Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 juin 2019 à 14:25:16

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Auteur Sujet: Écrire, est-ce un contrat ?  (Lu 693 fois)

En ligne Alan Tréard

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Écrire, est-ce un contrat ?
« le: 23 juin 2017 à 17:50:57 »
Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?

Lorsqu'on prend le soin d'être lu, on amène naturellement un certain nombre de lecteurs à prendre part à cette lecture, à découvrir les propos de l'auteure ou de l'auteur.

Quand on écrit, se tient-on responsable de ce que l'on produit tel un contrat avec l'autre ? Devient-on garant de l’œuvre ? porteur d'une orientation ? Ou se laisse-t-on aller aux plus incroyables libertés ? Y a-t-il un intérêt à se responsabiliser ? à voir sa démarche d'écriture comme une forme de processus assumé ?

Si quelqu'un venait à censurer un texte, faut-il essayer d'accepter la censure ? de lui donner un sens ? de la subir ? de la contourner ? de l'ignorer ?

Il y a parfois des censures que l'on comprend, d'autres que l'on rejette. Quelle est la place de celle ou de celui qui est à l'origine d'un texte condamné ? Attribuer un écrit à quelqu'un revient également à lui attribuer toute une multitude de paroles ou d'intentions. Et si quelqu'un écrit quelque chose de « banal », cela le rend-il pour autant irresponsable des idées et clichés qu'il véhicule et qu'il perpétue ?

Chaque texte a-t-il à la base un possesseur qui en a voulu quelque chose ? Il y a certains textes dont personne n'ose se revendiquer auteur, si ce n'est la ou le signataire en question ; qu'ont-ils de différent avec d'autres textes plus facilement assumés ?

On a parfois pu se poser la question d'un écrit moral. On peut tout à fait lire un roman ou une pièce de théâtre dont la morale a très imprégné le contenu. Que pourrait bien être un écrit immoral ? Écrire, est-ce prendre la responsabilité de se positionner ? de s'étendre ? Se donne-t-on des limites lorsque l'on tient des propos choquants ou même quand on tente d'atteindre un certain niveau d'expression ?

Et moi ? Ai-je intérêt à écrire des textes que personne d'autre ne pourra signer ? Cela me rend-il porteur d'un message unique ? d'un message dont je me rends le seul garant ?

Pouvons-nous autoriser à une lectrice ou un lecteur de se fâcher après une lecture ? Cela ne reviendrait-il pas à lui interdire de s'émerveiller ou de se passionner ?

Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?

Viviane

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #1 le: 24 juin 2017 à 03:32:47 »
Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?
oui, il est tacite et porte le joli nom de "suspension d'incrédulité" :mrgreen:



Quand on écrit, se tient-on responsable de ce que l'on produit tel un contrat avec l'autre ? Devient-on garant de l’œuvre ? porteur d'une orientation ? Ou se laisse-t-on aller aux plus incroyables libertés ? Y a-t-il un intérêt à se responsabiliser ? à voir sa démarche d'écriture comme une forme de processus assumé ?
Si on a répondu "oui" à la première question, je pense que cette deuxième question devrait être plutôt : Quand on écrit, se rend-on compte que l'on devient responsable de ce contrat tacite avec le lecteur ?
Enfin, dans tout les cas, la 3° question "Devient-on garant de l’œuvre ? " devient caduque (responsable = garant, dans ce cas-là, non ? :huhu:)




Il y a parfois des censures que l'on comprend, d'autres que l'on rejette. Quelle est la place de celle ou de celui qui est à l'origine d'un texte condamné ? Attribuer un écrit à quelqu'un revient également à lui attribuer toute une multitude de paroles ou d'intentions. Et si quelqu'un écrit quelque chose de « banal », cela le rend-il pour autant irresponsable des idées et clichés qu'il véhicule et qu'il perpétue ?
Le censure, c'est comme l'ascenseur en fait : c'est quand tu veux descendre et que tout le monde monte :D
Le problème de le "censure" est qu'il n'est pas intrisèque à l'écriture, ni à la lecture proprement dite, elle est culturelle. J'ai envie de dire qu'il y a 3 textes :

1) celui qui est ancré dans l'écrivain, totalement virtuel et fantasmé, le boulot de l'auteur va être de le retranscire au mieux avec les outils à sa dispositon : la langue, l'othographe, le grammaire, ma mise en page, le choix de mots, le style... Le résultat écrit se rapprochera plus ou moins de cet idéal. Et déjà dans cette "trancription", il peut déjà y avoir une "auto-censure" (t'y avais pas pensé  celle-là hein :P) dû à une pression sociale (inconsciente ou non), parce que le texte écrit devient systématiquement une chose tangible, réelle, légale (droits d'auteur toussa). On peut voir aussi dans cette concrétisation un début d'aspect "contrat" soulevé précedemment. En sus, on peut raccrocher à tout ça la thématique du "pourquoi écrire" blablabla...

2) celui qui est lu par le lecteur. Le jugement qui en découle dépendra de ce que veut/s'attends le lecteur, ceci dependant du cadre dans lequel est proposé le texte (oscillant entre la relecture d'un premier jet par un quidam et la publication à x millions exemplaires d'une sommité littéraire estampillée prix "qu'on court" lol). Donc 2 lecteurs : le passif (lire et se divertir) et l'actif ("change avec l'auteur"). Là aussi, la culture du lecteur apportera des jugements et des "envies de censure".

3) le texte lui-même, en tant qu'objet "légal". Il l'est de facto (droits d'auteur"). Techniquement, c'est lui qui est potentiellement censurable, surtout s'il véhicule des idéologies interdites par la loi du pays où il est écrit, puis lu aussi (Rushdie est l'exemple parfait : publier professionellement, à reçu un prix littéraire, et est considéré comme la plus pure abjection dans d'autres pays agrémenté d'une menace de mort sur l'auteur). C'est dans ce dernier cas qu'on trouve les limites de la diffusion d'un texte, et non de sa réalité en un point géographique précis. Il pose d'emblée tout ce questionnement de la responsabilité de l'auteur. En gros, la question est "jusqu'où peut-on aller trop loin dans le partage de l'écriture?".

Je pense qu'on peut écrire les pires trucs (avec un mimum de style et d'écriture) sans auto-censure. Mais l'aspect légal et inter-culturel du texte écrit (l'objet) génèrent automatiquement un contrat tacite entre l'auteur et le lecteur, indubitablement. Un texte où un type sequestre et viol un môme n'est pas destiné au même public que "le petit chaperon rouge". Je pense que le coeur du problème tient plus de la maîtrise de la diffusion d'une oeuvre, que de l'oeuvre elle-même. Techniquement, si le seul lecteur est l'auteur, alors il n'y a plus de censure/critique/contrat par rapport à l'autre (juste à soi-même; ce qui soulève d'autres interrogations), juste une production litteraire libre et onanique ; voire orgastique si l'auteur est (re-)productif.




Il y a parfois des censures que l'on comprend, d'autres que l'on rejette. Quelle est la place de celle ou de celui qui est à l'origine d'un texte condamné ? Attribuer un écrit à quelqu'un revient également à lui attribuer toute une multitude de paroles ou d'intentions. Et si quelqu'un écrit quelque chose de « banal », cela le rend-il pour autant irresponsable des idées et clichés qu'il véhicule et qu'il perpétue ?
Le problème de la deuxième partie de ton interrogation soulève deux points :

1) acceptation ou non de la censure (et à moindre mesure de la critique d'un texte) par l'auteur. Cela est intrisèquement lié à la génèse du texte. Plus l'auteur y aura mis "du sien" (le pire étant l'autobiographie par exemple), plus il va fondammentalement "s'identifier au texte" : tout ce qui sera dit sur le texte sera appliqué à l'auteur (par lui-même). Il y a un lien fort entre "ce que je suis" et "ce que mon texte est". Si l'auteur ne peut/veux pas faire la distinction, la critique et la censure deviennent insoutenables, sorte d'attaque personnelle. Si l'auteur fait la part des chose et considère le texte écrit comme un objet à façonner, à perfectionner ; alors la censure et la critique peuvent fonctionner pour l'amélioration du texte, donc le bien commun entre l'auteur et son lectorat. Toutes les nuances entre ces deux extrêmes étant possibles, chaque réponse (d'accepter la censure ? de lui donner un sens ? de la subir ? de la contourner ? de l'ignorer ?)  sera fonction des buts visés par l'auteur et du  lectorat pour le texte. Je ne pense pas qu'il y ai de réponse parfaite, ça dépend l'idée du texte défedue par l'auteur : certain se coucheront dans la fange pour être publié, d'autres préféreront la mort plutôt que d'enlever cette virgule.

2) " Et si quelqu'un écrit quelque chose de « banal », cela le rend-il pour autant irresponsable des idées et clichés qu'il véhicule et qu'il perpétue ?" Tout dépend de ce que tu appelles "banal". Un adjectif balancé comme ça n'a aucune valeur, sauf celle que tu lui donne au moment de l'écrire (et je suis pas dans ta tête lol (heureusement pour toi re-lol)) . Donc la question serait : y'a-t-il une type de texte (un SMS ? un tag ? une trentaine de mots d'un énervé sur un son facebook ? un texte pro-pédophile pourri de fautes écrit par un  adolescent boutonneux en manque de sexe ?) non soumis à la censure ? Au vu de ce que j'ai écrit, non. Il faut juste définir ce qu'on appelle un texte : à partir de combien de mots ? combien de phrases ? paragraphe ? unité littéraire ?  voila déjà un premier travail de fond : définir ce qu'est un texte. Ensuite, tu y appliques mon raisonnement. Par truchement, cette dernière question n'a plus lieu d'être.




On a parfois pu se poser la question d'un écrit moral. On peut tout à fait lire un roman ou une pièce de théâtre dont la morale a très imprégné le contenu. Que pourrait bien être un écrit immoral ? Écrire, est-ce prendre la responsabilité de se positionner ? de s'étendre ? Se donne-t-on des limites lorsque l'on tient des propos choquants ou même quand on tente d'atteindre un certain niveau d'expression ?
j'ai rien de plus à dire sur ce sujet. Pour moi, l'analyse précédent inclu cet aspect moral/immoral du texte ou de la volonté de l'auteur. C'est un choix qu'il fait dans structure de son réci ou le but de son oeuvre. A savoir si un texte doit ou non se conforter à cela, je reviendrais juste sur l'aspect "diffusion" du texte. Ta dernière question rejoint l'auto-censure (tu ne cites pas le terme mais c'est ce que tu sous-entends) abordée plus haut.




Et moi ?  Ai-je intérêt à écrire des textes que personne d'autre ne pourra signer ? Cela me rend-il porteur d'un message unique ? d'un message dont je me rends le seul garant ?
Mais bon dieu, putin, OUI !!

pardon... :-[

Si on place l'écriture d'un texte comme une partie projetée de son imaginaire, y a-t-il dans ce processus un souhait de se différencier des autres ? Une fois de plus cela dépend de l'auteur. On se doute (pour moi une certitude), que le style est à la foi intrinsèque à chaque auteur et fortement influencé par ses lectures (quand ce ne sont pas des personnes qui vont lui conseiller de lire certains livres pour s'améliorer). Il y a donc un style de base unique à chacun qui évolue petit à petit. Je dirais que, à part une volonté forte de vouloir se démarquer, chaque auteur à son style et que comme on trouve quelque fois des choses personnelles dans les textes (inconsciemment ou non). Avec ces éléments, je répondrais "oui" de facto à tes questions. Du moins dans leur sens "écrire des textes que personne d'autre ne pourra signer" ; "porteur d'un message unique" ; "message dont je me rends le seul garant".

L'autre aspect que tu soulèves est "la volonté de", qui encore dépend de la présence d'une ambition de l'auteur à vouloir se démarquer des autres. Perso, oui je veux écrire des textes que personne d'autre ne pourra signer, c'est une sorte de volonté d'exister, d'être reconnu. Tu lis, tu vois de suite c'est qui. c'est très égoïste comme démarche, et ça peut être auto-destructeur, dans le sens où cela devient une stagnation stylistique qui peut lasser les lecteurs. Donc si on veut durer, il faut aussi savoir évoluer. Cela te rend-il porteur d'une message unique ? Je ne sais pas, unique dans la combinaison du message et de sa mise en forme ? surement. Mais le message tout seul, en lui même, c'est quoi ? Celui du texte, ou celui de tous les textes de l'auteur ? Selon le niveau ou tu te place, il n'y a pas forcément le même message. Enfin, d'autres auront sûrement le même message à un moment. La multitude des textes fait qu'un message unique devient assez difficile, reste la mise en forme pour marquer le coup. Tu te rends garant d'un message si tu le supportes de tout ton poids, non ? Tant que ton engagement n'altère pas la qualité du texte, tu peux toujours porter ton drapeau ; mais là aussi, d'autres auront le même. A toi de mettre le tien plus haut que celui des autres, si tu veux "exister".





Pouvons-nous autoriser à une lectrice ou un lecteur de se fâcher après une lecture ? Cela ne reviendrait-il pas à lui interdire de s'émerveiller ou de se passionner ?
En fait, l'auteur n'a rien à autoriser au lecteur  :o ! Quel arrogance !! Je suis outrée ><
"j'ai écrit un texte. tu le lis et tu me dis que c'est bien ok ? sinon, un baffe" lol
C'est plus un contrat, c'est une commande, là :D

Non, l'auteur montre son texte à un lectorat. Le lectorat est entièrement libre de sa réaction. Sinon, c'est l'auteur qui censure la critique. Techniquement, créer quelque chose (un texte, un objet), ça revient à modifier l'équilibre "de l'univers" en cours (dis comme ça, c'est pompeux, mais j'ai pas d'autres images actuellement >< ; impregnez-vous de mon argument et non de sa forme). Donc, en tant que "perturbateur" de cet équilibre, on est contraint à assumer les réactions "de l'univers" pour atteindre un nouvel équilibre incluant la création. En bref, on n'impose pas sa création ; et si on le fait, la réaction sera plus dure (car incluant la création ET l'imposition de la création, 2 choses au lieu d'une).
Pas conséquent, l'ire ou l'émerveillement du lectorat est laissée à sa discrétion. Mais une fois de plus, tout dépend de l'objectif de l'auteur pour son texte. S'il veut être lu par les millions de lecteur, alors il perdra sa liberté d'écrire ce qu'il veut et devra se conformer à écrire pour le plus grand nombre. D'où cette question : écrire pour les autres, est-ce encore écrire ? (cette question est à rebrousse-poil du thème de ton post à dessein, mais admirablement amenée de ma part :-¬?).




Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?
Oui.




PS : Mais écrire, est-ce aussi une contrat passer avec soi-même ? re- :-¬?
« Modifié: 24 juin 2017 à 03:42:24 par Viviane »

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #2 le: 24 juin 2017 à 12:57:43 »
Pouvons-nous autoriser à une lectrice ou un lecteur de se fâcher après une lecture ? Cela ne reviendrait-il pas à lui interdire de s'émerveiller ou de se passionner ?
En fait, l'auteur n'a rien à autoriser au lecteur  :o ! Quel arrogance !! Je suis outrée ><
"j'ai écrit un texte. tu le lis et tu me dis que c'est bien ok ? sinon, un baffe" lol
C'est plus un contrat, c'est une commande, là :D
Alors l'auteur serait une forme de personnage créatif et attentionné sans aucune autorité sur ses lecteurs ?

Je ne suis pas sûr !

Ne peut-on pas imaginer un écrit qui aurait pour vertu de "légitimer" l'intervention du lecteur, et donc de l'inviter, de la provoquer ? N'y a-t-il pas des écrits qui stimulent l'imagination ? L'auteur peut-il être libérant le lecteur ? lui autorisant alors une certaine forme de liberté ?
« Modifié: 24 juin 2017 à 13:00:08 par Alan Tréard »

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #3 le: 03 juillet 2017 à 19:04:51 »
Viviane, comment tu as tué la conversation en disant tout ce qu'y avait à dire sur le sujet  :D

Je voulais répondre mais en fait, j'ai rien à ajouter : je plussoie Vivi de bout en bout ^^

Citer
Alors l'auteur serait une forme de personnage créatif et attentionné sans aucune autorité sur ses lecteurs ?
Tu n'as pas autorité sur le lecteur, quand tu écris : le lecteur choisit de lire ou non, adhère ou non, se réapproprie le texte et en pense ce qu'il veut. Du coup, je rejoins Vivi sur ce point aussi.


Citer
Ne peut-on pas imaginer un écrit qui aurait pour vertu de "légitimer" l'intervention du lecteur, et donc de l'inviter, de la provoquer ? N'y a-t-il pas des écrits qui stimulent l'imagination ? L'auteur peut-il être libérant le lecteur ? lui autorisant alors une certaine forme de liberté ?
Des textes qui stimulent l'imagination du lecteur (voire son envie d'agir sur certaines choses), il y en a plein, mais ça n'est pas une "autorisation", ça n'est pas une "autorité". C'est la personnalité du lecteur, qui fera ce qu'elle veut du texte...  :-\
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #4 le: 03 juillet 2017 à 20:53:09 »
Des textes qui stimulent l'imagination du lecteur (voire son envie d'agir sur certaines choses), il y en a plein, mais ça n'est pas une "autorisation", ça n'est pas une "autorité". C'est la personnalité du lecteur, qui fera ce qu'elle veut du texte...  :-\
:\? Mmh... Je comprends. Mais dès lors, où commence la responsabilité de l'auteur ? Où commence celle du lecteur ?

 :ned:

Bon, bien sûr, je n'ai pas la réponse ! Ce serait trop beau pour être vrai. Donc je suis bien loin de pouvoir me vanter d'avoir "plus raison que Vivi".  :huhu:

Et puis, tu touches un point que Viviane n'avait pas forcément relevé, ma chère Milora : ce serait la personnalité du lecteur qui fait ce qu'elle veut du texte, qui peut donc le rejeter ou l'apprécier.

Dès cet instant, tout texte équivaut à la même chose, n'est-ce pas ? C'est le lecteur qui en ferait quelque chose ou non... Il n'y aurait alors pas, par essence, de "mauvais texte" ni de "propagande mensongère". Est-ce ce que tu entendais là ?

Par exemple, quelqu'un dit d'un texte que c'est un appel à la haine (envers une couleur de peau, une culture, une idéologie, une personne, etc...). Qui est responsable ? L'auteur qu'on accuse d'appeler à la haine ? ou le lecteur qui y a perçu un appel à la haine à travers le texte ?

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #5 le: 03 juillet 2017 à 21:28:25 »
Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?
Non et cela ne sera jamais le cas. Même si notre société tend à imposer cette conception des choses. Afin de mieux contrôler directement à la source, les futurs écrits qui seront publiés.

Je m’explique, le livre est le moyen de communication que possède l’auteur pour répandre son message. Le fait de diffuser son message ne créée en rien un contrat qui le lierait à ses lecteurs. De la même manière, aucun lecteur ne créerait un contrat entre lui et l’auteur, du seul fait de lire son livre.
Cette notion de contrat, à pour moi la fâcheuse tendance à imposer envers les parties des devoirs réciproque. Ce qui va à l’encontre même de la notion d’écriture et de communication.

Dans notre monde moderne, Je trouve cette notion de contrat, comme une conception qui instaure une autocensure imposé par la société.

Lorsqu'on prend le soin d'être lu, on amène naturellement un certain nombre de lecteurs à prendre part à cette lecture, à découvrir les propos de l'auteure ou de l'auteur.
C’est le but de l’écriture.

Quand on écrit, se tient-on responsable de ce que l'on produit tel un contrat avec l'autre ?
Non, peu importe la raison, il n’y aura jamais de contrat. Par contre il peut y avoir une notion de continuité que l’on peut nommer contrat. C’est-à-dire que pour des ouvrages qui s’inscrivent dans la même série d’un auteur, le lecteur peut exiger qu’il se trouve imprégner dans l’univers de l’auteur avec une certaine constance.

Devient-on garant de l’œuvre ? porteur d'une orientation ?
Je pense que c’est automatique.

Ou se laisse-t-on aller aux plus incroyables libertés ?
La réponse est oui. Car la démocratie à l’européenne ne peut pas empêcher de s’exprimer.
Toutefois, il faut garder à l’esprit que la liberté d’expression en Europe ne sert qu’à garantir la survie d’un auteur qui s’attaque à juste titre à l’État.
Si la démocratie permet à un auteur de s’exprimer comme il le veut. Ce qui inclut de tenir des propos illégaux compte tenu qu’aucune poursuite ne peut être engagée apriori.
Cette même démocratie interdit certains propos qui entre en conflit avec ses concepts, particulièrement ceux qui incitent à la xénophobie.
Personnellement, j’ai le profond ressentiment que la majorité des mise en avant de la liberté des auteurs qui s’autocensure sont en fait une vaste fumisterie destiné à pulvériser les concepts d’éthiques de l’écriture.
 
Y a-t-il un intérêt à se responsabiliser ?
Je pense que quoi que l’on fasse, il convient d’être responsable. C’est d’autant plus vrai que dans le monde du livre est de nature publique.

à voir sa démarche d'écriture comme une forme de processus assumé ?
Je pense que c’est obligatoire.

Si quelqu'un venait à censurer un texte, faut-il essayer d'accepter la censure ? de lui donner un sens ? de la subir ? de la contourner ? de l'ignorer ?

Il y a parfois des censures que l'on comprend, d'autres que l'on rejette. Quelle est la place de celle ou de celui qui est à l'origine d'un texte condamné ? Attribuer un écrit à quelqu'un revient également à lui attribuer toute une multitude de paroles ou d'intentions. Et si quelqu'un écrit quelque chose de « banal », cela le rend-il pour autant irresponsable des idées et clichés qu'il véhicule et qu'il perpétue ?
Dans notre monde politico-médiatique qui altère tout. Il convient de (re)définir certains termes importants.
L’éthique consiste à ne pas écrire des sujets spécifiques ou à prendre de gants, si on les aborde. Ce qui n’a rien à voir avec le respect de la législation. Certains sujets sont par nature plus sensible que d’autres et par conséquent ils ne s’abordent pas par des tirs de missiles juste pour dire « voila je l’ai fait. »   
L’autocensure consiste refuser de traiter un sujet particulier. Dans ce cas il y a plusieurs raisons.
L’auteur ne souhaite pas aborder le sujet. C’est donc légitime.
L’auteur ne désire pas aborder un sujet, à cause des conséquences que cela aura contre lui. Je ne parle pas d’enfreindre la loi dans ce cas ci. C’est tout aussi légitime et de toute façon un autre auteur le prendra bras le corps.
Par contre refuser d’aborder un sujet car j’ai un contrat avec mes lecteurs à cause du premier livre, n’est absolument pas légitime.
La censure consiste à empêcher ou interdit la distribution d’un livre. C’est bien évidemment la marque d’un état totalitaire qui ne peut être acceptée. À l’exception du fait qu’un rouage dans la distribution de ce livre considère que son contenu est de nature délictueuse et refuse de participer à sa diffusion.

Toute interdiction de la diffusion d’un ouvrage suite à une décision de Justice, après sa première diffusion n’est en rien la censure. Même si les mass-médias actuels le laissent supposer.

Chaque texte a-t-il à la base un possesseur qui en a voulu quelque chose ? Il y a certains textes dont personne n'ose se revendiquer auteur, si ce n'est la ou le signataire en question ; qu'ont-ils de différent avec d'autres textes plus facilement assumés ?
Je n’ai pas compris.

On a parfois pu se poser la question d'un écrit moral. On peut tout à fait lire un roman ou une pièce de théâtre dont la morale a très imprégné le contenu. Que pourrait bien être un écrit immoral ? Écrire, est-ce prendre la responsabilité de se positionner ? de s'étendre ? Se donne-t-on des limites lorsque l'on tient des propos choquants ou même quand on tente d'atteindre un certain niveau d'expression ?
Tu te poses trop de questions existentielles. Si on veut changer le monde, on s’en donne les moyens. Point c’est tout.
Lorsque j’aurais enfin de réelles capacités d’écriture, je les utiliserai pour un combat qui m’est cher. La dépénalisation pure et simple du néoticide par déni de grossesse. Si je trouve ce combat parfaitement légitime. Je pense qu’une grande partie de ce forum aura déjà la tête dans le seau, rien qu’à l’énoncé car ils peuvent le considérer immoral.


Et moi ? Ai-je intérêt à écrire des textes que personne d'autre ne pourra signer ? Cela me rend-il porteur d'un message unique ? d'un message dont je me rends le seul garant ?
Si ta patte n’apparait pas sur un texte, c’est que tu as raté ton œuvre.

Pouvons-nous autoriser à une lectrice ou un lecteur de se fâcher après une lecture ? Cela ne reviendrait-il pas à lui interdire de s'émerveiller ou de se passionner ?
Bien évidemment que oui. Je trouve qu’imposer au lecteur de s'émerveiller ou de se passionner pour une œuvre, parce qu’on l’a écrite, est une conception des choses un peu beaucoup fallacieuse.

Écrire, est-ce passer un contrat avec la lectrice ou le lecteur ?
Définitivement non, l’auteur suit sa route en complète indépendance. Même si cet indépendance va créer de la part de cet auteur un espèce de contrat qu’il aurait envers ses lecteurs. Car c’est son choix et non une obligation contractuelle du seul fait que l’auteur écrit.

EDIT: rectification balises.  :-[ toutes mes excuses.
« Modifié: 05 juillet 2017 à 08:45:05 par Kanimp »

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Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #6 le: 05 juillet 2017 à 02:05:34 »
Alors, apparemment, tu as deux balises de citation qui sont mal passées, donc, à priori, ton message initial donnait cela :

message Kanimp
[close]

Tu définis, dans ta prise de position, un auteur qui mènerait des combats à travers ses écrits. Cela évoque un certain sens des responsabilités, un engagement sur tes déclarations.

Comment l'éditeur reçoit-il ce combat, selon toi ? Il le relaie juste ? Il le signe à son tour ? Il l'ignore et publie ça sans s'en soucier ?

Et le lecteur, apprend-il ce combat en découvrant la quatrième de couverture ? Ou le comprendra-t-il pendant la lecture du bouquin ?

Apporteras-tu la parole de l'opposition dans ton argumentaire ? Ou préfères-tu ne citer que les arguments qui vont dans ton sens ?

Tes lectrices & lecteurs sauront-ils toutes & tous que tu mènes ce combat ? Ou certains ne s'en rendront pas compte parce qu'ils ne l'auront pas cerné pendant la lecture ?

Je vais même aller plus loin : Prévois-tu de ne parler qu'au lecteur qui est d'accord avec toi ? Ou souhaites-tu convaincre de nouvelles personnes ? Es-tu acteur de l'opinion ?

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Re : Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #7 le: 05 juillet 2017 à 11:08:31 »
Alors, apparemment, tu as deux balises de citation qui sont mal passées, donc, à priori, ton message initial donnait cela :
J’ai corrigé. Toutes mes excuses.

Comment l'éditeur reçoit-il ce combat, selon toi ? Il le relaie juste ? Il le signe à son tour ? Il l'ignore et publie ça sans s'en soucier ?
Je pense que cela sera variable en fonction du combat et de la manière de l’aborder.
Pour des combats explicites, seul un éditeur qui va dans ce sens le publiera.
Pour ceux moins explicites, un éditeur cupide peut très bien le publier, uniquement pour l’aspect lucratif.

Et le lecteur, apprend-il ce combat en découvrant la quatrième de couverture ? Ou le comprendra-t-il pendant la lecture du bouquin ?
Dans tous les cas de figure, par le contenu du livre.
J’ai un gros doute pour passer par le quart de couverture.
Le titre peut par contre rendre le combat explicite.

Apporteras-tu la parole de l'opposition dans ton argumentaire ? Ou préfères-tu ne citer que les arguments qui vont dans ton sens ?
D’un point de vue littéraire, mener son combat signifie défendre sa cause.
Donc, le gros consistera à mettre en avant une argumentation favorable à sa thèse. Si possible exclusivement.
Si pour une raison ou l’autre, on est amené à s’opposer à l’argumentaire contraire. Il ne faudra cibler que lui avec le plus de précision. Dans la mesure possible, il est préférable de l’écarter sur base d’une argumentation favorable qui rend ce point litigieux nul et non-avenu.

Tes lectrices & lecteurs sauront-ils toutes & tous que tu mènes ce combat ? Ou certains ne s'en rendront pas compte parce qu'ils ne l'auront pas cerné pendant la lecture ?
Tout dépend de la cause défendue.

Je vais même aller plus loin : Prévois-tu de ne parler qu'au lecteur qui est d'accord avec toi ? Ou souhaites-tu convaincre de nouvelles personnes ? Es-tu acteur de l'opinion ?
Défendre sa cause, consiste à rallier à elle ses opposants.
Donc à tous types de lecteurs, afin qu’au final la majorité soit d’accord avec moi.


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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #8 le: 06 juillet 2017 à 01:17:14 »
Alors, tu estimes dans un premier temps qu'il n'y aurait pas de contrat entre un auteur et son lecteur ; qu'il conviendrait pour l'auteur de faire passer un message, voire de mener un combat pour faire changer l'opinion sur un sujet.

N'hésite pas à me corriger si tu penses que j'ai mal résumé tes propos, j'essaie de bien tout comprendre.

Dans un second temps, tu supposes que le combat mené par l'auteur justifierait le fait qu'il ne propose que des arguments allant dans son sens, et qu'il agirait ainsi sur l'opinion de la majorité des gens de manière tantôt explicite, tantôt implicite.

De cette manière, l'auteur se donnerait la liberté de faire changer l'opinion d'un lecteur, de le faire aller dans son sens, il deviendrait ainsi un acteur qui influence un individu en proposant une littérature qui transforme le sentiment sur une question ou génère l'adhésion.

Tu évoques la capacité d'un auteur à bousculer les mœurs.

Penses-tu que l'on puisse accuser un auteur d'influencer l'opinion en écrivant un livre ? Peut-on tout du moins lui imputer certaines tendances chez ses lecteurs, comme les incitant à aller dans son sens ?

Supposons maintenant qu'un auteur écrive un livre aux apparences sexistes pour dénoncer en réalité le sexisme. Sa volonté est de décrire un quotidien pour le questionner, reprenant parfois les pires insanités qu'il puisse observer. Son objectif serait alors de témoigner de son époque, des situations de violence qu'il rencontre chaque jour. En décrivant ces situations, est-il porteur d'un message sexiste ou au contraire le combat-il ? A-t-on des moyens de faire la distinction entre un message sexiste et un autre ? Et si oui, lesquels ?

Reproduire un message, en témoigner, est-ce l'assumer ? Un auteur peut-il être porteur d'un message auquel il n'adhère pas ?

Si l'auteur écrit un prologue assurant explicitement de sa non adhésion aux messages qu'il reproduit, cela le rend-il responsable d'un contrat auprès du lecteur ? Ou cela lui permet-il au contraire de faire passer tous les messages qu'il souhaite, sexistes ou non ?

Viviane

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Re : Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #9 le: 06 juillet 2017 à 09:37:01 »
Viviane, comment tu as tué la conversation en disant tout ce qu'y avait à dire sur le sujet  :D
でしょ~ :mrgreen: (attends, je lui en remets une couche :P)



Pouvons-nous autoriser à une lectrice ou un lecteur de se fâcher après une lecture ? Cela ne reviendrait-il pas à lui interdire de s'émerveiller ou de se passionner ?
En fait, l'auteur n'a rien à autoriser au lecteur  :o ! Quel arrogance !! Je suis outrée ><
"j'ai écrit un texte. tu le lis et tu me dis que c'est bien ok ? sinon, un baffe" lol
C'est plus un contrat, c'est une commande, là :D
Alors l'auteur serait une forme de personnage créatif et attentionné sans aucune autorité sur ses lecteurs ?

Je ne suis pas sûr !
Tout dépend ce que tu appelles "autorité". Dans un texte historique, un développement philosophique (bref tous les écrits qui ne relèvent pas de l'imaginaire), on peut effectivement y trouver une certaine autorité (instruction, prosélytisme, etc). En tous cas, il ne devrait pas avoir d'autorité dans un récit relevant de l'imaginaire bien que cette méthode existe pour faire passer des messages politiques plus ou moins subtilement (mais la, j'aurais tendance a parler de manipulation, car les lecteurs non avertis peuvent être trompés, comme avec les messages subliminaux)



Ne peut-on pas imaginer un écrit qui aurait pour vertu de "légitimer" l'intervention du lecteur, et donc de l'inviter, de la provoquer ?
Si, dans les exceptions citées précédemment ^^



N'y a-t-il pas des écrits qui stimulent l'imagination ?
Je vois pas en quoi "stimuler l'imagination de quelqu'un" peut-être assimiler un autorité...  :-\



L'auteur peut-il être libérant le lecteur ? lui autorisant alors une certaine forme de liberté ?
Bah oui, soit en stimulant son imagination, soit en lui ouvrant des horizons dans un discours ou le lecteur se retrouvera. Mais une fois de plus, cela n'a aucune valeur d'autorité :huhu:



Des textes qui stimulent l'imagination du lecteur (voire son envie d'agir sur certaines choses), il y en a plein, mais ça n'est pas une "autorisation", ça n'est pas une "autorité". C'est la personnalité du lecteur, qui fera ce qu'elle veut du texte...  :-\
:\? Mmh... Je comprends. Mais dès lors, où commence la responsabilité de l'auteur ? Où commence celle du lecteur ?
Celle de l'auteur ? Je dirais au moment ou il pose la première lettre de son écrit, mais plus officiellement au moment ou son œuvre est lue par une autre personne que lui (relecteurs inclus car il y aura forcement des discussions sur le fond et pas seulement sur le style/gramm/voc)
Celle du lecteur ? Au moment ou il commence a lire ; de son plein grem je rajouterai (ce qui m'embarque dans le problème du relecteur qui peut subir une autorité de l'auteur pour donner un avis sur son travail ; mais c'est un cas particulier je pense)



Et puis, tu touches un point que Viviane n'avait pas forcément relevé, ma chère Milora : ce serait la personnalité du lecteur qui fait ce qu'elle veut du texte, qui peut donc le rejeter ou l'apprécier.
si! si! : Par conséquent, l'ire ou l'émerveillement du lectorat est laissée à sa discrétion. :-¬?



Par exemple, quelqu'un dit d'un texte que c'est un appel à la haine (envers une couleur de peau, une culture, une idéologie, une personne, etc...). Qui est responsable ? L'auteur qu'on accuse d'appeler à la haine ? ou le lecteur qui y a perçu un appel à la haine à travers le texte ?
c'est très compliqué, mais comme je l'ai dit le cas "Rushdie" répond à ta question. Pour être plus précis, je dirais presque que quelques soit le récit, tu trouveras un lecteur qui le portera aux nues et un autre qui le pourrira a mort.
Pourquoi ? Peut-être a cause de cette "suspension d'incrédulité" (dans le cas des récits imaginaires, hein) ? Si en sort de cet état, alors cela veut dire qu'il y a un élément qui sort le lecteur de la lecture ; et ca, personne ne peut le contrôler (d'ou l'impossibilité intrinsèque d'autorité de l'auteur sur le lecteur). Cette sortie de route peut-être due soit à des connaissances sur le sujet, des références culturelles, politique, religieuse, etc...
Je peux très bien écrire un roman se basant sur des thèses négationnistes (godwin, one point !) qui ne plaira pas à certains, mais difficile (mais pas impossible) de sortir un livre défendant ces thèses.

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #10 le: 06 juillet 2017 à 10:27:53 »
Alors, tu estimes dans un premier temps qu'il n'y aurait pas de contrat entre un auteur et son lecteur ; qu'il conviendrait pour l'auteur de faire passer un message, voire de mener un combat pour faire changer l'opinion sur un sujet.
Globalement oui. Mais plus précisément la notion de contrat ne repose pas sur le fait qu’un lecteur lise l’ouvrage d’un auteur. Peu importe les sujets abordés, si un tel contrat existe,  cela sera toujours de la volonté de l’auteur.

Dans un second temps, tu supposes que le combat mené par l'auteur justifierait le fait qu'il ne propose que des arguments allant dans son sens, et qu'il agirait ainsi sur l'opinion de la majorité des gens de manière tantôt explicite, tantôt implicite.

De cette manière, l'auteur se donnerait la liberté de faire changer l'opinion d'un lecteur, de le faire aller dans son sens, il deviendrait ainsi un acteur qui influence un individu en proposant une littérature qui transforme le sentiment sur une question ou génère l'adhésion.
 
Pour défendre sa cause, ne présenter qu’une argumentation favorable n’est qu’une stratégie. Aujourd’hui, les réactions populaires deviennent de plus en plus conditionnées et virulentes. Pour moi c’est la responsabilité des mass-médias. Malheureusement si un auteur remet en question un argument opposé à sa thèse. Il est fort probable que la réaction du public sera la même que celle utilisé contre l’infréquentable machin-bazar. Le lecteur ne cherchera plus une argumentation contraire à celle de l’auteur, il se contentera de le renier.

La véritable force d’un auteur repose dans son livre. Car ce dernier lui permet de couper le lecteur du monde réel, artificiellement complexifié. Tout en l’autorisant à aborder les sujets d’une manière inhabituelle. Ces deux choses permettent à l’auteur de mettre ses lecteurs dans une condition propice à la réflexion.

Peu importe qu’il change d’avis à la lecture. Le lecteur aura reçu et analyser les arguments de l’auteur.

De cette manière, l'auteur se donnerait la liberté de faire changer l'opinion d'un lecteur, de le faire aller dans son sens, il deviendrait ainsi un acteur qui influence un individu en proposant une littérature qui transforme le sentiment sur une question ou génère l'adhésion.

Tu évoques la capacité d'un auteur à bousculer les mœurs.

Penses-tu que l'on puisse accuser un auteur d'influencer l'opinion en écrivant un livre ? Peut-on tout du moins lui imputer certaines tendances chez ses lecteurs, comme les incitant à aller dans son sens ?
Je trouve que cette question « Penses-tu que l'on puisse accuser un auteur d'influencer l'opinion en écrivant un livre ? » est explicite sur les problèmes que rencontrent les auteurs aujourd’hui.
Car pour moi, un auteur influe toujours sur l’opinion publique. Il est à la fois le contre-pouvoir des politiques et des théologiens. Ces derniers étant le contre-pouvoir de l’autre.

De ce cas de figure, la question que je me pose est « à qui profite le crime de museler les auteurs. » en les accusant de vouloir participer au développement futur de la société.

Supposons maintenant qu'un auteur écrive un livre aux apparences sexistes pour dénoncer en réalité le sexisme. Sa volonté est de décrire un quotidien pour le questionner, reprenant parfois les pires insanités qu'il puisse observer. Son objectif serait alors de témoigner de son époque, des situations de violence qu'il rencontre chaque jour. En décrivant ces situations, est-il porteur d'un message sexiste ou au contraire le combat-il ? A-t-on des moyens de faire la distinction entre un message sexiste et un autre ? Et si oui, lesquels ?
Seule la réflexion permet de le faire. Voici un cas concret (dans une thématique différente):
La première fois que j’avais lu Tintin au Congo, je trouvais l’histoire raciste. J’étais jeune et aux lectures suivantes, cet aspect de l’œuvre a disparu.
Il y a quelques temps quelqu’un a porté plainte contre l’œuvre pour motif raciste, avec volonté de retrait. Si je suis d’accord avec les motivations invoquées, je ne le suis pas dans la nature de la démarche. Car comme ce livre a été écrit à l’époque, il est son reflet. D’où l’importance de conserver l’œuvre, car elle est la preuve de l’existence de cette période. Au final, la Justice a débouté le plaignant.
 
Tout cela pour dire, que toutes les problématiques que tu cites sont une réalité lors de l’écriture du livre et de sa première diffusion. Mais le resteront éternellement car au fil du temps la société se modifie, et les écrits changent de nature et d’interprétation.

Reproduire un message, en témoigner, est-ce l'assumer ?
Non, car assumer signifie être d’accord. Mais il est important que l’auteur prenne de la hauteur sur les propos qu’il tient, principalement s’il ne les assume pas.
Ce qui signifie formuler les propos d’une manière neutre, car les propos appartiennent à l’histoire et ne sont pas le reflet de l’opinion de l’auteur.

Un auteur peut-il être porteur d'un message auquel il n'adhère pas ?
Oui par la force des choses.

Si l'auteur écrit un prologue assurant explicitement de sa non adhésion aux messages qu'il reproduit, cela le rend-il responsable d'un contrat auprès du lecteur ? Ou cela lui permet-il au contraire de faire passer tous les messages qu'il souhaite, sexistes ou non ?
Définitivement non.
Hormis les messages légaux pour se prémunir de poursuites comme « Cette histoire est totalement imaginaire … »
Toute mention du style « ce texte contient des propos <raciste, xénophobes, sexiste, tout autre concept illégal>, barré la mention inutile, mais n’est pas le reflet de la vision de l’auteur ».
Je place directement cet auteur dans la catégorie concernée. Pourquoi, car la  seule présence de cette réserve indique que l’auteur diffuse sciemment un texte qui contient des propos contraires à ce qu’il laisse supposer avec cette réserve.


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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #11 le: 06 juillet 2017 à 21:21:10 »
でしょ~ :mrgreen: (attends, je lui en remets une couche :P)
Une couche ? Hey ! Mais je ne suis pas un bébé !!


Donc, je vais essayer de revenir sur vos deux argumentaires, dont le premier affirme haut et fort qu'écrire est passer un contrat, et le second assume avec une grande volonté qu'écrire n'est pas passer un contrat.

D'abord, Kanimp met le doigt sur un point majeur : un lecteur peut renier un auteur, c'est-à-dire « boycotter » ses écrits. Dès lors, il est clair que le contenu d'un livre peut porter à débat, et justifier une intervention de l'auteur, ou une anticipation des risques. Les raisons de ce mépris envers un auteur sont diverses et variées, parfois contraires d'un lecteur à l'autre, et souvent longues de clarifications en tout genre.

L'auteur est directement touché par la lecture d'autrui.

L'auteur est donc nécessairement confronté à un risque de « boycott », ce qui peut l'amener à prendre le temps de faire les bons choix lorsqu'il propose une œuvre.

Éviter le mépris des lecteurs, cela représente un long travail d'élaboration d'une démarche et d'élévation des propos tenus.

La question se pose alors de savoir ce que signifie ce geste de déni de la part d'un lecteur, et le pouvoir qu'a un auteur pour traiter ce genre de cas avec lucidité et justesse. On connaît bien des auteurs amateurs qui n'anticiperaient pas un instant les scandales que déclenchent leurs textes, quand d'autres auteurs beaucoup plus avertis savent adroitement susciter le rejet du camp adverse, et l'adhésion de leurs propres soutiens. Un auteur expert sait faire le tri entre ses lecteurs ! Quand on traite des situations qui touchent parfois des milliers de lecteurs, on apprend à faire cela dans la sérénité et l'intelligence.

Dans un autre temps, Kanimp évoque le fait que les écrits peuvent tout à fait changer de nature selon leur époque ou les interprétations qu'en font les différents lecteurs. Cela nous amène à conclure qu'un auteur est immédiatement atteint par une multitude de lectures.

Quand on écrit, on génère des « pour » et des « contre ».

Quand on écrit, on favorise les uns, on éloigne les autres.

Quand on écrit, on ajoute nécessairement un élan, même minuscule, à un courant de pensée ou à un genre.

L'auteur doit faire un pas en avant pour diffuser ses travaux, cela provoque ainsi une multitude de conséquences. Si l'interprétation d'une œuvre change selon l'époque, cela amène d'autant plus de situations particulières.

Viviane se réfère aux manipulations politiques ou au prosélytisme pour évoquer la littérature comme objet d'influence. On ne va aujourd'hui pas se poser la question de savoir s'il est bien ou mal de manipuler ses lecteurs, mais plutôt de savoir si cela relève du contrat ou non, de l'arnaque ou du puissant manifeste. La question que je posais alors n'était pas : « Est-il bien ou mal de faire du prosélytisme ? » mais : « Quel rôle joue l'auteur lorsqu'il véhicule des valeurs morales ou idéologiques ? »

Nulle nécessité de donner à l'auteur une grille d'analyse morale de ce qu'il doit écrire ou non, cela n'a pas lieu d'être. Il n'est pas non plus question de faire la part entre les auteurs qu'on aime et ceux que l'on déteste.

Je ne me conçois pas capable de définir un unique type de littérature décrétant l'illégitimité des autres.

Et si un auteur souhaite s'inscrire dans un courant de pensée, doit-il en respecter les codes et en assumer les valeurs ? Quel est son espace de liberté pour innover dans une idéologie ou un genre ? Reproduire les codes d'un mouvement, n'est-ce pas déjà en porter les valeurs ?

Le lecteur habitué d'un genre ne se réfère-t-il pas à un certain nombre de codes qui guident sa lecture, et contraignent parfois l'auteur à s'y référer également ?

S'il existe un genre d'auteur qui a une influence politique ou idéologique, un genre d'auteur engagé, un ou une féministe par exemple, il ou elle bénéficie naturellement d'une autorité sur ses lecteurs, n'est-ce pas ? S'engager, n'est-ce pas créer une promesse envers ses consœurs et confrères ? Ne serons-nous pas jugés sur notre continuité et notre intégrité ?
« Modifié: 06 juillet 2017 à 21:24:37 par Alan Tréard »

Viviane

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Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #12 le: 07 juillet 2017 à 01:12:07 »
Viviane se réfère aux manipulations politiques ou au prosélytisme pour évoquer la littérature comme objet d'influence. On ne va aujourd'hui pas se poser la question de savoir s'il est bien ou mal de manipuler ses lecteurs, mais plutôt de savoir si cela relève du contrat ou non, de l'arnaque ou du puissant manifeste. La question que je posais alors n'était pas : « Est-il bien ou mal de faire du prosélytisme ? » mais : « Quel rôle joue l'auteur lorsqu'il véhicule des valeurs morales ou idéologiques ? »
'fin attention, hein. Pour ton débat, je pense qu'il faut distinguer la littérature imaginaire et la littérature heuh... "non-umaginaire". L'argumentaire en citation s'applique à la 2° catégorie et une minorité de la première (soit parce qu'elle touche des tabous d'une autre société/culture, soit parce que l'auteur s'en sert comme réquisitoire pour exprimer des idées politiques ou autres en filigrane de son histoire - exemple : collines noires de Dan Simmons - lis les com' ).
Donc pour ce genre d'oeuvre, l'auteur qui véhicule des valeurs morales ou idéologiques n'a plus un rôle culturel/ludique, je dirais, mais plus social, puisque le contenu peut avoir une influence sur les idées. Selon l'orientation du discours, cet auteur sera, instructeur ou agitateur.



Le lecteur habitué d'un genre ne se réfère-t-il pas à un certain nombre de codes qui guident sa lecture, et contraignent parfois l'auteur à s'y référer également ?
a moins d'avoir des visées commerciales pures, le lectorat ne devrait pas être le soucis de l'auteur. C'est plutôt celui de l'éditeur mercantile ; donc là, il peut y avoir influence/censure toussa  donc là effectivement, l'auteur se prend un influence indirecte du lectorat, mais il s'agit d'un lectorat de masse orienté pour un type de consommation.
Bien entendu l'auteur est libre d'intégrer le retour de son lectorat s'il veut le garder dans sa poche ; j'en reviendrais donc à ma question posée précédemment (à laquelle tu n'as pas répondu : écrire pour les autres, est-ce encore écrire ? :mrgreen: )



S'il existe un genre d'auteur qui a une influence politique ou idéologique, un genre d'auteur engagé, un ou une féministe par exemple, il ou elle bénéficie naturellement d'une autorité sur ses lecteurs, n'est-ce pas ? S'engager, n'est-ce pas créer une promesse envers ses consœurs et confrères ? Ne serons-nous pas jugés sur notre continuité et notre intégrité ?
tout à fait, car j'ai presque envie de dire que la démarche principale est de "changer les choses", de débattre des idées ; ce qui transcende l'écriture en elle-même : l'écriture n'est plus au centre de l'action, elle en devient un outil ! Ce qui sortirait de facto cette catégorie d'écrit du débat actuel ; car le centre du débat, c'est l'écriture, et non l'utilisation de l'écriture... (chui pas trop sûr de la validité de ce dernier argument, moi :\?)

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Re : Re : Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #13 le: 07 juillet 2017 à 10:21:16 »
tout à fait, car j'ai presque envie de dire que la démarche principale est de "changer les choses", de débattre des idées ; ce qui transcende l'écriture en elle-même : l'écriture n'est plus au centre de l'action, elle en devient un outil ! Ce qui sortirait de facto cette catégorie d'écrit du débat actuel ; car le centre du débat, c'est l'écriture, et non l'utilisation de l'écriture... (chui pas trop sûr de la validité de ce dernier argument, moi :\?)
Je crains qu’il ne soit irrecevable en effet.
L’écriture consiste à créer des formes géométriques nommées lettre.
L’utilisation de l’écriture consiste à les assembler pour créer des livres et donc c’est bien la base du débat.

Je pense que tu as formulé sur base de l’écriture des méthodes d’écriture différentes. Pour reprendre le sujet du féminisme (dans la catégorie roman) qui revient régulièrement dans ce fil.

Un auteur peut défendre le féminisme d’une manière active.
L’approche de base consisterait à mettre la femme en valeur.
En toute logique une femme tiendra le rôle principal.
Elle serait en proie au machisme des hommes, ou se trouverait déjà dans une société égalitaire.
Bref toute méthode qui de par son utilisation indiquera au lecteur que l’auteur a choisi de défendre l’égalité des femmes.

Un auteur peut aussi défendre cette cause d’une manière passive.
L’auteur écrit son livre et celui peut aussi être engagé à tout autre sujet cher à l’écrivain.

Mais l’air de rien, l’égalité des sexes fera partie du décor de l’histoire.
Donc il peut y avoir des personnages qui n’ont aucun rapport avec l’histoire, où monsieur s’occupe de gosses et madame travaille.
Le point le plus important étant que toute femme est toujours appelé par son nom de jeune fille, surtout si elle est mariée. Car une femme n’a pas à changer de nom lorsqu’elle se marie.
Attention au cas particulier de l’école. Où pour des raisons pratiques, les parents sont nommés du nom de l’enfant.  Peu importe qu’il porte le nom du père ou de la mère.

Donc le décor de l’histoire casse les stéréotypes machistes.

Cette méthode passive est très importante, car utilisé consciemment.
Elle permet à l’auteur de défendre la condition de la femme d’une manière déguisée, sans se prendre les foudres des machistes qui s’y opposent.
Donc cette méthode a plus de chance d’atteindre sa cible.

Si cette méthode est utilisée de manière inconsciente c’est le reflet que la machine est en route.

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Re : Écrire, est-ce un contrat ?
« Réponse #14 le: 07 juillet 2017 à 13:19:23 »
Alors, j'imagine que Viviane voudra répondre à Kanimp étant donné que vous n'êtes pas d'accord sur un point ? Je ne sais pas...

En tout cas, j'ai lu les commentaires sur le livre de Dan Simmons (dans l'exemple de Viviane), et c'est effectivement très parlant :
Citer
Ayant été très déçu par le roman de Jim Fergus : "Mille femmes blanches", c'est avec une petite appréhension que j'ai entamé la lecture de Collines noires...Les fictions caricaturent souvent les Indiens je trouve, mais pas ici ! Dan Simmons a effectué un superbe travail de documentation et nous avons en prime une multitude de mots et d'expressions Sioux (qui sont répertoriés dans un lexique en fin d'ouvrage), ce qui nous plonge totalement dans ce récit.
Citer
Un roman qui a dû lui demander un travail de titan en matière de recherche et de documentation (voir la liste impressionnante d'ouvrages cités dans les remerciements) sur cette période et sur les us et coutumes des indiens Lakotas. A ce titre ce bouquin est une mine d'informations pour le profane ou le simple curieux. La fiction côtoie l'Histoire (et de fait certains personnages historiques) pendant une période cruciale de la construction des Etats-Unis et de l'anéantissement d'une culture.

On voit très clairement ici qu'il est attendu d'un roman historique qu'il soit fidèle à la mémoire des événements, même lorsqu'il s'autorise une part de fiction. Peut-on pour autant dire d'un auteur de roman historique qu'il doit voir cela comme un contrat ? Ou un auteur a-t-il de bonnes raisons de déformer les événements à sa guise pour en faire sa production ?

Pour en revenir sur ta question, Viviane, j'ai peur qu'elle soit un peu invraisemblable à mes yeux, je t'invite donc à clarifier ce que tu entends par "écrire pour soi" : flatter son égo ? écrire pour gagner du fric ? défendre des intérêts personnels ? ne respecter aucune des attentes de nos lecteurs ? se faire plaisir ?

Je ne sais pas exactement le lien que tu fais entre le sujet d'origine, écrire, est-ce un contrat ?, et ta question qui dit : écrire pour les autres, est-ce encore écrire ?

 


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