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18 novembre 2019 à 23:22:42

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Auteur Sujet: Quelques rides (Fabien Clouette)  (Lu 78 fois)

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Quelques rides (Fabien Clouette)
« le: 08 novembre 2019 à 17:01:54 »
*Baffe.*


La baffe, je ne l'ai pas vu venir.

Parce que j'ai lu, lu, lu, je me suis évertué, c'est-à-dire que j'ai eu la lecture poussive... je me suis un peu emmerdé, j'ai un peu jugé, je me sentais à côté de la plaque, jamais dans ma lecture, et quand j'ai refermé le livre je me suis dit, bon, toute expérience littéraire est-elle nécessairement à publier ?

Depuis que j'ai fini ce livre, je ressens un manque. C'est vrai qu'il est plutôt court, mais je peux vous dire que j'étais plutôt indifférent que ça se termine, que je l'ai refermé et puis voilà. Et donc maintenant. Je ressens un manque et chaque jour, quand je me dis que peut-être je pourrais lire un peu, je me dis : "Ah tiens, je pourrais relire une page ou deux de Quelques rides..."

Donc je ne sais pas trop comment vous présenter ce livre.

Résumé des éditeurs :
(pré-scriptum : il est absurde de faire un résumé de ce livre. Mais il fallait bien qu'ils le fassent, je les comprends)
Un petit village en bord de mer, agrégé autour de l’hôtel de la famille de Capvrai. Les parents vieillissant, c’est le fils qui reprend la charge de l’établissement. Enfin pas directement, puisque ce dernier est convaincu que c’est son frère, le Chef, mort prématurément dans son enfance, qui assume cette responsabilité. C’est que Capvrai a deux personnalités : celle de son frère décédé et la sienne, perdue dans les brumes de l’enfance. Porté par l’ambition d’une famille de notables, le village change et s’ouvre progressivement au tourisme. La construction d’un deuxième hôtel met en péril le fragile équilibre de sa vie, et le pousse, par trois fois, à tuer. Un procès s’ensuit, accompagné d’une expertise psychiatrique. Cashon, un assistant médical plus intéressé par les ragots du village que par sa fonction, est chargé d’établir les résultats de l’expertise et de son enquête. C’est ce texte éclaté et taché de beurre de sandwich qui est donné à lire ici.

Après les éditeurs disent ça :
"Dans une langue neuve, qui doit beaucoup au pouvoir d’évocation du cinéma, Fabien Clouette emmène le lecteur dans les méandres de la psyché de ses personnages, entre les réflexions hallucinatoires de Capvrai et les commérages de Cashon. Mais le réel, que le lecteur croit découvrir en reconstruisant l’histoire tapie sous le témoignage de Capvrai, semble sans cesse se dérober. Les habitants de ce village directement sorti de Twin Peaks s’agitent ainsi sous nos yeux, comme autant de marionnettes dont les mobiles demeurent incompréhensibles. À la manière d’un polar – mais d’un polar qui serait essentiellement roman noir, tragédie, huis clos à ciel ouvert – ce qui est donné à voir dans ce roman, ce sont seulement les quelques rides qui affleurent à la surface."

Et il y a une super critique de Lou Darsan (Addict Culture, 19 mai 2016, relayée sur le site de l'Ogre d'ailleurs) dont je trouve que les mots dégagent complètement l'incroyable intérêt du texte :

"Revenir à ces premières pages, pour s’accrocher à l’intrigue, quand les suivantes désorientent. Puis comprendre que le livre n’est pas contenu dans les faits. Que les événements et les lieux sont prétextes et matières. Que tout se joue dans les mouvements et les glissements, le cadrage, la focale. Dans les images qui surviennent. Celles que l’auteur induit, celles que l’on recompose à partir des fragments happés, celle que l’on invente. Apprécions que l’on nous ouvre la cage et que l’on nous relâche, lecteurs fauves, dans le roman. Prenons le risque d’une lecture libre."

Vraiment je sais pas quoi dire de ce livre, enfin je saurais mais les éditeurs et elle viennent d'en parler avec beaucoup de détails déjà, je pense que lire les premières pages c'est tout ce qu'il vous faut, en fait.

C'est une langue en effet très cinématographique, mot qui est très à la mode pour qualifier des styles, employé beaucoup trop souvent. Mais là bah ça colle. Le récit est très compliqué à suivre, parce que justement, c'est image sur image. Et parce que l'auteur n'a probablement pas la moindre envie que le lecteur aille d'un point A à un point B. Si un récit classique était un alphabet allant de A à Z, je dirais que dans Quelques rides on a mélangé les lettres, puis qu'on en a tiré une quinzaine au sort, et que chaque lettre apparait plusieurs fois, mais souvent de travers ou carrément sous une autre. Bon c'est la merde, en terme de reconnaissance linéaire.
Le vocabulaire est riche et déroutant.
Si vous aimez les expériences de lecture déroutantes, je recommande ce texte. Ça fait quinze jours et j'en suis pas encore sorti.

Ce qui est assez intrigant aussi, c'est qu'un autre texte m'a fait ça cette année, lecture poussive au début, pas convaincu, faut-il-vraiment-dire-oui-à-toutes-les-expérimentations etc., et à un moment (le texte faisait 350 pages, contre 150 ici, ce qui explique peut-être pourquoi l'addiction à Clouette est arrivée seulement après avoir refermé le texte...) je suis tombé dedans, addiction au style qui perdure après lecture et croissance de mon amour pour le texte dans les mois qui suivent sa lecture. Ce qui est intrigant dans cette histoire, c'est que cet autre texte est aussi publié aux éditions de l'Ogre. C'est chelou et très enthousiasmant, en terme de travail éditorial / d'identité éditoriale.
« Modifié: 08 novembre 2019 à 17:04:35 par Lo »
"Il était tard lorsque nous bûmes." (René Daumal)

 


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