Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 mars 2019 à 11:58:55

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » La discordance

Auteur Sujet: La discordance  (Lu 151 fois)

Hors ligne Jojosephine

  • Plumelette
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La discordance
« le: 09 mars 2019 à 22:19:10 »
     21h. C’est terminé. Quelques minutes de retard comme à chaque fois. D’ailleurs, nous ne relevons même plus... De l’habitude naît la lassitude...
    La pression de la journée se dissipe doucement mais laisse place à un vide abrutissant. Ce vide qui s'immisce insidieusement, sournoisement. Il rôde, il attend patiemment, que l'énergie vous quitte, pour prendre sa place, pour s’y lover tranquillement, assurément. De jour en jour s’imposait à moi la décision de me retirer, de m’éclipser. Une coquille vide ne peut prendre soin de l’autre. Pour s’occuper de l’autre, nous devons en échange donner une part de nous-même. Pas une grande part, ni même consciemment, mais c’est une obligation. J’en suis convaincue. On ne peut être dans le soin sans être dans le “soi”.
    Il m’était devenu impossible de m’occuper de l’autre, de m’en approcher, de l’écouter, de le toucher. Je ne pouvais plus. Il me semblait que mes gestes étaient devenus mécaniques, impersonnels et tellement dépourvus d’humanité. La discordance entre l’image que je devais donner et ce que je ressentais se faisait chaque jour un peu plus pesante, un peu plus suffocante.
    Mon être criait, pleurait, était dans une rage folle… Mon paraître lui était impassible, lisse.  Je me suis même surprise à sourire encore une fois, à une patiente cherchant vainement une occupation, un contact, un renseignement, une réassurance... Tout ce que je ne pouvais plus fournir. Je détourne le regard, prends la fuite.
    Mes pas me trainent un peu plus loin, mécaniquement, me rapprochant davantage de la délivrance. J'aperçois une collègue au loin les sourcils froncés, concentrée sur son ordinateur, elle souffle … Elle souffre… Je continue, tourne dans un autre couloir, fuis… Encore.
    Le bruit des roues sur le sol, le bip incessant des sonnettes, les sonneries oppressantes des téléphones.  Tous ces bruits synonymes d’activité, d’attention, de réponses, d'immédiateté… Tous ces sons, toutes ces odeurs qui resserrent un peu plus l'étau déjà lourd au creux de moi.     Enfin les sous-sols. La vie insoupçonnée grouille dans les entrailles de cet établissement. Toute la logistique, les raccourcis, les rencontres se pensant discrètes. Qui finalement n’ont de discrètes que l’illusion.
    J’arrive face à cette porte métallique. A l'intérieur mes vêtements, ceux de ma vraie vie ceux du dehors, ceux de l’après, confinés, mis à l’abri comme protégés. Il fait froid. Il fait toujours froid ici. Les vitres cassées. Les douches servant davantage de stockage que de lieu d'hygiène. Le carrelage cassé. Les trous de souris. Oui, des souris ! Les courants d’air incessants qui semblent vous mettre en garde pour vous préparer aux avalanches de frissons que vous allez devoir affronter au cours de votre journée.  Pas de miroir ou de glace. Tant mieux, je suis incapable de m’y regarder, de m’y retrouver. Ce reflet n’est pas le bon, ce n’est pas moi, ce n’est plus moi. Je suis devenue cet être impersonnel, conforme, uniformisé.
    Mon costume de scène, ma blouse, n’est même pas à la bonne taille. Un reste, une tenue qu’il restait dans la réserve sur laquelle nous sommes venus coller une nouvelle étiquette, un nouveau matricule… Jusqu’à la prochaine fois, jusqu’au prochain départ… La mettre me rend malade mais moins que de la retirer…  Je deviens une autre avec. Elle me donne un rôle à tenir, me dicte mes attitudes et mes gestes. Elle est mon armure, ma carapace. Elle me protège des agressions physiques, verbales et surtout elle me met à distance des attaques plus violentes encore, celles qui touchent mon âme. Les blessures, les maladies, les souffrances, les vies qui cessent et qui font cesser celles de ceux qui restent, des survivants… Cette blouse, elle me tient, me porte. Je suis assise ici dans le froid, et l'appréhension de la retirer me ronge. Si je l’enlève, comment vais-je tenir debout ? Cette blouse ne tient que du vide.
    Mais comme à chaque fois je vais trouver la force, du moins mon corps va se rappeler des gestes, les automatismes et je vais l’enlever, la glisser dans le sac (le bon sac, celui de la bonne couleur, pour aller dans la bonne machine, pour suivre le bon protocole) et je vais rentrer chez moi. Comme à chaque fois, endosser une nouvelle tenue, un nouveau rôle, une nouvelle discordance. Abandonner une nouvelle fois, comme à chaque fois, lâchement, mon être englouti sous ce par-être.
    De l’habitude naît la lassitude.

Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : La discordance
« Réponse #1 le: 09 mars 2019 à 22:32:49 »
 Bonsoir Jojosephine,
un texte prenant pour ceux qui, par hasard, pouvaient encore douter du rôle que vous tenez.
Car je suppose que c'est de 'ton" métier que tu nous parles.
Si c'est le cas,
Bonne soirée et repose-toi bien

Hors ligne Léilwën

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Re : La discordance
« Réponse #2 le: 09 mars 2019 à 23:15:18 »
Hoy ! :)

Pourrais-tu justifier ton texte (6e icône de la première ligne) pour le confort de lecture ?
Citer
il attend patiemment, que l'énergie vous quitte
=> la virgule est de trop ("que l'énergie vous quitte" a fonction de COD et on ne sépare pas le verbe de son COD)
Citer
Il rôde, il attend patiemment, que l'énergie vous quitte, pour prendre sa place
=> la 2ème virgule est de trop aussi (pas de virgule avant un complément circonstanciel ; on en met une après si le complément est placé en début de phrase)
Citer
Pour s’occuper de l’autre, nous devons en échange donner une part de nous-même
=> :coeur: :coeur: (nous-mêmes)
Citer
On ne peut être dans le soin sans être dans le “soi”.
=> :coeur:
Citer
Il m’était devenu impossible de m’occuper de l’autre, de m’en approcher, de l’écouter, de le toucher. Je ne pouvais plus. Il me semblait que mes gestes étaient devenus mécaniques, impersonnels et tellement dépourvus d’humanité. La discordance entre l’image que je devais donner et ce que je ressentais se faisait chaque jour un peu plus pesante, un peu plus suffocante.
=> :(
Citer
Mon paraître lui était impassible, lisse
=> "lui" est à mettre entre virgules : s'il n'y a pas de virgules, ça veut dire que le paraître était impassible à "lui" (qui n'est du coup pas défini)
Citer
lisse.  Je
=> il y a un espace en trop avant "je"
Citer
Tout ce que je ne pouvais plus fournir. Je détourne le regard, prends la fuite.
=> c'est très bien décrit en peu de mots
Citer
J'aperçois une collègue au loin les sourcils froncés
=> il manque une virgule après "loin" (ici, il y a 2 phrases (sujet + verbe + compléments qui ne sont pas reliées, mais apposées (mises côte à côte) ; il faut donc les séparer (point ou point-virgule ou virgule)
Citer
elle souffle … Elle souffre…
=> j'aime bien la rime interne !
Citer
Je continue, tourne dans un autre couloir, fuis… Encore.
=> :coeur:
Citer
creux de moi.     Enfin
=> petit bug de mise en page ?
Citer
La vie insoupçonnée grouille dans les entrailles de cet établissement
=> j'aurais dit "une vie" plutôt que "la vie" ; qu'est-ce que tu en penses ?
Citer
Toute la logistique, les raccourcis, les rencontres se pensant discrètes. Qui finalement n’ont de discrètes que l’illusion.
=> :coeur:
Citer
A l'intérieur mes vêtements, ceux de ma vraie vie ceux du dehors, ceux de l’après, confinés, mis à l’abri comme protégés.
=> "À" et il manque des virgules à l'énumération : après "vie" et après "abri" ; sinon j'aime beaucoup cette phrase aussi
Citer
La mettre me rend malade mais moins que de la retirer
=> ici, puisque la phrase en opposition "mais moins que de la retirer" est longue, il faut une virgule avant "mais"
Citer
Elle me protège des agressions physiques, verbales et surtout elle me met à distance des attaques plus violentes encore, celles qui touchent mon âme.
=> :( "et surtout" est à mettre entre virgules
Citer
Si je l’enlève, comment vais-je tenir debout ? Cette blouse ne tient que du vide.
=> j'aime cette image
Citer
Mais comme à chaque fois je vais trouver la force
=> virgule après "fois"
Citer
par-être.
=> :coeur: :coeur:

C'est un tableau criant de vérité que tu nous fais là... J'ai écho de plus en plus d'articles mettant en alerte sur le mal-être des soignants... à ne pas prendre à la légère puisque comme tu le dis si bien, si les soignants sont dans un mal-être trop grand pour assurer leur rôle, comment va-t-on faire ? :(
Sur la forme, j'ai essayé de justifier les corrections que je t'ai apportées, mais en vrai il n'y a pas grand chose (surtout des problèmes d'enchaînement de propositions, rien de bien grave et rien qui ne nuise à la compréhension du texte...)

Merci pour ce texte-cri du cœur
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Ariane

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Re : La discordance
« Réponse #3 le: 10 mars 2019 à 08:04:51 »
Bonjour !

Comme Léli j'ai l'habitude de faire tout plein de mini remarques au fil de la lecture, avant de donner une impression globale. On a l'habitude de pinailler beaucoup, de relever même des mini-détails, ne le prends pas mal. Aussi, on a l'habitude de se tutoyer sur le forum, j'espère que ça te conviendra aussi.

NB : Pour Léli :
Spoiler
[close]


Au fil de la lecture :

Citer
D’ailleurs, nous ne relevons même plus... De l’habitude naît la lassitude...
Beaucoup de personnes ne sont pas trop trop fan des points de suspension. De mon point de vue ça peut être bien mais avec parcimonie, par exemple ici j'aurais mis un point pour la deuxième phrase (ou à la rigueur, pour la première).

Citer
La pression de la journée se dissipe doucement mais laisse place à un vide abrutissant. Ce vide qui s'immisce insidieusement, sournoisement. Il rôde, il attend patiemment, que l'énergie vous quitte,
J'aime beaucoup ce début, en quelques phrases l'atmosphère m'a imprégnée.

Citer
Il rôde, il attend patiemment, que l'énergie vous quitte, pour prendre sa place, pour s’y lover tranquillement, assurément.
J'aurais écrit "sûrement" au lieu de "assurément". Pour moi "assurément" a un sens légèrement différent, je ne saurais pas l'expliquer... C'est plus pour approuver une affirmation, par exemple dans un dialogue... "sûrement" me semble mieux correspondre avec ta phrase.
Pour la virgule avant le "que", j'ai tiqué moi aussi (comme Léli), après c'est vrai que ça donne un certain rythme à ta phrase toutes ces virgules, qui peut contribuer à transmettre la fatigue / la lourdeur de l'instant.

Citer
De jour en jour s’imposait à moi la décision de me retirer, de m’éclipser.
Je suis troublée par le passage à l'imparfait alors qu'on était au présent...

Citer
Pas une grande part, ni même consciemment, mais c’est une obligation.
Je trouve cette phrase un peu maladroite dans la forme (là tout de suite c'est compliqué d'expliquer pourquoi, désolée :S ).

Sur le fond, j'adhère +++. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris, je reconnais des choses que j'ai pu ressentir en travaillant dans le milieu des soins.

Citer
Il m’était devenu impossible de m’occuper de l’autre, de m’en approcher, de l’écouter, de le toucher. Je ne pouvais plus. Il me semblait que mes gestes étaient devenus mécaniques, impersonnels et tellement dépourvus d’humanité.
Ici encore je trouve que tu retranscris très bien le genre de douleur qu'on peut ressentir, et ses conséquences (froideur apparente, rejet +++ de ce qu'on devrait faire, de l'autre, de l'humain).

Citer
Je me suis même surprise à sourire encore une fois, à une patiente cherchant vainement une occupation, un contact, un renseignement, une réassurance... Tout ce que je ne pouvais plus fournir. Je détourne le regard, prends la fuite.
    Mes pas me trainent un peu plus loin, mécaniquement, me rapprochant davantage de la délivrance.
Ici encore la concordance des temps me pose souci, on repasse du passé au présent :/ sans que j'en perçoive vraiment la logique...

Citer
J'aperçois une collègue au loin les sourcils froncés, concentrée sur son ordinateur, elle souffle … Elle souffre…
Il y a un espace en trop entre "souffle" et les points de suspension qui suivent.
Je visualise bien l'ensemble, un peu comme si on était en caméra épaule (ça se dit ? je ne sais pas ^^ un peu comme si on filmait comme si c'était le regard de la narratrice / du  narrateur au fur et à mesure qu'elle avance...). Ca donne une image de l'hôpital comme souffrant dans son ensemble. Bref, une image réaliste  :( .

Citer
Tous ces sons, toutes ces odeurs qui resserrent un peu plus l'étau déjà lourd au creux de moi.
Les sons et les odeurs........ ! tellement oppressants, je suis d'accord avec toi (ou du moins avec ta narratrice / ton narrateur).

Citer
     Enfin les sous-sols.
Quelques espaces en trop (déjà signalés par Léli il me semble).

Citer
La vie insoupçonnée grouille dans les entrailles de cet établissement.
Ca fait bizarre dit comme ça, effectivement comme le dit Léli tu peux écrire "Une vie", sinon je me disais, pour rester dans le même ton que ce qui précède, avec des phrases nominales et des pronoms définis, pour toutes ces choses qu'elle a l'habitude de voir, j'aurais mis "La vie insoupçonnée qui grouille dans les entrailles de cet établissement".

Citer
A l'intérieur mes vêtements, ceux de ma vraie vie ceux du dehors, ceux de l’après, confinés, mis à l’abri comme protégés.
Si on veut être rigoureux, il manque des virgules ; moi ça ne me dérange pas, je trouve que ça donne au texte ton rythme à toi.

Citer
Les vitres cassées. Les douches servant davantage de stockage que de lieu d'hygiène. Le carrelage cassé.
Pour éviter une répétition tu pourrais remplacer un des deux "cassé" par "brisé" (ou autre chose).

Citer
Pas de miroir ou de glace. Tant mieux, je suis incapable de m’y regarder, de m’y retrouver. Ce reflet n’est pas le bon, ce n’est pas moi, ce n’est plus moi.
:( c'est douloureux à lire...
Encore une fois je trouve que ça sonne très très juste. Je m'y reconnais aussi, dans les phases de dépression / burn-out (désolée je raconte ma vie  :-[ mais c'est pour dire que ton texte me semble poignant et réaliste). 

Citer
Mon costume de scène, ma blouse, n’est même pas à la bonne taille.
La blouse-costume, la blouse trop grande ^^ ça je suis certaine de l'avoir déjà écrit, tellement c'est TOUJOURS valable ^^ .

Citer
Un reste, une tenue qu’il restait dans la réserve sur laquelle nous sommes venus coller une nouvelle étiquette, un nouveau matricule…
Je trouve dommage la répétition "un reste" / "il restait". J'aime bien l'idée de mettre en avant le côté "numéro", "matricule"... avalé par la taille de la structure (j'imagine).
Il manque un espace après les points de suspension qui suivent "matricule".

Citer
Jusqu’à la prochaine fois, jusqu’au prochain départ…
Ici par exemple, comme au début, je trouve qu'on enchaîne un peu trop les points de suspension, pour cette phrase-ci j'aurais mis un point simple (ou pour une phrase avant ou après, bref pour alterner un peu quand même et pas enchaîner trop de ...).

Je trouve ça intéressant que ce soit encore + dur de l'enlever que de la mettre.

Citer
me dicte mes attitudes et mes gestes.
Le "me" me semble superflu (mais c'est encore une fois du pinaillage +++).

Citer
Elle me protège des agressions physiques, verbales
Je m'interroge sur le sens de cette phrase... Ca pourrait vouloir dire que grâce à la blouse on ne se fait pas agresser. Mais je ne pense pas que ce soit le cas...

Citer
les vies qui cessent et qui font cesser celles de ceux qui restent,
J'aime bien la formulation.

Citer
du moins mon corps va se rappeler des gestes, les automatismes et je vais l’enlever,
Je pense qu'il faudrait harmoniser gestes / automatismes : soit "les gestes, les automatismes" soit "des gestes, des automatismes".

Citer
Comme à chaque fois, endosser une nouvelle tenue, un nouveau rôle, une nouvelle discordance.
Ca va te sembler très superflu comme nuance mais ça me gêne l'idée "d'endosser une discordance", il me semble que la discordance est entre le paraître et l'être... Du coup je proposerais : "Comme à chaque fois, endosser une nouvelle tenue, un nouveau rôle, pour une nouvelle discordance." (la discordance étant le résultat du fait de porter cette nouvelle tenue / ce nouveau rôle).

Citer
Abandonner une nouvelle fois, comme à chaque fois, lâchement, mon être englouti sous ce par-être.
J'ai une question très bête : tu veux dire quoi par "par-être" ?
J'aurais pensé à "pare-être", un peu comme pare-brise ou je ne sais quoi ^^, quelque chose qui protège de ce que l'on est (même si comme tu le dis ça l'engloutit par la même occasion).

Citer
De l’habitude naît la lassitude.
J'aime bien que cette phrase revienne en conclusion.

Au total :

J'ai eu l'impression d'une longue descente, d'un engloutissement, qui sonne extrêmement juste, extrêmement vrai. :( Un très bel hommage (ou un dur témoignage ?) aux soignants qui souffrent. J'ai bien aimé ton écriture, ton regard sur l'hôpital (ou autre structure de soin), ta façon de retranscrire ces émotions un peu particulières, constituées de davantage de vide et d'abrutissement que de désespoir hurlant ; c'est pas toujours facile à exprimer. Je te lirai avec plaisir pour d'autres textes.

(((...et si c'est autobiographique : prends soin de toi... :-[ )))

Hors ligne Léilwën

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Re : Re : La discordance
« Réponse #4 le: 10 mars 2019 à 09:59:40 »
NB : Pour Léli :
Spoiler
[close]

Non, tu n'es pas obligée de justifier Jojoséphine, il s'agit d'une préférence personnelle, désolée pour le ton péremptoire... :-[ :-[

(Au départ, c'est Loïc qui demandait à tout le monde de justifier et je me suis rendu compte qu'effectivement, des paragraphes bien alignés ça apportait vraiment un confort à ma lecture... du coup je n'ai même pas imaginé que ça puisse déplaire à certain(e)s... Maintenant, je sais ! :-X Sorry, je ne le dirai plus comme ça :-[ :-[ :-[)
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Jojosephine

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Re : La discordance
« Réponse #5 le: 10 mars 2019 à 15:23:19 »
   Tout d’abord merci de m’avoir lu (et oui, la base quand même). Ensuite merci de votre sollicitude, et je vous rassure je vais très bien ( ;D). Je connais effectivement très bien le milieu du soin, même si dorénavant je ne porte plus la blouse, cette fameuse blouse. Du moins j’ai fait le choix de ne plus la porter. Il ne s’agit pas réellement d’une autobiographie mais davantage de sentiments, d’expériences romancées. Le sujet de la souffrance des soignants me touche énormément et si j’ai pu retranscrire ce que l’on peut ressentir dans certains endroits, à certains instants, j’en suis très heureuse. Et pour finir merci de la richesse de vos commentaires. C’est un plaisir de lire vos remarques, la justesse de vos suggestions. Je suis ravie de pouvoir avoir ce type d’échanges, et je suis heureuse d’être « tombée » sur ce site, et cette communauté. N’ayez crainte pour vos réflexions, le contexte et le site sont suffisamment moelleux et confortables pour je n’interprète pas mal vos retours. Au contraire je viens ici pour cela, faites-moi des critiques (Ne cherchez pas un sous-entendu masochiste. Enfin… Bon… Ok non.). :noange:

   Plus précisément :


Léilwën

 
Citer
Non, tu n'es pas obligée de justifier Jojoséphine, il s'agit d'une préférence personnelle, désolée pour le ton péremptoire...   

Tout va bien, je ne connais pas encore toutes les habitudes, des mœurs du MDE.

Citer
Citer
il attend patiemment, que l'énergie vous quitte
=> la virgule est de trop ("que l'énergie vous quitte" a fonction de COD et on ne sépare pas le verbe de son COD)
Citer
Il rôde, il attend patiemment, que l'énergie vous quitte, pour prendre sa place
=> la 2ème virgule est de trop aussi (pas de virgule avant un complément circonstanciel ; on en met une après si le complément est placé en début de phrase)
Merci, j’ai pu rectifier le tir.

Citer
=>   (nous-mêmes)
Merci pour la correction. Et les petits cœurs. ^^

Citer
=> "À" et il manque des virgules à l'énumération : après "vie" et après "abri" ; sinon j'aime beaucoup cette phrase aussi
J’ai corrigé tout ça. Merci.


Ariane

Citer
On a l'habitude de pinailler beaucoup, de relever même des mini-détails, ne le prends pas mal. Aussi, on a l'habitude de se tutoyer sur le forum, j'espère que ça te conviendra aussi.
C’est parfait. C’est parti pour les « mini-détails » pas si mini que cela. Et tutoiement à gogo, ok c’est noté !

 
Citer
Beaucoup de personnes ne sont pas trop trop fan des points de suspension. De mon point de vue ça peut être bien mais avec parcimonie, par exemple ici j'aurais mis un point pour la deuxième phrase (ou à la rigueur, pour la première).
Tu as mis le doigts sur un de mes défauts. Je n’aime pas les points de suspensions non plus, mais il se trouve qu’ils ont l’air de pulluler dans mes textes. Et malgré mon aversion pour eux ils s’obstinent à prendre leurs aises. Donc j’y travaille. J’ai d’ailleurs le même problème avec les points d’exclamation.  ;D
Pour le combat assurément vs surement ; je suis en cours de réflexion. J’aime bien le assurément qui semble humaniser le « vide ». J’ai l’impression que ça lui donne une consistance, un peu comme la faucheuse… (c’est gai n’est-ce pas ?!)

Citer
Je suis troublée par le passage à l'imparfait alors qu'on était au présent...
Il s’agit d’une erreur. Mea culpa.

Citer
Ca fait bizarre dit comme ça, effectivement comme le dit Léli tu peux écrire "Une vie", sinon je me disais, pour rester dans le même ton que ce qui précède, avec des phrases nominales et des pronoms définis, pour toutes ces choses qu'elle a l'habitude de voir, j'aurais mis "La vie insoupçonnée qui grouille dans les entrailles de cet établissement".
Vous avez raison, une nouvelle formulation sera plus juste. D’ailleurs la tienne me plait bien. Et j’aime garder « la vie » en opposition avec la mort. Tout ça tout ça quoi.

Citer
  c'est douloureux à lire...
Encore une fois je trouve que ça sonne très très juste. Je m'y reconnais aussi, dans les phases de dépression / burn-out (désolée je raconte ma vie   mais c'est pour dire que ton texte me semble poignant et réaliste).

Calins, bisous, ondes positives. On avait l’habitude de se dire « force blanche » en mode super héros. Maintenant c’est « force et honneur ». Bref toujours cette sorte d’hymne pour se donner du courage et de la force.

Citer
Je trouve dommage la répétition "un reste" / "il restait".
J’ai changé en « qui trainait ».

Citer
Je m'interroge sur le sens de cette phrase... Ca pourrait vouloir dire que grâce à la blouse on ne se fait pas agresser. Mais je ne pense pas que ce soit le cas...
La blouse ne protège absolument pas. Dans certains cas elle fixe même l’attention et l’agressivité. Il s’agit ici d’une pure illusion. Certains soignants considèrent cette blouse, comme une carapace, une protection. Mais il est certain qu’elle n’est là encore qu’une illusion, une envie d’une protection magique.

Citer
Je pense qu'il faudrait harmoniser gestes / automatismes : soit "les gestes, les automatismes" soit "des gestes, des automatismes".
Une autre erreur. Oups.

Citer
Ca va te sembler très superflu comme nuance mais ça me gêne l'idée "d'endosser une discordance", il me semble que la discordance est entre le paraître et l'être... Du coup je proposerais : "Comme à chaque fois, endosser une nouvelle tenue, un nouveau rôle, pour une nouvelle discordance." (la discordance étant le résultat du fait de porter cette nouvelle tenue / ce nouveau rôle).
C’est très juste. Il s’agit d’une idée qui était très claire dans mon esprit mais que j’ai eu du mal à formuler. D’où la maladresse.

Citer
J'ai une question très bête : tu veux dire quoi par "par-être" ?
J'aurais pensé à "pare-être", un peu comme pare-brise ou je ne sais quoi  , quelque chose qui protège de ce que l'on est (même si comme tu le dis ça l'engloutit par la même occasion).
C‘est exactement ça. Juste une faute d’orthographe. « pare-être ».

En ligne Claudius

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Re : La discordance
« Réponse #6 le: 10 mars 2019 à 15:44:37 »


J'ai lu ton texte, il résonne fortement après celui que j'ai posté hier. L'autre côté du miroir.

J'ai conscience de la détresse dans ce milieu difficile, horrible parfois où faire preuve de trop d'empathie détruit petit à petit.

J'ai de l'admiration pour celles et ceux qui tout au long d'une vie sont capables d'absorber les souffrances, de la tristesse pour ceux qui n'ont plus ce courage (et je les comprends) mais j'ai aussi beaucoup de rage devant l'incompétence de certains dirigeants, soignants, assistants qui n'ont aucun souci de la détresse des malades et de leurs familles. Du manque de personnel, de l'absence de dialogue et du laisser aller général.

Ton texte et fort, et j'ai apprécié le lire.

 ;) ;)
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