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10 décembre 2019 à 14:55:29

Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » La salle de ciné » Never grow old (Ian Kavanagh)

Auteur Sujet: Never grow old (Ian Kavanagh)  (Lu 979 fois)

Hors ligne Champdefaye

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Never grow old (Ian Kavanagh)
« le: 03 septembre 2019 à 20:47:07 »
Critique aisée n°169

Never grow old
Ian Kavanagh - 2019
John Cusack, Emile Hirsch, Déborah François

Ce film, je vais pouvoir vous en dire la fin. Ce n’est pas mon habitude, mais de deux choses l’une : ou vous l’avez vu et vous la connaissez, ou vous ne l’avez pas vu et vous ne la connaîtrez jamais.
Jamais ?
Jamais !
Ou alors dans deux ou trois ans sur l’écran fissuré de votre tablette obsolète et d’ici là, il y a longtemps que vous aurez oublié ma critique.
Mais pourquoi, ce jamais péremptoire ?
C'est évident :

a) Never grow old est sorti au mois d’août
b) C’est un western
c) Il n’est pas signé Quentin Tarentino
d) Ni Brad Pitt, ni Tom Cruise ne jouent dedans
e) La presse n’a pas été très bonne

Cinq mauvaises raisons, mais raisons quand même pour qu’il disparaisse des salles au bout d’une semaine.

La critique du Masque et la Plume ayant été unanimement bonne, je me suis aussitôt rendu chez mes fournisseurs habituels de cinématographie, UGC Danton, UGC Odeon, UGC Gobelins, UGC 83, MK2 Saint Germain, Gaumont Parnasse et autres Fauvette. Disparu, Never Grow Old ! Si je voulais le voir, c’était mardi soir à 20 heures au Studio Galande.
J’ai obtenu la permission et j’y suis allé, tout seul, comme un jeune homme. Sympa, le Studio Galande. Autrefois on disait Ciné-Club, aujourd’hui c’est Cinéma d’Art et d’Essai. Ça fait moins intime, moins entre-soi, mais plus cultivé. Moins de cent places probablement, raisonnablement conditionné. J’arrive à 20 heures précises ; une quinzaine de spectateurs. Certains lisent un livre de poche, d’autres les nouvelles sur leur iPhone, un seul dort dans la fraicheur. Je m’installe. 20h05, la lumière décroit, l’écran reste sombre, mais le son monte, un bruit de coups de marteaux, je crois. C’est le film. Pas de publicité, pas d’annonce, le film, le rêve !

Le film est un western, sombre, pluvieux, boueux. L’action est lente, prévisible et la tragédie, inéluctable. Les décors sont tristes, comme la vie devait l’être à cette époque de conquête de l’Ouest, le milieu du XIX ème siècle, quand, parti d’Irlande, par fatigue, par peur, par nécessité, on allait pas jusqu’au bout de son rêve, la Californie riche et ensoleillée, et qu’on s’arrêtait au pied des dernières montagnes avant le paradis, dans un pays sombre, pluvieux, boueux. C’est là que se sont arrêtés Patrick Tate, sa femme et ses deux enfants, à un ou deux miles de Garlow. Garlow, petite ville au commerce déclinant, sans hôtel, sans bordel, sans saloon,  sans alcool, à la population soumise à un pasteur frénétique et à sa femme fantomatique. Patrick Tate vit là, résigné, gagnant quelques dollars à faire la toilette des morts et leur construire leur dernier habit en sapin. Une nuit, encore davantage pluvieuse que d’habitude, trois cavaliers, aussi sombres et boueux que la campagne environnante arrivent en ville. C’est Dutch Albert, sorte de diable poli, et ses deux suppôts : l’idiot à la langue coupée Dumb-dumb (littéralement muet-idiot ou idiot-muet ou double idiot, au choix) , et le chafouin Sicily. Vous avez déjà deviné : Ils vont chambouler la ville. Ils vont rouvrir le saloon, faire venir des prostituées et des barils de whisky.
Ils vont faire régner la terreur et tuer qui bon leur semblera, mauvais joueurs, ivrognes ou simples passants, restituant ainsi à Garlow  le visage traditionnel des petites villes de l’Ouest que nous connaissons. Les morts s’accumulent, la population n’ose rien dénoncer, le shérif n’en peut mais et le pasteur est au comble de la fureur. Patrick, lui, hésite. Depuis l’arrivée du trio infernal, ses affaires de croque-mort marchent mieux et il enfouit chaque dollar dans un coffret hermétique à la boue. De plus, il n’ a rien à craindre de Dutch Albert qui s’est auto-proclamé son ami sans qu’il ose rien dire. Pourtant, sa conscience, bien aidée en cela par sa femme, le travaille, lentement. Et viendra le jour où son sens du bien et du mal refera surface et où…, mais vous connaissez la suite.

Bien sûr, tout cela est très classique. Mais c’est la façon de traiter le cliché qui fait l’intérêt du film : l’absence des grands espaces, de troupeaux, de cow-boys, d’indiens, le peu d’importance des chevaux, la pluie, la boue, la faible lumière, la profession du personnage principal, sa lenteur et sa passivité, la fureur du pasteur, la politesse menaçante de Dutch Albert, la mort de Dumb-dumb et beaucoup d’autres chose encore font un film original, bien ficelé et que vous auriez pu voir avec plaisir pour peu que vous n’ayez pas attendu ma critique tardive pour vous décider.  Avec le film réalisé avec talent par ce réalisateur irlandais, tourné en Irlande et dans le Grand Duché du Luxembourg (!), avec des acteurs américains, belges, italien, britannique et irlandais, on est très loin des lourdes caricatures  et des copié-collés nonchalants de Quentin Tarantino.

On en est loin. Et c’est justement pour cela que vous ne pourrez pas voir ce film.


Extraordinaire John Cusack !

« Modifié: 03 septembre 2019 à 20:51:54 par Champdefaye »

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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #1 le: 03 septembre 2019 à 23:52:58 »
Salut !

J'ai bien aimé ta critique qui mêle éléments de description de l'histoire, contexte de visionnage et critique du manque de visibilité de l’œuvre, lié à la distribution d'un film d'auteur sans tête ou nom d'affiche, sans force de communication. En plus elle est bien écrite.

Tu m'as donné envie de voir ce film, d'autant plus que je suis amateur de certains types de westerns. Surtout depuis que le genre le plus ancien et prolifique de l'histoire du septième art a amorcé sa phase déclinante. Eh oui, le western classique, hollywoodien, très peu pour moi. Mais depuis que ce genre éculé est quasiment éteint, il apparait de temps à autre une pépite crépusculaire. Un renouvellement du genre par éclats de génie. Rester dans le genre sans refaire ce qui fut fait. Un défi relevé d'abord par le maniérisme de Sergio Leone, puis avec des films magnifiques, bien loin des clichés et facilités du classique, comme La flèche brisée, Le Dernier des Mohicans, Danse avec les loups, L'assassinat de Jesse James, La Dernière piste, 3h10 pour Yuma, Hostiles, et certains Clint Eastwood.

C'est drôle car en suivant ce que tu décris, j'ai l'impression que c'est comme si le western, absent du début du film (absent du cinéma) venait subitement se réinstaller dans le cinéma, dans le film, à travers l'irruption des personnages "westerniens" qui réintroduisent tous les codes du genre. J'aime bien aussi l'idée de faire d'un personnage récurrent et pourtant d'arrière plan du western, le croquemort, un personnage central. Comme si on travaillait plus finement un motif du genre.

Enfin, j'essaierai de voir ce film tôt ou tard. Merci.

ps : Tarantino c'est quand même à part car il mélange tellement de codes différents dans ses films. Enfin, Django et Les Huit Salopards étaient tout de même originaux tout en étant bien dans leur genre.
« Modifié: 04 septembre 2019 à 00:02:05 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #2 le: 04 septembre 2019 à 18:48:28 »
Bonsoir

Bien joue Champdefaye ! :)
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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #3 le: 06 septembre 2019 à 09:06:12 »
Bonjour Loup et Txucu
Si on peut se retrouver sur des films comme Never grow old, Hostiles et les Frères Sisters, (qui sont d'ailleurs pour moi des retours aux fondamentaux du western), je considère que Sergio Leone et Tarentino sont les malins fossoyeurs d'un genre qui fut passionnant et honorables pendant de longues années.
Pour moi les westerns exemplaires sont (dans le désordre de dates et de préférences personnelles) : La prisonnière du désert / Winchester 73 / Le convoi des braves / Le train sifflera trois fois / L'homme qui tua Liberty Valance / La poursuite infernale / My darling Clementine / L'homme des vallées perdues etc, etc...
Sergio Leone est arrivé et avec une intelligence très vive de ce que recherchait le gros du public dans le western, (la violence exacerbée, l'habileté aux armes irréaliste, l'ironie latine, la grosse musique, la lourdeur et le surlignage de chaque action) il a fait des films roublards, caricatures de westerns fabriquées selon les recettes citées plus haut.
Tarentino est arrivé ensuite, avec sa seule connaissance encyclopédique du cinéma d'action et son absence de créativité et de sincérité pour réaliser, après un film original et réussi comme Reservoir dogs, pour réaliser ses pastiches, dont les premiers furent, je dois le dire assez réussis, Pulp fiction et Jackie Brown. Sont venues ensuite les insupportables caricatures de Kill Bill et enfin le pire avec ses deux westerns Django unchained et Huit salopards dont on saura ce que j'en pense en détail en lisant les critiques que j'en ai faites dans ce fil. Mêmes recettes (violence, habilté aux armes, insistance, surlignage), même succès. Deux réalisateurs sans invention mais techniquement habiles, efficaces, bon connaisseurs de l'industrie du cinéma et de ses ressorts,  mais pour moi truqueurs et finalement bidons.
Merci pour votre appréciation de la forme de mes critiques : j'essaie toujours de les commencer par quelque chose de personnel, ma préférée étant ma critique de Fenêtre sur cour que j'avais intitulée " La Princesse, l'Ours et le Chasseur".
« Modifié: 06 septembre 2019 à 09:08:28 par Champdefaye »

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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #4 le: 06 septembre 2019 à 23:11:49 »
Fossoyeurs ?

C'est une façon originale de voir les choses. Je dirais plutôt que le western s'est enterré tout seul à force de ressasser et recycler les mêmes clichés, les mêmes motifs, les mêmes sénars, la même morale manichéenne, le même héros en blanc pieux, le même méchant en noir impie. Les mêmes indiens sauvages et féroces, les mêmes colons civilisés, racistes et victimes.

Je crois qu'on pourrait parler des heures de Leone et Tarantino tant leurs œuvres sont "riches". Enfin, le premier marque incontestablement l'histoire du cinéma par son style, car c'est vraiment de ça qu'il s'agit, Leone, c'est avant tout un style, du style, le western jusque dans la manière de filmer. L'esthétique du western poussée dans son plus bel aboutissement, dans sa plus belle réalisation. L'image n'est pas une image de western, tournée classiquement selon les règles de l'Art comme une fenêtre invisible par laquelle on observe un univers. c'est une image-western, une image tournée selon ses propres règles, cadrée et montée en intention de produire un effet de genre, exclusivement.

Citer
il a fait des films roublards, caricatures de westerns
Il a fait du western comme personne n'avait jamais osé/su en faire. Il a mis le médium au service du genre mieux que tous les réal hollywoodiens classiques, enfermés dans leur académisme. Il a fait sortir le western de la caricature moribonde de lui-même dans laquelle il se vautrait.
La violence était déjà là, mais était-elle bien filmée ? L’habileté aux armes était là, mais était elle bien filmée ? Pouvait-on mieux filmer ce qui constituait les motifs essentiels du western ? Pouvait-on donner plus de consistance aux personnages creux, policés ou grossiers des westerns classiques ? Sergio Leone a montré que oui.
Un Sergio Leone se regarde encore parfaitement bien. Alors que la plupart des western classiques ont très mal vieilli. Et la musique, là encore c'est un atout qui renforce la puissance du genre. Ça change du classique et des trompettes de cavalerie.
Bien évidement, tu l'auras compris, c'est un plaidoyer.


Tarantino,
Citer
absence de créativité et de sincérité pour réaliser
Franchement, autant je ne comprends pas forcément la surcote de Tarantino, et de ce fait je comprends qu'il agace certains, autant lui reprocher un manque de créativité, c'est un peu fort.

Après je mets aussi les deux films que tu cites dans mes favoris (de ce réal), j'aime pas trop kill Bill, par contre Django franchement y a vraiment du cocasse et de l’intelligence quoi.

Tarantino c'est plus fourre tout, autorevendiqué de la série B. Pour ma part je le vois plus comme un bouffon cinéphile que comme le maniaque du détail et de la finition que peut-être Leone. Leone fait dans la pureté absolue, Tarantino fait de l'impureté totale, mangeant à tous les r ateliers.
L'un a donner énormément au western, et par là au cinéma, l'autre, c'est le western qui lui a donné beaucoup.

Donc franchement, mettre ces deux auteurs sur le même plan et dire qu'ils appliquent "la même recette"...
Les atmosphères sont vraiment très différentes dans les deux univers (malgré certes la permanence de la violence, de l'ironie/humour/comique de situation).

Citer
Deux réalisateurs sans invention mais techniquement habiles
Là faudra m'expliquer... Le réalisateur classique est par définition techniquement habille, et ... sans invention.
Je ne vois pas comment appeler autrement qu'"invention" ou "innovation", des plans qu'on a jamais vu avant, des personnages qu'on a jamais vu, des mélanges qu'on a jamais vu, qui par ailleurs deviennent l'archétype des motifs du genre, se substituant même aux motifs classiques.

Enfin bon, on ne voit jamais les mêmes films, même quand on est dans la même salle. Chacun fait son cinéma.

Citer
truqueurs
Quel bon réalisateur ne l'est pas ?

Mais qu'importe, ils ont contribué à faire grandir le genre et ont régalé des masses populaires de publics.


« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #5 le: 07 septembre 2019 à 06:41:14 »
Bonjour Loup
Citer
C'est une façon originale de voir les choses.
Ce n'est pas une façon originale, c'est une façon différente de la tienne.

Citer
ressasser et recycler les mêmes clichés, les mêmes motifs, les mêmes sénars, la même morale manichéenne, le même héros en blanc pieux, le même méchant en noir impie. Les mêmes indiens sauvages et féroces, les mêmes colons civilisés, racistes et victimes.

Citer
Ça change du classique et des trompettes de cavalerie.

C'est en soi une vision caricaturale que de décrire le western classique de cette manière. C'est confondre Les aventures de Tom Mix avec la Prisonnière du désert. C'est prendre le western des années 30/40 pour le western classique. C'est la façon de voir le western par les gens qui ne connaissent pas le western.

Les films dont nous parlons sont des caricatures, au mieux des pastiches, et l'art de la caricature et celui du pastiche ne demandent qu'une bonne connaissance du sujet et une bonne technique. L'invention, si ce n'est dans les détails, n'est pas nécessaire, au contraire. Le pastiche est une démonstration de culture et d'habilité, pas de créativité. Par exemple, Leone a allongé, amplifié, solennisé à l'extrême les scènes de gunfight, Tarentino les a noyées sous l'hémoglobyne. La goutte de sueur qui perle interminablement au coin de l'œil du duelliste, une invention ? Faire porter des lunettes de soleil Prada à Django, une révolution ?

Tes jugements sur les films de Tarentino et de Leone sont des jugements purement esthétiques, et ce ne sont pas les miens. Mais serons-nous un jour d'accord sur quoi que ce soit ?


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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #6 le: 07 septembre 2019 à 10:11:46 »
Bonjour

Ma culture ouesterne date des bandes dessinees de mon enfance - Kit Carson et autres Jerry Spring - Leone m a a peine change de Johnnie guitare et j ai prefere La horde sauvage ( Peckinpah ) et les 7 mercenaires ( quoique les samourais soit mes preferes ).

Actuellement j aime revoir les bd " Commanche " et " Blueberry " !

Mais je vais me farcir le film dont tu parles ( bien  ! :) ) avec plaisir .............
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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #7 le: 07 septembre 2019 à 11:16:57 »
Salut !


Citer
C'est la façon de voir le western par les gens qui ne connaissent pas le western.
Bah chacun a sa vision du truc, mais vois-tu, j'ai l'impression que tu déformes un peu la réalité du corpus pour qu'elle colle à une vision édulcorée et romantique du genre que tu affectionnes. Pour ma part, je ne dois pas être le seul à trouver la période classique "caricaturale" et peu intéressante (sauf pour connaître la mentalité de l’époque et l'évolution du genre) :
Citation de:  Brièvement : https://fr.wikipedia.org/wiki/Western
L'élément caractéristique du western classique est le manichéisme exacerbé avec lequel est dépeint l'Ouest, et par là le schéma plus général « des bons et des méchants » qu'il véhicule. Les personnages sont stéréotypés, du héros sans travers au bandit sans foi ni loi. Les Indiens sont considérés comme des « sauvages » ennemis de la civilisation et font pendant longtemps partie du camp des mauvais (La Chevauchée fantastique, 1939). L'armée américaine est quant à elle valeureuse et bienfaisante (La Charge héroïque, 1949, Rio Grande, 1950). Les femmes sont toujours des êtres distingués et protégés (La Poursuite infernale, 1946 ). Ce manichéisme apparent est souvent l'articulation de l'action : le bon shérif contre les bandits (Règlements de comptes à OK Corral, 1957, Rio Bravo, Le train sifflera trois fois), les cultivateurs contre les éleveurs (L'Homme des vallées perdues, 1953), les gens de la ville contre ceux du cru, l'homme de loi contre le shérif véreux, etc.

J'ai dû voir deux fois La prisonnière du désert et j'ai dû là retourner voir le résumé, c'est dire si ce film m'a marqué...
Encore une histoire de blanc obsédé par le vol de ses femmes par les sauvages.

Citer
Les films dont nous parlons sont des caricatures, au mieux des pastiches
Tu parles de Leone ou plutôt du corpus classique ?  :P
Citer
l'art de la caricature et celui du pastiche ne demandent qu'une bonne connaissance du sujet et une bonne technique. L'invention, si ce n'est dans les détails, n'est pas nécessaire, au contraire.
C'est toi qui
1) affirmes que c'est du pastiche (ce qui n'est pas démontré et que par ailleurs je réfute. Leone n'imite pas un style, qui est la plupart du temps inexistant/transparent/invisible dans le cinéma classique, il invente un style)
2) affirmes que le pastiche ne demande pas d'invention (ce qui n'est pas démontré, quand bien même il y aurait une dimension pastiche, chez Tarantino par exemple)

Citer
Par exemple, Leone a allongé, amplifié, solennisé à l'extrême les scènes de gunfight
Et comment ? Comment on passe d'une description "plate" cinématographiquement du gunfight aux scènes paroxystiques de Leone, mettant le spectateur sous tension et jubilation ? Scènes qui marquent un spectateur à vie, quand bien même l'histoire du film s'échappe de la mémoire. Leone créé un espace-temps cinématographique inédit qui permet cette puissance, cette longueur. Là ou le classique s'imite de films en films, tombant souvent dans le pastiche que tu décris, sans renouveler les formes, Leone lui fait véritablement œuvre de cinéma en proposant une véritable esthétique du western.

Citer
La goutte de sueur qui perle interminablement au coin de l'œil du duelliste, une invention ?
Entre bien d'autres choses, évidement. Ce serait une mauvaise foi de ne pas les voir.

Citer
Faire porter des lunettes de soleil Prada à Django, une révolution ?
Entre bien d'autres choses, évidement. Et je te suspecte d'avoir pris le détail le plus insignifiant dans l'océan des trouvailles de ce film, qui résonne tant avec l'histoire du genre, qu'avec l'histoire contemporaine américaine (c'est peut-être ça qui t'as déplu finalement).

Citer
Tes jugements sur les films de Tarentino et de Leone sont des jugements purement esthétiques
Le cinéma, c'est de l'esthétique. Pas que, mais c'est avant tout l'esthétique qui véhicule le cinéma dans le cinéma. A quoi bon faire du cinéma pour raconter une histoire sinon ?
Je te parle d'esthétique car tu me parles de "cliché", de "caricature", de manque d'invention etc, tu me parles de formes et moi j'essaye de défendre le fait que ces réalisateurs (qu'on aime ou qu'on aime pas) proposent des formes inventives, des motifs, et plus encore qui enrichissent et marquent l'histoire du genre dont nous parlons.
Après, on pourrait parler comme je l'ai fait brièvement des histoires, des thématiques etc. Il n'y aurait pas moins à dire.

D'ailleurs c'est drôle car quand tu critiques Leone et Tarantino (que je reconnais évidement moins important que Leone pour le western et même pour le cinéma), toi aussi tu te contentes de railler la forme de leur cinéma.

Enfin, nous ne tomberons pas d'accord, c'est certain.
--------------


Les Sept samouraïs  :coeur:


« Modifié: 07 septembre 2019 à 12:02:58 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #8 le: 07 septembre 2019 à 11:24:30 »
Edit:
À Txucu
Johnny Guitar aurait dû faire partie de ma liste des grands westerns : flamboyant, complexe, atypique, mais classique quand même.
La horde sauvage, film sincère et splendide mais précurseur du crépuscule du western avec sa complaisance pour la violence exacerbée par les ralentis, et annonciateur des excès de Leone et Tarentino
Les 7 mercenaires, copie fidèle d'un chef d'oeuvre japonais de Kurosawa, les 7 samouraïs, finalement un excellent western commercial avec une brochette de très bons acteurs, mis à part Yul Brinner.
Je ne connais pas Comanche, mais les quelques épisodes que j'ai lus de Blueberry m'ont paru tellement inspirés du cinéma western, tant en ce qui concerne les scenari, les cadrages que les visages et les silouhettes des personnages, qu'on est à la limite du plagiat. Jerry Spring n'avait pas ce défaut.

@ Loup taciturne
Quand je critique Leone et Tarentino, en réponse c'est moi que tu critiques.
Si tu veux l'avoir, je te laisse volontiers le dernier mot sur cette discussion.
« Modifié: 07 septembre 2019 à 11:31:08 par Champdefaye »

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Re : Never grow old (Ian Kavanagh)
« Réponse #9 le: 07 septembre 2019 à 11:57:44 »
Quand tu critiques Leone et Tarantino, en réponse c'est ta critique que je critique, rien de plus l'ami.
(Faut-il rappeler que je suis venu commenter favorablement ta critique en apportant quelques références qu'il plaira à chacun d’apprécier ou non, cela directement en écho à ton premier post. C'est toi qui as souhaité t'engouffrer dans un affrontement en ignorant ou rejetant mes apports initiaux à cette discussion.)
La critique supporte mal la critique.
« Suis-je moi ?
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