Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

22 janvier 2019 à 16:16:38

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Le blizzard de tes rêves

Auteur Sujet: Le blizzard de tes rêves  (Lu 365 fois)

Hors ligne Ariane

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Le blizzard de tes rêves
« le: 10 décembre 2018 à 20:00:57 »
Le blizzard de tes rêves


       Le blizzard de tes rêves colore le dessous de mes paupières.
       J'ai pris l'habitude de t'entendre parler en dormant. Chacun de tes mots, mal articulé, murmuré, chuchoté ou brusquement accentué, dessine des ondes de peinture sous le rouge et le noir de mon monde clos. Je me laisse bercer davantage par les couleurs que par les sons. Notes de bleu, de jaune, d'ecchymose.
       J'ai pris l'habitude de ton odeur du matin. Gel douche et shampoing. Puis le moment qui me déplaît : quand tu appliques ton parfum. Il vient masquer tout ce qui te fait toi. Il habille ta nudité naïve à la peau mouillée. C'est ta touche de défense avant de sortir affronter la ville. Le soir, pourtant, j'aime le retrouver.
       Tes mots.
       Tes couleurs.
       L'image de tes cils qui adoucissent chacun des mouvements de ton regard, effleurant l'air de ta timidité tandis que tu évites mes yeux trop sombres. Le goût de ta langue, sa façon de se mouvoir ; la texture de ta peau – le relief très discret de ton unique tatouage, un lotus au milieu de ton dos, dentelé de noir.
       Tes frissons sous mes lèvres.
       Et aujourd'hui, tes cris. Tes pleurs qui déchirent le jour.
       Le blizzard de tes hurlements dessine des images glaçantes. Je suis amorphe, muet, plaqué de plomb, métamorphosé de coton. Je n'ai plus un seul geste pour t'apaiser – en trois ans, je te les ai tous donnés. J'attends que la crise passe et je me hais de patienter aussi stoïquement, implacable, seulement importuné par ce que dessinent tes cris. En trois ans, je crois que tu as dévoré toute mon empathie. Je sais que mon indifférence te déchire. Mais j'ai dû me construire une forteresse de glace – pour survivre.
       Le blizzard de tes rêves colore le dessous de mes paupières...
       Il paraît que les rêves sont des entraînements aux émotions, des entraînements à la vie. Je ne sais pas à quoi tu t'entraînes, mais ça me paraît vain.Tes crises perdurent chaque jour. De mes lèvres je clos les tiennes. Je t'enroule dans une couverture, je t'enveloppe de ma présence, je te serre contre moi... Ça me rassure d'agir.
       Le cœur n'y est pas.
       Je t'ai perdue, je crois.
       Les jours défilent, les jours paradent ; les jours martèlent la mort de toi et moi. Je continue de me noyer en toi. Moins je t'aime, et plus je m'enivre de ton parfum, de la douceur de tes cuisses, de ton souffle irrégulier aux inspirations brutales, qui trahissent ce que tu appelles le « vertige », ce que moi j'appelle le désir. Je te connais par cœur. Moins je t'aime, et plus je m'évertue à te donner du plaisir. Je fais mon deuil à l'avance. Je te savoure comme un rêve perdu. Un entraînement à l'amer.
       Un jour, j'aimerai quelqu'un d'autre, et elle ne sera qu'à moitié aussi intense que toi.
       Tu te loves contre moi, nos doigts s'entrecroisent. Ton souffle s'est apaisé. Tu t'apprêtes à t'endormir et bientôt tes mots parsèmeront ma nuit. Tu te tournes sur le côté et je t'enlace. Je ne veux pas perdre ta chaleur.
       Aujourd'hui, je t'ai vue pleurer sans le moindre son...
       Plus de cris. Ça m'a déstabilisé. J'ai hésité à venir vers toi et puis j'ai fui, j'ai quitté la pièce. Je ne sais plus affronter tes démons. De loin, j'ai vu que tu avais sorti tes aquarelles. Je te laisse en leur compagnie. Elles peignent tes rêves.
       Je crois que nos dernières nuits se sont écoulées...
       Je me sens vide.
       J'ai peur des draps froids et des paupières rouges et noires, débarrassées de tes couleurs.
       Est-ce que je vais vraiment te quitter ?
       Je te serre contre moi, encore et encore. Dans tes yeux bleus, je lis beaucoup de sollicitude. Tu sembles différente. Je te souris. Je me dis que tu ne dois rien comprendre à ce qui se passe dans mon cœur – mais tu m'acceptes, tu m'ouvres les bras. Tes aquarelles parsèment la table. Je suis surpris d'y découvrir des notes sereines, des étendues bleues et mauves, des décors oniriques pastel.
       Les
       jours
       ponctuent
       les silences.
       Je ne veux pas te perdre.
       Je t'aime. Plus je t'aime et plus je savoure tes lèvres, ton cou entaché de parfum, tes seins à l'odeur préservée. Plus je t'aime et plus je te donne du plaisir. C'est comme une redécouverte. Je ne veux plus me passer de ton corps, je souhaite de nouveau accompagner tes rêves, je souhaite sortir de ma forteresse gelée. Les langues se délient et chaque jour j'en apprends un peu plus sur la nouvelle toi, tandis que moi-même, je me livre davantage.
       Curieusement, tes nuits se drapent de mutisme.
       Tes quelques derniers mots continuent de former chacun une goutte de couleur dans mon univers clos. Si je les perds, je m'abreuverai de tes aquarelles. 
       Je t'embrasse.
       Je t'aime.
       Parfois la maladie nous rattrape et tes pleurs crissent encore contre les murs. Parfois je me retrouve impuissant comme avant... Incapable de te consoler... Harassé par ma propre lassitude. Bizarrement, ces moments restent fugaces, plus doux qu'autrefois. Quelque chose de nouveau me lie à toi. Le futur reste incertain mais tu grandis, tu changes ; une partie de toi s'épanouit sous tes frayeurs. J'ai dû changer moi aussi.
       Sans tes mots pour m'aiguiller la nuit, je me demande à quoi tu rêves.
       Le jour, tu as changé de parfum.
       Sous mes doigts, les reliefs du lotus disparaissent.
       Le temps nous dévore – mais il a cessé de m'éloigner de toi.



« Modifié: 09 janvier 2019 à 09:42:40 par Ariane »

En ligne Nacas

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #1 le: 10 décembre 2018 à 22:53:08 »
Citer
C'est comme une découverte.
Non, il ne faut pas le dire...

Parce que moi, une fois encore de plus et pis en lice, je ne sais pas que dire. J'ai trouvé très beau, alors que je n'en suis plus capable moi-même – alors qu'importe ?
Le blizzard de tes rêves, je m'y serais lové un jour, deux nuits, trois soirs, six en sorbe. Six en somme. Sommes d'achiffres puis de mers d'angoisse, des mers de toi. Mince. Non, ce n'est pas ce que je voulais dire ; je voulais te donner un peu d'amour ; j'en ai plus.
En quelques sortes, ton blizzard m'en rend. Alors, il est très beau. Et... merci ? Merci pour le parfum.
Je suppose.

On se reverra. J'en suis sûr. Naisse sur ton ventre les plus gerbes des aquarelles. Et des cotillons de songes.


Coltinons les songes,
Nacas.
J'ai si froid...

Hors ligne Aube

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #2 le: 11 décembre 2018 à 00:44:10 »
Salut Ariane :)

Beaucoup de douleur et d'amour dans ce texte. Je t'avoue que parfois j'ai du mal avec les textes que tu écris et qui s'approche trop de l'intime, comme si ma pudeur m'empêchait de lire tout à fait tes jolis mots. Cette fois j'ai lu, et tu touches encore avec précision et une grande empathie les remous secrets de la vie intérieure des amoureux. C'est assez ouf comme tu traces de façon très visuelle tous les transports et les tempêtes qui couvent dans ces scènes si quotidiennes, comment tu arrives à transmettre des émotions avec si peu d'action. Comme certains autres textes de toi que j'ai lus ou parcourus, c'est très intérieur. ça m'a rappelé beaucoup d'histoires, de scènes différentes, dans ma propre vie. Merci pour ce texte. :)

Hors ligne Ariane

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #3 le: 11 décembre 2018 à 07:35:17 »
Merci beaucoup Nacas...
Citer
On se reverra. J'en suis sûr. Naisse sur ton ventre les plus gerbes des aquarelles. Et des cotillons de songes.
:coeur:


Aube :

Citer
tu touches encore avec précision et une grande empathie les remous secrets de la vie intérieure des amoureux. C'est assez ouf comme tu traces de façon très visuelle tous les transports et les tempêtes qui couvent dans ces scènes si quotidiennes, comment tu arrives à transmettre des émotions avec si peu d'action.
Merci beaucoup...  :-[

Hors ligne Loïc

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #4 le: 27 décembre 2018 à 22:22:44 »
Salut Ariane,

Citer
    J'ai pris l'habitude de ton odeur du matin. Gel douche et shampoing. Puis le moment qui me déplaît : quand tu appliques ton parfum.

j'aime bien le début, moins la dernière phrase ; que ce soit l'utilisation d'appliquer ou la rime interne créée par parfum.

Citer
       Je t'ai perdue, je crois...

Bof, les points de suspension ? La virgule donne la force qu'il faut à cette phrase il me semble

Citer
. Parfois je me retrouve impuissant comme avant... Incapable de te consoler...

Ceux-ci aussi (comme ceux avant que je n'ai pas relevés) me semble bien inutiles.

Dans l'ensemble, je sais pas trop quoi penser de ce texte. J'ai bien aimé les belles phrases, l'ambiance qui se dégage, la tristesse, la note d'espoir à la fin (je crois ?).
Et au final, en lisant mes deux prédécesseurs, je plussoie aussi Aube et du coup c'est ce qui m'empêche de tout à fait aimer. C'est trop intérieur à mon gout.

Tant pis pour moi, il en faut bien.

A+ !
"T'façon je sais pas recevoir l'amour, moi ça me met trop mal à l'aise"
Therapie Taxi

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Ariane

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #5 le: 28 décembre 2018 à 11:18:56 »
Merci beaucoup Loïc de ta lecture et ton retour :)
Vu que j'ai abandonné mon Empire Mosaïque ça fait plaisir de te retrouver sur un petit texte.

Pour le parfum, "mettre" ça te conviendrait mieux ?
Et je suis d'accord pour les rimes internes, j'en fais beaucoup beaucoup trop, je t'assure, je lutte déjà pour en supprimer plein ^^ c'est vraiment machinal. Il y en a aucune de consciente. Ici je sais pas trop comment modifier mais j'y penserai.
D'accord aussi pour les points de suspension ici : "Je t'ai perdue, je crois...", j'avais déjà hésité à les supprimer. Les derniers au contraire me tenaient + à cœur.

Citer
J'ai bien aimé les belles phrases, l'ambiance qui se dégage, la tristesse, la note d'espoir à la fin (je crois ?).
Merci beaucoup :) (oui oui, c'est une grosse note d'espoir :) ).

Citer
c'est ce qui m'empêche de tout à fait aimer. C'est trop intérieur à mon gout.
Tant pis  :-[

Pour le côté "intérieur" j'ai l'impression que cette tendance s'accentue beaucoup chez moi ces temps-ci (dans mon écriture), j'aimerais changer un peu cette tendance mais peut-être que ce n'est pas encore la bonne période.

A bientôt :)

Hors ligne Léilwën

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #6 le: 08 janvier 2019 à 21:54:56 »
Hello toi !  :coeur:

Je n'avais pas encore pris le temps de lire celui-ci : c'est chose faite !  :)

Je ne mets pas le doigt sur ce qui m'a fait cette impression, mais je n'ai pas réussi à rentrer dans le texte sur les 2 premiers "paragraphes" (jusqu'à "retrouver"). Et puis après, j'ai été embarquée par la poésie et les émotions du texte.
pour ne pas tout dévoiler à ceux qui lisent les commentaires avant le texte^^
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Ah, et je plussoie Aube : je n'avais jamais mis les mots sur ça, mais oui, moi aussi il y a quelque chose qui met ma pudeur à mal dans la façon que tu as de décrire l'intime. Tu en dis pourtant peu, mais ça suffit à me donner l'impression d'être "trop" à l'intérieur (du coup, merci Aube pour m'avoir permis de comprendre ce sentiment bizarre^^). Je pense cependant que c'est très positif de savoir suggérer beaucoup en peu de mots, et tant pis pour ma sensibilité !  :P

Je te fais un commentaire au fil du texte, puisque je n'ai pas de remarques globales autres à faire :

Citer
le dessous de mes paupières
=> c'est marrant parce que ça vient de me frapper seulement maintenant : c'est une évocation récurrente dans tes textes ce qui se trouve à l'envers des paupières ; du coup ça aiguise ma curiosité sur comment toi tu ressens cet endroit de ton visage ? Parce que je réalise à l'instant que pour ma part, c'est une zone à laquelle je ne porte pas particulièrement attention !
Citer
le rouge et le noir de mon monde clos
=> est-ce à dire que tu vois en rouge et noir sous tes paupières ? Ou c'est juste une "invention" pour le texte ? (c'est une question de curiosité, du coup ;) )
Citer
L'image de tes cils qui adoucissent chacun des mouvements de ton regard
=> je trouve cette phrase très poétique et très belle
Citer
plaqué de plomb, métamorphosé de coton
=> j'aime bien ta manière de le formuler :)
Citer
Je n'ai plus un geste pour t'apaiser – en trois ans, je te les ai tous donnés.
=> c'est sûrement très personnel, mais je trouve le "je n'ai plus un geste" trop "faible" ; il me manque un verbe un peu plus "poignant" à cet endroit
Citer
En trois ans, je crois que tu as dévoré toute mon empathie. Je sais que mon indifférence te déchire. Mais j'ai dû me construire une forteresse de glace – pour survivre.
=> c'est triste :(
Citer
Je t'enroule dans une couverture, je t'enveloppe de ma présence, je te serre contre moi... Ça me rassure d'agir.
=> ça m'a fait tiquer parce qu'au-dessus le narrateur explique qu'il attend que les crises passent et qu'il n'agit plus
Citer
Les jours défilent, les jours paradent ; les jours martèlent la mort de toi et moi.
=> je trouve ça poétiquement et tristement bien formulé...
Citer
je t'ai vu pleurer
=> "vue" ? (le COD "t'" féminin est avant l'auxiliaire "avoir" (ou alors c'est encore un verbe qui ne suit pas la règle ? ^^)
Citer
       Les
       jours
       ponctuent
       les silences.
       Je ne veux pas te perdre.
=> j'adore ce passage en escalier, qui dans mon esprit traduit bien la "descente" dans l'incertitude
Citer
Tes quelques derniers mots continuent de former chacun une goutte de couleur dans mon univers clos.
=> la sonorité du mot "chacun" m'a fait buter, mais je ne l'explique pas...

Voili voilou !

À bientôt ! :)
« Modifié: 08 janvier 2019 à 21:59:13 par Léilwën »
Si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi [...] s'il doit appendre à dire oui, lui aussi, alors je n'aime plus Hémon. -Antigone

Hors ligne Ariane

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #7 le: 08 janvier 2019 à 22:07:39 »
Coucou :)

Merci beaucoup d'être passée, ça me fait plaisir d'avoir ton avis pour ce texte en particulier (en fait ça me fait plaisir pour tous mes textes mais je sais pas pourquoi pour celui-ci + ; ainsi que pour Bulle...).

Tu m'as démasquée, l'histoire des paupières fait partie de mes tics de récits...  :-[ Je sais pas, j'ai l'impression que c'est justement la manière la plus intérieure de percevoir l'univers de qqn. Et oui sous mes paupières je vois surtout du rouge et du noir, parfois du bleu foncé, parfois un peu de jaune. Pour le fait que ce soient les mots prononcés qui créent des couleurs, j'ai légèrement modifié une synesthésie que j'ai (les sons "clairs" font des flashs blancs sous mes paupières (réels +++ pas juste une association d'idée) ; là j'en ai fait une version plus douce et plus colorée).

Citer
c'est sûrement très personnel, mais je trouve le "je n'ai plus un geste" trop "faible" ; il me manque un verbe un peu plus "poignant" à cet endroit
Est-ce que "je n'ai plus un seul geste" ce serait mieux ?
Est-ce que tu as une autre idée ?
Pour ce passage-ci je suis bien + attachée à l'idée qu'aux mots donc je peux reformuler (si je trouve qqch qui me plaît).

Citer
"vue" ? (le COD "t'" féminin est avant l'auxiliaire "avoir" (ou alors c'est encore un verbe qui ne suit pas la règle ? ^^)
je t'ai vu pleurer
=> pour moi le COD c'est l'action de pleurer, le "tu" c'est plutôt le sujet du COD... il me semblait que du coup on n'accordait pas... mais je ne suis pas sûre du tout du tout.

Citer
j'adore ce passage en escalier, qui dans mon esprit traduit bien la "descente" dans l'incertitude
:D J'ai pensé à toi quand je l'ai écrit ^^ (tu sais bien que les présentations / allées à la ligne inhabituelles c'est pas mon truc d'habitude, mais là vraiment il le fallait :) ).

Pour les deux premiers paragraphes, je trouve surtout qu'ils sont très répétitifs avec tout ce que j'ai déjà écrit dans d'autres textes... j'ai un peu tâtonné avant de trouver le ton de celui-ci.

Merci encore de ton passage, bisous !

Spoiler
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Hors ligne Léilwën

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Re : Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #8 le: 08 janvier 2019 à 22:33:43 »
Citer
c'est sûrement très personnel, mais je trouve le "je n'ai plus un geste" trop "faible" ; il me manque un verbe un peu plus "poignant" à cet endroit
Est-ce que "je n'ai plus un seul geste" ce serait mieux ?
Est-ce que tu as une autre idée ?

Oui, le "plus un seul" me semble déjà plus en accord avec les émotions du narrateur :)

Citer
"vue" ? (le COD "t'" féminin est avant l'auxiliaire "avoir" (ou alors c'est encore un verbe qui ne suit pas la règle ? ^^)
je t'ai vu pleurer
=> pour moi le COD c'est l'action de pleurer, le "tu" c'est plutôt le sujet du COD... il me semblait que du coup on n'accordait pas... mais je ne suis pas sûre du tout du tout.

Après recherche : c'est "t'" qui pleure, donc "vue"
trouvé sur https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/les-enfants-que-j-ai-entendu-crier-les-enfants-que-j-ai-entendus-crier/
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Pour les deux premiers paragraphes, je trouve surtout qu'ils sont très répétitifs avec tout ce que j'ai déjà écrit dans d'autres textes... j'ai un peu tâtonné avant de trouver le ton de celui-ci.
Hum... Tu as raison, ça doit être un peu de ça...

À très vite alors ! :calin:
Si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi [...] s'il doit appendre à dire oui, lui aussi, alors je n'aime plus Hémon. -Antigone

Hors ligne yvonrichebourg

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #9 le: 08 janvier 2019 à 23:40:13 »
Ariane,

Je suis nouveau sur le forum.

Moi, avec Johnny, je suis habitué à des sentiments tonitruants :

Citer
Quand tu ne te sens plus chatte
Et que tu deviens chienne
Et qu'à l'appel du loup
Tu brises enfin tes chaînes

Mais j'aime aussi quand une femme écrit les sentiments d'un narrateur homme tels qu'elle aimerait sans doute les partager.

J'espère ne pas trop tomber à côté de la plaque, mais noviciat oblige.

Bonne nuit,

Yvon

Modération : ce compte a été mis sous silence comme étant un double compte d'une personne bannie .
Merci de votre compréhension...

Hors ligne Verasoie

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #10 le: 09 janvier 2019 à 00:54:40 »
J'avoue avoir cliqué sur ce titre surtout parce que "blizzard" me semble hyper cheloument orthographié (mais c'est la bonne hein mais wow elle a l'air hyper wrong à mes yeux)
Et parce que j'aime pas trop ce titre. Mais j'aime beaucoup la première phrase. Juste en tant que titre par contre j'aime pas trop trop.

Citer
Puis le moment qui me déplaît : quand tu appliques ton parfum.

Ahwé je déteste ça
Et je déteste le parfum pour la raison expresse de "une personne qui sent le parfum, je ne peux pas lui faire confiance"
J'avais jamais tilté (ta phrase "Il vient masquer tout ce qui te fait toi") que ça venait ptêtre d'une rupture entre "comment je reconnais les gens" (notamment, un peu, à l'odeur, oui vous avez bien lu) et "comment j'arrive pu à sentir que le parfum, et non plus eux, quand ils sont parfumés" : o. Du coup maintenant ça me paraît + logique mdr.
J'ai un comportement d'animal sauvage, tout va bien

Citer
       Aujourd'hui, je t'ai vu pleurer sans le moindre son...

Vue, du coup ?


Trois choses.

Je crois que j'ai pas compris la fin et ça me rend triste  :( j'ai l'impression qu'il y avait un sous-entendu à saisir, je comprends pas "comment ça finit", ce que veulent dire les dernières phrases, et ça m'a cassé mon truc lol.

Je comprends pas pourquoi le narrateur culpabilise autant devant ce qui ressemble (ou alors j'ai mal interprété) à des terreurs nocturnes. J'ai l'impression que sa compagne ne se réveille pas (d'où l'impression de terreurs nocturnes), du coup il peut vraiment rien faire et sa culpabilité me semble... bizarre. Elle devrait être déplacée vers ce qu'il ne fait pas quand elle est éveillée, par exemple ? Je sais pas. (Ou alors elle se réveille effectivement et il culpabilise, là, de la rassurer sans y mettre du coeur, mais dans ce cas le fait qu'elle se réveille est pas assez explicite pour moi).

Mis à part ces deux décalages, j'ai trouvé cette lecture vraiment belle. À :

Citer
Les
       jours
       ponctuent
       les silences.

tu m'as complètement eue dans le texte. J'étais déjà très très beaucoup dedans, mais là je trouve ces quatre lignes tellement belles (de sens mais même esthétiquement, visuellement, cette dégringolade de lettres) (et franchement j'suis pas du genre à m'émouvoir pour la forme d'un paragraphe d'habitude).
Pis ça m'a fait penser à une pièce de théâtre que j'ai jouée en première, on avait plein de monologues, l'un d'eux était une lettre d'un type à son ex, c'était poignant, et à partir du moment là (parce que tes phrases ressemblaient à ce monologue) j'ai subvocalisé (ouhyeah je replace un mot) le reste du texte avec la voix du personnage de cette pièce et ça m'a fait retrouver plein de choses.

Merci pour ce partage meuf (ouais j'ai lu deux textes de toi j'me permets les familiarités maintenant)  :coeur:

Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

Hors ligne alize

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #11 le: 09 janvier 2019 à 07:40:54 »
Bonjour Ariane
Merci pour cette jolie lecture
Tu décris avec finesse les liens de l’attachement, du couple et les ressorts d’un amour renouvelé.
Si j’avais une proposition ce serait de donner quelques clefs Supplémentaires au moment de la bascule du narrateur vers une nouvelle forme d’amour. Je trouve ce passage un peu rapide.
Ce texte parle d’une humanité profonde et c’est bon de la partager

Hors ligne Ariane

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #12 le: 09 janvier 2019 à 09:57:39 »
Léliiiiiiiiii :

Merci pour la règle pour les infinitifs ! En fait quand je t'ai répondu hier je me suis bien rendu compte que ça ne collait pas  :-[ et du coup ta petite précision de la fin m'explique avec quelle autre situation j'ai confondu (quand le "te" est COD de l'infinitif COD et non sujet de l'infinitif COD).

J'y re-réfléchis et ça m'embête un peu cette histoire de pudeur.  :-\ . Je pensais pas qu'on puisse faire trop immersif dans les émotions de quelqu'un.
(Rétrospectivement, ça me fait rire que Aube m'ait dit que je gênais sa pudeur... peu avant de poster une nouvelle érotique :mrgreen: :D ).


Yvonrichebourg :

Merci d'être passé me lire !
Et bienvenue sur le forum :) .
Tant mieux si tu as un peu aimé bien que ça ne ressemble pas à ton style habituel :) .


Verasoie :

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J'avoue avoir cliqué sur ce titre surtout parce que "blizzard" me semble hyper cheloument orthographié (mais c'est la bonne hein mais wow elle a l'air hyper wrong à mes yeux)
Je te cache pas que j'ai dû vérifier aussi pour l'orthographe  :-[ .
Mais j'aime bien cette orthographe. Les lettres saturent le mot comme la neige sature le blizzard. :)

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Je comprends pas pourquoi le narrateur culpabilise autant devant ce qui ressemble (ou alors j'ai mal interprété) à des terreurs nocturnes.
:aah: :aah: :aah:
Je suis dégoûtée, je n'avais pas pensé du tout que ça pouvait être interprété comme ça...
Mais maintenant que tu le dis c'est super logique et cohérent.
Mais en fait, non, ce n'était pas sensé du tout être des terreurs nocturnes.  :-[
Ce sont des moments où elle est réveillée.
Des genres de crises de larmes / crises de panique / flash-back traumatiques et lui il est blasé de devoir la rassurer (d'où la culpabilité parce qu'au bout d'un moment il arrête d'essayer).
Je n'avais pas prévu de retravailler ce texte en entier...
Pour l'instant je vais miser sur des changements minimes mais je suis pas sûre que ça suffise pour enlever ce risque de mauvaise interprétation... J'avoue qu'entre le fait qu'elle parle en dormant, le titre sur les rêves, et tout et tout... J'ai vraiment tout rendu parfaitement cohérent pour aller dans un sens que je ne souhaitais pas  :mrgreen: .

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Je crois que j'ai pas compris la fin et ça me rend triste  :( j'ai l'impression qu'il y avait un sous-entendu à saisir, je comprends pas "comment ça finit", ce que veulent dire les dernières phrases, et ça m'a cassé mon truc lol.
Euh, rien de très fouillé en fait  :-[ .
Juste que le temps passe, que les personnages et leur relation continuent d'évoluer, mais le narrateur a l'impression que le plus dur est passé, ils ont cessé de s'éloigner.

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tu m'as complètement eue dans le texte. J'étais déjà très très beaucoup dedans, mais là je trouve ces quatre lignes tellement belles (de sens mais même esthétiquement, visuellement, cette dégringolade de lettres) (et franchement j'suis pas du genre à m'émouvoir pour la forme d'un paragraphe d'habitude).
Cool :) :) :)
En + comme je le disais à Léli c'est pas mon habitude du tout de modifier la forme d'un paragraphe (et je compte pas du tout en faire une habitude). Là tout de suite je me souviens même pas d'une autre fois où je l'aurais fait. Mais moi aussi je les aime bien ces lignes  :-[ .

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Pis ça m'a fait penser à une pièce de théâtre que j'ai jouée en première, on avait plein de monologues, l'un d'eux était une lettre d'un type à son ex, c'était poignant, et à partir du moment là (parce que tes phrases ressemblaient à ce monologue) j'ai subvocalisé (ouhyeah je replace un mot) le reste du texte avec la voix du personnage de cette pièce et ça m'a fait retrouver plein de choses.
Oh, c'est touchant de lire ça :) :) .

Merci beaucoup de ton retour !! (surtout qu'il m'a permis de réaliser un gros bug  :-[ ).


Alize :

Merci de ton passage :) !

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Si j’avais une proposition ce serait de donner quelques clefs Supplémentaires au moment de la bascule du narrateur vers une nouvelle forme d’amour.
Je ne sais pas de quelles clefs tu voudrais parler...
Pour moi le moment de bascule se fait à "Est-ce que je vais vraiment te quitter" ? Un peu comme si le fait de se retrouver au bord du gouffre lui criait de revenir en arrière. Il se rend compte qu'il ne veut pas la perdre au moment où il pense la perdre. Et puis à cet instant, elle l'aide (inconsciemment) à basculer aussi du côté du maintien du lien plutôt que du côté de la rupture... Il se rend compte qu'elle change, qu'elle grandit, qu'elle fait des trucs toute seule (ses aquarelles pour essayer d'aller mieux) ; et aussi qu'elle l'accepte, lui, de façon inconditionnelle, même quand elle ne comprend pas ce qui se passe dans sa tête.
Et puis dans "les jours ponctuent les silences", l'idée c'était que le temps passe mais qu'il n'arrive pas à la quitter. Il réalise du coup qu'il ne veut en fait pas la perdre.
Voilà, dans tout ça le déclic vient surtout du "Mince, on va vraiment se quitter ?"  :( .

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Ce texte parle d’une humanité profonde et c’est bon de la partager
Merci beaucoup  :-[ :-[.
« Modifié: 09 janvier 2019 à 09:59:13 par Ariane »

Hors ligne Léilwën

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Re : Le blizzard de tes rêves
« Réponse #13 le: 09 janvier 2019 à 10:38:01 »
Spoiler
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Si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi [...] s'il doit appendre à dire oui, lui aussi, alors je n'aime plus Hémon. -Antigone

 


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