Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 août 2019 à 22:49:15

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » 1616

Auteur Sujet: 1616  (Lu 845 fois)

Hors ligne Léilwën

  • Grand Encrier Cosmique
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  • L'elfe au lapin roux
1616
« le: 09 février 2019 à 00:57:29 »
avant-propos
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Isaure a froid.
« Plus pour longtemps ».
L'ombre amarante du brasier empourpre la foule placide à ses pieds ; Isaure aux lèvres bleues tressaille. Le vent harangue les flammes qui se dressent et couche les flammèches qui luttent ; empaume la longue chevelure fleuve dont quelques mèches folles s'embouclent aux aspérités du pilori. Épuisée, Isaure n'en ressent que la caresse, en irruption de ses souvenirs refuges.

La mollesse tendre du matelas sous ses jambes ; l'odeur amicale de l'humus au-dehors ; les effluves doux-amers d'Enguerrand, mains embourbées en caresse dans ses cheveux – emprisonnées, ligotées, lancinantes. Insistantes**. « Tes cheveux longs, piège à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? ». Enguerrand aurait pu être aussi libre qu'elle, s'il s'était aimé.

§§§

Au siècle du conformisme roi, les affranchis sont déjà morts. Bien sûr Isaure s'était fardée : elle avait suivi les foules, obéi à son père, feint l'ignorance... En vain. Elle ne vibrait pas ; elle ne vivait plus.
Tout avait commencé lors d'une balade ordinaire : l'enfant était partie quérir du bois menu pour raviver le feu de l'âtre familial qui se mourait. Elle avait croisé la Mayeule, qui lui avait proposé de l'instruire en échange de son aide à la récolte régulière de simples. Curieuse, la jeune fille avait accepté, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents. La Mayeule lui avait transmis tout son Art et son savoir, impressionnée par l'esprit avide de sa disciple. Connaissance est mère de liberté ; la jeune apprentie l'apprit à ses dépens. Comment museler un esprit qui s'éveille ? La connaissance avait déchiré le voile d'innocence dont elle s'était jusqu'alors vêtue. Pour vivre en paix, elle choisit nonobstant de se terrer dans l'ombre d'un époux; le répit fut de courte durée : bien vite, Isaure se lassa de se coucher sous un monstre d'ignorance. Défiant la bienséance, la jeune femme abandonna la maison de son mari et s'établit en bordure de forêt, non loin de la Mayeule. Commença alors une époque symbiotique de liesse – les deux femmes navigant de découvertes en apothéoses. Bientôt, elles devisèrent avec les arbres et les animaux, et certains les laissaient même emprunter leurs enveloppes charnelles. Au départ méfiées****, les deux femmes jouirent progressivement d'une confiance apaisée au fur et à mesure des soins qu'elles prodigèrent.
Isaure et son amie prêtèrent serment de n'oncques plus vivre à l'ombre d'un homme – prenant soin d'éviter toute relation qui les aurait distraites de leur Art. C'était sans compter sur Enguerrand : le poète avait rencontré Isaure au détour d'un bosquet, à l'abri du monde. Les jeunes gens s'étaient dès lors retrouvés souvent. Le jeune homme était tourmenté, écartelé entre liberté et désir de mimer ses semblables – ainsi avaient-ils beaucoup à converser. Un jour, Enguerrand avait picoré les lèvres d'Isaure et son monde avait basculé. Jamais n'avait-il côtoyé amante aussi indépendante et intègre ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte. Indomptée, Isaure le chevauchait, et lui perdait ses mains dans ses cheveux et oubliait ses lèvres sur ses hanches. Le tiraillement d'Enguerrand redoubla : ne désirant pas s'extraire de la société, il lui faudrait bientôt prendre femme, mais son amie se refusait ; Isaure la brune aux rivières de jais l'avait juré. À la vérité, peu lui importait de le partager : la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en allât, persuadée que les autres femmes, ignorantes et soumises, ne seraient que bien ternes aux yeux de son amant. Enguerrand se maria, puis passa le plus clair de son temps dans la forêt.
Hélas, les saisons se suivent mais parfois point ne se ressemblent. L'intendant du lieu vint à mourir ; un prélat inquisiteur prit sa suite et se mit en chasse des femmes puissantes. La jeune guérisseuse fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier – à l'instar de la Mayeule qui au matin avait pris son envol. Isaure avait accepté les conséquences de ses choix : elle acceptait le prix capital de sa liberté.*** Pourquoi ? Elle n'aurait su le dire. Une droiture dans son esprit ; une raideur dans son âme.

§§§

La foule impassible disparaît derrière la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et inquiétante. Isaure a maintenant trop chaud ; Isaure aux yeux rougis suffoque. « Ai-je peur ? » s'interroge-t-elle. Le vent redouble d'efforts et la caresse se fait vertige. Le souffle du ciel noie ses cris avortés à l'épicentre de ses poumons. L'air se fait mur aveugle contre son corps ; si puissant qu'elle pourrait s'y hisser.

L'appui ferme mais incertain de l'air sous ses rémiges; les contre-courants inconvenants qui se perdent dans son duvet. Elle est libre. Plonge en piqué et la vie fait des bonds. Accélère à tire-d'aile vers l'ailleurs et demain. Elle falsette****, virevolte, valse et volte-face. Quelque part, un esprit animal patiente qu'elle lui rende ce corps qu'elle lui a emprunté.

Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir, une nuée passe ; les anges ont déjà trop donné. Isaure lève ses yeux que la fumée accable, que la chaleur assèche. Au travers des nuées, un corbeau agonisant enserré par un épervier – la Mayeule ? Son âme gronde, son âme tempête : une autre veut entrer en elle. Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise. Une femme coraille dix mètres plus bas. Isaure se dit qu'elle lui ressemble ; Isaure comprend qu'elle lui ressemble. Leurs âmes en ballet se sont croisées.

Quelques kilomètres plus loin, l'escadron se pose, la Mayeule reprend corps, l'épervier s'enfuit. « Je suis désolée, ton corps en fumée, tu n'auras point d'autre enveloppe ; mais te voici offert le don de la liberté : la pesanteur pour seule entrave. »
Tourbillons de sons farandoles d'atomes océan d'arômes carrousel de battements d'ailes un homme pleure dans la cabane d'Isaure le poids de son chagrin l'afflige elle doit le rejoindre elle va le rejoindre elle décolle son corps fend l'air des ailes tourbillonnent des plumes retombent en gerbes moirées couleur de jais elle est proche l'air défile pas assez vite elle arrive il pleure elle reconnaît son parfum qui laisse un goût amer sur sa langue plus jamais elle ne serrera sa liberté contre la sienne plus jamais elle ne cueillera ses lèvres enfiévrées plus jamais elle ne caressera les lignes de son corps plus jamais il ne l'ancrera quand la liesse l'emportera plus jamais elle plus jamais il plus.







Par la fenêtre entrouverte, un corbeau se faufile et se pose sur l'épaule d'Enguerrand. Alors que leurs regards se croisent, il observe dans l'œil animal une larme humaine. Un reflet.

V1
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*je sais que ces « et »/virgules ne sont pas académiques, mais je les aime bien là... :-[
** ici, je ne suis pas sûre de mon coup : pour moi la répétition donne une espèce de « captivation » mais c'est peut-être juste énervant ?
*** je ne suis pas sûre que la chronologie ait été très fluide pour arriver jusqu'ici...:-[
**** oui, c'est un néologisme...
« Modifié: 13 février 2019 à 00:56:58 par Léilwën »
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
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Re : 1616
« Réponse #1 le: 09 février 2019 à 13:43:51 »
Hello Léilwën, J'ai lu ton texte et pour moi ça fonctionne bien, J'aime cette époque, peut être en savoir plus sur la Mayeule un personnage intéressant. Merci pour ce bon moment de lecture.

Hors ligne Ashka

  • Calame Supersonique
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Re : 1616
« Réponse #2 le: 10 février 2019 à 16:27:07 »
Hello  :)

Citer
et je n'ai pas relu pour ne pas risquer d'effacer le texte demain et pour "acter" vis-à-vis de moi-même que j'ai écrit !!
:D , n'efface pas, hein, il est intéressant ton texte !  :)

Au fil de la lecture, je te dis franchement ce que j'en pense ;)

Citer
L'ombre amarante du brasier qui sourd des bûches furieuses se reflète sur la foule placide alentour, et* Isaure a froid. « Plus pour longtemps », pense-t-elle. Et* sans doute a-t-elle raison.
J'ai un peu de mal avec les 2 "et" :/
Je me demande si on ne peut pas contourner le problème en remplaçant le 1er "et" par un point ?
"L'ombre amarante du brasier qui sourd des bûches furieuses et se reflète sur la foule placide alentour. Isaure a froid. « Plus pour longtemps », pense-t-elle. Et sans doute a-t-elle raison."
Dans tout ce passage du début, j'ai relevé aussi 4 "qui", essayer de varier les constructions des phrases ?
Joli le : "la longue chevelure noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori." :coeur:

Citer
passe ses longs doigts  fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la longue chevelure
Je signale au cas où la répétition et espace en trop après « doigts »
Citer
Épuisée, Isaure n'en ressent que la caresse en écho de ses souvenirs, qui éclipsent tout le reste.
"que" "qui", peut-être remplacer le "qui" par un simple "ils" pour que ça coule mieux ?

Citer
La mollesse tendre du matelas sous ses jambes ; l'odeur amicale de l'humus au-dehors ; les effluves enamourés d'Enguerrand, mains embourbées en caresse dans ses cheveux – emprisonnées, ligotées, lancinantes. Insistantes**. « Tes cheveux longs, pièges à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? ». Enguerrand était aussi libre qu'elle, aussi se plaisait-elle à l'aimer en retour.
Citer
ici, je ne suis pas sûre de mon coup : pour moi la répétition donne une espèce de « captivation » mais c'est peut-être juste énervant ?
Eh bien non je ne trouve pas ça énervant, je trouve ça chouette au contraire, c'est original cette vision des mains embourbées, j'aime vraiment bien le tout et notamment : "La mollesse tendre du matelas sous ses jambes" :coeur:
Juste ici : "l'odeur amicale de l'humus au-dehors", j'ai du mal à visualiser l'odeur au-dehors, pour moi ça veut dire qu'une fenêtre est ouverte, une porte, je ne sais. Eclaircir ou pas ?
 
Citer
En ce siècle nébuleux et abscons, mieux valait être endoctriné : vivre libre était risqué
Ici, si tu veux effectivement rendre le texte plus lyrique et poétique, je trouve cette phrase est en-dessous du reste, je suis sûre que tu peux faire mieux pour : « mieux valait être » « vivre libre était »

Citer
Bien sûr, Isaure s'était fardée, au départ. Elle avait suivi les foules, obéi à son père, feint l'ignorance
Ici développer le fait qu’elle se farde, parce que comme ça, on se demande pourquoi, même chose pour feindre l’ignorance, il y aurait matière à développer sur le ton du début du texte, je pense ?

Citer
Tout cela avait commencé par une vulgaire balade sylvestre :
Ha, pas fan du « cela », mais c’est personnel !  ;)

Citer
l'enfant était partie chercher du petit bois pour raviver le feu de l'âtre familial qui dépérissait. Elle avait croisé la Mayeule, guérisseuse du village, qui lui proposa de l'instruire en échange de son aide pour la récolte régulière de simples.
Je me demande s’il n’y a pas moyen d’éviter cette construction de « qui » et de « pour » sur ces deux phrases.

Citer
Curieuse, la jeune fille accepta, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents. La Mayeule lui avait transmis tout son Art et son savoir, impressionnée par l'esprit avide de sa disciple
Je serais restée au passé ici : « La Mayeule lui transmis » ?

Citer
la jeune apprentie l'apprit à ses dépens. Comment ne pas interroger les mœurs de son temps
J’aime bien ça dépend/temps :coeur:

Citer
la jeune apprentie l'apprit à ses dépens. Comment ne pas interroger les mœurs de son temps ? Comment supporter l'inacceptable ?  La connaissance avait déchiré le voile d'innocence
Je me demande si le « Comment supporter l'inacceptable ? » est utile ici ? Je l’enlèverai, mais c’est personnel. En plus répétition avec plus haut et plus bas :
-"Curieuse, la jeune fille accepta, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents."
-"Pour vivre en paix, elle choisit nonobstant d'accepter de vivre"
Citer
La connaissance avait déchiré le voile d'innocence dont elle s'était jusqu'alors vêtue.
:coeur:
Citer
Isaure se lassa de se coucher sous un monstre d'ignorance
Pas fan des 2 « se »

Citer
Commença une époque de liesse, faite de solidarité et d'émulation – la Mayeule et elle allant toujours plus loin dans leurs découvertes.
« solidarité », je ne sais pas, au vu du ton du récit, j’aurais peut-être plus vu « entraide » ? et intervertir : d’émulation et d’entraide ? Et se passer du « faite » ? mais ce ne sont que des suggestions. ;)
Un peu de mal aussi avec la tournure : « la Mayeule et elle »

Citer
Bientôt, elles parlèrent aux arbres et aux animaux
À la place de « parlèrent, j’aurai bien vu un autre verbe, plus recherché pour rester dans le ton du récit ? « Devisèrent », ou autre ?

Citer
Isaure tout comme la Mayeule avaient fait le vœu
avait

Citer
le poète avait rencontré Isaure au détour d'un bosquet, à l'abri des autres hommes
La partie : " à l'abri des autres hommes" m’a fait un peu bizarre .

Citer
Jamais n'avait-il rencontré amante aussi indépendante et sincère ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte.
Inverser ? Ou pas : il n’avait ? À noter la répétition avec ma remarque (juste au-dessus) de « rencontré »

Je n’ai pas mis toutes les répétitions, je ne connais pas ton sentiment à ce sujet. Mais je peux faire un relevé si ça t’intéresse. ;)

Citer
Indomptée, Isaure le chevauchait, et lui perdait ses mains dans ses cheveux et oubliait ses lèvres sur ses hanches.
Ici, je suis incapable de dire qui perd ses mains dans ses cheveux, de lui ou d’elle, mais ça m’a fait sourire, car, finalement, peu importe ! ;)

Citer
Isaure la brune aux rivières de jais
J’ai imaginé les rivières ombreuses des bois et aussi les rivières (bijou) de ses cheveux.

Citer
Peu lui importait de le partager : la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fut,
fût

Citer
L'intendant du lieu vint à mourir, succédé par un prélat inquisiteur qui se mit en chasse des femmes puissantes. Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier
Dommage peut-être ici le qui « qui » revient.
(Isaure fut capturée promptement, elle avait refusé de cohabiter en un épervier etc,… ?)

Citer
Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier – à l'instar de la Mayeule qui au matin avait pris son envol. Isaure avait accepté les conséquences de ses choix : elle acceptait le prix capital de sa liberté.
Dommage la répétition d’Isaure  au début des 2 phrases ?

Citer
Une droiture dans son esprit ; une raideur dans son âme.
:coeur:

Citer
*** je ne suis pas sûre que la chronologie ait été très fluide pour arriver jusqu'ici...:-[
:D Si si, ça marche, pour moi :)

Citer
la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et trébuchante.
J’ai du mal à accorder fumée à tapageuse et hurlante, pour moi la fumée est toujours silencieuse, mais c’est personnel. ;)

Citer
À bien y réfléchir, la peur lui est alors inconnue
Pour rehausser la phrase dans le style : la peur lui était jusqu’alors inconnue ? En tout cas, essayer de trouver autre chose ? Ou pas. ;)

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Le souffle du ciel noie ses cris avortés à l'épicentre de ses poumons
Ha,  perdue ici ce n’est pas le souffle du brasier qui noie ses cris ?

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les contre-courants inconvenants qui se perdent dans son duvet
:coeur: :coeur: (inconvenant, trop bien !!! :) )

Citer
à tire d'aile
tire-d’aile

Citer
un esprit animal patiente que'elle lui rende ce corps
petit bug :kei:

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L'appui ferme mais incertain de l'air sous ses rémiges; les contre-courants inconvenants qui se perdent dans son duvet. Elle est libre. Plonge en piqué et la vie fait des bonds. Accélère à tire d'aile vers l'ailleurs et demain. Elle falsette****, virevolte, valse et volte-face. Quelque part, un esprit animal patiente que'elle lui rende ce corps qu'il lui a gracieusement prêté.
Citer
**** oui, c'est un néologisme...
Pas gênant pour moi

Citer
Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir, une nuée passe ; les anges ont déjà trop donné. Isaure lève ses yeux que la fumée accable, que la chaleur assèche. Au travers des nuées, un corbeau agonisant enserré par un épervier – la Mayeule ? Son âme gronde, son âme tempête : il en est une autre qui veut entrer en elle. Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise. Une femme coraille dix mètres plus bas. Isaure se dit qu'elle lui ressemble ;  Isaure comprend qu'elle lui ressemble.
Bon, je suis perdue ici  :/ :
On la croit sauvée et puis on comprend que c’est trop tard : les anges ont déjà trop donné.
C'est après je me perds : "Le corbeau qui agonise, c’est elle, sauvée par son amie" mais je ne comprends pas ça : « il en est une autre qui veut entrer en elle »
Ici perdue aussi :"Une femme coraille dix mètres plus bas"
corailler : corail ? rouge ? cela veut dire qu’elle brûle ?

Citer
le poids de son chagrin lui est trop pesant
Peut-être un peu trop : poids et pesant ?

Citer
Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie un homme pleure dans la cabane d'Isaure le poids de son chagrin lui est trop pesant elle doit le rejoindre elle va le rejoindre elle décolle son corps fend l'air des ailes tourbillonnent des plumes retombent en gerbes moirées couleur de jais elle est proche l'air défile pas assez vite elle arrive il pleure elle reconnaît son parfum qui laisse un goût amer sur sa langue plus jamais elle ne serrera sa liberté contre la sienne plus jamais elle ne cueillera ses lèvres enfiévrées plus jamais elle ne caressera les lignes de son corps plus jamais il ne l'ancrera quand la liesse l'emportera plus jamais elle plus jamais il plus.
J’aime bien cet enchainement, comme si son esprit se diluait dans celui de l'oiseau. :)

Et la fin, oui, c'est bien, ça me fait penser à un film, mais impossible de me rappeler le titre où une femme se transformait comme ça en différents animaux, j'ai toujours bien aimé bien ce genre d'histoire.

Globalement, je trouve que le tout se déroule bien, il y a juste des endroits où je me suis perdue mais j'ai signalé lesquels et puis des tournures de phrases peut-être à améliorer, pour aider à fluidifier et du coup mieux s'immerger dans la lecture ?

Voilà, en espérant avoir aidé un peu  ;)
« Modifié: 10 février 2019 à 16:31:54 par Ashka »

Hors ligne Léilwën

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Re : Re : 1616
« Réponse #3 le: 10 février 2019 à 19:51:59 »
Bonjour à vous 2, et merci pour vos lectures !  _/-o_

Fried : merci  :-[. Pour la Mayeule, je voulais en faire un personnage mystérieux, c'est pour ça que je n'ai pas trop développé... mais si ça gêne, je changerai ! J'attends de voir si j'ai d'autres retours en ce sens, ce qui signifiera que le mystère qui l'entoure est trop grand et que j'ai raté mon effet ;) Je note ça dans un coin de ma tête !
Encore merci :oxo:

Aska : merci pour le commentaire détaillé !  :)

Citer
L'ombre amarante du brasier qui sourd des bûches furieuses se reflète sur la foule placide alentour, et* Isaure a froid. « Plus pour longtemps », pense-t-elle. Et* sans doute a-t-elle raison.
J'ai un peu de mal avec les 2 "et" :/ Je me doutais que ça pourrait faire cet effet, l'astérisque était pour ça : pour signifier que je savais que ça ne passerait peut-être pas. J'ai envie de le garder parce que j'en aime bien la sonorité (pour moi, la répétition du "et" marque le rythme à cet endroit-là (à la manière d'une batterie qui marque les temps en musique). Comme je le disais à Fried, je prends note de ta remarque et j'attends de voir avec d'autres potentiels lecteurs pour savoir si cette gêne est récurrente

Dans tout ce passage du début, j'ai relevé aussi 4 "qui", essayer de varier les constructions des phrases ? oui, je m'attendais aux répétitions puisque je n'ai pas relu avant de poster... je vais faire la chasse aux "qui"  :-[ (sachant que certains servent à faire des allitérations pour "rendre" la dureté de ce qu'elle vit (oui, j'ai accordé beaucoup de place aux sons dans ce texte  :-[ )

Joli le : "la longue chevelure noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori." :coeur:
Citer
merci  :-

Citer
passe ses longs doigts  fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la longue chevelure
Je signale au cas où la répétition et espace en trop après « doigts »
changé en
Citer
la chevelure-fleuve noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori
[/b]

Citer
Épuisée, Isaure n'en ressent que la caresse en écho de ses souvenirs, qui éclipsent tout le reste.
"que" "qui", peut-être remplacer le "qui" par un simple "ils" pour que ça coule mieux ?
J'ai trouvé le moyen retirer un "qui" la répétition du "en" :
Citer
Isaure n'en ressent que la caresse, écho de ses souvenirs en éclipse.
[/b]

Citer
La mollesse tendre du matelas sous ses jambes ; l'odeur amicale de l'humus au-dehors ; les effluves enamourés d'Enguerrand, mains embourbées en caresse dans ses cheveux – emprisonnées, ligotées, lancinantes. Insistantes**. « Tes cheveux longs, pièges à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? ». Enguerrand était aussi libre qu'elle, aussi se plaisait-elle à l'aimer en retour.
Citer
ici, je ne suis pas sûre de mon coup : pour moi la répétition donne une espèce de « captivation » mais c'est peut-être juste énervant ?
Eh bien non je ne trouve pas ça énervant, je trouve ça chouette au contraire, c'est original cette vision des mains embourbées, j'aime vraiment bien le tout et notamment : "La mollesse tendre du matelas sous ses jambes" :coeur: merci  :-[
Juste ici : "l'odeur amicale de l'humus au-dehors", j'ai du mal à visualiser l'odeur au-dehors, pour moi ça veut dire qu'une fenêtre est ouverte, une porte, je ne sais. Eclaircir ou pas ? pour moi ça veut dire qu'elle sent l'odeur de dehors (mais vu qu'elle habite en forêt, c'est normal que l'odeur rentre, non ? Ou alors c'est encore un truc évident juste pour moi ?  :D
 
Citer
En ce siècle nébuleux et abscons, mieux valait être endoctriné : vivre libre était risqué
Ici, si tu veux effectivement rendre le texte plus lyrique et poétique, je trouve cette phrase est en-dessous du reste, je suis sûre que tu peux faire mieux pour : « mieux valait être » « vivre libre était »
J'ai tenté
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Liberté décriée. En ce siècle nébuleux et abscons, mimétisme offrait sécurité.
[/b]

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Bien sûr, Isaure s'était fardée, au départ. Elle avait suivi les foules, obéi à son père, feint l'ignorance
Ici développer le fait qu’elle se farde, parce que comme ça, on se demande pourquoi, même chose pour feindre l’ignorance, il y aurait matière à développer sur le ton du début du texte, je pense ? il me semblait que c'était assez clair : je dis dans son souvenir qu'elle est libre, et au début du paragraphe je dis que la liberté posait problème, du coup je ne vois pas comment insister sur le fait qu'elle farde sa liberté sans alourdir le texte...  :( Par contre, pour l'ignorance, oui, vu que je n'explique qu'après que sa liberté vient de sa connaissance ; mais du coup si j'en dis trop, je spoile un peu sur la suite... hum... je vais réfléchir à tout cela, à chaud c'est trop complexe à changer pour moi  :\? ; si tu as des idées, je suis preneuse !

Citer
Tout cela avait commencé par une vulgaire balade sylvestre :
Ha, pas fan du « cela », mais c’est personnel !  ;) moui, il n'est pas nécessaire... je le vire  ;)

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l'enfant était partie chercher du petit bois pour raviver le feu de l'âtre familial qui dépérissait. Elle avait croisé la Mayeule, guérisseuse du village, qui lui proposa de l'instruire en échange de son aide pour la récolte régulière de simples.
Je me demande s’il n’y a pas moyen d’éviter cette construction de « qui » et de « pour » sur ces deux phrases. j'ai remplacé le 2ème "pour" par "à"

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Curieuse, la jeune fille accepta, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents. La Mayeule lui avait transmis tout son Art et son savoir, impressionnée par l'esprit avide de sa disciple
Je serais restée au passé ici : « La Mayeule lui transmis » ? en fait, vu que je fais un "bilan" à ce moment-là, j'ai changé le "accepta" en "avait accepté"

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la jeune apprentie l'apprit à ses dépens. Comment ne pas interroger les mœurs de son temps
J’aime bien ça dépend/temps :coeur: merci  :-[

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la jeune apprentie l'apprit à ses dépens. Comment ne pas interroger les mœurs de son temps ? Comment supporter l'inacceptable ?  La connaissance avait déchiré le voile d'innocence
Je me demande si le « Comment supporter l'inacceptable ? » est utile ici ? Je l’enlèverai, mais c’est personnel. Oui, ça fait un peu formule toute faite et ça n'apporte pas grand chose... je vire (je crois que j'avais voulu faire une accumulation de questions, mais sans trouver assez de questions  :D En plus répétition avec plus haut et plus bas :
-"Curieuse, la jeune fille accepta, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents."
-"Pour vivre en paix, elle choisit nonobstant d'accepter de vivre"
Citer
La connaissance avait déchiré le voile d'innocence dont elle s'était jusqu'alors vêtue.
:coeur:
Citer
Isaure se lassa de se coucher sous un monstre d'ignorance
Pas fan des 2 « se »
Citer
en fait moi j'aime bien  :-[ l'allitération en "s" m'évoque le serpent qui s'immisce là où il ne devrait pas aller ; métaphore de la connaissance/liberté qui se faufile partout

Citer
Commença une époque de liesse, faite de solidarité et d'émulation – la Mayeule et elle allant toujours plus loin dans leurs découvertes.
« solidarité », je ne sais pas, au vu du ton du récit, j’aurais peut-être plus vu « entraide » ? et intervertir : d’émulation et d’entraide ? Et se passer du « faite » ? mais ce ne sont que des suggestions. ;) j'avais buté sur "entraide", c'est ce que j'avais mis au départ, mais les sonorités ne coulaient pas à mon oreille, du coup j'avais changé par un terme plus "coulant", mais je ne suis pas satisfaite du sens... du coup je me suis remué les méninges et j'ai fait ça :
Citer
Commença une époque symbiotique de liesse et d'harmonieuse émulation
[/b]
Un peu de mal aussi avec la tournure : « la Mayeule et elle » j'ai déjà mis "les 2 femmes" en dessous... je réfléchis...

Citer
Bientôt, elles parlèrent aux arbres et aux animaux
À la place de « parlèrent, j’aurai bien vu un autre verbe, plus recherché pour rester dans le ton du récit ? « Devisèrent », ou autre ?
Citer
oh ouiii ! Adopté ! :coeur:

Citer
Isaure tout comme la Mayeule avaient fait le vœu
avait j'ai buté là-dessus aussi en écrivant ; au départ, j'avais mis "tout comme la Mayeule" entre virgules + verbe au singulier, mais je voulais un verbe au pluriel (je ne sais pas pourquoi j'y tiens, mais bon, je veux qu'il soit au pluriel ce verbe^^) et pour moi "Isaure tout comme la Mayeule" c'est "Isaure et la Mayeule" (pluriel) alors que "Isaure, comme la Mayeule" c'est "Isaure seule", singulier (avec une précision annexe sur la Mayeule qui n'entre pas dans le sujet)... Comment ça je ne suis pas claire ?  :D

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le poète avait rencontré Isaure au détour d'un bosquet, à l'abri des autres hommes
La partie : " à l'abri des autres hommes" m’a fait un peu bizarre .  C'est un bout "poétique" qui est sorti comme ça... C'est une autre manière de dire qu'ils étaient seuls sans témoins

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Jamais n'avait-il rencontré amante aussi indépendante et sincère ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte.
Inverser ? Ou pas : il n’avait ? À noter la répétition avec ma remarque (juste au-dessus) de « rencontré » J'ai remplacé le dernier "rencontré" par "côtoyé" ; par contre j'ai gardé les inversions  :-[

Je n’ai pas mis toutes les répétitions, je ne connais pas ton sentiment à ce sujet. Mais je peux faire un relevé si ça t’intéresse. ;) Certaines sont volontaires, mais je suis sûre qu'il y en a toute une kyrielle qui se sont juste invité là comme ça  :D  après je sais que c'est une lourde de tâche... Si tu veux, vas-y, je les passerai en revue, mais ne te force pas là-dessus

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Indomptée, Isaure le chevauchait, et lui perdait ses mains dans ses cheveux et oubliait ses lèvres sur ses hanches.
Ici, je suis incapable de dire qui perd ses mains dans ses cheveux, de lui ou d’elle, mais ça m’a fait sourire, car, finalement, peu importe ! ;) Je me suis fait la même réflexion que toi !!! Juste que je ne voyais pas comment clarifier sans alourdir...

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Peu lui importait de le partager : la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fut,
fût merci !

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L'intendant du lieu vint à mourir, succédé par un prélat inquisiteur qui se mit en chasse des femmes puissantes. Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier
Dommage peut-être ici le qui « qui » revient.
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oui, mais ils font sens tous les 3 pour moi et je ne vois pas comment les modifier en gardant des sonorités harmonieuses...  :-[
(Isaure fut capturée promptement, elle avait refusé de cohabiter en un épervier etc,… ?) oui, mais le "elle qui" appuie sur son choix pour moi...  :-[
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Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier – à l'instar de la Mayeule qui au matin avait pris son envol. Isaure avait accepté les conséquences de ses choix : elle acceptait le prix capital de sa liberté.
Dommage la répétition d’Isaure  au début des 2 phrases ? j'en ai remplacé un par "la jeune guérisseuse"

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Une droiture dans son esprit ; une raideur dans son âme.
:coeur: merci  :-[

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*** je ne suis pas sûre que la chronologie ait été très fluide pour arriver jusqu'ici...:-[
:D Si si, ça marche, pour moi :) Youhouhhhhhhh  :D

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la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et trébuchante.
J’ai du mal à accorder fumée à tapageuse et hurlante, pour moi la fumée est toujours silencieuse, mais c’est personnel. ;)
C'est parce que tout du long j'inverse volontairement les émotions de la foule et des éléments (en gros, ce sont le feu et le vent qui portent les émotions alors que la foule est décrite comme passive)

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À bien y réfléchir, la peur lui est alors inconnue
Pour rehausser la phrase dans le style : la peur lui était jusqu’alors inconnue ? En tout cas, essayer de trouver autre chose ? Ou pas. ;) oui, j'ai pas mal butté sur cette phrase... du coup je l'ai virée, ce sera du "show don't tell" et comprenne qui voudra, nah !  :D

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Le souffle du ciel noie ses cris avortés à l'épicentre de ses poumons
Ha,  perdue ici ce n’est pas le souffle du brasier qui noie ses cris ? Non, c'est le vent, qui souffle de plus en plus fort depuis le début

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les contre-courants inconvenants qui se perdent dans son duvet
:coeur: :coeur: (inconvenant, trop bien !!! :) ) merci  :-[

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à tire d'aile
tire-d’aile merci !

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un esprit animal patiente que'elle lui rende ce corps
petit bug :kei: merci ! :D

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L'appui ferme mais incertain de l'air sous ses rémiges; les contre-courants inconvenants qui se perdent dans son duvet. Elle est libre. Plonge en piqué et la vie fait des bonds. Accélère à tire d'aile vers l'ailleurs et demain. Elle falsette****, virevolte, valse et volte-face. Quelque part, un esprit animal patiente que'elle lui rende ce corps qu'il lui a gracieusement prêté.
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**** oui, c'est un néologisme...
Pas gênant pour moi cool !  :)

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Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir, une nuée passe ; les anges ont déjà trop donné. Isaure lève ses yeux que la fumée accable, que la chaleur assèche. Au travers des nuées, un corbeau agonisant enserré par un épervier – la Mayeule ? Son âme gronde, son âme tempête : il en est une autre qui veut entrer en elle. Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise. Une femme coraille dix mètres plus bas. Isaure se dit qu'elle lui ressemble ;  Isaure comprend qu'elle lui ressemble.
Bon, je suis perdue ici  :/ :
On la croit sauvée et puis on comprend que c’est trop tard : les anges ont déjà trop donné.
C'est après je me perds : "Le corbeau qui agonise, c’est elle, sauvée par son amie" mais je ne comprends pas ça : « il en est une autre qui veut entrer en elle » j'ai changé par
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Son âme gronde, son âme tempête : une autre veut entrer en elle
en fait, la Mayeule (qui est en un épervier) ramène un corbeau agonisant et ce que je décris est un échange d'âme : l'âme du corbeau agonisant (donc de toute façon foutu) entre en son corps qui va brûler alors que son âme à elle prend la place dans le corps du corbeau[/b]
Ici perdue aussi :"Une femme coraille dix mètres plus bas"
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corailler, c'est le cri du corbeau, c'était pour signifier l'échange d'âmes
corailler : corail ? rouge ? cela veut dire qu’elle brûle ?

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le poids de son chagrin lui est trop pesant
Peut-être un peu trop : poids et pesant ? oui  :-[, j'ai remplacé par "l'afflige"

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Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie un homme pleure dans la cabane d'Isaure le poids de son chagrin lui est trop pesant elle doit le rejoindre elle va le rejoindre elle décolle son corps fend l'air des ailes tourbillonnent des plumes retombent en gerbes moirées couleur de jais elle est proche l'air défile pas assez vite elle arrive il pleure elle reconnaît son parfum qui laisse un goût amer sur sa langue plus jamais elle ne serrera sa liberté contre la sienne plus jamais elle ne cueillera ses lèvres enfiévrées plus jamais elle ne caressera les lignes de son corps plus jamais il ne l'ancrera quand la liesse l'emportera plus jamais elle plus jamais il plus.
J’aime bien cet enchainement, comme si son esprit se diluait dans celui de l'oiseau. :)
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Cool ! Je vois plein de textes sans ponctuation ici et je trouve le procédé cool du coup je l'ai testé  ;)

Et la fin, oui, c'est bien, ça me fait penser à un film, mais impossible de me rappeler le titre où une femme se transformait comme ça en différents animaux, j'ai toujours bien aimé bien ce genre d'histoire. connais pas...  :-[

Globalement, je trouve que le tout se déroule bien, il y a juste des endroits où je me suis perdue mais j'ai signalé lesquels et puis des tournures de phrases peut-être à améliorer, pour aider à fluidifier et du coup mieux s'immerger dans la lecture ? J'imagine que les tournures de phrases s'amélioreront au fur et à mesure des corrections !

Voilà, en espérant avoir aidé un peu  ;) ouiiiiiiiiiiiii  :) merci encore !

:oxo:
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« Réponse #4 le: 10 février 2019 à 20:08:05 »
Bon ben voilà, j'ai lu hier vite fait, je reviens ce soir j'ai relu.

Il est bien ce texte, Ariane Ashka est passée par là et encore une fois elle a mâché le boulot (ce qui est parfait parce que moi j'en suis incapable) donc je ne vois pas quoi ajouter, si ce n'est que ton histoire est pleine de force.

Mais tout de même :

là "Tes cheveux longs, pièges à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ?" j'aurais mis piège au singulier.

"la pesanteur pour seule entrave" mais pourquoi la pesanteur est-elle une entrave ? Elle est corbeau et le corbeau se joue de la pesanteur non ?

"elle plus jamais il plus", je n'ai pas vraiment saisi le sens de cette phrase. Vrai que cet enchaînement sans point est étrange, que sûrement il y a un sens. J'imagine que cela signifie qu'il n'y aura plus jamais elle+lui. Mais j'ai du mal.

Voili, voilou, j'aime beaucoup cette histoire, elle cache sous sa candeur de conte imaginaire bien des réalités.

 ;) ;)

Edit pour corriger un lapsus ; pardon Ashka des câlins  :calin: :calin:



« Modifié: 10 février 2019 à 21:18:03 par Claudius »
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Re : Re : 1616
« Réponse #5 le: 10 février 2019 à 20:19:51 »
Clauuu  :coeur:

Il est bien ce texte, Ariane est passée par là et encore une fois elle a mâché le boulot (ce qui est parfait parce que moi j'en suis incapable) donc je ne vois pas quoi ajouter, si ce n'est que ton histoire est pleine de force. Merci !  :-[ (et c'est Ashka, pas Ariane  :-[)

là "Tes cheveux longs, pièges à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ?" j'aurais mis piège au singulier. modification faite ;)

"la pesanteur pour seule entrave" mais pourquoi la pesanteur est-elle une entrave ? Elle est corbeau et le corbeau se joue de la pesanteur non ? la pesanteur la ramène vers le sol ; c'est une entrave en ce sens où elle la relie à la terre

"elle plus jamais il plus", je n'ai pas vraiment saisi le sens de cette phrase. Vrai que cet enchaînement sans point est étrange, que sûrement il y a un sens. J'imagine que cela signifie qu'il n'y aura plus jamais elle+lui. Mais j'ai du mal. en fait les pensées s'accélèrent et n'ont plus le temps de sortir en entier ; elles s'entrechoquent avant de "s'écraser" à la fin

Voili, voilou, j'aime beaucoup cette histoire, elle cache sous sa candeur de conte imaginaire bien des réalités. Merci encore  _/-o_

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« Modifié: 10 février 2019 à 20:23:47 par Léilwën »
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« Réponse #6 le: 10 février 2019 à 20:20:44 »
C'est très étrange. Deux commentaires en textes courts et à chaque fois on me prend pour un autre ou une autre...


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« Réponse #7 le: 10 février 2019 à 21:15:13 »
oups, fatigue extrême, désolée Ashka... lapsus incontrôlé

Je te rends ce qui est à toi...  :-[ :-[
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« Réponse #8 le: 10 février 2019 à 21:47:12 »
 :D  ;)
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« Réponse #9 le: 10 février 2019 à 22:00:28 »
Bon, je floode mais crotte :
:D  ;)
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« Réponse #10 le: 11 février 2019 à 20:14:24 »

L'ombre amarante du brasier qui sourd des bûches furieuses se reflète sur la foule placide alentour, et* Isaure a froid. « Plus pour longtemps », pense-t-elle. Et* sans doute a-t-elle raison. Le vent harangue les flammes qui se dressent et couche les flammèches qui luttent ; passe ses longs doigts fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la chevelure-fleuve noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori. Épuisée, Isaure n'en ressent que la caresse, écho de ses souvenirs en éclipse.

Ce premier paragraphe est trop chargé pour moi.
La première partie de la première phrase, par exemple, me semble très encombrée. J'ai trouvé le rythme induit par les trois groupes adjectivaux un peu forcé : "ombre amarante", "bûches furieuses", "foule placide".
Ici : "[...] passe ses longs doigts fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la chevelure-fleuve noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori" le lexique est trop fleuri de mon point de vue, la phrase s'en retrouve alourdie et obscurcie, avec un adjectif que je trouve personnellement assez laid (fantasmagorique) qui redonde avec un autre (fantômes), un mot rare issu de la didactique (gibbosités), deux verbes très proches (entortille, s'emboucle), des images corporelles additionnées (doigts, phalange, chevelure-fleuve). Le vent passe ses doigts et entortille autour de ses phalanges (on sait bien que c'est métaphorique) la chevelure du feu elle-même embouclée au pilori ? Pour moi c'est trop, j'ai le sentiment d'une surabondance d'images dans un espace trop étroit, d'une trop grande densité lexicale/métaphorique. Ce qui fait que je digère mal "souvenirs en éclipse" qui vient ensuite.


La mollesse tendre du matelas sous ses jambes ; l'odeur amicale de l'humus au-dehors ; les effluves enamourés d'Enguerrand, mains embourbées en caresse dans ses cheveux – emprisonnées, ligotées, lancinantes. Insistantes**. « Tes cheveux longs, piège à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? ». Enguerrand était aussi libre qu'elle, aussi se plaisait-elle à l'aimer en retour.

Ici ça va mieux pour moi, j'ai moins cette impression de surcharge. J'aime bien "La mollesse tendre du matelas : l'odeur amicale de l'humus au-dehors" pour la sobriété sensorielle de l'écriture. J'aime moins ce qui suit à cause des participes et de leurs rimes internes "enamourés/embourbées/emprisonnées/ligotées", "lancinantes/insistantes".  En revanche j'aime beaucoup ça, c'est doux : "« Tes cheveux longs, piège à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? »"


Liberté décriée. En ce siècle nébuleux et abscons, mimétisme offrait sécurité.

Je n'aime pas cette entame nominale, pour moi ça fait un peu panneau d'affichage "Liberté décriée", ni encore les sonorités "liberté/décriée/sécurité" ; "nébuleux et abscons" c'est redondant pour moi ; "mimétisme offrait sécurité", sans article, a un côté vieillot/emphatique qui me dérange un peu (mais ça va avec le ton général), mais j'aime que tu parles de cette réalité profonde.


Bien sûr, Isaure s'était fardée, au départ.

Si tu utilises le verbe "farder" dans le sens de "maquiller", je te signale au cas où ça te dérange que d'un point de vue normatif le verbe s'utilise seulement en emploi transitif.


Connaissance est mère de liberté ; la jeune apprentie l'apprit à ses dépens.

La répétition "apprentie/apprit" m'a personnellement gêné.


La connaissance avait déchiré le voile d'innocence dont elle s'était jusqu'alors vêtue.

Au départ je n'étais pas sûr, mais en définitive j'aime bien cette phrase parce qu'elle peut faire écho à la perte de la virginité (déchiré le voile dont elle s'était jusqu'alors vêtue ; + "la connaissance" peut aussi renvoyer à l'expression prise au sens biblique), a priori intellectuelle ici, et c'est bien dans le thème du féminin déployé dans le texte. L'innocence et le mimétisme sont de confortables cellules collectives ; la connaissance une difficile liberté marginale. Je connais un peu par mes lectures théoriques et par mes relations interpersonnelles cette réflexion appliquée au féminisme et j'aime la retrouver ici, je crois qu'elle est importante.


Commença une époque symbiotique de liesse et d'harmonieuse émulation

Les deux expressions sont trop similaires à mon goût. J'aime bien "époque symbiotique de liesse", sûrement grâce à "symbiotique" et son côté naturaliste, organique.


Au départ méfiées, les deux femmes jouirent progressivement d'une confiance apaisée au fur et à mesure des soins prodigués aux habitants des environs.

Je ne suis pas sûr qu'on puisse utiliser "méfier" comme tu le fais (sans la marque pronominale), même si je crois comprendre que tu fais une analogie de construction avec "défier" par exemple. En tout cas ça m'a paru bizarre. Et "confiance" redonde avec "méfiées", aussi.


Isaure tout comme la Mayeule avaient fait le vœu de ne plus jamais vivre sur la coupe d'un homme – évitant toute relation qui les auraient distraites de leur Art.

"Sous la coupe", je pense, à moins qu'il n'y ait une espèce de jeu de mots. Et "aurait".


Un jour, Enguerrand avait picoré les lèvres d'Isaure et son monde avait basculé.

C'est tendre et pudique ça, j'aime bien.


Jamais n'avait-il côtoyé amante aussi indépendante et sincère ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte.

Pas sûr que la tournure "jamais n'avait-il" soit correcte en l'occurrence. S'il y avait une formule modalisante comme "Sans doute jamais n'avait-il..." ça marcherait mais là je doute.


Indomptée, Isaure le chevauchait

Ici c'est un peu kitsch à mon sens "indomptée" + "chevauchait".


Peu lui importait de le partager : la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fût, persuadée à raison que les autres femmes, ignorantes et soumises, ne seraient que bien ternes aux yeux de son amant.

Je trouve ça un peu méprisant pour "les autres femmes" de la part de ton personnage - qui n'ont pas forcément choisi d'être ignorantes et soumises, qui quoi qu'il en soit ont le droit de l'être, qui peuvent très bien être intenses dans leur ignorance et leur soumission, etc. Certaines femmes, ignorantes ou non, vont parfois préférer se fondre dans certains schémas sociaux (le rôle qu'on leur assigne, ce que la société attend d'elles, etc.) car c'est justement moins risqué, car les femmes qui usent de leur connaissance à des fins de liberté, d'indépendance, sont souvent punies concrètement ou symboliquement (c'est bien le sujet de ton texte).

Et ici "la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fût" je ne suis pas certain que cette forme soit correcte à un autre temps qu'au passé simple (il s'en fut). A mon avis il faut re-basculer vers "s'en aller", donc ici "la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en allât".


Une droiture dans son esprit ; une raideur dans son âme.

Dans le contexte j'ai trouvé ça puissant.


La foule impassible disparaît derrière la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et trébuchante.

Dans quel sens utilises-tu le verbe "fronder" ? En tout cas, je ne connais pas cette construction "fronder sur". + "hurlante et trébuchante" m'a laissé une drôle d'impression et m'a sorti du texte en me rappelant l'expression idiomatique qui n'a rien à faire ici : "monnaie sonnante et trébuchante".


Quelque part, un esprit animal patiente qu'elle lui rende ce corps qu'il lui a gracieusement prêté.

Lourd, pour moi.


Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir [...]

Idem.


Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise.

Je sais que c'est volontaire mais en ce qui me concerne je n'ai pas goûté l'effet. 


Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie

Je dois avouer que cette incursion soudaine d'un vocabulaire médical dans un texte aux accents féeriques, médiévaux, m'a laissé perplexe.

Je découvre ton écriture avec ce texte. Pour moi ça se lit bien, mais il y a certaines formules, certaines manières qui m'ont dérangé : parfois quelques sonorités qui pour moi accrochent, parfois une surcharge d'images qui rend la phrase obscure, parfois une certaine grandiloquence ou des emplois désuets, parfois une tonalité globale un peu trop bucolique pour moi mais ça va avec le cadre esthétique, l'ancrage imaginaire du texte. Et tout ça, bien sûr, est de toute façon entièrement personnel.
Ce que j'ai apprécié, c'est le fond féministe, la force morale de ce personnage, les réflexions esquissées à ce sujet. J'aime moins le principe d'une initiation par l'aïeule retirée du monde, ça c'est encore un peu too much pour moi ; idem pour la métempsycose perçue comme un Art de liberté ; idem pour le bûcher de la sorcière, une figure à la mode en ce moment et, au-delà des lectures politiques et culturelles de l'histoire importantes et légitimes sur ce sujet, je trouve que l'actualité commence à la surinvestir de façon superficielle, comme si la figure historique bien réelle et révélatrice de la phallocratie devenait un costume un peu mystique et naïf.

Merci beaucoup Léilwën pour cette lecture !
« Modifié: 11 février 2019 à 20:20:51 par Keanu »

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Re : Re : Re : 1616
« Réponse #11 le: 11 février 2019 à 21:40:28 »
 ;)

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passe ses longs doigts  fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la longue chevelure
Je signale au cas où la répétition et espace en trop après « doigts »
changé en
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la chevelure-fleuve noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori
[/b]
J'aime bien ;)
Citer
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Épuisée, Isaure n'en ressent que la caresse en écho de ses souvenirs, qui éclipsent tout le reste.
"que" "qui", peut-être remplacer le "qui" par un simple "ils" pour que ça coule mieux ?
J'ai trouvé le moyen retirer un "qui" la répétition du "en" :
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Isaure n'en ressent que la caresse, écho de ses souvenirs en éclipse.
[/b]
Oui, c'est mieux !  :)
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Juste ici : "l'odeur amicale de l'humus au-dehors", j'ai du mal à visualiser l'odeur au-dehors, pour moi ça veut dire qu'une fenêtre est ouverte, une porte, je ne sais. Eclaircir ou pas ? pour moi ça veut dire qu'elle sent l'odeur de dehors (mais vu qu'elle habite en forêt, c'est normal que l'odeur rentre, non ? Ou alors c'est encore un truc évident juste pour moi ?  :D
J'ai vécu en forêt mais les murs étaient en parpaings !  :D Alors ce n'est qu'en ouvrant les fenêtres qu'on sentait l'odeur de la forêt, à l'intérieur la maison avait son odeur propre, mais à l'époque c'était peut-être différent si c'était une chaumière. ;)
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En ce siècle nébuleux et abscons, mieux valait être endoctriné : vivre libre était risqué
Ici, si tu veux effectivement rendre le texte plus lyrique et poétique, je trouve cette phrase est en-dessous du reste, je suis sûre que tu peux faire mieux pour : « mieux valait être » « vivre libre était »
J'ai tenté
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Liberté décriée. En ce siècle nébuleux et abscons, mimétisme offrait sécurité.
[/b]
Un peu sec, rallonger un chouilla la sauce ? (le mimétisme offrait ou garantissait la sécurité, ou autre chose ?)
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Bien sûr, Isaure s'était fardée, au départ. Elle avait suivi les foules, obéi à son père, feint l'ignorance
Ici développer le fait qu’elle se farde, parce que comme ça, on se demande pourquoi, même chose pour feindre l’ignorance, il y aurait matière à développer sur le ton du début du texte, je pense ? il me semblait que c'était assez clair : je dis dans son souvenir qu'elle est libre, et au début du paragraphe je dis que la liberté posait problème, du coup je ne vois pas comment insister sur le fait qu'elle farde sa liberté sans alourdir le texte...  :( Par contre, pour l'ignorance, oui, vu que je n'explique qu'après que sa liberté vient de sa connaissance ; mais du coup si j'en dis trop, je spoile un peu sur la suite... hum... je vais réfléchir à tout cela, à chaud c'est trop complexe à changer pour moi  :\? ; si tu as des idées, je suis preneuse !
Pardon, c'est moi, j'ai buggé à farder, j'ai fait une confusion avec le fait de se maquiller, je suis tombée complètement à côté, évidemment dans le sens où tu l'emploies ça colle très bien. ;)

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l'enfant était partie chercher du petit bois pour raviver le feu de l'âtre familial qui dépérissait. Elle avait croisé la Mayeule, guérisseuse du village, qui lui proposa de l'instruire en échange de son aide pour la récolte régulière de simples.
Je me demande s’il n’y a pas moyen d’éviter cette construction de « qui » et de « pour » sur ces deux phrases. j'ai remplacé le 2ème "pour" par "à"
Oui, c'est déjà mieux je trouve  ;)

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Curieuse, la jeune fille accepta, trouvant divers stratagèmes pour échapper à la surveillance de ses parents. La Mayeule lui avait transmis tout son Art et son savoir, impressionnée par l'esprit avide de sa disciple
Je serais restée au passé ici : « La Mayeule lui transmis » ? en fait, vu que je fais un "bilan" à ce moment-là, j'ai changé le "accepta" en "avait accepté"
Oui, c'est bien meilleur ! ;)

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Isaure se lassa de se coucher sous un monstre d'ignorance
Pas fan des 2 « se »
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en fait moi j'aime bien  :-[ l'allitération en "s" m'évoque le serpent qui s'immisce là où il ne devrait pas aller ; métaphore de la connaissance/liberté qui se faufile partout
Vu comme ça, ça se défend ;)

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Commença une époque de liesse, faite de solidarité et d'émulation – la Mayeule et elle allant toujours plus loin dans leurs découvertes.
« solidarité », je ne sais pas, au vu du ton du récit, j’aurais peut-être plus vu « entraide » ? et intervertir : d’émulation et d’entraide ? Et se passer du « faite » ? mais ce ne sont que des suggestions. ;)
j'avais buté sur "entraide", c'est ce que j'avais mis au départ, mais les sonorités ne coulaient pas à mon oreille, du coup j'avais changé par un terme plus "coulant", mais je ne suis pas satisfaite du sens... du coup je me suis remué les méninges et j'ai fait ça : Commença une époque symbiotique de liesse et d'harmonieuse émulation
Pourquoi pas ! ;)

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Isaure tout comme la Mayeule avaient fait le vœu
avait j'ai buté là-dessus aussi en écrivant ; au départ, j'avais mis "tout comme la Mayeule" entre virgules + verbe au singulier, mais je voulais un verbe au pluriel (je ne sais pas pourquoi j'y tiens, mais bon, je veux qu'il soit au pluriel ce verbe^^) et pour moi "Isaure tout comme la Mayeule" c'est "Isaure et la Mayeule" (pluriel) alors que "Isaure, comme la Mayeule" c'est "Isaure seule", singulier (avec une précision annexe sur la Mayeule qui n'entre pas dans le sujet)... Comment ça je ne suis pas claire ?  :D

Je comprends, mais je bute toujours  ! :D ;)

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Jamais n'avait-il rencontré amante aussi indépendante et sincère ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte.
Inverser ? Ou pas : il n’avait ? À noter la répétition avec ma remarque (juste au-dessus) de « rencontré » J'ai remplacé le dernier "rencontré" par "côtoyé" ; par contre j'ai gardé les inversions  :-[
Ok, en tout cas, ça passe super bien avec "côtoyé", bravo ;)

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Je n’ai pas mis toutes les répétitions, je ne connais pas ton sentiment à ce sujet. Mais je peux faire un relevé si ça t’intéresse. ;) Certaines sont volontaires, mais je suis sûre qu'il y en a toute une kyrielle qui se sont juste invité là comme ça  :D  après je sais que c'est une lourde de tâche... Si tu veux, vas-y, je les passerai en revue, mais ne te force pas là-dessus
J'ai relevé celles qui freinent le plus la lecture, certaines ne me gêne pas ;)

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Indomptée, Isaure le chevauchait, et lui perdait ses mains dans ses cheveux et oubliait ses lèvres sur ses hanches.
Ici, je suis incapable de dire qui perd ses mains dans ses cheveux, de lui ou d’elle, mais ça m’a fait sourire, car, finalement, peu importe ! ;) Je me suis fait la même réflexion que toi !!! Juste que je ne voyais pas comment clarifier sans alourdir...
Suggestion ?
"Indomptée, Isaure le chevauchait, tandis que lui (ou tandis qu'il) perdait ses mains dans ses cheveux et oubliait ses lèvres sur ses hanches" ? :\? pas évident en effet…

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L'intendant du lieu vint à mourir, succédé par un prélat inquisiteur qui se mit en chasse des femmes puissantes. Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier
Dommage peut-être ici le qui « qui » revient.
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oui, mais ils font sens tous les 3 pour moi et je ne vois pas comment les modifier en gardant des sonorités harmonieuses...  :-[
(Isaure fut capturée promptement, elle avait refusé de cohabiter en un épervier etc,… ?) oui, mais le "elle qui" appuie sur son choix pour moi...  :-[
Ok, je comprends ;)

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Isaure fut capturée promptement, elle qui avait refusé de cohabiter en un épervier – à l'instar de la Mayeule qui au matin avait pris son envol. Isaure avait accepté les conséquences de ses choix : elle acceptait le prix capital de sa liberté.
Dommage la répétition d’Isaure  au début des 2 phrases ? j'en ai remplacé un par "la jeune guérisseuse"
C'est mieux, oui !

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la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et trébuchante.
J’ai du mal à accorder fumée à tapageuse et hurlante, pour moi la fumée est toujours silencieuse, mais c’est personnel. ;)
C'est parce que tout du long j'inverse volontairement les émotions de la foule et des éléments (en gros, ce sont le feu et le vent qui portent les émotions alors que la foule est décrite comme passive)
Je comprends l'intention, elle m'a un peu surprise, c'est une jolie intention.

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À bien y réfléchir, la peur lui est alors inconnue
Pour rehausser la phrase dans le style : la peur lui était jusqu’alors inconnue ? En tout cas, essayer de trouver autre chose ? Ou pas. ;) oui, j'ai pas mal butté sur cette phrase... du coup je l'ai virée, ce sera du "show don't tell" et comprenne qui voudra, nah !  :D
Tu sais, tes partis pris sont intéressants, en relisant, je me suis dit en effet, pourquoi pas ! Cette question à cet instant peut être judicieuse, des fois comme ça quand la vie est prête à basculer, de drôles de questions me sont venues comme ça. ;)

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Le souffle du ciel noie ses cris avortés à l'épicentre de ses poumons
Ha,  perdue ici ce n’est pas le souffle du brasier qui noie ses cris ? Non, c'est le vent, qui souffle de plus en plus fort depuis le début
Ha, zut, j'ai loupé ça !! Maintenant que tu le dis, ça parait évident !

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Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir, une nuée passe ; les anges ont déjà trop donné. Isaure lève ses yeux que la fumée accable, que la chaleur assèche. Au travers des nuées, un corbeau agonisant enserré par un épervier – la Mayeule ? Son âme gronde, son âme tempête : il en est une autre qui veut entrer en elle. Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise. Une femme coraille dix mètres plus bas. Isaure se dit qu'elle lui ressemble ;  Isaure comprend qu'elle lui ressemble.
Bon, je suis perdue ici  :/ :
On la croit sauvée et puis on comprend que c’est trop tard : les anges ont déjà trop donné.
C'est après je me perds : "Le corbeau qui agonise, c’est elle, sauvée par son amie" mais je ne comprends pas ça : « il en est une autre qui veut entrer en elle » j'ai changé par
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Son âme gronde, son âme tempête : une autre veut entrer en elle
en fait, la Mayeule (qui est en un épervier) ramène un corbeau agonisant et ce que je décris est un échange d'âme : l'âme du corbeau agonisant (donc de toute façon foutu) entre en son corps qui va brûler alors que son âme à elle prend la place dans le corps du corbeau
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Ici perdue aussi :"Une femme coraille dix mètres plus bas"
corailler, c'est le cri du corbeau, c'était pour signifier l'échange d'âmes
Ok, bon, je comprends avec ton explication, à la lecture, c'est quand même obscur pour moi :/ Eclaircir un chouilla  ? ;)
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le poids de son chagrin lui est trop pesant
Affliger oui c'est bien !
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Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie un homme pleure dans la cabane d'Isaure le poids de son chagrin lui est trop pesant elle doit le rejoindre elle va le rejoindre elle décolle son corps fend l'air des ailes tourbillonnent des plumes retombent en gerbes moirées couleur de jais elle est proche l'air défile pas assez vite elle arrive il pleure elle reconnaît son parfum qui laisse un goût amer sur sa langue plus jamais elle ne serrera sa liberté contre la sienne plus jamais elle ne cueillera ses lèvres enfiévrées plus jamais elle ne caressera les lignes de son corps plus jamais il ne l'ancrera quand la liesse l'emportera plus jamais elle plus jamais il plus.
J’aime bien cet enchainement, comme si son esprit se diluait dans celui de l'oiseau. :)
Cool ! Je vois plein de textes sans ponctuation ici et je trouve le procédé cool du coup je l'ai testé  ;)
Et tu as bien fait !  :)

C'est chouette ce que tu fais sur ce texte, exercice pas facile mais original, j'aime bien que tu tiennes à garder certaines choses, c'est ce qui fait aussi qu'il ne sera pas comme les autres.

Je peux revenir si tu veux plus tard, voir comment tu as réussi à avancer dessus, actuellement je ne sais comment t'aider davantage, parce que c'est dans une veine très personnelle de recherche.

Très bonne continuation en tout cas, c'était intéressant d'échanger avec toi et de voir tes partis pris !  :coeur: :coeur: :coeur: :mafio:

Hors ligne Léilwën

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« Réponse #12 le: 13 février 2019 à 00:46:38 »
Salut Keanu,

Un grand merci pour ce commentaire sincère et détaillé  _/-o_ .

Ce premier paragraphe est trop chargé pour moi.
La première partie de la première phrase, par exemple, me semble très encombrée. J'ai trouvé le rythme induit par les trois groupes adjectivaux un peu forcé : "ombre amarante", "bûches furieuses", "foule placide". Au départ, mon rythme personnel était basé sur les 2 "et"... et après avoir lu ton ressenti, je ne voyais plus que ces 3 groupes adjectivaux qui cassaient mon rythme...  :o J'ai réécrit le 1er paragraphe
Ici : "[...] passe ses longs doigts fantômes et entortille autour de ses phalanges fantasmagoriques la chevelure-fleuve noire qui s'emboucle aux gibbosités du pilori" le lexique est trop fleuri de mon point de vue, la phrase s'en retrouve alourdie et obscurcie, avec un adjectif que je trouve personnellement assez laid (fantasmagorique) qui redonde avec un autre (fantômes), un mot rare issu de la didactique (gibbosités), deux verbes très proches (entortille, s'emboucle), des images corporelles additionnées (doigts, phalange, chevelure-fleuve). Le vent passe ses doigts et entortille autour de ses phalanges (on sait bien que c'est métaphorique) la chevelure du feu elle-même embouclée au pilori ? Pour moi c'est trop, j'ai le sentiment d'une surabondance d'images dans un espace trop étroit, d'une trop grande densité lexicale/métaphorique. Ce qui fait que je digère mal "souvenirs en éclipse" qui vient ensuite. hum... J'ai réécrit ça aussi. Au départ, je voulais dépeindre la scène en mode "description du tableau affiché dans mon cerveau" qui est très colorée et empreinte de sensations ; mais bon, j'ai élagué !


La mollesse tendre du matelas sous ses jambes ; l'odeur amicale de l'humus au-dehors ; les effluves enamourés d'Enguerrand, mains embourbées en caresse dans ses cheveux – emprisonnées, ligotées, lancinantes. Insistantes**. « Tes cheveux longs, piège à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? ». Enguerrand était aussi libre qu'elle, aussi se plaisait-elle à l'aimer en retour.

Ici ça va mieux pour moi, j'ai moins cette impression de surcharge. J'aime bien "La mollesse tendre du matelas : l'odeur amicale de l'humus au-dehors" pour la sobriété sensorielle de l'écriture. J'aime moins ce qui suit à cause des participes et de leurs rimes internes "enamourés/embourbées/emprisonnées/ligotées", "lancinantes/insistantes".  En revanche j'aime beaucoup ça, c'est doux : "« Tes cheveux longs, piège à tendresse. Pourquoi faut-il que je t'aime tant ? »" contente qu'il y ait des choses qui marchent pour toi !  :) Par contre pour les rimes internes, je garde (j'ai besoins de rimes internes pour que le récit coule tout seul ; c'est très personnel, mais si je les enlève, c'est un peu comme si j'étais moins l'auteure du texte (enfin, tu vois ce que je veux dire ?) ; on verra si d'autres lecteurs relèvent


Liberté décriée. En ce siècle nébuleux et abscons, mimétisme offrait sécurité.

Je n'aime pas cette entame nominale, pour moi ça fait un peu panneau d'affichage "Liberté décriée", ni encore les sonorités "liberté/décriée/sécurité" ; "nébuleux et abscons" c'est redondant pour moi ; "mimétisme offrait sécurité", sans article, a un côté vieillot/emphatique qui me dérange un peu (mais ça va avec le ton général), mais j'aime que tu parles de cette réalité profonde.  J'ai réécrit cette partie aussi. Je trouve que ça rejoint le commentaire d'Ashka qui était gênée par certaines tournures de phrases... Vous êtes 2, du coup j'ai dû merder dans ce que j'ai voulu faire au départ  :P . Pour le côté "vieillot/emphatique", c'est ma manière (sûrement très cliché) d'apporter une atmosphère moyenâgeuse. Si ça va avec le ton général, ça doit être que j'ai réussi à donner une certaine uniformité ?


Bien sûr, Isaure s'était fardée, au départ.

Si tu utilises le verbe "farder" dans le sens de "maquiller", je te signale au cas où ça te dérange que d'un point de vue normatif le verbe s'utilise seulement en emploi transitif. ça m'a perturbé ce que tu m'as dit parce que j'étais perturbée du contraire ; le wiktionnaire (pour ce que ça vaut  :-[ ) recense un emploi intransitif, avec pour exemple Nicolas Gogol... vu que je ne lui arrive pas à la poussière de chaussette, je pense que je peux outrageusement le plagier et laisser mon emploi intransitif  :mrgreen: (au départ, j'avais mis "voilée", mais j'ai eu peur que ce soit connoté)


Connaissance est mère de liberté ; la jeune apprentie l'apprit à ses dépens.

La répétition "apprentie/apprit" m'a personnellement gêné. même problème que plus haut... j'ai besoin des sonorités dans un texte, désolée  :-[


La connaissance avait déchiré le voile d'innocence dont elle s'était jusqu'alors vêtue.

Au départ je n'étais pas sûr, mais en définitive j'aime bien cette phrase parce qu'elle peut faire écho à la perte de la virginité (déchiré le voile dont elle s'était jusqu'alors vêtue ; + "la connaissance" peut aussi renvoyer à l'expression prise au sens biblique), a priori intellectuelle ici, et c'est bien dans le thème du féminin déployé dans le texte. L'innocence et le mimétisme sont de confortables cellules collectives ; la connaissance une difficile liberté marginale. Je connais un peu par mes lectures théoriques et par mes relations interpersonnelles cette réflexion appliquée au féminisme et j'aime la retrouver ici, je crois qu'elle est importante. Merci  :-[ c'est marrant parce que je n'ai pas écrit pour faire un texte féministe et je me rends compte à travers ta lecture qu'il peut être perçu comme tel (j'ai écrit parce que j'avais cette histoire qui me trottait dans la tête depuis 3-4 mois, sans envie de transmettre un message particulier ; si au final ce texte n'est pas si creux que ça, tant mieux !  :))


Commença une époque symbiotique de liesse et d'harmonieuse émulation

Les deux expressions sont trop similaires à mon goût. J'aime bien "époque symbiotique de liesse", sûrement grâce à "symbiotique" et son côté naturaliste, organique. oui, j'en ai viré une^^


Au départ méfiées, les deux femmes jouirent progressivement d'une confiance apaisée au fur et à mesure des soins prodigués aux habitants des environs.

Je ne suis pas sûr qu'on puisse utiliser "méfier" comme tu le fais (sans la marque pronominale), même si je crois comprendre que tu fais une analogie de construction avec "défier" par exemple. En tout cas ça m'a paru bizarre. Et "confiance" redonde avec "méfiées", aussi. Oui, tu as raison ! Pour le coup, je revendique le "néologisme" parce que ce mot exprime parfaitement ce que je veux exprimer là, et que le remettre en forme pronominale 1. alourdirait le texte 2. casserait mes sonorités^^


Isaure tout comme la Mayeule avaient fait le vœu de ne plus jamais vivre sur la coupe d'un homme – évitant toute relation qui les auraient distraites de leur Art.

"Sous la coupe", je pense, à moins qu'il n'y ait une espèce de jeu de mots. Et "aurait".  j'ai changé d'expression pour la "coupe"et merci pour "aurait"  :)


Un jour, Enguerrand avait picoré les lèvres d'Isaure et son monde avait basculé.

C'est tendre et pudique ça, j'aime bien. Merci  :-[


Jamais n'avait-il côtoyé amante aussi indépendante et sincère ; jamais n'avait-il été aimé de la sorte.

Pas sûr que la tournure "jamais n'avait-il" soit correcte en l'occurrence. S'il y avait une formule modalisante comme "Sans doute jamais n'avait-il..." ça marcherait mais là je doute. Ashka bugue aussi sur cette phrase... je suis d'accord qu'elle est "bancale" (la phrase, pas Ashka  :D), mais je sèche... Je ne trouve pas de formulation convenable qui me permette d'insister sur l'intensité de la découverte d'Enguerrand sans en faire 15 phrases...  :\?


Indomptée, Isaure le chevauchait

Ici c'est un peu kitsch à mon sens "indomptée" + "chevauchait". Sûrement... mais je pense que ça correspond bien à l'époque ; dans le folklore "non biblique" il y a une légende qui raconte qu'Adam a en fait connu 2 femmes : d'abord Lilith qui était "indomptée" et le chevauchait lors de leurs ébats, qu'il répudia pour choisir Eve, qui lui était soumise et se couchait sous lui. C'est sûrement bête mais c'est une image qui me reste fortement en tête et qui faisait sens ici, puisqu'au Moyen-Âge la femme était la propriété de son mari.


Peu lui importait de le partager : la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fût, persuadée à raison que les autres femmes, ignorantes et soumises, ne seraient que bien ternes aux yeux de son amant.

Je trouve ça un peu méprisant pour "les autres femmes" de la part de ton personnage - qui n'ont pas forcément choisi d'être ignorantes et soumises, qui quoi qu'il en soit ont le droit de l'être, qui peuvent très bien être intenses dans leur ignorance et leur soumission, etc. Certaines femmes, ignorantes ou non, vont parfois préférer se fondre dans certains schémas sociaux (le rôle qu'on leur assigne, ce que la société attend d'elles, etc.) car c'est justement moins risqué, car les femmes qui usent de leur connaissance à des fins de liberté, d'indépendance, sont souvent punies concrètement ou symboliquement (c'est bien le sujet de ton texte). (J'ai viré le "à raison" qui faisait très parti pris de ma part, alors que ce n'est pas le cas) Eh oui, Isaure est humaine et elle a un gros défaut : elle est orgueilleuse (c'est comme ça qu'elle est dans ma tête en tout cas, je ne l'ai pas choisi  ;) ), du coup, oui oui, elle est très méprisante vis à vis des autres femmes... et sûrement à tort !

Et ici "la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en fût" je ne suis pas certain que cette forme soit correcte à un autre temps qu'au passé simple (il s'en fut). A mon avis il faut re-basculer vers "s'en aller", donc ici "la jeune femme ne craignait pas qu'il s'en allât". Bien vu, merci beaucoup  :)


Une droiture dans son esprit ; une raideur dans son âme.

Dans le contexte j'ai trouvé ça puissant. Merci  :-[ (moi aussi, en l'écrivant ça m'a fait quelque chose)


La foule impassible disparaît derrière la fumée tapageuse qui fronde sur le bûcher, hurlante et trébuchante.

Dans quel sens utilises-tu le verbe "fronder" ? En tout cas, je ne connais pas cette construction "fronder sur". + "hurlante et trébuchante" m'a laissé une drôle d'impression et m'a sorti du texte en me rappelant l'expression idiomatique qui n'a rien à faire ici : "monnaie sonnante et trébuchante". "Fronder" comme "se révolter" ; j'imagine un soulèvement de la fumée qui se révolte sur le bûcher ; oui, tu as raison, j'ai changé "trébuchante" par "inquiétante"


Quelque part, un esprit animal patiente qu'elle lui rende ce corps qu'il lui a gracieusement prêté.

Lourd, pour moi. j'ai changé


Alors que son esprit se désagrège pour s'extirper de ce corps qui va souffrir [...]

Idem. moui, mais je garde  :-[


Dans un mouvement pendulaire vertigineux, Isaure est propulsée vers le ciel et la scène s'extériorise, les flammes s'horizontalisent, la fumée se fantomatise.

Je sais que c'est volontaire mais en ce qui me concerne je n'ai pas goûté l'effet. mes effets ne peuvent pas plaire à tout le monde  ;) (mais je vais revoir quand même parce qu'Ashka a eu du mal à comprendre où je voulais en venir avec les histoires d'âmes)


Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie

Je dois avouer que cette incursion soudaine d'un vocabulaire médical dans un texte aux accents féeriques, médiévaux, m'a laissé perplexe. j'ai changé

Je découvre ton écriture avec ce texte. Pour moi ça se lit bien, mais il y a certaines formules, certaines manières qui m'ont dérangé : parfois quelques sonorités qui pour moi accrochent, parfois une surcharge d'images qui rend la phrase obscure, parfois une certaine grandiloquence ou des emplois désuets, parfois une tonalité globale un peu trop bucolique pour moi mais ça va avec le cadre esthétique, l'ancrage imaginaire du texte. Et tout ça, bien sûr, est de toute façon entièrement personnel.
Ce que j'ai apprécié, c'est le fond féministe, la force morale de ce personnage, les réflexions esquissées à ce sujet. J'aime moins le principe d'une initiation par l'aïeule retirée du monde, ça c'est encore un peu too much pour moi ; idem pour la métempsycose perçue comme un Art de liberté ; idem pour le bûcher de la sorcière, une figure à la mode en ce moment et, au-delà des lectures politiques et culturelles de l'histoire importantes et légitimes sur ce sujet, je trouve que l'actualité commence à la surinvestir de façon superficielle, comme si la figure historique bien réelle et révélatrice de la phallocratie devenait un costume un peu mystique et naïf.

C'est marrant que tu me découvres sur ce texte, ça ne ressemble pas à ce que je faisais avant  :D Merci encore pour ta lecture et le temps que tu as passé à me commenter !

:oxo:
« Modifié: 13 février 2019 à 00:59:29 par Léilwën »
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Keanu

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Re : Re : Re : 1616
« Réponse #13 le: 13 février 2019 à 01:44:34 »
Hola Léilwën (je ne sais pas d'où vient ce pseudo mais il est agréable à lire et à écrire),

Ouf, j'avais relu ton texte et mon commentaire ce matin et je m'étais trouvé un peu dur, je suis toujours d'accord avec ce que j'ai écrit mais j'ai peut-être surreprésenté le négatif par rapport au positif. J'ai trouvé de l'intérêt à ce texte et à cette écriture, ça m'a donné envie de lire d'autres choses de toi ; le cadre, les références et les choix stylistiques (médiéval-fantastique, esthétique un peu surannée et majestueuse, etc.) ne correspondent pas à mes périmètres d'affection, voilà tout, il s'agit simplement de goût personnel.

 
hum... J'ai réécrit ça aussi. Au départ, je voulais dépeindre la scène en mode "description du tableau affiché dans mon cerveau" qui est très colorée et empreinte de sensations ; mais bon, j'ai élagué ![/b]

Oui, j'avais bien remarqué qu'il y avait derrière cette description une scène presque baroque ; mes remarques étaient encore une fois purement personnelles ; j'aime bien la nouvelle version, je trouve ça plus lisible sans qu'on perde le chatoiement !


Par contre pour les rimes internes, je garde (j'ai besoins de rimes internes pour que le récit coule tout seul ; c'est très personnel, mais si je les enlève, c'est un peu comme si j'étais moins l'auteure du texte (enfin, tu vois ce que je veux dire ?) ; on verra si d'autres lecteurs relèvent[/b]

Bien sûr que je comprends, encore une fois c'est subjectif, j'aime rarement les rimes internes, surtout en [e] ou en [ɑ̃].


J'ai réécrit cette partie aussi. Je trouve que ça rejoint le commentaire d'Ashka qui était gênée par certaines tournures de phrases... Vous êtes 2, du coup j'ai dû merder dans ce que j'ai voulu faire au départ  :P . Pour le côté "vieillot/emphatique", c'est ma manière (sûrement très cliché) d'apporter une atmosphère moyenâgeuse. Si ça va avec le ton général, ça doit être que j'ai réussi à donner une certaine uniformité ?

Ah oui je trouve ça bien mieux comme ça. Même si, pour chipoter, je te dirais bien que : "Au siècle du conformisme roi [...]", de quel siècle est-il question ? Ce n'est pas précisé. Par ailleurs, je ne crois pas qu'on puisse dire d'un siècle qu'il est plus conformiste qu'un autre.
Pour le côté cliché, je ne sais pas, je crois que mes goûts personnels rentrent trop en compte pour que je puisse bien en juger. En tout cas, oui, la tonalité me semble uniforme tout du long, et ça c'est une qualité évidemment.


ça m'a perturbé ce que tu m'as dit parce que j'étais perturbée du contraire ; le wiktionnaire (pour ce que ça vaut  :-[ ) recense un emploi intransitif, avec pour exemple Nicolas Gogol... vu que je ne lui arrive pas à la poussière de chaussette, je pense que je peux outrageusement le plagier et laisser mon emploi intransitif  :mrgreen:

Oula, je fais amende honorable pour le coup. J'avais vérifié sur le CNRTL pour ma part mais mal vérifié, puisque là-bas aussi on trouve la possibilité d'un emploi en forme absolue. Sorryyyy !


 même problème que plus haut... j'ai besoin des sonorités dans un texte, désolée  :-[

Tu n'as pas à t'excuser, je peux comprendre.


Merci  :-[ c'est marrant parce que je n'ai pas écrit pour faire un texte féministe et je me rends compte à travers ta lecture qu'il peut être perçu comme tel (j'ai écrit parce que j'avais cette histoire qui me trottait dans la tête depuis 3-4 mois, sans envie de transmettre un message particulier ; si au final ce texte n'est pas si creux que ça, tant mieux !  :))

Je suis surpris que tu n'aies eu aucune intention quant au féminisme puisque beaucoup d'éléments sont réunis avec cette héroïne qui choisit de mener une vie indépendante, sauvage, savante, artistique, en dehors de la tutelle patriarcale, évadée de l'existence maritale et domestique à laquelle on la prédestinait, libre d'incarner son propre pouvoir et de vivre sa propre sexualité, brûlée vive pour tout ça comme les sorcières du seizième siècle. En tout cas ça m'a sauté aux yeux personnellement et ce texte, cette histoire le sont forcément, féministes, le contenu ne peut en aucun cas être neutre ici.


 Ashka bugue aussi sur cette phrase... je suis d'accord qu'elle est "bancale" (la phrase, pas Ashka  :D), mais je sèche... Je ne trouve pas de formulation convenable qui me permette d'insister sur l'intensité de la découverte d'Enguerrand sans en faire 15 phrases...  :\?

Pourquoi ne pas tout simplement supprimer l'inversion ? "Jamais il n'avait [...]" ?


Sûrement... mais je pense que ça correspond bien à l'époque ; dans le folklore "non biblique" il y a une légende qui raconte qu'Adam a en fait connu 2 femmes : d'abord Lilith qui était "indomptée" et le chevauchait lors de leurs ébats, qu'il répudia pour choisir Eve, qui lui était soumise et se couchait sous lui. C'est sûrement bête mais c'est une image qui me reste fortement en tête et qui faisait sens ici, puisqu'au Moyen-Âge la femme était la propriété de son mari

Ah, je me disais bien aussi qu'il y avait une intention féministe  :mrgreen: C'est peut-être simplement le terme qui ne t'est pas venu à l'esprit pour qualifier ce texte.
Bien vu la référence, ça m'enlève un peu le côté kitsch que je percevais.


"Fronder" comme "se révolter" ; j'imagine un soulèvement de la fumée qui se révolte sur le bûcher

Hum, je ne suis pas sûr que le terme soit bien à sa place ni bien utilisé dans son complément. S'il t'importe d'en avoir le cœur net, je te mets le lien : http://www.cnrtl.fr/definition/fronder


Hyperacousie hypermétropie hyperosmie hyperesthésie
 j'ai changé

Ah c'est tellement mieux comme ça !!


C'est marrant que tu me découvres sur ce texte, ça ne ressemble pas à ce que je faisais avant  :D Merci encore pour ta lecture et le temps que tu as passé à me commenter !

Merci à toi pour cet échange, c'est très plaisant.
A bientôt, au plaisir de te lire encore !
« Modifié: 13 février 2019 à 01:54:43 par Keanu »

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Re : 1616
« Réponse #14 le: 14 février 2019 à 00:14:07 »
Hey, donc j'ai lu.
J'ai beaucoup de mal avec les histoires résumées, je ne trouve pas le temps d'accrocher aux personnages, de m’imprégner de l'atmosphère, je trouve que c'est dommage de survoler toute une existence comme ça, alors je reste beaucoup sur ma faim pour la peine, y'a clairement moyen de développer (genre beaucoup plus).
Sur la forme, le début et la seconde partie sont un peu trop too much pour moi (ça reste mieux que la première version cela dit), il y a de jolis mots mais je sens que ça cherche plus à m'en mettre plein la vue que de me toucher et c'est vite rédhibitoire perso. Le premier paragraphe par contre ça va, ça coule tout seul, j'aime bien.
« Modifié: 14 février 2019 à 00:16:43 par WEG »
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