Rêve de jour
Encore un matin m'emmenant vers le rien
Encore un jour me promettant ses amours
Et quand je n'aurai plus rien, un sac vide
pendra à mon épaule, écrin de mes rêves
Alors libre, riboulant comme lapin de garenne
Ma parole déliée enfin s'envolera
J'oublierai sans peine les creux les pleins
Seul me restera le soleil levant sur le sable
Tableau fleurant les souvenirs d'enfance
Comme une mie emballée dans sa croûte dorée
La flamme vacillante à bout de son énergie
Puisera dans la braise amie de la force du maître
Et du tréfonds, lent comme un astre et fort comme un bœuf
S'évadera le son d'un fardeau depuis longtemps inutile
Les papillons légers reprendront leurs droits
Et ils riront du plomb fondu coulé sous les semelle
Les pas alors se feront raison de courir sur le sentier
Sans qu'une seule fois une ornière ne les retienne
De mon nom il ne restera personne, un souffle,
Une image peut-être, avatar de la désillusion
Imitant la plume effrontée qui ne se laisse attraper
Sans un dernier regard à sa vie d'ici-bas
Où les livres ont creusé les grottes en refuge
Et érigés des collines savantes dans les vents tourbillonnants
Faisant oublier la profusion de cet Eden
Mettant en danger mon assiette fraîchement acquise
Je n'ai que toi , mon rêve, ne te détourne pas déjà
Si parfois je t'ai quitté, ton frère plus grand, plus beau
M'ouvrait à ce que je ne suis pas, un oiseau
un chant la terre le ciel le feu mon amour
Et dis-moi, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard
Me suis-je tant trompée en puisant en moi ?