Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 mars 2019 à 10:56:43

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Auteur Sujet: Histoire  (Lu 2875 fois)

Hors ligne Lo

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Histoire
« le: 21 mars 2007 à 19:10:03 »
Bonsoir à tous :)

Sur le modèle du sujet sur les "Elections présidentielles", voici un sujet dédié à... l'histoire ! Et oui, il revient, quoiqu'il ne revête pas la forme d'une section ;)


Des débats et des sujets développés sur des points précis de l'Histoire sont une source d'inspiration non négligeable pour les bâtisseurs d'univers que nous sommes ou tendons à devenir... Apprendre sur les coutumes de tel ou tel peuple, sur telle ou telle stratégie décisive, nous permettra d'enrichir nos mondes (voire nos intrigues) et leur donnera une profondeur valorisante ;)

Bien sûr, tous les sujets ne conviendront pas à l'univers que vous formez ; dans ce cas, vous pourrez donner des conseils à un membre sur (par exemple) "Comment insérer telle coutume dans une société qui ne s'y prête pas à première vue ?"
Cela pourra également générer une originalité bienvenue :)

La présentation est simple : vous mettez en premier dans votre réponse le sujet auquel vous participez en gras.

ex : Les artisans de la Vallée des Rois
Bla, blablabla, blabla gna patabla...

Préciser le sujet est donc essentiel à la compréhension de votre réponse ! Vous pouvez ouvrir de nouvelles discussions en précisant entre crochets [new] pour marquer le début.
 
J'établirai une liste sur tous les sujets abordés à la fin de ce message.

Bonne lecture, et enrichissons-nous !


Loredan


***

La liste des sujets en cours :

...

Mise à jour le 21/03 à 19h
« Modifié: 03 mai 2008 à 21:57:55 par Loredan »
"Il était tard lorsque nous bûmes." (René Daumal)

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[new]16e siècle : la Saint-Barthélemy
« Réponse #1 le: 06 avril 2007 à 14:21:31 »
Bon alors, j'inaugure cette "section" avec l'un des évènements les plus passionnés du XVIe siècle... J'espère que c'est assez lisible pour ceux qui ne connaissent pas trop (vu que je suis plongée dedans, je fais parfois des raccourcis ^^)

La Saint-Barthélemy
23-29 août 1572

Contexte
La Saint-Barthélemy (massacres de Paris) éclate au beau milieu de ce qu’on nomme couramment les Guerres de Religion, qui naissent d’une opposition entre les catholiques et les huguenots, déjà forte au milieu du 16e siècle. Ce conflit se retrouve bien sûr autour du roi en la personne des Guises (catholiques) et de Coligny, Condé (huguenots). C’est un événement extrêmement important pour comprendre le changement politique qui s’opère en 1572. Avant la nuit de la Saint-Barthélemy, les huguenots et les catholiques s’étaient rapprochés, et le mariage célébré entre Henri de Navarre (futur Henri IV) et Marguerite de Valois (la Reine Margot) était le symbole de cette réconciliation. Mais le 23 août 1572 signe la fin de ce rapprochement.

Interprétations
Le sens des massacres fait l’objet d’une controverse entre les historiens, notamment au sujet du rôle de Catherine de Médicis (la reine mère), de celui du roi Charles IX, de l’influence de l’Espagne, et de l’importance des facteurs religieux ou politiques.
Quoi qu’il en soit, on peut distinguer trois étapes :

Première étape : attentat manqué contre Coligny, le 22 août 1572
Alors que l’amiral rentrait chez lui après un Conseil Royal au Louvre, il reçoit un coup d’arquebuse dans le bras. Il ne meurt pas, mais est gravement blessé. La légende désigne Catherine de Médicis comme le commanditaire de ce crime. Ce n’est en réalité qu’une hypothèse et elle est peu probable : étant la cheville ouvrière de la réconciliation entre huguenots et catholiques, on comprend mal les motivations qui auraient poussé la reine mère à assassiner l’un des chefs du parti huguenots (devenu son gendre !). Qui alors ? Le roi d’Espagne, Philippe II, en voulait à Coligny car ce dernier souhaitait aller aider les révoltés des Pays-Bas (qui appartenaient à l’Espagne). Le duc Henri de Guise le soupçonnait d’avoir eu un rôle dans l’assassinat de son père, François de Guise en 1563. Même l’auteur de l'arquebusade, Maurevert, avait des raisons de se débarrasser de Coligny, puisque celui-ci avait juré de venger son lieutenant, tué par Maurevert.

Deuxième étape : la nuit des massacres, le 23 août 1572
A l’origine, il s’agit d’une décision politique d’exécuter un nombre limité de chefs huguenots, mais les circonstances de cette décision restent obscures. Le roi fait l’objet de nombreuses pressions : l’Espagne, qui attise la peur de Charles IX de se faire ôter la couronne, les Guises qui souhaitent le départ des « modérés » (artisans de la réconciliation) du Conseil Royal pour faire pencher la politique vers l’intransigeance ; de plus, les Guises contrôlent plus ou moins la population de Paris, et agitent sous le nez du roi la menace d’une insurrection parisienne. Le problème reste de savoir si le roi a agit sous la pression ou s’est décidé lui-même. Les versions romanesques montrent, peut-être à tort, un jeune roi terrorisé s’écriant  « tuez les tous, et qu’il n’en reste pas un seul pour me le reprocher ! » Mais ce qui est sûr c’est que la décision qu’il va prendre achèvera l’époque d’une politique de tolérance civile.

Au petit matin du 24 août, le duc de Guise se rend avec une troupe au logis de l’amiral. Certains des compagnons de ce dernier sont tués, d’autres s’échappent par le toit. Coligny est tué, son cadavre est jeté par la fenêtre et tombe aux pieds de Henri de Guise qui l’identifie. Le peuple s’acharne sur le corps, qui est mutilé, émasculé, traîné dans la boue, jeté dans la Seine puis repêché et suspendu au gibet de Monfaucon, sous lequel est allumé un bûcher.

Troisième étape : les massacres généralisés
On a sous-estimé alors la tension extrême qui régnait dans la capitale. Les parisiens, alors travaillés par les sermons enflammés des prédicateurs catholiques, sont scandalisés par l’union d’Henri et de Marguerite ; c’est donc l’explosion d’une fureur religieuse, déclenchée par la conviction que le roi, en faisant exécuter les chefs huguenots, est miraculeusement revenu à son devoir d’exterminer l’hérésie.
La plupart des compagnons de Coligny et de Henri de Navarre, comme Charles de Téligny ou François de la Rochefoucauld, sont tués dans la cour du Louvre ou dans les maisons du quartier de Saint-Germain-l’Auxerrois. Quelques huguenots échappent à la mort (Maximilien de Béthune, futur Sully, par exemple), d’autres doivent abjurer (Henri de Navarre, Condé)…
Mais Charles IX est impuissant à arrêter ces massacres qui, hors du Louvre, atteingnent tous les réformés, sans distinction d’âge ou de sexe, dont les cadavres dévêtus et souvent affreusement mutilés sont jetés dans la Seine. Les tueries de masse continuent jusqu’au 29 août à Paris, puis ont des échos en province (Meaux, Orléans, Angers, Lyon, Rouen, Troyes, Bordeaux, Toulouse, Albi). Il y eu peut-être en tout dix mille morts.

Anecdote :
Vous connaissez peut-être le film la Reine Margot (tiré du livre d’Alexandre Dumas) ? Eh bien, comme vous avez pu le constater en lisant cet article, il n’est pas dénué d’intérêt historique ; mais de plus, on sait que Marguerite de Valois, la jeune épousée, parvint à sauver la vie de trois gentilshommes, dont le premier, blessé, s’est réfugié dans sa chambre. Ça ne vous rappelle rien ? ;)

Voilà, pour ce premier sujet, un peu sanguinolent. Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Ambrena

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Re : Histoire
« Réponse #2 le: 22 avril 2007 à 19:21:38 »
Dans le livre de Dumas dont a été tiré ce film, il existe justement tout un chapitre, écrit de manière magnifique, qui relate ce passage sanglant de l'histoire de France. Il se nomme tout simplement "La nuit du 24 août 1572".

Il décrit très bien la manière de laquelle "l'être humain moyen", ici Coconnas, peut être amené à blesser, voire tuer, des personnes qu'il connaît vaguement ou avec lesquelles il a déjà parlé, juste par fanatisme religieux et frénésie du groupe.

Dumas raconte aussi de manière romancée comment son personnage éponyme, la reine Marguerite de Navarre, sauve à la fois le futur Henri IV et un jeune gentilhomme protestant inconnu...Le célèbre marquis de la Mole.
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

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Re : Histoire
« Réponse #3 le: 26 juin 2007 à 00:18:43 »
Je suis dégouté de l'Histoire (contemporaine du moins, c'est à dire du XXème siècle) depuis cette année de Terminal : les cours d'Histoire-Géo et leurs programmes horriblement excessifs ont détournés tout mon intéret pour cette période ...  :(

Va me falloir du temps pour récupérer un quelconque intérêt pour ces domaines ...  :-\
Hey, John !

Hors ligne Milora

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Re : Histoire
« Réponse #4 le: 26 juin 2007 à 11:12:50 »
Contemporain, c'est XIXè et XXè, en fait.
Moi j'aimais pas non plus, au lycée, ces eux périodes. Et puis en hypokhâgne, on a fait le XIXè siècle, et c'est vraiment différent de l'optique du lycée : on fait tout dans le siècele : pas que la révolution industrielle et les régimes politiques. Il y a aussi toute l'historie sociale, l'histoire des mentalités, des représentations, des inventions, etc. Et du coup, j'ai beaucoup aimé ! Bon, je préfère quand même l'histoire ancienne, ou médiévale (quoi que j'en ai pas fait après le lycée, de l'historie médiévale), mais bon. Moderne, c'est pas mal non plus (on a fait le XVIIIè siècle, mais c'était l'Atlantique au XVIIIè siècle. Passée l'étude des taxes des bateaux & Cie, j'ai bien aimé faire la vie sur les navires, et tout le vocabulaire maritime ^^). Donc je pense que toute histoire a son charme, mais ça dépend vraiment de comment c'est rpésenté
(Même si on a aussi fait les Etats-Unis au XXè siècle, et que j'ai nettement moins accroché)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ambrena

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Re : Histoire
« Réponse #5 le: 26 juin 2007 à 23:59:26 »
Ah? Moi, l'hypô m'a plutôt "fâchée" avec le XIXème siècle, au contraire, car même si j'aime bien les arts et la mentalité de cette période, notre cours était centré sur l'histoire politique, ce qui m'a pas mal dégoûtée. Parce que c'était une horreur d'apprendre toutes ces dates de changement de régime, ainsi que les modes de scrutins et les familles politiques... :'( Le seul point positif, c'est que le cours était d'actualité, car on était en période d'élections, donc on pouvait faire des parallélismes avec notre époque.

En revanche, j'ai adoré faire de l'histoire médiévale... J'aimais déjà cette période, mais là, ça a été l'apothéose! Arts, religion, croyances, société, c'était vraiment fascinant! C'est le cours d'histoire de mon année d'hypô dont je ramène les meilleurs souvenirs!

Et pour finir, nous avons nous aussi fait les Etats-Unis au XXème siècle, et j'ai bien aimé, car on pouvait rattacher aux Etats-Unis de nos jours et à des éléments que l'on connaissait déjà. Et c'est une période très intéressante sur le plan culturel: Harlem Renaissance et le jazz, les débuts du rock avec leurs "guitar idol", le mouvement hippie et la contre-culture... C'est génial de parler de tout ça en cours!  ^^
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Re : Histoire
« Réponse #6 le: 05 août 2007 à 14:56:47 »
Justement, ce que j'aime dans l'histoire, c'est qund c'est éloigné de nous, quand c'est "exotique", lointain, que ça nous confronte à l'autres façons de penser, c'est un peu comme de rentrer dans un roman, ou de voyager...

Je reconnais que les USA au XXè, c'était instructif - je ne vois plsu les séries américaines de la même façon ! Mais c'était presque plus de la sociologie que de l'historie, pour la fin de la période (histoire sociale des années 80...)

J'ai adoré les grecs au Vè siècle avant JC, qu'on a fait en historie spé, parce que c'était vraiment différent de notre époque, c'est d'autres façons de penser, d'autres organisations...

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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