Le Monde de L'Écriture

23 avril 2019 à 12:00:09

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Les murs gris

Auteur Sujet: Les murs gris  (Lu 332 fois)

Hors ligne Elijäah

  • Tabellion
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Les murs gris
« le: 08 février 2019 à 16:48:36 »
Le vent claquait, fouettait le monde comme s’il avait quelque chose à lui reprocher.
Il n’y avait qu’un bâtiment fou pour se dresser face à cette rancœur.
Un bâtiment triste et laid, qui transpirait la noirceur. Ce n'était rien qu'un seul énorme bloc de béton, jeté là, craché comme un immondice rectiligne, délaissés des sculpteurs. On ne comprenait qu’avec peine son existence, et c’est à peine si sa vue était tolérable.

C’est là que le petit Mattéo se rendait aujourd’hui.
Lui aussi ne comprenait qu’avec peine son existence, mais il se dirigeait vers ce bâtiment hostile.
Il descendit de la voiture lorsqu’on lui ouvrit la portière, attendit la violence avec laquelle cette dernière ne manquait jamais de se refermer et attendit encore que la femme l’invite à avancer vers l’entrée du bâtiment pour lui emboiter le pas.

D’autres gens s’amassaient devant cet étrange édifice, s’acharnant devant une entrée qui n’en était pas une : c’était un couloir grillagé, bardé d’une porte tout aussi grillagée qui semblait étonnamment colossale pour sa petite taille de porte.

Un homme attendait ce troupeau, comme si tout était prévu, et alors que le vent les mordait tous dans leur chair, cet homme restait impassible, imperturbable. Personne n’entrerait tant qu’il ne l’aurait pas décidé.
Il regardait chaque personne d’un air suspicieux, un à un, comme si le fait de vouloir venir ici faisait de vous quelqu’un d’abominable. « Il est pourtant là, lui aussi » pensait Mattéo, en attendant que l’homme lui appose son regard. Il attendait, attendait, mais le regard n’arrivait jamais.
Il se sentit alors trop petit pour être vu, trop étouffé par ces grandes personnes qui l’enserraient et qui voulaient rentrer plus vite que lui. Mattéo, en revanche n’avait pas envie d’entrer, n’avait jamais voulu être là.
On décidait à sa place, voilà, parce que Mattéo est trop jeune pour prendre des décisions, Mattéo est trop bête pour avoir un avis qu’on puisse écouter, Mattéo est trop con pour avoir le droit de choisir.
Et Mattéo est trop terrifié pour expliquer au monde à quel point on l’insulte.

Un grésillement caractéristique se fit entendre : la porte s’ouvrait.
L’homme qui gardait l’entrée tira d’un coup sec sur le grillage de la porte et cette dernière se délogea paresseusement de son encastrement, grognant de l’effort qu’elle devait produire et de mécontentement d’être trainée hors de sa tanière.

« Pauvre porte » se dit Mattéo, « qu’on forces à quitter sa demeure ».
L’amas de personnes se mit en mouvement, s’engouffrant dans le couloir, et la femme qui accompagnait Mattéo choisit ce moment-là pour agripper sa main, comme si c’était à partir de maintenant que tout devenait dangereux. L’homme qui gardait jusqu’alors la porte guida le troupeau, et, alors qu'il se tortillait pour regarder derrière lui, Mattéo vit qu’il y avait un homme similaire derrière eux qui les étranglaient. Celui-là posait ses yeux injectés directement sur Mattéo, et il se sentit encore plus petit que quand personne ne le remarquait : les yeux qui le fixaient étaient d’une violence répugnante.
Profitant de sa petite taille, l’enfant lâcha la main qui le tenait et se glissa derrière quelques grandes jambes pour se soustraire au regard noir, puis oublia l’apparition de cet homme, nia son existence.

Alors que le couloir était relativement court, il fallut ce qu’il semblait une éternité pour que tout le monde passe la seconde porte. On pouvait voir à travers les grilles la foule qui avançait lentement après l’angle droit que formait le passage.

Tous avançaient veulement, prenant bien soin tout de même à ne pas se bousculer, de ne surtout pas avoir le malheur de marcher sur la chaussure d'un camarade : ils savaient qu’il valait mieux être sage. Ils attendaient donc patiemment que ce soient leur tour, piétinant le sol bétonné sans vraie conviction.
Les talons s’agitaient devant et derrière Mattéo dans une désynchronisation cacophonique, formant un marasme musical à concasser les crânes.
« C’est normal dans cet endroit » supposait-il alors qu’arrivait son tour pour passer la seconde porte.


Il retrouvait enfin de vue l’homme de la porte, et cette fois l’homme lui sourit.
Mattéo tomba ses yeux au sol avec pour seul et unique but de continuer à avancer. Cet Impérium lui martelait le crâne, lancinant, jouant la Danse Macabre : il fallait penser à avancer pour ne plus penser à cet homme à qui il n’avait pas su rendre un sourire.

Il ne fallait pas qu’il passes pour un mauvais garçon, pas ici!

« Au point où j’en suis » pensa-il sans trop savoir pourquoi, puis la deuxième porte l’avala en entier.

_______________________________________________________________________________________

Le monde débouchait soudain sur une vaste pièce, sans fenêtres et entièrement faite de béton, séparée en deux par un portique de détection de métal. L’autre élément frappant était le nombre d’hommes qui surveillaient le troupeau. « Des gardes » comprenait enfin Mattéo, et ils n’étaient pas là pour les garder eux.
« Gare à toi » semblaient-ils dire « garde à toi! ».

Le troupeau s’affairait à vider de leurs poches clefs et pièces de monnaie pour ne pas sonner au portique.
Quand vint le tour de Mattéo, un son strident, accusateur s’éleva. Hurleur, grognant, il semblait pointer au monde entier la faute ultime, la personne ennemie, l’intrus, le possédé.
Alors que l’inquiétude sourdait de plus en plus fort dans son esprit, les gens qui formaient un troupeau avec lui semblaient le regarder comme s’il était le loup.
Un garde s’approcha de lui :
« Tu as quelque chose dans tes poches petit ? Une pièce de monnaie ? Ou alors tu as de nouvelles chaussures ? »
Le ton de l’homme était très calme et profondément rassurant, cela détonnait terriblement avec son costume, et Mattéo commençait à se dire que les gardes étaient peut-être finalement gentils. Il sortit de sa poche une petite voiture cabossée et à la peinture verte toute écaillée.
Mattéo eut un peu honte d’avoir un jouet aussi abimé, mais c’est ce qu’il avait choisi d’apporter et  il appréciait aussi le luxe d’avoir pu choisir.
Naïvement, il repassa le portique avec la voiture, la déposa sur le tapis, et s’en retourna face à son nouvel ennemi. Il le regarda avec défi « essaie de sonner pour voir ! » et il vint chercher sa victoire.
Le portique sonna de nouveau.
Circonspect, l’enfant crut à une mauvaise blague, un complot.
Si ce n’était pas son jouet, on se jouait de lui!

Le garde lui demanda d’enlever ses chaussures et c’est tout humilié qu’il dénuda ses pieds devant tout le monde. Il ne sonna pas cette fois, et on lui rendit ses chaussures à son grand soulagement.

Un garde les conduisit finalement vers une troisième porte (ce bâtiment semblait n’être fait que de pièces en béton et de porte fermées), l’ouvrit, et les laissa passer :

C’était encore une vaste salle, bien éclairée cette fois. D’autres gens du troupeau s’étaient déjà installés et parlaient vivement entre eux.
Mattéo remarqua une chose : au moins une personne par groupe était accoutré d’habits bizarres et entièrement gris.

Chaque groupes étaient dans des sortes de « boxs » séparés les un des autres par des plaque en plastique noir d’environ un mètre cinquante.

Mattéo s’aperçut que chaque porte était cernée d’un garde et qu’un couloir sans porte était bardé de deux gardes. Un sixième était posté au milieu des box, plus distrait qu’efficace, il semblait rêvasser et Mattéo se dit qu’il avait bien raison de s’échapper un peu.

Les hommes en gris semblaient venir petit à petit du couloir, un par un.
Mattéo attendait dans un box vide avec la dame qui l’accompagnait.
« Il devrait bientôt arriver! » avait-elle dit, le sourire aux lèvres, comme si cela devait être une bonne nouvelle.
Mattéo, lui, ne savait même pas pourquoi il était ici, ni qui était le « il », ni d’où ce « il » viendrait, ni pourquoi, et ne savait même pas comment diable il pouvait se rappeler d’être déjà venu dans un endroit aussi étrange.
Il se souvenait d’ailleurs que d’habitude, il ne venait pas dans les boxs comme les autres, mais qu’il allait dans la pièce derrière l’un des gardes. Derrière cette porte, même si la lumière était nulle, il y avait le mérite d’y avoir plein de jeux! Il aurait aimé s’y rendre mais il savait que ça ne se passerait pas comme il le voudrait.

« Regarde! »
Mattéo suivit l’endroit qu’indiquait la dame et il comprit enfin.

Un autre homme en gris arrivait, tout sourire, avec des dents jaunes, noires voire absentes. Un sourire qui lui ridait tout le visage et qui le rendait affreusement moche.
Ses cheveux de corbeau, en bataille, longs de quelques centimètres, semblaient malades et tentaient désespérément d’absorber la lumière, en vain.

Arrivé à la fin du couloir, au niveau des premiers boxs, les gardes lui enlevèrent ses menottes.
Il adressa, souriant, quelque mots à l’un des gardes et se dirigea vers le box de Mattéo et prit place sur une des chaises en plastique, elles aussi noires.

« Salut, père ».
« Modifié: 19 février 2019 à 11:20:22 par Elijäah »
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jeannesansarc

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Re : Les murs gris
« Réponse #1 le: 10 février 2019 à 12:18:36 »
bonjour Elijäah

je me suis laissée embarquer dans cette réalité grise et bétonnée. J'ai suivi les pas de cet enfant ressenti l'émotion et visualisé les lieux. L'essentiel est là. Je n'ai pas grand chose a ajouter.
« Modifié: 12 février 2019 à 21:57:50 par jeannesansarc »

Hors ligne Elijäah

  • Tabellion
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Re : Les murs gris
« Réponse #2 le: 12 février 2019 à 09:29:49 »
Bonjour Jeanne,

Ravi d’avoir pu te faire tenir à coté de Mattéo.

Il est certainement content d’avoir eu un peu de compagnie dans sa mésaventure.
"Loup : Combien de temps serons-nous ensemble ?

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Hors ligne elisabeth beaudoin homps

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Re : Les murs gris
« Réponse #3 le: 12 février 2019 à 20:50:07 »
Bonjour Elijäah
Tout comme Jeannesanarc, je me suis laissée embarquer par l'histoire et je n'ai compris qu'à la fin où nous menait sa chute. Merci pour ce récit gris, c'est effectivement sa couleur dominante, qui est accentuée par une certaine lenteur qui colle bien avec le récit.
J'ai relevé au passage quelques "s " en trop ça et là , " un avis qu' on puisse écouter " / à quel point on l'insulte / que tout le monde passe /.
Je trouve la phrase " tellement que ça en devenait un psaume me martelant le crâne " un peu lourde ou mal placée, mais là,  comme ça je ne vois rien à te suggérer d'autre ...
Merci pour cette lecture

Hors ligne Elijäah

  • Tabellion
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Re : Les murs gris
« Réponse #4 le: 12 février 2019 à 21:32:43 »
Merci Elisabeth.

En effet, quand j'ai écrit l'histoire du psaume, je savais que c'était lourd, mais je n'ai pas trouvé (et pas bien cherché) quelque chose d'autre qui martèle et chantonne en même temps.

J'ai donc modifié ce passage :
Citer
"tellement que ça en devenait un psaume lui martelant le crâne "
Devient
Citer
Cet Impérium lui martelait le crâne, lancinant, jouant la Danse Macabre

J'avais écris "lui martelant le crâne" et tu as corrigé "me martelant le crâne" Amusant  ;).

Ah, les s en trop, mon gros problème... je corriges, merci pour tes indications.

Peut-être le texte est-il trop lent?
Quand je l'ai relu après rédaction, je me suis dis "mais je n'ai dit que ça, et c'est si court?" Pas évident d'écrire tout ça, non, pas évident...
« Modifié: 12 février 2019 à 21:48:16 par Elijäah »
"Loup : Combien de temps serons-nous ensemble ?

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Hors ligne Keanu

  • Aède
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Re : Les murs gris
« Réponse #5 le: 12 février 2019 à 22:48:28 »
Le vent claquait, fouettait le monde comme s’il avait quelque chose à lui reprocher.
Il n’y avait qu’un bâtiment fou pour se dresser face à cette rancœur.
Un bâtiment triste et laid, qui transpirait la noirceur. Il ne semblait pas travaillé, présentant des formes rectilignes immondes d’un seul bloc énorme de béton. On ne comprenait qu’avec peine son existence, et c’est à peine si sa vue était tolérable.

La phrase en gras me semble maladroite, certainement à cause du participe "présentant" et de la syntaxe "[...]formes [...] d'un seul bloc [...]". J'ai noté une répétition dommageable à mon sens de "peine".

C’est là que le petit Mattéo se rendait aujourd’hui

Il manque le point en fin de phrase.

Lui aussi ne comprenait qu’avec peine son existence, mais il se dirigeait vers ce bâtiment hostile.

Je comprends je crois l'effet désiré avec la répétition mot à mot de "[...] ne comprenait qu'avec peine son existence", mais c'est tout de même raide, mal amené selon moi, peut-être d'un point de vue logique : si "on" ne comprenait qu'avec peine son existence, ça inclut de fait le "petit Mattéo". Ensuite, je trouve le trait trop forcé pour décrire ce bâtiment : "triste et laid", "transpirait la noirceur", "formes rectilignes immondes", "c'est à peine si sa vue était tolérable", "hostile".
 
Il descendit de la voiture qui l’avait amené ici lorsqu’on lui ouvrit la porte, attendit la violence avec laquelle cette dernière ne manquait jamais de se refermer et attendit encore que la femme l’invite à avancer vers l’entrée du bâtiment pour lui emboiter le pas.

Le début de phrase ne m'a pas semblé fluide, clair. Je pense que tu devrais modifier ainsi, mais ce n'est qu'une simple proposition : "Lorsqu'on lui ouvrit la porte, il descendit de la voiture et attendit la violence [...]". + "invite" sans "s".

Un homme attendait le troupeau de gens, comme si tout était prévu, et alors que le vent mordait les gens dans leur chair, cet homme restait impassible, imperturbable.

J'ai noté une répétition pour moi dommageable, sans compter que le terme "gens" est je pense souvent assez laid et rigide (en plus d'être familier) dans un contexte narratif "ordinaire". Pour moi "impassible, imperturbable" est trop redondant.

« Il est pourtant là, lui aussi » pensait Mattéo, en attendant que l’homme pose son regard sur lui, il attendait, attendait, mais le regard n’arrivait jamais.

Une répétition pour moi dommageable + "pose" sans "s".

Il se sentit alors trop petit pour être vu, trop étouffé par ces grandes personnes qui l’enserraient et qui voulaient rentrer plus vite que lui. Mattéo, en revanche n’avait pas envie d’entrer, n’avait jamais voulu être là.
On décidait à sa place, voilà, parce que Mattéo est trop jeune pour prendre des décisions, Mattéo est trop bête pour avoir un avis qu’on puisse écouter, Mattéo est trop con pour avoir le droit de choisir.
Et Mattéo est trop terrifié pour expliquer au monde à quel point on l’insulte.

"Puisse" et "l'insulte" sans "s". J'ai bien aimé ce passage, sa tonalité, je l'ai trouvé bien écrit.

Un grésillement caractéristique se fit entendre : la porte s’ouvrait.
L’homme qui gardait l’entrée tira d’un coup sec sur le grillage de la porte et cette dernière se délogea paresseusement de son encastrement, grognant de l’effort qu’elle devait produire et de mécontentement d’être tirée hors de sa tanière.

La description est sympa ici, à mon avis tu pourrais rendre l'ensemble plus fluide, par exemple : "L'homme qui gardait l'entrée/le gardien tira d'un coup sec sur le grillage et la porte se délogea avec paresse de son encastrement, grognant de l'effort produit et du mécontentement d'être traînée/emmenée/tractée hors de sa tanière."

L’amas de personnes se mit en mouvement, s’engouffrant dans le couloir, et la femme qui accompagnait Mattéo choisit ce moment-là pour agripper sa main, comme si c’était à partir de maintenant que tout devenait dangereux. L’homme qui gardait jusqu’alors la porte guidait le troupeau, et, alors qu’en se tortillant pour voir derrière lui, Mattéo vit qu’il y avait un homme similaire derrière eux qui les enserrait. Celui-là posait ses yeux injectés directement sur Mattéo, et il se sentit encore plus petit que quand il n’était pas vu : les yeux qui le regardaient étaient d’une violence répugnante."

Je te signale en gras ce qui me semble lourd, ce qui pourrait être amélioré selon moi. Parfois la recherche de formes synonymes est trop visible : "amas de personnes"/"troupeau de gens" ("tanière"/"antre" plus haut, par exemple). Attention aux participes, ici "s'engouffrant", il faut je pense les utiliser avec précaution, parcimonie, ils alourdissent vite une phrase. Je ne sais pas pourquoi tu t'obstines avec la périphrase "l'homme qui gardait [jusqu'alors] la porte" alors que tu pourrais substituer par "le gardien [guidait maintenant le troupeau]" sans que ça enlève du mystère au texte. Il y a ici une triple répétition du verbe "voir". J'ai remarqué aussi que tu avais encore utilisé "enserrait". Il y a aussi une répétition de "derrière". Et il y a un problème de syntaxe avec "alors qu'en se tortillant", je pense que tu voulais dire : "alors qu'il se tortillait [...]". Voilà en définitive ce que je peux te proposer en essayant de ne pas trop modifier la substance de ton texte : "Le groupe se mit en mouvement, s'engouffra dans le couloir, et la femme qui accompagnait Mattéo choisit ce moment-là pour pour agripper sa main, comme si c'était à partir de maintenant que tout devenait dangereux [je n'ai pas relevé mais tu pourrais aussi rendre ce passage plus fluide]. Le gardien guidait maintenant le troupeau et, alors qu'il se tortillait pour voir derrière lui, Mattéo aperçut un homme similaire qui posait sur lui ses yeux injectés. Il se sentit encore plus petit que lorsqu'il demeurait invisible ; les yeux qui le regardaient étaient d'une violence répugnante."

Alors que le couloir était relativement court, il fallut ce qu’il semblait une éternité pour que tout le monde passe la seconde porte. On pouvait voir à travers les grilles du couloir les gens qui avançaient lentement après l’angle droit que formait le couloir.

Triple répétition de couloir. "Passe" sans "s". Encore les "gens", décidément pas très élégant en l'occurrence je crois.

Les gens ne se poussaient pas, avançaient à un rythme laconique, savaient qu’il valait mieux être sages. Ils patientaient donc que ce soit leur tour, piétinant le sol bétonné sans vraie conviction.

"Les gens". Je pense que ton emploi de "laconique" est fautif : http://www.cnrtl.fr/definition/laconique. Il manque un "s" à "sage". A mon avis la phrase ensuite est rigide voire incorrecte, je propose : "Il attendaient [patiemment] leur tour".

Mattéo tomba ses yeux au sol

Je ne comprends pas.

Il ne fallait pas qu’il ne passes pour un mauvais garçon, pas ici!

Problème syntaxique, je pense que tu as voulu dire : "Il ne fallait pas qu'il passe pour un mauvais garçon, pas ici !"

Le monde débouchait soudain sur une vaste pièce, sans fenêtres et entièrement faite de béton, séparée en deux par un portique de détection de métal. L’autre élément frappant était le nombre d’hommes qui surveillaient le troupeau. « Des gardes » comprenait enfin Mattéo, et ils n’étaient pas là pour les garder eux.
« Gare à toi » semblaient-ils dire « gare à toi! ».

"Fenêtre" avec un "s" normalement ; "gare" pour la deuxième occurrence (à moins qu'il y ait un jeu de mots).

Quand vint le tour de Mattéo, un son strident, accusateur s’éleva. Hurleur, grognant, il semblait pointer au monde entier la faute ultime, la personne ennemie, l’intru, le possédé.

"un" sans majuscule et "l'intru" sans "s".

Alors que l’inquiétude sourdait de plus en plus fort dans son esprit, les gens qui formaient un troupeau avec lui semblaient le regarder comme s’il était le loup.
Un garde s’approcha de lui :
« Tu as quelque chose dans tes poches petit? Une pièce de monnaie ? Ou alors tu as de nouvelles chaussures? »
Le ton de l’homme était très calme et profondément rassurant, cela détonnait terriblement avec son costume, et Mattéo commençait à se dire que les gardes étaient peut-être finalement gentils. Il sortit de sa poche une petite voiture cabossée et à la peinture verte toute écaillée.
Mattéo eut un peu honte d’avoir un jouet aussi abimé, mais c’est ce qu’il avait choisi d’apporter et  il appréciait aussi le luxe d’avoir pu choisir.

J'ai bien aimé tout ce passage ! J'en profite simplement pour te signaler que normalement on met un espace avant les points d'interrogation et d'exclamation.

Naïvement, il repassa le portique avec la voiture, la déposa sur le tapis, et s’en retourna face au portique.

Répétition dommageable selon moi.

Circonspect, l’enfant crut à une mauvaise blague, un complot.

"Crut" sans circonflexe.

Un garde les conduisit finalement vers une troisième porte (ce bâtiment semblait n’être fait que de pièces en béton et de porte fermées) (il manque une virgule) l’ouvrit, et les laissa passer

D’autres gens du troupeau s’étaient déjà installés et parlaient vivement avec d’autres personnes. Mattéo remarqua une chose : au moins une personne par groupe était accoutré d’habits bizarres et entièrement gris.

Chaque groupe était dans un genre de « box » séparé des autres par des plaques en plastique noir d’environ un mètre cinquante.

Je pense qu'il vaut mieux utiliser "une sorte" que "un genre" (à la limite, "une espèce"). "Box" sans "e". Le sujet "Chaque groupe" est singulier alors tu ne peux pas dire "séparé les uns des autres".

Un sixième était posté au milieu des box, plus distrait qu’efficace, il semblait rêvasser et Mattéo se dit qu’il avait bien raison de s’échapper un peu.

Je pense qu'on dit plutôt "s'évader", mais après tout pourquoi pas !

Les hommes en gris semblaient venir petit à petit du couloir, un par un.
Mattéo attendait dans un box vide avec la dame qui l’accompagnait.
« Il devrait bientôt arriver! » avait-elle dit, le sourire aux lèvres, comme si cela devait être une bonne nouvelle.
Mattéo, lui, ne savait même pas pourquoi il était ici, ni qui était le « il », ni d’où ce « il » viendrait, ni pourquoi, et ne savait même pas comment diable il pouvait se rappeler d’être déjà venu dans un endroit aussi étrange.
Il se souvenait d’ailleurs que d’habitude, il ne venait pas dans les boxs comme les autres, mais qu’il allait dans la pièce derrière l’un des gardes. Derrière cette porte, même si la lumière était nulle, il y avait le mérite d’y avoir plein de jeux! Il aurait aimé s’y rendre mais il savait que ça ne se passerait pas comme il le voudrait.

J'ai bien aimé ce passage ! Je t'ai signalé les corrections pour "box.s".

Un autre homme en gris arrivait, tout sourire, avec des dents jaunes, noires voire absentes. Un sourire qui lui ridait tout le visage et qui le rendait affreusement moche.
Ses cheveux noirs en bataille, longs de quelques centimètres, semblaient malades et tentaient désespérément d’absorber la lumière, en vain.

Répétition pour moi dommageable et "long" avec un "s".

Arrivé à la fin du couloir, au niveau des premiers boxs, les gardes lui enlevèrent ses menottes.


Et la fin est bien. On a envie d'en savoir plus.
En définitive, comme le montre je pense mon relevé (qui n'est pas exhaustif), selon moi le point faible du texte c'est la langue, la syntaxe, il y a pour moi des répétitions, des formules un peu lourdes, quelques soucis d'expression. A mon avis tu peux améliorer la forme pour que le texte soit plus fluide et plus frappant.
Mais j'ai plutôt bien aimé ce texte, sa progression, il y a certains passages que j'ai appréciés et de manière globale je pense que l'histoire accroche et se déroule très bien, on a envie de découvrir ce qui se cache derrière ce mystérieux (et infâme) bâtiment.
La structure narrative du texte, son rythme et le contenu de l'histoire fonctionnent, l'imagination et le suspens sont au rendez-vous ; c'est l'écriture qu'il faut travailler je pense !
Au plaisir de te relire  :)

Hors ligne Elijäah

  • Tabellion
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Re : Les murs gris
« Réponse #6 le: 14 février 2019 à 01:41:27 »
Bonsoir Keanu,

J'ai changé le passage "lourd". Dis-moi ce que tu en penses?
La répétition de "peine" est voulue. La peine du cœur. La peine de prison. La peine de vie.

C'est son existence à lui que Mattéo peine à comprendre et pas uniquement le bâtiment : pourquoi suis-je ici? pourquoi je me souviens d'ici? Pourquoi cet endroit est si différent de tout?

Donc ce n'est pas "on", c'est pour lui et rien que pour lui  ;).

Citer
"Ensuite, je trouve le trait trop forcé pour décrire ce bâtiment"
C'est malheureusement bien comme ça qu'il est, ce bâtiment, mais je n'ai pas assez décrit son aspect extérieur, et ça rejoins ce que je te dis juste après =>

J'ai supprimé "qui l’avait amené ici" qui me paraissait totalement superflu, j'ai juste l'image du petit qui se jette hors de la voiture, ses deux pieds atterrissent sur le goudron, à deux pas d'une herbe rachitique et jaune, il regarde autour de lui, et il voit : des lampadaires gris métalliques, parfois cabossés, des grilles, du barbelé au dessus, des caméras, une tour de "guet", les murs sont gris, avec des coulures noirs (le magnifique combo de pluie et de pollution de bord de route) et les murs sont étranges parce qu'ils ne sont pas juste lisses, ils sont un peu en forme de bouche d'aération => ça fait des "lames" de béton qui penchent vers l'extérieur. bien sûr, pas de trou dans cette "aération" juste du béton et je voulais parler de tout ça mais ça me paraissait super lourd de décrire le devant de la prison et surtout j'avais peur de tout trahir : le barbelé m’obsédait et je pouvais pas en parler.
Peut-être devrais-je le faire?

J'ai du mal à modifier le reste : je ne sais pas comment conserver la répétition de l'attente, de ne bouger que si on forces un peu la main.

"Le troupeau de gens" devient "ce troupeau". "mordait les gens" devient "les mordait tous".

Impassible signifie qu'on ne montre pas d'émotion => rien ne sort
Imperturbable signifie que rien ne perturbe l'intérieur => rien ne rentre.
Nécessaire et complémentaire.

J'ai modifié "poses son regard sur lui" en "lui appose son regard". La répétition du "Lui" me semble moins lourde car plus à la fin. Est-ce toujours gênant?

Citer
Un grésillement caractéristique se fit entendre : la porte s’ouvrait.
L’homme qui gardait l’entrée tira d’un coup sec sur le grillage de la porte et cette dernière se délogea paresseusement de son encastrement, grognant de l’effort qu’elle devait produire et de mécontentement d’être tirée hors de sa tanière.

Tu vois, dans ce morceau, je dis que la porte doit produire, on la force à produire, elle le doit. Le devoir est important et je ne peux pas le supprimer. D'ailleurs, ce que tu me proposes enlève un peu de sa personnification à la porte. Je veux pas  :-¬?.

MERCI, pour le "trainée hors de sa tanière" C'est parfait!

J'entendais "Laconique" comme apathique, et pour le coup, j'étais bien loin du sens. On aurait pu penser à une démarche avare en rythme et en pas, mais c'est une marche tout sauf concise : on s'arrête, on piétine, on re-piétine, on dandine. On fait semblant d'avancer. Je change donc, merci de me faire découvrir le sens de certains mots que je croyais connaitre  :mrgreen:

Citer
Mattéo tomba ses yeux au sol
Citer
   
Je ne comprends pas.
Il baisse les yeux en baissant aussi la tête, d'un mouvement sec : il tombe un peu de sa hauteur, de sa fierté.

Merci pour la syntaxe, j'ai enlevé la double négation.

En effet, "Garde à toi!" est voulu.

Intrus prends un s au singulier. Désolé, mes erreurs t'induisent en erreur à ton tour ;).

Pour les espaces avant les points d'interrogations, je le fais d'habitude, mais je ne le fais pas pour les points d'exclamation, alors que je sais que ça se fait de la même manière. Curieux de ma part que de me comporter comme ça sans m'en rendre compte  :???:

Voila, j'ai corrigé les quelques indications que tu m'avais mis, effectués quelques modifs.

Je penses réécrire un peu dans ce texte, mais j'indiquerais ce rajout dans un spoiler, parce que j'ai toujours beaucoup trop de mal à détruire un texte pour en former un nouveau à partir de ses ruines x).

Merci pour ton commentaire!
"Loup : Combien de temps serons-nous ensemble ?

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Hors ligne Keanu

  • Aède
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Re : Re : Les murs gris
« Réponse #7 le: 14 février 2019 à 10:31:43 »
Bonsoir Keanu,

J'ai changé le passage "lourd". Dis-moi ce que tu en penses?

Je trouve ça vraiment mieux comme ça !

C'est son existence à lui que Mattéo peine à comprendre et pas uniquement le bâtiment : pourquoi suis-je ici? pourquoi je me souviens d'ici? Pourquoi cet endroit est si différent de tout?

Aaah, d'accord, je n'avais pas compris !!

C'est malheureusement bien comme ça qu'il est, ce bâtiment, mais je n'ai pas assez décrit son aspect extérieur, et ça rejoins ce que je te dis juste après => j'ai juste l'image du petit qui se jette hors de la voiture, ses deux pieds atterrissent sur le goudron, à deux pas d'une herbe rachitique et jaune, il regarde autour de lui, et il voit : des lampadaires gris métalliques, parfois cabossés, des grilles, du barbelé au dessus, des caméras, une tour de "guet", les murs sont gris, avec des coulures noirs (le magnifique combo de pluie et de pollution de bord de route) et les murs sont étranges parce qu'ils ne sont pas juste lisses, ils sont un peu en forme de bouche d'aération => ça fait des "lames" de béton qui penchent vers l'extérieur. bien sûr, pas de trou dans cette "aération" juste du béton et je voulais parler de tout ça mais ça me paraissait super lourd de décrire le devant de la prison et surtout j'avais peur de tout trahir : le barbelé m’obsédait et je pouvais pas en parler.
Peut-être devrais-je le faire?

Et ben pourquoi pas ? Après, je ne sais pas, c'est ton texte. Mais j'ai bien aimé ces quelques lignes spontanées de description que tu me livres ici ; ça permettrait peut-être d'étirer un peu, d'éviter un côté massif et grossier dans la répétition d'adjectifs très très péjoratifs pour qualifier le bâtiment. Mais à toi de voir !!

Impassible signifie qu'on ne montre pas d'émotion => rien ne sort
Imperturbable signifie que rien ne perturbe l'intérieur => rien ne rentre.
Nécessaire et complémentaire.

Oui, j'avais bien compris ton point de vue, mais pour moi "impassible" pouvait déjà contenir le sens d'"imperturbable" (sur le CNRTL on trouve comme définitions pour "impassible" : "Qui ne laisse paraître aucune émotion, qui reste indifférent." ou même "Qui ne se laisse émouvoir par aucune considération extérieure"). Mais peu importe, c'est ton point de vue.

La répétition du "Lui" me semble moins lourde car plus à la fin. Est-ce toujours gênant?
Je trouve la formule "lui appose son regard" un peu étrange.

Tu vois, dans ce morceau, je dis que la porte doit produire, on la force à produire, elle le doit. Le devoir est important et je ne peux pas le supprimer. D'ailleurs, ce que tu me proposes enlève un peu de sa personnification à la porte. Je veux pas  :-¬?.
Oui, ok, pour moi la personnification était déjà bien suffisamment marquée et la relative alourdissait la phrase, mais je comprends ton point de vue et ce n'est vraiment pas très important.


Il baisse les yeux en baissant aussi la tête, d'un mouvement sec : il tombe un peu de sa hauteur, de sa fierté.
D'acc !


Intrus prends un s au singulier. Désolé, mes erreurs t'induisent en erreur à ton tour ;).
:facepalm: _/-o_ Excuse-moi !!

Merci pour ton commentaire!

Merci à toi pour ce texte de bonne qualité et pour l'échange intéressant qui s'en est suivi.

Hors ligne jfmah

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Re : Les murs gris
« Réponse #8 le: 19 février 2019 à 09:28:12 »
Hello!

J'ai bien aimé le début. Et en effet, tu réussis à nous faire ce monde glauque et inconnu, ce qui n'est pas évident.

J'ai noté aussi quelque maladresse du genre:
Citer
l’homme lui appose son regard
(ça serait plutôt "l'homme appose son regard sur lui")
Citer
un marasme musical de mauvais goût
(c'est un peu de la surenchère: on entends rarement un marasme musical de bon goût!)

Mais se sont des détails, du polissage.
 
Ce qui m’interroge le plus c'est la position un peu ambiguë du narrateur par rapport au personnage. Par fois on semble "à la hauteur" de Mattéo, mais quand on découvre ensuite que c'est un gamin ça détonne un peu. Difficile de croire que ce sont ses descriptions à lui.

Bon, je ne sais pas si j'arrive à me faire comprendre. Désolé!  :(
L'écriture se destine comme d'elle-même
à l'anamnèse (J. Derrida)

Hors ligne Elijäah

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Re : Les murs gris
« Réponse #9 le: 19 février 2019 à 11:17:35 »
Bonjour Jfmah!

"L'homme lui appose son regard" et "l'homme appose son regard sur lui" sont des équivalents de sens. Je trouve juste la formulation que tu fais plus lourde =p.

Je vois la surenchère maintenant, je change ça  ><

Je trouve ça étrange que tu n'ai pas compris du départ qu'il s'agissait d'un enfant?
"Le petit Mattéo" "Mattéo est trop jeune" "Profitant de sa petite taille, l’enfant lâcha la main qui le tenait"
Ces éléments là apparaissent dès le début du texte ^^.

Si c'est le décalage entre le narrateur et Mattéo qui te perturbe, alors c'est simple, le narrateur est juste semi-omniscient, il sait le décor, il en sait même plus que Mattéo, il en sait même plus que les geôliers. Mais ça me semblait assez évident puisqu'il parle de Mattéo à la troisième personne?  🤔

Si c'est plutôt la pensée et les mots que je prête à Mattéo de temps en temps qui te posent question, alors je ne m'en fais pas. Je fais confiance aux enfants pour surpasser l'intelligence des plus grand  ;)

Si tu parle d'un aspect visuel de ce que peux voir Mattéo, alors je ne vois pas ce que tu veux dire.

Merci à toi en tout cas de m'avoir fait un retour!
"Loup : Combien de temps serons-nous ensemble ?

    Agneau : Toujours. " - Kindred, League Of Legends.

Hors ligne jfmah

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Re : Les murs gris
« Réponse #10 le: 22 février 2019 à 03:40:13 »
Oui oui, une fois qu'on a compris que c'est un enfant, le "petit" et "grands personnes" deviennent évident. C'est probablement juste moi qui n'ai pas percuté assez vite!

Oui, je pense que ce sont les mots/images que tu prêtes à Mattéo lié au fait que l'histoire, comme tu dis, est racontée par une narrateur semi-omniscient. Que Mattéo voit la foule comme un troupeau, qu'il pense qu'il y a complot, qu'il se fasse des jeux de mots du genre "Si ce n’était pas son jouet, on se jouait de lui!", on dirait qu'il me manque quelque chose pour y croire. Peut-être si on l'entendait parler au début? Cela dit, mes exemples (troupeau, complot, jeu de mots) montrent aussi le côté ambiguë de la narration:  ce n'est pas 100% clair si c'est pensée sont de Mattéo ou non. C'est une jeu intéressant, mais délicat. Ou bien c'est juste moi qui regarde trop loin!

Pour ce qui est de "l’homme lui appose son regard", c'est sans doute juste une question de gôut! Ce n'est pas une formulation très commune, il me semble, alors que "appose sur lui son regard" (me) semble assez naturel. Personnellement c'est un moment du texte où j'aurais tendance à "masquer" l'écriture plutôt que de la rendre visible par une formulation surprenante (à mon goût!), mais ça peut tout à fait se défendre!

Bien content d'être revenu... je vous dépose un truc bientôt :D
L'écriture se destine comme d'elle-même
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