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16 juin 2019 à 15:43:05

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Auteur Sujet: [T11] Tes larmes pour prix  (Lu 1104 fois)

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[T11] Tes larmes pour prix
« le: 07 mars 2017 à 16:46:21 »
Tes larmes pour prix

   Les applaudissements éclataient avec fracas, battaient les tempes de Sméraldine, pour lui donner un mal de tête étourdissant. Sous le chapiteau, c'était ainsi tous les soirs de spectacle : les rires, les soupirs et les échos de peur se succédaient ; le sol tremblait, la toile des tentes vibrait. Sméraldine, cachée derrière le rideau d'entrée de la piste, ne regardait jamais lorsque son fils présentait son numéro. Pourtant, Léandre était un délicieux équilibriste, rapide et agile comme un écureuil. Mais sa mère croyait qu'un regard pouvait le faire tomber, et elle conjurait le mauvais sort en gardant les yeux au sol, apprenant par cœur le dessin de la piste en terre battue plutôt que de contempler son enfant par-delà les hauteurs inaccessibles. Lorsqu'il était perché sur son fil, là-haut, elle avait la sensation qu'il lui échappait.
   La troupe des saltimbanques dressaient leur cirque chaque soir dans un endroit différent. Ils étaient un petit nombre d'artistes solidaires et courageux ; tous possédaient un rôle précis au sein de ce qu'ils appelaient leur famille. Au départ, il s'agissait d'une véritable famille, puis les parents étaient morts, on avait accueilli des enfants, les artistes de passage, les orphelins des bords de route. Aujourd'hui, ils étaient toujours une famille, mais pas de la même nature. Sméraldine était la diseuse de bonne aventure, et un peu la mère des autres, celle qui les rassurait sur leur avenir et recueillait leurs confidences au cœur de sa boule de cristal. Sa propre mère, saltimbanque comme elle, lui avait appris tous les secrets des cartes, de la boule de cristal ou du pendule. Depuis toujours, elle n'agissait jamais sans consulter l'avenir, excepté une fois, six ans auparavant. La passion l'avait emporté sur sa raison. Agostin avait passé dans sa vie l'instant d'une nuit, lui laissant un souvenir grandissant et bien vivant : aujourd'hui, Sméraldine chérissait son fils Léandre plus que tout.
   Le public lança un cri de détresse unanime. Quelque chose ne se passait pas bien ! Alors Sméraldine leva les yeux vers son fils. Il venait de reprendre de justesse son équilibre, et le fil oscillait sous ses pieds. La reprise était trop précaire, l'enfant agitait de plus en plus les membres pour tenter de recentrer son point de gravité, y mettant toute la concentration dont il pouvait faire preuve, lui, pourtant si jeune, que la mort semblait déjà vouloir happer vers le gouffre. Sméraldine porta les mains à son cœur et ferma les yeux. Un silence complet régna sous le chapiteau pendant quelques secondes, puis une clameur longue et horrifiée, différente de la première, comme une seule respiration de la foule, s'éleva. Elle n'eut que le temps de rouvrir les yeux pour voir : l'enfant tombait, tombait, l'espace de trois secondes, ses trois dernières, avant que le sol n'arrête brutalement sa chute. Elle se précipita vers lui. Qu'avait-elle fait ? Le petit corps gisait, inconscient, et le sable buvait le sang qui s'écoulait de son crâne fracassé. Elle le prit dans ses bras, soutenant sa tête d'une main contre elle, et s'enfuit hors du chapiteau.
— Je n'aurais pas dû ! cria-t-elle, je n'aurais pas dû lever les yeux !
   Ni le public, ni les comédiens ne les suivirent : les premiers avaient peur, les seconds connaissaient trop bien la cartomancienne. Ils restèrent seuls dans le soir tombant. Le silence jeta dans l'âme de Sméraldine une terreur de plus. Elle était glacée d'effroi.
— Je suis désolée !
   À qui parlait-elle? Le pauvre Léandre ne lui répondait pas. Sméraldine courut quelques mètres, tituba de douleur et de folie, et s'assit sur un petit banc, le corps frêle de son fils toujours collé contre sa robe. Son garçon, son pauvre petit mourait par sa faute ! Car c'était parce qu'elle avait levé les yeux qu'elle l'avait fait chuter, elle en était sûre !
— Oh, mon Dieu, implora-t-elle, fais que mon petit vive...
   Dieu ne l'entendit pas. Mais son appel ne resta pas pour autant vain : sans qu'elle s'en aperçût, une silhouette maigre se forma à côté d'elle, sur le petit banc. La silhouette, d'abord nuage, ombre ensuite, se para de couleurs et d'un visage humain. C'était un homme en costume de saltimbanque brodé, tout comme le sien, de sequins dorés. Il se pencha vers elle. Sméraldine leva des yeux hagards.
— Tu veux que ton enfant vive ? lui demanda-t-il.
Elle hocha la tête, ne prenant pas garde aux larmes qui roulaient sur ses joues.
— Oui, je le veux... murmura-t-elle.
— Je te propose un pacte.
   Il se rapprocha d'elle dans une pose consolatrice. Dans ses yeux, elle lut la même douleur que celle qui lui tordait le cœur. Elle acquiesça. Il posa alors la main sur son front blanc de sueur comme pour y imprimer sa marque.
— Très bien. Je te promets que ton fils vivra, lui dit le Diable. Il vivra, et grandira, et ne tombera jamais plus. Mais en échange, je te demande une faveur, à toi, Sméraldine.
— Laquelle ?
— Pas maintenant, pas ici, lui répondit-il. Je te rendrai visite en temps voulu. Attends-moi.
   Sméraldine baissa les yeux, et contempla l'herbe à ses pieds, rougie du sang de Léandre.
— Très bien.
   Le démon disparut aussitôt, emporté par une ombre. Elle douta même, un instant, de l'avoir jamais vu. À sa place, Bayard, le petit chien de la troupe, tirait sur sa robe. Dans ses bras, son fils se réveilla, bougeant doucement, ainsi qu'un petit loir qui se fait une place dans sa tanière. Grimaçant, il enfouit sa tête dans son giron. Sous les doigts de Sméraldine, le sang rougissait toujours les cheveux de son garçon, mais ne coulait plus. Elle souleva sa main : il n'y avait plus de blessure.
   Elle laissa échapper un sourire de soulagement. Le jappement désolé de Bayard  sortit tout à fait son fils du sommeil, qui leva les yeux vers elle.
— Attendre qui ? murmura-t-il.
   Elle ne lui répondit pas.
   Et Sméraldine attendit. Les jours passèrent, puis les semaines et les mois. Le soulagement immédiat devant l'enfant sauvé de la mort avait d'abord fait place dans les esprits à un étonnement incrédule face à pareil miracle, quoique Sméraldine veillât à faire garder le lit à son enfant pendant un temps raisonnable de convalescence. Puis le travail reprit, et le souvenir, peu à peu, s'estompa dans les mémoires. Léandre lui-même, insouciant comme tout garçon de son âge, n'évoqua plus cet épisode, et semblait remonter sur le fil avec d'autant plus d'aplomb qu'il avait surmonté la mort, faisant mentir l'expérience des forains qui jamais encore n'avaient vu semblable regain. Cependant, le Diable ne paraissait toujours pas, et Sméraldine ne sut bientôt plus à quoi s'en tenir, ni ce qu'elle devait craindre exactement. Il vint un temps où la cartomancienne se demanda si elle ne devrait pas tout simplement invoquer le démon... Aller au devant des catastrophes, affronter la douleur, en être quitte enfin, plutôt que de rester ainsi dans une expectative sine die. Mais si elle faisait cela, n'allait-elle pas le provoquer ? Ne risquait-elle pas de le voir les emporter avec lui dans les flammes des ténèbres ? Pour sûr, il serait fâché d'avoir été pris en défaut.
   Alors, peut-être l'avait-il oubliée ? Mais non, le Diable n'oubliait jamais rien... Il fallait patienter, attendre, et payer le prix... Ce n'était en définitive qu'un maigre prix pour la vie de son fils. Sméraldine était prête à tout donner, jusqu'à sa vie même, si c'était cela qu'il souhaitait. Sa vie contre celle de son fils, ce n'était rien ! Si seulement il lui rendait visite et lui disait enfin de quoi il retournait ! À la longue, c'est l'attente en elle-même qui devenait intolérable.
   Elle chercha la réponse dans les cartes, dans les pendules, dans les boules de cristal. Mais jamais elle ne l'obtint. Elle savait toujours lire l'avenir, mais celui des autres, et pas le sien. Les cartes restaient muettes, les pendules immobiles, les boules de cristal transparentes, dès lors qu'il s'agissait de sa propre destinée. Seuls, les doutes et les angoisses restaient.
   Léandre grandit, devint un fort et beau garçon. Il créa des numéros d'équilibriste toujours plus inventifs, toujours plus périlleux, et bientôt, devint l'attraction majeure du cirque. Les villageois faisaient des lieues pour venir chaque soir le voir, et sa réputation grandit. Bientôt, le cirque traversa les grandes villes, puis monta à la capitale. Quinze années après le pacte, Léandre était connu dans tout le pays comme l'artiste le plus talentueux, le saltimbanque le plus extraordinaire. On le disait béni des anges, voire qu'il en était un lui-même, à monter si près des cieux, à s'envoler toujours plus haut. Sméraldine n'avait plus peur pour lui, quand il était en haut, à toucher le ciel du doigt. Sur ce point au moins, elle était sereine, car le Diable lui avait promis que son fils ne tomberait plus. Et si on peut bien compter sur quelqu'un pour respecter un contrat...
   Mais les années passant, et Sméraldine n'ayant consacré son existence à rien d'autre qu'à son fils, son esprit dériva, ses pensées se racornirent, et elle commença à avoir peur pour elle-même. Pourquoi le Diable ne venait-il pas ? Autrefois, elle redoutait la mort de son fils, voilà maintenant qu'elle redoutait la venue du Diable. Toute sa vie serait-elle donc placée sous le signe de l'incertitude ?
        Léandre était devenu un homme important désormais, directeur d'une troupe de cirque trois fois plus grande que celle dans laquelle il avait grandi et appris son métier. Il ne se produisait plus en spectacle, ni ne voyait plus sa mère. Il n'avait plus le temps.
   Les jours défilaient toujours. Sméraldine vieillit. Des rides profondes de souci et de peur creusèrent son visage de madone italienne. Ses mains se parcheminèrent de s'être trop inquiétées, ses cheveux blanchirent prématurément, et toutes les angoisses du monde, pesant sur ses épaules, la courbèrent, le nez au sol. Elle était désormais une vieille femme, et le Diable ne lui avait toujours pas rendu visite. À aucun moment elle n'avait pu s'y habituer, et chaque jour jusque-là avait été passé dans la crainte de sa venue, tel le supplicié à qui l'on dit qu'il sera exécuté la semaine suivante, sans préciser quel jour exactement.
   
   Un soir, elle s'allongea sur son lit, bien consciente que ce serait là sa dernière nuit. Léandre ne vint pas à son chevet. Pourtant, elle ne fut pas seule. Ce soir-là, enfin, le Diable vint. Cette fois, il portait un vêtement long et foncé, dans lequel ne brillaient plus les flammes des sequins d'autrefois.
— Te voilà, toi, murmura la vieille femme, qui retrouvait après tant d'années, celui avec qui pourtant elle avait passé chaque jour depuis.
— Me voilà en effet.
— C'est aujourd'hui que tu viens réclamer ton dû. Je n'ose comprendre... Me voilà si vieille désormais... Était-ce donc mon âme que tu voulais ?
   Le Diable baissa la tête, et contempla les motifs du tapis.
— Non. Tu te trompes, vieille femme. Je viens juste te rendre visite.
— Tu m'emmènes avec toi ?
— Non plus. En réalité, sache que j'ai déjà eu ma récompense.
— Mais tu n'es pas venu !
   Il eut un sourire étrange et s'approcha de son lit, la regardant au fond des yeux. La douleur qu'elle y avait lue le soir du pacte ne s'y reflétait plus. Ce soir, le Diable semblait plutôt heureux.
— Au contraire, j'étais bien là. Sache que pour payer la vie de ton fils, tu m'as donné plus que je n'espérais. Tes angoisses, tes doutes et tes peurs... Tes inquiétudes et ta douleur, c'était cela, mon prix. Un prix délicieux.
   Sméraldine soupira.
— J'aurais pu avoir une si belle vie !
   Il s'assit auprès d'elle et prit sa main dans la sienne. C'était comme voir une braise vive et une braise éteinte côte à côte.
— Au moins, tu auras une belle mort.
   Alors, pour la première fois de sa vie, Sméraldine fut apaisée. Un sourire sur les lèvres, elle s'endormit, et ne se réveilla pas.
« Modifié: 03 avril 2017 à 23:54:33 par Mout »
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #1 le: 10 mars 2017 à 10:04:59 »
Bonjour Mout !

Un bon point pour ton texte : j'aime beaucoup le fait que la mort de l'enfant soit son amorce et non sa conclusion (ça change) :lecon:

J'aime énormément ce texte. Vraiment. Je trouve l'idée vraiment sympa. Une petite remarque néanmoins : pour mieux "enfoncer le clou" de la fin, je pense que tu peux amener plus d'angoisse au fil du texte, car là on sait que le Diable n'arrive pas, on sait qu'elle l'attend, mais finalement on a l'impression qu'elle s'y fait et qu'elle n'y repense que de temps en temps. Peut-être qu'il faudrait amener une angoisse latente, perso j'aurais tendance à croire que plus j'attends et plus le prix sera élevé  :mrgreen:

Voilà, en tout cas j'ai aimé ce texte. Merci Mout !
Je crois qu’il y a dans le cœur des hommes une place créée pour l’émerveillement, une place endormie qui attend de s’épanouir. ~ Ambre, Les aventuriers de la mer, R. Hobb

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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #2 le: 10 mars 2017 à 22:20:49 »
Merci beaucoup pour tes compliments!
Tu as raison pour développer le côté "attente et angoisse": je le fais dès que je trouve le temps !
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #3 le: 12 mars 2017 à 07:35:55 »
J'ai modifié un peu le passage où Sméraldine attend le Diable :)
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #4 le: 12 mars 2017 à 20:06:09 »
Bonjour Mout !

Je passais par là et j'ai vu de la lumière, un enfant tombant et une mère dans la détresse. Comme l'a souligné Kerena, c'est original de prendre la mort du jeune garçon comme amorce du récit. Le texte se laisse lire tout seul et rien ne vient entraver le rythme, c'est très propre et agréable à lire. J'ai d'avantage de reproches sur les quelques descriptions que je trouve maigres bien que, je te l'accorde, l'échelle du texte et les durées parcourues n'y laissent que peu de place.

Sinon, sur des points plus précis :

Citation de: Mout
Dieu ne l'entendit pas. Mais son appel ne resta pas pour autant inentendu.
Je trouve la répétition "entendit/inentendu" un peu lourde personnellement.

Citation de: Mout
Elle hocha la tête, ne prenant pas garde aux larmes qui roulaient de ses joues.
Les larmes viennent de ses joues ou roulent-elles sur ses joues ? (oui je sais, je chipote).

Citation de: Mout
— Très bien. Je te promets que ton fils vivra, lui dit le Diable. Il vivra, et grandira, et ne tombera jamais plus. Mais en échange, je te demande une faveur, à toi, Sméraldine.
— Laquelle ?
— Pas maintenant, pas ici, lui répondit-il. Je te rendrai visite en temps voulu. Attends-moi.
Pour finir sur une note positive, j'ai beaucoup aimé à ma deuxième lecture cette échange

Ce sera tout pour l'instant cher Mout !

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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #5 le: 12 mars 2017 à 20:33:08 »
Voilà, j'ai corrigé les deux mots qui, il est vrai, posaient problème.  :)
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #6 le: 14 mars 2017 à 14:21:37 »
Bonjour Mout,

Citer
— Je n'aurais pas dû ! cria-t-elle, je n'aurais pas dû lever les yeux !
   Personne ne les suivit : ils restèrent seuls dans le soir tombant. Le silence jeta dans l'âme de Sméraldine une terreur de plus. Elle était glacée d'effroi.
À quoi fait référence la partie en gras ?

Citer
Le soulagement immédiat devant l'enfant sauvé de la mort avait d'abord fait place dans les esprits à un étonnement incrédule face à pareil miracle, quoique Sméraldine prît garde à faire garder le lit à son enfant pendant un temps raisonnable de convalescence.
Cette phrase est vraiment compliquée à comprendre. Le prendre « garde à faire garder » n’arrange pas la compréhension.

Citer
— Te voilà, toi, murmura la vieille femme, qui retrouvait après tant d'années celui avec qui pourtant elle avait passé chaque jour depuis.

Ouch, formulation alambiquée. Elle a peut-être pensée à lui chaque jour depuis leur première rencontre (ce qui n’est pas vrai, puisque les premiers jours après la rencontre elle ne pensait qu’à son fils). Mais c’est la deuxième fois de sa vie qu’elle le côtoie.


Texte très intéressant, j’ai bien aimé l’approche suivie.

Edit: Attention au titre qui peut présager de la chute.

Merci pour ce texte.



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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #7 le: 14 mars 2017 à 19:02:04 »
Pour répondre à la dernière remarque citée, je dirai que le diable était au côté de Sméraldine, même si elle ne le savait pas. Et il l'était doublement dans le sens où elle pensait sans cesse à lui.
Sinon, j'ai changé la répétition maladroite de "garde" :)
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #8 le: 19 mars 2017 à 22:26:24 »
Citer
La troupe des saltimbanques dressaient leur cirque chaque soir

La troupe dressait, ou les saltimbanques dressaient

Citer
les orphelins des bord de route.

bords

Citer
et un peu la maman par substitution des autres.

je trouve cette tournure un peu orale, je pense que tu pourrais le reformuler mieux : )

Citer
Agostin avait passé dans sa vie l'instant d'une nuit,

je sais qu'on peut dire "avait passé" mais je trouve qu'ici le verbe être serait mieux :/

Citer
Car c'était d'avoir levé les yeux qu'elle l'avait fait chuter, elle en était sûre !

Tournure très chelou ici je trouve, ce serait mieux reformulé non ?

Citer
Le démon disparut aussitôt,

j'suis pas d'accord pour qualifier le diable de démon mais je suis pas sûre d'être super calée sur la question...

Citer
Il vint un temps où la cartomancienne se demanda si elle ne devrait pas tout bonnement invoquer le démon...

Pour moi l'expression "tout bonnement" dédramatise beaucoup la situation, c'est dommage parce qu'on était en mode grosse tension !

Citer
plutôt que de rester ainsi dans une expectative sine die

je trouve ça un peu lourd stylistiquement parlant, et exagéré, le "expectative" + l'expression latine

Citer
Il fallait patienter, attendre, et payer le prix, voilà tout. Ce n'était après tout qu'un maigre prix

répétition de "prix" et de "tout" (et même "payer" deux mots plus loin)

Citer
   Elle chercha la réponse dans les cartes, dans les pendules,

#chieuse : je l'imagine mal avec plusieurs pendules, c'est plutôt un truc bien perso où on n'en a qu'un...
(un peu pareil pour la boule de cristal mais je saurais moins en jurer)

Citer
son esprit tourna en boucle et elle commença à avoir peur pour elle-même.

"tourna en boucle" est super oral et me semble casser la tension ici aussi

Citer
Les jours défilaient toujours.

Je trouve un peu maladroite la façon de faire passer le temps... on a "quinze années après", "les années passant", "désormais", "les jours défilaient toujours", je trouve que ça fait trop et qu'il faudrait en enlever, l'effet est perdu à cause de cette insistance...



J'aime beaucoup cette histoire, c'est vraiment le genre de texte et d'ambiance que j'espérais trouver quand on a pris cette image pour l'AT : ). Perso quelques trucs m'ont gênée (que j'ai relevés) et je trouve qu'ils sont de l'ordre de la maladresse facile à corriger donc j'espère que tu prendras le temps de te pencher dessus : D. Merci pour ce texte !

Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #9 le: 20 mars 2017 à 10:44:22 »
Bonjour Verasoie !
Si je suis d'accord pour les formulations plus « orales » ou trop simples que je vais changer (la « maman », « tout bonnement », par exemple), il y a souvent, j'ai l'impression, des formulations qui ne me semblent pas des maladresses mais qui ne te plaisent simplement pas :) Pour moi la langue française n'est pas « juste » ou « fausse », et chacun peut trouver sa propre voix à travers l'écriture.
Par exemple « La troupe des saltimbanques dressaient leur cirque chaque soir » : ce pluriel est correct. Les deux pluriels sont acceptables,  j'ai préféré celui qui faisait le plus sens à mes yeux : ce sont les saltimbanques qui dressent les tentes davantage que la troupe.
Pareil pour la répétition de « prix » : il y a parfois des répétitions qui me semblent belles, qui créent une certaine musique. Que l'on répète trois fois le verbe « faire » dans la même phrase, là je suis d'accord, c'est moche !
J'ai choisi le mot « démon » tout exprès : il donne plusieurs lectures à cette histoire !
Pour le reste, j'ai modifié quelques points que tu soulèves, et je suis content que cela t'ait plu.
Merci de ta lecture !
« Modifié: 20 mars 2017 à 14:52:53 par Mout »
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #10 le: 22 mars 2017 à 21:42:58 »
Salut Mout :)

Le détail :

Citer
La troupe des saltimbanques dressaient leur cirque
dressait son cirque

Citer
Ils étaient un petit nombre,
pas fan "d'être un nombre"

Citer
Agostin avait passé dans sa vie l'instant d'une nuit,
j'aurais mis "était passé"

Citer
Elle le prit dans ses bras, soutenant sa tête d'une main contre elle,
je pense que "d'une main" n'est pas utile

Dans l'ensemble :
J'ai trouvé le texte bien écrit, la lecture est agréable. L'idée est chouette mais je trouve que ça manque un peu de montée en tension. Je n'ai pas vraiment ressenti l'angoisse de la femme ni l'abandon par son fils. Cela dit, le texte m'a assez plu.

A+
Rémi
« Modifié: 22 mars 2017 à 21:46:23 par RémiDeLille »

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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #11 le: 28 mars 2017 à 09:09:05 »
Bonjour Rémi !

Merci pour ces dernières remarques. Je vais essayer de me pencher sur la montée en tension et de me mettre dans la peau d’un lecteur qui n’éprouverait pas d’emblée le sentiment que j’ai voulu, et cru avoir pu donner à mes personnages.

 

Concernant les détails, ce sont des corrections formelles sur lesquelles je ne te suis pas entièrement :

 

1)    On m’a déjà fait plus haut la remarque sur l’accord après « la troupe des saltimbanques » : je rappelle qu’après un nom collectif suivi de son complément, l’accord se fait suivant le sens, selon qu’on veuille décrire l’ensemble ou ses parties (« une foule d’impressions se succédèrent en moi » semble d’un accord évident). En l’occurrence, il me semblait plus sensé, en même temps que plus visuel, de voir un cirque dressé par les saltimbanques plutôt que par « la troupe ».

2)    « être un petit nombre » est pourtant correct. Peut-être serais-tu plus fan de « en petit nombre » ?

3)    « Agostin avait passé » : là aussi, on m’a déjà fait cette remarque. Or, passer s’utilise aussi bien avec être qu’avec avoir : « Cinq mois ont passé ou sont passés ». Un exemple tiré du Littré : « Quelle lumière affreuse a passé dans mon cœur ! » (Voltaire)

4)    « soutenant sa tête d’une main contre elle » : « d’une main » aurait en effet pu être ôté si je n’avais voulu insister sur la délicatesse du geste.

 

Bref, je réfléchis au problème de tension… Merci !
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #12 le: 29 mars 2017 à 21:23:10 »
Salut Mout :)

Oui, les corrections proposées ne concernent pas des "fautes" mais ce que j'aurais personnellement utilisé et donc préféré lire.

je repasserai si tu fais évoluer le texte ;)

Rémi

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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #13 le: 01 avril 2017 à 13:13:52 »
Je viens de refaire une lecture et j'ai modifié quelques trucs par-ci par-là :)
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Re : [T11] Tes larmes pour prix
« Réponse #14 le: 01 avril 2017 à 14:58:22 »
Bonjour !

 
Citer
les rires, les soupirs et les échos de peur se succédaient;
une faute une espace avant et après tous les signes de ponctuation double

 
Citer
Aujourd'hui, ils étaient toujours une famille, mais pas de la même nature.
je pense que cette phrase est superflue, tu nous as déjà expliqué ce qu'il en était  (et puis ça fait trois fois "famille")

    
Citer
Alors, peut-être l'avait-il oubliée ?

dans le contexte, je bute sur le "alors", j'ai l'impression que ce n'est pas le bon connecteur

Citer
Mais non, le Diable n'oubliait jamais rien... Il fallait patienter, attendre, et payer le prix, voilà tout. Ce n'était après tout qu'un maigre prix pour la vie de son fils. Sméraldine était prête à tout donner, 
répétition de "tout" pas très heureuse, à mon goût, même s'il n'a pas le même sens
   
J'ai aimé ton texte. Tu es parfaitement dans le thème et tu as réutilisé les éléments de la gravure de manière intéressante (j'aime beaucoup le diable/saltimbanque). Je trouve le texte très apaisé, ce qui change pas mal l'ambiance des autres textes proposés, et ce changement est agréable.

Un seul micro reproche : je pense que les informations que tu donnes au début sur la troupe et sur Sméraldine ne sont pas toujours très bien agencées (par exemple, tu nous donnes des info sur la troupe puis sur Léandre puis de nouveau sur la troupe puis de nouveau sur Léandre). Je pense que le début de ton texte pourrait être meilleur s'il y avait moins cette impression de zapping/yoyo.
Mais à part ça, je suis bien rentrée dedans !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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