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24 août 2019 à 22:28:04

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Auteur Sujet: Le Vin des Morts (Romain Gary)  (Lu 539 fois)

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Le Vin des Morts (Romain Gary)
« le: 03 février 2019 à 01:14:20 »
Pour parler de Gary en général c'est par ici


(la couverture est sans saveur mais admirez ce regard de vampire)

Askip que c'est son tout premier roman, publié par Gallimoche en 2014 alors qu'avant il était caché. Je me cite :
Citer
Mon premier Gary  :coeur: Il m'a fait hurler de rire, c'est une parodie de catabase hallucinée, une danse macabre burlesque dans laquelle un pauvre ivrogne se fait plus ou moins torturer par des morts alors qu'il cherche la sortie du cimetierre.
Donc ce pauvre garçon il s'appelle Tulipe. "En chemin, il dialogue avec des morts aussi effrayants que grotesques : trois sœurs maquerelles régissent un bordel d'outre-tombe, des flics tabassent un prévenu jusqu'à le rendre «tricolore», Jim et Joe jouent sadiquement avec les têtes d'un pierrot et de sa colombine, un poilu avoue avoir laissé sa place à un Allemand dans la tombe du Soldat inconnu, un moine le supplie de le remplacer pour garder le Saint-Graal, etc. Un Dieu ivre et grossier préside aux misères de ce petit monde grouillant de cafards et de mites. Le débonnaire Tulipe y va lui aussi de ses histoires, celles des clients tordus de l'hôtel tenu par sa femme. Chez les vivants comme chez les morts, l'âme humaine ressemble à «une petite putain crasseuse et malodorante». ", dit Babelio avec raison et gouaille.

Extraits :
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Dans un coin de la fosse, il y avait un gros tonneau rond, bien gros et bedonnant, et Tulipe se jeta dessus comme un pape mourant sur les saints sacrements, et ayant fait voler en poussière les quelques flics miteux qui prétendaient lui en barrer l’accès, il s’aplatit d’abord devant lui, comme devant le Seigneur et puis contre lui, comme l’amante contre l’amant et se mit à sucer le bon bout se réjouissant de ce qu’on appelle la chaleur animale qui montait dans ses intestins et se répandit en lui des pieds à la tête, qui grandissait en lui à la manière d’un bel autodafé dans lequel on brûlerait la misère, la désolation, les flics, le remords, l’angoisse et toutes les autres larves et vermines de cette ignoble petite putain toujours si crasseuse et malodorante qu’on appelle l’âme humaine.
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Solennellement :
-Jeune homme ! clama-t-il. Je vous transmets la garde du Saint-Graal, où le sang du Christ est enfermé :
-Pour sûr, reconnut Tulipe, que ça vaut mieux que le pinard à quinze sous le litre, comme tu dis !
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L'argent n'a pas d'odeur! C'est à dire. Il pue toujours bon !
Toute ma peau est maladésir.

 


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