Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

16 janvier 2019 à 21:25:38

Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Fort Flood » Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse

Auteur Sujet: Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse  (Lu 40952 fois)

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1020 le: 28 avril 2018 à 16:36:51 »
Oh ! Et tu as décidé de faire un mémoire sur quoi alors ?
C'est encore très large, mais grosso modo, je vais travailler sur l'utilisation de la bande dessinée à l'école.  :)

Eh ! bien, cela promet un beau projet.
« Modifié: 28 avril 2018 à 16:49:44 par Alan Tréard »

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1021 le: 12 novembre 2018 à 15:06:12 »
ça fait bien longtemps qu'un thésard n'est venu pleurer ici dites-donc. Je m'y colle donc.

En fait j'ai une question à tous les thésards...qui d'entre vous pense que le monde de la recherche en vaut la chandelle?

J'ai vraiment de plus en plus de gros doutes. Je suis persuadée que la science est nécessaire et magnifique, mais l'académie ça pue. J'ai peur, si j'essaie d'y rester, de passer les dix prochaines années à trimer et à être frustrée.

Mais en même temps, quand tout roule, c'est le meilleur des métiers pour moi. Argh.

En plus ma superviseuse m'a complètement sapé le moral la semaine dernière. Elle se plaint de choses qu'on a décidé ensemble, alors qu'en vrai, elle devrait juste se plaindre de sa propre minable supervision. Et maintenant je me tâte vraiment de lui donner un feedback sur sa manière de superviser ses étudiants, parce que vraiment elle laisse à désirer (comme la plupart des superviseurs j'en ai bien peur). Et je trouve ça ouf, en sachant que toutes leur données leur viennent de nous, ils devraient investir un peu plus pour en augmenter la qualité, on ne peut quand même pas faire tout tous seuls, sinon je ne comprends pas vraiment à quoi ils nous servent.

Désolée, je blablatte un peu toute seule. Je rêve, comme toujours, d'une révolution.
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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1022 le: 12 novembre 2018 à 15:16:44 »
L'académie ça pue.
Y'a pas de sous, y'a pas de postes, tout le monde exploite tout le monde.
Bref.
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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1023 le: 12 novembre 2018 à 17:59:21 »
Je suis en fin de thèse donc mon avis n'est pas super joyeux et assez orienté  :mrgreen:
Mais perso j'ai décidé de ne pas continuer dans la recherche universitaire, parce que, dans mon milieu en tout cas (machine learning, donc domaine "à la mode" en informatique), j'ai trop l'impression qu'il faut publier à tout prix, et que pour publier il faut vendre ce qu'on fait sans présenter réellement ce qui fonctionne / ce qui ne fonctionne pas.

Alors je pense que cette impression dépend beaucoup de l'équipe où on travaille, et du domaine. Moi c'est vraiment particulier parce que c'est très compétitif, y'a beaucoup de monde, ça donne envie de publier dans les bonnes conférences, mais c'est pas facile ; et à côté, les chercheurs peuvent travailler dans le privé pour faire presque la même recherche, avec un salaire multiplié par 3, et de meilleurs conditions de travail.

Parce que l'université, pour les profs, c'est aussi plein de cours (ok si on aime ça) et pleeeein de réunions dès qu'on a des responsabilités.

Et parfois y'a des équipes pas sympa où les gens se tapent dessus, mais en informatique j'ai l'impression que ça va à peu près.

Bon, à côté de ça, y'a beaucoup de domaines où si tu veux faire de la recherche, y'a pas trop d'autres solutions que la recherche universitaire ; et je persiste à penser que on a besoin de recherche universitaire, parce que si les entreprises contrôlent tout, euh, ça va pas trop le faire. Mais avec les problèmes de financements...

Bref comme  je l'ai dit, c'est mon point de vu déprimé de fin de thèse, je pense que ça peut être sympa, mais pour tout un tas de raisons, je pense que ce n'est pas pour moi (il y a aussi ma difficulté de me motiver sur du long terme, et d'être démoralisée après plusieurs refus de publication, même si le papier fini par être accepté, etc)

Après, si tu es en thèse, tu peux faire un ou des post-doc après, voir comment ça se passe ailleurs, et ensuite si finalement tu t'aperçois que ça va pas, aller ailleurs ? je sais pas comment ça se passe dans ton domaine, mais en informatique ça se fait assez facilement...
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Re : Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1024 le: 12 novembre 2018 à 18:55:03 »
En fait j'ai une question à tous les thésards...qui d'entre vous pense que le monde de la recherche en vaut la chandelle?

J'ai vraiment de plus en plus de gros doutes. Je suis persuadée que la science est nécessaire et magnifique, mais l'académie ça pue. J'ai peur, si j'essaie d'y rester, de passer les dix prochaines années à trimer et à être frustrée.

+ 10 000 ! (si tu acceptes les jeunes docteurs dans ton échantillon de sondés)

(j'aimerais bien aller vers de la vulgarisation, d'ailleurs, pour que la magnificence de la science ait un petit écho chez le commun des mortels, en dehors du micro-groupe de gens spécialisés capables de comprendre directement les travaux scientifiques dans une branche).

Je me dis qu'il y a un équilibre très fragile à trouver entre "j'y sacrifie ma vie" et "j'en fais pas assez pour avoir une vraie chance". Je suis régulièrement saisie de gros doutes existentiels, mais finalement la ligne de conduite que j'ai décidée (plus ou moins consciemment) ma dernière année de thèse a fini par avoir les résultats que j'espérais (vaguement). Je dis pas que ça marchera à l'avenir mais du coup ça me laisse peut-être un poil plus sereine que ce que j'étais avant.
En fait en fin de thèse j'étais, comme tout le monde en fin de thèse, en mode "pas de blague, J'ARRÊTE la recherche, dès que je peux !". Pis on rend son manuscrit, on se retrouve dans l'engrenage du "je vous invite à présenter vos résultats ici", "zut je pourrais publier ça sous forme d'article pour que ça serve à d'autres", puis du "eh mais c'est la campagne pour candidater sur des postes... je vais envoyer des bouteilles à la mer...". (grâce à des encouragements extérieurs venus de gens d'autres branches que la mienne, où tout le monde est déprimé tellement y a pas de postes :D)
Maintenant, un an et demi après, je suis dans l'état d'esprit "je fais de la recherche tant que je peux matériellement, mais si ça devient trop pesant au niveau personnel, je lâche".
Après avoir envoyé des CV un peu au hasard (avec toujours la question stressante : "jusqu'à quelle distance de chez moi suis-je prête à aller pour avoir un poste - précaire - ?"), je me suis retrouvée ATER dans une branche qui n'est pas la mienne, à 200km de chez moi, et un salaire pas ouf, MAIS les cours que je donne sont sympas, l'équipe est vraiment gentille, et la distance suppose un effort économique mais pas une désocialisation (j'ai pas déménagé pour suivre mon poste). Donc finalement, c'est un peu ce que je visais en envoyant des CV.

Alors, du coup, dans ces conditions (= poste temporaire/semi-précaire après le doctorat), en fait, la recherche, je trouve qu'on la ressent pas pareil qu'en thèse. C'est beaucoup moins "personnel" et beaucoup moins "mangeur de cerveau". Du coup je ne regrette pas d'avoir eu cette occasion de continuer à faire de la recherche après la thèse.
Mais il est hors de question que je devienne une machine de travail qui sacrifie tout pour avoir un poste.
En gros, la recherche, pour moi, ce sera : je sème des miettes comme le petit Poucet, mais je continue de marcher sur le chemin de la vie et j'attends de voir où il me mène. Si des oiseaux viennent picorer les miettes, je suivrai cette direction, mais si elles restent là à moisir, je verrai où le sentier mène, et tant pis si c'est pas à un vrai poste de recherche.


(Bon en vrai je suis toujours dans les dilemmes "mais VEUX-JE vraiment un poste fixe en recherche, si c'est par exemple loin de chez moi et dans une équipe pas sympa - critères qu'on peut difficilement contrôler avant d'être devant le fait accompli - ? Mais je crois qu'il faut accepter que c'est des choses sur lesquelles on n'a pas trop prise, et attendre de voir où la vie nous mène).

En tout cas, c'est pas forcément quand on est en fin de thèse qu'on a les idées claires sur ce qu'on fera après : généralement, à la fin de la thèse, TOUT LE MONDE veut arrêter :D . Ensuite, certains changent d'avis, d'autres non, et d'autres encore, comme moi, se laissent porter là où le vent les mènent et attendent de voir...

Courage courage pour vos thèses, Kail et DLM. Je suis pas sûre que la thèse soit quelque chose de psychologiquement bénéfique, mais hélas, une fois qu'on est dedans, la meilleure façon d'exorciser les côtés négatifs, c'est de la finir !

(Courage à Cyamme, WEG et aux autres thésards du coin aussi ! La team jeunes-docteurs agite ses pom-poms d'encouragement et prépare les cookies pour quand vous la rejoindrez :) )

Kail : :calin: :calin: :calin: pour la fin de thèse.
« Modifié: 12 novembre 2018 à 19:04:14 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1025 le: 12 novembre 2018 à 20:05:33 »
merci WEG, Kai et Milo pour vos retours!! :coeur:

Je suis aussi en fin de thèse haha...en fait, je vis des moments encore assez merveilleux avec mon copain, avec qui on philosophe beaucoup sur nos sujets, et qui me fait voir tout ce que j'aime à la science. Les questions, les mystères, le tissus logique qu'on n'y voit ou pas  :coeur:

Mais comme toi Kai, mon milieu est aussi assez pourri, il n'y a pas assez de postes, pas d'argent, mais en plus, il n'y a pas beaucoup de possibilités ailleurs...et je n'ai pas l'impression que ceux qui réussissent sont particulièrement compétents. Ils étaient simplement prêt à sacrifier vie de famille, amis et tout le reste.

Mais oui, je crois que je vais essayer encore en post-doc, si toutefois je trouve ce que je veux où je veux, parce qu'il est hors de question que je parte deux ans de l'autre côté du monde sans mon copain. Je veux bien tout essayer avec lui, mais pas de compromis par rapport à notre couple. Et l'académie ça rend la vie de couple encore plus compliqué, puisqu'il est (sans plus beaucoup de raisons à mon avis) attendu de nous que tous les deux ans on refasse nos bagages et on reparte. Si seulement on pouvait postuler par paire.

La vulgarisation oui!!! :coeur: :coeur: de toute façon de plus en plus je me dis que si je suis prête à sacrifier mon temps libre à ma profession, il faut au moins qu'elle ait un impact plus gros. La vulgarisation, l'éducation.  :coeur: :coeur:

Après, si personne n'est prêt à se battre pour sauver le bateau coulant de l'académie, les sciences sont condamnées... :'(
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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1026 le: 14 novembre 2018 à 08:27:00 »
Euh…
L'académie ça pue. WEG a pas mal résumé la situation je trouve


Plus précisément, pour synthétiser mon avis à propos du choix d'une carrière universitaire, il faut se poser la question de se qui intéresse le plus entre l'enseignement et la recherche. Et il faut aussi un peu se poser la question de si on a en envie d'évoluer administrativement dans sa carrière parce que peut-être qu'on s'en fout et ça change un peu le point de vue qu'on peut avoir…

Si le plus important est la recherche alors la carrière universitaire est intéressante, si le plus important est l'enseignement alors la question de l'avancement peut faire la différence. D'un côté on a (statistiquement) des niveaux plus "intéressants" en étant prof en tant qu'enseignant-chercheur qu'en tant qu'enseignant-enseignant, d'un autre côté la le métier d'enseignant-chercheur est à mon sens plus un métier de chercheur qu'un métier d'enseignant, sauf qu'on n'a pas le temps de faire son métier de chercheur parce qu'on a de l'enseignement à faire.

Ce que je veux dire par là, c'est que l'évaluation d'en enseignement chercheur se fait presque exclusivement par ses productions en tant que chercheur. Oui, peut-être qu'on va se dire "ok, c'est bien, il est responsable de la licence machin" mais en vrai on s'en fout, ce qui compte c'est le nombre de publi et de conf qu'il a fait dans l'année. Et ça, personnellement, ça me gonfle un peu.
De fait, si la préférence porte vers l'enseignement, il y a tous les risques qu'un MCF passionné d'enseignement reste MCF 30 ans avant d'avoir ne serait-ce que l'HDR, et peut-être entre 15 ans avant de passer PU. Après, peut-être que l'avancement n'est pas un critère qui importe la personne, dans ce cas, prof en université à au moins l'avantage d'avoir forcément des élèves d'université.

Finalement, ce qui est très con dans ce système c'est que les chercheurs qui sont un tout petit peu intéressés par l'enseignement arrêtent la partie recherche pour avoir le temps de faire correctement de l'enseignement, or des professeurs universitaires passionnés d'enseignement, ça serait bien qu'il y en ait un peu plus…


Et d'un autre côté, à l'éducation nationale la procédure d'affectation est tellement aléatoire que ça fait un peu peur (chier ?) de se dire qu'on a fait 4 ans de thèse et 2 années de post-doctorat pour finir prof de techno au collège.
Après, on peut tenter de faire valoir le parcours scolaire universitaire pour s'assurer un poste plus intéressant, ça a d'ailleurs plutôt bien marché pour moi et je n'ai pas vraiment d'exemple autour de moi de personne qui en ayant suivi une formation scientifique de haut niveau se retrouvent à devoir enseigner en 6e. Donc ça gomme un peu l'inconvénient de l'affectation, au moins pour le niveau d'étude, mais pas forcément pour la question géographique.


Moi, personnellement, qui suis bien plus attaché à l'enseignement qu'à la recherche, le choix a été fait rapidement. Si j'avais continué en enseignement-recherche, je n'aurais pas été super productif côté recherche au profit de la préparation de mes enseignements, ou alors j'aurais un peu délaissé la préparation des cours pour avancer des projets de recherche, ce qui m'aurait fait un peu chier, d'autant que dans "avancer des projets de recherche", il y a surtout "rédiger des dossiers de demande de subventions et autres conneries administratives" et je me serai vraisemblablement retrouvé dans le cas décrit plus haut à attendre désespérément une vague augmentation…

Maintenant :
 - Je ne cherche pas la fortune (sinon j'aurais été dentiste ou je sais pas quel autre métier de droite (j'ai rien contre les dentistes)(ni contre les gens de droite)(enfin pas tous)) mais tant qu'à faire j'aime bien un minimum de confort et finalement, aujourd'hui je gagne près de deux fois ce que je toucherais si j'était resté prof en université bien que cela ne soit pas forcément évident à évaluer précisément car je ne sais pas ce que je ferais si j'étais en ce moment prof en université.
 - Je suis dans une carrière où mon évolution est programmée à un rythme le même pour tout le monde et où je n'ai pas de questions à me poser
 - Comme la recherche c'est quand même un peu rigolo, j'essaye de me garder un peu de temps de côté de temps en temps pour avancer sur des projets qui m'intéressent un peu, résultat j'ai publié 3 articles cette année, ce que je n'aurais peut-être pas fait à l'université. Après, je n'aurais peut-être pas 3 articles chaque année mais en même temps je m'en fous puisque je fais ça pour le plaisir et ce sont des articles que j'ai fait dans un domaine très distant "du mien" (si je considère ma carrière universitaire) que je n'aurais probablement pas fait pour cause de "cohérence de la carrière" par exemple. Sauf que là je m'en fous aussi, et j'ai fait ça en collaboration avec un oncle avec qui j'aime bien travailler et c'était cool.


Après, je n'ai rien contre les gens qui préfèrent empiler des réunions de labo sur des dossiers de demande de financement et, à ce propos, si tu veux contribuer, j'ai un projet de jeu de société :mrgreen:

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1027 le: 14 novembre 2018 à 08:47:11 »
Oui ça pue très fort.

Pour ce que est de l'enseignement et de la recherche, je crois qu'en Allemagne en tout cas, il y a encore pas mal de postes dépourvus d'enseignement (Tous les Max Planck Institute je crois).

Mais comme tu l'as dit, même sans enseignement, la partie dédiée à la recherche est très faible, puisque les chercheurs hauts placés sont surtout en continuelle recherche d'argent.

L'idéal serait un poste permanent de chercheur (comme vous avez avec le CNRS il me semble), mais ces postes se font de plus en plus rares par ici.

Chais pas. Des fois, genre après une bonne conf, ou après avoir rencontré des chercheurs cool, je me dis, allez, je peux le faire, et d'autres fois (comme maintenant), je me demande à quoi bon se débattre pour au final un job que je n'aimerai plus, puisque ce ne sera même pas de la recherche. Mais peut-être que si. Il y a des gens qui écrivent des super bons livres. Et qui apprennent tellement. C'est ce qui me pousse au fond encore maintenant. Comprendre. De mieux en mieux. Bref.

En lisant ton rêve de jeu, ça m'a fait penser à celui-ci, tu connais?

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1028 le: 14 novembre 2018 à 09:01:43 »
En lisant ton rêve de jeu, ça m'a fait penser à celui-ci, tu connais?


Non, pas du tout…

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1029 le: 14 novembre 2018 à 09:15:51 »
J'y ai joué une fois à une conf, je crois que l'idée est prise d'un autre jeu similaire, mais ici c'est dans un contexte de recherche.

https://www.science20.com/the_board_scientist/blog/simulating_scientific_sabotage_with_a_board_game-166146
C'est décrit ici.

Mais enfin, ton idée à l'air plus sympa quand même, au moins tu peux collaborer  :)
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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1030 le: 14 novembre 2018 à 09:23:40 »
Je plussoie ChiCo !
D'ailleurs si dans ma branche on pouvait faire ce qu'il décrit comme parcours, j'aimerais bien (perso, je préfère l'enseignement à la recherche, je trouve que ça a plus de sens socialement, mais les postes en prépa en histoire (mon but à l'origine) sont complètement bouchés et il y a encore moins de postes de PRAG que de maître de conf).
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1031 le: 14 janvier 2019 à 19:03:27 »
EST-CE QUE vous arrivez à vous en foutre, un peu, des fois, de vos sujets de recherche ?

Je m'explique :
n'ayant pas trouvé de boulot dans ma branche je me suis réorientée et j'ai recommencé un master métiers de l'éducation, de l'enseignement blablabla. J'ai déjà deux masters à mon actif : en édition (pour travailler) et un autre en espagnol (pour rigoler). Dans le cadre de ces deux masters, j'ai déjà rédigé deux mémoires : un petit mignon sur l'anorexie dans le roman pour ado et un autre bien gros sur l'adaptation de classiques littéraires en BD.
Dans ces conditions-là, je me suis dit que c'était bon, qu'on m'avait assez demandé de chercher dans la vie et que j'allais pouvoir avoir une petite validation d'acquis et zapper la recherche. SAUF QUE, ben à l'ESPE ça ils en veulent pas, et dans la mesure où j'ai pas traité de pédagogie dans mes précédents mémoires, ben on me valide rien du tout.

QU'À CELA NE TIENNE, me suis-je dit. Je n'en foutrais pas une, de toute façon j'ai pas besoin de ce master pour enseigner, et ils me font tous chier.

Mon problème (et j'en arrive enfin au sujet de mon post) c'est que malgré ça, j'y arrive pas, à m'en foutre. Enfin, j'ai bien réussi à ne rien faire pendant tout ce début d'année (enfin si, j'ai trouvé un sujet de mémoire et un directeur de recherche) jusqu'à aujourd'hui, à 4 jours de notre rendu d'écrit intermédiaire. La solution la plus simple ce serait de plier un truc en despee et s'en contenter (parce que je le rappelle "j'ai pas besoin de ce master pour enseigner, et ils me font tous chier") ; mais voilà, j'ai commencé à réouvrir des bouquins, à lire des articles, et euh, en fait mon sujet il m'intéresse et j'ai grave envie de m'y plonger dedans. Alors j'entends venir les "mais c'est plutôt chouette" sauf que non, se passionner pour son sujet à 4 jours d'un rendu, c'est plutôt du suicide en fait, et puis c'est pas tout mais j'ai aussi un concours à préparer.

Alors voilà. Je me demandais : est-ce que y en a parmi vous sont dans ce genre de situation ? Et, deuxième question, est-ce que vous pensez qu'il est raisonnable d'envisager cumuler une première année d'enseignement et un début de thèse (parce que ouais, quitte à s'intéresser à son sujet, autant que ce soit pas juste pour un débile mémoire de 40 pages)
(vous remarquerez que ces questions n'ont aucun lien et même aucun intérêt mais j'crois que je suis paumée et que j'ai envie de l'écrire quelque part)
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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1032 le: 14 janvier 2019 à 19:36:20 »
Câlin. Un rendu intermédiaire, cest pas définitif. Au pire, vu que "tu t en fois ils te font tous chier ce truc te sert à rien", tu peux te passionner tranquillou et lire tant que tu veux (dans la limite du temps dispo) en disant que tu te fous du rendu écrit pour linstant. Pour la prépa concours d'ailleurs, hormis la matière dans laquelle tu as été saquée l'an dernier, Me semble que t'as eu de bonnes notes partout et t'as certainement pas tout oublié en un an, donc l'essentiel de la prépa du concours est déjà faite.

Bon, par contre, le coup du rendu qui sert à rien et que tu peux bâcler autant que tu veux tiens plus si tu veux pouvoir demander à ton directeur de recherche de devenir un directeur de thèse  (à moins que tu ne t'entendes incroyablement bien avec lui et qu'il soit prêt à l'accepter, vu que j'imagine que ce serait un truc non financé, il prendrait pas trop de risques).

Pour la seconde question, la première réponse qui me vienne, c'est : "non". Encore moins si tu veux garder du temps pour de la musique et une vie sociale. En même temps, si c'est une thèse pas financée et pas limitée dans le temps, tu peux peut être n'y consacrer que très peu d'heures au début. Ça me semble quand même  (tic de langage, pardon) peu raisonnable. Tu pourrais pad envisager d'attendre un an ou deux avant de débuter ta thèse éventuelle  ?

Pour l'instant, profite, lis. Demande toi dans quelle mesure tu serais capable de pas trop te mettre la pression pour une thèse en parallèle de ton activité principale, de la musique , du Samedi et du reste. Et Euh, essaie d'être un peu gentille et indulgente avec toi même?  :calin:

(J'espère que je suis pas trop à côté de la plaque. Je me fous pas de mes sujets de recherche, mais parfois un peu des rendus quand même)
On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.
C'est de là que viennent les coquilles. (et aussi de mon clavier en qwerty)

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Re : Cellule de soutien psychologique pour les thésards en détresse
« Réponse #1033 le: 14 janvier 2019 à 21:22:51 »
Citer
tu peux te passionner tranquillou et lire tant que tu veux (dans la limite du temps dispo) en disant que tu te fous du rendu écrit pour linstant.

+1000
Ces recherches ça te dit pas de les faire hors cadre scolaire ? (Pas maintenant parce que maintenant tant qu'à mettre le nez dedans autant que ça te serve de mémoire, mais j'veux dire, est-ce que parce que tu rends un mémoire bâclé, ça tue à tout jamais ton intérêt pour un sujet / ta capacité à l'approfondir / à admettre les erreurs d'interprétation que tu auras faites dans un mémoire de merde mais reconnaître que celles ci étaient dues à l'inexpérience et que tu es maintenant bien au-delà parce que tu fais des recherches approfondies gratuitement, pour le délire, pour le kif, pour tenir un blog, une chaîne youtube de la mort ou un insta de biatch où tu partages ces recherches et ta passion ?) (Je m'enflamme mais tu vois).

J'sais pas si je suis légitime à répondre à cette question, mais j'étais vraiment intéressée par mon sujet de mémoire, je l'ai bâclé quand même, j'ai rien approfondi dessus par la suite parce qu'en grandissant j'ai réalisé que le sujet lui-même était biaisé par ma vision (inexacte et bancale) des choses. Mais du coup ce que j'ai appris par la suite (de façon empirique donc c'pas pareil) dépasse le cadre de ce que j'aurais pu / voulu apprendre par les recherches du mémoire.

Et j'pense que les trucs sur lesquels j'ai fait les recherches les plus "pointues", les explorations en mode soif-de-connaissance qui m'ont pris le plus de temps, ont jamais été liées au scolaire.  :-[

[PS : j'ai vu Sobibor en librairie et j'ai fièrement montré le bouquin en mode "han je l'ai lu ! Il est trash. Il raconte ça. Je l'ai lu parce qu'il était dans le corpus du mémoire d'Anlor. Il était cool ce mémoire." :mrgreen: c'est totalement hors sujet mais sache-le loul)
Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

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Ça n'a pas grand chose à voir avec tes questions mais comme les gens parlent du fait qu'on peut faire de la recherche pour le plaisir, moi j'ai publié 3 articles et demi l'année dernière et personne ne m'a payé pour les écrire, j'ai juste fait ça pour le plaisir.

Alors bon, ce n'était pas exactement ma première année d'enseignement et j'étais pas en thèse, c'est en ça que ça répond pas exactement à ta question mais voilà, ça va un peu dans le sens de "y a pas besoin d'être officiellement en thèse pour approfondir un sujet qui nous plait".

Après, des fois, j'hésite un peu à commencer une nouvelle thèse…

Alors j'ai tendance à penser que c'est pas si déraisonnable…

 


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