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21 Avril 2026 à 06:52:51
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [BT] Après le terminus

Auteur Sujet: [BT] Après le terminus  (Lu 2742 fois)

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[BT] Après le terminus
« le: 06 Juin 2017 à 22:16:37 »
[texte écrit pour le BT de mai-juin 2017 sur le thème du rêve et de la mythologie]

Bon, au final, j'ai un peu retravaillé la fin formellement, mais bon j'aurais bien voulu la rallonger et aller un plus profond dans les choses, mais je manque de temps, alors autant vous partager le texte comme ça, quitte à le retravailler plus en profondeur plus tard.




Après le terminus




   Un chapeau de feutre déconfit vissé sur des cheveux grisonnants, Monsieur Rastapopoulos portait le temps sur son visage. Une veste miteuse jetée sur ses épaules de jour et de nuit, il vivait dans le métro, au rythme du roulis du train train parisien.
Pourtant, Monsieur Rastapopoulos souriait. Trois enfants, l'ombre parentale sur le dos, le regardaient. Il venait tout juste de lever le rideau. Dans le brouhaha des couloirs, il ne comptait pas parler, juste montrer.
Sur ses genoux, le théâtre miniature prenait vie. Manœuvrant deux marionnettes de ses mains expertes, il débuta sa représentation. Persée rencontrait les Grées, puis les Nymphes sur les planches, dans sa quête de Méduse.
Mais bientôt, Pégase naissait du sang de la Gorgone et les spectateurs s'en allaient, lâchant quelques piécettes dans un gobelet que la crasse avait noirci.

Alors Monsieur Rastapopoulos ferma ses yeux et le rideau, rangea le théâtre et ses marionnettes et se leva. Sa journée était terminée. Il s'empressa de rejoindre le quai de la ligne 1. De Châtelet, il devait arriver à Nation avant la fermeture des derniers magasins. 20 : 15. Cela devrait aller.
On était en novembre, et avec le froid de l'hiver qui s'installait dans la chair comme dans les têtes, nombreux étaient ceux qui choisissaient Nation comme refuge. Le quai du RER A était creusé assez profondément dans le sous-sol parisien pour laisser un bref répit à ses occupants.
Dans la rame encore bondée de ce vendredi soir, Monsieur Rastapopoulos se fraya un chemin vers le fond du wagon, contre les doubles portes vitrées, les bras fermés autour de son trésor. Le métro avala les quelques stations qui le séparaient de sa destination et il suivit le flot des voyageurs, le théâtre toujours serré contre lui.

Une fois dehors, il s'empressa d'aller acheter de quoi tenir la nuit et redescendit dans les couloirs blancs du métro. Il y avait déjà longtemps qu'il n'avait pas vu la capitale de jour. Sans les horloges des stations, il aurait bien vite perdu toute notion de temps. Il n'osait penser à ceux qui ne sortaient pas tous les jours.
Une fois redescendu dans le métro, il regarda l'heure sur le quai du RER. 21 : 00. Il allait devoir attendre encore longtemps avant d'être tranquille. Monsieur Rastapopoulos avala le sandwich qui constituait son repas. Il n'y avait déjà plus grand monde sur le quai et il sortit les marionnettes de son théâtre. Elles n'étaient pas belles. Laides, même. Mais il les avait façonnées peu à peu, et s'était constitué une véritable petite troupe. Un bout de sac poubelle monté sur un bout de carton faisait office de Grée, de Moire ou de simple vieille femme, un petit pantin de bois récupéré et rafistolé, recouvert d'un peu de peinture jaune moisie jouait les héros, tantôt Ulysse, Persée ou Achille, et quelques bouchons montés sur un nuage de coton se muaient en Dieu de l'Olympe. Quelques autres personnages venaient compléter sa collection, et il entretenait chaque soir tout ce petit monde du mieux qu'il le pouvait. Un peu d'eau et un petit couteau suffisaient. Le théâtre, il l'avait trouvé.
Les horloges n'indiquaient que 22 : 00 quand il rangea son matériel. Il devait au moins attendre 23 : 30 pour espérer dormir un peu. Il ne pouvait se résoudre à rester assis là une heure et demi, et décida de marcher dans la station en quête de matériaux qui pourraient lui être utiles.

Il était 22 : 45 quand il revint sur le quai du RER, les poches tout aussi vides que son regard. Une petite lueur s'y alluma cependant quand il vit un petit point brillant près de la bordure du quai. Sans se presser, ayant toujours son théâtre entre les bras, il se rapprocha pour ramasser ce qui semblait être un petit crochet doré. Un sourire se dessina sur son visage : voilà exactement ce qui lui manquait. Un peu de ficelle et ses Dieux voleraient dans les cieux de la scène.
Il se baissa avec une excitation contenue et n'entendit pas le signal sonore des portes sur le point de se refermer. Quelque chose le percuta. Une ombre sautait dans le métro. Le signal gueulait. La secousse lui fit légèrement perdre l'équilibre. Suffisamment pour que le théâtre lui échappe des mains. Lui échappe des mains et tombe dans le métro. Tombe dans le métro qui claqua ses portes et repartit.
Monsieur Rastapopoulos ne put voir que la queue du métro qui emportait son trésor quand il releva la tête.

Le souffle de la rame contre sa joue. Coup de poing.

Monsieur Rastapopoulos tenta de se calmer. Le train devait aller à Boissy-Saint-Léger, normalement. Il releva la tête vers le tableau d'affichage. Le prochain RER en direction de Boissy-Saint-Léger... dix minutes. Un mélange de rage froide et de cette peur sourde le firent sursauter.
Calme. Il devait se calmer. Il était 22 : 50, il ne devait plus y avoir grand monde à prendre le train à cette heure-ci. Une dizaine de stations seulement le séparait du terminus. Il allait prendre le prochain, reprendre son souffle, et son théâtre.

Quand il entra dans le train, Monsieur Rastapopoulos avait repris ses esprits. Le wagon était desert et il alla s'assoir dans un coin, non loin de la porte. Il passa la première moitié du voyage recroquevillé sur lui même, la tête entre les bras. Comme il lui restait encore un certain temps de trajet, il décida de compter le peu d'argent qui devait lui rester. En fouillant dans les poches intérieures de sa veste, sa main rencontra comme le lisse du plastique, entourant un petit objet. Il le sortit et reconnut une de ses marionnettes. Une moire. Laquelle ? Les trois à la fois, tissant le fil de la vie, le déroulant, et le coupant.
Était-ce ainsi que cela allait se terminer ? La vie de son petit théâtre allait-elle finalement être coupée ce soir, surpris par le destin ? Monsieur Rastapopoulos n'osait pas vraiment y penser. Pour le moment il démêlait les fils qui servaient de guides maladroits à la marionnette et ne prêtait guère attention aux questionnements que pouvaient susciter une telle découverte.

Il faisait nuit noire quand le train s'arrêta finalement à son terminus. Il n'avait pas croisé d'autre RER depuis Nation et le tableau du quai d'en face indiquait quinze minutes. Monsieur Rastapopoulos, feignant de dormir ne descendit pas, préférant aller directement au tiroir de retournement. Le véhicule repartit quelques instants plus tard dans un bourdonnement. La centaine de mètres qui séparaient le terminus du tiroir lui sembla être la plus longue de sa vie. Des centaines de questions l'assaillirent, toutes autour de cette idée directrice : et s'il ne le trouvait pas ? Une angoisse terrible le prenait au ventre. L'angoisse de perdre ce qui le maintenait en vie. Où trouver un autre théâtre ? En cinq ans, il n'en avait pas vu d'autre.
Le train coupa net ses tiraillements en s'arrêtant. Les portes étaient restées fermées. Monsieur Rastapopoulos se dépêcha d'atteindre l'avant du train et le conducteur. L'homme remettait sa veste dans le poste de contrôle et n'avait pas encore remarqué son passager. Il poussa enfin la porte glissante qui le séparait du reste de l'appareil.
   — Excusez moi, monsieur...
   — Qu'est-ce que vous fichez là ? demanda aussitôt le conducteur en regardant Monsieur Rastapopoulos d'un air circonspect.
   — Je... J'ai perdu quelque chose dans le train d'avant.
   — Ça doit plus y être mon bon monsieur ! Vous feriez mieux de rentrer chez vous ! lui répondit l'homme en riant.
   — On pourrait quand même regarder ? répondit Monsieur Rastapopoulos en tentant de garder son calme.
   — Bien sûr, bien sûr. C'est quoi que vous avez perdu ?
   — Un théâtre. Une sorte de boîte en bois, si vous préférez, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant la mine du conducteur. On y va ?
   — Oui, oui, soupira son interlocuteur. Suivez-moi.
Les deux hommes descendirent du train et se retrouvèrent sur un quai minuscule. Une petite lampe à induction éclairait faiblement la petite gare dans la nuit, et on y voyait pas à deux mètres.
   — L'autre train doit être « retourné » à cette heure-ci. On va devoir traverser la voie. Ah, et le conducteur y est peut-être pas, vous allez sûrement devoir chercher votre truc vous même.
Monsieur Rastapopoulos se contenta de hocher silencieusement la tête, sans être tout à fait sûr que l'autre l'ai vu et en ai quelque chose à faire. L'homme le guida vers un petit escalier de fer, donnant sur la voie. Ils descendirent les quelques marches qui les séparaient des rails. Un noir quasi-complet y régnait, et Monsieur Rastapopoulos manqua de trébucher plusieurs fois sur le sol rocailleux. Quelques secondes plus tard, ils retrouvèrent cependant un autre escalier et grimpèrent sur un autre quai, tout aussi minuscule. Il avancèrent d'une dizaine de mètres et se trouvèrent face au métro.
   — On y est. Ça a l'air d'être vide, je vais vous ouvrir et allumer tout ça.
Les néons du train s'allumèrent un à un lorsque le conducteur tourna une petite clé dans un boitier de commande. Monsieur Rastapopoulos entra la gorge serrée. Dans son souvenir, le théâtre était tombé au milieu du RER. Il s'empressa de parcourir la première moitié du véhicule et commença à fouiller les moindres recoins de l'appareil. Au bout de deux minutes, la peur le gagnait déjà. Il avança encore un peu, craignant de l'avoir raté. Toujours rien. Le conducteur lança d'un ton pressé :
   — Bon, monsieur, vous voyez bien qu'il n'est pas là votre truc...
   — Attendez, attendez, s'il-vous-plaît...
   — Je n'ai pas toute la nuit, moi !
   — Vous ne comprenez pas ce que ça représente...
   — Bon, bon. Dépêchez-vous.
Monsieur Rastapopoulos accéléra ses recherches. Il finit par arriver à l'avant-dernier wagon du train. Il n'avait presque plus d'espoir et balaya d'un œil froid les sièges délavés. Son regard s'arrêta sur un petit objet volumineux dans l'ombre. Retenant son souffle, il s'en approcha et le tira à lui. Un sourire radieux emplit son visage. Le théâtre, légèrement sali, était entre ses mains. Il se retourna et l'homme, voyant son visage, soupira.
   — Eh bien c'est pas trop tôt... par contre, je suis désolé, mais moi je reprends le service que dans vingt-cinq minutes. Et je suis pas sûr que mon collègue accepte de vous prendre ici. À mon avis, vous feriez mieux de marcher jusqu'à la gare, vous en avez pour quelques minutes. Vous n'aurez qu'à suivre le quai.
   — D'accord, acquiesça Monsieur Rastapopoulos sans réfléchir.
Tout soulagé qu'il était, il salua brièvement le conducteur et sortit du train, serrant son trésor retrouvé. Le petit quai partait en effet vers le terminus et l'heureux s'enfonça dans la nuit.
Il ne voyait pas grand chose et manquait de trébucher à chaque pas. Il parcourut néanmoins relativement facilement la distance et la silhouette de la station se profila devant lui. Le quai se rétrécissait cependant afin de laisser une place aux panneaux de signalisation et l'homme marchait à présent quasiment face aux rails. Il avançait prudemment, mais un grondement commençait résonner et il ne voulait vraiment pas rater le RER. La nuit était toujours noire et la fatigue de la journée se faisait sentir. Il bougea son pied droit et buta contre un petit rebord. Son corps l'emporta et il mit les deux bras en avant pour amortir sa chute. Un fracas tonitruant résonna à ses oreilles. Le train passait.

Il se recroquevilla, mais se relever aussitôt. Il épousseta sa veste et... regarda ses mains. Rien. Rien ? Le théâtre n'était plus là. Il se retourna rapidement. Rien non plus. Ni devant ni derrière. Son sang se glaça. Il ne comprenait pas. Ses pensées se bousculaient dans son crâne. Qu'était donc ce bruit de bois que l'on écrase qui avait tonné quelques secondes plus tôt ? Le regard dans le vague, le vieil homme avança vers le terminus, ses pieds bougeant l'un après l'autre machinalement. Arrivé dans la petite gare, il remonta le train à l'arrêt. Une petite porte séparait la cabine du reste du train.

Il toqua à la vitre, doucement. Une forme poussa la porte, et tout devint flou.

Les bras du vieil homme s'élancèrent vers le conducteur et le tirèrent vers lui. L'homme était massif et son agresseur eu la respiration coupée en le percutant. Celui-ci ne ressentait pas de colère ou de rage. Il était devenu comme extérieur à son propre corps et ne contrôlait plus ses gestes. Son poing alla se loger dans la pommette de l'autre. De grandes mains attrapèrent sa veste et le relevèrent, avant de le jeter au sol. Un sifflement résonna dans son crâne.
   — Eh bah alors François, tu tabasses les clochards, maintenant ? s'esclaffa une voix.
   — Tu vas rire, mais c'est lui qui m'a mis un poing !
Un coup de pied atteint les côtes de Monsieur Rastapopoulos. Une douleur aiguë suivit.
   — Ah ouais ? Ça mérite qu'on lui apprenne le respect, ça.
Des pas se rapprochèrent.
   — On agresse pas les gens comme ça quand on est civilisé, monsieur. Eh, tu m'écoutes ?
La voix semblait très lointaine et monsieur Rastapopoulos ne répondit pas. Quelques secondes s'écoulèrent. Nouveau coup de pied, toujours du même côté. Quelque chose craqua.
   — Merde, je crois que tu lui as cassé un truc. Sois un peu plus doux dans tes explications... Comme ça.
Un crachat alla s'écraser sur le visage de Monsieur Rastapopoulos. Il ferma les yeux, pensant à la petite Moire qui se cachait dans sa veste. Il savait à présent de laquelle il s'agissait.
« Modifié: 23 Octobre 2021 à 11:30:35 par Za'gros Cheveux »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Nocte

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #1 le: 06 Juin 2017 à 22:23:08 »
T'étais grillé dès Rastapopoulos, gros  :ronchon:

   — Eh bah alors François, tu tabasse les clochards, maintenant ? s'esclaffa une voix.
   — Tu vas rire, mais c'est lui qui m'a mis un poing !
Un coup de pied atteint les côtes de Monsieur Rastapopoulos. Une douleur aiguë suivit.
   — Ah ouais ? Ça mérite qu'on lui apprenne le respect, ça.
Des pas se rapprochèrent.
   — On agresse pas les gens comme ça quand on est civilisé, monsieur. Eh, tu m'écoute ?
La voix semblait très lointaine et monsieur Rastapopoulos ne répondit pas. Quelques secondes s'écoulèrent. Nouveau coup de pied, toujours du même côté. Quelque chose craqua.
   — Merde, je crois que tu lui as cassé un truc. Sois un peu plus doux dans tes explications... Comme ça.
Un crachat alla s'écraser sur le visage de Monsieur Rastapopoulos. Il ferma les yeux, pensant à la petite Moire qui se cachait dans sa veste. Il savait à présent de laquelle il s'agissait.
Mazette, pourquoi tant de violence ?

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #2 le: 06 Juin 2017 à 22:27:33 »
Je vois vraiment pourquoi Rastapopoulos m'a grillé en fait, c'est dans Tintin, Rastapopoulos '-'

Et tant de violence parce que euh je vois un peu le texte comme une très vague réécriture du mythe d'Orphée... Du coup comme après que [spoiler alert] Eurydice ne réchappe pas des Enfers Orphée se fait démembrer par des Bacchantes/Ménades en furie, il fallait un peu de violence à mon sens :-[
D'ailleurs il y en a peut-être pas assez je trouve :-[
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Nocte

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Re : Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #3 le: 06 Juin 2017 à 22:35:43 »
D'ailleurs il y en a peut-être pas assez je trouve :-[
Tch, ces jeunes d'aujourd'hui, toujours dans l'excès  :ronchon:

Sinon oui le texte est vraiment sympa, on avance toujours dans le noir, sans savoir ce que tu mijote quelques lignes plus tard.

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #4 le: 06 Juin 2017 à 23:18:09 »
Quelques faiblesses, mais mon temps passé valait le coup.
C'est un compliment, alors tant mieux.

Je reviendrai peut-être, raconter les soucis, montrer qu'ils sont une poignée ; mais je ne sais si tu as une si grande estime de mes remarques... alors j'en reste ici aujourd'hui.

C'était chouette.


Nacas.
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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #5 le: 06 Juin 2017 à 23:24:52 »
Merci de ton passage, Nacas. Toutes tes remarques sont bien évidemment les bienvenues, je les examinerait toutes :)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Nacas

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #6 le: 06 Juin 2017 à 23:44:57 »
Oh.
Alors soit, soient, plutôt.

WEG l'a dit : y'a une très appréciable gestion de l'action : c'est inattendu, ça marche, et moi j'aime bien.
Je précise que je suis une bulle creuse en matière de Mythologie.
Je note aussi que tout ce que je ne note pas est satisfaisant, ou au moins me satisfait ; pour moi, c'est déjà pas mal.
J'aurai du mal à rappeler chaque fois que je ne suis que moi-même ; je te laisse cette tâche.

Citer
(...)train train quotidien parisien.
Il y a un mot de trop, ou une virgule de pas assez ; en tout cas cette phrase fait de la longueur sup', c'est un poil dommage.

Le second mini-paragraphe est très bon.
Citer
Manœuvrant deux marionnettes de ses mains expertes, il commença sa représentation.
Je n'aime pas trop les participes-présent : ils ont une voix trop passive à mon goût pour être autres qu'occasionnels. Ici, le passé-simple qui le colle met un hiatus de rythme qui ne me ravit pas.

Y'a du très chouette par la suite.
Citer
comme dans les têtes
Non-exploité, et se paye donc des airs de zeugma facile, peu enviables à mon goût.


J'avorte ici ; pardons. Je n'ai pas tant envie de passer au tapis maintenant monsieur Poulopos, finalement...
En somme je ne pense pas que ça soit vraiment la peine : les erreurs sont les mêmes, et sont aussi peu fréquentes que tu les traques déjà...

Ce qui fait moche, ce sont les excès de coordination immaîtrisés. Les par, pour, -ant et les autres car ; ce genre de choses qui n'ont ni force ni présence, qui enlisent le beau souvent ; qui ne servent jamais toujours. Cachés dans les phrases un peu longues, qu'ils allongent artificiellement parfois ; je n'ai pas souvenir d'en avoir rencontré tant pourtant.

Je crois qu'il est plus tard que ce que je pensais pouvoir soutenir sans peine, et je me prends à me voir ramolli ; je te souhaite la bonne nuit.


Je ne devrais pas,
Nacas.
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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #7 le: 07 Juin 2017 à 11:51:59 »
Salut Zag !

Bon, ton texte m'a un peu fait mal au coeur. Il est très bien écrit, admirable, y a tout ce qu'il faut, mais c'est d'une telle cruauté... Je ne vais pas m'étendre en commentaire, pour moi il n'y a rien à jeter.

Merci pour le partage.

A bientôt.
Tel esprit qui croyait se pendre.

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #8 le: 07 Juin 2017 à 14:27:22 »
Salut Nacas et Chouc' !

@ Nacas

Citer
WEG l'a dit : y'a une très appréciable gestion de l'action : c'est inattendu, ça marche, et moi j'aime bien.
Je précise que je suis une bulle creuse en matière de Mythologie.
Je note aussi que tout ce que je ne note pas est satisfaisant, ou au moins me satisfait ; pour moi, c'est déjà pas mal.
J'aurai du mal à rappeler chaque fois que je ne suis que moi-même ; je te laisse cette tâche.
C'est sympa de le rappeler, mais c'est de toute façon évident, non ^^ Je me doute que les critiques qui peuvent être faites au texte ne sont pas des attaques à visée de vérité générale.

Citer
Citer
    (...)train train quotidien parisien.
Il y a un mot de trop, ou une virgule de pas assez ; en tout cas cette phrase fait de la longueur sup', c'est un poil dommage.
En relisant la phrase, il y a effectivement un trop plein superflu. Je vais écourter tout ça.

Citer
Citer
Manœuvrant deux marionnettes de ses mains expertes, il commença sa représentation.
Je n'aime pas trop les participes-présent : ils ont une voix trop passive à mon goût pour être autres qu'occasionnels. Ici, le passé-simple qui le colle met un hiatus de rythme qui ne me ravit pas.
Je trouve les participes présents assez utiles pour faire varier les formulations en général. Après, ils sont peut-être du coup trop présents et/ou mal placés. Je vais examiner ça  :)

Citer
Citer
comme dans les têtes
Non-exploité, et se paye donc des airs de zeugma facile, peu enviables à mon goût.
Bon, là, je dois bien avouer que j'aime bien placer des zeugmas quand je peux  :-[ Mais celui-là ne me parait pas inutile où alourdissant. Le froid s'insinue dans la chair et dans les têtes, ça renforce son hégémonie et sa pénétration dans les êtres, non ? Après tu ne le vois peut-être pas comme ça et je ne suis pas meilleur juge de mes propres jeux.

Citer
Ce qui fait moche, ce sont les excès de coordination immaîtrisés. Les par, pour, -ant et les autres car ; ce genre de choses qui n'ont ni force ni présence, qui enlisent le beau souvent ; qui ne servent jamais toujours. Cachés dans les phrases un peu longues, qu'ils allongent artificiellement parfois ; je n'ai pas souvenir d'en avoir rencontré tant pourtant.
Oui, ce que tu signale me semble assez symptomatique de ce que j'écris, des formulations parfois involontairement lourdes, des solutions de facilité pour certaines propositions (d'autant plus que ce texte a été écris majoritairement assez tard sous la contrainte du temps). Je vais tâcher de les chasser attentivement.

Merci de ton passage, en tout cas, je l'ai trouvé plus pertinent avec ces quelques éclaircissements  :)


@ Chouc'

Merci de ton commentaire, c'est exactement ce que je voulais faire passer, je suis content de voir que cela a réussi pour toi.

Tcho !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Rémi

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #9 le: 07 Juin 2017 à 16:40:14 »
Salut Zag :)

Détail :
Citer
Monsieur Rastapopoulos avala rapidement le sandwich qui constituait seul son repas.
je virerais le "seul", mais c'est subjectif (question de rythme)

Citer
Persée ou Achille, et une quelques bouchons
"une" en trop

Citer
Il devait au moins attendre 23 : 30 pour espérer dormir un peu.
devrait (?)

Citer
Un choc le percuta.
je sais pas si un choc peut percuter  :\?

Citer
Une ombre sautait dans le métro. Le signal gueulait.
pourquoi ces imparfaits ?

Citer
Suffisamment pour que le théâtre lui échappe des mains. Lui échappe des mains et tombe dans le métro. Tombe dans le métro qui claqua ses portes et repartit.
j'aime bien ici voir ce théâtre qui rebondit

Citer
Le wagon était déserté
était désert / ou : Le wagon déserté. (à mon avis)

Citer
Comme il lui restait une bonne dizaine de minute
il a qu'à mettre un "s" pour passer le temps  :-¬?

Citer
dans les poches intérieurs de sa veste,
je suis sûr qu'il a des oeufs (à ses poches intérieures)

Citer
comme un le lisse du plastique,
là, y a un bug...

Citer
il démêlait les fils qui servaient de guide maladroits
guides

Citer
Il faisait nuit noir
noire

Citer
Des centaines de question l'assaillirent,
ah, les questions, toujours des questions et des centaines de pluriels dans tous nos textes...

Citer
Les portes étaient restée fermées.
qu'est-ce que je disais !

Citer
   — Excusez moi, monsieur, mais...
   — Qu'est-ce que vous fichez là ?
pb d'espace

Citer
Vous feriez mieux de rentrer chez vous !lui répondit l'homme en riant.
idem

Citer
Il avancèrent d'une dizaine de mètre
dès que y a des dizaines ou des centaines, tu es réfractaire à ces pluriels dénombrables ?  ^^

Citer
Le théâtre, légèrement salit, était entre ses mains.
sali

Citer
je suis désolé, mais moi je reprend le service
reprends

Citer
vous en avez pour quelques minutes.Vous n'aurez qu'à suivre le quai.
manque une espace après le point

Citer
Il parcourut néanmoins relativement facilement la distance et au bout de quelques minutes,
septième occurence du mot "minutes" depuis le début du texte, je pense que tu peux en virer quelques unes, notamment celle-là.

Citer
mais un grondement commençait résonner et il ne voulait vraiment pas rater le RER. La nuit était toujours noire et la fatigue de la journée commençait à se faire sentir.
4x commencer dans le texte, ces deux-là sont proches

Citer
Il se recroquevilla, avant se relever d'un bond.
avant de

Citer
— Eh bah alors François, tu tabasse les clochards, maintenant ?
tabasses

Citer
Eh, tu m'écoute ?
écoutes

Au global :
J'aime bien l'histoire sur le fond, le début, le développement, la fin.
Sur la forme, tu te compliques parfois un peu la vie, mais pas tant (comme dit Nacas).
À optimiser selon moi : la fin. La "disparition" du théâtre (l'ellipse avec le bruit de bois qui se casse, alors que le théâtre est en carton, non ?) est un peu foireuse, la colère envers le chauffeur est pas hyper logique pour moi (qu'est-ce qu'il a fait de mal ?) et la façon de raconter le début de la baston est trop abstraite, je trouve :
Citer
Il toqua à la vitre, doucement. Une forme poussa la porte, et tout devint flou.

Les bras du vieil homme s'élancèrent vers le conducteur
(pourquoi ce "doucement" ?)
Bref, y a un contraste (dû au pétage de câble), mais il est assez confus, enfin pour moi.

Sinon le texte est drôlement chouette :)

A plus dans l'bus !

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #10 le: 09 Juin 2017 à 19:19:04 »
Oui, une vraie descente aux enfers...
Glauque comme un Lars Van Trier, poisseux, désespérant. Je comprends Choute... on finit par freiner sa lecture au fil du texte pour continuer à ignorer le destin de monsieur Rastapopoulos...
Et puis on continue quand même.

Bravo Zag ! L'ambiance est parfaitement reproduite, les déambulations fatales du personnage ne le mèneront qu'au bout de sa vie... C'est pas drôle mais très très réussi
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

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Re : [BT] Après le Terminus, Hadès
« Réponse #11 le: 24 Juin 2017 à 21:00:57 »
Yosh !

Bon, je suis un peu à la bourre, mais le texte est corrigé.

@ Rémi : C'est dingue toutes ces fautes >< On va dire que c'est l'heure tardive et la fatigue...

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Il devait au moins attendre 23 : 30 pour espérer dormir un peu.

devrait (?)
Hm, je suis pas certain  :\? Tu me file un doute, là...

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Une ombre sautait dans le métro. Le signal gueulait.

pourquoi ces imparfaits ?
Pour donner l'impression se fige ? Après c'est peut-être trop court et ça ne colle pas avec le reste de l'instant...

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Il parcourut néanmoins relativement facilement la distance et au bout de quelques minutes,
septième occurence du mot "minutes" depuis le début du texte, je pense que tu peux en virer quelques unes, notamment celle-là.


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mais un grondement commençait résonner et il ne voulait vraiment pas rater le RER. La nuit était toujours noire et la fatigue de la journée commençait à se faire sentir.
4x commencer dans le texte, ces deux-là sont proches
Yep, tout à fait d'accord. Je vais d'ailleurs essayer de traquer toutes les autres petites répétitions évitables que j'ai vu par ci par là.

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À optimiser selon moi : la fin. La "disparition" du théâtre (l'ellipse avec le bruit de bois qui se casse, alors que le théâtre est en carton, non ?) est un peu foireuse, la colère envers le chauffeur est pas hyper logique pour moi (qu'est-ce qu'il a fait de mal ?) et la façon de raconter le début de la baston est trop abstraite, je trouve :
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Il toqua à la vitre, doucement. Une forme poussa la porte, et tout devint flou.

Les bras du vieil homme s'élancèrent vers le conducteur

(pourquoi ce "doucement" ?)
Bref, y a un contraste (dû au pétage de câble), mais il est assez confus, enfin pour moi
Cette fin ne me satisfait pas totalement moi non plus. Mais en réalité j'ai du mal à voir comment la changer. J'avais d'abord en tête quelque chose de plus long, un naufrage dans l'alcool, ou quelque chose du genre, mais je me rend compte que c'est un peu cliché et inutilement long. Il va donc falloir que je pense sérieusement là-dessus. :\?

Merci de ton passage et de tes corrections en tout cas !


@ gage : Je n'ai jamais vu de Lars Van Trier, mais vu la trempe du bonhomme, ton compliment me touche, gage. encore une fois, c'st ce que j'ai voulu transmettre, c'est chouette que ça marche sur toi.
Merci de tes compliments  :)
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Re : [BT] Après le terminus
« Réponse #12 le: 18 Décembre 2021 à 21:45:57 »
Salut !

Je me permets de faire remonter ce texte. Il était dans ma liste de textes à lire.
Vu que je n'ai rien repéré de particulier, je vais me contenter de dire que j'ai apprécié la lecture.
Et j'ai peut-être eu une petite larme à l'œil sur la fin.

Juste une question :
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Bon, au final, j'ai un peu retravaillé la fin formellement, mais bon j'aurais bien voulu la rallonger et aller un plus profond dans les choses, mais je manque de temps, alors autant vous partager le texte comme ça, quitte à le retravailler plus en profondeur plus tard.
J'ai cru voir que tu étais passé il y a deux/trois mois sur ce texte. Du coup, ça a été retravaillé en profondeur ?

En te souhaitant une bonne soirée !
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Re : [BT] Après le terminus
« Réponse #13 le: 18 Décembre 2021 à 21:59:11 »
Euh merci pour ce commentaire hum inattendu haha

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J'ai cru voir que tu étais passé il y a deux/trois mois sur ce texte. Du coup, ça a été retravaillé en profondeur ?
Pas du tout  :/
C'est vraiment un vieux texte, que je n'ai finalement jamais pris le temps de terminer comme je voulais (2017 quand même waw). J'avais simplement modifié le titre il y a quelques mois, par acquis de conscience (avant c'était "Après le terminus, Hadès"  :facepalm: )

Enfin elle doit être sacrément longue ta liste de textes à lire s'il y en a de 2017 dedans :mrgreen:

Bonne soirée !
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Re : [BT] Après le terminus
« Réponse #14 le: 19 Décembre 2021 à 10:23:28 »
Merci pour ton texte.

C'est une histoire triste ou un SDF a sa vie autour de son théâtre de marionnette modeste. La fin est triste comme le reste de ton histoire.
J'ai bien aimé le découvrir.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

 


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