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26 mai 2019 à 23:09:49

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Auteur Sujet: Dialogues : comment les intégrer au récit ?  (Lu 676 fois)

Hors ligne SimSam

  • Plumelette
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Dialogues : comment les intégrer au récit ?
« le: 20 février 2019 à 15:54:40 »
Bonjour !

Il y a déjà eu quelques sujets sur les dialogues, mais je crois que la question que je me pose n'a pas encore vraiment été soulevée. Elle concerne la mise en forme des dialogues dans un texte narratif.

Dans la première version de mon roman, j'avais tenté de tout écrire sans mettre aucun signe introductif : ni tirets, ni guillemets, ni retours à la ligne, ni verbes de paroles. Mais ça me semblait un peu bancal.

Citer
Monsieur. Monsieur ! Quoi ? Que ? De petites tapes sur sa joue. Une voix d’homme, dure, pleine de reproche. Laissez-moi. Laissez-moi dormir, je suis bien ici. Monsieur. Les tapes reprennent, plus insistantes. Vous ne pouvez pas vous endormir là, en plein soleil, ou on vous retrouvera mort à la fin de la journée. Mort ? Ah… Les sensations reviennent, une à une : la faim, la soif, la brulure du soleil sur sa peau… Une douleur irradie son crâne. Mon soleil, pourquoi tu me fais ça ? Une autre voix : Je crois qu’il délire. Allez vous faire foutre sont les premiers mots qui sortent de sa bouche. Ah, il reprend ses esprits. Allez, buvez un peu.

Dans la seconde version, j'ai fait un compromis en ajoutant des retours à la ligne. Dans le cas d'un dialogue entre deux personnes, ça me paraît fonctionner assez bien, même s'il faut parfois un peu de temps pour savoir qui parle. En gros, seul le contexte permet de se figurer qui parle. Si ça vous paraît déjà compliqué, ça veut peut-être dire qu'il vaudrait mieux que j'abandonne cette mise en forme ou que j'utilise des verbes de parole.

Citer
Ils échangent quelques mots sur la boisson, en guise d’introduction. Elle prendra un grand crème, lui un thé noir. Ça aurait pu être l’inverse. Viennent quelques mots sur le travail, sobres, concis. L’arrivée du grand crème et du thé noir vient interrompre une phrase d’Alex, qui s’apprêtait à répondre à une question d’Assia… quelle question ? Il ne se rappelle plus.
Merci.
Pardon, tu disais quoi ?
Je sais plus… Ça devait pas être important. On s’est jamais trop parlé, tu fais de la peinture, c’est ça ?
Oui, mais mon truc c’est surtout la photo… Je suis plutôt en recherche en ce moment, j’essaie de trouver quelque chose de vraiment original, de personnel, je sais pas quoi.
Il poursuit sur le même registre, parlant de son parcours d’artiste, de ses déboires d’étudiants, de ses hésitations, de ses doutes, de ses amis dont il s’est éloigné pour venir travailler ici…

Dans une autre version, j'ai intégré à mon récit des morceaux entiers de dialogue écrits comme au théâtre, sous la forme :
nom personnage 1 — réplique
nom personnage 2 — réplique
Je trouve ça assez commode, ça permet de ne pas narrativiser artificiellement les dialogues et de se concentrer vraiment sur la parole ; ça ne m'empêcherait pas de remettre un peu de narration, entre deux répliques, si ça me paraît justifié, ou des indications à la manière de didascalies.

Ce que je préfère reste quand-même la première proposition. Je tiens à mettre le moins de signes possibles, et si j'arrivais à rendre mes dialogues compréhensible sans utiliser de mise en forme classique, ce qui est assez ambitieux, je pourrais m'estimer satisfait. Mais comme j'ai envie d'être lu, je n'ai pas envie de perdre totalement mon lecteur potentiel.

Que pensez vous de ces différentes approches ? Connaissez-vous des auteurs qui intègrent dans leurs romans des dialogues sous forme théâtrale ? Et d'autres qui n'utilisent ni marqueurs ni verbes de parole ? Dans Je m'en vais, Échenoz n'utilise pas de tirets ni de retours à la ligne, mais utilise presque toujours des verbes de parole. Ça se rapproche pas mal de ce que je tente d'obtenir, mais ce n'est pas tout à fait ça.

Hors ligne gage

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Re : Dialogues : comment les intégrer au récit ?
« Réponse #1 le: 20 février 2019 à 16:00:13 »
Personnellement j'aime bien ta première version. C'est pas académique, mais ça me paraît tout-à-fait compréhensible.

Echenoz, par exemple, ne s'embarrasse pas de tous les tracas de la mise en forme d'un dialogue avec guillemets, tirets cadratins, etc.
Ça donne une langue très vivante, à mon goût, très proche de la pensée ou de la vraie vie.
- peut-être que le monde est une blessure et quelqu'un en ce moment la recoud...

Alessandro Baricco            Océan mer

Hors ligne Papillon

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Re : Dialogues : comment les intégrer au récit ?
« Réponse #2 le: 20 février 2019 à 16:15:58 »
La première version est effectivement compréhensible.

Cependant, la typographie dit que pour débuter un dialogue, c'est soit des guillemets pour en marque le début et la fin, et des tirets entre les deux, avec passages à la ligne à chaque fois, soit uniquement des tirets avec passages à la ligne.

Cela dit, rien ne t'oblige effectivement à respecter cette forme. Je pense quand même que dans ta première version, si un livre est écrit ainsi du début à la fin, ça fait un peu "pavé", ton texte n'est pas assez aéré, soit pour donner envie au lecteur de lire (visuellement, c'est agréable), soit pour marquer des idées différentes.

J'apprécie la forme "comme au théâtre", mais uniquement pour les pièces de théâtre. Dans un roman, ça peut casser le rythme de la lecture, à mon sens.
"Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"
Edward Lorenz

 


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