Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 juin 2019 à 22:03:27

Le Monde de L'Écriture » Salle de lecture » Essais, documents » Hippias (Platon)

Auteur Sujet: Hippias (Platon)  (Lu 262 fois)

Hors ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 5 134
  • ─ Oh ! fumer l'opium dans un crâne d'enfant
    • Alan Tréard, c'est moi !
Hippias (Platon)
« le: 27 février 2019 à 16:24:13 »
Je fais le choix aujourd'hui de vous apporter ma lecture sur un dialogue philosophique : celui entre Hippias et Socrate tel que l'a écrit Platon, c'est, je pense, une façon pour moi de vous offrir la liberté de porter un autre regard sur l'éducation.

La scène commence par la rencontre entre Hippias le sophiste et Socrate le philosophe. Hippias est un voyageur, Socrate un Athénien. Hippias revient d'un voyage à Sparte où il a pu énoncer de « beaux discours » et fait un retour de son voyage sur l'éducation qu'il a trouvée là-bas.

Hippias se plaint de l'éducation spartiate trop rigide et trop formatée, et vante ainsi la liberté de l'éducation sophistique qui permet de devenir un puissant homme d'État. Avec une touche d'amitié et de bienveillance pour Hippias, Socrate se présente alors comme un ignare qui ne sait pas ce que c'est que le Beau, voici comment il introduit la question de la beauté :

Citer
SOCRATE.

Cela sera, s’il plaît à Dieu, Hippias. Pour le présent, réponds à une petite question que j’ai à te faire à ce sujet, et que tu m’as rappelée à l’esprit fort à propos. Il n’y a pas long-temps, mon cher ami, que, causant avec quelqu’un, et blâmant certaines choses comme laides, et en approuvant d’autres comme belles, il m’a jeté dans un grand embarras par ses questions insultantes. Socrate, m’a-t-il dit, d’où connais-tu donc les belles choses et les laides ? Voyons un peu : pourrais-tu me dire ce que c’est que le beau ? Moi, je fus assez sot pour demeurer interdit, et je ne sus quelle bonne réponse lui faire. Au sortir de cet entretien, je me suis mis en colère contre moi-même, me reprochant mon ignorance, et me suis bien promis que le premier de vous autres sages que je rencontrerais, je me ferais instruire, et qu’après m’être bien exercé, j’irais retrouver mon homme et lui présenter de nouveau le combat. Ainsi tu viens, comme je disais, fort à propos. Enseigne-moi à fond, je te prie, ce que c’est que le beau, et tâche de me répondre avec la plus grande précision, de peur que cet homme ne me confonde de nouveau, et que je lui apprête à rire pour la seconde fois. Car sans doute tu sais tout cela parfaitement ; et, parmi tant de connaissances que tu possèdes, celle-ci est apparemment une des moindres ?

HIPPIAS.

Oui, Socrate, une des moindres ; ce n’est rien en vérité.

SOCRATE.

Tant mieux, je l’apprendrai facilement, et personne désormais ne se moquera de moi.

HIPPIAS.

Personne, j’en réponds. Ma profession, sans cela, n’aurait rien que de commun et de méprisable.


Hippias, Platon, Traduction Victor Cousin

Qu'est-ce qu'un « beau discours » ?

Si Hippias considère l'éducation spartiate comme trop normée, restreignant les libertés, Socrate lui-même considère l'éducation sophistique comme trop normée, manquant alors de libertés. Et c'est en lisant le dialogue que vous aurez l'occasion de comprendre combien la notion de Beau s'élargit en philosophant lorsqu'il s'agit d'éduquer son appréciation du monde dans la curiosité la plus libre. Socrate démontre aisément qu'il est en capacité d'éduquer un homme d'État aux moyens de la philosophie, il démontre la dimension amicale et constructive de ces échanges philosophiques

Raisonner un temps grâce à cet écrit de Platon, c'est aussi s’offrir une cure de sérénité et d'enthousiasme.

Il existe toujours des lectures très diversifiées des œuvres de Platon, la mienne n'en est qu'une parmi les autres, et c'est pourquoi je vous invite à vous plonger dans ce court dialogue dont on peut tirer une multitude d'enseignements mais aussi les couleurs locales de la Grèce antique, l'humour ou la notion de pouvoir qu'on y trouvait alors.

Au fond, ces différentes thématiques permettent avant tout de se questionner sur les nombreuses façons qu'il existe d'éduquer la perception du Beau, et de se concentrer sur le rôle que joue l'ignorance pour un penseur qui aspire à la philosophie.

Étant donnée la couleur des précédentes discussions, je suis vraiment allé chercher la meilleure référence qui soit pour élargir le seuil de connaissances sur des principes fondamentaux de l'éveil et de l'amitié entre les hommes, elle est une source de bonne humeur et d'inspiration donc une raison de plus de vous plonger dans cette lecture !!
« Modifié: 27 février 2019 à 17:00:02 par Alan Tréard »

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.15 | SMF © 2017, Simple Machines
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.05 secondes avec 22 requêtes.