Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 août 2019 à 22:47:40

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Augusta

Auteur Sujet: Augusta  (Lu 826 fois)

Hors ligne shaane

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Augusta
« le: 09 octobre 2018 à 15:35:15 »

Je n'ai pas écris depuis très longtemps... les aléas d'une vie bien remplie que met en pause un long congé maternité. Maintenant que j'ai le temps (enfin presque... parce qu'un bébé ça occupe bien), je reviens à mes premières amours.
J'ai pas mal de problème de style. Des phrases souvent longues, avec beaucoup de prépositions qui rendent la lecture assez fastidieuse.
Je me suis donc obligée à écrire différemment mais je ne suis pas entièrement convaincue... raison pour laquelle je propose mon texte à votre jugement.

C'est une histoire qui me tient à cœur, et un personnage qui a réellement existé.

J'attends vos retours avec intérêts.





Je m’appelle Ariadné. Ἀριάδνη. Je préfère sa graphie grecque. Le r sec fait place à un rhô tout en rondeur roulant sous la langue et sur les lèvres. La courbe du delta tranche avec votre d latin et sa barre droite et immobile. Le êta final et sa patte longue laisse le temps de s’appesantir un instant sur le son final. Un prénom beaucoup plus doux dans sa version initiale. Ἀριάδνη.
Vous connaissez mon nom. Vous l’associez à un fil, à une fusée. À une homonyme bien plus célèbre que moi. Une princesse grecque qui permit à Thésée de s’échapper d’un labyrinthe. Ariadné. Ce d dur est tombé, ce é chaud s’est affaibli. Il est resté Ariane.

Vous n’avez probablement jamais parler entendu de moi. Ariadné, impératrice. Je pourrais ajouter Ariadné, fille d’empereur, femme d’empereurs, mère d’empereur. Je vous surprends, sans aucun doute. Vous pensez peut-être que je ne suis qu’une obscure petite princesse orientale, oubliée depuis longtemps.
Vous avez probablement raison. Pourtant, je fus l’objet de légendes. Pourtant, je fus faiseuse de rois !

Retenez ce nom : Ἀριάδνη. Fille de Léon, empereur romain. Mère de Léon le Jeune, empereur romain. Femme de Zénon, empereur romain. Femme d’Anastase le Silenciaire, empereur romain.
Pas mal pour une obscure petite princesse grecque, non ?

***

Je ne suis pas née princesse. J’ai vu mon père, officier de l’éminence grise de l’empereur, accéder au trône. Je me souviens de son couronnement. Du haut de mes sept ans, tout me semblait merveilleux.
Ma mémoire d’enfant rend les impressions floues, et la cérémonie plus grandiose qu’elle ne le fut réellement. Je me rappelle le Champ de Mars scintillant. Je me revois plisser les yeux. Le soleil hivernal à mi-course reflétait avec violence les armures nouvellement lustrées des soldats. Les soldats de mon père, pensai-je avec fierté. Mon père, si beau, si grand, si majestueux.

L’enfance d’une princesse est relativement banale. Choyée, mais mariée tôt. Instrument politique au désir de son père. Asservie à la Raison d’État. Rappelée constamment à sa condition de femelle. Surtout en l’absence de l’héritier tant désiré qui tarde à apparaître. Malgré les années qui passent, inexorables et cruelles.

L’espoir était encore permis quand mon père prit la décision de me marier. Une manœuvre politique dans laquelle sa fille aînée était la pièce maîtresse. L’union à un rival, un opposant pourrait-on même dire. Remarquez, ma sœur subit le même sort. Deux fois. Notre père fit exécuter son premier mari, et le mien se débarrassa du second.
Nous ne faisons pas grand cas des mariages dans ma famille.

Ai-je aimé mon époux ? Peut-être un peu. J’ai porté son enfant. Neuf mois durant, le corps progressivement alourdi par ce petit être. La tête emplie de questionnement sur son avenir.

« Modifié: 22 octobre 2018 à 19:42:42 par shaane »

Hors ligne Keanu

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Re : Augusta
« Réponse #1 le: 09 octobre 2018 à 16:03:00 »
Ok shaane, je te suis. Une réécriture de la biographie d'un personnage mythologique. Je suis curieux de savoir où le texte va nous mener, quels choix narratifs et quel.s timbre.s tu vas adopter, à quel point tu vas infléchir les trames populaires et t'en emparer pour, peut-être, les thématiser et les moderniser à ton goût. Je me souviens avoir vraiment apprécié la Médée de Christa Wolf pour son réinvestissement du mythe comme récit mais aussi comme système de valeurs à travers des problématiques récentes comme le féminisme qui peuvent et doivent éclairer certaines zones d'ombre de l'histoire culturelle.
 
J'ai aimé l'incipit morphophonologique — la connaissance de la question par Ariane prête d'ailleurs à sourire, mais peu importe l'anachronisme en fin de compte, c'est aussi et justement l'intérêt. Ce n'est pas important mais je crois par ailleurs qu'on écrirait plutôt, normativement, Ariadne (sans accent).

Quelques remarques de forme : "Champ de Mars" (majuscules), "à mi-course" (accent sur le "a"), "pensai-je" (passé simple et non imparfait). L'irruption ponctuelle du souvenir et le régime temporel qui l'accompagne ne me semble d'ailleurs pas parfait dans ce petit paragraphe. Je propose (libre à toi d'adhérer ou non) : "Je me rappelle le champ de mars scintillant. Je me revois plisser les yeux. Le soleil hivernal à mi-course reflétait avec violence les armures nouvellement lustrées des soldats. Les soldats de mon père. Mon père, si beau, si grand, si majestueux."
Là non plus, je ne suis pas certain de l'utilisation du présent : "Une manœuvre politique dans laquelle sa fille aînée est la pièce maîtresse" Pourquoi ne pas utiliser un imparfait ou un passé simple ?

Attention peut-être à ne pas trop multiplier les adresses, les apostrophes au lecteur. C'est un effet de style que personnellement je trouve un peu surfait, mais c'est une question subjective.
J'attends la suite !



Hors ligne shaane

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Re : Augusta
« Réponse #2 le: 10 octobre 2018 à 09:03:06 »
Merci Keanu pour ton retour !

Les coquilles ont été corrigées, et j'ai adopté ta proposition qui m'a parue judicieuse.

Au risque de te décevoir, ce n'est pas l'histoire d'Ariane, fiancée de Thésée que j'ai l'intention de raconter mais celle de l'impératrice du même nom. C'est un personnage qui a réellement existé. Elle a vécu à la fin du Vème début du VI ème siècle à Constantinople. Si je parle de légendes autour d'elle, c'est que certains chroniqueurs l'ont accusé d'avoir emmuré son mari vivant ou encore d'avoir assassiné leur fils.

Je suis allée vérifié pour la transcription. C'est le epsilon qui devient un e en caractère latin. Le êta devient un ê ou un è. Néanmoins, durant mes recherches, dans les vieilles traductions (XVII-XVIII ème) c'est bien Ariadné que je trouvais et non Ariadnè.

Citer
Là non plus, je ne suis pas certain de l'utilisation du présent : "Une manœuvre politique dans laquelle sa fille aînée est la pièce maîtresse" Pourquoi ne pas utiliser un imparfait ou un passé simple ?
ça sera imparfait

Citer
Attention peut-être à ne pas trop multiplier les adresses, les apostrophes au lecteur.
C'est ce que je me suis dit. C'est pourquoi j'ai tapé trois petites étoiles en m'interdisant les apostrophes à partir de là.
Cependant, je me demande si la question rhétorique "ai-je aimé mon époux" ne pourrait pas être considéré comme telle. En ce cas, il faudrait que je le retravaille.

En tout cas merci pour ce commentaire encourageant. Je me remets vite au travail !

Hors ligne Onca

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Re : Augusta
« Réponse #3 le: 10 octobre 2018 à 10:36:04 »
Salut shaane  ^^

Alors tout d'abord ton texte donne envie d'en lire plus.
J'ai bien aimé que tu commences en étudiant l'écriture et la prononciation du prénom (d'ailleurs merci à Keanu qui m'a permis d'apprendre que la morphophonologie existe), c'est original comme début et personnellement ça m'a donné envie de continuer à lire ton texte.

De plus ton texte parle d'une période historique dont je suis totalement amoureuse.
Tu parles d'une Ariane peu connue, donc on ne connait pas forcément bien sa vie et ça nous donne encore plus envie de lire ton texte et d'en savoir plus sur son histoire.

J'ai remarqué une petite erreur :
Citer
Vous n’avez probablement jamais entendu de moi
Il manque sûrement "parler".

Citer
L’enfance d’une princesse est relativement banale. Choyée, mais mariée tôt. Instrument politique au désir de son père. Asservie à la Raison d’État. Rappelée constamment à sa condition de femelle. Même en l’absence de l’héritier tant désiré qui tarde à apparaître. Malgré les années qui passent, inexorables et cruelles.

L’espoir était encore permis quand mon père prit la décision de me marier. Une manœuvre politique dans laquelle sa fille aînée était la pièce maîtresse. L’union à un rival, un opposant pourrait-on même dire. Remarquez, ma sœur subit le même sort. Deux fois. Notre père fit exécuter son premier mari, et le mien se débarrassa du second
Dans ton texte, j'ai juste  eu du mal avec ce passage. Ce n'est peut être que moi qui ait bugué dessus, mais le fait que dans ce mini résumé de sa vie tu parles d'abord de la difficulté à avoir un enfant, puis tu dis que "L’espoir était encore permis quand mon père prit la décision de me marier" juste après m'a un peu perturbé. Tu parles sûrement d'espoir en général, mais au départ j'ai compris l'espoir d'avoir un enfant, ce qui me semblait bizarre du coup.
Peut être parler d'innoncence à la place pourrait aider à la compréhension (enfin vois ce qui te conviens le mieux).

En tous cas j'ai vraiment apprécié ton texte et j'attend la suite avec impatience   ;)
"Limites sans cesse repoussées,
Plaisir infini,
Écriture."
- Pierre Bottero

Hors ligne Keanu

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Re : Augusta
« Réponse #4 le: 10 octobre 2018 à 10:42:20 »
Désolé shaane pour cette grossière erreur ! Je suis loin d'être un spécialiste de l'Empire romain d'Orient. Cette lecture me ravit d'autant plus, j'espère suivre une histoire pleine d'intrigues et au passage m'instruire un peu. Je vois que tu as rajouté deux petites phrases dans l'introduction pour que d'autres lecteurs ne fassent pas la confusion (je ne saurais te dire si c'est nécessaire, c'est peut-être moi qui parfois manque de culture ou de discernement). Le fait que ce soit un personnage historique plutôt que mythologique ne change pas beaucoup, surtout puisque les récits de sa réalité s'accompagnent de taches obscures ; certes, cette Ariadné n'est que peu représentée dans l'imaginaire collectif et l'histoire culturelle, pour autant il est possible de la même façon pour toi d'investir et modeler sa vie et sa figure sous les angles qui te plairont.
Pardon encore pour la transcription. Tu as bien fait de vérifier. Merci pour tes lumières à ce sujet.
La question "ai-je aimé mon époux ?" pourrait être considérée comme une adresse au lecteur mais pas nécessairement, dans la mesure où elle peut aussi s'adresser à elle-même, etc. Quoi qu'il en soit, c'est vraiment l'apostrophe directe, pronominale ou sans ambiguïté, que je trouve un peu lourde.
A bientôt !

Hors ligne Lyhtela

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Re : Augusta
« Réponse #5 le: 10 octobre 2018 à 20:14:50 »
Merci pour ce texte Shaane. Comme pour les autres commentaires, je suis très enthousiasmée par cet extrait, et j'ai vraiment envie d'en lire plus (même si j'ai un peu de mal à me faire à la lecture sur écran, mais ça c'est mon soucis !!).

Si on veut pinailler, j'ai deux petits commentaires :

Citer
Pas mal pour une obscure petite princesse grecque, non ?
=> Je ne sais pas pourquoi, cette phrase a un peu accroché chez moi. Pourtant, moi j'aime tes interactions avec le lecteur. C'est peut-être le "Pas mal" qui m'a gêné. Autrement, les trois premiers paragraphes sont très plaisants, j'aime le ton qui est donné.

Citer
L’enfance d’une princesse est relativement banale. Choyée, mais mariée tôt. Instrument politique au désir de son père. Asservie à la Raison d’État. Rappelée constamment à sa condition de femelle. Même en l’absence de l’héritier tant désiré qui tarde à apparaître. Malgré les années qui passent, inexorables et cruelles.
=> C'est peut-être moi, mais en lisant la première fois j'avais compris que l'absence d'héritier était postérieur au mariage (j'entends par là que c'est l'héritier d'Ariane et son mari qui ne venait pas). Je m'attendais sûrement à ce que les infos sur le mariage viennent directement après le "mais mariée tôt". Peut-être qu'un passage à la ligne ou quelque chose permettrait d'éviter cette confusion ? Car j'ai compris en lisant le paragraphe suivant, mais j'ai du relire les deux du coup pour être bien sûre de comprendre.

En tout cas, j'ai hâte de lire la suite !
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"Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit"

Charles Baudelaire - Le Voyage

Hors ligne shaane

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Re : Augusta
« Réponse #6 le: 12 octobre 2018 à 09:56:47 »
Merci Onca et Lyhtela pour vos retours.

Du coup, j'ai un peu la pression ;) !

Onca : Oubli corrigé.
Concernant "l'espoir était encore permis" ce n'est pas clair en effet. Je voulais dire pour ses parents : elle avait à peu près seize ans quand elle a été mariée, et si l'on considère que sa mère l'a eu au début de la vingtaine, ça restait possible pour cette dernière d'avoir une nouvelle grossesse.
Je vais retravailler ça !
D'ailleurs je trouve rigolo que tu sois passionnée par la période proto-byzantine. C'est assez rare !

Lyhtela : oui, effectivement le "pas mal" constitue un brusque changement de registre. Elle me contente néanmoins.
Tu m'as fait la même remarque que Onca. Je vais retravailler tout ça pour que ce soit plus clair !

Hors ligne Manu

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Re : Augusta
« Réponse #7 le: 12 octobre 2018 à 11:05:40 »
Bonjour Shaane,

L'accroche m'a bien plus. La comparaison des deux langues nous amène doucement vers le sujet. Bravo.

La deuxième partie me parait être simplement un synopsis. Puisque tu nous parles de sa vie, j'aurai besoin de m'y incruster. Utiliser l'enfance pour comprendre les actes futurs, c'est une des clefs des merveilleuses biographies de Stefan Zweig.

Un détail: tu écris même en l’absence, ne serait-ce pas surtout qui conviendrait le mieux ?

Quoi qu'il en soit, ton style me donne envie d'en connaître un peu plus sur cette mystérieuse femme. à bientôt.

Hors ligne shaane

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Re : Augusta
« Réponse #8 le: 13 octobre 2018 à 08:00:57 »
Merci Manu de ta lecture et ton commentaire.

Remarque judicieuse donc adoptée :).

Au départ, j'avais envie de faire un texte court (d'où ma présence sur ce topic) pour me "remettre en selle", mais pleine de doutes et de confusions je n'arrivai pas à avancer.

Je suis quelque peu rassurée, mais je dois revoir mon récit. M'appesantir plus sur son enfance, et choisir un point de vue temporel : à partir de tel évènement, ce sera du présent.
Je planche sur la structure à adopter, et sur la longueur qui conviendrait.

Je reviens poster dès que possible !

Hors ligne shaane

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Re : Augusta
« Réponse #9 le: 22 octobre 2018 à 19:44:16 »
J'ai un peu restructuré le texte original qui était un peu trop rapide à mon sens. Je garde le même incipit, mais à partir des trois petites étoiles il faut substituer au texte original celui-ci :


Mes nuits appartiennent à Constantinople. Mes rêves devrais-je dire. Mes rêves appartiennent à Constantinople. Je ne rêve que d’elle. La Ville lumière, la Reine des villes. Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient.
Irrémédiablement, mon esprit m’y ramène. À peine je m’assoupis que déjà je rejoins la vieille Byzance. Souvent, je déambule dans le palais. Je revois ces pièces majestueuses, si familières, où j’ai passé mon enfance. Je m’accroche à certains détails. La fresque peinte dans ma chambre d’enfant. L’ocre et le pourpre y retrouvent leur splendeur d’antan. La mosaïque dans la salle de réception du palais. Celle que nous admirions, ma sœur et moi, lors des longues cérémonies officielles. Du doigt, nous désignions les pierres affaissées et nous en faisions le compte.
Parfois, dans mes rêves, je m’extirpe de ces murs rassurants. Je sors du palais pour retourner dans les rues de Constantinople. Ses grandes avenues pavées, ses forums. Le grand dôme de Sainte Sophie qui surplombe la ville. Je déambule, au gré de mes rêves, dans ces rues que je fréquentais tant. La Mésé, que j’ai si souvent arpentée, et qui, dans sa version onirique, s’offre une nouvelle jeunesse. Les échoppes rutilantes s’alignent les unes après les autres pour m’amener aux portes de la ville. Et, lors de mes plus belles nuits, je me retrouve sur la muraille. Mon endroit, mon refuge. Au pied, le port de la ville et son défilé des navires lourds de marchandises. Au loin, le quartier du Galata, où s’étaient installés les marchands vénitiens fuyant la versatile Rome. Et le Bosphore. La vue sur le Bosphore. Là où commençait l’Asie. Presque à cheval entre l’Europe et l’Asie. Entre l’Occident et l’Orient. À mon image.

Mes nuits appartiennent à Constantinople mais je passe mes journées en Isaurie. Depuis un an maintenant. Depuis que j’ai quitté la capitale, suivant mon mari qui fuyait. Il s’échappait, abandonnant la ville et ses habitants. La clameur du peuple le conspuant. Cette foule vindicative qui le désapprouvait. Cette foule, que j’avais toujours connue aimante et ovationnante, je la découvrais haineuse. Intolérante, crachant son mépris à l’étranger que j’avais épousé. Un Isaurien. Un non-Romain. Un Barbare.
« Modifié: 23 octobre 2018 à 08:32:28 par shaane »

Hors ligne Ashka

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Re : Augusta
« Réponse #10 le: 22 octobre 2018 à 21:19:18 »
Hello  ;)

Citer
La ville lumière
une majuscule à ville dans ce cas.
Citer
Du doigt, nous désignions les pierres affaissées et nous en faisions le compte.
:coeur:
Citer
Je déambule, au gré de mes rêves, dans ces rues que je fréquentais tant. La Mésé, que j’ai tant arpentée
Peut-être un "tant" en trop ?
Citer
Au loin, le quartier du Galata, où s’étaient installés les marchands vénitiens fuyant la versatile Rome
J'aurai inversé : la Rome versatile, c'est plus simple, je trouve, mais c'est personnel.
Citer
Intolérante, crachant son mépris à l’étranger que j’avais épousé.
:coeur:
Citer
Un Isaurien. Un non Romain. Un Barbare
J'aurai changé l'ordre pour que ce soit plus percutant:
"Un non Romain. Un Barbare. Un Isaurien"
et : non-Romain (tiret) ; il manque un point à la toute fin.
Le verbe "retrouver" revient trois dans le texte, essayer de varier ?
Citer
Irrémédiablement, mon esprit m’y ramène. À peine je m’assoupis que déjà je me retrouve dans la vieille Byzance. Souvent, je déambule dans le palais. Je revois ces pièces majestueuses, si familières, où j’ai passé mon enfance. Je m’accroche à certains détails. La fresque peinte dans ma chambre d’enfant. L’ocre et le pourpre y retrouvent leur splendeur d’antan. La mosaïque dans la salle de réception du palais. Celle que nous admirions, ma sœur et moi, lors des longues cérémonies officielles. Du doigt, nous désignions les pierres affaissées et nous en faisions le compte.
Parfois, dans mes rêves, je m’extirpe de ces murs rassurants. Je sors du palais pour retrouver les rues de Constantinople.

Jolie évocation en tout cas, il y a là une ambiance qui me plait bien, c'est mieux que la première version, je trouve. ;)
« Modifié: 22 octobre 2018 à 21:23:01 par Ashka »

Hors ligne shaane

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Re : Augusta
« Réponse #11 le: 23 octobre 2018 à 08:42:48 »
Citer
une majuscule à ville dans ce cas.
Corrigé !

Citer
Peut-être un "tant" en trop ?
Idem. Le deuxième a été remplacé par : "que j'ai si souvent arpentée".

Citer
J'aurai inversé : la Rome versatile,
Je garde en l'état.

Citer
J'aurai changé l'ordre pour que ce soit plus percutant:"Un non Romain. Un Barbare. Un Isaurien"
Pour l'instant, je garde en l'état mais je prends note de ta remarque. Je la mets dans un coin de ma tête.
Ce n'est peut-être pas très clair. L'Isaurien n'est pas le "pire" des barbares. D'ailleurs, techniquement, sémantiquement, les Isauriens n'étaient pas considérés comme des barbares puisque absorbés par l'Empire dès le II-IIIème siècle. Certains auteurs ont parlé de "barbares de l'intérieur". Leur mode de vie étaient différent, et ils vivaient isolés, dans les montagnes d'Anatolie, de pillages et de brigandages. Les Goths, eux, étaient de vrais "barbares".
C'est pourquoi j'ai mis cet attribut en dernier. Mais je reste ouverte :)

En tout cas merci pour ton retour. ça m'encourage !

GabriL

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Re : Augusta
« Réponse #12 le: 23 octobre 2018 à 11:31:13 »
("Vous n’avez probablement jamais parler entendu de moi" deux mots ont été inversés)

Ça donne vraiment envie de connaître la suite! le style est fluide, l'introduction nous fait savoir qu'on va, en plus de voyager, apprendre des choses, et, en tant que féministe, je ne peux que me réjouir que cette condition de femme de droite soit démystifiée dans une histoire qui traite de monarques ("les femmes de droite" est le titre d'un livre de Andrea Dworkin, excellente écrivaine et activiste féministe ). Vivement la suite!  :)

Hors ligne Ocubrea

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Re : Augusta
« Réponse #13 le: 25 octobre 2018 à 19:59:10 »
Hello !

Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce qui a déjà été dit, si ce n'est que j'aime vraiment, vraiment bien. Comme nombre d'autres ici, j'aimerais vraiment avoir l'occasion de lire la suite ;)
Seule toute petite remarque, je ne suis pas sûre de préférer la nouvelle version à l'ancienne. Personnellement j'avais accroché avec le style simple et le petit "résumé" de sa vie, un peu comme un "teaser" de série qui donne envie d'en savoir plus… Une question de goûts, j'imagine. Non pas que la nouvelle version soit mauvaise pour autant ! Je l'aime aussi mais je la trouve plus lourde…
Enfin, un texte on ne peut plus prometteur :D

Voilà, merci pour cette lecture, à plus !
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne elodie janssens

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Re : Augusta
« Réponse #14 le: 07 décembre 2018 à 11:26:45 »
Salut Shaane :)

Je découvre avec grand plaisir ton écriture. Ce début me semble très prometteur. J'ai accroché instantanément !
Je te l'accorde, le rappel à Constantinople m'a happée (Tu sais pourquoi ;) )

J'ai hâte de savoir où tu nous emmènes.

Une phrase que j'ai particulièrement aimée, simple, mais très puissante :
"Malgré les années qui passent, inexorables et cruelles."

A bientôt

 


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