Le Monde de L'Écriture

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Le Monde de L'Écriture » Salle de lecture » Théâtre et poésie » Lectures de mars 2011 [Fini]

Auteur Sujet: Lectures de mars 2011 [Fini]  (Lu 257 fois)

Hors ligne Zacharielle

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Lectures de mars 2011 [Fini]
« le: 01 mars 2011 à 22:51:55 »
Dans ce fil, vous pouvez partager des fragments de vos lectures quotidiennes (assidues hm).

*

Ma lecture préférée du jour :

Léopold Sédar Senghor dans Chants d'ombre

"C'est le temps de partir"

C'est le temps de partir, que je n'enfonce plus avant mes racines de ficus dans cette terre grasse et molle.
J'entends le bruit picotant des termites qui vident mes jambes de leur jeunesse.
C'est le temps de partir, d'affronter l'angoisse des gares, le vent courbe qui rase les trottoirs dans les gares de Province ouvertes
L'angoisse des départs sans main chaude dans la main.
J'ai soif j'ai soif d'espaces et d'eaux nouvelles, et de boire à l'urne d'un visage nouveau dans le soleil
Et ne m'écartent pas des chambres d'hôtels ni la solitude retentissante des grandes cités.

Est-ce le Printemps - partir ! - cette première sueur nocturne, le réveil dans l'ivresse... l'attente...
J'écoute aérienne - plus bas la batterie des roues sur les rails - la longue trompette qui interroge le ciel.
Ou n'est-ce que le hennissement sifflant de mon sang qui se souvient
Tel un poulain qui se cabre et rue dans l'aurore de Mars ultime ?
C'est le temps de partir.

Voilà bien ton message.
Etait-ce au bal du printemps que tes yeux ouverts te précédaient ?
Toi si semblable à celle de jadis, avec ton visage sarrasin et ta tête noire qui flamboie comme le sommet de l'Estérel.
Tes compagnes s'écartaient, jours laiteux d'hiver ou colombes sous les flèches d'une déesse.
Ma main reconnut ta main mon genou ton genou, et nous retrouvâmes le rythme premier
Et tu partis. C'est le temps de partir !
« Modifié: 09 avril 2011 à 17:22:09 par Milora »
(je suis actuellement en clavier qwerty)

Hors ligne Loredan

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Re : Lectures de mars
« Réponse #1 le: 05 mars 2011 à 22:43:16 »



Keats, When I have fears (1818) :

When I have fears that I may cease to be
Before my pen has glean'd my teeming brain,
Before high piled books, in charact'ry,
Hold like rich garners the full-ripen'd grain;
When I behold, upon the night's starr'd face,
Huge cloudy symbols of a high romance,
And think that I may never live to trace
Their shadows, with the magic hand of chance;
And when I feel, fair creature of an hour,
That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the faery power
Of unreflecting love!—then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
Till Love and Fame to nothingness do sink.

« Modifié: 05 mars 2011 à 22:46:34 par Loredan »
Do the alligator!

Hors ligne Zacharielle

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Re : Lectures de mars
« Réponse #2 le: 07 mars 2011 à 12:37:37 »
François Villon, "Rondeau"

Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur ;
Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisait-elle en vive,
     Mort ?

Deux étions et n'avions qu'un cœur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par cœur,
     Mort !
(je suis actuellement en clavier qwerty)

Hors ligne ernya

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Re : Lectures de mars
« Réponse #3 le: 07 mars 2011 à 13:10:21 »
"Le hareng saur" Charles Cros


Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.
"La beauté sera comestible ou ne sera pas."
Salvador Dalí.

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Re : Lectures de mars
« Réponse #4 le: 07 mars 2011 à 23:39:38 »
A.E. Housman
 (Sans titre - pour les morts de la première guerre mondiale)



Here dead lie we because we did not choose
To live and shame the land from which we sprung.
Life, to be sure, is nothing much to lose;
But young men think it is, and we were young.


C'est ce soir que je meurs, ma chère Tombe-Issoire / Ton regard le plus beau ne fut qu'un accessoire / De la machinerie étrange du bonjour.
Adieu ! Je vous aimai sans scrupule et sans ruse / Ma Folie-Méricourt, ma silencieuse intruse / Boussole à flèche torse annonce le retour.
(Desnos)

 


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