Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 mars 2019 à 05:28:30

Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions (Modérateurs: Milora, Aube, Ben.G) » Précoces, surdoués, etc.

Auteur Sujet: Précoces, surdoués, etc.  (Lu 3415 fois)

Hors ligne Nacas

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #15 le: 17 décembre 2018 à 17:06:03 »
On peut le perdre ?
Maybe there's a reason, maybe there's a rhyme
Maybe I'll figure it out, some other time...

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #16 le: 17 décembre 2018 à 18:09:13 »
Nacas :

Perdre quoi ?

Erwan :

Le diag de HPI / THPI n'est pas tellement posé par des psychiatres à ma connaissance ; j'ai même réalisé l'intégralité de mes études sans jamais en entendre parler en cours ni en stage, ce n'est que lors de mon avant-dernier semestre qu'un patient m'a présenté le site des Tribulations d'un petit zèbre... (Et mes différents chefs ne semblent pas s'être intéressés à ce dépistage). Du coup je pense que c'est plutôt qqch qui a un regain d'intérêt chez les psychologues ces derniers temps. J'ai l'impression qu'avant, c'était plutôt utilisé dans un contexte scolaire ; par exemple les profs ont voulu nous faire passer des tests à ma jumelle et moi avant qu'on saute une classe. Dans cette situation, le biais est tout autre : il sélectionne les personnes qui arrivent à utiliser leur THPI efficacement en classe ; donc a priori qui au moins dans un domaine (le domaine scolaire) sont les surdoués les moins en souffrance. J'ai l'impression que c'est + récemment qu'on s'est intéressé aux surdoués qui ne correspondaient pas forcément au cliché du premier de classe, et encore plus récemment il me semble qu'on s'est intéressé à ceux qui avaient un profil scolaire moyen (après les premiers de classe on a découvert aussi le cliché de celui qui lâche complètement prise sur le scolaire ; mais il y en a aussi qui sont tout simplement dans la moyenne). Bref, le dépistage ne se fait pas ou peu dans le milieu médical (ou alors j'ai travaillé dans deux régions vraiment à la traîne ?), ce sera plutôt via les psychologues et beaucoup le milieu scolaire ; et beaucoup aussi l'auto-dépistage, les gens qui se questionnent et se renseignent là-dessus puis consultent d'eux-mêmes (alors certes ce sera peut-être des personnes qui ont un mal-être récurrent, mais pas que ; et à l'inverse je pense que les personnes dont la vie est totalement à feu et à sang n'ont malheureusement pas le temps d'aller se questionner et se renseigner là-dessus ; pas plus que ceux qui ont une estime d'eux-mêmes définitivement chutée et ne risquent donc pas de s'auto-dépister...). Donc oui, il y a un biais de sélection chez les personnes dépistées, mais je ne suis pas sûre que ce biais soit vers le "trop pathologique", peut-être même au contraire.

Aube a raison concernant toutes les différentes formes d'intelligence...
Cela dit même en se cantonnant à la définition académique de l'intelligence, pour moi ce n'est pas contre-intuitif du tout d'imaginer l'intelligence comme un handicap. Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse. Le problème à mes yeux c'est la notion de décalage par rapport au reste du monde. Et comme on utilise des termes valorisants ou dévalorisants (intelligent / déficient, haut / bas pour le QI...), la notion implicite de "supériorité" me gêne et passe très mal pour essayer d'expliquer le décalage que l'on peut ressentir. Dans tous les cas quand tu as une façon de fonctionner et que tout le reste du monde fonctionne autrement, que ce soit en terme de rythme (rapide ou lent) ou de façon de penser... Quand tu dois réexpliquer chaque question, que les réponses ne te conviennent pas ; bref, la différence crée de l'incompréhension, l'incompréhension permanente crée de la fatigue ou du découragement. Et comme le disait Aube les structures scolaires ou le monde du travail sont façonnés pour la majorité des gens, pas pour les minorités. Du coup intuitivement le trop haut potentiel me semble plus volontiers un poids (et ça semble être l'avis de la majorité des professionnels qui écrivent sur le sujet). Même quand il n'y a pas d'autisme associé, ce n'est pas de la neurotypie pour autant. Mais je me renseignerai auprès d'une collègue plus expérimentée qui te donnera peut-être un avis différent.

Aube :

Citer
Ariane en parlerait sûrement mieux que moi

En fait, non  :-[ comme je le disais ce n'est pas inclus dans la formation de base de psychiatrie... J'ai beaucoup lu sur le sujet mais tout en diagonale ^^ car rien ne m'a semblé suffisamment carré pour pouvoir être retenu comme une vérité incontestable. Je commence à m'y connaître un peu (du fait de l'impact que ça peut avoir parfois pour comprendre une personne et faire la part des choses entre juste THPI ou THPI + TSA) mais beaucoup de choses restent très floues.

L'une des principales limites pour moi dans les études sur les surdoués, c'est que pour beaucoup d'entre elles je ne sais pas si les diagnostics différentiels de TDAH ou de TSA ont été écartés (le plus intéressant d'ailleurs ce ne serait pas de les écarter complètement mais de faire des sous-groupes), ou s'ils l'ont été, je ne sais pas toujours la fiabilité du diagnostic différentiel qui a été effectué (notamment pour les TSA : ont-ils vraiment écarté les formes légères ou efficacement "camouflées" ?). Du coup chaque fois que je lis des descriptions de personnes THPI j'ai l'impression de retrouver des caractéristiques proches du TDAH ou des TSA, en ne sachant pas trop comment interpréter tout ça.



Un jour je m'y plongerai pour de bon mais vu ma tendance à avoir besoin de tout vérifier par moi-même, surtout pour ce type de biais, ça va me prendre beaucoup beaucoup de temps...
« Modifié: 17 décembre 2018 à 22:49:03 par Ariane »

Hors ligne Nacas

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #17 le: 17 décembre 2018 à 18:12:42 »
On peut perdre le point de caractéristique Surdoué ?
Maybe there's a reason, maybe there's a rhyme
Maybe I'll figure it out, some other time...

Hors ligne Ariane

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #18 le: 17 décembre 2018 à 18:29:45 »
Objectivement, non...
(Subjectivement, j'aurais envie de te dire "oui, pendant la grossesse"  :mrgreen: ).

Après ça peut être vécu différemment selon l'âge et les périodes et du coup ça peut donner l'impression de se modifier. Il y a plein de choses qui impactent sur la concentration et du coup les capacités intellectuelles, la mémorisation, la compréhension... Par exemple le manque de sommeil, les angoisses, la dépression (ou également toute maladie psychiatrique aiguë).
« Modifié: 18 décembre 2018 à 12:33:49 par Ariane »

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #19 le: 17 décembre 2018 à 19:14:04 »

Aube a raison concernant toutes les différentes formes d'intelligence...
Cela dit même en se cantonnant à la définition académique de l'intelligence, pour moi ce n'est pas contre-intuitif du tout d'imaginer l'intelligence comme un handicap. Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse. Le problème à mes yeux c'est la notion de décalage par rapport au reste du monde. Et comme on utilise des termes valorisants ou dévalorisants (intelligent / déficient, haut / bas pour le QI...), la notion implicite de "supériorité" me gêne et passe très mal pour essayer d'expliquer le décalage que l'on peut ressentir. Dans tous les cas quand tu as une façon de fonctionner et que tout le reste du monde fonctionne autrement, que ce soit en terme de rythme (rapide ou lent) ou de façon de penser... Quand tu dois réexpliquer chaque question, que les réponses ne te conviennent pas ; bref, la différence crée de l'incompréhension, l'incompréhension permanente crée de la fatigue ou du découragement. Et comme le disait Aube les structures scolaires ou le monde du travail sont façonnés pour la majorité des gens, pas pour les minorités. Du coup intuitivement le trop haut potentiel me semble plus volontiers un poids (et ça semble être l'avis de la majorité des professionnels qui écrivent sur le sujet). Même quand il n'y a pas d'autisme associé, ce n'est pas de la neurotypie pour autant. Mais je me renseignerai auprès d'une collègue plus expérimentée qui te donnera peut-être un avis différent.


Oui, c'est vrai que dans le titre 'haut potentiel', on voit mal où est le problème  :mrgreen: Ils ont pas choisit un nom qui aide les gens à comprendre. S'ils avaient dit à haut potentiel d'atypie, on aurait plus vite compris... Car j'ai l'impression d'après ce que tu dis que ça revient surtout à ça ; bien plus qu'à la question de l'intelligence en tant que telle, c'est la différence de fonctionnement qui est source d'ennui. Là je comprends mieux et ça ne me semble plus paradoxal... Bon, après, moi je ne saurais jamais si je suis THPI car je suis éthiquement contre ces tests (pour des risques de dérives eugénistes, c'est peut-être con, mais bon...), mais je sais que je suis Haut Potentiel d'Atypie (et d'emmerdes en tout genre, de fait). Là OK, j'arrive à suivre  ;)

En tout cas, merci pour ces précisions Arianne et Aube.  :)
Edit : pardon pour la faute  ;)
« Modifié: 17 décembre 2018 à 20:31:14 par Erwan »

Hors ligne Ariane

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #20 le: 17 décembre 2018 à 19:22:01 »
Citer
Ils ont pas choisit un nom qui aide les gens à comprendre.
C'est pour ça que ce nom ne cesse de changer et qu'on se retrouve avec plein de termes différents mais aucun qui ne soit parfait. (Par exemple "surdoué" est très moche mais plus proche du langage courant, alors que j'aime bien "zèbre", mais au vu de la façon dont c'est utilisé ça sonne pour moi un peu super investi et super passionné par les THPI... dans l'idée pourtant j'aime bien ce petit "zèbre").

Citer
En tout cas, merci pour ces précisions Arianne et Aube.  :)
De rien :)
J'ai une dernière précision...
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Hors ligne cochonsauvage

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #21 le: 17 décembre 2018 à 20:26:35 »
Je m'absente un jour, le sujet fait débat et j'adore ça  :) :)
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Cela dit même en se cantonnant à la définition académique de l'intelligence, pour moi ce n'est pas contre-intuitif du tout d'imaginer l'intelligence comme un handicap. Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse.
.

Je te rejoins Ariane, être surdoué et plus encore précoce peut être vécu comme un handicap.

Notre société, jusqu’il y a peu avait tendance à tout vouloir uniformiser, calandrer, classer, mettre dans des cases. Il en résultait une exclusion des enfants issus des classes ouvrières notamment, non diagnostiqués précoces, mais qui en présentaient toutes les caractéristiques. De grandes souffrances et des échecs scolaires en ont découlé. Je parle de classe ouvrière car c'est un sujet que je connais.

Aujourd'hui la tendance est tout autre puisque les précoces et les surdoués (l'un ne va pas forcément avec l'autre) sont très souvent diagnostiqués et les parents informés.

La prise en charge de ces enfants différents n'est pas simple car il existe différents stades de précocité. Mais des structures se créent et les langues se délient. Au final j'ai le sentiment (et l'expérience) que cela va dans le bon sens.

Pour info et ceux que cela intéresse, je traite de ce sujet dans mon dernier roman  ;)
"Je connais un critique qui est en même temps auteur... ce qui le met en tant qu'auteur dans une situation critique !"
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Hors ligne Ambriel

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #22 le: 17 décembre 2018 à 20:45:20 »
Tu distingue précoce et surdoué.e ? C'est quoi la différence  ?
Tu sais, j'ai pas confiance, j'ai pas confiance en moi
Tu sais j'ai pas d'espérance, et j'meurs, tout ça tout ça

- Louise Attaque -

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #23 le: 17 décembre 2018 à 21:02:37 »
Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse.

Tient, j'étais passé un peu vite sur cette phrase... Pourquoi prétentieuse ? Je ne comprends pas  :\?

"Zèbre", c'est déjà mieux, parce que ça ne laisse pas supposer de supériorité ou d'infériorité. Par ailleurs, je n'ose même pas imaginer les gens à qui on diagnostique une déficience intellectuelle... Comment font les médecins (ou psychologues) pour ne pas que les patients pensent qu'on leur annonce qu'ils sont cons ? Le mot intelligence est tellement connoté... Peut-être comme disait Aube, que le problème vient de cette échelle linéaire, qui parle plus de performance que de différence. Et les termes employés suivent du coup la même veine.

En tout cas, je m'endormirais moins bête ce soir. Honnêtement, j'avais une vue négative sur ces diagnostics THQI à cause des mots justement. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser que c'était prétentieux de mesurer l'intelligence, élitiste, limite eugéniste comme notion. Et du coup, ça m’énervait que des soignants puissent utiliser cela, parce que je ne comprenais pas quel intérêt thérapeutique ça pouvait avoir. Maintenant, avec le recul, je me rends compte que c'est plus complexe, mais aussi que ma réaction n'était pas infondée, vue les titres employés, tous de connotation "positive/négative" (haut potentiel, déficience...), et faisant référence à une plus ou moins haute "performance". Il n'y a que zèbre qui sort du lot de ce point de vue, et du coup j'aime bien aussi.


Citer
Tu distingue précoce et surdoué.e ? C'est quoi la différence  ?
Sur wikipédia ils disent :
Citer
Un surdoué est un enfant — aussi dit « enfant intellectuellement précoce » ou « à haut potentiel » — ou un adulte dont les capacités intellectuelles dépassent la norme.
Apparemment, ils disent que c'est l'éducation nationale qui les appelle comme ça. https://fr.wikipedia.org/wiki/Surdou%C3%A9 (il y a toute une partie sur la clarification du vocabulaire, justement, ils commencent par là, les bougres de wikipédiens, dont à mon avis un certains nombre sont des zèbres, mais je ne dénonce pas...).

Comme dit Ariane, il y a l'air d'avoir plein de termes qui parlent plus où moins de la même chose... Mais là encore, je n'aime pas qu'ils disent "dépassent" la norme et non "diffèrent". C'est con, mais moi ça me touche énormément, ça... Ou alors ce n'est que moi qui fait une fixation sur ce truc de non-jugement etc.

Hors ligne Ariane

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #24 le: 17 décembre 2018 à 21:52:59 »
Citation de: Cochon sauvage
Aujourd'hui la tendance est tout autre puisque les précoces et les surdoués (l'un ne va pas forcément avec l'autre) sont très souvent diagnostiqués et les parents informés.
Personnellement j'ai appris l'inverse, que tous ces termes différents sont des synonymes. Il me semblait que c'était le positionnement de la majorité des auteurs.
Pour le "très souvent diagnostiqués", c'est une notion qui vient d'où ?

Et du coup je suis curieuse : pour avoir l'assurance de traiter de cela dans un roman, d'où te viennent tes connaissances et quel type de roman ce serait ?


Citation de: Erwan
Comment font les médecins (ou psychologues) pour ne pas que les patients pensent qu'on leur annonce qu'ils sont cons ? Le mot intelligence est tellement connoté...

Ben en fait ça me semble une bonne question  :-[ perso j'essaye d'en parler toujours avec délicatesse (mais je n'ai pas à faire d'annonce, ce sont les psycho qui font passer les tests), avec des euphémismes et tout, ou au besoin de rappeler que ça montre des difficultés pour certains domaines mais que ça ne mesure pas tout, etc etc... Mais ça me met mal à l'aise. J'ai parfois été réticente quand mes collègues voulaient faire passer des tests à qqn, je me demande toujours ce que ça va lui apporter ou pas, tout en craignant l'impact pour son estime de soi. Peut-être que je suis excessive dans ce sens-là. Parce que concrètement ça peut apporter beaucoup, si ça aide à se diriger vers un parcours scolaire plus adapté, un respect de son rythme dans l'environnement du travail, ou bien des aides au quotidien. J'ai jamais eu personne qui se soit plaint de son diagnostic - mais ça veut rien dire vu ma faible expérience.


C'est gênant la tendance à mettre tout et tout le monde dans des cases, et en même temps, j'aime beaucoup ce travail de compréhension de toutes les différentes façons de penser au monde. Pour cela on est obligé de passer par le fait de mettre des mots sur des groupes de personnes, parce que pour comprendre il faut des mots, même quand on a conscience que ce n'est qu'une modélisation de la réalité et que dans le réel il existe tous les intermédiaires ou tous les mélanges de modes de pensée possibles. On essaye d'adapter les concepts au réel (par exemple l'autisme qui est devenu un spectre au lieu d'être une boîte divisée en sous-catégories) mais ce n'est jamais parfait. Pour autant je pense que c'est en comprenant les gens qu'on peut s'adapter à eux et aller vers eux au lieu de toujours leur demander l'inverse.


Edit :
Je n'étais pas super convaincue par la référence Wikipedia mais j'avoue que leur explication sur le vocabulaire est très bien faite.
« Modifié: 17 décembre 2018 à 22:56:18 par Ariane »

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #25 le: 18 décembre 2018 à 08:53:07 »
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Pour le "très souvent diagnostiqués", c'est une notion qui vient d'où ?

Ariane -> De l’éducation nationale. L’éducation nationale organise régulièrement des réunions d’information pour aider les professeurs à détecter les enfants précoces et les enfants surdoués. Les professeurs sont ensuite assistés par des psychologues scolaires, et d'autres organismes plus spécialisés dans ce domaine. Je suis proche de l’éducation nationale et des problèmes de précocité et des enfants surdoués.

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Tient, j'étais passé un peu vite sur cette phrase... Pourquoi prétentieuse ? Je ne comprends pas 

Erwan -> Je pense qu’Ariane a été diagnostiquée en tant que précoce ou qu’elle a dans son entourage proche quelqu’un qui réponds aux critères de la précocité  / surdoué. Parler de sois surtout pour un précoce est très compliqué car souvent le discours est interprété comme étant du narcissisme. Or il n’en est rien.

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Tu distingue précoce et surdoué.e ? C'est quoi la différence  ?

Ariane -> La précocité peut se résumer en une hyper sensibilité. Cette hyper sensibilité s’accompagne d’une capacité de compréhension hors norme et une boulimie de connaissance.
Le développement affectif et social n’est pas en reste puisque l’enfant précoce aura d’énormes difficultés à s’intégrer dans les groupes d’enfants et préférera s'intercaler dans les discussions d’adultes, (ce qui agace la plupart du temps).
Un enfant précoce n’est pas forcément surdoué, j’ai vu des enfants précoces qui avaient des difficultés d’apprentissage. C’est un problème et une grande souffrance supplémentaire pour eux car leur soif de connaissance leur demande de redoubler d’efforts pour être assouvie.
L’enfant précoce ne supporte pas les injustices et ressent le besoin de fourrer son nez partout pour rétablir ce qu’il pense être juste. Lorsqu’il entend un discours qu’il estime erroné, il ne peut s’empêcher de contredire son interlocuteur pour le corriger. Cela passe souvent pour de la prétention.
La compréhension du monde et des problématiques sociétales par un enfant précoce seront bien différentes d'un enfant "normal".
Enfin et j'oubliai l'essentiel, le cerveau d'un enfant précoce ne se met jamais en pause. Il est incapable de ne penser à rien.
A titre d'exemple, en voiture, il comptera les lignes blanches au sol, les arbres, les oiseaux, les classera par catégories avant d'un faire des statistiques. Il faut toujours qu'il occupe ses pensées par une réflexion ou un travail impliquant l'analyse et la logique.

C’est un sujet très vaste, des forums et de nombreux livres traitent du sujet bien mieux que je ne saurais le faire.

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Et du coup je suis curieuse : pour avoir l'assurance de traiter de cela dans un roman, d'où te viennent tes connaissances et quel type de roman ce serait ?

Ariane -> Pour ce qui est de mon roman, il ne fait que brosser le portrait d’un être de papier "précoce" qui s'ignore pour lui donner une consistance différente et atypique par rapport aux autres protagonistes. Si cela t'intéresse, il est lisible sur le forum dans la section textes longs .

Ce que je sais du sujet est basé sur mes expériences, mes lectures et d'échanges lors de conférences.
« Modifié: 18 décembre 2018 à 09:23:41 par cochonsauvage »
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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #26 le: 18 décembre 2018 à 09:53:36 »
D'accord, merci beaucoup pour ces infos.

C'est intéressant de voir le regard de l'éducation nationale. Encore une fois il me semble que la distinction entre surdoué et précoce n'est pas consensuelle dans le milieu des soins / de la psychologie, du coup ça me surprend qu'on vous apprenne qqch d'aussi tranché. (Au fait, tu t'adresses à moi mais c'était une question d'Ambriel, moi ma position c'était que c'était synonyme).

Edit : Du coup tu n'as pas mentionné les tests de QI dans tout ça ? Ils vous enseignent quoi comme cut-off ? Ou alors ils s'en passent ? Est-ce que c'est l'histoire de QI total ou bien QI élevé dans un seul sous-domaine ?

Tu sais que ta description de l'enfant HPI reprend énormément de caractéristiques qui font forme légère d'autisme / syndrome d'Asperger ? Or ces formes ne sont pas toujours diagnostiquées loin de là. Du coup c'est pour ça que j'ai du mal avec les généralités sur les enfants précoces, j'aimerais bien voir des stats où les troubles souvent associés à un haut potentiel intellectuel sont écartés de façon fiable.

Pour ton roman je trouve ça chouette vu sous cet angle, je le lirai peut-être un jour mais actuellement je peux pas du tout m'investir dans la lecture d'un texte long... malheureusement.
« Modifié: 18 décembre 2018 à 10:01:37 par Ariane »

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #27 le: 18 décembre 2018 à 10:13:27 »
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du coup ça me surprend qu'on vous apprenne qqch d'aussi tranché.
Ariane -> Attention, je n'ai pas écris que l'éducation nationale affirmait que la frontière entre précocité et surdoué était tranchée. Ce que je voulais dire c'est que l'éducation nationale s'intéresse de très prêt à ces problématiques. La prise en charge des enfants sortant du lot nécessite parfois l'intervention d'une aide supplémentaire au sein d'une classe, voire la réorientation de l'enfant vers une classe spécialisée dans certains cas.

La précocité va souvent de pair avec les enfants surdoués mais ce n'est pas systématique. Il y différentes formes et degrés de précocité comme il y a différentes formes et stades dans l'intelligence.

C'est toute la difficulté. Il y a autant de variantes que d'enfants. D'où la difficulté de prise en charge. De plus et comme tu l'as très justement souligné, ces symptômes se retrouvent également dans d'autres pathologies comme l'autisme ou le syndrome d'Asperger.

Le grand progrès il me semble, c'est la prise de conscience par l'éducation nationale des différences alors que pendant des années, la tendance était à l'uniformisation.

De grands progrès restent néanmoins à faire.

Les frontières sont parfois bien minces voire même floues.
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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #28 le: 18 décembre 2018 à 10:42:00 »
Si c'est ce que tu décris, je peux affirmer que je ne le suis pas.
Compter et classer, j'aime pas. De ce que je me souviens, les conversations d'adultes m'ennuyaient quand j'étais gamine, je n'avais pas une capacité de compréhension hors norme ni une énorme soif de connaissances.
Par contre préado/ ado je trouvais souvent inconsciemment les gens peu matures.



Tout ça paraît bien complexe.
En tout cas dans ma scolarité on ne nous a jamais parlé de surdoué ou précoce.
Tu sais, j'ai pas confiance, j'ai pas confiance en moi
Tu sais j'ai pas d'espérance, et j'meurs, tout ça tout ça

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Re : Précoces, surdoués, etc.
« Réponse #29 le: 18 décembre 2018 à 10:47:08 »
Précoce et surdoué c'est des synonymes en milieu de soin.
On est passé de surdoué à précoce par correction politique et c'est bien parce que c'est un terme assez trompeur (cf la réaction d'Erwan)
On est passé de précoce à zèbre parce que précoce occultait la problématique de l'adulte surdoué qui fut mise en lumière biiiiien après les premiers travaux sur les enfants surdoués.
Zèbre est une proposition venant, à ma connaissance, des concernés, pour faire état d'une différence de fonctionnement plutôt qu'une différence de performance.
THPI c'est une appellation pragmatique qui vient du milieu des soins je crois.

 


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