Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

19 mars 2019 à 16:09:25

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman

Auteur Sujet: [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman  (Lu 606 fois)

Hors ligne Ecalysta

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[Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« le: 10 janvier 2019 à 13:39:04 »
N'hésitez pas, vraiment, à me faire part de toutes vos critiques, remarques, impressions. J'ai vraiment besoin de conseils, car je rêve de participer au PJEF. Mais pour l'instant, je sais que ma nouvelle n'en a pas le niveau telle qu'elle est maintenant. Merci beaucoup d'avance !






Les guilis de maman


-  Dis, maman, on s’aimera toujours, toi et moi ?

Les lumières émises par la télévision oscillaient sur les murs de la chambre, comme une aurore boréale. On pouvait entendre, par-dehors la fenêtre entrouverte sur le balcon, le bruissement des feuilles et le murmure des insectes d’une douce soirée d’été. Moi, petite fille de cinq ans, blottie contre maman, je m’endormais un peu.

-   Toujours, ma chérie.

Les longs ongles rouges de maman glissaient de haut en bas sur mon avant-bras étendu. Nous étions comme sur une barque. Si maman inspirait, j’inspirais et la barque montait sur la vague. Si maman expirait, j’expirais, et alors la barque tombait de la vague. Les respirations s’enchaînaient dans une longue danse, ni trop lente, ni trop brusque. Cela durait peut-être peu de temps, peut-être plus longtemps, peut-être une éternité. 

Les deux matelas placés côte à côte créaient un lit immense, grand, si grand que l’on pouvait s’y perdre. « Il y a un creux entre le matelas de papa et de maman », je songeais parfois, « et si je vais trop au milieu, je tombe dedans ». Je jouais à m’y blottir, à m’y enfoncer, m’y loger. Je ne serais jamais vraiment tombée, coincée entre ces deux pressions douces, dans la chaleur de ces draps, avec le bruissement du vent sur les feuilles d’été.

-   Dors, ma chérie, dors.

Je fermais les yeux. Maman sentait bon le chaud et les épices. Et moi, je ne pensais qu’à notre respiration alternée, à cette danse rien qu’à nous, et aux motifs qu'elle dessinait sur mon bras nu.

Quand je dormais dans ma chambre, la nuit, j’avais mon secret. Je me concentrais très fort, et je traversais le mur près de mon lit. Là, je montais sur toit de la maison familiale. Je prenais mon élan, une fois, deux fois. Quand j’étais sûre de moi, je sautais. J’arrivais sur un toit voisin. Je sautais encore, de toit en toit, de plus en plus fort, de plus en plus vite, jusqu'à m'envoler complètement. Alors j’étais dans le ciel, près des nuages. Je scrutais la terre, et forte d’un sentiment de toute-puissance, je sauvais toutes les personnes qui appelaient à mon secours. J’étais, toutes ces nuits, une héroïne. En tant que véritable héroïne, j’avais ma place auprès de toutes les figures des fictions que je connaissais grâce à la télévision, dans la chambre de maman. Je n'aurais jamais confié cela à personne, de peur que la confidence brise l’omnipotence de l’héroïne que je fantasmais.

Mais quand je dormais dans le lit de maman, je n’avais pas envie de traverser le mur. J’étais bien sur la barque. Sans rien ni personne que moi, elle, et l’océan.
Maman était belle, et sa peau était douce. Je me laissais partir, doucement, enivrée par le mouvement lancinant de la barque sur l’eau.

Il est vrai que parfois, il m’arrivait d’être portée par deux bras velus et puissants. Ce n’étaient pas les bras de Maman. J’étais doucement allongée sur le lit de ma chambre d’enfant, et je recevais un baiser sur mon front, un baiser qui piquait un peu. Ce n’était pas le baiser de Maman.

-   Papa ?

J’oubliais souvent, simplement, qu’il y avait aussi papa dans le lit de maman. Lui avait une odeur boisée et musquée. Papa me bordait.

-   Dors, ma chérie, dors.

Alors, systématiquement, je traversais à nouveau le mur. Je retournais sur le toit, puis dans le ciel. Quand j'avais terminé de sauver le monde, je sombrais dans le sommeil.




La nuit passait, vite, très vite. Puis les jours passèrent aussi. Les jours s’additionnèrent, se multiplièrent, se décuplèrent, et mutèrent, silencieux, insidieux, monstrueux, en semaines, puis en mois, puis en années. Un beau jour, je devins ce que j’appelais, petite, une grande. Mes seins poussèrent, beaucoup trop rapidement à mon goût, comme deux petites gouttes qui devenaient de plus en plus lourdes. Des rondeurs vinrent se dessiner sur mes cuisses, sur mes fesses, sur mes bras, aussi. Mon visage mua : je ne ressemblais pas tout à fait à l’héroïne que j’imaginais, rêvée, la nuit dans ma chambre d’enfant.

Je n’arriverai bientôt plus, à mon grand désespoir, à en traverser le mur. J'aurais voulu ralentir mon inexorable croissance, et m'élancer une fois encore dans le ciel. Alors je fermais les yeux très, très fort. Mais, même en m’efforçant de retrouver le toit, je restais, lourde, dans le lit de ma chambre assombrie. Frustrée, je me recroquevillais et m’effondrais sur moi-même dans mes draps froids.

J’avançais dans ma métamorphose ; et, alors que chaque parcelle de mon corps se transformait, maman vieillissait un peu plus. Si je ne ressemblais pas à l’héroïne que j’imaginais, petite, je ressemblais aussi de moins en moins à maman.

Maman eut ses premières colères envers moi. Je pensais souvent qu’elle m’en voulait, au fond, de ne pas lui ressembler. C’était comme si, parfois, elle me punissait de devenir si différente d’elle. Peut-être n’appréciait-elle pas de voir sa petite fille, sa toute petite fille, enfermée dans un corps inadéquat. J’eus aussi de moins en moins de guilis de maman, puis un jour, sans que je ne m’en aperçoive, presque plus du tout.  Le bruissement des feuilles des douces soirées d’été fit place au silence. 

Mon égarement aurait pu s’arrêter là. Mais j’arrivai au collège, pareil à une fosse aux lions. Personne n’aurait voulu rester près d’une petite fille égarée séparée de sa maman, dans cette fosse aux lions. J’étais seule, et terrifiée : chaque minute, de chaque heure, de chaque jour, j’avais honte. J’avais honte de manger, dans le grand réfectoire de l’établissement, à une table vide. J’avais honte d’être la dernière enfant choisie, lorsque le professeur d’éducation physique demandait à la classe de faire des groupes. J’avais honte des murmures et des ricanements que j’entendais, derrière moi, à chaque instant. J’avais honte, en fin de compte, de ne sauver personne. J’avais tellement honte de devoir admettre qu’il me fallait être sauvée.  Et maman ne me sauvait pas. Elle criait, « Mais défends-toi ! Défends-toi, enfin ! » 

J’essayais de me défendre. Mais j’entrais dans de violentes colères qui me desservaient. Dans la fosse aux lions, j’aurais dû garder mon sang froid : soit faire la morte, soit calmer les lions par la ruse. Avec ces colères, il était certain que je ne survivrais pas longtemps.
Je me rappellerai toujours cette après-midi où j’étais sortie de classe pendant la pause, et des jeunes filles avaient piétiné un devoir sur lequel j’avais tellement travaillé, la veille, avec maman. J’allai voir le professeur à son bureau, le devoir en main, balbutiai quelques mots hasardeux. Il laissa transparaître une pointe d’agacement, et ne fit rien.

Pendant le cours, les jeunes filles avaient ri de leur méfait impuni, assez fort pour que la classe les entende, assez discrètement pour que le professeur le tolère. Le sang me monta à la tête, et, d’un coup, je bondis de ma chaise, et j’attrapai le visage de mon bourreau, la meneuse du groupe. Je criai que je la haïssais, et que j’haïssais cette classe.

J’eus peur, un instant après, que les autres se moquent encore. Alors j’ouvris grand la porte de la salle de classe, sous le regard stupéfait de mon professeur, et je courus le plus vite possible vers la première sortie que je pus trouver. Je me cachai alors dans un coin de rue, entre un mur et une poubelle, et je laissai les larmes et la morve couler sur mon visage rougi, brûlant et anesthésié.

L’héroïne de mon enfance me regardait, d’en haut, silencieuse. Elle avait l’air de se dire que c’était un beau gâchis, l’air désabusé. Elle me regardait avec mépris, depuis son nuage, maintenant qu’elle m’avait abandonnée, cette garce. Je retournai une heure plus tard, les yeux baissés, en classe. Je ne fus jamais punie.

Dans la journée, alors que j’avançais dans l’escalier qui menait aux salles de cours, je crus entendre mon professeur rire de cet évènement avec ses collègues.
Tous les matins, j’avais peur de retourner là-bas, dans la fosse aux lions. Mais j’y retournais, malgré toutes mes appréhensions, parce que je n’avais pas le choix. Maman voulait que j’apprenne à me défendre seule. Toute la famille, dans un bizarre conciliabule, se mit d’accord : ma mère m’avait couvée, et je devais désormais sortir du nid, et apprendre à voler. Je n’étais pourtant pas un oiseau, et le lit de maman ne ressemblait pas à un nid… Et qui aurait l’idée de jeter un oiseau en pâture à des lions ?

Tous les soirs, papa me ramenait chez nous. Souvent, il prenait ma main, et me faisait chanter des comptines d’un pays lointain. « Mets ta main, dans la mienne, je suis à toi et tu es à moi… » C’est peut-être à ces moments que je sus qu’il ne comprenait pas. Il ne pouvait pas m’aider.

J’avais déjà construit une maison pour moi et maman, et je lui en avais fermé la porte. C'était trop tard pour l’y faire rentrer. Je me disais que je n’aurais jamais pu l’y faire rentrer. Et alors que maman avait fait le choix de quitter la maison, tout ce qu’il pouvait faire, désormais, c’était sourire tristement à la fenêtre.

Alors je ne cherchais même plus à traverser le mur. Après le dîner, je brossais mes dents et je partais me coucher. Quand la porte de ma chambre était bien fermée, et le verrou enclenché, je saisissais un torchon que j’avais caché sous mon lit. Je le mettais dans ma bouche et je le mordais. Il fallait que je le morde assez fort pour étouffer les sanglots qui me monteraient. Ça n’est jamais joli, le bruit d’un sanglot qui monte. Il m’arrivait, par dépit contre celle qui me regardait, là-haut, de frapper de grands coups contre le mur.

Le lit s’effondrait sous mon poids ; il m’aspirait, et je tombais dans le gouffre qui se créait. Dans ma chute, j’entendais une voix qui me hurlait de me défendre, au loin. Une autre voix pleurait doucement. Je voyais un sourire triste. Et je voyais ensuite une ronde de torchons autour de moi rire, et rire encore, rire toujours. Je voulais hurler, mais aucun son ne sortait de ma bouche, à cause du torchon qui s’enfonçait de plus en plus loin dans ma gorge.  Alors je me réveillais en sueur, tétanisée.

Les lendemains, maman préparait mes vêtements. Papa préparait le petit déjeuner : des œufs à la coque et des mouillettes, souvent. Et moi, je prenais mon sac, et comme toujours, avec moi, dans la voiture de papa, ma boule au ventre. Et puis mon père et moi écoutions la radio, dans la voiture. Une fois la voiture garée, je prétextais vouloir entendre la fin de la chanson pour retarder, un peu, mon entrée dans la fosse au lion. Mais j’y entrais toujours.

Les jours qui suivaient, lors des repas de famille, personne n'évoquait ces incidents nocturnes. Pas moi en tout cas, car je ne parlais plus du tout. Ma famille parlait d’autre chose, toujours. Et quelque part, je comprenais : je n’étais pas le centre du monde. La famille devait tenir. Evidemment, j’aurais voulu que les choses se passent autrement, mais après tout, c’est ainsi.

Mon frère me disait souvent « La famille doit être ton point de chute, pas ton pilier ». Comme j’aurais voulu, pourtant, un pilier. Je pensais parfois que si Maman m’en voulait de me différencier d’elle, mon frère me faisait payer d’avoir été si proche, un jour, de maman. Maman répétait souvent, plaisantant à moitié : « Tu lui as volé sa place au soleil, ma fille ». Mais quelle place ? Quel soleil ? Je ne croyais plus en l’amour de ma mère. Je n’avais plus ni guilis, ni mur, et aucun soleil. Seulement ma chambre, et son lit qui m’engouffrait.

Il y eut bien, parfois, ces nuits où je sombrais une fois encore dans la mélancolie. Alors maman entrait dans ma chambre. En silence, elle traversait mon dos d’une main un peu vieillie, peut-être, mais toujours parée de ces longs ongles rouges, reliquat d’un passé lointain. Au fond, j'aurais pu mourir de voir la sensation de ces longs ongles rouges sur ma peau disparaître à jamais. « Combien de temps encore, combien d’années, ma fille, vas-tu souffrir ainsi », disait maman, lasse. Et mes larmes coulaient toujours plus fort.

Les nuits passèrent ainsi, encore et toujours, sans s’arrêter. Vite, trop vite. Sans personne pour les retenir. Ni papa, ni maman. Ni mon frère.
Je grandis encore : je n’étais plus tout à fait ni la petite fille de cinq ans, blottie contre maman, ni la jeune fille en pleurs près de papa. J’étais cette construction bizarre, hybride, mi femme-mi enfant. Souvent, je me disais être devenue une sorte de brouillon de moi-même. Le temps eut ceci de bien qu’il m’apprît, au moins, à ne plus avoir honte.

Je le laissais passer, spectatrice sereine, le temps, avec ses chagrins, ses joies, ses découvertes, ses régressions. Les larmes me montaient aux yeux de temps en temps, oui, mais de moins en moins, et un jour, comme les guilis de maman, elles disparurent entièrement. Je ne m’engouffrais plus dans mon lit. Je m’étais peut-être sauvée moi-même, finalement, pensais-je. J’avais appris à survivre dans la fosse aux lions. Prends ça, l’héroïne dans le ciel !

Ma mère vieillissait plus vite. Je choisissais de ne pas la voir vieillir. Je ne supportais pas la vision de sa peau, si douce autrefois, désormais creusée, plissée. Chaque nouvelle ride était un coup de poignard de plus à mes souvenirs. Bien évidemment, je disais à maman qu’elle était toujours belle, et qu’elle n’avait pas changé. Mais je m'éloignais toujours plus de ma mère pour ne pas voir, impuissante, la disparition inéluctable de mon passé. Je parlais de moins en moins à mes parents.

Un jour, je réalisai que j’étais devenue une femme. Je pensais toujours quelques fois aux guilis de maman, aux chansons de papa, aux pleurs, aux rires, aux cauchemars, bien sûr. C’était les nuits où la solitude me rendait visite, dans le nouveau vacarme lancinent d’une grande ville de banlieue. Mais mon passé ressurgissait moins intensément. J’avais définitivement tiré un trait sur cette sombre période, du moins, c’est ce que je me plaisais à croire.




C’est alors que je reçus, un soir, un appel. C'était mon père. À cet instant, tout devint flou. Je me rappelle seulement avoir entendu papa, affaibli, souffler des phrases fragiles, bancales, presque écrites à l'avance. J'étais absente, étrangère à l'histoire qu'il me racontait ; une histoire d'urgences et d'hôpitaux, de vieillesse et de maladie. Je n'en retiendrai bientôt que cette phrase finale, coupante comme le tranchant d'un rasoir dans ma poitrine : "Nous l'avons amenée à la maison. Il faut que tu viennes la voir." Alors que j’avais mis tant d’énergie à occulter mon passé, voilà qu’il me sautait au visage. Le combiné tomba sur le sol.

Ainsi, je me retrouvai, un matin d’automne, dans la maison de mon enfance. C'était un de ces matins où le bruissement des feuilles n’est pas le même qu’en mes doux soirs d’été ; là où les feuilles de les toutes couleurs viennent mourir sur le sol, et s’en remettre à la terre qui les a nourris. Ce matin-là, j’entrais dans la chambre de ma mère. « Bonjour, maman. » Je tenais dans mes mains un plateau avec des œufs à la coque et des mouillettes. Ma mère ne se réveillait pas. Je déposai le plateau près de l’ancienne télévision éteinte, et vint poser un baiser sur son front. Mais ma mère ne se réveillait pas. Je ne sais toujours pas ce qui m’a pris ce jour-là, mais je m’allongeai près de maman, dans ce grand lit, qui n’était plus vraiment si grand, et ma mère ne se réveillait toujours pas.

Je me rendrai bientôt compte qu’elle ne se réveillerai jamais.

Papa ne fut plus jamais le même. Il y eut bien quelques fois où je tentais de lui parler, peut-être pour renouer quelque chose de perdu depuis toujours. Mais il ne parlait plus. Alors je prenais sa main, et je lui chantais des chansons lointaines, celles qu’il me chantait, enfant. Et il pleurait.
Je ne sais pas comment j’ai survécu. J’ai simplement continué à vivre. Je n’ai jamais vraiment compris comment je me suis retrouvée, un beau soir d’été, mes propres longs ongles rouges vagabondant sur son bras. Mon enfant, rond, rose, chaud, avait une expression de profonde sérénité et semblait savoir être parfaitement à sa place, là, sur ma lourde poitrine de gouttes. "Il est comme moi", pensais-je. Il semblait avoir oublié que son papa était toujours dans le lit de sa maman.

Il aura aussi des secrets, dans sa chambre d’enfant, et ne m’en fera probablement jamais part ; mais, c’est peut-être mieux ainsi. Je crois sincèrement qu’il y a certaines choses qu’il vaut mieux garder au fond de soi, pour les préserver de la lumière du monde, sûrement. Le monde est fou. Quant à moi, j’aurai toujours au fond de moi, chéris, les guilis de ma mère, et, aussi, peut-être, les chansons de mon père.

L’enfant sembla ouvrir la bouche, comme pour dire quelque chose. Il hésita un moment, et, décidé, se lança.

- Dis, maman, on s’aimera toujours, toi et moi ?

Je lançai un regard complice à son père. À cet instant précis, j’eus l’impression fugace d’être de nouveau sur la barque. Mais j'y étais avec mon enfant. Nous y étions bien. Mes parents portaient la barque sur la vague.

- Toujours, mon chéri. Dors maintenant, dors.

Mon enfant s’endormit. Alors, je le rejoignis aussi pour de bon, enfin. J’avais tellement attendu ce repos.
[/font]
« Modifié: 16 janvier 2019 à 04:12:14 par Ecalysta »
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Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #1 le: 10 janvier 2019 à 15:46:10 »
Re-Bonjour Ecalysta,

Et me voici donc bouquinant cette première lecture de toi. Je trouve que tu emploies un style très simple, sans exagération, comme si c'était pour toi le moyen de trouver la sérénité d'écrire.


Citer
Moi, petite fille de 5 ans blottie contre maman, je m’endormais un peu.

Je crois que tu donnes le ton de cette façon : onirisme et enfance.


Citer
Quand je dormais dans ma chambre, la nuit, j’avais mon secret. Mon pouvoir magique. Je fermais les yeux, et je traversais le mur près de mon lit. Là, j’étais soudainement happée dans l’espace, je volais à travers la galaxie, je vainquais des monstres, je sauvais des gens, j’étais une héroïne, une vraie héroïne, et j’avais ma place auprès de tous les héros des fictions que je rêvais… grâce à la télévision, dans la chambre de maman.

Ce sont des émotions bien fortes entre les mains d'une petite fille, voilà de quoi nourrir l'imaginaire de mille et une fantaisies.


Citer
Il y avait bien, toujours, ces nuits où, noyée de larmes, je sanglotais, mélancolique, et maman traversait mon dos de sa main, un peu vieillie, peut-être, mais toujours parée de ces longs ongles rouges, reliquat d’un passé lointain. Je pense aujourd’hui que j’aurais pu mourir d’avoir vu complètement disparaître la sensation de ces longs ongles rouges sur ma peau.

Ah ! Le chagrin...

Le chagrin demande consolation, n'est-ce pas ? Et quoi de plus difficile que de souffrir d'une douloureuse séparation ?

Alors je me demande si tu souhaitais raconter l'égarement d'une petite fille ou au contraire l'imaginaire d'une enfant féconde, c'est ce quelque chose que j'aurais aimé trouver dans ma lecture, comme un quelque chose sur lequel m'appuyer pour me donner les moyens de partager ces émotions.

Un grand merci à toi pour cette lecture pleine de ressentiments.

Hors ligne Ecalysta

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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #2 le: 10 janvier 2019 à 21:22:56 »
Re-Bonjour Alan Tréard, et d'abord merci pour cette toute première critique ! Quelle joie de se savoir lue !

D'abord, tu as tout à fait raison, j'ai voulu parler de l'enfance dans un registre onirique, et c'est aussi un moyen pour moi de trouver la sérénité. 

Et tu as aussi raison sur la question de fin ; je ne sais pas vraiment moi-même, à ce stade, vers quelle version je veux aller, ce que je veux vraiment dépeindre. J'ai un peu de mal à voir où aller, pour tout dire... Je me suis laissée porter par l'écriture sans but précis, c'est peut être ça qui fait défaut.

Je te remercie encore mille fois pour avoir lu mon texte et y avoir apporté ton commentaire bienveillant et encourageant.

Ecalysta

Posts fusionnés. Merci d'éviter les doubles posts
Un modo qui passait par là
« Modifié: 12 janvier 2019 à 15:57:18 par Ecalysta »
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Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #3 le: 10 janvier 2019 à 21:39:37 »
Alors, Ecalysta, pour moi, tu n'apportes pas de réponse à mes questions, malgré tout, cela n'empêche pas de trouver une parole pleine de résolutions dans cette nouvelle fin, un peu comme une morale ; disons qu'on ne sait pas vraiment si on sort du thème de l'onirisme et de l'enfance avec cette fin, tu ne donnes pas de précision sur le parcours de cette femme entre une époque et l'autre, si bien que les deux scènes semblent se jouer en même temps (alors que j'imagine que tu fais une ellipse entre les deux âges, disons que c'est une difficulté à prendre en compte).

Mis à part cela, j'aurais plutôt tendance à t'encourager à te lancer dans un projet qui te plaît, tu devrais avoir d'autres retours sur ce texte, rien ne t'interdira ensuite de faire quelque chose qui aborde des sujets distincts de l'onirisme et de l'enfance, ou au contraire d'approfondir le sujet sur l'enfance et l'onirisme pour porter un sujet qui compte à tes yeux.

Hors ligne Ecalysta

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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #4 le: 10 janvier 2019 à 22:03:57 »
Merci Alan pour ton retour, et tes encouragements. ^-^
Je vais essayer d'étayer sur le parcours de cette femme, en restant dans le registre du texte.
Pour la suite je ne sais pas encore ^^
Merci encore,
Ecalysta
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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #5 le: 10 janvier 2019 à 23:16:28 »
Hello !

J'ai lu la 1ère version parce que je n'avais pas vu qu'il y en avait une 2ème... Tu peux modifier directement le texte que tu nous proposes grâce à l'icone "modifier" en haut à droite. (Si tu veux garder une trace du texte de base, tu peux le mettre sous spoiler pour que ce soit plus clair (c'est le bouton "Sp" en haut à droite, juste au dessus des smileys)). :)
Pareil pour tes posts, tu peux les modifier pour éviter les double-posts.

C'est marrant, parce que j'ai l'impression qu'on a tous des versions différentes des "spleens de nos enfances perdues" (je veux dire par là qu'il y a pas mal de textes sur la nostalgie de l'enfance sur le forum, et que chacun a sa manière propre de la décrire :) )

Mais bon, bref, je digresse, je digresse...
Pour revenir au texte :
Citer
Maman inspirait. J’inspirais, la barque montait sur la vague
=> j'aurais mis une virgule à la place du point ; ou un point à la place de la virgule, mais il y a quelque chose qui me gêne dans la ponctuation.
Citer
Maman expirait. J’expirais, la barque tombait de la vague.
=> même remarque.
Citer
Il y a un creux entre le matelas de papa et de maman, je songeais parfois, et si je vais trop au milieu, je tombe dedans.
=> ici, j'aurais mis des guillemets autour des pensées de la petite fille, pour que ce soit plus clair.
Citer
je jouais parfois, à m’y lotir
=> pas de virgule entre le verbe et son complément, sauf si tu veux mettre en valeur l'adverbe ("parfois") ; mais dans ce cas, il faut ajouter une 2ème virgule devant "parfois"
Citer
Et moi, je ne pensais à rien qu’à
=> il manque un "d'autre" ?
Citer
J’oubliais souvent, simplement, qu’il y avait aussi papa dans le lit de maman.
=> ça m'a fait sourire :)
Citer
Puis les jours passèrent aussi. Les jours s’additionnèrent, se multiplièrent, se décuplèrent, et mutèrent, monstrueux, silencieux, insidieux, en semaines, puis en mois, puis en années.
=> j'aime beaucoup ! On sent l'accélération du temps au fil de la phrase !
Citer
Des rondeurs vinrent se poser à mes cuisses
=> je trouve que "poser", ce n'est pas joli comme formulation... je propose (mais tu disposes ;) ) : "des rondeurs se dessinèrent sur mes cuisses etc", "mes cuisses s'arrondirent, mes fesses, mes bras aussi"
Citer
du moins, je pense
=> la virgule n'est pas nécessaire
Citer
mais, c’est peut-être
=> pas de virgule après "mais"

Voilà, je n'ai pas d'autres remarques, ça se lit bien !

Si tu veux, je passerai lire la 2ème version !

Bonne nuit !
« Modifié: 10 janvier 2019 à 23:18:39 par Léilwën »
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

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Re : [Ebauche] Les Guilis de maman
« Réponse #6 le: 11 janvier 2019 à 13:52:31 »
Bonjour Léilwën,

Je te remercie pour ta lecture et ton retour !
J'ai pris en compte tes remarques sur la forme, et j'ai modifié plusieurs passages. Que penses tu du fond ? Je me demandais si ça n'était pas trop "impudique", enfin, en quelque sorte.
Tu peux lire la seconde version si tu en as envie, j'en serais ravie ^-^ 
Merci encore,

Ecalysta

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Hors ligne Léilwën

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Re : [Sollicite aide sur marche à suivre] Les Guilis de ma mère
« Réponse #7 le: 12 janvier 2019 à 00:17:02 »
Je suis repassée !

Pourquoi penses-tu que le fond soit impudique ? (perso, ça ne me choque pas)
Je n'ai pas de récriminations à faire sur le fond ! Je trouve l'histoire bien menée et le ton homogène.
Juste cette phrase de la "nouvelle" fin : "A cet instant précis, j’eus l’impression fugace d’être à nouveau sur la barque, dans l’océan. Mais cette fois, j’y étais avec mon enfant. Et la vague que l’on montait, la vague que l’on descendait, c’était mes parents qui la créaient." qui me paraît trop explicative et que j'aurais supprimée pour laisser la fin "planer" ; mais ce n'est qu'une préférence personnelle !  :)

Citer
je ne pensais à rien qu’à notre respiration alternée
=> cette phrase me fait toujours bugger (mais il n'y a peut-être que moi) : peut-être enlever le "à rien" ? ou pas...
Citer
Sans rien, ni personne
=> pas de virgule

parfois, tu mets une majuscule à "maman" et parfois pas, c'est normal ?

Citer
Et tout ce qu’il pouvait faire, désormais, c’était sourire tristement à la fenêtre.
=> :(
Citer
sans personne pour les retenir. Ni papa, ni maman.
=> j'aime bien !
Citer
J’étais une construction bizarre, hybride, mi femme-mi enfant. Parfois, je pensais être devenue une sorte de brouillon de moi-même.
=> c'est vrai qu'il y a une période un peu comme ça à un moment... je l'avais oubliée !  :o :o
Citer
Je me retrouvais, un beau soir d’été,
=> du coup "retrouvai" (passé simple, puisqu'"un beau soir d'été" indique que l'action est brève)
Citer
ma lourde poitrine de gouttes
=> :coeur:

À plus tard !
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

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Re : [Sollicite aide sur marche à suivre] Les Guilis de maman
« Réponse #8 le: 12 janvier 2019 à 00:53:59 »
Merci encore pour tes conseils Léilwën !
J'ai encore changé/ajouté des choses ^^
Je me sens hyper obsessionnelle avec mon texte, je suis "à fond dedans", c'est pas bien... x) 
/Ecalysta/

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Re : [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« Réponse #9 le: 15 janvier 2019 à 10:44:21 »
Bonjour Ecalysta,

J'ai lu ce que tu as posté dans l'appel à commentaires, et comme je te l'ai dit je passe commenter. Mais le dernier commentaire de Léilwën ne date que de 2 jours  ;) il faut laisser le temps au temps.

J'ai donc lu ton texte, il est fort en émotion et fait remonter chez le lecteur des souvenirs et des manques. Nous avons tous eu notre jeunesse, je n'ai jamais dormi dans le lit de mes parents par exemple, mais maman venait dans le mien lorsque j'étais malade. Bref, il ne s'agit pas de parler de moi mais de ton texte.

Ton écriture est simple et agréable à lire, je ne suis pas experte en la matière, mais j'ai relevé quelques formulations sur lesquelles j'ai accroché.

Citer
On pouvait entendre, par-dehors la fenêtre entrouverte sur le balcon, le bruissement des feuilles et le murmure des insectes d’une douce soirée d’été. Chez une famille voisine, le crépitement du charbon d’un barbecue accompagnait les éclats de rire étouffés par la distance. Moi, petite fille de cinq ans, blottie contre maman, je m’endormais un peu.
dehors tout court me semble plus adapté.

J'ai du mal à concevoir ici que le crépitement du charbon et les rires étouffés puissent se faire entendre en même temps, la puissance du son n'étant à mon sens pas la même. Si les rires, de par la distance, arrivent étouffés, alors je ne pense pas qu'on entendre le crépitement du charbon de  bois.   

Citer
Les deux matelas placés côte à côte créaient un lit immense, grand, si grand que l’on pouvait s’y perdre. « Il y a un creux entre le matelas de papa et de maman »,

il y a un creux entre le matelas de papa et celui de maman - ou - il y a un creux au milieu du lit pour ne pas répéter matelas mais on répète lit. Voir comment reformuler peut-être

Citer
Je jouais à m’y lotir, à m’y enfoncer et m’y loger. Je ne serais jamais vraiment tombée, coincée entre ces deux pressions douces, dans la chaleur de ces draps, avec le bruissement du vent sur les feuilles d’été.

Lotir me surprend - cela signifie partager un lot - entrer en possession d'un lot - à m'y blottir peut-être ?

Citer
Là, je montais sur toit de la maison familiale.
Il manque "le" devant toit.


Citer
Je prenais mon élan, une fois, deux fois. Quand j’étais sûre de moi, je sautais. J’arrivais sur un toit voisin. Je sautais encore, de toit en toit, de plus en plus fort, de plus en plus vite, jusqu'à m'envoler complètement. Alors j’étais dans le ciel, près des nuages. Je scrutais la terre, et forte d’un sentiment de toute-puissance, je sauvais toutes les personnes qui appelaient à mon secours. J’étais, toutes ces nuits, une héroïne. En tant que véritable héroïne, j’avais ma place auprès de toutes les figures des fictions que je connaissais grâce à la télévision, dans la chambre de maman. Je n'aurais jamais confié cela à personne, de peur que la confidence brise l’omnipotence de l’héroïne que je fantasmais
.

J'aime bien ce passage, sauf qu'il y a un peu trop de "toit" et "d'héroïne". Je sens bien que sans ces mots cet extrait serait moins percutant mais, à voir si tu ne pourrais pas formuler autrement pour supprimer ces répétitions. par exemple "je sautais d'une toiture à l'autre..."

Citer
Le sang me monta à la tête, et, d’un coup, je bondis de ma chaise, et j’attrapai le visage de mon bourreau, la meneuse du groupe. Je criai que je la haïssais, et que j’haïssais cette classe.
je haïssais (h aspiré) comme tu l'as bien écrit : je la haïssais.

Citer
J’avais déjà construit une maison pour moi et maman, et je lui en avais fermé la porte. C'était trop tard pour l’y faire rentrer. Je me disais que je n’aurais jamais pu l’y faire rentrer.
"l'y faire entrer" et la répétition après quasiment la même phrase pourrait être formulée autrement.

Citer
Le lit s’effondrait sous mon poids ; il m’aspirait, et je tombais dans le gouffre qui se créait. Dans ma chute, j’entendais une voix qui me hurlait de me défendre, au loin. Une autre voix pleurait doucement. Je voyais un sourire triste. Et je voyais ensuite une ronde de torchons autour de moi rire, et rire encore, rire toujours. Je voulais hurler, mais aucun son ne sortait de ma bouche, à cause du torchon qui s’enfonçait de plus en plus loin dans ma gorge.  Alors je me réveillais en sueur, tétanisée.
Un peu trop de "torchon" trouver des synonymes (tissu...)

Citer
Les lendemains, maman préparait mes vêtements.
J'ai lu au dessus "maman avait fait le choix de quitter la maison" je ne comprends pas bien en arrivant à ce paragraphe pourquoi la précision de ce détail si elle est toujours là. Puis j'ai lu aussi "celle qui me regardait de là-haut" - est-ce l'héroïne ou la maman ? C'est un peu flou pour le lecteur que je suis (mais c'est ma façon de lire peut-être).

Citer
Les jours qui suivaient, lors des repas de famille, personne n'évoquait ces incidents nocturnes.
J'aurais mis "les jours qui suivirent"


Citer
"Nous l'avons amenée à la maison. Il faut que tu viennes la voir."
Nous l'avons ramenée... c'est un retour.

Citer
Ainsi, je me retrouvai, un matin d’automne, dans la maison de mon enfance. C'était un de ces matins où le bruissement des feuilles n’est pas le même qu’en mes doux soirs d’été ; là où les feuilles de les toutes couleurs viennent mourir sur le sol, et s’en remettre à la terre qui les a nourris.
nourries (les feuilles)

Citer
Je me rendrai bientôt compte qu’elle ne se réveillerai jamais.
la concordance des temps me parait ici incorrecte. Et réveillerai ne s'accorde pas avec elle (réveillera ou réveillerait).
Je me rendis compte qu'elle ne se réveillerait jamais (je n'en suis pas très sûre)

Citer
Mon enfant, rond, rose, chaud, avait une expression de profonde sérénité et semblait savoir être parfaitement à sa place, là, sur ma lourde poitrine de gouttes. "Il est comme moi", pensais-je. Il semblait avoir oublié que son papa était toujours dans le lit de sa maman.
semblait savoir être - trois verbes successifs c'est un peu biscornu comme formulation.


En conclusion : j'ai apprécié ma lecture approfondie, sur le fond je trouve que c'est une belle histoire, un plongeon intime dans les ressentis d'une petite fille couvée par sa mère et qui sort difficilement du cocon maternel.

Remarque générale : il y a tout de même pas mal de répétitions, de redondances dans tout le texte. Si certaines sont nécessaires d'autres pourraient être évitées.

Bon courage pour la correction, je reviendrai te lire si tu le désires après rectifications éventuelles. (si nécessaire envoie moi un mp)

Et je répète, j'ai pu oublier des détails, certaines remarques sont peut-être infondées, je ne suis qu'un amateur en matière de littérature... donc mon avis est subjectif.

 ;) ;)
« Modifié: 15 janvier 2019 à 10:46:31 par Claudius »
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Re : Re : [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« Réponse #10 le: 16 janvier 2019 à 04:10:00 »
Bonjour Ecalysta,

J'ai lu ce que tu as posté dans l'appel à commentaires, et comme je te l'ai dit je passe commenter. Mais le dernier commentaire de Léilwën ne date que de 2 jours  ;) il faut laisser le temps au temps.

J'ai donc lu ton texte, il est fort en émotion et fait remonter chez le lecteur des souvenirs et des manques. Nous avons tous eu notre jeunesse, je n'ai jamais dormi dans le lit de mes parents par exemple, mais maman venait dans le mien lorsque j'étais malade. Bref, il ne s'agit pas de parler de moi mais de ton texte.

Ton écriture est simple et agréable à lire, je ne suis pas experte en la matière, mais j'ai relevé quelques formulations sur lesquelles j'ai accroché.

Citer
On pouvait entendre, par-dehors la fenêtre entrouverte sur le balcon, le bruissement des feuilles et le murmure des insectes d’une douce soirée d’été. Chez une famille voisine, le crépitement du charbon d’un barbecue accompagnait les éclats de rire étouffés par la distance. Moi, petite fille de cinq ans, blottie contre maman, je m’endormais un peu.
dehors tout court me semble plus adapté.

J'ai du mal à concevoir ici que le crépitement du charbon et les rires étouffés puissent se faire entendre en même temps, la puissance du son n'étant à mon sens pas la même. Si les rires, de par la distance, arrivent étouffés, alors je ne pense pas qu'on entendre le crépitement du charbon de  bois.   

Citer
Les deux matelas placés côte à côte créaient un lit immense, grand, si grand que l’on pouvait s’y perdre. « Il y a un creux entre le matelas de papa et de maman »,

il y a un creux entre le matelas de papa et celui de maman - ou - il y a un creux au milieu du lit pour ne pas répéter matelas mais on répète lit. Voir comment reformuler peut-être

Citer
Je jouais à m’y lotir, à m’y enfoncer et m’y loger. Je ne serais jamais vraiment tombée, coincée entre ces deux pressions douces, dans la chaleur de ces draps, avec le bruissement du vent sur les feuilles d’été.

Lotir me surprend - cela signifie partager un lot - entrer en possession d'un lot - à m'y blottir peut-être ?

Citer
Là, je montais sur toit de la maison familiale.
Il manque "le" devant toit.


Citer
Je prenais mon élan, une fois, deux fois. Quand j’étais sûre de moi, je sautais. J’arrivais sur un toit voisin. Je sautais encore, de toit en toit, de plus en plus fort, de plus en plus vite, jusqu'à m'envoler complètement. Alors j’étais dans le ciel, près des nuages. Je scrutais la terre, et forte d’un sentiment de toute-puissance, je sauvais toutes les personnes qui appelaient à mon secours. J’étais, toutes ces nuits, une héroïne. En tant que véritable héroïne, j’avais ma place auprès de toutes les figures des fictions que je connaissais grâce à la télévision, dans la chambre de maman. Je n'aurais jamais confié cela à personne, de peur que la confidence brise l’omnipotence de l’héroïne que je fantasmais
.

J'aime bien ce passage, sauf qu'il y a un peu trop de "toit" et "d'héroïne". Je sens bien que sans ces mots cet extrait serait moins percutant mais, à voir si tu ne pourrais pas formuler autrement pour supprimer ces répétitions. par exemple "je sautais d'une toiture à l'autre..."

Citer
Le sang me monta à la tête, et, d’un coup, je bondis de ma chaise, et j’attrapai le visage de mon bourreau, la meneuse du groupe. Je criai que je la haïssais, et que j’haïssais cette classe.
je haïssais (h aspiré) comme tu l'as bien écrit : je la haïssais.

Citer
J’avais déjà construit une maison pour moi et maman, et je lui en avais fermé la porte. C'était trop tard pour l’y faire rentrer. Je me disais que je n’aurais jamais pu l’y faire rentrer.
"l'y faire entrer" et la répétition après quasiment la même phrase pourrait être formulée autrement.

Citer
Le lit s’effondrait sous mon poids ; il m’aspirait, et je tombais dans le gouffre qui se créait. Dans ma chute, j’entendais une voix qui me hurlait de me défendre, au loin. Une autre voix pleurait doucement. Je voyais un sourire triste. Et je voyais ensuite une ronde de torchons autour de moi rire, et rire encore, rire toujours. Je voulais hurler, mais aucun son ne sortait de ma bouche, à cause du torchon qui s’enfonçait de plus en plus loin dans ma gorge.  Alors je me réveillais en sueur, tétanisée.
Un peu trop de "torchon" trouver des synonymes (tissu...)

Citer
Les lendemains, maman préparait mes vêtements.
J'ai lu au dessus "maman avait fait le choix de quitter la maison" je ne comprends pas bien en arrivant à ce paragraphe pourquoi la précision de ce détail si elle est toujours là. Puis j'ai lu aussi "celle qui me regardait de là-haut" - est-ce l'héroïne ou la maman ? C'est un peu flou pour le lecteur que je suis (mais c'est ma façon de lire peut-être).

Citer
Les jours qui suivaient, lors des repas de famille, personne n'évoquait ces incidents nocturnes.
J'aurais mis "les jours qui suivirent"


Citer
"Nous l'avons amenée à la maison. Il faut que tu viennes la voir."
Nous l'avons ramenée... c'est un retour.

Citer
Ainsi, je me retrouvai, un matin d’automne, dans la maison de mon enfance. C'était un de ces matins où le bruissement des feuilles n’est pas le même qu’en mes doux soirs d’été ; là où les feuilles de les toutes couleurs viennent mourir sur le sol, et s’en remettre à la terre qui les a nourris.
nourries (les feuilles)

Citer
Je me rendrai bientôt compte qu’elle ne se réveillerai jamais.
la concordance des temps me parait ici incorrecte. Et réveillerai ne s'accorde pas avec elle (réveillera ou réveillerait).
Je me rendis compte qu'elle ne se réveillerait jamais (je n'en suis pas très sûre)

Citer
Mon enfant, rond, rose, chaud, avait une expression de profonde sérénité et semblait savoir être parfaitement à sa place, là, sur ma lourde poitrine de gouttes. "Il est comme moi", pensais-je. Il semblait avoir oublié que son papa était toujours dans le lit de sa maman.
semblait savoir être - trois verbes successifs c'est un peu biscornu comme formulation.


En conclusion : j'ai apprécié ma lecture approfondie, sur le fond je trouve que c'est une belle histoire, un plongeon intime dans les ressentis d'une petite fille couvée par sa mère et qui sort difficilement du cocon maternel.

Remarque générale : il y a tout de même pas mal de répétitions, de redondances dans tout le texte. Si certaines sont nécessaires d'autres pourraient être évitées.

Bon courage pour la correction, je reviendrai te lire si tu le désires après rectifications éventuelles. (si nécessaire envoie moi un mp)

Et je répète, j'ai pu oublier des détails, certaines remarques sont peut-être infondées, je ne suis qu'un amateur en matière de littérature... donc mon avis est subjectif.

 ;) ;)

Bonjour Claudius,

Je te remercie pour ta lecture et tes corrections.
Je ne suis pas sûre, au final, de vouloir vraiment envoyer ce texte. Je doute beaucoup, d'une part à cause de l'impression générale de nombrilisme qui s'en dégage (c'est le mot que je voulais employer plutôt qu'impudique), d'autre part car je me perds un peu dans la narration et cela manque de fluidité aussi. Je ne l'ai pas écrit en sachant bien où j'allais, et j'ai peur que le lecteur se trouve sur un siège éjectable vers des cieux inconnus.
Je doute pas mal, en prenant du recul sur ce texte.
Je ne sais pas si je vais continuer ou bien me lancer dans un nouvel écrit :/
Mais je prends en compte tes remarques, et les garde, au cas-où.
Merci encore pour ton avis.
Esther
« Modifié: 16 janvier 2019 à 04:13:49 par Ecalysta »
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Re : [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« Réponse #11 le: 18 janvier 2019 à 12:49:44 »
J'ai terminé la relecture de ton texte. Il y a des répétitions et des redondances à corriger. Tu dévalorise ton texte. Il m'a beaucoup touchée et je ne le trouve pas nombriliste du tout. Tu décris très bien une petite fille couvée par sa maman, qui quitte son confort avec beaucoup de difficultés pour trouver la méchanceté et la jalousie des autres. Elle évolue, elle sèche ses larmes et devient elle-même mère. C'est un voyage dans l'âme d'une femme qui évolue et qui réfléchit sur sa vie. Il n'y a aucun nombrilisme là-dedans. Je me suis facilement identifiée à ton personnage. Des passages intéressants comme la mort de la mère : pilier de son enfance sont peut-être à travailler, à approfondir. Si tu te sens mal dans ton histoire, ne la publie mais elle est vraie,  humaine. Par contre, il me faut ton mail pour que je t'envoie la correction : des commentaires sur word qui n'apparaissent pas dans ce site. A bientôt !

Hors ligne Ecalysta

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Re : [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« Réponse #12 le: 18 janvier 2019 à 13:23:59 »
J'ai terminé la relecture de ton texte. Il y a des répétitions et des redondances à corriger. Tu dévalorise ton texte. Il m'a beaucoup touchée et je ne le trouve pas nombriliste du tout. Tu décris très bien une petite fille couvée par sa maman, qui quitte son confort avec beaucoup de difficultés pour trouver la méchanceté et la jalousie des autres. Elle évolue, elle sèche ses larmes et devient elle-même mère. C'est un voyage dans l'âme d'une femme qui évolue et qui réfléchit sur sa vie. Il n'y a aucun nombrilisme là-dedans. Je me suis facilement identifiée à ton personnage. Des passages intéressants comme la mort de la mère : pilier de son enfance sont peut-être à travailler, à approfondir. Si tu te sens mal dans ton histoire, ne la publie mais elle est vraie,  humaine. Par contre, il me faut ton mail pour que je t'envoie la correction : des commentaires sur word qui n'apparaissent pas dans ce site. A bientôt !

Bonjour Cat38,

D'abord merci pour ton message.
Je me sens peut-être trop proche de la narratrice, c'est pourquoi ce texte, au final, m'a dégoûtée; littéralement, je n'en voulais plus.

Je serais tout de même contente d'avoir tes suggestions, si tu veux, même si je travaille sur un nouveau texte en ce moment.
Je serai ravie d'en discuter avec toi par mail.
Merci
Eshter

PS : ecalystacalypso@gmail.com
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Re : [Nouvelle, AT ? ] Les guilis de maman
« Réponse #13 le: 19 janvier 2019 à 09:40:56 »
Merci ! C'est noté

 


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