Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

19 mars 2019 à 08:52:59

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Auteur Sujet: Un master Création littéraire: bon ou mauvais?  (Lu 1075 fois)

Hors ligne sindu5673

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Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« le: 13 octobre 2018 à 04:43:46 »
Depuis quelques années, certaines universités Françaises ont mis en place des masters de création littéraire à la manière de ce qui existe déjà depuis de nombreuses années aux USA et au Royaume-Uni. Que pensez-vous de ce type de formation?

Hors ligne Erwan

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #1 le: 13 octobre 2018 à 11:59:00 »
Je me rappelle d'avoir lu des choses déjà sur ce sujet ici il y a quelques années, au détour d'une conversation. En général, le débat se focalise sur le fait soit qu'écrire ne s'apprend pas de manière standardisée, soit que si c'est le cas le risque est que les auteurs aient tous le même style. En fait, il y a une façon bien plus simple de répondre à la question. Je suis peintre, et les écoles d'art existent depuis longtemps en la matière. Voilà ce que l'on peut tirer de cet enseignement :

  • Les écoles d'art ne donne pas de diplômes véritablement reconnus, car elles ne garantissent rien. L'apprenant apprend beaucoup ou rien de son passage à l'école selon son aptitude à en tirer partie. Beaucoup d'artistes affirment ainsi n'avoir rien appris en l'école d'art.
  • Le génie ne s'apprend pas dans un bouquin, ni par un cour miracle, mais par une pratique assidue, un apprentissage rigoureux et un gros travail sur soi, tous les grands peintres le disent.
  • La peinture est un langage, comme la langue française, l'école vise à apprendre les rudiments de ce langage, rien de plus. Elle n'a pas tant vocation à former, qu'à proposer un cadre qui permet l'éclosion d'artistes.
  • Un des intérêts majeurs des écoles d'art est de pouvoir nouer des contacts professionnels et artistiques, et donc de pouvoir sortir de l'art-loisir pour percevoir la réalité de l'art-métier. Chaque domaine professionnel a sa réalité à découvrir, et parfois ses déceptions à la clé. De plus, rencontrer ses pairs sort de l'isolement et peut stimuler la créativité.

Non, les écoles d'art ne standardisent en rien les artistes (sauf peut-être ceux qui le veulent bien), et oui des dizaines de génies sont autodidactes et se passent de l'école d'art sans que leur talent n'en souffre. L'école d'art est un lieu de rencontre, on peut apprendre des autres, on peut apprendre les rudiments d'un langage, d'un art, si on le souhaite et comme on le souhaite. On peut aussi ne rien apprendre. Je dirais que c'est un lieu, un contexte plus qu'une formation. C'est une erreur de penser la formation artistique comme la formation professionnelle, par exemple. Une grande part de l'activité artistique ne relève pas d'une recette préétablie, mais d'un regard sur le monde, qui s'apprend avec la vie.

Un autre exemple intéressant que je connais, c'est l'école en soins infirmiers. Tu y apprends entre autres ceci :
  • Pratiquer des soins techniques ;
  • Avoir une posture professionnelle, un regard de soignant ;
  • Des techniques et des références pour gérer une relation thérapeutique ;

Ce que tu n'y apprendras jamais :
  • Qui tu es, ce pourquoi tu es là (ça seul toi-même peut le dire ou le découvrir) ;
  • L'empathie, la compréhension de l'altérité, le savoir-être (tu l'apprends à la limite par essai-erreur sur le terrain en stage) ;
  • À avoir des convictions personnelles compatibles avec ton métier (c'est un prérequis, on ne te l'apprend pas vraiment) ;
  • Et en fait plein d'autres caractéristiques qui font que tu seras un bon professionnel ou pas.

On te sélectionne à l'entrée parce que tu as ces qualités, pas parce qu'on pense qu'on pourrait éventuellement te les apprendre. Je crois juste que dans la pratique artistique, tu as énormément de choses qui relèvent de la deuxième catégorie, et ne s'apprennent pas en cours. Le reste peut s'apprendre en cours ou seul, tout autant.

Donc ces écoles, oui pourquoi pas en tant que lieu d'éclosion, mais elles ne valent rien en elles seules et ne te garantiront que dalle.


Hors ligne Xavier

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #2 le: 14 octobre 2018 à 19:23:46 »
Je pense qu'avoir un cadre qui t'oblige à écrire est une bonne chose, après niveau débouché si on se rend compte qu'on n'a pas de talent...
J'ai vu un cours de Sanderson sur YT y à quelques temps et depuis je me dis qu'il y a quand même pas mal de théories à connaître.
- Xavier


Hors ligne Alan Tréard

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #3 le: 15 octobre 2018 à 15:07:03 »
Le risque, c'est qu'il n'y ait pas de continuité entre l'expertise d'un côté et les attentes de l'autre.

Certains ne recherchent que des lectures distrayantes sans tellement se préoccuper de la formation de celui ou celle qui écrit. Peut-on enseigner la mode ? C'est une question demeurée sans réponse.

Je ne suis pas convaincu qu'il existe un savoir-faire littéraire qui serait lié à une connaissance et une maîtrise des techniques ; en revanche, apprendre à l'auteur comment s'émanciper et trouver une autonomie dans un environnement toujours plus changeant, cela ne peut apporter que du positif.

Avoir une idée est une chose, l'assumer pleinement en est une autre !

Hors ligne vinzWallbreaker

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #4 le: 16 octobre 2018 à 15:54:27 »
Tu peux avoir la meilleure technique du monde, si t'as rien à dire, bah t'as rien à écrire.

Si ce genre de formation s'apparente aux écoles d'arts, je trouve ça bien. Maintenant, si c'est pour produire des pisse-copies... :relou:
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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #5 le: 16 octobre 2018 à 23:52:58 »
il faut surtout se renseigner sur les débouchés !
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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #6 le: 17 octobre 2018 à 10:19:40 »
Je pense aussi que cela peut permettre de créer un bon relationnel.

Et il n'y a pas à dire : un récit qui marie un style affûté avec un vocabulaire riche, c'est un plus. Problème : ça s'apprend en autodidacte si on prend des notes lorsqu'on lit un bon livre ou lorsque l'on devient bêta-lecteur.
Le premier jet sera meilleur, sûrement, mais l'imaginaire et l'intrigue ne s'enseignent pas, je vous rejoins sur ce point.

Cela permet peut-être d'être rôdé dans le monde de l'édition : on sait ce qu'on écrit, pour qui on l'écrit. Problème : on n'envoie pas de CV avec nos manuscrits aux ME.

C'est peut-être aussi un entonnoir où l'on va pour espérer devenir meilleur, percer dans des métiers de l'édition : si on sait écrire, peut-être qu'on sait lire.

Je vois plusieurs avantages, bien-sûr, mais rien qui permette vraiment à un auteur d'être publié en claquant des doigts.

Hors ligne Milora

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #7 le: 17 octobre 2018 à 11:39:27 »
Personnellement, je suis assez réticente à l'implantation de ces masters, mais pas vraiment à cause du débat "écrire s'apprend-il". Mes réticences viennent plutôt des conséquences pour les conditions de publication (parce qu'on peut partir du principe que suivre un master de création littéraire, c'est pour être publié, pas pour apprendre à écrire pour le fun).

Actuellement, ça marche comme ça : n'importe qui qui écrit peut envoyer son texte à un éditeur (même s'il a une chance très maigre et qu'il y a pas mal de copinages dans le milieu). Il y a des éditeurs de toute taille, les très gros étant généralement pas vraiment accessibles pour un auteur sorti de nulle part (sauf exceptions comme le concours Gallimard Jeunesse qui a par exemple publié Christelle Dabos, auteur alors débutante). Les moyennes et les petites, en revanche, restent ouvertes.
Donc, qui applique la sélection des romans ? L'éditeur, sur lecture du manuscrit. Mais c'est accessible à n'importe qui.

Maintenant, si des études pour devenir écrivains (ces masters) se généralisent, on aura quoi à la fin ? Des gens qui auront un CV montrant qu'ils ont appris le métier (et n'écrivent donc pas de choses illisibles) et comme dit Erwan, probablement un carnet de contact.
Donc pour sélectionner les manuscrits à publier, ce sera beaucoup plus facile pour l'éditeur d'avoir confiance en des gens avec ce parcours plutôt qu'en un parfait inconnu (dont on ne sait pas si le manuscrit est lisible mais pas non plus s'il pourra assurer, après, tout le travail de correction et de suivi comme un professionnel).
Sur le long terme, il me semble que la conséquence ça va être la fermeture des possibilités de publier pour quiconque n'aura pas suivi ces masters. Moi, ça m'embête beaucoup :/ Déjà que c'est un milieu assez fermé dans la situation actuelle...
Du coup, d'un point de vue structurel (j'ai envie de dire "dans la chaîne du livre" mais je sais pas si l'expression concerne ce qui est en amont de l'acceptation de publication), je suis très gênée par le développement de ces masters.

Erwan, tu fais le parallèle avec les écoles d'art et je suis bien d'accord. Pendant deux ans, j'ai bossé dans une structure qui mêlait des chercheurs et des artistes professionnels, et j'ai pas mal discuté avec les collègues artistes. C'était vraiment le profil école d'art-résidences d'artiste-subventions pour exposer-mécénat, etc. Bon, ben le système m'a pas plu : ils se cachaient pas qu'il fallait avant tout "connaître quelqu'un", et que finalement eux avaient la possibilité d'exposer et d'accéder à une certaine notoriété parce qu'ils étaient dans le milieu, même si objectivement, ils n'étaient pas davantage artiste que le gars qui peint dans son garage avec beaucoup de talent mais qui, n'ayant pas tous le CV et les contacts qu'eux-mêmes s'étaient forgés, ne pourrait jamais exposer.

J'ai peur qu'on arrive à la même chose pour l'écriture, qui est actuellement une discipline (ou un art, selon votre vision des choses) plus ouverte que les autres aux gens.


Et à ceux qui évoquent le fait que c'est bien qu'il y ait ENFIN une filière universitaire qui permette d'apprendre la littérature, j'ai toujours envie de répondre "mais voyons ça a toujours existé, ça s'appelait Lettres Modernes !".



(J'ajoute d'ailleurs qu'il existe des plateformes qui aident à mieux connaître le monde de l'édition et à perfectionner son écriture, que ce soient des sites comme L'Oie plate ou l'association-forum d'écriture CoCyclics. Et ils sont accessibles à tous, reposent sur l'entraide et le bénévolat, et ne nécessitent pas d'avoir les moyens financiers de s'engager dans un master à cette fin).

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne txuku

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #8 le: 18 octobre 2018 à 19:44:54 »
Bonjour

Quel est exactement le but de ta question sindu5673 ?

Tu serais interesse par ce genre de cursus ? Pour faire quoi apres ???


J ai vu pas mal de jeunes gens s orienter vers des licences et des doctorats divers - avec succes - pour aboutir a des places de caissieres ou serveur dans des Mac trucs......... :o


J ai regarde un peu ce que l on propose dans les quelques facultes francaises qui ont ce cursus - cela laisse reveur ! :-¬?


Je ne crains pas d etre paranoiaque

Hors ligne Ben.G

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #9 le: 18 octobre 2018 à 20:26:37 »
@milora je suis ps tout d'accord avec toi, mais quand même un peu.

Je comprends tout à fait la réticence de voir le milieu littéraire se transformer a cause des diplômes, comme c'est le cas en art et cine. Après, ce genre de chose existe depuis très longtemps dans les pays anglophones, et ça a pas du tout tout changé à ce niveau là, et je pense que dans un certain sens c'est pas une mauvaise chose que de proposer un encadrement. Après, là où l'inquiétude est justifiée c'est à cause de l'engouement très français pour les bouts de papiers...


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.ils se cachaient pas qu'il fallait avant tout "connaître quelqu'un", et que finalement eux avaient la possibilité d'exposer et d'accéder à une certaine notoriété parce qu'ils étaient dans le milieu,   
Faut pas se leurrer non plus, la majorité de l'édition ne fonctionne pas comme ça, mais c'est pourtant bien déjà le cas. Dans certaines grosses maisons qui publient plus facilement des gens déjà publiés ou parce que tel ami éditeur leur a parlé d'un manuscrit etcetc, dans une certaine mesure c'est déjà un peu le cas et même dans des plus petites structures on publie plus facilement des gens qu'on connait deja.
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.
Et à ceux qui évoquent le fait que c'est bien qu'il y ait ENFIN une filière universitaire qui permette d'apprendre la littérature, j'ai toujours envie de répondre "mais voyons ça a toujours existé, ça s'appelait Lettres Modernes !". 
Ouaip mais alors là non, mais genre pas DU TOUT. J'avais comparé les programmes et les facilités que tu as après, et ça n'a vraiment rien à voir, y'a ps de cours par des autzyrs, des conseils pour l'édition etc etc, c'est de l'analyse super poussée de texte et de rédactions.




Pour les masters qui existent en France, il a Toulouse, qui est spécialisé dans l'écriture professionnelle d'entreprise, Paris, spécialisé dqns l'écriture romanesque, et Le Havre, qui propose un cursus avec écriture de roman et arrts plastique et installations. Globalement le panorama. Dans la plupart le but c'est de l'accompagner à écrire un roman en deux ans, en tant que memoire, suivi par des auteurs etc


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J'ajoute d'ailleurs qu'il existe des plateformes qui aident à mieux connaître le monde de l'édition et à perfectionner son écriture, que ce soient des sites comme L'Oie plate ou l'association-forum d'écriture CoCyclics. Et ils sont accessibles à tous, reposent sur l'entraide et le bénévolat, et ne nécessitent pas d'avoir les moyens financiers de s'engager dans un master à cette fin). 
J'ai entendu parler d'un petit forum le monde de l'écriture aussi  :-¬?




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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #10 le: 18 octobre 2018 à 22:22:47 »
Je dois dire que je rejoins Ben.G sur le point du copinage ou du réseau professionnel.

La littérature elle-même est née de la correspondance entre écrivains de différentes villes, l'humanisme est avant tout un moteur de réseaux et de liens lettrés, cultivés.

Je ne crois pas tellement qu'il existerait une littérature non seulement sans éditeur, mais également sans réseau de correspondance.

C'est par ce lien épistolaire entre auteurs et lecteurs que le livre prend son sens, si les éditeurs favorisent ce lien en structurant et monétisant les réseaux, la base elle-même reste une base relationnelle, et uniquement relationnelle.

Le livre lui-même est une relation entre la création d'une part et la curiosité de l'autre, sans ce travail sur le lien réel entre l'écrivain et son ou ses lecteurs, je ne crois pas que l'on puisse imaginer quelque littérature que ce soit.

Je pense donc qu'il est normal pour un auteur de construire un réseau (que l'on peut qualifier de professionnel si on le souhaite), je ne vois pas trop ce que serait une littérature sans correspondance.

Hors ligne Erwan

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Re : Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #11 le: 18 octobre 2018 à 22:27:36 »
Faut pas se leurrer non plus, la majorité de l'édition ne fonctionne pas comme ça, mais c'est pourtant bien déjà le cas. Dans certaines grosses maisons qui publient plus facilement des gens déjà publiés ou parce que tel ami éditeur leur a parlé d'un manuscrit etcetc, dans une certaine mesure c'est déjà un peu le cas et même dans des plus petites structures on publie plus facilement des gens qu'on connait deja.

Après je ne sais pas si c'est le cursus universitaire et les diplômes qui créent un milieu fermé, académique ou qui marche au piston, ou si c'est l'inverse, à savoir que partant du constat que ça marche quand même pas mal au contact ou au fait d'être connu dans le milieu, et bien on crée des cursus pour que les gens puissent aussi se faire un peu des relations dans le monde pro (entre autre, et fournir un cadre etc.). Par exemple le gars qui écrit son roman et qui est tutoré par un auteur publié, ce dernier va peut-être en toucher deux mots à son éditeur en lui disant "eh mec, je connais un gars prometteur, je suis son tuteur, il a écrit un roman en deux ans, il est vachement bien, tu devrais le lire !", et la boucle est bouclée.

Probablement qu'en fait c'est un peu à double sens. Cela dit, je rappelle vis-à-vis des écoles d'art, que c'est un des rares métiers ou un autodidacte complet garde ses chances, et en France c'est une exception rare.

Hors ligne Ben.G

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #12 le: 18 octobre 2018 à 22:28:23 »
Pas du tout d'accord, ça ne fonctionne pas "que" comme ça non plus. C'est que la facette opportuniste et maniérée quand elle est prise comme une part intégrante du boulot d'auteur.


Et Erwan oui c'est un peu comme ça que ça fonctionne de ce que j'ai compris, d'ailleurs c'est vrai aussi qu'en art tu peux réussir en autodidacte, et le contraste entre les "Inde" et les intégrés à un système de petites soirées et souvent repérable.(un peu cliché dit comme ça, mais pas si faux)
« Modifié: 18 octobre 2018 à 22:30:43 par Ben.G »
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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #13 le: 18 octobre 2018 à 22:38:20 »
Personnellement, je suis entré dans une telle école, formé par les formats de la télévision publique, Erwan. Dans l'audiovisuel, en plus (rien de plus pistonné).

J'ai fait du journalisme, les réseaux professionnels qui m'étaient accessibles depuis l'école ne m'intéressaient pas. Je n'en ai donc pas bénéficié, j'ai fait mon chemin en dehors de ces mêmes réseaux.

Aujourd'hui, j'ai construit mon propre réseau avec des acteurs en lesquels j'ai une réelle confiance. Ma situation est exactement la même que si je m'étais raccroché aux réseaux auxquels j'aurais pu avoir accès depuis l'école, si ce n'est le fait que je travaille avec les gens avec lesquels j'ai envie de travailler.

Je suis considéré par certains comme un révolutionnaire.

Hors ligne SimSam

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Re : Un master Création littéraire: bon ou mauvais?
« Réponse #14 le: 15 février 2019 à 12:31:57 »
Salut,

Je ressuscite le poste (pas si vieux) pour vous faire part de mon expérience. Je suis en master 2 création littéraire, je ne vais pas vous dire où parce que j'essaie de rester anonyme. Déjà, d'après ce que j'ai entendu dire, les quelques masters qui existent en France ont tous leurs spécificités.

Une amie, qui a fait le master du Havres m'a partagé son expérience : c'est un master apparemment très exigeant où on participe à de nombreux workshops pour découvrir ou développer différentes formes d'écritures (elle m'avait parlé de poésie sonore, par exemple). À côté de cela, ils doivent travailler sur un projet personnelle qui devra être prêt à la publication à la fin du master. D'après elle, c'était pratiquement sûr que son livre soit publié quand elle sortirait de ce master.
Toulouse, à l'origine, c'est un master "pro métiers de l'écriture", sensé former à l'écriture romanesque, de scénario, à l'animation d'ateliers d'écriture et à la médiation culturelle.
L'analogie avec les écoles d'art me paraît assez juste, les masters création littéraire essaient d'offrir aux étudiants des conditions idéales à leur épanouissement dans l'écriture et à la réalisation de leurs projets, mais aucun de mes profs ne considère que nous sommes là pour apprendre à écrire. Si on est accepté dans le master, c'est en principe qu'on sait déjà écrire et qu'on a l'intention d'être publié.

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Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer.

Le monologue de Nexusis dans Astérix et Obélix mission Cléopatre résume assez bien mon expérience dans le master création littéraire : le plus important pour moi a été de rencontrer des personnes qui écrivent elles aussi, sont confrontées plus ou moins aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes ; qui ont toutes des manières très différentes d'écrire et un regard particulier sur ce que j'écris moi. Ça m'a beaucoup aidé à progresser.
Dans le master, on a beaucoup de moments d'échanges, en cours, où chacun présente un extrait de son travail et où les autres sont invités à donner des conseils ou bien à dire ce qu'ils ont aimé ou non, etc., toujours avec bienveillance.

Après, je pense que l'existence de ces masters ne change pas grand chose au monde de l'édition en France. Je ne pense pas non plus que ces formations sont amenées à se multiplier, tout d'abord parce que cela demanderait un certain budget que peu d'universités sont prêtes, à mon avis, à consacrer à ce genre de formations.

En espérant que ça puisse aider ! Si vous avez besoin d'infos plus précises, je suis disposé à répondre par MP. Bonne journée !

 


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