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10 décembre 2019 à 14:47:14

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » Vinditch Impaled

Auteur Sujet: Vinditch Impaled  (Lu 845 fois)

pheukiou

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Vinditch Impaled
« le: 06 septembre 2009 à 20:17:40 »
Vinditch Impaled

PREMIERE PARTIE : Prodromes
Scène I : la Genèse d'une enfant.

(Maxime, une jeune enfant, reposant cette nuit dans son lit... voit entrer un serpent qui ne lui est pas inconnu. Elle se redresse, apparemment heureuse de cette visite nocturne)

Aspic - Maxime, ma belle infante qui ne craint point mon ombre
de péchés que je tente et de stupres en surnombre.

Maxime - Mon professeur Aspic que nulle chose n'adoucit,
m'apportes-tu l'éthique ou glisses-tu dans mon lit ?
Aurais-tu un moment, mon éternel amant,
pour apprendre à l'enfant les facettes des bonnes gens ?

Aspic - Les gens bien sont des chiens qui s'affament sans mon pain
qui renient, me châtient et s'allaitent à mon pis.
Car si tombée la nuit le chat blanc s'obscurcit,
c'est à toutes les nocturnes et à chaque instant diurne
qu'ils prêteront aux rombières les aspects des sorcières,
feront du sans esprit un buveur d'hérésies.
Et ils sont décidés à élever les bûchers
car leurs dites saintetés sont de feintes probités
pour qui sont en effet d'influentes promesses...
or je te confronterais aux faiblesses de l'espèce.

(Aspic, s'extirpant des draps, atteint de seuil de la porte et prononce ces derniers mots en fixant la jeune fille)

Aspic - Je ne suis point venu honorer tes malices
car cette nuit est l'élue, tu seras ma novice.

(Maxime rejoint son nouveau maître sur le seuil, l'enroule sous sa manche et part avec lui au milieu de la nuit)
 
 
 
 
Scène II : sur un Roch bienheureux.
(Roch Vinditch, marbrier, est avec un collègue sur le chantier d'un pont vendéen ; leur journée de travail est terminée, ils rangent leurs outils, se préparent à partir)

Roch Vinditch - Cheveux longs au vent, le nez un peu trop grand,
les jambes s'étendent sous un sein rebondi,
il me tarde de m'éprendre de ma muse, ma mie.

(Le collègue, sur un ton plaisantin)

Tailleur de pierre - A quoi bon l'amour s'il assèche le gosier,
vous serez muets et sourds à force d'aimer.

(Roch, n'écoutant pas la remarque de son collègue, continue)

Roch Vinditch - Sa voix est un miel et ses yeux sont fuyants,
ses joues sentent le bon sel de nos marais salants,
quand vénus alors rit, sa panse remue plaisamment...
tout comme lorsqu'elle jouit dans nos beaux draps blancs.
C'est une femme magnifique lorsqu'elle suinte son gré,
je suis tout électrique quand elle m'offre un baiser.

Tailleur de pierre - La bienheureuse élue vit le rêve de chacune ;
perçoit elle l'étendue de sa bonne fortune ?

(Roch répond à la question posée d'un hochement de tête lassé. Il reprend aussitôt son refrain)

Roch Vinditch - Cheveux roux au vent et le nez éminent,
les jambes se tendent sous un sein arrondi,
il me tarde de m'éprendre de mon Harmonie.

(Une courte pause, et Roch reprend)

Roch Vinditch - Vous qui sculptez la pierre, si seulement vous saviez...
si vous saviez, mon cher, comme je suis exaucé.
Mais je vais vous laisser, je suis déjà parti
retrouver mon aimée, retrouver Harmonie.

(Le tailleur de pierre, en regardant Roch s'éloigner)

Tailleur de pierre - Il polit plus lisse que le cul d'un d'enfant,
il y met du caprice au mascaron hurlant
et il restaure la voûte, habile comme un singe,
il travaille sans déroute, il agite ses méninges
et d'un coup de massette il arrange la facette.
Mais tout cela n'est rien devant son élan
quand il rend sans frein son billet chantant.
 
 
 
 
Scène III : un frère contrarié.

(Hans Vinditch, le frère de Roch, dans la demeure familiale, s'emporte face à ses parents)

Hans Vinditch - Roch, le tailleur de pierre, voilà donc mon grand frère.
Il besogne sans mystère en chantant Harmonie
et voici un doux air qu'il nous fait jusqu'ici
quand il rentre au logis en lustrant ses outils.

Julius Vinditch - Ne vous a t'on point dit, Hans, que la jalousie
est un baume que chassèrent les plus saines pharmacies ?

Marie Vinditch - Deux sortes d'hommes sur terre, les penseurs, les soumis
qui ne savent plus songer sans l'emprise du public.

Julius Vinditch - Tant qu'ils puissent s'y cloitrer, peu importe son éthique.

Marie Vinditch - Mes garçons, gratifiés du savoir penser,
or, quelles difficultés semblent les confronter !

(Julius reprend, après un court silence)

Julius Vinditch - Et mon fils, ces ennuis, seront-ils résolus ?
Point de haine au logis, que ce soit entendu.

Hans Vinditch - Laissez-moi, mon cher père. Vous aussi, ma chère mère.
Je préfère profiter de cette nuit étoilée.

(Hans, à ces mots, sors du logis et plonge dans la nuit tombante)
 
 
 
 
Scène IV : deux amants.
(Hans, dans la nuit, avance sur les dunes parsemées d'immortelles. On voit une femme le rejoindre de flanc, qu'il semble soulagé de retrouver)

Hans Vinditch - L'avez vous laissé seul sur les limbes du repos
ou tasse-il son brûle gueule à la graisse du pavot ?

(La femme, qui se révèle être Harmonie Vinditch, répond calmement)

Harmonie Vinditch - Mon époux est confiant car il est animé
d'un amour transportant, d'un transport aveuglé.

Hans Vinditch - Etes-vous assurée qu'il ne doute point de vous ?
Je ne puis supporter cette idée du courroux.

Harmonie Vinditch - Point de craintes, mon amour, car celui que je feint
est à ces derniers jours...

(Harmonie, chafouine, prononce ces derniers)

Harmonie Vinditch - ... qui se rongent le frein.

(Hans, soudainement souriant)

Hans Vinditch - Ceci signifie-t-il que notre aube se rapproche ?
Qu'il ne soit plus de fuir pour se dire ces mots doux ?

Harmonie Vinditch - Nous aurons le loisir de voir ce cher époux
se briser comme une tuile sur le sommet des roches.
Votre coeur doit rester accroché à vos côtes
car au soir meurtrier, vous serez de ses hôtes.

(Harmonie ramasse l'une des fleurs jaunes, et dit en tendant celle-ci à son amant qui la saisit)

Harmonie Vinditch - Jouir enfin nous pourrons d'immortelles affections.

(Hans, extrêmement satisfait)

Hans Vinditch - Racontez-moi, ma mie, cette douce stratégie...
« Modifié: 06 septembre 2009 à 22:16:13 par pheukiou »

 


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