Bon, je voulais pas ouvrir un fil juste pour ce livre, alors je vais le faire ici.
Je suis bien sûr un grand fan de Vian, ses musiques et ses livres (j'ai lu quoi déjà, l'écume des jours biens sûr, l'herbe rouge, l'arrache coeur, un automne à pekin qui est un de mes préférés, bref)
Pour sûr, Boris Vian n'est pas un grand écrivain du vingtième siècle - littératurement parlant.
Du coup je suis moyennement d'accord avec Nabokov, je trouve que c'est justement ses expérimentations qui en font un grand écrivain -pluriel car il à chanté aussi- et qu'elle ne sont pas qu'expérimentations et ont aussi du sens, et pour moi un grand écrivain, c'est celui qui devient populaire et continue à parler aux gens 100 ans après, je crois que Boris Vian sera considéré comme un très grand écrivain et pas juste un bon écrivain dans les générations à venir justement pour son écriture stylisée. (me trompe peut être)
Je voulais vous parler de
Conte de fées à l'usage des moyennes personnesC'est un livre vraiment curieux pour être honete

C'est tout simplement le premier livre de Vian.
Enfin livre, à l'origine c'était juste une 'balgue', il écrivait cette histoire pour sa femme malade clouée à sa chambre d'hopital, pour la distraire. Le livre est en deux partie (pour la version livre de poche), le texte originel et le texte commencé à être revu par Vian, corrigé, modifié, peut être en vue d'une publication (on rappelle que c'est son premier texte)
Pour parler du livre, c'est une réappropriation des conte classique à but humouristique. En fait pour être franc , pour moi ce n'est pas un bon texte, et il faut lire soit en étant fan ce Vian, soit en prenant du recul en tant qu'écrivain.
Le découpage des chapitre est très court, l'avancée de l'histoire prend parfois des tournant un peu sortis de nulle part. Y'a une cohérence, bien sûr, et un univers dont on sent qu'il est peint au fur et à mesure, et à la fin on se dit que c'est interessant à explorer, mais que du coup c'est uniquement à travers des scnettes mises ensembles, et ca semble un peu bancal.
Le style reste assez simpliste, énormément de phrases commencent uniquement par des 'il' ou 'ils', très très classique en fait. Il y a énormément d'humour, et à ce niveau là il s'essaye, tatonne, Nienna plus haut relève ses parenthèses, il en utilise énormément, et plein d efois c'est inventif et ca marche vraiment. Mais à un moment on sent une overdose de tirets et de parenthèses qui perdent un peu les structures des phrases.
Et c'est là où intervient la deuxième écriture (je ne sais pas si toutes les versions du livre sont comme ça, en tout cas la mienne oui). Elle n'est malheureusement pas finie....
Là Vian à carrément coupé les premiers chapitres, sans doute qu'il a trouvé qu'ils n'apportaient rien à l'avancement de l'histoire. Il a également beaucoup coupé les parenthèses et tirets pour ne garder -pas toujours mais presque- que celles qui fonctionnaient bien.
Mais globelement j'ai trouvé ce début de réecriture trop épuré par rapport au texte de base, s'enlevant beaucoup de son originalité et fraicheur première. Ca doit être pour ça qu'il est supposé qu'il preparé ce texte pour être édité, et c'est à mon sens ce qui fait que c'est très interessant, dans le rapport corrections et dans l'optique de vouer le texte à un public plus grand : ou en tout cas ce que l'auteur à pensé devoir faire pour vouer ce texte à un public plus grand.
Alors je parait très négatif comme ça, mais on retrouve des choses très bonnes tout de même ! On retrouve tout simplement l'humour, le surréalisme de Vian déjà présent depuis le début, son sens de l'innovation et de raconter les choses differement, bref toute la fantaisie qui a fait son succès est là ! Son talent brut était là et pourtant pas encore travaillé. Et c'est d'autant plus interessant que de le voir là, dans ce texte, tatoner, essayer des choses, et commencer à travailler son style, en gardant des choses en améliorant d'autres et en supprimant ! Les premices de Vian quoi !
Bref je conseille vraiment ce livre, juste par curiosité parce que c'est interessant à voir, marrant aussi, mais surtout de ne pas s'attendre à quelque chose de grandiose.