Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 août 2019 à 21:57:21

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Memphrémagog

Auteur Sujet: Memphrémagog  (Lu 743 fois)

Hors ligne Ben.G

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Memphrémagog
« le: 11 mars 2018 à 19:33:49 »
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Cette histoire commence par un coup de boule. En pleine face.
Comme toute bonne histoire glanée autour d’un verre, elle se donna à moi au détour de circonstances inhabituelles.

À l'époque, j'étais fréquemment amené à traverser la frontière pour descendre à Boston, où vivait ma petite amie de l'époque. Un soir, suite à une à violente dispute, je partis de chez elle en pleine nuit, très énervé et surtout, très triste. Pour le détail de l'histoire, on se sépara quelques temps après.
Je m'enfonçais donc dans les forêts profondes du Vermont, sur fond de musique mélancolique, sans vraiment réfléchir à ma direction. Simplement pour rouler le plus loin possible. Inconsciemment, je finis par me rendre compte qu'un nom sur les panneaux m'attirait plus que les autres, que je le suivais. Memphrémagog. Alors que je commençais à fatiguer – et que rouler ne m'avait pas calmé – je décidais de me rendre jusqu'à ce nom énigmatique, et voir s'il était possible d'y dormir.

Memphrémagog est un grand lac posé sur la frontière et de nuit, il est invisible. Tout ce que je trouvai sur ces coteaux déserts fut une taverne en rondins, où se réfugiaient les pêcheurs du coin. J’en souriais : pittoresque lieu pour y échouer mon cœur brisé. La taverne faisait gîte – une petite serveuse souriante me montra le dortoir à moitié vide. Des paquets informes d'affaires et de ronflements. Le cœur névralgique battant « 24/24 », c'était le bar au rez-de-chaussée.
Dans la salle s'alignaient deux longues tables en bois, paraissant taillées à même les troncs d'arbres. Elle ressemblait à de grandes tablées familiales où, coude à coude, tout le monde partageait la convivialité de son verre. Les lumières tamisées renforçaient les discussions à voix basses, intimes. Sur les murs, dans la pénombre des lampes huiles, on discernait accrochés des trophées : plaques luisantes de décennies passées, gueules de brochets empaillés, énormes, et autres cadres photos sépias où des pêcheurs bourrus tenaient fièrement leurs prises records.
Bière. Je m'installai, avec l'idée d'y passer une partie la nuit, avant d'aller tomber dans le sommeil de l'alcool oublieux.

En face de moi se trouvait un homme, la cinquantaine, massif. Le nez penché dans sa pinte, il levait de temps en temps des regards curieux vers la salle, comme à la recherche de quelqu'un avec qui partager une plaisanterie. À côté de lui riait une jeune femme – jolie, très jolie, je m'empêchai de trop la regarder. Elle était accompagnée de son petit copain qui, lui, faisait des allers-retours incessants entre le comptoir et notre table. Je ne sais plus sous quel prétexte, une discussion blagueuse commença entre ces trois-là. Le souvenir est flou, mais je me rappelle clairement que les plaisanteries moururent soudainement dans un silence glacial. Un échange de regards qui figea le temps.
Le jeune avait profité de la discussion pour tenter de glisser sa main dans la poche du manteau de l'homme. Ce dernier s'en était rendu compte aussitôt. Un peu surpris, un peu dubitatifs, ils restèrent en suspens une longue seconde – on pouvait presque voir la gravité modeler progressivement leurs visages, leurs mâchoires se serrer. Puis d'un coup, l'explosion. Coup de boule. Le jeune au sol, sa copine qui crie puis vite, qui sort en trombe. « Fucking, fuck you ! ». La petite serveuse intervenant, soudainement autoritaire, virant rapidement l'autre qui pissait le sang. L'homme se rassit, un roc ; quelques « putain » moins forts s'étaient glissés entre les jurons anglophones.
Je lui proposai une bière, pour se remettre. Il rit d'entendre du français. On discuta, les pintes s'enchaînèrent. Il en avait vu d'autres. On se raconta nos vies, d'abord à demi-mot, puis assez vite à coeur ouvert. C'est alors qu'il me parla de l’étrange légende qui l'avait mené dans ces contrées : la truite à fourrure de Memphrémagog. Si j'eus d'abord envie de rire, son sérieux et la vibration de sa sincérité m'en dissuadèrent.

Cette histoire, la sienne, je vais la raconter comme il me la conta, avec la même brume alcoolisée dans les yeux, la même lueur poétique d’un homme à la peau dure comme la vie.

« Je viens d'un petit patelin de Bourgogne. Tu dois pas connaître, ou alors que pour le vin. La Bourgogne, c'est les ventres ronds, les champs, la pêche et puis l'accent – là où on roule les « r » comme pas permis – enlevant toute grâce aux femmes. Enfin passons, sinon je m'éparpille vite. Avalon. C'est le nom de mon village. Je te passe toutes les blagues graveleuses que ce nom provoque dans le coin. Pour moi qui l'ai connu par pleine lune, à ramer sur ses lacs et dans ses brumes inquiétantes, je peux te dire de ce village qu'il portait bien le nom du mythe Arthurien.

Dans tous les villages il y a des excentriques notoires : les nôtres, c’était ma famille. Mon père était maire et se rendait en tracteur, pieds nus, à la mairie. C'est pas grand chose dit comme ça, mais toute personne ayant vécu à la campagne sait que le moindre écart y fait jaser. Encore plus quand c’est ton père. Je ne vais pas te faire toute ma généalogie, mais mon grand-père restait l’excentrique le plus connu du village, à la retraire. Tout le monde le connaissait.
Mes week-ends, mes vacances, je les passais à vélo sur les sentiers de bitume du coin. Aller voir un ami, aller emmerder les vaches ou cueillir des mûres. Aller voir mon grand-père, surtout. De loin ce que je préférais. Sa porte n'était jamais fermée, si bien que souvent le salon était envahi de ses amis plus ou moins proches, sifflant ses réserves de Ricard. Ils l'attendaient. Je faisais partie des privilégiés, bien entendu, j'allais directement le rejoindre dans son atelier. C'était d'ailleurs là que se trouvait sa vraie réserve d'alcool, avec les meilleures bouteilles.
De la confection de bombes de peinture à l'herbe à la fabrication de maracas, dès qu'une passion le prenait, il y passait tout son temps. Il avait construit une sculpture de trois mètres entièrement en casseroles pour la place de la mairie – moche, entre nous il faut l'admettre – dont mon père était le principal opposant. J'aurais plein d’histoires de village marrantes comme ça, mais ce dont je veux te parler, c'est de la truite à fourrure. Aussi invraisemblable que ce soit.

Son autre passion, c'était la pêche. J'irai plus loin, c'était un aventurier dans ce domaine. Depuis sa retraite, il avait acquis une certaine renommée pour ça – ça lui avait valu quelques articles dans des journaux locaux. Sa spécialité : les spécimens rares, les espèces qu'on ne trouve pas, ou plus. Son acharnement dans ses recherches, il le menait avec un tel calme, une telle patience, que j’ai toujours lui ressembler pour cette raison. L'ardeur tranquille. C'est le seul modèle que j'ai bien voulu avoir dans ma vie...
J'adorais aller avec lui et il adorait m'emmener. Bien sûr, enfant j'étais pas particulièrement doué : je me prenais des savons quand j’arrivais, de façon improbable, à coincer ma canne dans un arbre, à emmêler nos lignes trois fois dans la journée, et je ne sais quelles autres innombrables maladresses encore. On en riait toujours quelques heures après.
Être au bord de l'eau avec lui, c'était entendre à toutes heures le klaxon des voitures qui le saluaient. « Aucune idée de qui c'est ce pignouf. Tu l'as vu toi ? » Et son propre rire enfantin, fier de ses bêtises.
Tu vois, une journée au bord de l'eau c'est au matin le frais de l'eau, la petite veste chaude et douce ; l'odeur du papier gras des croissants. Les provisions gardées précieusement pour des temps de pauses que nous seuls sentions venir. Le bruit grinçant de nos chaises pliables. Le clapotis de l'eau, surtout. Le clapotis incessant si régulier, si permanent, que la moindre vaguelette plus haute que les autres, par son bruit si léger, nous faisait relever la tête vers l'étendue du lac.
Il y a la pêche évidemment, avec ses petites manies, ses petites techniques – la minutie des fils, le décrochage attentif des poissons, guetter le bouchon et en comprendre les imperceptibles mouvements. Je pourrais parler des heures uniquement de ça, mais ce que je préférais avec mon grand-père, c’était tout simplement le silence. L'écoute des sons de la nature, des petits animaux ; l'observation des arbres, de la surface de l'eau. Pas besoin de paroles, tout se disait par l'intermédiaire de nos plus infimes mouvements. L'écoute de l'autre, du monde. Suivre comme un tournesol la course du double-soleil – celui du ciel et celui de l’eau. En subir toutes les variations rougissantes dans sa chair.  Tremper sa casquette dans l'eau pour se rafraîchir la nuque. Poser la canne, accorder une pause son attention – il n’y a que là qu’existent des pauses pour arrêter d’attendre. « On en prend encore dix chacun et on rentre. » Et on rentrait. Les bras chargés de toutes nos affaires jusqu'à la voiture, alors qu’enfin l’air s’adoucissait et que le ciel rosissait. Tous les prises étaient retournées à l'eau – aucun de nous deux n'aimions le goût du poisson.

Il y avait les autres pêcheurs aussi, se baladant au bord de l’eau en quête d'informations, de discussions. C'est ainsi, en écoutant attentivement ces échanges anodins et grâce aux explications de mon grand-père, venant ensuite, que j'ai appris à savoir juger du tempérament d'un homme en moins de cinq minutes. C’est ainsi aussi que l’on entendit parler pour la première fois de cette fameuse truite à fourrure, sur le ton de la blague. Mon grand-père passa les semaines qui suivirent à lire tous les articles de presse – et tous les livres, et tous les témoignages sur les forums d’Internet – à propos de cette légende loufoque, à priori fausse. De bar en bar, de ferme en ferme, il glanait les informations auprès des pêcheurs du coin – tous le savaient excentrique, mais beaucoup commencèrent à le prendre pour un véritable fou.
Faisant fi des rires, il finit par entendre parler d'un Américain, venu en vacances une dizaine d'années auparavant, qui avait alors introduit dans nos eaux quelques blackbass et silures – mon grand-père se souvenait bien de cette époque. Continuant de suivre la piste et, après s’être assuré de la véracité du fait, il trouva un petit ruisseau où de véritables spécimens de truites à fourrure auraient été lâchés.

Alors commencèrent de longues journées, formant de très longs mois, que mon grand-père passait exclusivement au bord de l’eau. Je venais souvent avec lui, ayant suivi toute l’affaire depuis le tout début. Je te parlais tout à l'heure des nuits sur les lacs brumeux : le souvenir vient de là. Il avait lu que ces truites mythiques ne sortaient que la nuit, alors il avait finit par passer tout son temps au fil de l'eau.
Pêcher la nuit n’a rien à voir. Tout est plus inquiétant, mystérieux et incertain. On croule sous les manteaux, les écharpes ; on se retourne vers les craquements de branches invisibles. Le silence est étouffant. On pêche au bouchon lumineux, flottant presque dans le vide. C’est comme se trouver au bord du monde, s’en sentir le gardien, tu vois, au-delà on dirait l’espace.

Ça se passa par une nuit de bruine. J’étais parti me reposer dans notre petite toile de tente, lorsque j’entendis les cris de mon grand-père. « C’en est une ! C’en est une ! » ; dans la seconde, j'étais sorti en trombe, à demi dans les vapes et manquant de me ramasser, pour le voir debout mouliner comme un dingue. Les remous dans l’eau. Alors que je courrais vers lui, retentit le « tac » caractéristique du fil qui casse.
« C’en était une, je te jure ! Elles existent, elles existent ! » Enthousiaste comme un enfant, il me sauta dans les bras, presque sans faire attention au fait qu’elle était partie.

J’avais dix-sept ans alors, c’était l’un des derniers étés que je passais chez lui, avant de partir voyager à travers le monde. Lui a continué tout le reste de sa vie à essayer d'en sortir une de l'eau. Il y a, bien sûr, beaucoup d’autres raisons qui m’ont amené à ce lac, lieu de naissance des truites à fourrure, mais si je devais n'en donner qu’une, ce serait cette nuit-là.
Mais il se fait tard... »

Le soleil allait bientôt se lever, à ma grande surprise ; ses derniers mots m’avaient comme subitement sorti d’un songe. Un songe long d’une discussion totale, vécue avec l'oubli du reste du monde, entrecoupée seulement par les allers-retours au comptoir, à tour de rôle, nos bras chargés de bières. Nos sourires de plus en plus fraternels à chaque fois, avant la première gorgée. Surtout, suite à ces pauses, les respirations, les hésitations sur les mots, les yeux qui se lèvent et qui cherchent dans les poutres de l'auberge l'inspiration et la douceur des souvenirs. Ces souvenirs qui défilaient un instant derrière ses yeux et dardaient, vivaces, l'ardeur d'une vie ressuscitée à travers notre échange.

« Ça te dirait de venir pêcher, demain ? »
« Modifié: 29 mars 2019 à 02:10:59 par Ben.G »
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Re : Memphrémagog
« Réponse #1 le: 12 mars 2018 à 10:04:14 »
J'ai lu, j'aimerais connaître la contrainte de l'AT.

Pour moi, l'intro avec son histoire de rupture à venir est trop longue, trop de détails inutiles. Le reste sonne bien, avec quelques coquilles orthographiques, mais là je n'ai pas le temps de me poser en détail.

Je reviens plus tard

 :mrgreen:

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Re : Memphrémagog
« Réponse #2 le: 15 mars 2018 à 12:17:21 »
Le thème de l'at c'est héritage

D'acc je pense que je vois pour le début,  où je peux raccourcir, je vais corriger ca samedi

Merci Clau ! ^^
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Re : Memphrémagog
« Réponse #3 le: 11 février 2019 à 11:12:50 »
Yo !
C'est parti pour le petit pinaillage des familles :)

Citer
à un détour de voyage perdu.
c'est le voyage qui est perdu ?
"au détour d'un voyage de perdu" ?

Citer
je menais une sordide histoire d'amour.
pas top le verbe "mener"

Citer
C'était un soir où je partis en pleine nuit,
du coup, on aurait bien aimé avoir quelques mots sur l'histoire d'amour avant que tu ne reviennes sur ton récit.
Et si tu écris "Je dis sordide, car elle se finit mal. " on attend encore plus la suite ; "car elle s'était mal finie" permettrait de tourner un peu plus la page

Citer
pourfendant et m'enfonçant dans les forêts profondes du Vermont,
on attend le COD de pourfendre

Citer
La nuit était bien avancée, la fatigue et ce que j'y trouvai
le "y" renvoie à quoi ?

Citer
C'est d'ailleurs après cette énième dispute qu'elle ne me rappela jamais.
je trouve que c'est trop déconnecté des quelques mots sur l'histoire d'amour ; et puis tu parles d'une dispute sur laquelle on ne sait rien

Citer
un grand lac posé sur la frontière et de nuit, invisible.
pourquoi rejeter "invisible" à la fin, ça complexifie pour pas grand chose, je trouve

Citer
Tout ce que je trouvai sur ces coteaux vides fut une taverne en rondins où se réfugiaient les pêcheurs du coin.
pas fan de "vides"; j'aurais banalement mis "déserts"

Citer
J’en souriais  : pittoresque lieu pour y échouer mon cœur.
:) tu pourrais d'ailleurs placer un ou deux détails (gueules de brochets naturalisées au mur ^^)

Citer
paraissant à même taillées dans les troncs d'arbres.
taillées à même

Citer
Elle ressemblait à un grand réfectoire
tu dis "exiguë" juste au-dessus, là on perd un peu l'idée

Citer
Un échange de regards qui fixa le temps.
j'aurais mis 'figea' ; mais y a moyen de trouver un truc qui claque ici ; c'est un tournant, faut envoyer du lourd !

Citer
Le jeune avait profité de la discussion pour tenter de glisser sa main dans la poche du manteau de l'homme. Ce dernier s'en rendit compte aussitôt.
s'en était rendu compte

Citer
Je lui proposai une bière, pour se remettre.
:D ça me fait marrer de devoir se remettre d'avoir claqué un coup de boule !

Citer
On se raconta nos vies, d'abord à demi-mot, puis assez vite à tombeau ouvert.
je sais pas si ça se dit raconter à tombeau ouvert

Citer
Pour moi qui l'ai connu par pleine lune, à ramer sur ses lacs
le "ses" se rapporte à "village" ; les lacs du village... mouais

Citer
j’arrivais, de façon improbable, à coincer ma canne dans un arbre ou je ne sais quelles autres maladresses.
pb de grammaire : "j'arrivais à ... ... je ne sais quelles autres maladresses"

Citer
Tous les poissons étaient retournés à l'eau – aucun de nous deux n'aimions son goût.
leur goût

Citer
Commencèrent de longues journées lors de longs mois
je trouve pas ça hyper joli

Citer
au bord de l’eau. Je venais souvent, ayant suivi toute l’affaire depuis le début. Je te parlais plus tôt des nuits en barques : c’était ça.
barque ou pas barque ?

Citer
J’étais parti me reposer dans notre petite toile de tente ; soudain j’entendis ses cris.
barque ou pas barque ?

Citer
mais si je devais n’en donner qu’une et sans l’expliquer, ce serait à cause de cette nuit-là.
je comprends pas le "sans l'expliquer"



Au global : j'aime bien la complicité entre le grand-père et le jeune ; elle résonne avec la complicité qui se crée entre les deux personnages et en ce sens la dernière phrase est nickel.
J'ai pas mal chicané sur des détails, j'espère que ça t'aidera.
++

Rémi

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Re : Memphrémagog
« Réponse #4 le: 11 février 2019 à 14:34:50 »
Yo, merci Rémi !!!

Je vais faire toutes ces corrections, ca m'aide beaucoup ^^
(j'avais peur en effet que les différents histoire s'articulent mal...)


++ ;)
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Re : Memphrémagog
« Réponse #5 le: 13 février 2019 à 20:56:32 »
(je profite de mon jour de repos pour prendre le temps de commenter en détails ;))
(je ferai sûrement redondance avec Rémi :-X)

Citer
Cette histoire commence par un coup de boule. En pleine face.
=> ça commence bien :D
Citer
à un détour de voyage perdu
=> comme Rémi "au détour d'un voyage perdu"
Citer
À l'époque, je traversais régulièrement la frontière pour descendre à Boston, je menais une sordide histoire d'amour. Je dis sordide, car elle se finit mal. C'était un soir je partis en pleine nuit
=> pour moi, il faut mettre au plus que parfait après "c'était un soir" ; pour éviter la répétition, je propose : "Ce soir-là, j'étais partie en pleine nuit"
Citer
pourfendant
=> comme l'a dit Rémi, le verbe est transitif ; je propose quelques verbes intransitifs au sens proche : "maugréant", "fulminant", "grondant", "grommelant", "maronnant", "tempêtant", ...
Citer
pour m'empêcher de trop penser
=> je ne suis pas fan de la formulation... "pour occuper mon esprit" ? (mais c'est pas top non plus...)
Citer
C'est d'ailleurs après cette énième dispute qu'elle ne me rappela jamais.
=> même sensation que Rémi ; ça fait trop "fouillis". De mon point de vue : soit tu nous racontes un bout de l'histoire/l'objet de la dispute, soit tu enlèves "Je dis sordide, car elle se finit mal." et "C'est d'ailleurs après cette énième dispute qu'elle ne me rappela jamais." parce que sinon tu fais allusions à des choses que tu ne me donnes pas.
Citer
Memphrémagog, un grand lac posé sur la frontière et de nuit, invisible.
=> :coeur: (contrairement à Rémi, j'aime bien le "invisible" posé comme ça  :-[ )
Citer
Des paquets informes d'affaires et de ronflements.
=> j'aime bien !
Citer
Le cœur névralgique, battant «  24/24  »
=> pour que la phrase soit plus fluide, j'aurais viré la virgule ici
Citer
paraissant à même taillées dans les troncs d'arbres
=> taillées à même les troncs d'arbre
Citer
– jolie, très jolie, je m'empêchai de trop la regarder
=> pour le rythme, j'aurais mis un point à la place de la virgule après le 2ème "jolie"
Citer
Elle était accompagnée de son petit copain
=> l'espression "petit copain" hors contexte adolescent me fait toujours buguer... mais c'est très perso (je partage mon opinion au cas où)
Citer
plaisanteries furent soudainement coupées
=> hum... "coupées" sonne bizarre à mon oreille... "interrompues" ?
Citer
Un échange de regards qui fixa le temps.
=> pareil que Rémi ; pour moi, "fixer" c'est "accrocher"... qui arrêta/figea le temps ?
Citer
Un peu surpris, un peu dubitatifs, ils restèrent en suspens une longue seconde – on pouvait presque voir la gravité prendre place sur leurs visages, leurs mâchoires se serrer.
=> même remarque que Rémi sur "s'en était rendu compte" mais sinon j'aime bien ! Je trouve que l'effet est très bien rendu !
Citer
L'homme se rassit, un roc
=> j'aime bien :)
Citer
Les « fucking, fuck you ! » retentissant
=> ici j'aurais viré "retentissant" ; je trouve que c'est plus incisif sans.
Citer
Je lui proposai une bière, pour se remettre.
=> moi aussi ça m'a fait rire  :D
Citer
puis assez vite à tombeau ouvert
=> c'est volontaire ? (l'expression c'est "à coeur ouvert") et vu qu'a priori ils ne sont pas morts, "tombeau" me sonne bizarre
Citer
la truite à fourrure de Memphrémagog
=>  :D
Citer
Cette histoire, la sienne, je vais la raconter comme il me la conta, avec la même brume alcoolisée dans les yeux, la même lueur poétique d’un homme à la peau dure comme la vie.
=> :coeur:
Citer
Pour moi qui l'ai connu par pleine lune
=> ça se dit "par" pleine lune ?  :\? instinctivement, j'aurais dit "à" la pleine lune

Dans la suite du monologue, il faut que tu ouvres les guillemets à chaque début de paragraphe :
"Je viens d'un petit blablabliblablablapampamdoupoumpoumpuribipipipapadoupoumpom blablabliblablablapampamdoupoumpoumpuribipipipapadoupoumpom[insérer ici un paragraphe][passage à la ligne pour le paragraphe suivant]
"Dans tous blablabliblablablapampamdoupoumpoumpuribipipipapadoupoumpom[insérer ici un paragraphe][passage à la ligne pour le paragraphe suivant]
"etc
"etc... fin du monologue"

Citer
les nôtres c’était ma famille
=> virgule après "nôtres"
Citer
Mon père était maire et se rendait en tracteur, pieds nus, à la mairie. C'est pas grand chose dit comme ça, mais toute personne ayant vécu à la campagne sait que le moindre écart y fait jaser. Encore plus quand c’est ton père.
=> :D
Citer
Je ne vais pas te faire toute ma généalogie, mais mon grand-père était l’ancien excentrique notoire, à la retraire. Tout le monde le connaissait.
=> pourquoi être passé à la ligne ici ?
Citer
Sa porte n'était jamais fermée,
=> idem ?
Citer
dès qu'une passion le prenait, il passait tout son temps à la bidouiller
=> bidouiller une passion ?  :\? "il y passait tout son temps" ?
Citer
Il avait construit une sculpture de trois mètres entièrement en casseroles pour la place de la mairie – moche, entre nous il faut l'admettre – dont mon père était le principal opposant. J'aurais plein d’histoires de village marrantes comme ça, mais ce dont je veux te parler, c'est de la truite à fourrure. Aussi invraisemblable que ce soit.
=> :viviane: j'adore ! :D
Citer
Depuis sa retraite, on le reconnaissait pour ça
=> connaissait ? (on dit "connaître quelqu'un pour qch")
Citer
que j’ai toujours voulu le prendre comme modèle pour cette raison
=> le "pour cette raison" me semble de trop...
Citer
Bien sûr, je me prenais des savons quand j’arrivais, de façon improbable, à coincer ma canne dans un arbre ou je ne sais quelles autres maladresses.
=> le boulet ::) :D (comme dit Rémi et "ou à je ne sais")
Citer
Être au bord de l'eau avec lui, c'était entendre toutes les heures le klaxon des voitures
=> "toutes les heures" ou "à toute heure" ?
Citer
Tu vois, une journée au bord de l'eau
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
Le clapotis de l'eau,
=> idem
Citer
Pas besoin de paroles, tout se disait par l'intermédiaire de nos plus infimes mouvements. L'écoute de l'autre, du monde.
=> :coeur: (en fait tout le paragraphe avant aussi ; c'est vibrant)
Citer
Suivre comme un tournesol la course du double-soleil
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
la course du double-soleil – celui du ciel et celui de l’eau. En subir toutes les variations rougissantes dans sa chair. Tremper sa casquette dans l'eau pour se rafraîchir la nuque. Poser la canne, accorder une pause à l'attention – il n’y a que là qu’existent des pauses pour arrêter d’attendre.
=> :coeur:
Citer
Tous les poissons étaient retournés à l'eau – aucun de nous deux n'aimions son goût.
=> Rémi l'a déjà dit : "leur" ; et  :D
Citer
Il y avait les autres pêcheurs, aussi, se baladant au bord de l’eau
=> la 1ère virgule est de trop
Citer
sur un ton de blague
=> "sur le ton de la blague", plutôt ?
Citer
Il passa les semaines qui suivirent à lire
=> vu qu'on dit beaucoup "il" depuis tout à l'heure, j'aurais remis "mon grand-père" pour casser la monotonie
Citer
et tous les livres, et tous les témoignages sur forums d’Internet – à propos de cette légende loufoque, à priori fausse.
=> :D et "a priori" (pas d'accent, c'est une locution latine)
Citer
Faisant fit des rires
=> fi (l'expression c'est "faire fi")
Citer
Commencèrent de longues journées lors de longs mois
=> bof... à raccourcir en "Commencèrent de longs mois passés exclusivement au bord de l’eau" ?
Citer
Je te parlais plus tôt des nuits en barques : c’était ça
=> apparemment, ni Rémi ni moi n'avons le souvenir que tu nous en aies parlé !  :o :D
Citer
Pêcher la nuit n’a rien à voir
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
on se retourne vers les craquements de branches, invisibles
=> pour le coup, ici, je n'aime pas la virgule avant "invisible" !
Citer
C’est comme se trouver au bord du monde, s’en sentir le gardien, tu vois, au-delà on dirait l’espace.
=> :coeur:
Citer
C’était une nuit de bruine.
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
soudain j’entendis ses cris.
=> vu qu'on n'en a plus parlé depuis 5 minutes, je n'ai pas compris tout de suite à qui se référait "ses" ; peut-être clarifier ?
Citer
Je sortis en trombe
=> pour coller avec le ton du monologue, j'aurais mis le plus-que-parfait "j'étais sorti"
Citer
Alors que je courrai vers lui, retentit le « tac »
=> "courrais" (c'est de l'imparfait : action longue pendant laquelle se passent d'autres action) et plus que parfait "avait retenti"
Citer
« C’en était une, je te jure !
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
Enthousiaste comme un enfant
=> idem
Citer
il me sauta dans les bras
=> avait sauté
Citer
Lui a continué, tout le reste de sa vie
=> la virgule me semble de trop
Citer
Il y a, bien sûr, plein
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
si je devais n’en donner qu’une et sans l’expliquer
=> le "et" est de trop
Citer
Mais il se fait
=> pourquoi être passé à la ligne ?
Citer
Le soleil allait bientôt se lever, à ma surprise
=> à ma "grande" surprise ?
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Un songe long d’une discussion totale
=> hum... je trouve ça bizarrement dit... "un songe qui aurait duré le temps d'une discussion ?"
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les hésitations de mots
=> les paroles hésitantes ?

Je rejoins mamie sur le début : au final tu nous décrit des choses qui ne servent pas à l'histoire (mis à part peut-être pour nous expliquer l'état d'esprit du narrateur), du coup j'aurais un peu élagué le début. Par contre la suite, j'ai adoré ; c'est rare que je dise ça  :o, mais franchement j'ai trouvé ce texte très riche, que ce soit en sensations, en finesse dans les descriptions du grand-père et en sensibilité aussi.

Enfin voilà, va falloir corriger quelques trucs, mais je le trouve très chouette ce texte  :)

:oxo:
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

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Re : Memphrémagog
« Réponse #6 le: 29 mars 2019 à 02:27:51 »
Merci Rémi et Léli  _/-o_


Ca m'a pris le temps, mais j'ai enfin intégré toutes vos corrections et peaufiné le texte, il devrait être prêt à l'envoi, youhou !

Mais merci beaucoup, vos deux lectures étaient super précieuses et utiles  :coeur:

Tout le début a été élagué !



(j'ai ajouté des gueules de brochets Rémi, j'adore l'idée  :D )




Léli je te réponds que sur trois trucs, mais j'ai bien réfléchis toutes tes remarques, intégré la plupart ^^

Pour la mise en page du monologue : alors oui et non, c'est un choix de mise en page, plutôt classique que tu proposes, et je l'aime pas tant, j'ai jamais aimé les guillemets comme ça pour rappeler que c'est un monologue, et on m'a appris en cours que c'était pas obligatoire ^^ (en gros ca relève un peu du choix éditorial, mais si on le fait, il faut l'unifier et l'appliquer sur tout le texte)

Pareil pour le apriori, licence latine qui n'est pas obligatoire avec la réforme de 90, on peut donc le franciser en à priori (et adns ce cas le a doit absolument être accentué vu que c'est francisé); par contre, pareil, si tu fais le choix de ne pas franciser les locutions latines, tu dois le faire sur TOUT le texte pour être uniforme (et les locutions latines doivent obligatoirement s'appliquer avec un italique)

Et pour les retours à la ligne, t'as tapé une sacrée fixette sur la fin  :D Bon, pour beaucoup t'avais raison, y'avait pas de raison d'en faire de novueau paragraphes, mais sinon bah... c'était simplement des paragraphes quoi ^^ à partir d'un changement d'idée j'aime bien retourner à la ligne, sinon ça fait des gros blocs imbuvables et j'aime pas





EN tout cas encore merci, j'ai pris le temps mais je voulais vous répondre une fois que j'aurais tout fini ^^
Être sur la route sans avoir quitté la maison,
être dans la maison sans avoir quitté la route
- Victor Segalen

Mon paradoxe de singe

 


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