:09 »
Saaalut,

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j'étais en terrasse du RADAR
j’avais jamais vu que radar était un palindrome…. Ça m’a sauté aux yeux en majuscules..  ><

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il y a toujours du vent « en » Avignon.
Pourquoi les guillemets ?

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Bon, quoi qu'il en soit, il me tirait du merdier, et ça, c'était cool.
Euh j’ai plus l’impression qu’il sauve la fille du « merdier » d’après ton intro  :relou:

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Un de ses potes, un agrégé de Lettres Modernes, qui était également une pointure en informatique et en électronique
Ah quand meme

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Steeve Jobs aurait plus qu'à vendre des cartes postales musicales au marché de Noël.
Ok c’était écrit avant sa mort, mais du coup ça me fait un peu bizarre

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  Pimbluche
:D

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« Moi aussi j'écris des poèmes. ». Elle explose de rire,
Arf, dure condition du poète

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comme des pachas, comme des princes,
je sais pas si c’est utile, pour moi tu dis deux fois la même chose d’affilée…

Citer
Tout ce qu'on imagine entendre chez un homme de qualité attendait là, bien rangé, dans un joli meuble en noyer. J'avais jamais vu ça. Gong, Magma, Zappa, Janis Joplin, Nina Simone, Bowie, Nick Cave, Joy division, tout le Grunge, Ferré, Thiéfaine, Noir Désir, Têtes Raides
J’ai jamais vu ça non plus  |-|

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Je remerciai Dieu que ce type ne fût pas une femme : j'avais pas prévu de tomber amoureux ces jours-ci.
:D

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Le lendemain, c'est Ludwig qui m'appela directement, dès le début de soirée. Il m'offrit de venir boire l'apéro chez lui. Il avait bien avancé, et voulait me faire voir quelque chose.
Il s’est vite passé de Alien, sympa le copain  :relou:

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aux vers claudiquant
je l’aurais vu en adjectif, donc claudicants (par ex j’aurais dit aux rimes claudicantes)

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« Salut Ben ! Tu m'invites à manger ? »

  Ben voyons
Ça m’a fait sourire les deux « ben » ^^

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Un regard assez fiable en matière de poésies et de romans. Rachel avait même été publiée dans son adolescence pour des nouvelles super trashs.
Oui voilà, un regard fiable, le trash une valeur sure  ::)

Même avis qu’Ernya sur le « Alors, que je demande ? »

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  Je relève :

  « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps ? »
Mouais, en même temps, le narrateur  plus haut utilise cette expression (juste avant « fin du jour I » :   « Dommage. Il n'y avait donc encore rien à lire du plus grand poète de tous les temps. », ça devrait pas le choquer

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C'est tellement poignant, tellement juste, plein de détresse et de contemplation poétique que Ludwig et moi on chiale comme des gosses à qui on a retiré leurs cadeaux de Noël
Bien aimé ^^

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  J'en reste coi. Pétrifié. Ludwig est complètement dépassé. Il m'emmène dans la pièce d'à côté.

  Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps voulait une petite nana.
ça manque peut être d’une phrase entre.

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Ludwig ronflait maintenant
Euh 5 lignes avant tu mets « Ce qui nous fit réagir » du coup je croyais qu’il était entré dans la pièce avec le narrateur  :-\

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je voulais pas lui infliger de voir ça
admettons que l’ordi puisse voir….


C’est vrai que ce texte change un peu de tes autres puisqu’il y a un peu de fantastique, mais quand même on reconnaît ta patte. J'aime bien le côté scénarisé, mais je ne suis pas fan de la chute, pas pour la scène (quoique si hein) mais surtout suffisait de l'éteindre le PC, pourquoi le détruire... ???
Je trouve toujours le style agréable à lire et comme d’habitude, à un moment ça dérape pour moi et je ne me sens plus dans le truc (tout allait bien jusqu’à Rachel, tu te doutes bien  ::))

Merci en tout cas ! :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

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Re : Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #11 le: 18 Mai 2012 à 13:21:26 »
Saaalut,

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j'étais en terrasse du RADAR
j’avais jamais vu que radar était un palindrome…. Ça m’a sauté aux yeux en majuscules..  ><

Ah ah ! je l'ai même cherché pour ça, en fait c'est un bar qui s'appelait le Level (one), du coup je voulais un mot palindrome pour le recréer (je dois avoir au moins 15 nouvelles qui se servent de ce lieu)

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il y a toujours du vent « en » Avignon.
Pourquoi les guillemets ?

Parce que c'est un vieux débat jamais vraiment tranché, doit-on dire "à" Avignon, ou "en" Avignon. Un peu long à détailler. Y une histoire de voyelle, de rempart, de cité autonome, mais au final y a les partisans du "à" et ceux du "en". L'écrire en italique était une autre possibilité.

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Bon, quoi qu'il en soit, il me tirait du merdier, et ça, c'était cool.
Euh j’ai plus l’impression qu’il sauve la fille du « merdier » d’après ton intro  :relou:

C'est partagé en effet, mais bon le narrateur voit bien que ça mènera nulle part et qu'il s'embourbe.

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Un de ses potes, un agrégé de Lettres Modernes, qui était également une pointure en informatique et en électronique
Ah quand meme

Bah on est un génie ou on l'est pas, hein.

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Steeve Jobs aurait plus qu'à vendre des cartes postales musicales au marché de Noël.
Ok c’était écrit avant sa mort, mais du coup ça me fait un peu bizarre

Oui, c'est tout le souci avec les références anecdotiques...

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  Pimbluche
:D

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« Moi aussi j'écris des poèmes. ». Elle explose de rire,
Arf, dure condition du poète

Sic transit gloria mundi

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comme des pachas, comme des princes,
je sais pas si c’est utile, pour moi tu dis deux fois la même chose d’affilée…

Je reconnais.

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Tout ce qu'on imagine entendre chez un homme de qualité attendait là, bien rangé, dans un joli meuble en noyer. J'avais jamais vu ça. Gong, Magma, Zappa, Janis Joplin, Nina Simone, Bowie, Nick Cave, Joy division, tout le Grunge, Ferré, Thiéfaine, Noir Désir, Têtes Raides
J’ai jamais vu ça non plus  |-|

Ben moi si, c'est ma cédéthèque. ah ah.

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Je remerciai Dieu que ce type ne fût pas une femme : j'avais pas prévu de tomber amoureux ces jours-ci.
:D

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Le lendemain, c'est Ludwig qui m'appela directement, dès le début de soirée. Il m'offrit de venir boire l'apéro chez lui. Il avait bien avancé, et voulait me faire voir quelque chose.
Il s’est vite passé de Alien, sympa le copain  :relou:

Citer
aux vers claudiquant
je l’aurais vu en adjectif, donc claudicants (par ex j’aurais dit aux rimes claudicantes)

Ben je crois que tu as raison, je l'avais écrit comme ça au départ, au pluriel, et puis je me suis ravisé, bêtement.

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« Salut Ben ! Tu m'invites à manger ? »

  Ben voyons
Ça m’a fait sourire les deux « ben » ^^

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Un regard assez fiable en matière de poésies et de romans. Rachel avait même été publiée dans son adolescence pour des nouvelles super trashs.
Oui voilà, un regard fiable, le trash une valeur sure  ::)

Sourire

Même avis qu’Ernya sur le « Alors, que je demande ? »

Citer
  Je relève :

  « Ô Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps ? »
Mouais, en même temps, le narrateur  plus haut utilise cette expression (juste avant « fin du jour I » :   « Dommage. Il n'y avait donc encore rien à lire du plus grand poète de tous les temps. », ça devrait pas le choquer

Je pense que tu comprends très bien. C'est un jeu, et puis, soyons terre à terre, c'est une chose de le penser, d'ironiser sur cette idée, c'en est une autre que d'appeler effectivement la machine "Le Plus Grand Poète De Tous les Temps". Puis à un autre moment -vers la fin quand le narrateur se sent poussé à commettre une action- l'ordinateur semble capable de télépathie. Mais c'est surtout un jeu, tu trouves ça gênant ? ça retire de la crédibilité à une histoire qui n'en a aucune ?

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C'est tellement poignant, tellement juste, plein de détresse et de contemplation poétique que Ludwig et moi on chiale comme des gosses à qui on a retiré leurs cadeaux de Noël
Bien aimé ^^

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  J'en reste coi. Pétrifié. Ludwig est complètement dépassé. Il m'emmène dans la pièce d'à côté.

  Le Plus Grand Poète De Tous Les Temps voulait une petite nana.
ça manque peut être d’une phrase entre.

Là, j'avoue que je ne comprends pas ce qui te dérange dans la narration des évènements...

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Ludwig ronflait maintenant
Euh 5 lignes avant tu mets « Ce qui nous fit réagir » du coup je croyais qu’il était entré dans la pièce avec le narrateur  :-\

En fait il est entré, mais il était déjà dans un état très limite quelques lignes auparavant, du coup il entre mais il tient pas, il tombe. Je le décris pas parce qu'on est toujours du point de vue du narrateur, et lui est absorbé par la scène et par l'ordinateur, du coup il ne s'en rend compte que lorsque la stupéfaction de la scène le laisse libre de ses mouvements, et qu'il s'avance vers la machine.

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je voulais pas lui infliger de voir ça
admettons que l’ordi puisse voir….

Sic II. Mais je pense qu'on est plus à un évènement fantastique près.

C’est vrai que ce texte change un peu de tes autres puisqu’il y a un peu de fantastique, mais quand même on reconnaît ta patte. J'aime bien le côté scénarisé, mais je ne suis pas fan de la chute, pas pour la scène (quoique si hein) mais surtout suffisait de l'éteindre le PC, pourquoi le détruire... ???
Je trouve toujours le style agréable à lire et comme d’habitude, à un moment ça dérape pour moi et je ne me sens plus dans le truc (tout allait bien jusqu’à Rachel, tu te doutes bien  ::))

Ah là, par contre, tu me déçois Tomoyo (si si, baisse les yeux !), non, mille fois non, éteindre l'ordinateur ne rimerait à rien. Il (LPGPDTLT) vient de découvrir la souffrance, c'est trop pour lui, il ne veut plus vivre, et puis le narrateur a l'occasion d'empêcher qu'une apocalypse littéraire d'abord et humaine se produise, il ne va pas se priver. Eteindre la machine n'est pas une solution, la supprimer, oui. C'est tout l'aspect poétique de la chose, car comme Sixte, je trouve que c'est assez poétique cette notion de poésie qui échapperait à l'humain, qu'une machine soit capable de ressentir elle aussi toute la poétique de l'existence. D'ailleurs, et c'est un peu sur cette notion que j'ai fondé mon idée, certains neuroscientifiques en arrivent à penser que l'apparition de la conscience et son développement ne serait dus qu'aux interactions possibles entre un certain nombre de neurones -à partir d'un certain nombre de neurones, pour être précis- et donc, qu'il y a un côté mécanique là-dedans, arithmétique et géométrique. 

Merci en tout cas ! :D

Merci à toi.
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #12 le: 19 Mai 2012 à 15:11:15 »
j'invoque le droit de réponse  :huhu:

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Je pense que tu comprends très bien. C'est un jeu, et puis, soyons terre à terre, c'est une chose de le penser, d'ironiser sur cette idée, c'en est une autre que d'appeler effectivement la machine "Le Plus Grand Poète De Tous les Temps". Puis à un autre moment -vers la fin quand le narrateur se sent poussé à commettre une action- l'ordinateur semble capable de télépathie. Mais c'est surtout un jeu, tu trouves ça gênant ? ça retire de la crédibilité à une histoire qui n'en a aucune ?
ça décrédibilise tout, sur cette simple phrase, tout s'est effondré, j'étais plus dedans, j'y croyais plus, me suis dit "à quoi bon lire la suite"  :huhu:
Blague à part,  c'est juste que j'aime mieux que le récit soit dans l'ordre d'apparition. Qu'il parle du PGPDTLT avant même que son nom soit donné comme tel plus bas, ça me fiche un petit coup d’omniscience désagréable du genre "ouais fais ton malin narrateur, ok tu le savais avant" mais ce n'est point gênant je pense

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Là, j'avoue que je ne comprends pas ce qui te dérange dans la narration des évènements...
ben tu nous dis que Ludwig est complètement défait, il t'amène (ou le narrateur) dans la pièce d'à côté, je me dis que c'est pour te dire "j'aime les cafetières et je dénonce les abricots" et puis non, c'est pour discuter d'un problème de fond de l'ordi qui veut une copine. J'aurais vu une phrase du genre "il était turlupiné grandement par une requête des plus surprenantes mais qui, réflexion faite paraissait naturelle, si tant est que la nature ait pu considérer la venue à l’existence de cet ordi, du PGPDTLT qui voulait un minitel de compagnie" ou équivalent  :huhu:
Mais je sais que t'aimes aller à ce qui t'importe, et finalement ça se comprend bien  ::)

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Ah là, par contre, tu me déçois Tomoyo (si si, baisse les yeux !),
non mais dis  ><
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non, mille fois non, éteindre l'ordinateur ne rimerait à rien. Il (LPGPDTLT) vient de découvrir la souffrance, c'est trop pour lui, il ne veut plus vivre, et puis le narrateur a l'occasion d'empêcher qu'une apocalypse littéraire d'abord et humaine se produise, il ne va pas se priver. Eteindre la machine n'est pas une solution, la supprimer, oui. C'est tout l'aspect poétique de la chose
facilité! Ton perso est en admiration devant la machine, il devrait l'éteindre et faire bosser ludwig pour régler le problème  :huhu: Certes ça manque de feu d'artifice de fin mais de toute façon le mal est fait. Rachel se réveillera vide, à se dire que jamais elle n'entendra des choses comme elle en a entendues et se noiera dans l'alcool pour oublier sa détresse. Ludwig se réveillera avec mal au crane et pleurera 12 jours et 12 nuits son monstre, coupera les ponts avec le narrateur et deviendra fou à dessiner à la craie la tête de Rimbaud sur ses murs. Le narrateur prendra conscience qu'une machine a capté la poésie mieux qu'il ne le pourra jamais et se rendra compte qu'il l'a détruit non pour sauver l'ordi ou le monde d'une grande détresse, mais pour assouvir son incroyable jalousie. Il aura honte de lui et sautera dans le Rhône. Le mal est fait je te dis. S'il l'avait éteint, ils auraient plus régler tous les problèmes, arranger des paramètres  ou faire en sorte qu'il tombe amoureux d'une photocopieuse, ils seraient passés à l'acte via usb et tout irait bien.

Après j'aime bien l'idée qu'une chose parfaitement maitrisée et construite comme un ordi soit capable de poésie, de pleurs douleur et rires. Evidemment je préfère la version Short-circuit, il était sympa (j'adorais ce film quand j'étais petite...).

au plaisir  ::)
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Hors ligne Menthe

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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #13 le: 19 Mai 2012 à 16:10:04 »
Hm.
J'ai pas aimé les trucs des anges mécaniques qui passent au début. C'est une expression qui à la base me plait pas et dans le contexte, encore moins.
Après, l'histoire est intéressante, et la chute est vraiment cool, mais j'ai quand même cette impression qu'il manque quelque chose. C'est pas assez drôle pour être un truc humoristique, c'est pas assez poétique pour être un truc poétique, c'est pas assez trash pour être un truc trash... C'est peut-être trop hybride, ça se cherche trop au niveau du récit et du style, qui pourtant est de qualité et bien ficelé. Bref, une impression assez diffuse qu'il manque quelque chose pour en faire un truc vraiment bien. Mais d'un autre côté, c'est bien aussi...
Boarf. C'est peut-être tout simplement que l'idée d'une machine poète me donne la gerbe  :mrgreen:

Tchuss l'ampoule
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Le Programme Rimbaud (Nouvelle, avec contenu explicite)
« Réponse #14 le: 19 Mai 2012 à 21:43:19 »
En fait, je savais pas quoi dire, et Menthe a très bien résumé.
Le texte est bien fait, l’histoire est surprenante et maitrisée ; mais il manque un truc ! Pendant tout le texte j'étais à la fois content, mais sur ma faim. Il y avait quelque chose que je ne trouvais pas. Et je sais pas ce que c'est ! Peut-être l'oscillement trop fort entre différents "genre", différentes façons de raconter. Et je trouve ça trop dommage quoi !
Mais après, c'est bien fait.

Sinon... je suis assez d'accord avec Tomoyo sur la toute fin. L’éteindre aurait pu suffire, et en plus, ça aurait pu légèrement rallonger le texte  :P

Mais bref, j'ai quand même pas mal apprécié. Même il y a ce truc non-identifié qui m'a manqué.

Ah, et l'idée d'un ordinateur qui fait la meilleur posée est super effrayante quand même. Heureusement que les progrès vont pas trop vers ça  :mrgreen:
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

 


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