Le Monde de L'Écriture

19 mai 2012 à 18:41:35
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie » Recueillements

Auteur Sujet: Recueillements  (Lu 324 fois)

Hors ligne pehache

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Recueillements
« le: 13 septembre 2009 à 12:22:49 »
Recueillements




1
Non pas créer, tendre l’oreille
non pas cueillir mais recueillir
ce qui se dit dans le frémir
ou se murmure dans le sommeil



2
Doucement recueillir ce qui, déjà flétri,
n’étant que pour passer, mortel, s’évanouit.
Savoir que le cueilli, le cueilleur, la cueillette
Tout n’est que transitoire et déjà l’oubli guette



3
tout doucement saisir la pauvre chair bafouée
La pauvre chair flétrie. Poser avec tendresse
Sur ces sillons nos lèvres en un patient baiser
Lors esquisser du bout des doigts une caresse.




4
Ce qui frétille,
jambe de fille,
ce qui point l’âme
parfum de femme
ce qui se meurt
(loin des rumeurs)
ce qui s’effeuille
et qu’on recueille



5

De nos mots recouvrir
le pas boiteux de l’ange
qui tend à s’espacer
Épouser l’impalpable
plisser les yeux peut-être
tendre l’oreille
passer la tête
par la fenêtre
pour recevoir pour recueillir
ce peu déjà passé
et de nos mots le recouvrer




6

Marcher au rythme des brebis, marcher parmi les bêlements
ponctués d'un "devant", d'un "ramasse", d'un jappement.
Tandis que paissent les mères et que les agneaux tètent, attendre,
partageant à la gourde un vin rouge et râpeux.

Quand la chaleur écrase les hommes et les bêtes, chôment les unes et s'allongent les autres.
L'esprit rêveur se détache en silence- et la grâce nous touche dans ce recueillement.



7

Émouvoir un instant ce bleu en nous qui dore
l’insolente fadeur d’une vie sans relief.
Susciter un éveil, inviter dans la nef
ce messie qui sommeille ainsi que voile au port.



Hors ligne Matt

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Re : Recueillements
« Réponse #1 le: 13 septembre 2009 à 17:16:36 »

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1
Non pas créer, tendre l’oreille
non pas cueillir mais recueillir
ce qui se dit dans le frémir
ou se murmure dans le sommeil

Saute une ligne ou deux après le "1".

Pour ce qui est du poème, le dernier vers n'est pas un octosyllabe. Supprime la virgule du premier vers si tu n'en mets pas au deuxième. (vu qu'il n'y a pas de point non plus à la fin ou autre chose)

Ensuite, j'aime bien les deux premiers vers. Sinon je trouve la fin pas assez développée. (mais bon c'est moi...)

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2
Doucement recueillir ce qui, déjà flétri,
n’étant que pour passer, mortel, s’évanouit.
Savoir que le cueilli, le cueilleur, la cueillette
Tout n’est que transitoire et déjà l’oubli guette

Idem pour les sauts de ligne après le "2".  Un point à la fin du dernier vers.

Aussi en début de ligne, majuscule au deuxième vers.

Citer
Savoir que le cueilli

Ca n'a pas de sens. "Un cueilli" ça ne se dit pas.

Pour ce poème je trouve le rythme lourd à certains endroits à cause de "déjà", "que", "qui". On est souvent freiné. Puis j'ai pas tout saisi, un peu trop flou selon-moi.

Citer
3
tout doucement saisir la pauvre chair bafouée
La pauvre chair flétrie. Poser avec tendresse
Sur ces sillons nos lèvres en un patient baiser
Lors esquisser du bout des doigts une caresse.

Même remarque pour la mise en page. Plus majuscule au premier vers.

Je préfère ce poème, (la partie 5 également) aux deux autres d'avant mais je le trouve bien trop court. Tu veux pas tenter un sonnet ?

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4
Ce qui frétille,
jambe de fille,
ce qui point l’âme
parfum de femme
ce qui se meurt
(loin des rumeurs)
ce qui s’effeuille
et qu’on recueille

Mise en page, idem, et ponctuation.

Sinon j'ai pas trop accroché à ce poème.

Citer
6

Marcher au rythme des brebis, marcher parmi les bêlements
ponctués d'un "devant", d'un "ramasse", d'un jappement.
Tandis que paissent les mères et que les agneaux tètent, attendre,
partageant à la gourde un vin rouge et râpeux.

Quand la chaleur écrase les hommes et les bêtes, chôment les unes et s'allongent les autres.
L'esprit rêveur se détache en silence- et la grâce nous touche dans ce recueillement.

Majuscules en début de vers. Puis je crois qui manque des " pour "jappement". Et espace après le "-" du dernier vers.

Citer
7

Émouvoir un instant ce bleu en nous qui dore
l’insolente fadeur d’une vie sans relief.
Susciter un éveil, inviter dans la nef
ce messie qui sommeille ainsi que voile au port.

J'aime pas trop la formulation du dernier vers.

----------

Dans l'ensemble j'ai trouvé de meilleures choses par rapport au dernier ensemble de textes que tu avais envoyé. Mais je trouve qu'il y manque encore quelques petites choses. Bon bien sûr ce n'est que mon avis, mais je trouve que certains passages ne sont pas assez développées, c'est souvent trop flou, trop vague.

Puis s'il te plaît, "prévisualise" tes textes avant de les poster, pour la mise en page et tout le reste.

Il faut penser aux yeux du lecteur !  ^^

Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

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Re : Recueillements
« Réponse #2 le: 17 septembre 2009 à 19:44:17 »
Non pas créer, tendre l’oreille
non pas cueillir mais recueillir
hum.. question absurde s'il en est, mais pourquoi l'asyndète au premier vers ?

Non pas créer, tendre l’oreille
2
Doucement recueillir ce qui, déjà flétri,
n’étant que pour passer, mortel, s’évanouit.
j'aime pas trop ces vers, je crois que j'aime pas trop ce rythme haché en fait et puis je suis sûrement très classique, mais pourquoi faire douze syllabes si ce n'est point un alexandrin ?

Non pas créer, tendre l’oreille
4
Ce qui frétille,
jambe de fille,
ce qui point l’âme
parfum de femme
ce qui se meurt
(loin des rumeurs)
ce qui s’effeuille
et qu’on recueille
j'aime bien cette partie

Non pas créer, tendre l’oreille
6

Marcher au rythme des brebis, marcher parmi les bêlements
ponctués d'un "devant", d'un "ramasse", d'un jappement.
Tandis que paissent les mères et que les agneaux tètent, attendre,
partageant à la gourde un vin rouge et râpeux.
excuse ma franchise, mais pourquoi faire des vers quand ceci ne semble être que prose mise en forme de vers ?
et j'avoue que je ne vois plus trop de quoi tu parles :-[

dans l'ensemble, j'ai un peu de mal avec la forme choisie et aussi avec le thème en fait
disons que les arts poétiques c'est pas non plus trop mon truc et là, je trouve que le forme ne pousse pas assez le fond ou le fond n'est pas assez poussé par la forme, bref, je ne suis pas très convaincue :mrgreen:
pour faire simple et ramassé : je ne vois pas trop où tu veux en venir :-[


"La beauté sera comestible ou ne sera pas."
Salvador Dalí.

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Re : Recueillements
« Réponse #3 le: 19 septembre 2009 à 11:14:34 »
Merci de vos lectures critiques.
(Les remarques de mise en page de Matt sont, dans l'ensemble, exactes, me semble-t-il.)

Citation de: pehache le 13 Septembre 2009 à 12:22:49
Non pas créer, tendre l’oreille
non pas cueillir mais recueillir
hum.. question absurde s'il en est, mais pourquoi l'asyndète au premier vers ?
Elle est assez commune, en fait, dans les formulations injonctives. De plus, rythmiquement, ça tourne en « 8 ».
Citation de: pehache le 13 Septembre 2009 à 12:22:49
2
Doucement recueillir ce qui, déjà flétri,
n’étant que pour passer, mortel, s’évanouit.
j'aime pas trop ces vers, je crois que j'aime pas trop ce rythme haché en fait et puis je suis sûrement très classique, mais pourquoi faire douze syllabes si ce n'est point un alexandrin ?
(Entre nous, je n’aime pas trop les « j’aime pas trop », sur un forum littéraire. Je sais, je suis vieux jeu… En plus, l’usage du « point », ensuite… Bref, ça ne colle pas.)
Oui, ces fins de vers ont un rythme qui impose des ruptures. Tu es en droit de ne pas apprécier. J’essayais de faire coller le rythme à ce que j’essayais d’atteindre, une « signifiance ».
D’abord, es-tu sûre qu’il ne s’agisse pas d’alexandrins ? 6/2+4… Ensuite, ai-je dit du mal du dodéca ? Que nenni ! C’est le 7/5 ou 5/è bancal qui heurte l’oreille. En gros, je ne comprends pas ta remarque.
Citation de: pehache le 13 Septembre 2009 à 12:22:49

4
Ce qui frétille,
jambe de fille,
ce qui point l’âme
parfum de femme
ce qui se meurt
(loin des rumeurs)
ce qui s’effeuille
et qu’on recueille
j'aime bien cette partie… Davantage dans le style de mes « ritournelles », léger et moins riche en sens, à mon avis.
Citation de: pehache le 13 Septembre 2009 à 12:22:49

6

Marcher au rythme des brebis, marcher parmi les bêlements
ponctués d'un "devant", d'un "ramasse", d'un jappement.
Tandis que paissent les mères et que les agneaux tètent, attendre,
partageant à la gourde un vin rouge et râpeux.
excuse ma franchise, mais pourquoi faire des vers quand ceci ne semble être que prose mise en forme de vers ? et j'avoue que je ne vois plus trop de quoi tu parles

J’excuse sans souci ! En fait, j’ai mal vérifié la mise en page, sous ouorde, c’était un peu différent. Une logique de versets, plus que de vers. Quant à ce dont je parles, c’est bel et bien le monde des bergers, que je connais un peu.


dans l'ensemble, j'ai un peu de mal avec la forme choisie et aussi avec le thème en fait
disons que les arts poétiques c'est pas non plus trop mon truc et là, je trouve que le forme ne pousse pas assez le fond ou le fond n'est pas assez poussé par la forme, bref, je ne suis pas très convaincue
pour faire simple et ramassé : je ne vois pas trop où tu veux en venir
J’entends bien. Ensuite, pour moi, se pose la question de la création et de la réception. Il arrive que certains, et parfois des gens dont je respecte profondèment l’écriture, me trouvent quelques qualités. Il arrive aussi qu’on me dise(et parfois des gens dont l’écriture me semble belle aussi) qu’on n’y comprend goutte.
Tout ce que je peux te dire, c’est je n’écris ni à la va-vite ni pour ne rien dire. Voilà. Amicalement.


Citation
Savoir que le cueilli

Ca n'a pas de sens. "Un cueilli" ça ne se dit pas.
Tu ne vas pas recommencer… Le « rêvé », déjà, ne trouvait pas grâce à tes yeux. Si, on peut substantiver, c’est là une affirmation grammaticale. Quant au « ça ne se dit pas »… tu as une vision punitive de la grammaire et du bon goût. Toi, tu ne le dis pas. Voilà. Et moi, je le dis. Et c’est comme ça, et je ne saurais restreindre mon lexique uniquement pour respecter « tes » normes.
Citation
3
tout doucement saisir la pauvre chair bafouée
La pauvre chair flétrie. Poser avec tendresse
Sur ces sillons nos lèvres en un patient baiser
Lors esquisser du bout des doigts une caresse.

Même remarque pour la mise en page. Plus majuscule au premier vers.
En fait, non, j’ai oublié d’enlever les majuscules (scrogneugneu d’automatismes ouhordiens !).

Je préfère ce poème, (la partie 5 également) aux deux autres d'avant mais je le trouve bien trop court. Tu veux pas tenter un sonnet ?
Je n’en écris que pour jouer. C’est un moule, à mes yeux, désuet.
Citation
6

Marcher au rythme des brebis, marcher parmi les bêlements
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Quand la chaleur écrase les hommes et les bêtes, chôment les unes et s'allongent les autres.
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Majuscules en début de vers. Puis je crois qui manque des " pour "jappement". Et espace après le "-" du dernier vers.
Non. D’un côté les mots du berger, typiques de sa parlure, les ordres qu’il adresse aux chiens. De l’autre le jappement de l’animal.


Hors ligne Matt

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Re : Recueillements
« Réponse #4 le: 19 septembre 2009 à 13:52:21 »

Citer
Tu ne vas pas recommencer… Le « rêvé », déjà, ne trouvait pas grâce à tes yeux. Si, on peut substantiver, c’est là une affirmation grammaticale. Quant au « ça ne se dit pas »… tu as une vision punitive de la grammaire et du bon goût. Toi, tu ne le dis pas. Voilà. Et moi, je le dis. Et c’est comme ça, et je ne saurais restreindre mon lexique uniquement pour respecter « tes » normes.

Mais on ne substantive pas tout ! (si ?)

On peut dire par exemple "le manger" mais pas "le mangé", "un mangé"... / "un vécu", "le vécu" oui.

Je vais pas dire "le chanté, le traversé, le fini, le couru"... Où est le sens ?

Pour moi, ici, "le cueilli" n'a pas de sens.

----------

Bon, sinon, encore une fois, soigne tes commentaires pour tes lecteurs, c'est tout tassé là encore et il est difficile de savoir qui parle et au sujet de quoi. Pense à nos yeux !

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Re : Recueillements
« Réponse #5 le: 09 février 2012 à 15:54:20 »
J'avais juste envie de de lui donner une seconde chance... Le lectorat ayant beaucoup changé.
« Modifié: 10 février 2012 à 06:23:06 par pehache »

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Re : Recueillements
« Réponse #6 le: 10 février 2012 à 00:15:32 »
J'ai totalement accroché !  :)
Il est un peu tard pour que je rentre précisément dans le détail  :-[ mais j'ai avant tout adoré cette atmosphère un peu ancienne qui se dégage de ces textes, les expressions un peu vieillis mais pas désuètes, tu parcours les lieux communs avec adresse et légèreté.

le 4 me semble simplement un peu se détaché en ce qu'il est un peu plus frais, plus léger.

Enfin il y a quelque chose d'un poète promeneur, d'un wanderer allemand qui me plait beaucoup, ça à un parfum de classicisme et d'enfance de l'art !
"You said I killed you - haunt me, then! The murdered do haunt their murderers, I believe. I know that ghosts have wandered on earth. Be with me always - take any form - drive me mad! only do not leave me in this abyss, wh
ere I cannot find you!"

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Re : Recueillements
« Réponse #7 le: 12 février 2012 à 21:20:15 »
Je suis touché, merci.

 


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