Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 août 2019 à 04:41:40

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » Gare de Lisieux

Auteur Sujet: Gare de Lisieux  (Lu 275 fois)

Hors ligne ElodieH

  • Tabellion
  • Messages: 33
Gare de Lisieux
« le: 21 avril 2019 à 16:11:05 »
Gare de Lisieux

Je pleurais
toutes les larmes
de mon corps;
mon corps
se dissolvait
dans des larmes.

Je pleurais
à en remplir
une valise de plus.

Je ne les reverrai plus
gémissait mon front
entre deux pensées
étouffées par les larmes.

Pars vite tu vas être en retard
balbutiaient leurs étreintes
d’une voix tremblotante.

L’écume de mes larmes
demeure sur leur joue blême
où s’ébauchait un sourire
craintif à l’idée de
rencontrer une larme.

Mes larmes hantent encore
le sous-sol de la gare.

Les fauteuils regorgent encore
du sel de mes larmes.

Mes larmes sont encore
les flaques du quai.

Sur la vitre du train
ruisselle toujours
l’âme de mes larmes.

Mes larmes,
notes décrochées
de leur partition,
s’évaporèrent dans le paysage.

Et sur mes lèvres subsista
la saveur de la liberté.
« Modifié: 28 avril 2019 à 23:37:54 par ElodieH »
"Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido." Pablo Neruda, Veinte poemas de amor (y una canción desesperada)

Hors ligne Cyr

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 399
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #1 le: 23 avril 2019 à 19:18:53 »
Bonjour,
Ton poème m'a inspiré... Je ne suis pas très qualifiée pour te faire un retour. A voir ce que d'autres en disent. J'aime l'idée que la tristesse conduise à transposer ses larmes d'une certaine façon dans l'eau qui ruisselle, l'eau des flaques etc. J'ai été un peu gêné par la répétition trop fréquente du mot "larme". Et le rapprochement entre les larmes et la liberté dans la dernière strophe, ne m'a pas paru très évident.

Enfin, j'aime la fraîcheur de ton poème, son idée principale, quelques belles images comme
"Je pleurais
à en remplir
une valise de plus."
Je pense qu'il y a moyen de faire un très beau poème.

Au plaisir de te lire encore,

Hors ligne Jerem la plume

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #2 le: 23 avril 2019 à 22:20:15 »
j'aime beaucoup l'idée de personnifier les larmes, et d'en faire un poème avec .

Attention, juste à ne pas trop surenchérir avec le mot larme, qui peut alourdir le texte.

Sinon, j'ai bien amé, continue ainsi !

Hors ligne ElodieH

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Re : Gare de Lisieux
« Réponse #3 le: 24 avril 2019 à 21:45:27 »
Bonjour,
Ton poème m'a inspiré... Je ne suis pas très qualifiée pour te faire un retour. A voir ce que d'autres en disent. J'aime l'idée que la tristesse conduise à transposer ses larmes d'une certaine façon dans l'eau qui ruisselle, l'eau des flaques etc. J'ai été un peu gêné par la répétition trop fréquente du mot "larme". Et le rapprochement entre les larmes et la liberté dans la dernière strophe, ne m'a pas paru très évident.

Enfin, j'aime la fraîcheur de ton poème, son idée principale, quelques belles images comme
"Je pleurais
à en remplir
une valise de plus."
Je pense qu'il y a moyen de faire un très beau poème.

Au plaisir de te lire encore,

Bonjour, j'en suis ravie :).

Je suis d'accord avec toi, à trop vouloir créer la sensation que le poème lui-même se noyer dans les larmes, j'ai peut-être un peu trop abusé de ce mot.

La liberté intervient dans la dernière strophe pour montrer que malgré la tristesse causée par le départ et le voyage, celle-ci disparaît bien vite pour laisser place à la liberté. Par la même occasion, le fait d'acquérir plus de liberté n'est pas toujours associé à des sentiments agréables, contrairement à ce qu'on pourrait penser (Finalement, le plus dur est de partir et de laisser les siens. Plus généralement, le plus dur est souvent de se jeter à l'eau, pas de nager.)

A très vite! :)
"Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido." Pablo Neruda, Veinte poemas de amor (y una canción desesperada)

Hors ligne ElodieH

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #4 le: 24 avril 2019 à 21:45:56 »
oups se noyait*. La fatigue
"Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido." Pablo Neruda, Veinte poemas de amor (y una canción desesperada)

Hors ligne ElodieH

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Re : Gare de Lisieux
« Réponse #5 le: 24 avril 2019 à 21:47:36 »
j'aime beaucoup l'idée de personnifier les larmes, et d'en faire un poème avec .

Attention, juste à ne pas trop surenchérir avec le mot larme, qui peut alourdir le texte.

Sinon, j'ai bien amé, continue ainsi !

Merci Jerem la plume !

Pour l'explication sur la répétition du mot "larme", je t'invite à lire ma réponse au premier commentaire. A bientôt.
"Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido." Pablo Neruda, Veinte poemas de amor (y una canción desesperada)

Hors ligne Loup-Taciturne

  • Troubadour
  • *
  • Messages: 251
  • serviteur de Saturne
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #6 le: 28 avril 2019 à 18:53:06 »
Bonsoir,

Je vois ici un poème réaliste qui met le doigt sur un paradoxe contemporain : la percussion au sein d'une personne, à la fois des affect dus à l' attachement et des aspirations à l'émancipation/liberté/mobilité. Paradoxe agissant dans notre société comme dissolvant du tissu socio-famical. et soutenu par la réduction de la personne à l'individu-atome mue par le mythe de l'autonomie.

La poétesse nous plonge dans ses larmes. Au début, la répétition de "larme" m'a perturbée, puis j'y ai trouvé un motif stylistique de récurrence qui sert le propos.

Citer
Mes larmes hantent encore
le sous-sol de la gare.

Les fauteuils regorgent encore
du sel de mes larmes.

Mes larmes sont encore
les flaques du quai.

Sur la vitre du train
ruisselle toujours
l’âme de mes larmes.

Les larmes ne sont plus que passées, et pourtant présente "encore" partout où l'eau éternellement stagnante  des affects inonde comme un fantôme les lieux, et convoque leur souvenir.

Citer
Mes larmes,
notes décrochées
de leur partition,
s’évaporèrent dans le paysage.

Et sur mes lèvres subsista
la saveur de la liberté.

La liberté a-t-elle eu raison des larmes de l'attachement ?
Les larmes sont elles toujours attachée au train fantôme de la liberté ?

au plaisir,
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Ariane

  • Modo
  • Calame Supersonique
  • **
  • Messages: 1 688
  • Point-virgule Sauvage
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #7 le: 28 avril 2019 à 22:29:40 »
Bonjour,

Petit hors sujet sur le fonctionnement du forum : le mieux, c'est d'éviter les double-posts ; pour répondre à plusieurs personnes tu peux le faire dans le même commentaire, et si tu as quelque chose à rectifier, il y a un bouton en haut à droite de ton message, tu peux cliquer sur "modifier".  ;)

Alors, pour moi, la répétition du mot "larmes" n'a vraiment pas fonctionné, je n'ai pas réussi à y trouver un motif esthétique ni un sens caché (se noyer dans les larmes). Pourtant après coup je vois bien quelle était l'idée, c'est réfléchi et tout, mais à la première lecture, vraiment je ne l'ai pas perçu. C'est dommage et ça m'a gênée pour apprécier le poème lors de ce premier regard. Mais tout le reste, j'ai aimé :) . Notamment :
"Je pleurais
à en remplir
une valise de plus."

Au début, je mettrais un point-virgule ou un tiret après "mon corps" ; l'effet miroir me parlerait plus, là j'ai été surprise par la répétition. J'ai moins aimé la strophe qui commence par "je ne les reverrai plus".

Les strophes suivantes, je pense que je les aime chacune séparément (si le mot "larmes" n'avait pas été déjà lu autant). J'aime bien l'étreinte qui balbutie, l'écume de la larme sur la joue.

Pour ce qui est de la suite :
Citer
Mes larmes hantent encore
le sous-sol de la gare.

Les fauteuils regorgent encore
du sel de mes larmes.

Mes larmes sont encore
les flaques du quai.
Je pense que chacune de ces trois phrases me plairait beaucoup s'il n'y avait pas l'effet de répétition avec les deux autres. J'émets un tout petit bémol sur le verbe "sont" pour les flaques du quai. Il pourrait y avoir moyen de trouver un autre verbe qu'un verbe faible ? comblent, dessinent...

J'aime beaucoup la fin, les notes décrochées de la partition, et surtout, le fait qu'elles s'évaporent et les deux derniers vers sur la liberté. C'est léger et à la fois ça fait du bien après tant de larmes, et en même temps je trouve que ça reste dans la continuité de ton style.

Voilà, au total, le motif des larmes ne m'a pas séduite, mais j'ai apprécié le reste :) merci pour ce partage.

Hors ligne ElodieH

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Gare de Lisieux
« Réponse #8 le: 30 avril 2019 à 22:15:31 »
Bonjour Loup-Taciturne,

Merci d'avoir pris le temps de commenter mon poème.

Merci également d'avoir mis des mots sur ce que je souhaitais exprimer à travers lui :
Citer
Je vois ici un poème réaliste ...
Citer
Les larmes ne sont plus que passées...

J’ai hésité à lire tes deux questions comme des questions rhétoriques et à ne pas y répondre.

Mais je dirais que quand il y a séparation, les larmes sont toujours là quoi qu'il arrive... elles se nichent au fond du coeur et se cachent derrière une impossibilité de revenir et de revoir ceux qu'on a laissés, malgré les nombreux allers et retours en train.
Hélas, liberté rime avec sacrifice.

__

Merci également à toi, Ariane, pour ton retour (et par la même occasion pour tes indications, je suis encore un peu paumé sur le forum:p ).

Je peux comprendre que la répétition du même mot n'ait pas été à ton goût. Elle me déplaît un peu aussi ... (j'ai d'ailleurs hésité lors de l'écriture et de la correction. Elodie, t'es sûre que ça fait pas trop de larmes? xD)

Merci pour l'idée du point virgule, je préfère aussi et je l'ai rajouté. :)

Citer
J'émets un tout petit bémol sur le verbe "sont" pour les flaques du quai.
:
J'ai utilisé le verbe être pour donner cette sensation : les larmes ont tellement coulé qu'elles se confondent avec les flaques, elles sont les flaques et vice-versa.

Je suis contente que le reste t'ait plus, à très vite :).
"Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido." Pablo Neruda, Veinte poemas de amor (y una canción desesperada)

 


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