Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 décembre 2019 à 03:09:29

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Les mésaventures de Bodrick le Barde (réponse à un défi)

Auteur Sujet: Les mésaventures de Bodrick le Barde (réponse à un défi)  (Lu 223 fois)

Hors ligne Ayana

  • Tabellion
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Les mésaventures de Bodrick le Barde (réponse à un défi)
« le: 03 novembre 2019 à 16:39:05 »
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« As-tu déjà entendu l'histoire de Bodrick le Barde? »

   Synara chercha dans ses souvenirs quelques secondes puis secoua la tête avant de s’asseoir sur la chaise que Ménariôn lui indiquait.

« C'était un barde qui vivait à l'époque du Roi Tobias. Il était très populaire et particulièrement renommé pour la beauté de ses vers et la justesse de ces histoires. Il se targuait personnellement d'être le serviteur fidèle de tout ce qui était beau et vrai en ce monde, l'enfant incorruptible de la vérité. »

   Ménariôn eu un sourire indulgent face à l'expression amusée de la jeune fille.

« Ses mots exactes, j'en ai bien peur. Pour sa défense, j'ai rarement rencontré de troubadour qui se distingue par sa mesure ou son humilité. »

   Le sourire de Synara s'élargit. Malgré son amour immodéré pour les mots et les arts en général ce n'était pas la première fois que son maître exprimait une forme de dédain pour la profession de troubadour. Pour lui il semblaient être un mal nécessaire : des agents essentiels pour collecter et transmettre l'histoire et la culture d'un pays, mais dont les méthodes et le style ne parvenait pas à satisfaire son tempérament sévère et mesuré d'érudit.

« Et que lui est-il arrivé ?, l'encouragea la jeune fille avant qu'il ne partes dans une nouvelle digression sans fin sur les mérites et démérites de la poésie en vers.
- Comme la plupart des bardes il n'était pas capable de rester en place dès que les beaux jours revenaient, et une année il décida de pousser ses voyages jusque dans les royaumes du nord. »

   Synara ne pu cacher sa surprise. Elle avait étudié le travail de nombreux bardes célèbres lors de ces études avec le Frère Noui mais ce nom lui était totalement inconnu.

« J'ignorais que les troubadours voyageaient aussi loin au nord.
- C'est le seul, à ma connaissance. Le récit de voyage qu'il a finalement écrit est d'ailleurs l'un des uniques témoignages que nous ayons sur la vie de nos voisins. Je le sortirai des archives pour que tu puisses le consulter, malgré son style pompeux c'est une lecture des plus instructive.

   Synara hocha la tête et ajouta l'ouvrage à la liste mentale des livres que son mentor lui avait demandé de consulter, et qui s'allongeait inexorablement à chacune de leur rencontre.

« A part lui nous ne possédons que quelques récits de voyageurs et des rapports d'émissaires du roi recueillis entre deux guerres. Et si le style de Bodrick est beaucoup trop fleuri à mon goût cela reste un plaisir à lire à côté des rapports laborieux et sans vie de ces grattes papiers.
- Et que lui est-il arrivé dans les royaumes du nord ?, demanda à nouveau la jeune fille, espérant cette fois retenir l'attention fuyante de son professeur.
- L’histoire veut que sa réputation l'ai précédé, et qu'à peine arrivé dans les royaumes du nord il ait été convoqué à la cour d'un chef d'une tribu puissante.
- Et il s'y ait rendu ? N'était-ce pas risqué ? s'inquiéta Synara au vu des nombreuses histoires qu'elle avait entendu sur la cruauté de ces chefs redoutables, qui régnaient sur leurs sujets avec une main de fer.
- Je doute que l'escorte armée envoyée par le chef et son épouse lui ait laissé beaucoup de choix. Peu importe si tu reconnais l'autorité d'un dirigeant ou non, une question posée hache à la main a souvent tendance à limiter le nombre de réponses envisageables.»

   L'elkarane acquiesça, se rappelant la présence intimidante et le regard sans pitié des bandits qui avaient tenté de s'attaquer à Hichoo et à elle le soir de sa Confirmation.

« Quoiqu'il en soit, reprit Ménariôn, ce chef avait pour reine une femme nommée Daki, aussi laide que terrible. Sa réputation était telle que personne, même dans les tribus voisines, n'osait critiquer quoique ce soit à son égard de peur d'y perdre la vie. Ce qui bien sûr, ne lui laissait aucune chance d'améliorer sa charmante personnalité ou de démentir la haute opinion qu'elle possédait d'elle-même. Tu peux donc imaginer l'effroi de notre cher Bodrick lorsqu'il se retrouva face aux deux souverains qui lui confièrent la mission de composer une ode en hommage à la maîtresse des lieux. »

   Synara imaginait sans mal la scène. Bodrick, tremblant et sans défense au milieu d'une horde de nomades sanguinaires. Regrettant la folie qui l'avait poussé à venir chercher l'aventure dans une contrée si inhospitalière, priant les dieux de le laisser retourner en son pays vivant et en un seul morceau.

« La reine lui a donné deux jours et deux nuits pour se mêler à sa cour et écrire son chef d’œuvre, sans oublier de lui signifier qu'un refus ou une œuvre indigne d'elle signerait son arrêt de mort.
- C'est un peu radical comme façon de commanditer une œuvre non ?
- La vie d'artiste est ainsi faites, et on ne choisit pas toujours ses mécènes, acquiesça Ménariôn avec un air compatissant. Dans ce cas précis la reine Daki avait visiblement mis un point d'honneur à montrer la hache qu'elle emploierait elle-même pour trancher le coup du barde si ses espoirs étaient contrariés. La description qu'en rapporte Bodrick est particulièrement saisissante. »

   Il était clair que son maître prenait un malin plaisir à raconter son histoire, bien qu'elle ne doutât pas une seconde qu'il ait également une leçon bien précise en tête pour son élève.

« Comme tu peux l'imaginer, pour un troubadour, et en particulier un avec sa réputation, le dilemme était de taille. Renier tout ce en quoi il croyait en pervertissant son art par le mensonge et la flatterie... Ou perdre la vie et laisser sa tête finir en accessoire de décoration pour la salle du trône.
- Qu'a-t-il fait ?, s'enquit avidement la jeune fille qui commençait elle-même à se prendre au jeu.
- En définitive, ni l'un ni l'autre. Bodrick a composé l'un des plus beau poème courtois que la cour de la reine ait jamais entendu. Il y a décrit la beauté de son port altier, le sang pur qui coulait dans ses veines après des siècles de mariages entre les plus beaux partis du royaume, la grâce exquise de ses gestes alors qu'elle allait prendre sa juste place au côté du Roi siégeant sur son trône. Si ma mémoire est bonne il y avait tout une strophe sur l'éclat de ses yeux brillants comme l'éclat de l'acier au clair de lune et une autre sur la fougue avec laquelle elle était prête à défendre son roi contre les hordes de ses ennemis.
- Et cela a plut à la reine, ce genre de comparaison ? s'étonna la jeune fille.
- Il s'agit d'un peuple à la culture profondément guerrière, ne l'oublie pas. La reine a été enchantée et Bodrick a reçut l'autorisation de repartir aussitôt à condition de propager son hommage vibrant à la reine à travers le monde connu.»

   Ayant terminé son histoire, Ménariôn se radossa à son siège et observa attentivement son élève.

« Il semblerait qu'il n'est pas eu trop de mal à mentir, en fin de compte, fit remarquer celle-ci sans cacher sa déception.
- Pas vraiment. Si la reine et sa cour n'avait pas été trompés par les effets de style et le ton confiant de Bodrick il aurait pu aisément s'apercevoir que le poème parlait de la chienne préférée du chef. La même qui ne le quittait jamais et qui se trouvait dans la pièce à quelques centimètres de la reine au moment même où celle-ci écoutait avec ravissement les envolées lyriques de notre brave Bodrick. »

   Synara accueillit la nouvelle avec surprise et, ne doutant pas de la véracité de l'anecdote, se demanda à quel point le barde avait toutefois enjolivé son histoire en la rapportant de ce côté de la frontière.

« Alors jeune gardienne, d'après toi quelle leçon peut-on tirer de cette histoire ?
- Je pense que vous me conseiller d'être un peu plus comme Bodrick. Et de me dire qu'il serait dangereux de se rebeller ouvertement contre le roi.
- Ce que je voulais dire, Synara, c'est qu'il y a parfois plus d'une façon de rester fidèle à ses principes sans pour autant jeter par la fenêtre toute forme de pragmatisme. Et qu'il n'y a aucun déshonneur à accommoder les désirs des grands de ce monde pour préserver quelque chose qui en vaut la peine. Si Bodrick avait simplement refusé de céder à la reine Daki il aurait été exécuté sur le champ et le monde aurait perdu un témoignage précieux, sans parler de toutes les autres histoires que nous lui devons. Et si les elkarans avaient décidé de rentrer en conflit ouvert avec le roi ou n'importe lequel de ces prédécesseurs notre peuple se serait éteint il y a bien longtemps. »

Hors ligne Loïc

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Re : Les mésaventures de Bodrick le Barde (réponse à un défi)
« Réponse #1 le: 11 novembre 2019 à 13:59:02 »
Salut salut

Citer
« Ses mots exactes

exacts

Citer
Pour lui il semblaient être un mal nécessaire

semblaient
A mon avis tu peux simplifier : ils lui semblaient être


Citer
célèbres lors de ces études avec le Frère Noui mais ce nom lui était totalement inconnu.
ses études
virgule à Noui

Citer
Je le sortirai des archives pour que tu puisses le consulter, malgré son style pompeux c'est une lecture des plus instructive.

à m on avis il faudrait un point à consulter

Citer
Et il s'y ait rendu ?

s'y est

Citer
qui avaient tenté de s'attaquer à Hichoo et à elle le soir de sa Confirmation.

Peut-être un peu lourd ; je sais pas non plus si répéter Hichoo est nécessaire.
(Je me suis spoilé le roman, du coup)

Citer
elle-même pour trancher le coup du barde si ses espoirs étaient contrariés.

cou
C'est plus une envie qu'un espoir, mais ça sonne moins bien je trouve.

Citer
et Bodrick a reçut l'autorisation de repartir aussitôt à condition de propager son hommage vibrant à la reine à travers le monde connu.»

reçu
Mais du coup, c'est quand même de la flatterie, non ?
J'ai rien dit, la réponse venait après xD

Citer
« Il semblerait qu'il n'est pas eu trop de mal à mentir, en fin de compte, fit remarquer celle-ci sans cacher sa déception.
- Pas vraiment. Si la reine et sa cour n'avait pas été trompés

n'ait
n'avaient

Citer
- Je pense que vous me conseiller d'être un peu plus comme Bodrick. Et de me dire qu'il serait dangereux de se rebeller ouvertement contre le roi.

conseillez
Je ne comprends pas trop la deuxième phrase. "Et vous me dîtes", non ?

Citer
Et si les elkarans avaient décidé de rentrer en conflit ouvert avec le roi ou n'importe lequel de ces prédécesseurs notre peuple se serait éteint il y a bien longtemps. »

virgule à roi et à prédécesseurs.

Alors je pense pas qu'il se lise vraiment bien seul ton texte. C'est pas en termes de compréhension que parce qu'l ne s'y passe pas grand-chose et que ça ne fait vraiment sens, cette scène, que dans un ensemble plus grand. Tout seul, ça manque un peu de saveur à mon avis.

A bientôt pour de nouvelles aventures dans cet univers.
"Moi je crois aux histoire auxquelles les autres ne croient pas encore."
Angèle

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


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