Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 août 2019 à 02:29:58

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » I think a part of me will always be waiting for you

Auteur Sujet: I think a part of me will always be waiting for you  (Lu 308 fois)

Sweetheart

  • Invité
I think a part of me will always be waiting for you
« le: 26 avril 2019 à 03:02:31 »
Ceux qui ont lu ma présentation savent déjà que je vis ma passion pour l'écriture au travers de forums plus communément appelés RPG. Si certains membres n'ont pas eu la curiosité d'aller jeter un coup d’œil à ma fiche, je vous invite à y faire un tour en particulier si vous ignorez ce qu'est un RPG. Le texte qui suit est une de mes créations les plus récentes et j'ai souhaité la partager en votre compagnie pour que vous me disiez ce que vous en pensez. Je précise que ce n'est qu'un extrait d'un sujet que je faisais avec une autre partenaire puisque c'est ainsi qu'un RPG fonctionne. Ainsi donc, si vous voulez plus d'informations sur le contexte dans lequel s'inscrit ce texte afin de mieux comprendre la situation, n'hésitez pas à me le dire : cela vous permettra peut être de mieux appréhender l'extrait qui suit. Ceci étant dit, bonne lecture à tous et merci par avance pour vos retours.


La réaction que je viens d'avoir est à la hauteur de la déception que j'ai éprouvé lorsque Hope m'a monté sa plaque. Je me sens profondément outré par son attitude que je trouve pour le moins offensante. Comment ose-t-elle venir dans cette salle en clamant haut et fort qu'elle souhaite simplement m'interroger sur ce qui s'est passé ce soir ? A-t-elle donc si peu de considération pour ma personne ? Cela fait dix longues années que nos chemins se sont séparés, qu'elle s'est évanouie dans la nature sans jamais me donner signe de vie alors que nous étions indissociables l'un de l'autre et maintenant qu'elle refait brusquement surface dans mon existence, elle agit comme si je n'étais qu'une simple victime à qui elle ne devait pas la moindre explication. Avec le temps, j'ai appris à encaisser les coups durs, à demeurer de marbre même en subissant les tortures les plus abominables donnant ainsi l'impression que plus rien n'était en mesure de m'accabler. Alors, même si je mourrais d'envie d'exploser en plein vol et de lui cracher mon venin à la figure, je suis resté impassible en continuant de faire comme si tout ce qu'elle me disait rentrait par l'une de mes oreilles avant de ressortir par l'autre. Pourtant, tout ceci n'est qu'illusion : ce que je laisse percevoir à Alyson n'est en rien le reflet de la réalité. Le comportement qu'elle a adopté à mon égard m'a tellement offusqué et blessé que cela aurait été sans doute moins douloureux à supporter si elle m'avait directement enfoncé un couteau dans le cœur. C'est un peu comme si dix ans après m'avoir délaissé comme on abandonne un chien non désiré sur le bord de la route, elle en avait rajouté une couche et m'avait donc achevé en beauté en me foutant un coup de poignard fatal dans le dos.

Je suis dévasté à l'image d'une ville qui vient d'être réduite en miettes par une tornade, détruit tel un sillon d'épis après la moisson. Mon cœur saigne abondamment et pleure en silence si bien qu'à l'intérieur, je suis presque moribond et pourtant, face à Hope, je ne faiblis pas en continuant de dégager la même assurance comme si tout glissait sur moi. En réalité, l'amertume que j'éprouve à son égard est tellement forte que je ne veux pas perdre pied et ainsi lui donner l'occasion de penser que je suis susceptible d'être vulnérable en sa présence surtout au regard de la peine qu'elle m'a causé. Plutôt crever que de lui montrer qu'au bout de dix ans, sa seule présence suffirait à me faire rayonner de bonheur, que ses sourires illumineraient mon quotidien au combien insipide et que la simple idée de pouvoir enfin la prendre dans mes bras après tant d'années inonderait mon cœur d'une douceur indéfinissable. Perdre mes moyens devant Hope et devenir toute chose en sa présence ? Je ne cachais pas que je l'aurais vécu comme un affront sachant ce qui venait tout juste de se produire et autant dire tout de suite que je refusais catégoriquement de lui faire un tel honneur. Étais-je pour autant exempt de tout reproche ? Il fallait reconnaître que je n'avais pas épargné Alyson et qu'en la rejetant avec vigueur sans lui avoir donné une chance de s'expliquer, j’avais plus ou moins pris les devants en coupant court à toute discussion. En lui transmettant de mauvaises ondes, je l'avais jugée puis condamnée avant même qu'elle puisse assurer sa propre défense : dans ces conditions, pas étonnant qu'elle se soit abstenue de dire ce qu'elle avait sur le cœur.

Malgré tout, je ne vois pas les choses ainsi et refuse de lui trouver des circonstances atténuantes. J'ai accumulé trop de rancœur à son égard pour rester placide alors que j'ai la conviction que sa conduite est inqualifiable. Je ne lui réclamais pourtant pas la lune : à défaut de tout me raconter dans les moindres détails, j'aurais simplement apprécié qu'elle me demande pardon afin que cela apaise le mal être qui rongeait chaque parcelle de mon cœur et que notre relation puisse redémarrer du bon pied. Était-ce trop exiger ? Dans la mesure où elle n'avait même pas daigné me présenter de simples excuses, j'avais déjà un avis bien tranché sur la question. A dire vrai, je suis également trop fier pour admettre mes torts et mon orgueil m'empêche de réaliser que la situation est d'une rare complexité. Mes émotions sont tellement mises à rude épreuve que je ne parviens pas à avoir les idées claires : je suis aveuglé par ma haine ainsi que ma peine ce qui m'empêche d'être clairvoyant et perspicace.

Je balance donc une pique bien choisie à l'encontre de Hope et lui fait clairement comprendre que je n'ai aucune intention de coopérer avec les flics. Etant remonté comme une pendule, je joue également la carte de la provocation à outrance en lui confiant à demi-mot que je mettrai moi-même la main sur mes agresseurs et que je me chargerai alors de leur trouer la peau. A cet instant précis, je ne cherche plus à lui causer de tort puisque j'en suis arrivé à la conclusion que c'était peine perdue mais en revanche, le message que je lui envoie est aussi limpide qu'une vérité de la Palice : je n'ai pas l'intention de me faire doubler par les poulets car c'est une affaire qui ne regarde que moi. Sur ces derniers mots, je suis plus que décidé à mettre les voiles mais la réponse de Hope me coupe dans mon élan : elle s'affirme avec tant d'autorité que je suis presque étonné par sa réaction. La jeune fille que j'ai connue a décidément bien grandi : elle qui n'aurait même pas eu l'audace d'élever ma voix en ma présence par le passé, n'hésite plus à me tenir tête désormais. D'une certaine manière, je suis admiratif car j'imagine aisément tout le chemin qu'elle a parcouru en dix ans : elle est devenue forte, totalement indépendante et a surtout vaincu tous les obstacles qui lui étaient opposées. Si seulement elle savait tout le bien que je pense d'elle...

Hope m'oppose donc une résistance des plus farouches et continue de me bloquer le passage. L’entêtement dont elle fait preuve commence à me courir sur le haricot mais j'ai surtout la sensation qu'à force, cette discussion risque de devenir interminable. J'aimerais me carapater de cette salle, fuir les lieux sans me retourner pour me sortir de cette situation inextricable mais je ne tiens pas à ce que cette conversation houleuse vire à l'altercation et si j'avais encore le moindre doute à ce sujet, la dernière contre-attaque d'Alyson m'a conforté dans l'idée que si je tentais de la dégager de mon chemin, la jeune femme n'hésiterait sûrement pas à se rebeller : or, je refuse toujours que notre querelle se transforme en affrontement physique. Alors, tel un lion en cage, je ronge mon frein mais décide malgré tout d'écouter Hope tout en commençant à me dire que si elle continue à me retenir prisonnier dans cette salle, je pourrais toujours lui fausser compagnie en me sauvant par la fenêtre de ma chambre : après tout, elle se situe au rez-de-chaussée.

J'attends donc de savoir ce que la jeune femme va me confier même si mon attitude tend à démontrer que je suis à la fois perplexe et circonspect : en somme, j'ai déjà hâte qu'elle me lâche enfin la grappe. Et pourtant, doucement mais sûrement, mon comportement change dans les grandes largeurs : ce que raconte Hope me perturbe au plus haut point si bien que tout finit par s'emmêler dans mon esprit. Je suis confus et désorienté car je ne m'étais pas préparé à ce qu'elle me fasse de telles révélations. Du coup, j'en viens à boire chacune de ses paroles pour essayer d'y voir plus clair mais lorsqu'elle achève enfin son monologue, c'est un sentiment de frustration qui m'anime. J'estime en effet que Hope m'en a trop dit ou pas assez et cela me laisse sur ma faim. C'est comme si elle m'avait donné un puzzle auquel il manquait plusieurs pièces et que j'étais donc dans l'incapacité de le reconstituer. Comment sait-elle ce qui est arrivé à mon cousin ? Pourquoi dit-elle qu'elle est venue à Brisbane pour moi ? Et si ce n'est que le reflet de la réalité, qu'est ce qui l'empêche de m'expliquer ce qui l'a poussée à m'abandonner dix ans plus tôt ? J'aimerais comprendre le fin mot de toute cette histoire car cette situation me laisse un goût amer en bouche.

Et voilà que désormais, Hope est prête à me laisser partir : se foutrait-elle royalement de ma gueule ? Si je ne la connaissais pas si bien, je jurerais qu'elle prend un malin plaisir à m'infliger une torture mentale des plus atroces. Maintenant qu'elle semble décidée à jouer cartes sur table, elle n'est même pas capable d'aller au bout de ses intentions et cela m'irrite au plus haut point. Par sa faute, de nouvelles questions se bousculent dans mon esprit et au lieu d'éclairer ma lanterne, elle ne fait qu'accentuer le trouble qui règne dans mon esprit. C'est comme si Hope jouait avec mes nerfs en rendant cette situation intenable et je n'apprécie pas qu'elle me mette dans une telle position. Pourquoi tant de mystères ? Je n'ai pas besoin de cela surtout dans la vie que je mène actuellement. Et pour couronner le tout, elle s'est bien gardée une fois de plus de me présenter la moindre excuse.

J'admire sa force de caractère mais à cet instant précis, je n'aime pas sa manière d'être. Pourtant, elle ne fait que se rebiffer car elle refuse que je mène la danse et d'une certaine manière, c'est tout à son honneur. Seulement, dans les circonstances actuelles, je n'apprécie guère la façon dont elle impose sa loi : j'ai en effet la sensation que c'est elle qui fixe les règles du jeu alors qu'à mes yeux, la moindre des choses aurait été qu'elle se fasse toute petite. D'ailleurs, je pourrais lui dire ce que j'éprouve histoire de renverser la vapeur mais à quoi bon ? Je suis épuisé à la fois mentalement et physiquement : j'estime donc qu'il est plus que temps de mettre un terme définitif à cette discussion. Malgré tout, je ne m'en irais pas avant de lui avoir mis une dernière fois les points sur les i.

Ainsi donc, je fais mine de partir puis une fois arrivé à la hauteur de Hope, je stoppe ma marche en avant et la contemple droit dans les yeux comme si je souhaitais la défier du regard : en vérité, je veux juste la mettre devant le fait accompli car je suis enfin décidé à lui parler avec mon cœur.

- Laisse-moi juste te poser une simple question : où étais-tu il y a dix ans quand j'avais réellement besoin de toi ? Tu viens dans cette salle me mettre en garde et m'expliquer que j'ai tort de vouloir faire ma propre justice mais qui es-tu pour jouer les donneuses de leçons ? Tu t'inquiètes de ce qui pourrait m'arriver aujourd'hui mais cela ne t'a visiblement posé aucun souci de te débiner alors que j'étais totalement à l'agonie. Sais-tu ne serait-ce qu'une seule seconde ce que j'ai enduré au quotidien ces dernières années ? As-tu la moindre idée de ce que l'on peut ressentir quand on voit sa femme dépérir au fil des semaines ? J'étais présent à ses côtés dès le début de sa maladie et j'ai assisté impuissant à sa déchéance : j'aurais pourtant donné ma propre vie pour la sauver. Au lieu de ça, j'ai vu ce putain de cancer la tuer à petit feu et je n'ai absolument rien pu faire pour soulager sa souffrance.

Par la suite, je préfère fuir le regard de Hope et laisse mes yeux se perdre dans le vide : bien que je n’aie plus pleuré depuis des lustres, évoquer de tels souvenirs me fend le cœur et je dois d'ailleurs m'armer de courage pour ne pas verser quelques larmes. Au bout de quelques secondes, je parviens néanmoins à reprendre le contrôle de mes émotions et décide de poursuivre sur ma lancée en employant alors un ton plus posé qui témoigne également du mal être qui m'habite.   

- Tu veux m'aider mais le problème, c'est que tu arrives avec dix ans de retard. Tu n'étais pas présente à mes côtés quand j'avais le plus besoin de ton soutien et désormais, tu ne peux plus rien pour moi : je suis mort le jour où ma femme a poussé son dernier souffle. Crois-le ou non mais tu restes ancrée dans chaque parcelle de mon cœur et c'est parce que je t'aime que je conseille de m'oublier. Ne reviens pas dans ma vie ou tu le regretteras pour le reste de ton existence.

Sur ces derniers mots, je jette un dernier regard en direction de Hope et décide de partir sans demander mon rester

Hors ligne Champdefaye

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Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #1 le: 26 avril 2019 à 10:39:43 »
Bonjour Sweetheart
Tout d'abord quelques remarques de détails :

Citer
la déception que j'ai éprouvé
la déception que j'ai éprouvée

Citer
Hope m'a monté sa plaque.
Hope m'a montré sa plaque.

Citer
même si je mourrais d'envie
même si je mourais d'envie


Citer
cela aurait été sans doute moins douloureux à supporter si elle m'avait directement enfoncé un couteau dans le cœur. C'est un peu comme si dix ans après m'avoir délaissé comme on abandonne un chien non désiré sur le bord de la route, elle en avait rajouté une couche et m'avait donc achevé en beauté en me foutant un coup de poignard fatal dans le dos.
l'image du couteau est répétée dans deux phrases qui se suivent, une fois dans le cœur, une fois dans le dos, ça fait beaucoup.

Citer
partir sans demander mon rester
partir sans demander mon reste

Citer
je stoppe ma marche en avant et la contemple droit dans les yeux comme si je souhaitais la défier du regard
il ne la contemple pas (regarde ou fixe aurait été préférable) droit dans les yeux COMME SI il souhaitait la défier du regard, il la regarde droit dans les yeux POUR la défier du regard.


Citer
ce que j'ai enduré au quotidien
au quotidien, syntagme figé, expression pas très jolie, propagée par les médias pour dire simplement "quotidiennement" ou "chaque jour"

Maintenant mon impression générale:
Ayant lu ton préliminaire, avant d'entreprendre la lecture du texte, je suis allé voir ta présentation, en particulier pour comprendre ce que peut être un RPG et peut-être ainsi mieux apprécier le texte. Je crois avoir compris qu'il s'agit d'une écriture à plusieurs mains, mais il y a peut-être des règles ou des subtilités qui m'échappent. Apprendre que ton texte est un extrait de ce genre d'exercice m'a sans doute aidé à accepter le fait que je n'ai pas compris grand-chose à la situation dans laquelle se trouve ton narrateur.
Par contre, apprendre qu'à plus de trente ans, tu n'avais lu qu'une vingtaine de livres m'a beaucoup surpris lorsque, dans une première lecture, je me suis laissé impressionné par la volubilité et l'apparente fluidité du texte. Je pensais que pour écrire de cette manière, avec cette quasi absence de fautes d'orthographe et ces longueurs de phrases grammaticalement correctes, il fallait au moins avoir beaucoup lu. Tu prouves que non.

Donc, au cours d'une première lecture assez rapide, un peu subjugué comme si j'écoutais quelqu'un me raconter une histoire en parlant à toute allure, j'ai été impressionné par la facilité d'écriture, la fluidité du texte, l'analyse des états d'âmes successifs du narrateur, ayant hâte d'aller jusqu'au bout pour comprendre enfin de quoi il s'agissait.
Mais à la fin de ma lecture, je me suis aperçu que je n'avais finalement pas compris grand-chose à ce monologue intérieur. On y trouve une certaine Hope, apparemment femme-flic, que le narrateur a connu dix ans plus tôt et qu'il dit aimer encore, on y rencontre une Alyson dont on peut se demander si elle et Hope sont ou non la même personne, on y apprend l'existence d'une épouse adorée et morte dix ans auparavant, sans doute à la même époque que celle ou le narrateur aimait Hope et où elle l'a laissé tomber. La femme flic s'oppose au départ du narrateur, mais il suffit que celui-ci décide de partir après avoir lancé une réplique théâtrale pour qu'elle le laisse sortir.

Donc déception sur le plan de l'intérêt de l'histoire, mais après tout, j'étais prévenu, ce n'est qu'un extrait et tout devrait s'expliquer avec le reste du texte.
A l'issue d'une deuxième lecture plus attentive, j'ai trouvé plusieurs défauts :
—Les situations exposées sont plutôt conventionnelles tout en manquant souvent de lien logique entre elles
—Les réflexions du narrateur sont pas mal étirées, et même répétées,
—Il y a vraiment beaucoup d'expressions toutes faites, comme celles-ci :
tel un lion en cage,
exploser en plein vol
cracher son venin
partir sans demander son reste
ronger son frein
mettre devant le fait accompli
boire chacune de ses paroles
remonté comme une pendule
mettre les points sur les i
...

Donc au bout du compte, après avoir été impressionné par le texte dans un premier temps, il ne m'a finalement pas convaincu.
J'attends la suite pour mieux comprendre, peut-être.
Et puis, j'oubliais : pourquoi ce titre anglais ?

« Modifié: 26 avril 2019 à 10:52:12 par Champdefaye »

Sweetheart

  • Invité
Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #2 le: 27 avril 2019 à 02:09:15 »
Bonsoir Champdefaye,

En premier lieu, je te remercie d'avoir pris le temps de lire mon texte et de m'avoir donné ton opinion au sujet de cet extrait que j'ai publié.

Je comprends parfaitement ton avis personnel tout comme il me semble tout à fait normal que mon texte t'ait laissé sur ta faim. 

D'une certaine manière, j'ai conscience d'être un écrivain un peu particulier car je vis ma passion à travers des forums et forcément, mes créations sont des textes qui sortent un peu de l'ordinaire qui ne racontent pas vraiment une histoire.

Je vais essayer de rebondir sur quelques points de ta réponse.

Citer
Ayant lu ton préliminaire, avant d'entreprendre la lecture du texte, je suis allé voir ta présentation, en particulier pour comprendre ce que peut être un RPG et peut-être ainsi mieux apprécier le texte. Je crois avoir compris qu'il s'agit d'une écriture à plusieurs mains, mais il y a peut-être des règles ou des subtilités qui m'échappent. Apprendre que ton texte est un extrait de ce genre d'exercice m'a sans doute aidé à accepter le fait que je n'ai pas compris grand-chose à la situation dans laquelle se trouve ton narrateur.
Par contre, apprendre qu'à plus de trente ans, tu n'avais lu qu'une vingtaine de livres m'a beaucoup surpris lorsque, dans une première lecture, je me suis laissé impressionné par la volubilité et l'apparente fluidité du texte. Je pensais que pour écrire de cette manière, avec cette quasi absence de fautes d'orthographe et ces longueurs de phrases grammaticalement correctes, il fallait au moins avoir beaucoup lu. Tu prouves que non.

Oui, je te confirme que j'ai lu très peu de livres mais à l'inverse, j'ai énormément écrit. Il faut savoir que quand je me suis lancé dans ces fameux RPG, je n'avais que 18 ans et que j'ai fréquenté facilement une cinquante de forums en 15 ans sur lesquels j'ai publié des centaines voir même sans doute des milliers de textes. Donc finalement, j'ai accumulé énormément d'expérience et en fréquentant d'autres membres, je n'ai eu de cesse de peaufiner ma plume. Quand j'ai débuté, c'était un exploit pour moi d'écrire un texte qui faisait une dizaine de lignes mais je me suis tellement pris au jeu qu'au fil du temps, cette passion était ancrée en moi.

Ensuite, je pense qu'il faudrait vraiment que j'explique beaucoup plus en profondeur comment fonctionne un RPG car sinon, quand on ne connait pas cet univers, il est en effet difficile de comprendre l'intérêt de ces forums ainsi que les tenants et les aboutissants qui en découlent. En réalité, pour mieux comprendre cet extrait, il aurait fallu que je parle davantage du narrateur (qui est donc le personnage que je joue sur le RPG en question) et que j'expose le contexte du sujet : je pense que tu aurais alors trouvé ce texte plus intéressant.

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Donc, au cours d'une première lecture assez rapide, un peu subjugué comme si j'écoutais quelqu'un me raconter une histoire en parlant à toute allure, j'ai été impressionné par la facilité d'écriture, la fluidité du texte, l'analyse des états d'âmes successifs du narrateur, ayant hâte d'aller jusqu'au bout pour comprendre enfin de quoi il s'agissait.
Mais à la fin de ma lecture, je me suis aperçu que je n'avais finalement pas compris grand-chose à ce monologue intérieur. On y trouve une certaine Hope, apparemment femme-flic, que le narrateur a connu dix ans plus tôt et qu'il dit aimer encore, on y rencontre une Alyson dont on peut se demander si elle et Hope sont ou non la même personne, on y apprend l'existence d'une épouse adorée et morte dix ans auparavant, sans doute à la même époque que celle ou le narrateur aimait Hope et où elle l'a laissé tomber. La femme flic s'oppose au départ du narrateur, mais il suffit que celui-ci décide de partir après avoir lancé une réplique théâtrale pour qu'elle le laisse sortir.

Tout ce que tu dis dans ce paragraphe confirme ce que je dis plus haut : il est normal que tu sois perdu en lisant mon extrait car il te manque beaucoup trop d'informations pour rentrer vraiment dans le texte. C'est lié aux subtilités d'un RPG  : il faudrait qu'à l'avenir, je trouve un moyen de m'organiser autrement pour donner plus d'intérêt à mes extraits. Après, j'avoue que c'est la première fois que je m'inscris sur un forum de ce genre et que je partage mes créations donc je dois encore trouver mes marques.

Sinon, je prends note des défauts que tu as trouvé à mon texte et je veillerai à corriger cela dans le futur.

Concernant le titre anglais, c'est simplement quelque chose qui se fait assez souvent sur les RPG.

Hors ligne O.deJavel

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Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #3 le: 27 avril 2019 à 15:22:26 »
Hello Sweetheart!

Effectivement, tu le dis dans ton analyse, un personnage peut avoir tous les états d’âmes qu’il veut, on ne ressent rien pour lui si on ne le connais pas.

Et c’est là toute la réelle difficulté de l’écriture : faire connaître un personnage pour lequel le lecteur s’attache (à l’aimer ou à le détester). 

Et c’est l'introspection qui sert à ça... et non les ébats émotifs de quelqu’un qu’on ne connaît pas :)

Sweetheart

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Re : Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #4 le: 28 avril 2019 à 03:32:46 »
Hello Sweetheart!

Effectivement, tu le dis dans ton analyse, un personnage peut avoir tous les états d’âmes qu’il veut, on ne ressent rien pour lui si on ne le connais pas.

Et c’est là toute la réelle difficulté de l’écriture : faire connaître un personnage pour lequel le lecteur s’attache (à l’aimer ou à le détester). 

Et c’est l'introspection qui sert à ça... et non les ébats émotifs de quelqu’un qu’on ne connaît pas :)

Tu as tout à fait raison et je rejoints totalement ton analyse. Ce que je ferai la prochaine fois, c'est mettre en introduction la présentation du personnage en question pour justement que les lecteurs puissent se faire une idée bien précise à son sujet ce que j'aurais d'ailleurs dû faire dès le départ avec le narrateur de mon extrait sachant que j'ai encore le texte sous la main.

Encore une fois, pour moi, c'est un peu plus compliqué de partager mes créations avec les autres membres sachant que je vis ma passion pour l'écriture d'une manière un peu spéciale qui sort plus ou moins de l'ordinaire. Malgré tout, je pense qu'avec un peu d'organisation, cela devrait pouvoir s'arranger.

Hors ligne O.deJavel

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Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #5 le: 28 avril 2019 à 04:34:00 »
Ouais, effectivement il faut du courage pour montrer sa création.

Les réactions sont diversifiées, parfois positives parfois moins. On a pas toujours le sentiment d’être compris... Mais tu as le talent et la passion de l’écriture, deux choses qui ne s’inventent pas. Le reste c’est de la technique. :)

Comment accrocher un lecteur ?
Il ne faut que quelques bonnes premières lignes, et ces dernières doivent amener le lecteur à se poser une question. Elles doivent atteindre l’un ou l’autre des objectifs suivants ou une combinaison de ces éléments :
- Décrire le caractère du personnage - ce peut être une qualité qui fait de lui une personne unique, ses vertus, ses défauts, etc. - pourquoi est-il comme ça ?
- Un conflit - Qu'est-ce qui a conduit à ça et que va-t-il en découler ?
- Une scène - Description captivante d’un lieu... Que va-t-il se passer dans cet endroit envoûtant ?
- Une ambiance - Camus dans L’Étranger : première phrase... Maman est morte ce matin. Bang ! Pourquoi ?
- ...et il y en a bien d’autre.

Ensuite, viennent des composantes comme l’introspection : cette dernière pour être efficace et engager le lecteur doit éviter ces deux pièges :
1) Le pourquoi j’ai fait ceci, pourquoi il a fait ça...
2) “Oh ! Il m’est arrivé ce grand malheur je fais pitié...”
     L'introspection réussie est autour du “Quoi faire ?” Ainsi, le personnage vit un débat intérieur qui nous guide dans la compréhension de son choix. Prenons l’exemple d’un personnage qui doit choisir entre deux chemins :  l’un d’entre eux est long et oblige à traverser des ponts dangereux et instables. L’autre est facile et court, sauf qu’il y a une maison avec un chien et le personnage explique que dans son enfance il s’est fait mordre, alors il choisit ... la longue route. C’est tout simple ! On le comprend : Il va se taper tous ces dangers parce que le traumatisme qu’il a subit est pire que la souffrance qu’il va endurer sur cette longue route... on vit de l’empathie... Hé hé ... règle générale, il faut que ça débouche sur un CHOIX... en d’autre termes, sur l’action... :)

Et enfin, une autre règle utile est celle de “montrer plutôt que dire” :
Pour illustrer le concept, je te mets un morceau de texte d’un roman que je prépare - tu as donc une primeur hé hé - mon éditeur va me tuer... Enfin, ma prétention est que l’on peut ici identifier une brochette de sentiments (7) et des éléments de tempérament (2) pour R. et pour G. sans qu’aucun de ces sentiments ne soient nommés. Car le problème est là : quand un sentiment est nommé, il arrive souvent que ce soit ennuyeux car alors, on ne le vit pas à la place du personnage... on lit une analyse, certes brillante, mais une analyse... ça force le cerveau à travailler. Ce cerveau ne ressent rien, il intellectualise... en d’autres termes, le lecteur travaille et il n’aime pas ça... le lecteur veut ressentir... elle veut être émue...

———— (c) - L’action se passe en 1955 - le langage et les valeurs sont donc ajustés à cette époque, les protagonistes ont 22 ans et sont au lit. R. et G. sont deux amis qui ont vécu des épreuves en s’épaulant mutuellement dans les chapitres précédents. G. est recherchée par la police, tout va mal pour elle. Les deux protagonistes  viennent de céder à quelque chose. Ils ont fait l’amour. Où en sont-ils ? Sont-ils à la même place tous les deux ? Qu’auras-tu ressenti pour la jeune femme après avoir lu ces quelques lignes ?

Revenu à lui, Ricky demanda une cigarette. Gerflynt tira d’abord une bouffée et la lui tendit. Elle essuya discrètement une larme. « Ricky, tu connais Fiona McGuinness ?
— Oui, je l’ai croisée...
— Il se trouve qu’on cause entre filles, et une fois, elle m’a dit que… tu étais son genre d’homme. »
     Ricky se releva d’un trait. « Quoi ? La fille de McGuinness ?
— Tu n’as qu’un geste à faire et elle se pâme. Je te le jure.
— Sérieusement ? Fiona McGuinness s’intéresse à moi ? Alors ça… !
     Gerflynt lui emprunta la cigarette et tira une bouffée de ses lèvres tremblantes. « Toi et moi Ricky, c’est… c’est qu’une passade, hein ?
— C’est de l’amitié, que de l’amitié Gerf. Après la mort de Cordélia, je me suis demandé si je pouvais t’aimer. Mais c'est impossible. Tu es… trop… inaccessible, indépendante.
— Pas assez soumise ?
— M’ouais, t’es pas assez, pas assez femme. Trop classe. Sauf dans la baise. Là, t’es une vraie pute. »
     Gerflynt appuya sa tête contre lui et soupira. « Ricky, nous… nous n’aurions pas dû...
— Laisse… C’est sans importance.
— Ah ! »
    La porte s'ouvrit en trombe.

——-(c)

Note la dernière phrase...  Cette phrase est plantée là pour attirer le lecteur vers le prochain chapitre. Il ne faut pas perdre le p’tit chou... Action !

Note : comme le disait le Dalaï Lama, il faut d’abord connaître à fond les règles pour savoir quand il faut les briser (...et oui, il est parfois utile de dire un truc simple comme  "R. se pointa dans la pièce. Il était en colère..." - Il faut savoir doser. )

:)

Au plaisir de te lire à nouveau sur ce site ! :)




 
« Modifié: 28 avril 2019 à 15:51:53 par O.deJavel »

Sweetheart

  • Invité
Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #6 le: 03 mai 2019 à 03:05:36 »
J'apprécie énormément ton aide je me sens très touché que tu m'offres en exclusivité un morceau de ton roman.

Je vais m'inspirer de tout ce que tu m'as conseillé même si dans mon univers, cela ne sera pas forcément aussi évident de tout mettre en place mais cela me sera malgré tout très utile pour la suite.

Merci de m'avoir accordé autant d’intérêt : cela me va droit au cœur.

Hors ligne LamEmm

  • Tabellion
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Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #7 le: 03 mai 2019 à 09:31:12 »
J'ai lu le texte avant d'aller voir ta présentation, je suis ensuite allé la lire, puis je suis revenu sur le texte.

Je suis d'accord avec les commentaires précédents : j'ai eu comme une impression de regarder un dessin animé à la Olive et Tom où l'action est suspendue pendant d'interminables minutes pendant que les protagonistes te dévoilent leurs introspections. Je trouvais ça chiant à en mourir - si je voulais assister à de la bonne introspection je prenais un livre, je ne regardais pas un dessin animé. Attention je n'ai pas trouvé ton texte chiant à en mourir, mais je ne suis pas du tout entré dedans - manque de connaissance du personnage, de l'univers qui l'entoure, des tenants et aboutissants, et donc impression que le temps s'est arrêté sur cet instant qui n'en finit pas. Pour autant, ton écriture est fluide et précise !

Pour avoir pratiqué les jeux de rôle - à une époque où les forums n'existaient pas  :-¬? -, pour avoir un tout petit peu rôlé sur irc (hum, ça non plus ça ne doit plus trop exister), et enfin pour avoir nolifé sur un mmorpg (le premier déployé en France, The Fourth Coming), je perçois la mécanique du RPG sur forum, et je pense que la lecture de textes issus de ce type d'échange nécessite une adaptation pour des lecteurs extérieurs. Il y a une énorme différence entre être acteur de ces textes et en être juste spectateur a posteriori. J'avais réécrit des histoires que nous avions vécues autour d'une table - des espèces de compte-rendu de parties - qui avaient passionné les joueurs, mais pas des lecteurs extérieurs. Pourtant, j'ai mémoire de romans édités issues de parties (par exemple de AD&D avec Dragonlance je crois, qui est devenue par la suite une campagne à jouer officielle, la boucle était bouclée), mais ça nécessite un solide travail d'adaptation.

Voilà pour mes two cents :)
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Le sommet n'est qu'un passage.

Sweetheart

  • Invité
Re : I think a part of me will always be waiting for you
« Réponse #8 le: 03 mai 2019 à 15:37:38 »
Merci pour ton analyse détaillée LamEmm.

 


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