Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 mai 2019 à 23:10:24

Le Monde de L'Écriture » Autour de l'écriture » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?

Auteur Sujet: La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?  (Lu 1897 fois)

milena-owein

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La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« le: 08 juin 2017 à 18:20:56 »
Tout roman n'est pas nécessairement issu d'un univers très aboutit, tout auteur n'est pas obligatoirement un bâtisseur de monde.

Du coup qu'est ce que c'est que construire un univers ? Comment on en arrive à se dire qu'il faut un univers construit à notre histoire ? De quelle façon construit-on un univers ?

La construction d'univers doit être la chose qui me plait le plus dans l'écriture. Bien sûr ce que je préfère c'est raconter une histoire mais je ne crois pas être capable de dissocier l'histoire de l'univers dans laquelle elle se déroule.

J'avais envie d'ouvrir ce fil pour parler de la construction d'univers au sens très large. Je sais que des fils existent déjà sur des aspects plus précis mais l'idée était plutôt ici de se questionner sur : qu'est-ce que c'est ? pourquoi on le fait ? comment on fait ?
En partageant nos diverses expériences de construction ou de non construction (pourquoi on a décidé de ne pas construire d'univers à tel récit).

Voilà, c'est à vous ^^

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #1 le: 08 juin 2017 à 18:57:46 »
Je préfère bichonner un petit potager plutôt que de faire dans le Haussmannien.
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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #2 le: 09 juin 2017 à 03:22:45 »
Question intéressante ! En ce moment je travaille sur le conte féerique, et il m'est bien difficile de faire la rupture entre le "normal" et le féerique. L'une des questions qui revient souvent, c'est : quel est le rôle d'un personnage ou d'un pouvoir magique, quel est son impact sur l'histoire. Plus c'est étrange, plus c'est banal. L'univers fait aussi partie des personnages : ceux-ci trouvent absolument normal de tomber sur une fée qui leur confère quelque pouvoir ou conseil invraisemblable...

Je pense qu'il faut savoir jouer avec les attentes d'une lectrice ou d'un lecteur... ou non ! Plutôt savoir amener la lecture à prendre une chose invraisemblable comme ayant du sens. Remarque on peut faire l'inverse.

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #3 le: 09 juin 2017 à 14:04:40 »
En ce qui me concerne, construire un monde permet une totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent https://www.youtube.com/watch?v=dOJwGl3yLMU... Pardon, j'ai rematté les Inconnus il y a peu.
Bref, cela permet de s'affranchir de certaines notions ou contraintes du réel. Ou de se faire plaisir en inventant des paysages, des peuples, des animaux, des villes qui n'existent pas, n'ont jamais existé ou n'existeront probablement jamais.
L'envers du décor, c'est qu'il faut trouver une cohérence pour que tout se tienne, à moins bien sûr d'avoir une histoire qui nécessite un monde complètement "tordu" qui s'adapte au récit. Mais souvent on adapte notre récit au monde que l'on a en tête.
Sur mon texte long, je navigue entre monde créé qui me sert de cadre et lieux qui s'adaptent/apparaissent en fonction de  l'intrigue. D'où le besoin d'une cohérence pour éviter que le lecteur ne se rende compte des différentes utilisations de ce monde.
Avec des Si on fait de la musique monotone...

milena-owein

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #4 le: 09 juin 2017 à 14:36:17 »
En ce qui me concerne, construire un monde permet une totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent https://www.youtube.com/watch?v=dOJwGl3yLMU un monde Mais souvent on adapte notre récit au monde que l'on a en tête.
J'avais envie de réagir sur ça ^^
Je pense qu'en fait ici y'a vraiment 2 écoles : ceux qui construisent un univers pour ensuite raconter une des histoires qui s'y déroulent, et ceux qui ont une histoire et inventent l'univers dans laquelle elle se déroule (pour apporter des éléments de cohérence et mieux raconter).

Pour moi la question de la construction d'univers est primordiale dans la littérature SFFF. Créer un univers qui semble vivant, c'est cela qui va donner de l'enjeu au récit. Si le monde est sur le point de disparaître sous un hiver nucléaire mais qu'il n'est pas assez cohérent pour qu'on croit à la réalité de ce monde, alors globalement les lecteurs s'en foutrons de savoir s'il va disparaître ou pas. Comment peut-on avoir peur pour un monde dont on arrive pas à croire qu'il existe ?

Ensuite pour moi la construction d'univers permet des créer des histoires plus original : plus le monde est simpliste plus l'histoire raconté à tendance à l'être elle aussi.

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Re : Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #5 le: 09 juin 2017 à 19:53:19 »
Comment peut-on avoir peur pour un monde dont on arrive pas à croire qu'il existe ?
Suspension d'incrédulité. Lorsque je vois une oeuvre je ne cherche pas à croire qu'elle existe, bien sûr qu'elle existe, mais dans sa propre réalité, avec ses propres codes. Avoir peur ou pas, ça dépendra si je rentre dans l'univers, mais ce n'est pas une question d'y croire, mais de le ressentir. L'esthétique, pas la cohérence.
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Re : Re : Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #6 le: 12 juin 2017 à 09:49:42 »
L'esthétique, pas la cohérence.

Je pense que la cohérence est très importante. L'esthétique aussi certes, mais un univers qui se contredit où ne qui peut pas fournir suffisamment d'explications, bof

Un exemple d'univers qui se contredit, sans jugement sur le reste, juste parce que c'est pas cohérent: les films Twilight (au cas où quelqu'un lisant ceci aurait prévu de voir le dernier, je mets un spoiler)
Spoiler
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C'est pas du tout cohérent et c'est le genre de chose que je trouve vraiment énervante.

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #7 le: 07 août 2017 à 11:32:26 »
Chaque auteur a son univers propre qui correspond à ce qu'il est au fond de lui (je ne parle pas ici des trucs fantastiques et autres étrangetés fort à la mode).

Rien à construire donc.

De là naît le style. 
Ma page
"Connaître sert beaucoup pour inventer." (Mme de Staël).
http://ecrivaines17et18.e-monsite.com/

milena-owein

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #8 le: 07 août 2017 à 13:44:15 »
Dans ce cas on peut fermer le forum

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #9 le: 07 août 2017 à 15:31:59 »
 :'(

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #10 le: 12 août 2017 à 13:02:09 »
Hello :)

Je pense que ça peut-être intéressant d'imaginer d'abord des personnages, puis de les placer dans ton univers. Par exemple, tu imagines Filya, jeune fille de 18 ans, à la peau mate et aux yeux verts. Où habite-t-elle? Dans la cité d'Orian. Et cette cité où se situe-t-elle? Sur le continent Haut-rivage. Ont-il un roi? Ou une démocratie? Est-ce que ç'a toujours été le cas?
Filya a-t-elle une religion? Laquelle?
Quel métier fait-elle?
Qui sont ses ancêtres?
Y-a-t-il des conflits dans son univers?

Et tu brodes l'univers autours de ce personnage dont tu veux narrer l'histoire :)

Je sais que parfois des auteurs font l'inverse : ils imaginent l'univers d'abord avant de créer l'histoire. Je pense que les deux sont possibles ^^

milena-owein

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #11 le: 15 octobre 2017 à 11:04:51 »
Moi mon point de vue sur la création d'univers doit beaucoup aux théories de Stanislavsky sur le théâtre.

Est-ce que j'ai déjà parlé de la chaise de Stanislavsky ? Parce que j'ai du l'expliquer à tous les gens avec qui j'ai discuter un peu de création d'univers  :mrgreen:

Pour faire simple : Stanislavasky était prof de théâtre (entre autre) et un jour il a demander à son groupe d'élève de monter sur scène et de s’asseoir sur une chaise.
Chacun leur tour, il se sont levé et sont monté sur scène pour s'asseoir sur cette fameuse chaise. Mais, en regardant l'exercice, ce que les autres élèves voyait n'était rien moins qu'une personne mal à l'aise, s’asseyant sans savoir pourquoi elle s'asseyait.
Alors Stanyslavsky, quelque peut énerver de voir qu'après autant d'année d'étude des art dramatiques aucun de ses élèves ne parvenait à faire correctement un geste aussi simple que celui de s'asseoir sur une chaise, accomplit l'exercice à son tour.
Ce que les élèves virent alors c'est un père de famille rentrer chez lui après une longue journée de travaille, s'asseoir dans un fauteuil confortable et lire un journal en fumant.
Stanislavsky n'avait pas mimer chacun que ces gestes (il n'avait pas mimer les enfants ou la fatique, ni même le fauteuil, la pipe ou le journal), il n'avait fait que rentrer sur scène en ayant en tête l'état d'esprit du personnage qu'il avait décidé d'incarner.
Stanislavsky expliquer à ces élèves l'exercice de la façon suivante : il est impossible de s'asseoir sur une chaise d'une façon juste et cohérente si on a pas d'abord créer la vie intérieur de la personne qui doit s'asseoir. Parce que s'asseoir sur une chaise est un geste trop simple, trop naturel, trop spontanné pour être fabriqué : il ne peut que venir spontannément. Et pour cela il faut créer la vie intérieur d'un personnage, car seul cette vie peut recréer la simplicité d'un homme fatigué qui s'asseoit.

Je vois la création d'univers de la même façon : il faut que des personnages nous semble vrai, pour que nous lecteur nous ayons peur de les perdre. Et s'ils ont peur de perdre ce qu'ils aiment, cela doit nous sembler aussi réel et palpable que notre monde, pour que nous puissions avoir peur que cela soit détruit.

Mais surtout, là où la chaise de Stanislavsky me fascine c'est que cet exercice dit surtout : si vous avez une vie intérieur cohérente et construite, elle transparaît sur scène dans chacun des actes, elle apparaît cohérente et construite au spectateur, quelque soit l'incohérence des gestes effectués ou de la situation raconté. Stanislavsky n'a pas eu besoin de monter sur scène et de dire "A lala, qu'est ce que je suis fatigué, vivement que je m'instale dans ce fauteuil, ah qu'il est confortable, et une bouffé de bon tabac, en lisant ce journal, délasse mieux que tout !". De même un univers construit, complexe, travaillé, n'a pas besoin d’assommer son lecteur de détail.

Quand vous connaissez intimement votre univers, dans son sens et dans sa cohérence, je pense qu'il n'est plus alors besoin de le décrire en détail. Ce que vous savez de votre univers, marque votre façon de raconter l'histoire qui s'y déroule, d'une façon à la fois aussi subtile et pourtant aussi nette, que la vie intérieur de Stanislavsky marque la façon dont il s'assoit sur une chaise.

Pour finir, il n'y a pour moi aucune limite à la création d'univers, aucun superflu, aucun inutile. Il peut y en avoir dans la narration (une description trop lourde qui casse le rythme d'une scène, une profusion de détail qui rend incompréhensible une description). Mais dans la construction d'univers, jamais, depuis l'architecture d'une ville, aux dessins gravé au couteau sur une table d'auberge, en passant par la couleur des oiseaux ; tout participe à la construction de la vie intérieur de l'univers. Tout transparaît à chaque instant dans la narration.

En ligne Ariane

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #12 le: 15 octobre 2017 à 18:28:25 »
Merci pour toute cette réflexion que tu nous proposes. J'aime beaucoup.

Citer
Pour faire simple : Stanislavasky était prof de théâtre (entre autre) et un jour il a demander à son groupe d'élève de monter sur scène et de s’asseoir sur une chaise. (...) Et pour cela il faut créer la vie intérieur d'un personnage, car seul cette vie peut recréer la simplicité d'un homme fatigué qui s'asseoit.
Mon prof de théâtre aurait adoré ^^ !

Citer
Mais surtout, là où la chaise de Stanislavsky me fascine c'est que cet exercice dit surtout : si vous avez une vie intérieur cohérente et construite, elle transparaît sur scène dans chacun des actes, elle apparaît cohérente et construite au spectateur, quelque soit l'incohérence des gestes effectués ou de la situation raconté. Stanislavsky n'a pas eu besoin de monter sur scène et de dire "A lala, qu'est ce que je suis fatigué, vivement que je m'instale dans ce fauteuil, ah qu'il est confortable, et une bouffé de bon tabac, en lisant ce journal, délasse mieux que tout !". De même un univers construit, complexe, travaillé, n'a pas besoin d’assommer son lecteur de détail.

Quand vous connaissez intimement votre univers, dans son sens et dans sa cohérence, je pense qu'il n'est plus alors besoin de le décrire en détail. Ce que vous savez de votre univers, marque votre façon de raconter l'histoire qui s'y déroule, d'une façon à la fois aussi subtile et pourtant aussi nette, que la vie intérieur de Stanislavsky marque la façon dont il s'assoit sur une chaise.
J'avais compris cette idée déjà bien illustrée par toutes les remarques que tu m'avais faites sur mon propre roman ;) J'avais déjà bien aimé cette réflexion distillée par petites gouttes ; là c'est top d'en avoir toute une explication.

Bien que je sois d'accord avec toi et très intéressée par ce point de vue, j'y apporterais quand même une nuance (sûrement évidente) : lorsqu'il s'agit d'un univers SFFF, il faut quand même faire attention à ce que tout soit bien clair du point de vue du lecteur ; si on reste soi-même trop immergé dans une logique nouvelle, on peut se laisser prendre au jeu et oublier les réflexes de manière de pensée des personnes qui n'ont pas encore découvert notre monde.

Citer
Pour finir, il n'y a pour moi aucune limite à la création d'univers, aucun superflu, aucun inutile. Il peut y en avoir dans la narration (une description trop lourde qui casse le rythme d'une scène, une profusion de détail qui rend incompréhensible une description). Mais dans la construction d'univers, jamais, depuis l'architecture d'une ville, aux dessins gravé au couteau sur une table d'auberge, en passant par la couleur des oiseaux ; tout participe à la construction de la vie intérieur de l'univers. Tout transparaît à chaque instant dans la narration.
Tu as sûrement raison sur la théorie. En pratique, je trouve ça difficile pourtant d'écrire des choses et de ne pas les partager avec le lecteur. J'adore peaufiner de petits détails sur un autre monde mais j'ai aussi très très envie de les distiller au fil de la lecture. Cela dit j'espère le faire en touches suffisamment subtiles (mais c'est parfois une gymnastique compliquée).

Pour la question : est-ce les personnages qui créent l'univers ou bien l'inverse ? J'aurais beaucoup de mal à me situer. Je pense que je fais un mélange des deux, ça se fait naturellement pour moi. Tout vient ensemble.

Citer
qu'est-ce que c'est ? pourquoi on le fait ? comment on fait ?
Je réponds en ce qui me concerne :

Pourquoi on le fait ?
=> pour le plaisir, il faut bien le dire :) . Pour l'évasion. Pour le besoin d'air et de nature, de grands paysages extrêmement variés. Pour se confronter virtuellement à des situations qu'on a peu de chances d'affronter dans le monde réel. Pour la souplesse et la liberté qu'un univers imaginaire nous offre pour la création de toute histoire.
=> par manque de confiance en moi pour réussir à créer une belle intrigue cohérente dans le monde réel. La peur de ne pas m'y connaître assez en géopolitique, la peur de ne pas pouvoir me mettre à la place de qqn qui exercerait un métier différent du mien (alors que paradoxalement, je n'ai aucun scrupule à me mettre à la place d'une princesse ou d'un tueur à gages  :D ).

Comment on fait ? = comment on fait pour l'inventer
=> C'est tellement naturel... J'imagine, j'imagine, j'imagine. Après, je sais ce qui peut m'inspirer tout particulièrement : Pour les décors, ce serait des photos de paysages incroyables. Sur terre, il y en a certes peu qui correspondent à ce dont je rêve, mais il y en a quand même tellement, tellement de merveilles, auxquelles il n'est pas nécessaire d'ajouter grand chose pour construire un superbe décor. Pour les enjeux politiques, les peuples etc,... C'est parfois visuel : je visualise un personnage et l'atmosphère de tout son peuple me vient en même temps, le type de caractère, les contraintes de cette société, etc. C'est parfois + intuitif. Parfois je pense plutôt à une ambiance, une émotion. Et puis après, une fois qu'on a le décor, les peuples, les personnages... Un peu d'histoire vient compléter le tout (pour expliquer les enjeux actuels) et les détails viennent se greffer naturellement.
=> Oui bon au total je n'ai pas vraiment de mode d'emploi  :D

Comment on fait ? = comment on fait pour le raconter
=> Distiller le plus possible (je ne dis pas que j'y arrive toujours). Quand il y a un peu d'histoire à expliquer, ça ne me dérange pas de faire un bon paragraphe car c'est une histoire dans une histoire, ça raconte déjà quelque chose. Quand ce sont les coutumes d'un peuple, ses particularités, etc... Je ne le mets que quand ça tombe au bon moment : montrer plutôt que raconter. Et quand il s'agit des descriptions, c'est parfois difficile car j'adore décrire, mais j'essaye de saisir assez rapidement les couleurs et les grandes lignes du paysage, en laissant le soin au lecteur d'imaginer les détails.

Qu'est-ce que c'est ?
=> C'est la question qui me trouble le plus. Qu'entends-tu par là, Milena ?

Citer
L'envers du décor, c'est qu'il faut trouver une cohérence pour que tout se tienne, à moins bien sûr d'avoir une histoire qui nécessite un monde complètement "tordu" qui s'adapte au récit. Mais souvent on adapte notre récit au monde que l'on a en tête.
Euh...  :-[ Pour mon roman actuel, je crois que j'ai choisi l'option d'un monde complètement "tordu" qui s'adapte au récit !
Il s'agit d'une fiction dans une fiction. Du coup, tout en me faisant plaisir sur tout ce que j'ai envie d'inventer, je cultive un certain flou pour pas mal de choses ; notamment un flou spatial et temporel : pas de date, pas de carte ; pour des raisons qui sont présentées comme logique (absence de cartographes... unités de mesures trop disparates... calendriers différents si bien que les héros s'y perdent) mais dont le vrai but est de retrouver l'intemporalité d'un conte.

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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #13 le: 17 octobre 2017 à 13:51:11 »
Exactement ce que je disais. Si c'est volontaire et assumé. ::)

Pour le reste, je trouve l'intervention de Miléna très forte et très "vraie". Si l'on n'arrive pas à s'immerger dans soin monde, alors impossible au lecteur de le faire. Maintenant, ne pas y être trop profondément immergé non plus au risque de larguer le lecteur sur les rivages de l'incompréhension.
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Re : La construction d'univers : quoi qu'est-ce ?
« Réponse #14 le: 17 octobre 2017 à 14:12:20 »
Maintenant, ne pas y être trop profondément immergé non plus au risque de larguer le lecteur sur les rivages de l'incompréhension.
Bin justement je suis pas du tout sûr de ça.
Je l'entend toujours dire et pourtant plus j'avance moins j'y crois.

Cette idée de "il faut créer un monde mais pas trop", "pas avoir trop de détail", "pas un truc trop différent de ce qu'on connait", "il faut pas perdre son lecteur", je la trouve vachement stéréotypé et dans la pratique assez fausse.
Je compare à ce que je disais des films chinois ou japonnais que je regarde parfois. Il m'est arriver de regarder des films historique chinois ou japonnais et de ne rien comprendre car le film - puisqu'il évoque des choses très claire et connu pour son public visé - ne s'embarasse pas de décrire le contexte, le pourquoi du comment, comme nos films américain le font pour être sûr que tout le monde suivent. Et pourtant ça ne m'empêche pas d'être saisit par ce genre de film, car je peux sentir l'aspect iconique de tel ou tel détail rien qu'à la façon qu'a le film de le présenter (sans mettre des gros néon autour en mode "t'as vue ? hein, t'as vu ?" comme les films américain).

Par exemple de le film Détective Dee, lorsque Dee obtient son arme Dragon Docile, un baton (arme que le héros connait déjà puis que le film raconte une de ses aventures et pas son origine storie), le film dit peu de chose de cette arme, et pourtant dès le premier visionnage j'ai perçut la puissance de ce détaille. A la façon qu'avait le personnage de la toucher, de murmurer son nom, je sentais que j'étais face à quelque chose faisant écho à un grand nombre d'histoire, de légende.

Les films américain me donnent souvent l'impression de parler pour combler les vides.
Les films japonnais ou chinois me donne au contraire l'impression de se taire pour exister d'avantage.

Ma dernière claque visuel du genre c'était The Tigger and the old man tale.

Il ne faut pas être trop bavard sur son univers, mais nul ne devrait être avare de la création de détail.

 


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