Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 mai 2019 à 22:54:48

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » Crépuscule d’une nuit

Auteur Sujet: Crépuscule d’une nuit  (Lu 1213 fois)

Hors ligne Baudelaine

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #30 le: 25 avril 2019 à 22:28:48 »
Bonjour Claudius,

Merci beaucoup pour tes encouragements, je vais revoir le 1 er vers du 2 ème tercet
Baudelaine

Hors ligne Versus1

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #31 le: 25 avril 2019 à 23:01:38 »
Salut Baudelaine !

J'ai bien aimé ton sonnet. Je souligne en gras les vers qui m'ont particulièrement plu.

Tes jambes de printemps flattent mes yeux d’automne.
Tes nobles feuillus bruns mêlés aux épis gris,
Quand ta démarche vive attend mes pas flétris,
Tu danses, envoûtante, au cadran qui résonne.

Car c’est par ta jeunesse aux fougues de lionne
Que tu séduis l’ancien aux cernes défraîchis,
Une autre ère, autre époque et nous serions unis.
Mais garde toi ma belle, adorable amazone,

De t’approcher de moi, célébrant ta fraîcheur,
Et penser que les ans, dans toute leur splendeur,
Forgent la quiétude et font des vieux des sages.


Même si notre amour pourrait se concevoir,
Tes couchers de soleil deviendraient les otages,
De mes cieux étoilés, de mes nuits sans espoir.

Je suis par contre consterné par le moralisme pointilleux et ridicule qu'affichent certains membres, sans doute pour faire parade de vertus, et qui se trompent presque toujours sur la question des raisons à pourfendre. Ceux-là n'ont pas compris ce que tu as écrit, ou s'ils l'ont compris, ce n'est qu'au travers de la lunette défectueuse de leurs préjugés. La femme que tu évoques avec sensibilité n'est pas un animal que le poète voudrait dompter, c'est même tout le contraire : il l'éloigne volontairement de lui (et c'est triste) pour qu'elle ne succombe pas au charme d'un vieil homme qui se croit, hélas, sans force et sans sagesse.

Merci pour le partage !
« Modifié: 26 avril 2019 à 06:42:37 par Versus1 »

Hors ligne Baudelaine

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #32 le: 25 avril 2019 à 23:04:32 »
Merci beaucoup, c'était, en effet le thème du poème que je pensais pourtant clair

Bien amicalement
Baudelaine

Hors ligne Loup-Taciturne

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #33 le: 26 avril 2019 à 16:08:49 »
Je me permets une clarification au regard du commentaire polémique et belliqueux de Versus1, elle aura valeur de généralité.

Citer
c'est même tout le contraire : il l'éloigne volontairement de lui (et c'est triste) pour qu'elle ne succombe pas au charme d'un vieil homme qui se croit, hélas, sans force et sans sagesse.
Ça je crois que tout le monde avait compris et apprécié en première intention (je ne rétiaire pas mon argumentaire). A-t-on le droit d'aller interroger plus loin ce que convoque le texte comme imaginaire, comme représentations ?

Citer
le moralisme pointilleux et ridicule qu'affichent certains membres, sans doute pour faire parade de vertus, et qui se trompent presque toujours sur la question des raisons à pourfendre.

Chacun pourfend bien ce qu'il veut. Nous sommes ici appelés à proposer une interprétation des textes ainsi qu'un regard critique et des pistes de perfectionnement.
Ne te trompe pas sur les intentions prétendument moralistes qui n'ont rien à voir avec la parade ou la vertu, et dont on se fiche pas mal de savoir si elles sont pointilleuses ou ridicules du moment qu'elles se réfèrent dûment au texte avec la vocation de faire émerger les lectures possibles. Car, quelle est la perfection d'un texte dont le sens échappe d'une manière équivoque et non souhaitée à son auteur ?
Si ce texte est destiné, il vaut mieux prévenir certaines lourdeurs de sens, c'est mon humble avis. Je propose, l'auteur dispose. Et toi ?

Citer
La femme que tu évoques avec sensibilité n'est pas un animal que le poète voudrait dompter

Ce qui me fait dire que tu as un problème avec le langage, le sens des mots. l'interprétation que je propose est soutenue par le champs lexical de l'animalité (fougues, lionne et amazone), tu pourras prétexter que la lionne n'est pas un animal, que l’amazone n'est pas sauvage, et alors là je ne répondrai plus de rien. Moi quand j'écoute un poète parler d'une femme de cette manière, je suis certains qu'il trahit son fantasme de capturer une "nature" féminine sauvage et rebelle, en même temps qu'il se sait lui même prédateur, dominateur et ayant la main dans cette parade cynégétique. Après, tu as le droit de trouver ça beau, je m'en contrefiche bien. Mais dire que ce sens n'y est pas, c'est un peu fort.  Moi je ne trouve pas ça génial pour la femme à qui le poète s'adresse, c'est mon parti pris critique que j'étaye sans demander qu'on en partage le goût.

Citer
Ceux-là n'ont pas compris ce que tu as écrit, ou s'ils l'ont compris, ce n'est qu'au travers de la lunette défectueuse de leurs préjugés.

Je crois que la poésie et la critique de ses textes sont un moyen privilégié de s'attarder sur les sens des mots. On choisit un mot et pas un autre, cela signifie quelque chose au delà et peut-être au devant de l'esthétique de l'image ou du son.
Donc tu peux parler de préjugé, mais relis-moi avant. J'ai commencé par faire crédit à l'auteur de sa bonne foi, pour ensuite relever ce qui me semblait des connotations disgracieuses. Je me place du point de vue de son poème pour apporter ma critique, pas du mien, j'ai bien compris son intention, et si je "juge", c'est en rapport à cela. Et certes, tu peux ne pas être d'accord avec mes remarques. Cependant la matière première fait un peu défaut dans ta lecture.

Baudelaine :
Citer
danses, envoûtante
Toujours pas convaincu par l'enchaînement voyelle voyelle "eu" - "en"

Je préférais le premier vers du 3e tercet "matins clairs" etc,
J'aimais bien qu'il n'y ait pas le mot "amour" dans le poème.




 
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Baudelaine

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #34 le: 26 avril 2019 à 16:36:17 »
Là, je me permets de répondre.

Dans mon texte, la dame en question n'est nullement comparée à un animal au sens propre du terme.

D'abord parce que le seul animal dont il est question est une lionne...
Et qu'en suite ta perception qu'une amazone est une femme sauvage t'est propre, car ce n'est pas le cas, le système social des amazones est très structuré.

Donc, je reprends.
Le texte parle d'une dame qui reste dynamique en raison de son jeune age en comparaison à l'age du poète (narrateur), bien plus vieux dont elle est amoureuse.
Qu'à la finale, cette différence d'âge a une importance très grande pour le narrateur qui repousse cette jeunesse pour ne pas qu'il devienne pour elle une charge malgré l'amour qu'elle lui montre.

Il me semble que ce sens a été compris par l'ensemble des lecteurs.

Mais, comme la poésie nous est propre, j'estime que chaque interprétation est acceptable et doit être avant tout sienne, ce qui au final, donne d'autant plus de sens à mon poème qui permet une analyse personnel de ce texte, aussi, je te remercie pour tes commentaires, non pas pour les remarques auxquelles je n'adhère pas, mais pour l’intérêt et l'émotion que celui a suscité chez toi.


Baudelaine

Hors ligne Versus1

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Re : Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #35 le: 26 avril 2019 à 17:02:32 »
Citer
L'interprétation que je propose est soutenue par le champs lexical de l'animalité (fougues, lionne et amazone), tu pourras prétexter que la lionne n'est pas un animal, que l’amazone n'est pas sauvage, et alors là je ne répondrai plus de rien. Moi quand j'écoute un poète parler d'une femme de cette manière, je suis certain qu'il trahit son fantasme de capturer une "nature" féminine sauvage et rebelle, en même temps qu'il se sait lui-même prédateur, dominateur et ayant la main dans cette parade cynégétique. Après, tu as le droit de trouver ça beau, je m'en contrefiche bien. Mais dire que ce sens n'y est pas, c'est un peu fort.  Moi je ne trouve pas ça génial pour la femme à qui le poète s'adresse, c'est mon parti pris critique que j'étaye sans demander qu'on en partage le goût... J'ai commencé par faire crédit à l'auteur de sa bonne foi, pour ensuite relever ce qui me semblait des connotations disgracieuses. Je me place du point de vue de son poème pour apporter ma critique, pas du mien, j'ai bien compris son intention, et si je "juge", c'est en rapport à cela. Et certes, tu peux ne pas être d'accord avec mes remarques. Cependant la matière première fait un peu défaut dans ta lecture.

Il n'y a aucun sous-entendu, dans ce sonnet, que l'on pourrait interpréter comme le désir du poète de soumettre une femme par la force. S'appuyer sur la connaissance des secrets d'un auteur pour lui faire un procès, revient à juger quelqu'un sur des éléments qui n'existent pas. Pour être clair, Loup-Taciturne, tu as assigné un fantasme à l'auteur pour critiquer ses valeurs morales. Et que tu l'aies fait du point de vue du poème (?) et non du tien, ne change rien à l'injustice que tu as commise.

Petit rappel mythologique : les Amazones étaient un peuple de femmes guerrières particulièrement indépendantes.

Bon après-midi !
« Modifié: 27 avril 2019 à 08:00:20 par Versus1 »

En ligne Ariane

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #36 le: 26 avril 2019 à 17:43:18 »
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Je suis par contre consterné par le moralisme pointilleux et ridicule qu'affichent certains membres, sans doute pour faire parade de vertus, et qui se trompent presque toujours sur la question des raisons à pourfendre. Ceux-là n'ont pas compris ce que tu as écrit, ou s'ils l'ont compris, ce n'est qu'au travers de la lunette défectueuse de leurs préjugés. La femme que tu évoques avec sensibilité n'est pas un animal que le poète voudrait dompter, c'est même tout le contraire : il l'éloigne volontairement de lui (et c'est triste) pour qu'elle ne succombe pas au charme d'un vieil homme qui se croit, hélas, sans force et sans sagesse.

Bonjour,
Je réagis vu que tu emploies le pluriel, or je pense qu'en dehors de Loup Taciturne je suis la seule concernée...

Pour ce qui est du fond de ton commentaire :
J'avais compris, à travers la remarque de Loup Taciturne, qu'il exprimait à Baudelaine que son poème pouvait, malgré lui et via certaines images, avoir un côté un peu paternaliste. Parfois quand on utilise une image on entraîne malgré soit les clichés qui vont avec dans son sillage. Pour moi il n'était question que de ça. Pas de juger les intentions de l'auteur - et je ne m'attendais pas à ce qu'on vienne juger si sévèrement les miennes  :o .
Donc oui j'ai ré-employé le mot "paternaliste", il ne me convient pas tout à fait d'ailleurs, je ne saurais pas mettre de mot adéquat sur ce petit bémol que j'ai ressenti. Ca ne m'empêche pas d'avoir parfaitement saisi le sens du poème et de l'apprécier pour ses qualités.

Pour ce qui est de sa forme :
Tant mieux pour toi si tu as suffisamment de certitudes pour affirmer avec aplomb que des membres sont ridicules et se trompent de combat quant à leurs critiques ; tu as eu l'humilité de mettre un "sans doute" quant aux raisons qui nous motivent ("pour faire parade de vertus"), c'était délicat de ta part vu combien tu étais loin du vrai... Pour "la lunette défectueuse de nos préjugés", tu aurais pu te fendre de la même prudence ; je pense que tu aurais bien du mal à saisir l'exact prisme de ma lecture à travers le seul pauvre petit commentaire flou que j'ai laissé.

Bonne journée.

Hors ligne Versus1

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #37 le: 26 avril 2019 à 18:15:08 »
Je ne parlais pas de toi Ariane.  :)

Je serais bien incapable, en effet, de juger de la totalité de ton être, de tes désirs, de tes pensées.

J'ignorais, mais je m'en suis avisé, que tu avais envisagé un détail du poème comme relevant d'une vision paternaliste de la femme. C'est une interprétation erronée, mais c'est encore moins grave que les insinuations de Loup-Taciturne sur la sexualité de Baudelaine, quoiqu'il n'ait pas eu l'intention de l'attaquer sur ce point.  La gaffe, quoi.

Bonne soirée !
« Modifié: 27 avril 2019 à 07:49:47 par Versus1 »

Hors ligne Loup-Taciturne

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #38 le: 27 avril 2019 à 12:00:16 »
Citer
J'avais compris, à travers la remarque de Loup Taciturne, qu'il exprimait à Baudelaine que son poème pouvait, malgré lui et via certaines images, avoir un côté un peu paternaliste. Parfois quand on utilise une image on entraîne malgré soit les clichés qui vont avec dans son sillage. Pour moi il n'était question que de ça. Pas de juger les intentions de l'auteur - et je ne m'attendais pas à ce qu'on vienne juger si sévèrement les miennes  :o .
Ariane avait bien compris.

Versus1,

Je passe tes commentaires qui surinterprètent largement mes propos. Je te prierai de citer pour ne pas extrapoler de manière, pour le coup, ridicule. Je n'ai produit aucune insinuation sur la sexualité de l'auteur, ni même sur sa morale. je m'en fiche bien pour le dire encore. Je m'escrime à faire sortir le sens des mots, et plus profondément celui des représentation sous-jacentes, celui qui sort malgré soit quand on est imprégné d'une culture (ici patriarcale sexiste qui remonte à au moins l'antiquité et ce mythe des amazones), de manières inconscientes de voir le monde e de le dire (nous le sommes tous de manière différente), ou quand on ne maîtrise pas l'environnement lexical, culturel, l’écologie sémantique, des termes qu'on utilise.

La discussion en arrive à l'absurdité que l'auteur nie comparer la femme à un animal lorsqu'il la compare à une lionne. Quelle audace !

------------
Pour ce qui est des amazones, il ne s'agit pas de "ma" petite vision personnelle. Je me place dans l’horizon interprétatif du lecteur lambda ou de celui qui détient une vision large des représentations de l'amazone, car il est de toute évidence que sans plus de précision, l’allusion n'est pas ciblée sur un mythe ou contexte historique particulier de l'amazone. Le sens commun ou du moins la polysémie est convoquée implicitement.


Eh bien oui, l'amazone véhicule de manière générale une image guerrière (il faut là aussi de l'audace et une bonne dose de mauvaise foi pour en faire un opposé de sauvage ou ensauvagée). Également, cela va avec, une image indomptable de femme à dominer, à conquérir et à mater. Il y a même un terme spécifique pour cela : l'amazonomachie, qui est un motif récurrent des représentations attachées aux amazones. Comment ne pas avoir cela en in tête quand le poète joue sur cette image en la faisant rimer avec lionne ? Pourquoi ne pas utiliser un terme plus précis qu’amazone si on ne souhaite pas se référer à l'imaginaire mythologique mais à l'interprétation historique ?

Par ailleurs, faire de cette figure de la femme indépendante, insoumise, autonome, qui refuse la société des hommes, qui pratiquerait, selon les représentations courantes, l'infanticide des bébés mâles, une amante qui court après le charme et la sagesse de l'homme vieux (le summum du statut social patriarcal), est un dévoiement de la figure "amazonienne" qui alimente un point de vue dominateur, misogyne voire sexiste, je suis désolé d'enfoncer le clou. Les éléments sont la.
C'est un renversement conscient ou inconscient de cette figure opérée par le poète qui dépossède le mot de son sens. Cela est-il sa volonté, sa maladresse ou son fantasme ?

Il faut également tenir compte du fait que cette image de l'amazone a donné son nom au pays des "sauvages", des "naturels", là où le mythe du bon sauvage est né : l’Amazonie. le bon sauvage a conquérir, à dompter, à éduquer, à civiliser, à sauver. Tout comme la femme amazone.

Comment alors nier que l'image de l’amazone s'accompagne de tout un imaginaire conquérant de la "sauvagerie" de la "barbarie", d'une altérité féminine radicale et fantasmée par un point de vue exclusivement masculin (celui des auteurs et historiens), d'une dichotomie fantasmatique radicale entre le féminin et le masculin, ou le féminin est presque toujours un faire-valoir du héros/poète masculin?

Je veux bien que le poète assume de recourir à de telles images (bien qu'elles ne m'émeuvent guère positivement), et les revendique par exemple comme une forme de bienveillance teintée de machisme esthétique, mais qu'il nie la portée des termes et images qu'il convoque, pour sauvegarder son texte contre le sens des mots et des images, je trouve ça bancale. La perfection est de trouver les mots justes, non de justifier les mots dans un sens.

J’approfondis mon point de vue :
Dans ce poème, qui est loué finalement ? Qui est mis en valeur ? La fougue de la jeune femme, la beauté de son amour, de sa personne ? Ou la grande sagesse/bonté de l'homme vieux qui sacrifie son triomphe et ses désirs sur cette jeunesse désireuse et convoitée ?
Finalement, à travers une modestie toute relative, le narrateur flatte son ego. Il se présente comme séduisant malgré son âge, et présente son attirance pour la jeunesse et la naïveté des femmes (qui croient toutes sortes de choses, comme celle que les vieux sont sages), discours masculin dominant et consensuel. En refusant qu'on le perçoive sage, il affirme en creux : "regardez, elle pense que je suis sage", en la rejetant par bonté, par sacrifice, il se taille une image de  sage pétri de modestie. iI aurait pu réellement démontrer à sa bien-aimé son manque de sagesse. Je vois là un procédé habile de mise en valeur de soi, en même temps que de poser l'autre en faire-valoir, par l'implicite. Un reflet trompeur du refus.

Ce poème est-il un éloge de l'amour, un éloge de la bien-aimée ou un éloge de soi-même ?
Qui sert qui dans l'histoire ?

L'homme qui n'est pas sage montre sa sagesse de ne pas profiter de son privilège de consommer la fraicheur d'une femme. Il lui demande de se garder de lui, car il sera de toute évidence triomphant.
D'autre part, il ne reconnaît pas à sa bien-aimée la possibilité d'être plus forte que lui, de l'aimer le temps qu'il faut et de savoir se consoler de sa disparition. En cela je vois du paternalisme.
Il sait mieux ce qui est bon pour elle, qu'elle même. Sans doute car il est un homme et qu'il est plus vieux...

--------
Pour clore, j'observe que ce genre d'image, apparemment anodine, et cette discussion, en dit moins sur la sexualité de l'auteur, que sur l'inconscient, l'impensé, des représentations de la femme dans notre société "moderne" et "progressiste".

Le diable se cache dans les détails.



« Modifié: 27 avril 2019 à 13:46:04 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Angieblue

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #39 le: 27 avril 2019 à 13:04:27 »
Hello,

De ce fait, je me suis penchée sur le sens profond du texte, sur l'interprétation que moi j'en fais.
C'est plutôt elle qui le prend en chasse, et pour cible. C'est donc lui la proie. Ainsi, l'image de l'amazone et celle de la lionne ne sont pas mal trouvées.
Quant à  lui, il lui répond en quelque sorte: Attention, je ne suis pas un animal affaibli, j'ai du désir, et je pourrais te céder. Et là, ma belle, c'est toi qui pourrais te retrouver piégée. Là, il sous-entend qu'il est trop âgé pour elle, et que tôt ou tard, elle pourrait être malheureuse car il pourrait devenir un boulet...Et au final, ils seraient tous les deux malheureux...
En fait, il n'a pas confiance en lui!
J'ai bien envie de citer Oscar Wilde: "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder".

Maintenant, pour faire une petite parenthèse sur la polémique en cours:

Louploup, tu as tout à fait le droit de trouver cette comparaison peu originale et primaire. D''ailleurs, au sens propre et même au figuré , ton analyse est exacte.

Versus, merci d'être plus modéré dans tes propos et moins condescendant. Chacun a le droit de s'exprimer librement sur un texte sans  se faire accusé d'être "ridicule". Les mots ont un sens, comme te l'a fait remarquer Loup Taciturne. Il y a d'autres manières que l'attaque pour témoigner son désaccord.
Par contre, je salue que tu aies édité ton dernier message après avoir réalisé que tu surinterprétais les propos de Loup Taciturne, en insinuant qu'il jugeait la sexualité de Baudelaine.  Il propose juste une analyse de texte, et chacun est libre de proposer la sienne, comme moi je viens de le faire plus haut.
« Modifié: 27 avril 2019 à 13:08:21 par Angieblue »
Angie

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #40 le: 27 avril 2019 à 13:36:40 »
Derrière cette longue suite de sophismes, qui s’enracinent tous dans une interprétation erronée et abusive de cette pièce de vers, tu tentes, avec une certaine habileté, de faire oublier que tu as effectivement insulté Baudelaine et sa vision des rapports entre les sexes.

En outre, tu poses en humaniste réformateur qui, à partir du « grand impensé de l’époque », voudrait enseigner les humains et corriger leurs faiblesses. Heureusement, il n’y a pas d’idéal d’humanité qui puisse revendiquer sa supériorité sur les individus et sur leurs pratiques, sauf à vouloir employer la force.

La Terre est à chacun, selon ses désirs et selon ses pensées.
« Modifié: 28 avril 2019 à 06:34:11 par Versus1 »

Hors ligne Baudelaine

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #41 le: 27 avril 2019 à 18:01:46 »
Restons simple, je n'ai pas d'état d'âme à ce que l'on apprécie pas mon poème, Loup taciturne, cette grossièreté qui t'habite à mon égard, j'ai du mal à la comprendre, d'autant que je me présente nouveau sur ce site avec que peu de connaissance en poésie, aussi si tu es si bon que ça et que tu trouves mes textes si peu intéressants, lorsque tu vois un nouveau texte de moi s'afficher, passe ton chemin, à moins que tu éprouves un fantasme quelconque à t'abreuver de la médiocrité, peut-être que cela flatte ton ego de te sentir supérieur.
Baudelaine

Hors ligne Claudius

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #42 le: 27 avril 2019 à 18:17:54 »

Modération

Dans le cadre de la bonne entente dans ce forum et par respect pour Baudelaine nouveau membre, il serait souhaitable de revenir à des considérations et échanges plus courtois et à des commentaires constructifs.

Claudius pour l'équipe.

Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Claudius ses textes et poésies

Hors ligne Loup-Taciturne

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #43 le: 28 avril 2019 à 10:38:08 »
Citer
des considérations et échanges plus courtois et à des commentaires constructifs
J'espère qu'il s'agit d'un rappel à mes contradicteurs, car je ne vois pour ma part pas comment être plus constructif et courtois.

Je suis le premier membre à m'être intéressé au poème de Baudelaine, par souci de juste répartition des retours critiques, et j'ai fait preuve dès le départ de la volonté constructive et courtoise qui s'impose. Comme souvent ici, certains interlocuteurs débarquent dans les discussions et s'emportent dans les passions, mélangeant texte et personne, auteur et narrateur, critique et attaque personnelle. Ce manque de rigueur, de discernement est consternant et fatiguant tant il alourdit et embrouille les discussions :

Citer
J'ai bien aimé ton poème.

Notamment grâce à l'originalité de ce renversement

Citer
je suis songeur quant aux significations de ces images quelque peu paternalistes et misogynes, allons-y en exagérant outrageusement !

Citer
Citer
    De t’approcher de moi, célébrant ta fraîcheur,

J'aime bien cet enchaînement

Citer
Citer
    Même si tes matins pourraient ravir mes soirs,

j'aime bien ça aussi, tant sur le fond que sur le rythme

Merci pour ce partage, j'aime bien l'idée centrale et l'analyse m'a peut-être attiré vers des maladresses ou des facilités avec le sens qui pourraient être précisées, reconduites, affinées.

au plaisir,

et Baudelaine de répondre à son premier commentateur :
Citer
Merci pour tes précieux conseils, je pense m'en servir à l'avenir, je trouve te trouve très pertinent et à propos
On ne mord pas la première main qui nous caresse, n'est-ce pas ?

-----------

Je suis ensuite revenu dans la discussion après m'être fait diffamé par Versus1 (sans que la modération ne dise mot)

Citer
consterné par le moralisme pointilleux et ridicule qu'affichent certains membres, sans doute pour faire parade de vertus, et qui se trompent presque toujours sur la question des raisons à pourfendre. Ceux-là n'ont pas compris ce que tu as écrit, ou s'ils l'ont compris, ce n'est qu'au travers de la lunette défectueuse de leurs préjugés.
Attaque ad personam
Citer
Derrière cette longue suite de sophismes
Suffit-il de le clamer ?...
Citer
tu as effectivement insulté Baudelaine
Diffamation
Citer
tu poses en humaniste réformateur qui, à partir du « grand impensé de l’époque », voudrait enseigner les humains et corriger leurs faiblesses.
Procès d'intention, attaque ad personam
Citer
Heureusement, il n’y a pas d’idéal d’humanité qui puisse revendiquer sa supériorité sur les individus et sur leurs pratiques, sauf à vouloir employer la force.

La Terre est à chacun, selon ses désirs et selon ses pensées.
Quel rapport avec le poème ?

J'ai ainsi développé un argumentaire permettant de mieux comprendre mon positionnement critique, soutenant l'idée que certains mots faisaient appel à un champ lexical du sauvage et de l'animalité qui trahissait une vision misogyne et paternaliste de la relation avec la bien-aimée du poète. Derrière cela, le poème m'intéresse en ce qu'il véhicule certaines représentations sous-jacente de la relation homme-femme dans notre culture.
Je ne vois pas en quoi cela manque de courtoisie et insulte l'auteur. on parle du texte, pas de la personne.

Il s'agit d'un grossissement x100 à l'intérieur du poème. Grossissement dû à l'impératif d'être constructif et d'étayer mes propos face à la contradiction/incompréhension/indignation.


et Baudelaine lui a emboité le pas sur le chemin de l'ingratitude :
Citer
Loup taciturne, cette grossièreté qui t'habite à mon égard, j'ai du mal à la comprendre, d'autant que je me présente nouveau sur ce site avec que peu de connaissance en poésie
J'ai consacré, particulièrement parce que tu es nouveau, bien plus de temps à "analyser" ton poème que bien d'autres. J'ai dit ce que j'y ai trouvé à mon goût et j'ai aussi trouvé qu'il soulevait une tension intéressante à mettre au jour qui dépasse de loin ta subjectivité, ta morale individuelle ou ta sexualité. Qui parle de nos préconceptions du monde, ici en ce qui concerne les rapports de genre, qui se dissimulent dans l'ombre du langage amoureux.

Citer
si tu es si bon que ça et que tu trouves mes textes si peu intéressants, lorsque tu vois un nouveau texte de moi s'afficher, passe ton chemin, à moins que tu éprouves un fantasme quelconque à t'abreuver de la médiocrité, peut-être que cela flatte ton ego de te sentir supérieur.
Quelle drôle de façon de considérer la critique...

Bien à vous,
sans modération !

« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Angieblue

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Re : Crépuscule d’une nuit
« Réponse #44 le: 28 avril 2019 à 11:17:26 »
Je partage le constat de Loup Taciturne!
Il n'a jamais été grossier envers Baudelaine. Alors, il faut peut-être revoir de quel côté est le manque de respect...
Angie

 


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