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Auteur Sujet: Terminus radieux (Antoine Volodine)  (Lu 589 fois)

Hors ligne Ben.G

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Terminus radieux (Antoine Volodine)
« le: 24 mars 2019 à 00:49:09 »


Publié au Seuil, prix Médicis 2014

Le roman se passe dans un futur alternatif incertain, au lendemain de la chute de la Deuxième Union soviétique et d'une guerre. Dans ce monde "communiste", pratiquement toutes les villes étaient équipées en nucléaire, et au delà des grandes villes s'étendent des régions entières dévastées par les catastrophes naturelles. C'est là qu'on rejoint nos personnages principaux, plus morts que vivants, déambulants dans ces contrées désertiques avec des corps qui se désagrègent. Il vont partir à la recherche d'un Kolkhoze qui subsiterait dans la région, le Terminus radieux.


A plusieurs reprises dans le roman, il est fait mention du'ne littérature "post exotique", qui est le mouvement littéraire autoproclamé de Volodine lui même par rapport à ses livres (il y a aussi la mention d'une littérature "féministe" (y'a un terme crée pour ça je m'en souviens plus) ultra violente qui enseigne une méfiance des hommes en général; mais ça a un contexte particulier dans le roman et motive les actions des persos : un homme arrive dans le village, rare étranger et fait face au chef dont les trois jeunes filles y vivent.) En fait on pourrait faire toute une analyse à part entière sur la place d'une historicité littéraire inventée dans ce roman, et la place que ça a même sur la fin du roman ! )


Le post-exotisme serait donc une façon de faire de la SFFF, mais avec un mélange des genres poussé à l'extreme et dans un style à part entière. Et plutôt à tendance de l'étrangeté incompréhensible, inquiétante et non expliquée.
Ici ce qu'on pense réel va peu à peu devenir de plus en plus psychédélique, trompeur, chamanique presque magique, brutal, intuitif et viscéral, et très souvent, onirique (il est question d'un train rempli de quasi morts vivants, qui roule, roule, roule...) On perd la notion d'années, on perd la notion de corps et ne reste plus que des consciences qu se délitent.

AU niveau de la forme, les paragraphes se découpent avec des petites puces rondes devant chacun, un peu comme pour séparer les idées/temps/moments, ce qui fait que même si le livre est assez gros, les paragraphes s'enchainent avec régularité et fluidité (ca donne envie de toujours en lire un petit en plus, comme un équilibre entre profusion et concision). Je pense que par moment ça laisse un peu trop couler l'encre quand même, il a une super plume lyrique, mais parfois ça rallonge un poil trop pour tourner autour de la même chose, même si y'a de beaux entremêlements.


Bref, c'est un roman franchement très étrange, où on trouve un peu de tout, et que je conseille de découvrir.
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Re : Terminus radieux (Antoine Volodine)
« Réponse #1 le: 24 mars 2019 à 01:00:33 »
Très envie de le lire depuis que tu m'en avais parlé. Maintenant je l'ai sur ma liseuse donc il fera surement partie de mes romans du printemps (:
(J'ai aussi un ou deux autres bouquins de lui publiés chez Verdier sous le pseudo de Lutz Bassmann)
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