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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le tueur des montagnes

Auteur Sujet: Le tueur des montagnes  (Lu 1256 fois)

Hors ligne Ekas

  • Tabellion
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Le tueur des montagnes
« le: 11 Mars 2012 à 12:04:43 »
Voici un texte qui vient à la suite de la malédiction d'Enkora dans mon recueil de textes d'initiation à la Fantasy !
L'univers est toujours les terres de l'intérieur et il y a des liens entre les lieux au fil des textes, cet univers se développe petit à petit.

Le tueur des montagnes


Géburk, Nain paladin de l’ordre des chevaliers de la lumière, était de retour à Enkora, son village natal, après plus de deux années d’absence.
 Comme tous les Nains, il était trapu et robuste. Il portait une longue barbe rousse. Il ne restait plus beaucoup de cheveux sur son crâne et il maniait si bien son arme qu’on se demandait s’il n’était pas né une hache à la main.
Rissert, le chef du village, l’accueillit dans sa maison, heureux du retour d’un enfant du pays. Il était à peu près midi et il venait d’arriver. Ils étaient tous deux assis au coin d’un feu, prenant un bon déjeuner accompagné d’un pichet de bière.
Au cours du repas, Rissert lui fit part d’un souci qui concernait l’ensemble de la communauté des douze villages dont Enkora faisait partie. Une créature des neiges sévissait dans la montagne. Plusieurs Nains avaient disparu. Les six guerriers qu’on avait envoyé enquêter avaient été retrouvés morts, lacérés, couverts d’énormes morsures…
Au regard des blessures et des empreintes retrouvées dans la neige, on avait déduit que la bête se tenait sur deux pattes et devait bien faire trois à quatre mètres de haut.
– Les gens disent que Golnoos est le meurtrier, et la peur commence à se répandre dans tous les villages, lui expliqua Rissert en avalant une bonne gorgée de sa bière.
À l’évocation de la créature, le visage de Géburk se renfrogna.
– Golnoos ! Le tueur des montagnes ! Mais il n’existe pas, c’est une légende ! répondit-il.
– Les légendes ont toujours un fondement. Cette bête est peut-être bien celle qui l’a inspirée ou en tout cas elle est de la même espèce. Il y a des endroits où nous ne sommes jamais allés, dans les montagnes du massif d’Ebenath, et nous ne connaissons pas les créatures que l’on peut y trouver. L’animal qui rôde dans nos régions peut tout à fait venir d’un de ces coins-là.
– Une chose est sûre : vous ne savez pas de quelle créature il s’agit !
– Exactement ! Je me permets de te parler de cela parce tu es un paladin, et j’aimerais que tu traques cet animal, qu’il s’agisse de Golnoos ou d’autre chose.
Geburk resta silencieux un court moment, puis il se leva en soupirant.
– C’est d’accord Rissert ! Je vais poursuivre la bête, mais il me faut tes deux meilleurs guerriers avec moi.
– Sans aucun problème, Géburk.
Rissert alla chercher Turbass et Kench. Géburk croisa la hache avec eux pour les tester et fut très satisfait. Ils s’équipèrent ensuite en armes pour la traque et firent le plein de vivres. Le soir, ils dînèrent chez Rissert, et veillèrent quelques heures avant d’aller se coucher.
Au petit matin, Turbass, Kench et Géburk se retrouvèrent et partirent vers les hauteurs. Ils marchèrent de longues heures, guettant le moindre bruit, scrutant leur environnement, allant de caverne en caverne en espérant y débusquer la bête.  Ils  parcoururent des kilomètres. Le froid intense piquait la peau de leurs visages. Les épaisses fourrures qui les couvraient suffisaient à peine à les protéger. Ils découvrirent quelques cadavres d’animaux dont les blessures semblaient être l’œuvre de la créature qu’ils recherchaient. Ils ne trouvèrent cependant aucune trace fraîche, la neige avait recouvert toutes les empreintes.
Ils s’arrêtèrent pour la nuit dans une caverne, frigorifiés. Ils firent un feu pour se réchauffer, mangèrent et discutèrent longuement. Géburk, Nain paladin au service de la Reine d’Yrsdal, avait bien des choses à raconter. Ses deux compagnons l’accablèrent de questions sur cette ville si célèbre qui rayonnait sur les Terres de l’intérieur et sur ses aventures. Le paladin vivait dans un temple consacré à Karila, la déesse de la cité. Il avait répondu avec plaisir à ses compagnons. Le mal du pays l’avait ramené à Enkora, et il comptait y passer quelques semaines avant de repartir. Cette traque n’était pas pour lui déplaire et il se réjouissait de rendre service à son peuple.
Après une longue veillée, les trois Nains s’enroulèrent dans leurs couvertures et s’endormirent. Ils reprirent leur quête dès l’aube et passèrent la journée à arpenter la montagne. La progression fut difficile. Les trois Nains progressaient en zone inconnue. Ils traversèrent un glacier, escaladèrent les falaises, se hissèrent dans des cheminées où les prises manquaient. Ils avançaient courageusement, reliés entre eux par une longue corde. Deux avalanches faillirent les emporter. Leurs recherches furent infructueuses. Ils bivouaquèrent dans une autre caverne après avoir chassé l’ours qui y vivait et reprirent leur traque le lendemain.
En fin d’après midi, ils furent surpris par le blizzard. Des rafales projetant de fins cristaux de glace leur fouettaient le visage. Ils se résignèrent à rejoindre la grotte la plus proche, la dernière qu’ils avaient visitée, pour y passer la nuit.
Ils n’étaient plus qu’à deux ou trois kilomètres de l’endroit, lorsqu’ un terrible cri déchira le silence de la nuit, mélange d’un rugissement et d’un hurlement résonnant dans les montagnes.
Les trois Nains s’immobilisèrent et levèrent leurs haches. Ils étaient tétanisés.
– Il nous a trouvés ! fit Géburk.
Turbass opina du chef. Il sentit un frisson lui parcourir l’échine quand le cri retentit à nouveau. Kench ne répondit pas, il  transpirait. Géburk tentait de scruter vainement le blizzard. On n’y voyait pas à plus de dix mètres. .
Un grognement se fit à nouveau entendre et une gigantesque bête apparut à travers le voile des intempéries. De forme humanoïde, elle faisait bien quatre mètres de haut, couverte de longs poils blancs. Elle avait une gueule d’ours féroce avec des crocs énormes. Ses griffes étaient longues d’une trentaine de centimètres, prêtes à déchirer et à découper la chair. Elle rugit si fort que les trois Nains tremblèrent. La gigantesque bête les dominait de quatre tailles. Les trois Nains en était muets.
– Golnoos ! laissa enfin échapper Kench dans un souffle étranglé.
Turbass avait les jambes de coton. Géburk recula d’un pas, impressionné.
– Surtout, ne vous approchez pas de lui ! s’écria Géburk. Écartez-vous et tenez-vous à distance. C’est moi qui vais l’affronter. D’après ce qu’il a fait aux autres Nains, il ne ferait qu’une bouchée de vous. Essayez d’attirer son attention de votre côté si vous me voyez en difficulté.
Sur ses mots, Kench et Turbass s’éloignèrent tandis que le Nain paladin, levant sa hache, murmura une incantation. Un faisceau de lumière se déversa sur lui, l’inondant de force et d’énergie, décuplant ses réflexes, sa rapidité et sa résistance. Géburk avait lancé vers son dieu la prière du guerrier et ce dernier venait de l’honorer.
La bête se jeta alors sur le paladin et tenta de l’atteindre avec ses griffes, lançant les pattes à une vitesse fulgurante. Géburk esquiva, roula sur le sol, se releva, bondit et roula de nouveau, tout en tournant autour de la créature. Celle-ci distribuait coup sur coup et rageait de ne jamais atteindre sa proie. Prenant appui sur les blocs de glace, le paladin sautait en tous sens. La bête rugissait, crachait, frappait sans faire mouche. Le duel se poursuivit comme cela pendant un long moment. Géburk tentait de fatiguer la bête tandis que ses compagnons l’observaient à distance, prêts à intervenir.
Le monstre cessa ses attaques, poussa un grognement, observant soigneusement les mouvements de son adversaire. Géburk tournait lentement autour de lui, tous les sens aux aguets.
La bête feignit la fatigue en se baissant. Géburk s’immobilisa, puis soudain, la créature bondit, et projeta Géburk contre un arbre d’un grand revers de la patte. Cette fois-ci, il n’avait pas vu venir l’assaut. N’importe qui d’autre aurait eu les os brisés. Il était entier, mais tout de même bien sonné.
 Kench et Turbass  se mirent alors à hurler et s’élancèrent vers l’animal qui s’apprêtait à sauter sur Géburk.
La bête pivota, Turbass bondit en l’air en levant sa hache, prêt à l’abattre sur le crâne du monstre. Il fut éventré en plein vol par  les terribles griffes.
– Turbass !  cria Kench en lançant sa hache sur le monstre qui l’évita.
La créature lui faisait face en brandissant le corps désarticulé du malheureux Nain. Entre temps, Géburk s’était relevé. Il se précipita vers Kench, roula entre les pattes arrières de l’animal puis bondit dans son dos et lui asséna un violent coup de hache.
La bête se mit à hurler… Elle saignait.
Le paladin se remit à tournoyer autour d’elle, la bête perdait du sang et s’affaiblissait mais elle continuait de lutter farouchement. Géburk put la frapper à deux reprises au torse et dans le dos, la blessant un peu plus.
Le monstre fou de rage attaquait furieusement mais manquait tous ses assauts.
Décidé à en finir, le paladin roula sur le côté, sauta et cette fois ci l’atteignit à la gorge. Le sang de l’animal gicla. Géburk avait tranché une artère.
La créature s’effondra tout en se vidant de son sang. En moins d’une minute, elle expira.
Géburk et Kench ramenèrent le corps de Turbass au village d’Enkora. Tous les Nains du village s’attroupèrent autour d’eux. La veuve en pleurs se jeta sur son corps. Des questions et des exclamations fusèrent :
– Vous l’avez tué ?
– C’était Golnoos ?
– Mon Dieu, Turbass est mort !
Géburk calma l’assemblée et raconta brièvement leur périple tandis que trois Nains emmenaient le défunt dans sa demeure.
Une expédition partit le lendemain chercher le corps de la bête et tout le monde s’accorda à dire qu’il s’agissait de Golnoos.
Le combat de Géburk contre Golnoos devint par la suite une légende à Enkora et dans toute la région. Plusieurs siècles après, on la racontait encore aux enfants Nains.
« Modifié: 11 Mars 2012 à 12:24:36 par Ekas »

Hors ligne Iseult

  • Aède
  • Messages: 236
Re : Le tueur des montagnes
« Réponse #1 le: 12 Mars 2012 à 17:16:23 »
Kikou,

Celui-ci comme le précédent, je vais le faire lire à mes enfants qui ont en gros l'âge pour tu les destines.
Je reviendrais plus tard avec leur commentaire et le mien ;)
"Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

 


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