Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 juillet 2019 à 02:05:59

Le Monde de L'Écriture » Autour de l'écriture » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » La Forme : De quelle école êtes-vous ?

Auteur Sujet: La Forme : De quelle école êtes-vous ?  (Lu 1417 fois)

Hors ligne Dieter

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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #15 le: 18 février 2019 à 15:06:23 »
Mais Houellebecq ne dissimule rien, il n'est connu que pour ses œuvres de fiction. Tout ce qui est "provocateur" dans celles-ci se résume en général à une phrase (c'est d'ailleurs là où est sa force, parce qu'une phrase fait vendre ses bouquins).
D'autre part, qui achète ses livres ? Même primés (comme Sérotonine), il ne s'en écoule que 700 000 exemplaires. Donc 1% de la population l'achète. Là-dessus, il y en a les trois quarts qui ne vont l'acheter que pour faire beau dans leur bibliothèque, et qui ne l'ouvriront jamais. En France, il y aura donc 75 000 personnes qui vont le lire, ce qui est inférieur aux adeptes de Booba ou Kaaris, les "stars" du rap dont tout le monde se fout.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #16 le: 18 février 2019 à 15:15:08 »
Ah ! Je ne sais pas de qui tu parles, Dieter, mais bien entendu qu'il y a des lecteurs de Houellebecq qui aiment à se laisser entraîner dans son « audace modérée », et ils ont raison, les livres sont faits pour être lus après tout. Certains auteurs adorent se créer un personnage antipathique, comme cela, comme pour se donner une figure de liberté, et pour moi l’œuvre de Houellebecq offre une certaine lecture de notre époque qui mérite un minimum d'attention, même si l'on y trouve un peu de contradictions avec ses propres valeurs.

Pardonne-moi, je ne sais plus où je suis, je pensais que je postais sur le Monde de l'Écriture pour débattre sur la littérature, j'ai dû faire une erreur quelque part...

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Re : Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #17 le: 18 février 2019 à 18:54:59 »

Rabelais décrit la vie très horrifique de Gargantua avec des situations effectivement pitoyables, gamin Gargantua adore se torcher le cul, il grossit tellement qu'il devient impossible à transporter, et ses professeurs le considèrent comme un crétin. Mais le chanceux Gargantua va bénéficier d'une éducation digne de ce nom et apprendre la grande philosophie (sous-entendu à l'époque, pour éduquer les sales gamins il ne leur faut pas la Bible mais bien des leçons de philosophie, c'est ça l'éducation : l'éveil). L'écrit de Rabelais est grossier, burlesque, risible, par certains moments insoutenable, pourtant il traite au fond de quelque chose de profond, de philosophique, d'essentiel.

Effectivement, certains comme Lamartine pensent qu'il faut atteindre « la forme idéale » comme si celle-ci était liée au fond et s'en faisait la continuité, mais d'autres comme Rabelais ont plutôt eu un enseignement de la dissimulation dans le sens où il encourage l'auteur à contourner la censure (Rabelais a très largement risqué la censure, notamment venant des théologien).
Oui, mais parler de cul, de fesses, de merde et cie, ça reste du fond et non pas de la forme. Il y a les deux chez Rabelais, la réflexion et la scatologie. Et ça n'a rien à voir avec la forme. Et on n'a pas non plus de véritable dissimulation, à part dire que certains personnages en symbolisent d'autres (Grandgousier qui présente François Ier et Pichocrole qui représente Charles Quint, le géant comme miroir déformant de l'homme, etc). Mais ça, c'est parce que c'est de la fiction. Et l'Eglise ne s'y est pas trompé donc dissimulation.... bof bof, non ?


Et c'est quoi la forme idéale pour Lamartine ? La forme, pour moi, c'est lié au genre littéraire ou au sous-genre.
« Modifié: 18 février 2019 à 19:00:43 par ernya »
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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #18 le: 18 février 2019 à 19:43:49 »
Oui, ma chère ernya, le sujet est là pour ça, aucun soucis pour discuter. Alors, j'ai pris mon temps pour te faire une réponse un peu plus poussée, tu me diras si ça te semble cohérent.

Alors, dans l'école qui distingue forme et fond, Rabelais fait effectivement référence par le très gros contraste entre les thèmes très grivois qu'il traite en apparence et la profondeur impressionnante des sujets philosophiques qu'il y transmet.

Chez lui la forme a vocation à présenter une situation d'excès et de guerre qui invite à estimer les vertus de la modération et de la mesure (et donc de la paix).

Quelque part, il montre le contraire de son propos dans la forme pour montrer ô combien le propos fait sens. Par la même occasion, il laisse penser à qui manquerait d'estime pour son écrit l'idée que le livre ne se réduit qu'à une vaste farce. Si bien que la forme abominable est comme un bouclier contre les contradicteurs (qui n'osent se risquer à accorder de l'importance au livre), il cherche à orienter son propos en employant la forme en contradiction.

Ainsi cela donne de son livre l'impression suivante :
↓ forme=blague ↑ fond=philosophie

Tu peux distinguer séparément la merde et la philosophie (si tu comprends le sens de cette distinction). Cette distinction entre l'apparence et le sens est une façon d'écrire, une particularité.

Et c'est quoi la forme idéale pour Lamartine ? La forme, pour moi, c'est lié au genre littéraire ou au sous-genre.

Me concernant, je ne fais aucun lien direct entre la forme et le genre, je suis désolé ; la forme serait plutôt liée au style, d'ailleurs Lamartine explique très bien combien le travail du poète devrait (selon lui) se faire sur le style et la beauté des mots, la beauté, c'est la forme !! En revanche, il est vrai que si l'idéal participe à créer le genre, alors il est vrai malgré tout que le style seul ne fait pas la forme et que le genre y joue un certain rôle, même un rôle secondaire.

Lamartine cherche l'expression divine, celle qui dépasse le commun des mortels.

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Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #19 le: 18 février 2019 à 20:08:53 »
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Alors, dans l'école qui distingue forme et fond, Rabelais fait effectivement référence par le très gros contraste entre les thèmes très grivois qu'il traite en apparence et la profondeur impressionnante des sujets philosophiques qu'il y transmet.
mais quelle école ?
Ensuite, non, il n'y a pas d'apparence, il traite de thèmes grivois ET de thèmes philosophiques. C'est là une des particularités de Rabelais, cette alliance que certains qualifieraient de contre-nature.

Citer
Chez lui la forme a vocation à présenter une situation d'excès et de guerre qui invite à estimer les vertus de la modération et de la mesure (et donc de la paix).
c'est là où je te suis pas, pour moi, c'est aussi le fond cette histoire de guerre et d'excès. Le fond, c'est pas forcément toujours quelque chose d'élevé.


Citer
Tu peux distinguer séparément la merde et la philosophie (si tu comprends le sens de cette distinction). Cette distinction entre l'apparence et le sens est une façon d'écrire, une particularité.
Mais les deux ne sont pas réunis pour rien en fait. Rabelais accorde une place importante au corps, le légitime dans une société où le corps est vu comme impur à la différence de l'âme. Le corps et la philo sont aussi importants pour Rabelais.

Citer
Me concernant, je ne fais aucun lien direct entre la forme et le genre, je suis désolé ; la forme serait plutôt liée au style
ah mais pour moi, c'est justement cette question du style qui va permettre de dépasser cette stupide dichotomie fond/forme  ;)
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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #20 le: 18 février 2019 à 20:58:33 »
 :D Tu me fais tourner en rond !!

Allons, allons, le sujet mérite de plus mûrs approfondissements !

Citer

Alors, dans l'école qui distingue forme et fond, Rabelais fait effectivement référence par le très gros contraste entre les thèmes très grivois qu'il traite en apparence et la profondeur impressionnante des sujets philosophiques qu'il y transmet.
mais quelle école ?
Ensuite, non, il n'y a pas d'apparence, il traite de thèmes grivois ET de thèmes philosophiques. C'est là une des particularités de Rabelais, cette alliance que certains qualifieraient de contre-nature.

Alors, j'emploie le nom d'école dans le sens où j'ai conscience que le style se travaille sur toute une vie. Donc pour moi si l'on souhaite être en capacité de dissimuler un propos, il faut une réelle pratique. J'entends par là qu'il n'est pas possible qu'un auteur fasse de telles prouesses en ne connaissant rien, il faut donc être conscient de ce que représente la forme pour savoir la manier à sa guise.

Citer
Chez lui la forme a vocation à présenter une situation d'excès et de guerre qui invite à estimer les vertus de la modération et de la mesure (et donc de la paix).
c'est là où je te suis pas, pour moi, c'est aussi le fond cette histoire de guerre et d'excès. Le fond, c'est pas forcément toujours quelque chose d'élevé.

Lorsque tu lis Gargantua, tu peux constater que tout est fait dans l'excès, jusqu'à ce que cet excès provoque une guerre, dès lors apparaît le propos qui invite à la mesure et à l'humilité. Il ne s'agit pas d'un seul propos qui changerait d'argumentaire, je ne suis même pas sûr que le mot « excès » apparaisse une seule fois dans le livre. En vérité, c'est l'accumulation de moeurs, de vin, de jeux et de superlatifs qui représente (dans la forme) cet excès, l'humour aussi est très forcé, c'est de la connerie pure à moitié folle. Pourtant (en parlant de cette forme), Rabelais rappelle qu'il n'en fait qu'à sa tête ; et je cite :

La livrée de Gargantua. Ses couleurs. Chapitre 9.

Les couleurs de Gargantua étaient le blanc et le bleu, comme vous avez pu le lire ci-dessus, et son père, par ce choix, voulait donner à entendre que son fils lui apportait une joie céleste. Car pour lui le blanc signifiait joie, plaisir, délices et réjouissance, et le bleu, choses célestes.

Je me doute bien qu'en lisant ces mots vous vous moquez du vieux buveur et jugez cette interprétation des couleurs trop grossière et impropre; vous dites que le blanc signifie foi et le bleu fermeté. Mais, sans vous agiter, vous courroucer, vous échauffer ou vous altérer (car il fait un temps dangereux), répondez-moi si bon vous semble. Je n'exercerai nulle autre contrainte contre vous ou contre d'autres, quels qu'ils soient; c'est seulement de la bouteille que je vous toucherai un mot.

Qui vous pousse ? Qui vous aiguillonne ? Qui vous dit que le blanc symbolise la foi et le bleu la fermeté ? Un livre, dites-vous, un livre minable intitulé
Le Blason des couleurs, qui est vendu par les charlatans et les colporteurs ? Qui en est l'auteur ? Quel qu'il soit, il s'est montré prudent en ceci qu'il n'y a pas mis son nom. Mais pour le reste je ne sais ce qui doit m'étonner en premier lieu chez lui, son outrecuidance ou sa bêtise :

son outrecuidance, car sans raison, sans cause ni motif, il a osé décréter de sa propre autorité ce que symboliseraient les couleurs : c'est la méthode des tyrans qui veulent que leur bon plaisir tienne lieu de raison et non celle des sages et des doctes qui satisfont le lecteur par des preuves manifestes ; sa bêtise, car il a estimé que, sans autres démonstrations et arguments valables, le monde composerait ses devises en se réglant sur ses stupides instructions.

Comme dit le proverbe, à cul foireux toujours merde abonde, et de fait, il a trouvé quelques laissés-pour-compte du temps des grands bonnets qui ont eu foi en ses écrits. C'est à leur aune qu'ils ont taillé leurs maximes et leurs propos, caparaçonné leurs mulets, habillé leurs pages, armorié leurs culottes, brodé leurs gants, festonné leurs lits, peint leurs enseignes, composé des chansons et, pis encore, ont commis sous le manteau impostures et lâches tours dans la société des pudiques mères de famille.

C'est dans de telles ténèbres qu'il faut classer ces m'as tu-vu de cour, ces inventeurs d'équivoques qui, pour symboliser l'espoir, font peindre sur leurs armoiries une sphère, des pennes d'oiseau pour peines, de l'ancholie pour mélancolie, une lune à deux cornes pour vivre en croissant, un banc rompu pour banqueroute, non et un halecret pour non durhabit, un lit sans ciel pour licencié. Ce sont des rébus si ineptes, si fades, si grossiers et barbares, qu'on devrait attacher une queue de renard au cou et faire un masque d'une bouse de vache à tous ceux qui voudraient les employer en France après la Renaissance des belles lettres.

Pour les mêmes raisons, si je dois appeler cela des raisons plutôt que des rêveries, je ferais peindre un panier pour signifier qu'on me fait peiner, un pot de moutarde pour dire que c'est à mon coeur que moult tarde, un pot à pisser pour un official, le fond de mes culottes pour un vaisseau de paix, ma braguette pour le Bâtonnier, un étron de chien pour le tronc de céans où niche l'amour de m'amie.

C'est bien autrement que, jadis, procédaient les sages de l'Égypte quand ils utilisaient pour écrire des lettres qu'ils appelaient hiéroglyphes. Nul ne pouvait les comprendre s'il ne connaissait les vertus, les propriétés et la nature des choses qu'elles désignaient, mais pourvu qu'on eût ces connaissances, on pouvait les comprendre. Orus Apollon a composé en grec deux livres à ce propos, et Poliphile en a fait une plus ample présentation dans Le Songe d'amour. En France vous en avez un petit exemple dans la devise de Monsieur l'Amiral, devise qui fut d'abord celle d'Auguste.

Mais mon esquif ne fera pas voile plus loin entre ces gouffres et ces passages peu engageants; je retourne faire escale au port dont je suis sorti. J'ai bon espoir d'en parler plus longuement un de ces jours et de montrer, en m'appuyant tant sur des raisonnements philosophiques que sur des autorités agréées et approuvées de toute antiquité, combien de couleurs la Nature comporte, quelles elles sont et ce que chacune peut symboliser. Cela, pourvu que Dieu me sauve le moule du bonnet, c'est-à-dire le pot au vin comme disait ma mère-grand. »


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Tu peux distinguer séparément la merde et la philosophie (si tu comprends le sens de cette distinction). Cette distinction entre l'apparence et le sens est une façon d'écrire, une particularité.
Mais les deux ne sont pas réunis pour rien en fait. Rabelais accorde une place importante au corps, le légitime dans une société où le corps est vu comme impur à la différence de l'âme. Le corps et la philo sont aussi importants pour Rabelais.

Je n'ai pas compris, n'hésite pas à détailler si tu estimes que cela me permettra de comprendre ton propos.

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Me concernant, je ne fais aucun lien direct entre la forme et le genre, je suis désolé ; la forme serait plutôt liée au style
ah mais pour moi, c'est justement cette question du style qui va permettre de dépasser cette stupide dichotomie fond/forme  ;)

Là, je crois comprendre, n'hésite pas à m'expliquer ton sentiment sur le sujet, ça m'intéresse tout à fait.

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Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #21 le: 18 février 2019 à 21:10:22 »
Alors, j'emploie le nom d'école dans le sens où j'ai conscience que le style se travaille sur toute une vie. Donc pour moi si l'on souhaite être en capacité de dissimuler un propos, il faut une réelle pratique. J'entends par là qu'il n'est pas possible qu'un auteur fasse de telles prouesses en ne connaissant rien, il faut donc être conscient de ce que représente la forme pour savoir la manier à sa guise.
Ok, pour moi, quand on parle d'école, on parle de groupes de personne qui ont les mêmes idées. Genre l'école formaliste, l'école structuraliste, tu vois ?
Du coup, je pense que le terme est ici source de confusion vu que tu développes plus un avis personnel qu'un point vue qui s'appuie sur une "école" ;)


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Lorsque tu lis Gargantua, tu peux constater que tout est fait dans l'excès, jusqu'à ce que cet excès provoque une guerre, dès lors apparaît le propos qui invite à la mesure et à l'humilité. Il ne s'agit pas d'un seul propos qui changerait d'argumentaire, je ne suis même pas sûr que le mot « excès » apparaisse une seule fois dans le livre. En vérité, c'est l'accumulation de moeurs, de vin, de jeux et de superlatifs qui représente (dans la forme) cet excès, l'humour aussi est très forcé, c'est de la connerie pure à moitié folle
Ok, je comprends mieux. Et l'excès va être dans  la forme (lexique, syntaxe + dans les personnages (ce sont des géants) et leurs actions). Mais là encore, on a plus une forme-sens, tout va ensemble, quoi.


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Comme dit le proverbe, à cul foireux toujours merde abonde,

 :coeur:


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Me concernant, je ne fais aucun lien direct entre la forme et le genre, je suis désolé ; la forme serait plutôt liée au style
ah mais pour moi, c'est justement cette question du style qui va permettre de dépasser cette stupide dichotomie fond/forme  ;)

Là, je crois comprendre, n'hésite pas à m'expliquer ton sentiment sur le sujet, ça m'intéresse tout à fait.
Bah, je pense que la littérature gagne à s'intéresser à des questions de style (qui sont donc personnelles à chaque auteur) qu'à tenter de séparer le fond et la forme. Le style me semble relever à la fois du fond et de la forme et dépasse donc ces catégories périmées.
« Modifié: 18 février 2019 à 23:53:04 par ernya »
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Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #22 le: 18 février 2019 à 21:39:09 »

Citation de: Rabelais
Comme dit le proverbe, à cul foireux toujours merde abonde
:coeur:
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Re : Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #23 le: 18 février 2019 à 22:06:08 »
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Alors, j'emploie le nom d'école dans le sens où j'ai conscience que le style se travaille sur toute une vie. Donc pour moi si l'on souhaite être en capacité de dissimuler un propos, il faut une réelle pratique. J'entends par là qu'il n'est pas possible qu'un auteur fasse de telles prouesses en ne connaissant rien, il faut donc être conscient de ce que représente la forme pour savoir la manier à sa guise.
Ok, pour moi, quand on parle d'école, on parle de groupes de personne qui ont les mêmes idées. Genre l'école formaliste, l'école structuraliste, tu vois ?
Du coup, je pense que le terme est ici source de confusion vu que tu développes plus un avis personnel qu'un point vue qui s'appuie sur une "école" ;)

Je suis complètement d'accord avec toi dans le sens où tu revendiquerais l'étiquette « d'école » au sens actuel du terme, or tu n'es pas sans savoir que Rabelais faisait l'apologie de l'éducation, ce qui évoque l'idée qu'il te reste peut-être un quelque chose de son geste dans ta propre éducation...

En ce qui concerne le terme qui conviendrait le mieux à ce que j'évoque, j'en suis arrivé à la conclusion « d'école » dans le sens traditionnel du terme, si tu oublies les quatre murs qui t'entourent, tu pourras constater qu'il existe un parcours selon l'enseignement que l'on reçoit et selon les livres qu'on lit. Une grande quantité de livres qui ont suivi ceux de Rabelais s'inscrivaient dans ses enseignements sur la forme, et les gens de lettres se les sont transmis de génération en génération.

Aujourd'hui nous en sommes-là, telle est la tradition, l'enseignement de l'histoire ; qui sait ce qui nous attend demain ?
Là, je crois comprendre, n'hésite pas à m'expliquer ton sentiment sur le sujet, ça m'intéresse tout à fait.
Bah, je pense que la littérature gagne à s'intéresser à des questions de style (qui sont donc personnelles à chaque auteur) qu'à tenter de séparer le fond et la forme. Le style me semble relever à la fois du fond et de la forme et dépasse donc ces catégories périmées.

En fait, deux choses :

D'abord je suis profondément d'accord avec toi sur le fait que deux héritages ne suffisent pas à distinguer des œuvres de littérature, ce sujet est donc avant tout une invitation à chercher à découvrir de nouvelles façons de prendre en compte et ses lectures et ses propres écrits, c'est un sujet qui invite à la discussion.

Ensuite j'évoque le fait d'apprendre à considérer qu'on peut apprécier la forme (=le choix des mots) selon différentes façons, et que cela peut avoir des conséquences importantes sur le parcours d'un.e auteur.e, que donc les œuvres littéraires méritent une juste considération pour soi-même s'émanciper et faire ses propres choix d'écriture.

On peut dire la même chose de différentes façons, biaiser, aller droit au but, ou bien être inventif !
« Modifié: 18 février 2019 à 22:19:07 par Alan Tréard »

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Re : Re : Re : Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #24 le: 19 février 2019 à 00:03:13 »

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En ce qui concerne le terme qui conviendrait le mieux à ce que j'évoque, j'en suis arrivé à la conclusion « d'école » dans le sens traditionnel du terme, si tu oublies les quatre murs qui t'entourent, tu pourras constater qu'il existe un parcours selon l'enseignement que l'on reçoit et selon les livres qu'on lit. Une grande quantité de livres qui ont suivi ceux de Rabelais s'inscrivaient dans ses enseignements sur la forme, et les gens de lettres se les sont transmis de génération en génération.
Euh après Rabelais, qui fait comme Rabelais ? Vraie question, hein. Chez Montaigne, y a des idées analogues mais pas du tout le même choix formel (au sens de structure de l'oeuvre, choix de composition).
Ensuite, je ne pige pas bien les 4 murs que tu m'évoques (ma chambre, mon bahut, mon esprit étriqué ?) ni le parcours dont tu parles. Y a autant de points de vue sur la littérature que d'auteurs donc le "s'inscrivaient dans ses enseignements", ça me laisse songeuse.


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Ensuite j'évoque le fait d'apprendre à considérer qu'on peut apprécier la forme (=le choix des mots) selon différentes façons,
Donc pour toi, la forme est le choix des mots. Dire ça, c'est pas tout de suite plus clair pour tout le monde ?

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On peut dire la même chose de différentes façons, biaiser, aller droit au but, ou bien être inventif !
oui, y a pas de débat là-dessus. C'est évident. Donc du coup, de quoi parle ce topic ?
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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #25 le: 19 février 2019 à 00:30:56 »
Pas de soucis, ma chère ernya, ce n'est pas une attaque contre toi, je te donne ma perception de la forme avec argumentation, référence, opinions et histoire.

Moi, mon espoir, c'est de pouvoir discuter sur la forme, sur la considération qu'on peut en avoir, sur l'esprit qu'on y trouve, sur les points communs que l'on y cherche.

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Ensuite j'évoque le fait d'apprendre à considérer qu'on peut apprécier la forme (=le choix des mots) selon différentes façons,
Donc pour toi, la forme est le choix des mots. Dire ça, c'est pas tout de suite plus clair pour tout le monde ?

Oui et non, si pour toi ça fait sens de dire : le choix des mots quand on veut dire quelque chose, c'est la forme ; alors je suis d'accord avec toi pour qu'on s'y retrouve. Le sujet est très large donc il mérite une référence certifiée littéraire afin de favoriser une compréhension des enjeux.

Cependant j'essaie d'adapter la forme de l'introduction aux besoins de chacune & chacun, j'ai beaucoup de considération pour ta perception de « ce qu'il faudrait trouver dans une présentation de sujet de débat » et je vais essayer de m'y référer autant que possible ; pour autant, je ne te promets pas d'être parfait, j'invoque ta tolérance à mon égard, et ta patience également.

La forme mérite qu'on en discute, je te rejoins sur ce point.

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On peut dire la même chose de différentes façons, biaiser, aller droit au but, ou bien être inventif !
oui, y a pas de débat là-dessus. C'est évident. Donc du coup, de quoi parle ce topic ?

Je dois dire que j'ai pris plaisir à discuter avec toi sur ta perception du rapport entre la forme et le fond, j'espère pouvoir renouveler cela bientôt, j'apprécie ces moments de partage.

Hors ligne Kurieu

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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #26 le: 09 mai 2019 à 15:48:27 »
Bon, ce topic date un peu, mais je viens d'arriver...  Je trouve cette question très intéressante. :)

Pourrait-on imaginer que la forme du texte (sa musicalité notamment) permet de faire passer des choses (des émotions par exemple) que le fond ne permettrait pas, ou pas de la même manière ?
J'ai envie de dire qu'en littérature il est essentiel de savoir manier et mêler la forme et le fond, non ?

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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #27 le: 09 mai 2019 à 15:55:57 »
 :\? Ouh ! Je ne saurais dire pourquoi, mais je sens une âme poétique qui se glisse derrière ces mots...

Bienvenue à toi, petit Kurieu !  :pompom:

Hors ligne Kurieu

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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #28 le: 09 mai 2019 à 17:45:09 »
 :D
Pas tant que ça pourtant...
Le fond sans la forme, c'est un livre de philo ou bien une thèse. Là on a un pur exercice d'écriture dans lequel la forme est secondaire (sous réserve que la grammaire soit respectée).
C'est pour ça que je trouve ta question très intéressante. Le fond nous fait savoir, la forme nous aide à comprendre. Ou qchose comme ça. Non ?
En lisant le Banquet, je comprends les risque du pouvoir. en lisant Ubu roi ou Britanicus, je les vis. C'est une autre approche.

Allez, j’arrête mon délire :)

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Re : La Forme : De quelle école êtes-vous ?
« Réponse #29 le: 09 mai 2019 à 17:49:20 »
Je trouve ça intéressant, au contraire.

Dans Gargantua, justement, il est beaucoup question de philosophie alors que la forme est explicitement comique (le fond est bien plus grave que la façon d'aborder les différents sujets).

Mais je comprends que tu puisses préférer une philosophie aux couleurs de la philosophie et un drame aux couleurs du drame, les sensibilités diffèrent énormément selon les parcours et les expériences.

 


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