Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

18 novembre 2019 à 17:20:46

Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Le petit salon » Lectures paritaires

Auteur Sujet: Lectures paritaires  (Lu 875 fois)

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Lectures paritaires
« le: 15 septembre 2019 à 11:08:18 »
Salut !

Je me suis mis à utiliser, en début d'année, un tableur de lecture diffusé par Grimm, histoire de tenir la liste de ce que je lis, et de m'amuser à en tirer quelques stats aussi : voir le ratio français / langue étrangère, la répartition des éditeurs, etc.
Il y a aussi ce ratio auteurs/auteures et, à la fin février, je me suis rendu compte que je n'avais lu que des mecs en 2019. (Plus précisément : 8 mecs, 2 anonymes...)
Je me suis dit qu'inverser la tendance, ou dans un premier temps l'atténuer, ne ferait pas de mal...

Et j'ai progressivement pris conscience que mes envies de lecture, mues par un sexisme très sournois, étaient essentiellement dirigées vers des mecs ; j'attribue ça à l'habitude, et aux classiques que je lis beaucoup et parmi lesquels on trouve essentiellement des mecs. (Oui je sais : pas que, et Madame de Lafayette pfioulala :coeur:, mais aussi George Sand qui me gonfle.) Je le vois comme ça : du fait de mon expérience de lecteur, qui s'est trouvé davantage d'écrivains que d'écrivaines à se mettre sous la dent, j'ai progressivement eu tendance à davantage accorder ma confiance à des mecs. Et je pense que peu à peu, quand j'avais le choix, sur une table de libraire, entre plusieurs auteurs, j'ai parfois (ou souvent ? ou presque tout le temps ? je saurais pas dire, parce que ça fait vraiment des mécanismes très souterrains de la prise de décision) eu tendance à préférer les auteurs aux auteures, par un sentiment inconscient de sécurité ("des mecs j'en ai plein mon top 50 ; des meufs j'ai Duras").

Du coup c'est compliqué à expliquer parce que c'est un sentiment diffus, souterrain, pas vraiment marqué... sur lequel il est difficile de mettre des mots certains ; mais pour autant je me rends bien compte qu'il a (a eu) ses entrées dans le comité de décision central de mon cerveau de lecteur...

Bref, depuis quelques mois j'essaie de lire davantage d'auteures, et en septembre j'ai ce petit défi de ne lire que des femmes. Avant de pousser des hauts cris ("c'est débile de passer d'un extrême à l'autre !"), il faut bien avoir en tête que
- hé mais c'est une expérience comme une autre
- c'est un mois : ça va concerner 5 livres à tout casser
- il se trouve que, sans en avoir conscience, l'an dernier il y a bien eu 8 mois sur 12 où je n'ai lu que des mecs. Finalement, ce serait agir avec modération que de passer les 8 prochains mois à lire des femmes !

Et je me rends compte, depuis que j'ai commencé (genre en mars) de rendre mes lectures un peu plus paritaires, que ce sentiment qui souterrainement me "donnait davantage envie" de lire un auteur plutôt qu'une auteure, s'est déjà considérablement ratatiné. C'est pour ça que je l'explique surtout par une histoire d'habitude. Mes bons souvenirs de lecture récents m'influencent, or maintenant ils sont à peu près paritaires, donc le sexe de l'artiste n'entre pas du tout en ligne de compte. (En vrai, en ce moment c'est plutôt l'inverse ; comme c'est une prise de conscience récente, j'ai un appétit d'auteures c'est assez discriminatoire haha (mais comme dit plus haut, à l'échelle de deux ans ce n'est que commencer à rétablir un semblant d'équilibre. Et ça a toujours tendance à me foutre la rage, quand la majorité ayant enfin conscience de sa tyrannie dit "bon rétablissons l'équilibre, maintenant c'est 50/50 mais attention n'en profitez pas pour vous affirmer davantage"))

J'insiste sur le fait que, jusqu'à jeter fin février un coup d'oeil aux stats de mon tableur de lecture, je vous aurais bien dit la même chose que ce que je dis aujourd'hui : que le sexe de l'artiste n'entre pas du tout en ligne de compte dans mes choix (et j'aurais été un peu outré qu'on évoque l'hypothèse inverse)... C'est vraiment cette histoire de stats qui m'a fait observer une donnée bizarre, j'ai tiré sur le fil pour essayer de l'expliquer et je me suis dit "hé mais en fait euh c'est pas très très normal, ce qui se passe inconsciemment quand tu choisis un livre"...

Et, plongé dans mon petit défi de septembre, j'observe avec un certain amusement que je commence à plutôt privilégier les auteures dans mes envies de lecture post-septembre... "oh oui, lire d'autres Gabrielle Wittkop ! oh, ouais Quentin Leclerc me fait envie mais j'ai du Monique Wittig... ah je voulais lire un autre Edward Abbey mais il me reste un Marie Cosnay en fait !"

BON ET ALORS
ça m'intéresse de savoir quelle est votre expérience sur le sujet ! Est-ce que vous avez toujours, sans vous en rendre compte, lu de façon à peu près paritaire ? Est-ce que vous êtes (ou avez été) comme moi dans une dynamique d'équilibrage ? Est-ce que ça a changé votre manière de choisir vos prochaines lectures ? Est-ce que vous tireriez la même analyse que moi (le mécanisme n'est pas sexiste en lui-même, c'est juste l'habitude, et la promesse d'une garantie de qualité, qui nous pousse à toujours aller vers le même genre de lectures ; or il se trouve que si on lit beaucoup de mecs on va avoir tendance à tomber dans cette spirale de ne plus lire qu'eux - c'est valable pour une maison d'éditions, pour un genre littéraire...) ?...
Enfin, est-ce qu'il y a quelque chose, dans tout ce que je viens de raconter, qui vous évoque votre expérience personnelle de lecteur/lectrice ?
« Modifié: 15 septembre 2019 à 11:13:27 par Lo »
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Re : Lectures paritaires
« Réponse #1 le: 15 septembre 2019 à 15:57:03 »
Je fais une réponse courte, avec une vision "naïve" de la chose (je ne me suis pas posé trop de questions quoi). Perso, j'ai vu lorsque j'ai repris mes études qu'on étudiait extrêmement peu d'auteures. A côté on a eu des modules, voire des cours entiers, sur des auteures. C'était bien mais je n'aimais pas le fait de faire des "cours spéciaux", même si ça concernait tout un semestre, pour moi il aurait été juste mieux de à côté faire en sorte que ce soit plus "paritaire" partout, sans forcément viser le 50-50, mais au moins faire un effort de ce côté-là. De plus, souvent, les cours qui abordaient les auteures étaient souvent eux-mêmes tenus par des enseignantes ! (edit : j'ai le souvenir d'un prof, quarantaine d'années, plutôt "moderne" qui nous faisaient des cours d'histoire littéraire absolument passionnants mais... avec une proportion mais juste ridicule d'auteures. Et c'était l'histoire littéraire quoi, un tronçon assez central dans le cursus, partagé par les arts du spectacle et les lettres)

Donc je dirais que ta démarche me semble pas débile : puisqu'on a tendance (même si on peut dire que ça s'améliore ?) a faire une bien plus faible "promotion" (dans le sens diffusion) des auteures, et bien faire l'expérience d'en lire exclusivement pendant un temps donné permets justement de contrer, à titre individuel, cette faible exposition à laquelle on est soumis.

Si tu connais pas Virginia Woolf (pas la plus inconnue je le reconnais) et bah y'a des choses à lire par là-bas !

« Modifié: 15 septembre 2019 à 15:58:38 par Gramme »

Hors ligne Milora

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Re : Lectures paritaires
« Réponse #2 le: 15 septembre 2019 à 16:06:01 »
C'est marrant, c'est vraiment une question que je me suis absolument jamais posée. Je fais pas du tout attention au sexe de l'auteur du livre quand je projette de le lire. Je m'étais demandé, par curiosité, si dans le top de mes livres préférés il y avait une répartition équitable homme femme et grosso modo, oui.

Du coup j'essaie de répondre à ta question mais je lis beaucoup moins que toi et en particulier en 2019, j'ai très, très peu lu. En 2019 j'ai lu : 3 femmes et 1 homme. En 2018 j'ai lu : 4 livres écrits par des femmes et 6 par des hommes (+ une lecture obligatoire de cours de langue, donc pas par choix) + une lecture où on sait pas (Elena Ferrante, on sait pas si c'est un homme ou une femme). 2017 : 4 femmes et 9 hommes, mais parmi eux il y en avait 6 antérieurs au XXe siècle (1 femme et 5 hommes), si on les retire ça fait 3 femmes et 4 hommes.
Ouais, donc, c'est à peu près paritaire si on retire les classiques (vu qu'il y a beaucoup plus d'auteurs hommes que femmes dans les classiques, ça fausse la question).
Je pense donc pas être influencée par le sexe de l'auteur quand je choisis un livre. ^^

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C'est vraiment cette histoire de stats qui m'a fait observer une donnée bizarre, j'ai tiré sur le fil pour essayer de l'expliquer et je me suis dit "hé mais en fait euh c'est pas très très normal, ce qui se passe inconsciemment quand tu choisis un livre"...
Ben faudrait surtout voir :
- la proportion totale d'hommes/femmes parmi les auteurs disponibles
- si tes genres de prédilection ont une proportion d'auteurs masculins plus grande (si tu me dis classiques ou science-fiction, ça explique facilement, quoi :mrgreen: )


Parce qu'en gros, le fond de ton post c'est un peu indirectement de se demander s'il y a une marque du genre de l'auteur dans ses textes, qui ferait que tu serais plus poussé à aller vers l'un ou vers l'autre. Je suis pas persuadée que des statistiques de lectures en elles-mêmes puissent répondre à la question...


Je fais une réponse courte, avec une vision "naïve" de la chose (je ne me suis pas posé trop de questions quoi). Perso, j'ai vu lorsque j'ai repris mes études qu'on étudiait extrêmement peu d'auteures. A côté on a eu des modules, voire des cours entiers, sur des auteures. C'était bien mais je n'aimais pas le fait de faire des "cours spéciaux", même si ça concernait tout un semestre, pour moi il aurait été juste mieux de à côté faire en sorte que ce soit plus "paritaire" partout, sans forcément viser le 50-50, mais au moins faire un effort de ce côté-là. De plus, souvent, les cours qui abordaient les auteures étaient souvent eux-mêmes tenus par des enseignantes ! (edit : j'ai le souvenir d'un prof, quarantaine d'années, plutôt "moderne" qui nous faisaient des cours d'histoire littéraire absolument passionnants mais... avec une proportion mais juste ridicule d'auteures. Et c'était l'histoire littéraire quoi, un tronçon assez central dans le cursus, partagé par les arts du spectacle et les lettres)

Donc je dirais que ta démarche me semble pas débile : puisqu'on a tendance (même si on peut dire que ça s'améliore ?) a faire une bien plus faible "promotion" (dans le sens diffusion) des auteures, et bien faire l'expérience d'en lire exclusivement pendant un temps donné permets justement de contrer, à titre individuel, cette faible exposition à laquelle on est soumis.

Ouais mais pareil : là tu parles du taux de femmes dans la reconnaissance académique de la littérature. Par "moderne", tu te réfères à ces dernières années, ou à tout le XXe siècle ? Parce qu'en fait je suppose qu'il faudrait voir quelle est la sociologie du petit nombre d'auteurs qui accèdent à une reconnaissance académique (ceux qui sont susceptible d'être nominés), et dans ce groupe-là, quelle est la proportion des femmes. Et puis aussi la sociologie des gens qui distribuent les prix littéraires qui font entrer les auteurs primés dans la petite élite des auteurs reconnus (genre le Goncourt) : ça explique sans doute une partie de la question (parce que si vous regardez la liste des prix Goncourt des 20 dernières années, on y trouve que quatre femmes).
« Modifié: 15 septembre 2019 à 16:08:23 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Lectures paritaires
« Réponse #3 le: 15 septembre 2019 à 16:15:56 »
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Ouais mais pareil : là tu parles du taux de femmes dans la reconnaissance académique de la littérature. Par "moderne", tu te réfères à ces dernières années, ou à tout le XXe siècle ? Parce qu'en fait je suppose qu'il faudrait voir quelle est la sociologie du petit nombre d'auteurs qui accèdent à une reconnaissance académique (ceux qui sont susceptible d'être nominés), et dans ce groupe-là, quelle est la proportion des femmes. Et puis aussi la sociologie des gens qui distribuent les prix littéraires qui font entrer les auteurs primés dans la petite élite des auteurs reconnus (genre le Goncourt) : ça explique sans doute une partie de la question (parce que si vous regardez la liste des prix Goncourt des 20 dernières années, on y trouve que quatre femmes).
Tu as raison, je parle de la reconnaissance académique, que j'ai raccourcie car c'est là que j'ai appris à connaître des écrivains. Je ne suis pas un grand lecteur, je n'avais lu quasiment aucun "classique" avant la fac (au lycée, je ne les lisais pas) et mes lectures persos c'était pas mal de Stephen King (toute mon enfance adolescence) et un peu de SF en tant que jeune adulte. Avec quand même bien 4 ans sans avoir lu le moindre livre. Donc j'ai ce biais de découvrir la littérature à travers sa diffusion académique.

Par "moderne", je voulais dire que c'était un mec qui enseignait le management à côté, il faisait ça pour le plaisir, il parlait de la littérature d'une façon assez souple, avec une vision que je trouvais plus large et moins engoncée que parfois.

Pour le reste de ton message, je souscris pleinement.

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Re : Re : Lectures paritaires
« Réponse #4 le: 15 septembre 2019 à 17:34:49 »
Parce qu'en gros, le fond de ton post c'est un peu indirectement de se demander s'il y a une marque du genre de l'auteur dans ses textes, qui ferait que tu serais plus poussé à aller vers l'un ou vers l'autre. Je suis pas persuadée que des statistiques de lectures en elles-mêmes puissent répondre à la question...

Hm non, j'ai surement pas été très clair (je fous mes idées en vrac à mesure que j'arrive à peu près à les formuler, en les liant comme je peux, souvent de liens de cause à effet bancals...).
Le choix, et le moment où je suis potentiellement "plus poussé à aller vers l'un que vers l'autre", se fait sans ouvrir le livre, donc sans aucune problématique "écriture féminine" et autres. C'est l'image (abstraite) que je me fais d'un livre, c'est sa couverture en gros : titre, éditeur et auteur dont le sexe est plus ou moins explicite dans le prénom. C'est pas une histoire de "y a-t-il une marque du genre de l'auteur dans ses textes". Vraiment juste : est-ce que ça change quelque chose, quand je prends acte de l'existence d'un livre, que je sache le sexe de l'auteur. Un simple préjugé, une simple angoisse de "ce livre est-il pour moi ? vais-je l'aimer ?" qui ferait que, sans même l'ouvrir, je privilégierais un autre livre.

Bref je lis vos réponses avec plein d'intérêt ; ça me fait marrer parce que, Mil, comme je le disais plus haut, y a six mois j'aurais commencé mon post exactement comme le tien :D
en effet suivant le genre ça dépend, et aussi suivant le format des textes... je veux dire, est-ce que lire la double saga de L'Assassin royal c'est lire 13 livres écrits par une femme ? j'aurais plutôt tendance à mesurer ça (avec tout ce que ça complique) en heures de lecture (= heures d'immersion au sein d'une écriture donnée). Mais bon... c'est compliqué !
De la même façon, quand on lit 12 livres, composés de 6 écrivains masculins différents et d'une écrivaine dont on a lu 6 de ses romans, est-ce qu'on peut parler de lecture paritaire ? en terme de diversité, on a lu une femme et six hommes...
Bon enfin ce sont surement des questions secondaires
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Re : Lectures paritaires
« Réponse #5 le: 16 septembre 2019 à 19:57:34 »
Bonjour

J ai longtemps toune a une moyenne de six livres par semaine - 3 romans ou serieux et 3 policiers a la bibliotheque municipale et j ai pris conscience un jour que le regard - les descriptions des personnages et des lieux par les auteurs femmes me derangeait. J ai alors decide de ne plus choisir que des auteurs hommes.

Ceci pendant une vingtaine d annees avec parfois des erreurs de choix et quand je m en rendais compte par exemple avec le Buveur de Garonne de Michèle Perrein - et si le style me plaisait - de penser qu elle ecrivait comme un homme ! ;D

Autre erreur Ayla par Jean Auel qui m a captive - le prenom Jean m avait induit en erreur !

Puis je me suis rendu compte que la pluspart des polards qui me restaient etait le fait de femmes ainsi que les romans.

Je lis moins qu avant - 6 livres par mois - et je regarde surtout la qualite des fontes la couverture et le nombre de pages ( epais j aime ) - je choisi mes 6 livres en 6 minutes a peu pres.
 
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

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Re : Lectures paritaires
« Réponse #6 le: 16 septembre 2019 à 20:03:16 »
alors, je m'arrête à la première ligne parce que ce tableur tant attendu je l'ai toujours pas eu ! :( (ou alors je suis un boulet, tout autant possible)
«J'aurais beau me crever au travail, porter des chevaux sur les épaules, faire tourner des meules et des moulins, de toute façon, je ne serai jamais un travailleur. Mon travail, quelque forme qu'il puisse prendre, il n'est perçu que comme pure caprice, espièglerie, hasard.»
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Re : Re : Lectures paritaires
« Réponse #7 le: 19 septembre 2019 à 18:58:15 »
alors, je m'arrête à la première ligne parce que ce tableur tant attendu je l'ai toujours pas eu ! :( (ou alors je suis un boulet, tout autant possible)
Je devais te l'envoyer ? :-X
mais en vrai ça se voit que tu t'es arrêté à la première ligne, parce que cette histoire de tableur est juste une mise en situation... je suis sûr que t'as une expérience à partager wo.
(Mais cette rage que je perçois en mode "tiens, de quoi parle ce topic ? ... AH MALHEUR ce fameux tableur qu'on me promit en vain !" qui m'amuse beaucoup :mrgreen:)
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Re : Lectures paritaires
« Réponse #8 le: 20 septembre 2019 à 11:57:41 »
Je m'étais plus ou moins déjà posé la question (sans aller jusqu'à faire des stats sur les différents romans que j'ai lus, il faut bien l'avouer) mais je pense effectivement avoir plus d'auteurs que d'auteures dans ma bibliothèque. Pourtant, comme l'a dit Milora (je crois), je ne prête pas non plus grande attention à l'auteur (Sauf dans le cas  où je l'ai déjà lu par le passé) mais plus au titre/couverture et à la quatrième de couverture lors de mes choix.

Est-ce à ce moment que mon cerveau va se tourner préférablement vers un homme ?
C'est possible. Mais, et cela dépasse peut-être un peu le sujet de la discussion, je n'ai jamais vraiment considéré la parité comme une égalité (Non, attendez pour les tomates, je m'explique, promis... Pis vous pourrez toujours les balancer après haha). Bien sûr, en terme de "nombre", c'est une égalité, mais en dehors de ça ? Je n'aime pas l'idée de me dire que je vais lire une auteure parce que c'est une auteure, et pas parce que j'en ai envie. (J'ai tendance à trouver ça sexiste justement, de "discriminer" par rapport au genre, même si c'est pour le faire d'une manière dite positive) Je comprends l'idée dans le sens d'une prise de conscience d'un problème, mais je ne l'aime pas de par son côté "discrimination positive" justement. Peut-être est-ce "moins pire" que ne rien faire, mais ça ne me "parle" pas.

Bref, désolé de cette digression qui, je l'espère, n'est pas tourné de manière trop maladroite, ce n'est pas forcément un sujet sur lequel je suis "à l'aise".

Du coup, pour en revenir sur le "cœur" du sujet, je pense aussi qu'il y a le genre de littérature qui peut influer sur le sexe des auteurs lus. Il y a, je crois, plus d'auteurs de SF que d'auteures. Même l'époque ou la nationalité peuvent entraîner une certaine différence à ce niveau, en terme de nombre d'ouvrage j'entends. Et il y a aussi, peut-être, ce qui est mis en avant en librairie.

Enfin, je ne sais pas trop.
Je ne pense pas faire spécialement attention au genre de l'auteur, et, si c'est inconscient, je ne veux pas non plus le faire consciemment dans un but de parité qui me ferait aller vers autre chose que ce qui me fait envie, juste pour lire une auteure. (Ce qui ne veut pas dire que si c'est une auteure dont le livre m'intéresse, je ne vais pas le lire sous ce prétexte. ^_^)


PS: Je me rends compte que ce doit être un peu confus comme réflexion. u_u
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Even if rain comes not;
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Re : Lectures paritaires
« Réponse #9 le: 20 septembre 2019 à 12:55:45 »
Suite au sujet qui se nomme "qu'avez-vous lu cette année?" ou truc du genre, je me suis enfin décidée à tenir une liste de ce que je lis et pour le moment j'ai réussi à tout bien noter en 2019, donc je suis joie de pouvoir me poser ta question, Lo  :D
Et du coup, spontanément, je crois que je choisis les livres que je lis sans me poser la question du genre de l'auteur, c'est plutôt soit quelqu'un que déjà j'aime bien, ou bien un livre qu'on m'a conseillé, ou bien une histoire qui me tente. Mais zaussi, je lis pas mal de petits romans jeunesses par curiosité de ce qui se fait (et vu que j'essaye d'en écrire (et aussi j'aime beaucoup)) et je me suis mise aux livres audio et j'ai pas tout à fait le même rapport de lecture avec eux qu'avec les livres papiers. Bref au jour d'aujourd'hui:

- Romans papiers adulte : 5 écrits par des hommes, 3 écrits par des femmes (si je compte celui que je suis à quelques pages de finir), mais si je le faisais au nombre de pages je pense que les femmes seraient loin devant.

- Romans jeunesse : 11 écrits par des hommes, 7 écrits par des femmes (+ 1 en cours écrit par des femmes)

- BD : 15 écrites par des hommes, 2 écrites par des femmes

- Livres audios : 4 écrits par des hommes, 11 écrits par des femmes

Du coup c'est euuuh disparate ?
J'ai l'impression que sur la littérature roman au final ça s'équilibre à peu près.
Par contre sur les BD  :o :o Faudrait que je regarde s'il y a des stats sur la proportion homme femme chez les auteurs de BD...


En ligne Erwan

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Re : Re : Lectures paritaires
« Réponse #10 le: 20 septembre 2019 à 14:04:06 »
Par contre sur les BD  :o :o Faudrait que je regarde s'il y a des stats sur la proportion homme femme chez les auteurs de BD...

Oui, il y a des stats, et c'est un milieu très majoritairement masculin. Mais ça a quand même beaucoup évolué.

Par contre, pour ce qui est de la question des classiques et de la reconnaissance, c'est un peu en différé que ça se joue. Ce n'est pas seulement que les jury et éditeurs sont sexistes (voir l'affaire du festival d’Angoulême), mais c'est aussi qu'il faut du temps pour construire des grandes écrivaines ou autrices de BD. Je veux dire, c'est toute une carrière, des dizaines d'années. En gros, si les écoles d'aujourd'hui sont pleine de femmes (un beau 50-50), ou même qu'elles soient majoritaires, il faudra le temps pour elles comme pour tout artiste de se construire, se faire connaître, développer leur talent au contact avec le public. Donc il faudra dix ou quinze ans pour voir les premiers effets notables... C'est vrai qu'on peut se retrouver avec des écarts assez fou entre les mentalités et les stats, et puis les femmes "colonisent" les milieux professionnels par le bas, elles mettent plus de temps à arriver au sommet (les places les plus prestigieuses étant les derniers bastions à tomber).

Après, je pense que les stats comme ceux que vous avez se regardent au cas par cas, je veux dire qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Un aspect qu'il faut prendre en compte aussi, c'est le type de livre lus, certains sont de gros bouquins de machos, d'autres au contraire, même si écrit par des hommes, peuvent mettre en avant une héroïne, des valeurs nouvelles etc qui contribuent à une évolution, et ça nuance les stats.

Après je suis dubitatif sur la discrimination positive, dans certains cas ça donne des résultats palpables, donc c'est sûrement positif, dans d'autres on s'enferme dans une vision genrée dont il faut pourtant sortir. Du coup j'aimerai bien lire plus d'autrices, mais pas juste parce que ce sont des femmes... Après faire la promo des autrices qu'on aime, ça me semble un bon moyen.

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Re : Re : Lectures paritaires
« Réponse #11 le: 21 septembre 2019 à 12:02:00 »
Mais, et cela dépasse peut-être un peu le sujet de la discussion, je n'ai jamais vraiment considéré la parité comme une égalité (Non, attendez pour les tomates, je m'explique, promis... Pis vous pourrez toujours les balancer après haha). Bien sûr, en terme de "nombre", c'est une égalité, mais en dehors de ça ? Je n'aime pas l'idée de me dire que je vais lire une auteure parce que c'est une auteure, et pas parce que j'en ai envie. (J'ai tendance à trouver ça sexiste justement, de "discriminer" par rapport au genre, même si c'est pour le faire d'une manière dite positive) Je comprends l'idée dans le sens d'une prise de conscience d'un problème, mais je ne l'aime pas de par son côté "discrimination positive" justement. Peut-être est-ce "moins pire" que ne rien faire, mais ça ne me "parle" pas.

Bref, désolé de cette digression qui, je l'espère, n'est pas tourné de manière trop maladroite, ce n'est pas forcément un sujet sur lequel je suis "à l'aise".

Du coup, pour en revenir sur le "cœur" du sujet, je pense aussi qu'il y a le genre de littérature qui peut influer sur le sexe des auteurs lus. Il y a, je crois, plus d'auteurs de SF que d'auteures. Même l'époque ou la nationalité peuvent entraîner une certaine différence à ce niveau, en terme de nombre d'ouvrage j'entends. Et il y a aussi, peut-être, ce qui est mis en avant en librairie.

Enfin, je ne sais pas trop.
Je ne pense pas faire spécialement attention au genre de l'auteur, et, si c'est inconscient, je ne veux pas non plus le faire consciemment dans un but de parité qui me ferait aller vers autre chose que ce qui me fait envie, juste pour lire une auteure. (Ce qui ne veut pas dire que si c'est une auteure dont le livre m'intéresse, je ne vais pas le lire sous ce prétexte. ^_^)


PS: Je me rends compte que ce doit être un peu confus comme réflexion. u_u[/justify]
Non, c'est pas confus !
C'est la question que pose la logique de la discrimination positive : doit-on volontairement favoriser une catégorie habituellement discriminée pour compenser la discrimination, ou au contraire s'efforcer de gommer la différenciation pour effacer la discrimination en effaçant le critère de discrimination ?
(Et la logique de lire plus de femmes juste parce que ce sont des femmes, c'est une forme de discrimination positive).
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise situation réponse à y apporter, mais - comme toi visiblement - je penche plus pour l'option 2. Et je ne ferai donc rien pour lire plus, ou moins, d'auteures, parce que ça me dérange de prendre le critère du genre de l'auteur comme élément de choix, parce que c'est lui reconnaître (à mon sens, artificiellement) un sens dans l'appréciation de l'oeuvre lue.


Citation de: Erwan
Par contre, pour ce qui est de la question des classiques et de la reconnaissance, c'est un peu en différé que ça se joue. Ce n'est pas seulement que les jury et éditeurs sont sexistes (voir l'affaire du festival d’Angoulême), mais c'est aussi qu'il faut du temps pour construire des grandes écrivaines ou autrices de BD. Je veux dire, c'est toute une carrière, des dizaines d'années. En gros, si les écoles d'aujourd'hui sont pleine de femmes (un beau 50-50), ou même qu'elles soient majoritaires, il faudra le temps pour elles comme pour tout artiste de se construire, se faire connaître, développer leur talent au contact avec le public. Donc il faudra dix ou quinze ans pour voir les premiers effets notables... C'est vrai qu'on peut se retrouver avec des écarts assez fou entre les mentalités et les stats, et puis les femmes "colonisent" les milieux professionnels par le bas, elles mettent plus de temps à arriver au sommet (les places les plus prestigieuses étant les derniers bastions à tomber).
C'est vrai, ça !
« Modifié: 21 septembre 2019 à 12:03:36 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Lectures paritaires
« Réponse #12 le: 21 septembre 2019 à 12:38:43 »
Du coup j'ai regardé sur mes lectures de cette année et l'année passée :

- Sur 22 lectures cette année (hors BD), 8 femmes
Une des raisons est qu'une partie de ces lectures sont des séries (Narnia/Disque Monde/Cycle de Corum)

- Sur 34 lectures l'année passée (hors BD), 12 femmes. Je pensais que l'avalanche de Robin Hobb allait équilibrer, mais non.

Si j'arrivais à savoir quels livres j'ai achetés sur les deux années, ça serait peut-être plus équilibré. J'imagine que l'aspect "finissons la pile à lire" peut jouer aussi. Faudrait voir.

(Le débat par ailleurs est très intéressant, j'essaierai ptet d'y répondre à l'occase ^^)
"Moi je crois aux histoire auxquelles les autres ne croient pas encore."
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
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Arundhati Roy

 


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