Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 mai 2019 à 20:09:13

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Une simple crise de sciatique

Auteur Sujet: Une simple crise de sciatique  (Lu 376 fois)

Hors ligne Claudius

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Une simple crise de sciatique
« le: 09 mars 2019 à 14:53:30 »
Ce texte est entièrement autobiographique... avec tout ce qu'il porte de douleur mais surtout de rancœur contre le milieu hospitalier et le peu de considération envers les personnes âgées. Le style est haché... il vient des tripes, pour l'instant. Je n'ai pas l'habitude d'écrire des morceaux de vie aussi profondément personnels...

Bonjour sœurette...

Le téléphone vient de sonner, je décroche. Ma petite sœur m'annonce d'une voix qu'elle veut normale :

— Maman est tombée du lit ce matin, elle n'a pas pu se relever à cause de sa crise de sciatique. Elle a bipé "présence verte", a été secourue par les pompiers et amenée aux urgences. Rien de grave, ne t'inquiète pas, tu peux l'appeler elle a son téléphone avec elle.

J'habite à 80 km de chez ma mère, je saute dans ma voiture et file à Audenge aussitôt.

— Bonjour Maman. Alors, tu joues encore les cascadeuses ?

Elle rit à ma boutade.

C'est un peu son quotidien, cassée de partout vu ses nombreux accidents, elle s'est toujours remise et à presque 87 ans elle vit seule. Elle fait ses courses, cuisine encore très bien et n'oublie jamais son petit verre de vin à chaque repas. Bonne vivante, elle est joie de vivre. Il y a peu de temps elle conduisait encore. Il y a peu elle se déplaçait aussi à vélo. Elle fait seule son ménage, son jardin. Elle est en pleine forme. Il y a quelques jours, elle a fait un mauvais mouvement et s'est déclenché une crise de sciatique.

Je passe la matinée avec elle, rassurée, et je déjeune chez ma sœur. Je repars l'esprit plus libre.

Je retourne la voir le lundi suivant, sa crise de sciatique ne passe pas. Le kiné tous les jours, les médocs ne semblent pas faire beaucoup d'effet. Mais ça n'entame en rien sa bonne humeur et son humour parfois décapant. Alors que nous discutons toutes les deux joyeusement, un jeune homme entre dans la chambre. Il se présente : assistant social attaché à la clinique. Il annonce à maman que dans quelques jours elle partira en maison de rééducation/convalescence, qu'il n'y a plus lieu de la garder en milieu hospitalier. Il lui soumet une liste de maisons de repos pour qu'elle fasse son choix.

Elle en choisit trois, où elle a déjà séjourné et refuse certaines catégoriquement, dont la maison de repos attenante au Pôle hospitalier de La Teste, c'est une usine à pansements et ça manque d'humanité (toutes ses copines lui ont dit).

L'assistant social note tout et lui dit que dès qu'une place se libère dans une des trois résidences de son choix, il  viendra la voir et qu'elle sera avertie à l'avance. Je lui suggère, en le prenant à part,  de prendre maman avec précaution, elle a une sensibilité très exacerbée, elle doit être protégée et il faut la préparer doucement à tout changement. Il m'assure d'avoir compris et que je dois avoir confiance dans le service social, ils sont là pour ça.

Le jeudi soir, ma sœur m'appelle en furie.

Une infirmière, sans le moindre ménagement, est entrée en trombe dans la chambre de Maman :

— Mme D., on vous transfère demain en début d'après-midi à la maison de repos du centre hospitalier de La Teste, préparez vos affaires.

Maman n'a même pas le temps de rétorquer qu'elle refuse d'aller là-bas, l'infirmière est déjà repartie.

Le vendredi en tout début d'après midi, sentant Maman très mal, ma sœur se présente à la clinique. La chambre de Maman est vide, une femme de salle lui dit qu'elle est partie dans la matinée, qu'elle prépare l'entrée d'un autre malade.

Elle se rend aussitôt à la maison de repos, trouve Maman énervée et choquée. On vient de lui annoncer sans ménagement qu'il lui faudra se rendre pour déjeuner dans la salle à manger, hors elle ne peut pas marcher, même avec des béquilles. Ma sœur se rend au bureau des infirmières qui s'excusent mollement et assurent qu'elle aura son repas en chambre.

Je vais la voir le samedi matin, j'arrive à 10 heures, la porte est ouverte et je l'aperçois, elle dort, avachie sur un fauteuil. Je sors dans le couloir pour répondre au téléphone... Maman m'appelle, Claudie ? C'est toi ? Je découvre une femme dans un état pitoyable, à peine vêtue, tremblant de la tête aux pieds, pas lavée, pas peignée, le regard dans le vide. Elle me parle de ce choc, de tout ce qu'ils lui ont fait à la clinique, ici à la maison de repos. Je lui fais un brin de toilette, je la coiffe, elle rit en me montrant le toit d'un immeuble un peu plus loin... des propos incohérents.

Au moment où je dois partir, elle me dit : "je t'aime ma fille, sans toi et ta sœur je n'aurais pas eu la vie que j'ai eue". Cette remarque, me met le cœur en capilotade, les larmes fusent, je réponds : "je t'aime maman" et je m'en vais l'angoisse au ventre.

En repartant, très inquiète, je rends visite aux infirmières demandant qu'un médecin passe le plus vite possible, que maman est en état de choc, qu'il faut s'occuper d'elle.

— Mais Madame, le weekend il n'y a pas de médecin ici, sauf pour les urgences.

Je réponds qu'il s'agit d'une urgence que je n'ai jamais vu ma mère comme ça, qu'il faut intervenir, que la partie hôpital est de l'autre côté du couloir... Rien à faire.

Je repars, je passe chez ma sœur pour lui expliquer, elle a prévu d'y aller l'après-midi, elle s'occupe de faire venir un docteur ou de la faire transférer côté hospitalier.

Le samedi soir, j'ai maman au téléphone, elle semble aller un peu mieux, Kiki est passée, mais rien n'est fait.

En rentrant chez moi, je raconte tout à mon mari et je lui dis qu'il n'est pas question que l'on parte en Espagne le lendemain matin, je ne veux pas laisser maman comme ça et je veux y retourner ce dimanche 28 février 2016.

Je sens qu'on me secoue, j'ouvre les yeux, le réveil m'annonce 6 h du matin. Mon mari me dit :

— Nous ne partirons pas en Espagne, Suzy…

— Je le savais ! Je le savais, ils l'ont tuée !


9 mars 1929 - 28 février 2016 - Aujourd'hui elle aurait eu 90 ans.



« Modifié: 10 mars 2019 à 09:15:56 par Claudius »
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Claudius ses textes et poésies

Hors ligne elisabeth beaudoin homps

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #1 le: 09 mars 2019 à 15:43:22 »
Bonjour Claudius
Que dire...ce texte m'a touchée en miroir en me renvoyant à ma propre histoire.  Même s'il vient des tripes, je trouve qu'il y a une élégance et une pudeur dans ta description et dans ta colère.
Je trouve aussi que c'est un texte courageux car comme tu le mentionnes, c'est difficile d'écrire pour parler de soi. Certaines évitent d'ailleurs le sujet en donnant la parole aux objets ou aux pièces de la maison  ;)
Un beau texte, vraiment, qui m'a quelque peu remuée..

Hors ligne Claudius

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #2 le: 09 mars 2019 à 16:13:57 »
Merci Elisabeth, lorsque je suis arrivée ici j'étais incapable d'écrire des textes personnels, j'ai évolué et j'ai appris à extérioriser certains sentiments. J'ai commencé par un texte long, légèrement romancé.

Je ne sentais pas ce besoin avant, je jouais plutôt l'humour et la dérision et particulièrement aujourd'hui, ça m'a fait du bien d'écrire ce texte.

Merci encore.  :-[
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Hors ligne Dieter

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #3 le: 09 mars 2019 à 18:14:36 »
Bonsoir Claudius,

Je ne connais malheureusement que trop bien la déshuamnisation de certains hôpitaux, et ce texte me renvoie des images et des souvenirs que je ne pourrais jamais oublier.
Tu fait preuve d'un courage que je n'ai pas, en témoignant de cette manière. Alors merci à toi.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

En ligne txuku

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #4 le: 09 mars 2019 à 20:11:28 »
Bonsoir

Ancien masseur kine je hai un peu tout ce milieu...........


Mais parfois - comme dans des services administratifs - tu tombes ( pardon pour le verbe ! :-[ ) sur une personne ( souvent mal vue de ses collegues ) qui va se mettre en quatre pour toi et tout resoudre - ou bien sur un endroit ou l ambiance est excellente !!! :)
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Hors ligne Rwan

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #5 le: 09 mars 2019 à 22:29:12 »
Très touchant. Pour tout te dire, j'ai les yeux humides.
J'admire le courage que tu as eu d'écrire ce texte et surtout de le poster ici. Et de plus en disant dès le début qu'il est entièrement autobiographique. Bravo à toi!

Citer
Maman n'a même pas le temps de rétorquer qu'elle refuse d'aller là-bas, l'infirmière est déjà repartie.

Le vendredi en tout début d'après midi, sentant Maman très mal, ma soeur se présente à la clinique. La chambre de Maman est vide, une femme de salle lui dit qu'elle est partie dans la matinée, qu'elle prépare l'entrée d'un autre malade.

Elle se rend aussitôt à la maison de repos, trouve Maman énervée et choquée.
 

J'ai beaucoup aimé la répétition du Maman qui donne un ton un peu enfantin à un texte dur.

Citer
Bonne vivante, elle est joie de vivre. Il y a peu de temps elle conduisait encore. Il y a peu elle se déplaçait aussi à vélo. Elle fait seule son ménage, son jardin. Elle est en pleine forme. Il y a quelques jours, suite à un mauvais mouvement, elle s'est déclenché une crise de sciatique. 


Tu as fait beaucoup de phrases courte à ce moment là, je trouve que ça impacte bien dans la lecture. Ca donne un sentiment d'urgence, que les choses s'emballent. Tu aurais peut-être pu répéter cette vitesse sur la fin ( c'est un avis hein ). 
"elle est joie de vivre" = je suis franchement fan  :coeur: la formulation me fait craquer!

Je t'avoue que ça me fait un peu bizarre de commenter sur un texte aussi personnel et aussi touchant. J'espère que tu trouves pas ça mal placé.
J'ai vraiment apprécié lire ce que tu as écrit en tout cas! Merci du partage  :)
« Modifié: 09 mars 2019 à 23:07:12 par Rwan »

Hors ligne Léilwën

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #6 le: 09 mars 2019 à 22:42:31 »
Coucou Clau :coeur:

Dans le titre, il manque un "e" (Une simple crise)
Citer
ne pouvant se relever à cause de sa crise de sciatique
=> ça me sonne bizarre pour un style oral (c'est dans un dialogue)... "elle ne pouvait pas se relever"
Citer
Alors tu joues encore
=> virgule après "Alors"
Citer
C'est un peu son quotidien, cassée de partout vu ses nombreux accidents, elle s'est toujours remise et à presque 87 ans elle vit seule. Elle fait ses courses, cuisine encore très bien et n'oublie jamais sont petit verre de vin à chaque repas. Bonne vivante, elle est joie de vivre. Il y a peu de temps elle conduisait encore. Il y a peu elle se déplaçait aussi à vélo. Elle fait seule son ménage, son jardin. Elle est en pleine forme. Il y a quelques jours, suite à un mauvais mouvement, elle s'est déclenché une crise de sciatique.
=> on sent beaucoup d'admiration dans ce paragraphe :coeur: (juste "vu" que je ne trouve pas très joli... "suite à" ?)
Citer
Je passe la matinée avec elle, rassurée et je déjeune chez ma soeur
=> il manque une virgule après "rassurée" qui est en apposition pour "je" - du coup, entre virgules.
Citer
Mais ça n'entame en rien sa bonne humeur
=> techniquement, le "mais" en début de phrase est incorrect, mais je ne trouve sympa dans l'enchaînement :)
Citer
Il annonce à maman que dans quelques jours elle partira en maison de rééducation/convalescence qu'il n'y a plus lieu de la garder en milieu hospitalier
=> il manque une virgule ou un "et" après "convalescence" (le verbe "annonce" a ici 2 subordonnées relatives "que dans quelques jours elle partira en maison de rééducation/convalescence" et "qu'il n'y a plus lieu de la garder en milieu hospitalier" ; vu que les propositions sont bien indépendantes l'un de l'autre, il faut les séparer)
Citer
Elle en choisit trois, elle a déjà séjourné. Elle en profite pour préciser deux ou trois elle refuse d'aller
=> un peu répétitif :-[
Citer
Pole hospitalier
=> Pôle
Citer
(toutes ses copines lui ont dit)
=> :kei: c'est marrant comme les personnes âgées parlent souvent de "copains/copines" :)
Citer
Mme D. on vous transfère demain
=> virgule après "Mme D."
Citer
hors elle ne peut pas marcher
=> or
Citer
Je vais la voir le samedi matin, j'arrive à 10 heures la porte est ouverte
=> manque une virgule après "heures" ("je vais la voir le samedi matin", "j'arrive à 10h" et "la porte est ouverte" sont 3 phrases indépendantes apposées, à séparer par des virgules/point-virgules/points)
Citer
Je découvre une femme dans un état pitoyable, à peine vêtue tremblant de la tête aux pieds,
=> manque une virgule ou un "et" après "vêtue"
Citer
Cette remarque, me met le coeur en capilotade
=> pas de virgule (sinon tu sépares le sujet "cette remarque" de son verbe "met" ("me" est le COI, placé devant)) ; et "cœur"
Citer
En repartant, très inquiète je rends visite
=> manque une virgule après "inquiète" ("très inquiète" est en apposition à "je", donc entre virgules)
Citer
— Mais Madame, le weekend il n'y a pas de médecin ici, sauf pour les urgences.
=> Eh oui !  :(
Citer
Je sens qu'on me secoue, j'ouvre les yeux, le réveil m'annonce 6 h du matin. Mon mari me dit :

—Nous ne partirons pas en Espagne, Suzy....

— Je le savais ! Je le savais, ils l'ont tuée !
=> ouch...  #:s

Effectivement, c'est chargé en émotions... gros câlins... :calin::calin::calin::calin:
Sur le fond, je n'ai rien à ajouter : tout a été dit sans tomber dans le pathos, ce qui rend le texte percutant. Sur la forme, je trouve qu'il y a beaucoup de répétitions de "je" et "elle" qui rendent le texte un peu saccadé... mais en même temps, ça va bien avec le fond...

Encore des câlins et plein de courage...  :soutien:
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #7 le: 09 mars 2019 à 22:44:48 »
Bonsoir Claudius,
moi qui suis du genre bavard, je ne sais quoi te dire.
Je pourrais avouer que j'ai les larmes aux yeux, mais je serais ridicule. :-[

Hors ligne B.Didault

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #8 le: 10 mars 2019 à 07:35:55 »
Claudius,

Il pleut sur mes lunettes.
J'ai le cœur en berne, ton récit ravive également chez moi le souvenir de ma propre mère, qui pourtant était dans une maison médicalisée "bien".

Je supporte les gens des milieux hospitalier, mais là !
La fatigue, la surcharge de travail ne peuvent excuser le manque de considération de certains.es pour la vie et qui dévalorisent ces métiers.

C'est très bien de partager tes peines.
Tes amis virtuels que nous sommes sont là également pour ce genre de partage.
L'émotion fut d'autant plus forte que tu as une poésie naturelle qui suinte à toutes les lignes.
Bernard
- La poésie est un art, une belle aventure, la dentelle de l’écriture.
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Hors ligne Claudius

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Re : Un simple crise de sciatique
« Réponse #9 le: 10 mars 2019 à 08:55:53 »
Dieter, merci à toi. Je ne sais si c'est du courage, je crois que j'ai juste mis de côté ma pudeur personnelle.*

Txuku, oui heureusement ce n'est pas la généralité. J'ai connu des services bien plus humains.

Rwan, Merci, j'ai écrit impétueusement directement ici ce texte, comme il sortait de mes tripes.

Léli, je vais corriger tout ça, même si ce texte à plus une vocation à servir d'exutoire. Les répétitions je ne sais comment les éviter. Je n'admirais pas Maman au sens propre, elle était un peu une femme-enfant toute sa vie. Pourtant elle avait une force de caractère quasiment surhumaine, envahissante. Mais c'est une autre histoire. Ma grand-mère paternelle disait "elle est comme elle est, mais on ne peut pas ne pas l'aimer". Merci ma fillotte.

Lavekrep, non il n'y a rien de ridicule à mouiller les yeux, merci.

Bernard, je ne critique pas en bloc les services hospitaliers, seulement les "usines" à malades. Le pôle médical de La Teste est immense et entièrement déshumanisé. La clinique où elle était avant est petite, il faut vite faire de la place...
Je ne sais pas si c'est bien de partager mes peines, merci à toi.

Merci à tous, je n'ai pas parlé des réponses à mes interrogations. J'ai demandé au médecin qui s'était quand même déplacé le dimanche matin (mais trop tard) : de quoi est-elle partie ? Réponse, de décompensation... c'est tout. J'ai piqué une énorme colère, je lui ai dit ce que je pensais de cette soi-disant maison de convalescence, cette usine à faire du fric au dépend des malades... et l'incompétence des infirmières qui n'ont pas tenu compte de ce que nous avions dit avec ma sœur.

Je voulais porter plainte, demander une enquête, mais ma sœur n'a pas souhaité que l'on fasse des vagues. Elle m'a dit "cela ne la ramènera pas".

Mais tout de même, l'hôpital a dû se sentir un peu en tort, Maman est restée chez eux 5 jours jusqu'à ce qu'on l'amène à sa dernière demeure, c'est eux qui l'ont "préparée", et nous n'avons jamais reçu la facture.

Enfin voilà, je crois que j'ai du mal à digérer même après trois ans...

 :-[ :-[






« Modifié: 10 mars 2019 à 09:14:09 par Claudius »
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Re : Une simple crise de sciatique
« Réponse #10 le: 10 mars 2019 à 09:41:31 »
Claudius,

Citer
Bernard, je ne critique pas en bloc les services hospitaliers,
désolé mais ce n'est pas ce que je voulais dire en écrivant :

Citation de:  Ce que j'ai écrit
le manque de considération de certains.es
Sans vouloir exposer mes propres expériences, pour un de mes parents il a tout de même été nécessaire de faire des visites impromptues dans une maison médicalisée, pour s'apercevoir que les toilettes n'étaient pas toujours faites.
Ceci-dit je n'accuse personne, les pressions sont souvent énormes.

Toutefois : que les familles ne soient ni écoutées ni informées, est tout de même difficile à digérer
En fait, nous sommes entièrement d'accord.
Bernard
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En ligne txuku

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Re : Une simple crise de sciatique
« Réponse #11 le: 10 mars 2019 à 10:03:27 »
Bonjour


Il me semble que la Sante est dirigee de plus en plus pae des comptables ??? :'(
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Hors ligne gage

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Re : Une simple crise de sciatique
« Réponse #12 le: 10 mars 2019 à 10:18:35 »
À partir du moment où il a été décidé que la Santé Publique devait être rentable, tout était fini.
- peut-être que le monde est une blessure et quelqu'un en ce moment la recoud...

Alessandro Baricco            Océan mer

Hors ligne Claudius

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Re : Une simple crise de sciatique
« Réponse #13 le: 10 mars 2019 à 11:16:33 »
 :-[

Merci à tous.

Je crois que j'ai surtout culpabilisé au début, ayant l'impression que je n'avais pas assez insisté pour qu'un médecin se déplace. Avec le temps j'ai relativisé, Maman souffrait depuis plus d'un mois d'une "sciatique" qui ne guérissait pas, et de douleurs articulaires et osseuses qui l'handicapaient beaucoup, restes de nombreuses fractures et chutes. Elle ne supportait plus non plus d'être obligée de demander qu'on l'accompagne du jour où elle n'a plus conduit. Peut-être a-t-elle "décidé" de partir.

Tout ce que je retiens aujourd'hui ce sont ses derniers mots, un adieu en quelque sorte.

Et pour finir, le manque de personnel est pour beaucoup dans la défection de l'humanité dans ces milieux là. Je le vois aujourd'hui pour mon frère, en Ehpad, c'est une garderie : ni plus,  ni moins et le coût est exorbitant.

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Re : Une simple crise de sciatique
« Réponse #14 le: 10 mars 2019 à 11:39:43 »
Le manque de personnel n excuse rien !!! >:D



Certains se donnent a fond et sont rarement recompenses !!! :-¬?
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